Voilà le chapitre 8!

Merci pour vos reviews, et non ce n'est pas moi sur la photo de couverture.

Bonne lecture.


« Je déteste la paperasse... » soupira Derek Morgan en voyant le tas de feuilles sur son bureau. Il était temps pour eux tous de remplir les formulaires, de taper les rapports, et de faire en sorte que cette sombre affaire soit classée.

« C'est pourtant nécessaire. » lança Hotchner en passant derrière lui.

A son bureau Spencer Reid rédigeait, tamponnait, et signait les documents sans rien dire, dans un rythme infernal qu'aucun autre membre de l'équipe ne pouvait suivre.

Il réfléchissait tout en faisant ces gestes mécaniquement. Devait-il attendre le hasard pour retrouver cette jeune fille ou chercher ? Après tout il était profiler, peut-être qu'il pourrait se servir de toutes ses connaissances pour la retrouver. Cette idée lui parut très bien mais il voulait être discret et éviter d'embarquer toute l'équipe là-dedans, pour éviter les blagues idiotes et les collègues de la lutte contre le terrorisme (non pas qu'il ne les aimait pas, mais ils lui faisaient très peur).

« Spence ? » JJ l'appelait.

« Oui ? » il répondit.

« Tu manges avec nous ? »

« Hein ? Euh non, je vais me débrouiller, j'ai du travail à faire, et j'ai un sandwich à grignoter. »

Elle le regarda, sceptique, Reid mentait très mal et elle savait qu'il n'avait rien prévu et qu'il avait autre chose derrière la tête mais, comme c'était son ami, elle décida de lui faire confiance et de le laisser faire ce qui lui plaisait (de toute façon, l'aurait-il vraiment écoutée?).

Quand ses collègues furent sortis, il se leva et rejoignit les bureaux de Pénélope Garcia du pas le plus innocent qu'il pouvait avoir quand il avait une idée dans la tête, c'est à dire les mains dans les poches, et l'air de flâner nonchalamment tout en allant dans une direction précise. Plus personne ne faisait attention à ses habitudes aussi incroyables que psychotiques dans les locaux des sciences du comportement, il était devenu « normal ».

Il tourna la poignée du bureau de sa collègue mais elle était verrouillée. Il se pinça la lèvre. Il n'avait pas pensé que Garcia pourrait ne pas avoir laissé sa porte ouverte.

« Tu cherches quelque chose mon petit prince ? » demanda la jeune femme derrière lui. Spencer se retourna et vit qu'elle tenait son repas de midi et un soda dans ses deux mains.

« J'aurai voulu avoir un renseignement. » avoua t-il.

« Un renseignement professionnel ou plus personnel ? » lui demanda t'elle avec un regard inquisiteur qui laissait à penser à Spencer que si Garcia menait les interrogatoires avec les psychopathes comme les questions sur la vie de ses amis, ils perdraient nettement moins de temps.

« Tu lis en moi comme dans un livre ouvert. »

« C'est donc secret. J'adore ça. »

Elle sourit, ouvrit la porte et le poussa à l'intérieur avant de la refermer.

« Alors que puis-je pour toi ? »

Spencer se demandait si c'était une bonne idée mais Garcia continua :

« Je paris qu'elle occupe tes pensées depuis des jours. »

Il leva les yeux vers elle, comme pris sur le fait.

« Cela doit resté entre nous, un secret. »

Elle le regarda et fit un signe de croix : « Croix de bois, croix de fer, si je mens... »

Spencer lui sourit, il avait de la chance d'avoir des amis formidables.

« Je voudrais recroiser la fille qui a trouvé mon téléphone. »

Garcia le regarda et dit :

« Si tu me demandes la liste des filles à Washington qui sont musulmanes, tu vas avoir un paquet de maisons à visiter. »

Il lui répondit :

« Je voudrais que tu me retrouves Asma Abulhawa. »

« Oh, monsieur a un nom, alors ça va aller très vite. »

Garcia tapota sur son clavier et les écrans affichèrent le permis de conduire de la jeune femme, édité à Détroit, et la liste des clubs auxquelles elle était inscrite.

« Tu peux m'imprimer ça ? »

Elle le regarda choquée.

« Tu refuses de prendre la voiture pour l'empreinte carbone et tu me demandes d'imprimer sur des arbres débités en Amazonie au mépris des populations indiennes qui vivent dans la forêt, et qui est, permet moi de te le rappeler, aussi nommée le poumon de la terre ? Hors de question, tu auras ça sur ton smartphone, vilain. »

Il sourit et la remercia.

« Merci Garcia. »

Elle remonta ses lunettes et dit :

« Reste manger avec moi, j'en ai assez pour deux, tu es maigre à faire pâlir les statistiques sur l'obésité. »

Elle lui tendit un bout de son sandwich et ils mangèrent tout en papotant de tout et de rien. Garcia respectait la vie de son ami et elle ne se permis aucun commentaire. Il la remerciait d'être aussi prévenante.

Il regagna son bureau et passa l'après-midi à finir ses dossiers, l'équipe avait droit à un moment de répit dans la paperasse administrative qui déshumanisait toute l'horreur qu'ils voyaient au quotidien.

Quand il fut l'heure de sortir Morgan déposa Spencer à la bouche de métro habituelle, il le remercia, regarda son ami partir puis il regarda son smartphone. Il savait où chercher.