Voici le chapitre 10.

Merci beaucoup pour vos reviews!

J'espère que l'histoire vous plait toujours.

Bonne lecture.


Les semaines suivantes, le jeune homme continua de voir, sans que son équipe soit au courant, la jeune femme à la sortie de la mosquée. Elle lui accordait toujours quelques minutes, et ils avaient fini par échanger leur numéro de téléphone lorsque Spencer avait su qu'il allait, enfin, pouvoir prendre quelques jours pour partir voir sa mère à Las Vegas. Bien entendu il avait déjà du s'absenter sans donner signe de vie pendant quelques jours, les missions avaient ponctué sa routine et il essayait de se justifier du mieux qu'il pouvait, à Asma il disait qu'il partait en séminaire.

L'équipe le trouvait mieux dans ses chaussures, il semblait plus heureux, plus détendu, et surtout il se laissait doucement aller à vivre « comme les autres » et cette apparente normalité les laissait perplexes. Seule Garcia savait et elle avait juré de ne rien dire malgré les interrogatoires des autres. C'était le difficile quotidien des équipes de profilage, garder des secrets au milieu des gens les plus entraîner à les découvrir. Tout se passait idéalement dans le petit monde que c'était créé Spencer Reid, ou presque, car il n'aimait toujours pas voir Abdallah traîner autour de la jeune femme, et il savait que cette jalousie ne pourrait pas être soulager car Asma n'irait pas se mettre en couple avec un non-musulman. C'était douloureux pour lui mais il préférait, au final, ne pas interférer là-dedans et vivre l'instant présent comme un Carpe Diem, une parenthèse de bonheur au milieu des corps et de la violence dans laquelle il travaillait. Elle était sa bouteille d'oxygène, comme un sursis de bonheur.

Quand l'avion décolla de l'aéroport de Washington pour celui de Las Vegas, Reid eut le sentiment qu'on l'arrachait du sol. Pour la première fois depuis très longtemps il se demandait si il avait bien fait de quitter la capitale pour voir sa mère, et avec elle, ses propres angoisses. Il avait avoué à Asma qu'il retournait là-bas pour sa seule famille, enfin la seule qu'il considérait comme étant sa famille par les liens du sang ; elle avait semblait heureuse pour lui. Il savait que la famille avait une place importante chez elle et qu'elle vivait chez une tante à Washington. Elle rentrait à chaque vacances universitaires à Détroit voir les siens. Quelque part il l'enviait. Cette douceur d'un vrai foyer, il ne l'avait jamais connue. C'était quelque chose qu'il avait souhaité mais plus tard, les études avait comblé son manque de parents, les livres celui de l'affection.

Le Boeing se posa et il descendit, évitant le passage aux bagages, il n'en prenait jamais sur ce genre de vol, sinon il avait l'impression de perdre beaucoup de temps à scruter le tapis roulant à la recherche de son bagage qui ressemblait à tous les autres... Finalement il prit un bus qui le déposerai à l'arrêt le plus proche de l'hôpital où vivait sa mère.

A l'intérieur de celui-ci il sortit son téléphone pour consulter ses messages, Morgan lui avait envoyé une photo des plages de la Floride où il avait décidé de prendre du bon temps, et à première vu c'est ce qu'il faisait ; Hotch lui rappelait que les vacances ne dureraient pas plus d'une semaine et qu'il voulait les voir sans faute la semaine suivante ; et Garcia lui envoyait des messages dignes d'une mère inquiète surveillant les moindres faits et gestes de son bébé.

« Monsieur Reid » le salua l'infirmière « vote mère va être si contente de vous voir. »

il lui sourit embarrassé. Il détestait cet endroit, c'était la matérialisation de ses peurs les plus profonde. Il traversa cependant le couloir et s'assit près de sa mère, devant la fenêtre donnant sur le parc. Il faisait gris dehors et ça donnait une sorte de lueur fantomatique à la pièce.

« Spencer ! » lança sa mère, dans un sourire ; son fils c'était sa fierté, son bonheur, elle avait fait énormément de sacrifices pour lui, et Spencer le savait. Malgré le fait qu'elle lui renvoi l'image de ses frayeurs, il l'aimait, il l'aimait profondément.

« Maman. » il répondit avant qu'elle ne le serre fort dans ses bras. Et ils commencèrent à parler, de tout, de rien, de son travail, de sa vie, et de l'hôpital, des infirmières ; et puis de littérature.

Il laissa sa mère pour rejoindre l'hôtel qu'il avait réservé, non loin de là, pour passer les quelques jours à Las Vegas. Pas de casinos, pas de lumières, juste une chambre basique avec une télévision, et une salle de bain. Il se posa un instant sur le lit, regardant son téléphone sans appel et il descendit. Il arriva près du téléphone public, vestige d'avant l'invasion des portables, mais il préférait ce genre de téléphone parce qu'il était paranoïaque et qu'il avait peur que l'antiterrorisme trace ses appels.

Il composa le numéro, la sonnerie retentit, une fois, puis une seconde.

« Allô ? » c'était une voix que Spencer ne connaissait pas. Il n'avait pas envisagé la possibilité qu'Asma ne décroche pas mais il appelait sur un fixe.

« Allô, je voudrais savoir si Asma est là. »

La personne posa le combiné du téléphone sur ce que Spencer pensait être une table, et elle appela la jeune femme qui arriva et s'empara du combiné.

« Allô ? »

Spencer sentit son cœur se soulager d'un poids, elle était là.

« Allô c'est Spencer. »

Elle répondit :

« Comment va ta mère ? »

Il sourit et se laissa emporter à raconter sa journée, elle l'écoutait, répondait, parfois riait. C'était agréable, très agréable, et ça remplissait son cœur d'une chaleur toute nouvelle.

Lorsque vint le moment de raccrocher elle lui dit :

« Le Ramadan va commencer, à la mosquée on serait ravi de te voir, si tu veux passer un soir, pour partager le repas, rompre le jeun avec nous. »

Spencer ne savait pas trop quoi répondre. La rupture du jeun c'était quelque chose d'important pour les musulmans qui se privaient de nourriture la journée pendant un mois de leur calendrier. Il ne savait pas si il pouvait pas se permettre d'y participer.

« Je ne sais pas si je peux. » dit-il.

« Si tu veux, tu es le bienvenue. »

Il sourit, ils se saluèrent et enfin il raccrocha, il était temps de partir en quête d'un peu de nourriture, il avait le cœur léger, et l'estomac qui criait famine., deux sentiments tout nouveau pour lui.

« Tu parais heureux Spencer. » lui dit sa mère en le regardant. Il lui sourit mais n'ajouta rien, il ne voulait pas s'étendre sur le sujet avec sa mère ; et pourtant qui de mieux qu'une maman pouvait comprendre ce genre de choses ?

« Tu es apaisé. »

Il la regarda, comment une mère pouvait-elle tout savoir sans jamais rien demander.

Il la rassura, lui racontant des choses sans trop mentionner le sujet qu'elle aurait voulu aborder. C'était délicat pour lui, trop nouveau.

« Prends soin de toi. »

Elle le serra dans ses bras et le rendit à la vie extérieure. Il ne la reverrait pas avant un moment mais il devait retourner à son quotidien et à la vie palpitante de Quantico.