Voici le chapitre 12!
Merci pour vos reviews, j'espère que l'histoire va continuer de vous plaire.
Bonne lecture!
Le réveil du téléphona sonna, Spencer chercha l'objet du bout des doigts. Il avait la tête encore lourde de la veille : le bruit, les conversations, et... le retour en métro. Quand il était rentré il s'était repassé la scène des dizaines de fois avant d'aller se mettre au lit à grand renfort de médicaments.
Et pourtant, là, malgré la nuit, il se revoyait dans le métro avec Asma qui lui demandait:
« Est-ce que tu crois en Dieu, Spencer Reid ? »
Il n'avait rien dit au début et puis il avait articulé une explication sur l'invention de Dieu par les hommes, cette notion que peut-être Dieu n'avait pas créé l'homme à son image mais plutôt l'inverse, pour se rassurer, pour contrôler le monde qui entourait les humains. Et il avait voulu commencer à raconter l'Histoire des religions, du polythéisme, du monothéisme, jusqu'aux sectes récentes, et elle l'avait laissé parler. Quand il eut finit, le métro arrivait vers la station où elle descendait alors elle lui dit :
« Et toi, tu y crois ? »
Et les portes s'étaient refermées derrière elle, laissant Reid seul face à lui-même, et seul face à cette question qu'il n'avait jamais vraiment voulu se poser... Dieu. Il était, bien sûr, né dans une famille de traditions chrétiennes mais personne autour de lui n'avait jamais vraiment pratiqué sauf Noël, Pâques, et d'autres petites fêtes placées ça et là, et qui divisaient le calendrier en vacances ; mais il se souvenait également qu'il avait célébré Halloween, une fête païenne... quoi que suivi de la Toussaint ; où il était allé fleurir les membres de sa famille. Mais c'était-il senti concerné ? Avait-il à un instant cru en Dieu ? Il s'était regardé dans une glace et avait commencé à réciter, de mémoire, les premières phrase de l'Ancien Testament :
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. »
Il était resté là, planté devant son reflet à se demandait si il y croyait ou non... Était-il un de ces athées qui ne voyaient dans les Textes Sacrés qu'un folklore quand ce n'était pas le plus gros mensonge de la Création. Pouvait-on décemment être un homme éclairé si on croyait en Dieu ? Certains philosophes avaient renoncé à Dieu, comme Diderot, l'auteur de la première Encyclopédie... oui mais... Voltaire, lui, y croyait. Il ne croyait pas au Dieu des juifs, ni des chrétiens, ou des musulmans, mais il croyait en Dieu, il était déiste. Peut-être que lui aussi, il ne s'était jamais demandé si quelqu'un était au dessus de tout ça et si il y avait un Paradis, un Enfer, autant de choses très difficiles à appréhender pour une esprit si cartésien. D'autant plus quand on voyait toutes les horreurs à son travail... Devait-il penser que si Dieu existait, il était capable de laisser faire ce genre de choses ? Si il était là pourquoi n'intervenait-il pas ?
Il avait pensé à ses collègues, Prentiss avait eu une mauvaise expérience avec l'Église, Morgan n'y croyait plus depuis qu'il avait été abusé, et Rossi était encore très attaché aux paroisses... Peut-être devait-il parler avec lui.
Il se leva du lit, et se dirigea vers la douche, l'eau froide lui réveillait les muscles et il espérait qu'elle lui clarifierait les idées également mais il se retrouva habillé et devant son café sans que la réponse ne lui soit venu. Dieu... Quelle histoire. Et si il en venait à se poser la question c'est qu'il doutait d'y croire mais ce doute lui laissait entrevoir une possibilité que ce soit quand même le cas... Quelle ironie.
Il se rendit au bureau avec la ferme intention d'en parler avec David Rossi.
« Que se passe t-il Reid ? » demanda l'agent qui avait remplacé Gideon au sein de l'équipe.
« Je voudrais vous parler d'un problème. » bredouilla Reid en espérant qu'ils pourraient trouver un endroit isolé des autres pour discuter.
L'agent David Rossi le regarda et décida de l'amener dans son bureau, la mine du jeune homme lui laissait presque à penser qu'il avait vu un fantôme.
« Un café ? » lui proposa t-il en lui montrant sa cafetière personnelle.
« Merci. » répondit-il.
Le liquide brunâtre coula dans sa tasse.
« Tu vas enfin goûter du vrai café. »
Reid sourit et prit la tasse brûlante.
« Alors, de quoi voulez-tu me parler ? » demanda Rossi.
Décidant de ne pas tourner autour du sujet, le jeune homme répondit :
« De Dieu. »
Rossi posa sa tasse sur son bureau et le regarda, attendant qu'il lui explique pourquoi.
« Je veux savoir, comment peut-on encore croire en Dieu quand on fait notre travail. »
Rossi était silencieux, il cherchait sa réponse, et enfin il ouvrit la bouche.
« Dieu n'est pas là pour nous faire vivre dans un monde parfait, il nous a donné de quoi créer un monde parfait et c'est nous qui prenons nos propres décisions. Comme dans le boulot qu'on fait : les gentils, les méchants, chacun, à un moment a eut le choix, et il a choisi de faire le mal, ou de l'empêcher. »
Reid ne savait pas si cette réponse le satisfaisait mais il remercia son ami et finit sa tasse. Il se leva et se dirigea vers la porte :
« Reid... C'est en toi que tu as la solution, personne d'autre ne pourra te dire si tu y crois ou non. »
Il lui adressa un regard et sortit.
