Et voici le Chapitre 17!
Merci pour vos reviews et désolée, c'est encore court.

Bonne lecture!


Reid ouvrit la bouche quelques secondes puis la referma, que répondre ? Reid savait que Morgan n'entendait plus rien à Dieu depuis des années et il en connaissait les raisons alors comment lui expliquer que lui avait l'impression d'avoir trouvé ce que beaucoup appelé « la petite flamme » ou la « lumière ».

« Je n'ai pas encore pris ma décision. » répondit-il. Cela laissait sous entendre qu'il y avait déjà réfléchit, et c'était vrai. Il y réfléchissait sans arrêt parce que ça soulevait beaucoup de questions et de réflexions dont certaines n'étaient pas des plus agréables. L'Islam avait mauvaise presse dans le monde occidentale depuis les attentats du World Trade Center et Reid savait que les musulmans étaient très vites fichés, surtout les nouveaux convertis qu'on trouvait plus impliqués et plus enclins à devenir des poseurs de bombes. Et puis pour beaucoup l'Islam était le refuge des personnes qui étaient en proie à un réel mal être, à un environnement familiale dans lequel il avait du manquer quelque chose... sans doute la séparation des parents, la volonté de reconstruire une famille dans des bases saines... Et pourtant... Pourtant beaucoup de gens avaient dit qu'un jour ou l'autre, ils avaient choisi une religion, à la suite d'un événement qui leur avait montré le chemin à suivre. Il avait l'impression que pour lui aussi, que le chemin était là, devant lui et qu'il pouvait y poser le pied quand il le voudrait mais que c'était encore difficile... C'était s'engager pour la vie, et faire un serment de faire de son mieux pour respecter les piliers, les cinq obligations à savoir reconnaître qu'il n'y avait qu'un seul dieu et que Mohammed est son prophète, la prière cinq fois par jour, le pèlerinage à la Mecque, le jeun du Ramadan ; et la charité...

« Fais attention à toi Reid, ne fous pas tout en l'air. » le prévint Morgan avant de mordre dans son sandwich ce qui eut pour effet de couper court à la conversation.

Lorsque Reid rentra chez lui, les mots de Morgan résonnaient toujours dans son esprit : « ne fous pas tout en l'air »... ça l'obsédait. « tout »... N'avait-il pas droit de choisir de lui-même ce qui lui paraissait bien pour lui ? Ça vie professionnelle devait-elle obligatoirement se conjuguer autour de l'idéal politiquement correct ? Et est-ce que l'administration aurait vraiment quelque chose à faire de sa conversion ? Il ne savait pas. Morgan était le seul qui lui avait demandé et Reid n'en avait jamais parlé à quelqu'un d'autres, pas même à Asma qui viendrait le voir dans la soir avec de quoi manger.

Il alla dans sa salle de bain et se mouilla le visage, s'était une manière qu'il avait de cacher ses troubles à son amie. Il voulait paraître aller bien malgré tout.

On sonna, et il alla ouvrir. Elle se tenait devant lui, souriante, un sac en toile dans les bras qui semblait déjà chargé de victuailles.

« Salam Aleykoum Spencer. » lui lança t-elle. Elle avait décidé de lui apprendre les rudiments de la langue arabe depuis qu'il lui avait dit qu'il s'ennuyait pendant sa rééducation.

« Waleykoum Salam Asma. » répondit-il.

Spencer s'était avéré un élève doué (mais qui en aurai douté) et c'était tristement qu'il avait décidé d'y mettre un terme pour essayer de regagner une routine de travail avec l'équipe à laquelle il était lié. Il ne fera pas comme Gideon, il n'abandonnerait pas sa famille ou ceux qu'il considérait comme l'étant.

Asma entra et posa le sac dans la cuisine de Reid avant d'en sortir les ingrédients. Elle tentait de lui apprendre à cuisiner mais c'était peine perdue. Reid était un bon élève sur tout ce qui touchait à l'esprit mais il avait bien plus de mal pour faire cuir des pâtes et elle sentait qu'il ne prenait pas vraiment de plaisir à manger, c'était de la « survie » plus qu'une envie. Il faisait parti de ces rares personnes qui trouvaient leur nourriture dans les livres, nourrissant leur esprit au détriment d'un corps qui s'était résigné à être malmené et oublié, tout juste contenté pour continuer à fonctionner au mieux. Asma avait décidé de tenter de lui faire goûter un peu à tout plein de saveurs venues d'ailleurs qu'elle avait appris au contact des autres, elle espérait qu'il serait réceptif et était contente de voir qu'il se prêtait à l'exercice en en profitant pour échanger quelques banalités en arabe. C'était amusant pour eux deux et la soirée passait à une vitesse incroyable. Quand ils eurent fini de cuisiner, et en attendant de pouvoir déguster, ils se posèrent dans le salon et Asma regarda autour d'elle balayant la pièce, tellement impersonnelle, du regard. Elle avait beau venir depuis plusieurs jours, elle était toujours surprise par le côté catalogue ou appartement de célibataire qui semblait être l'âme de l'appartement de Spencer Reid.

« Elle n'avance pas beaucoup ta partie d'échec. » lui dit-elle en s'arrêtant sur le jeu qui n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'elle venait.

« J'attends mon adversaire. » se contenta de répondre Reid.

Elle hocha la tête sans dire ce qu'elle pensait du fait que son adversaire ne reviendrait sans doute jamais à en juger par la poussière sur l'échiquier.

Spencer aida Asma à mettre la table, elle commençait à faire comme chez elle et à sortir les assiettes et couverts des différents placards. Elle semblait se sentir à l'aise et ça lui plaisait. Ils se mirent à table et parlèrent de tout et de rien, mais surtout de la présentation d'Asma à l'université qui approchait et qui faisait qu'elle devait partir tôt ce soir pour continuer à écrire.

Elle le salua à la porte et lui souhaita une bonne soirée, avant de partir et de laisser Spencer face à un appartement incroyablement vide.