Jessie : Ahhh ! James ! Viens voir ce que Miaous a écrit sur nous le soir du jour de l'an !

James : Miaouss ? Ça m'étonnerais qu'il ait raconté grand-chose, vu l'état dans lequel il était…

Jessie : Eh bien tu n'as qu'à lire le dernier chapitre, tu vas voir.

James : Euuurrrk ! Mais ça ne s'est jamais passé comme ça ! D'après mes souvenirs, on s'est juste fait quelques bisous pendant le film, mais…

Jessie : Rhoo, James ! Les gens n'ont pas besoin de savoir les détails, surtout après avoir lu ce chapitre dégoutant…

James : Qu'est-ce qu'on fait alors ? On ne peut pas l'effacer, si ?

Jessie : Non, mais on peut raconter une VRAIE histoire pour le nouvel an. Comme cette fois où on a passé les fêtes à camper près de Céladopole…

-Je-Jessie, c'est-c'est bientôt fini ? Souffla James en tremblant comme une feuille.

-Non, ça vient de commencer. Il va falloir être courageux James, d'accord ? Murmura la jeune femme en lui frottant affectueusement le dos.

Pendant que Miaouss était allé faire la fête en ville, Jessie et James étaient restés se reposer au campement. Ainsi, une minute plus tôt, alors qu'il avait finalement trouvé le sommeil, James avait sauté sur le sac de couchage de Jessie en poussant un cri, lorsqu'un grand bruit tout près de leur petit campement l'avait réveillé. Depuis, ce qui ressemblait étrangement à des coups de feu ne cessait de le terroriser, et il se réfugiait dans les bras de Jessie.

-Je ne veux pas mourir ce soir… J'ai encore pleins de choses à faire… Gémit le jeune homme en se cachant dans les bras de son amie.

-James… Soupira Jessie. C'est seulement le feu d'artifice. Personne ne va mourir, je te le promets.

Cependant, elle sursauta avec lui en entendant un coup particulièrement violent et serra James un peu plus fort. Elle savait qu'il était au bord des larmes, vu la façon dont sa poitrine était secouée de tremblement. Elle sentait aussi sa respiration très anarchique dans son cou et s'efforçait de lui caresser le dos pour le rassurer. Jessie savait qu'il avait de bonnes raisons d'être dans cet état. Elle se souvenait clairement d'une histoire qu'il lui avait racontée, à propos de sa fiancée diabolique, qui aimait s'amuser à placer des pétards sous son lit pour le terroriser. Elle-même, ne se sentait pas vraiment rassurée, même en sachant qu'il n'y avait rien à craindre, et sursautait de plus en plus souvent. C'était plutôt ironique, car la dernière fois qu'ils avaient assisté à un feu d'artifice, James avait dût supplier Jessie pour aller le voir, alors que cette fois, il semblait prêt à tout pour décamper en vitesse. Bien sûr, la seule différence était qu'ils ne se trouvaient pas juste à côté de la zone de lancement…

La jeune femme sentit son ami frissonner au-dessus d'elle. Il s'était jeté sans réfléchir hors de sa couverture pour se précipiter sur elle, et ne semblait plus pouvoir bouger un muscle. Il fallait qu'elle le fasse rentrer dans son sac de couchage, sinon il allait attraper froid, et ils n'avaient vraiment pas besoin de cela en ce moment. Sans compter qu'il se sentirait peut-être un peu plus protégé. Ainsi, elle manœuvra James de façon à pouvoir refermer le sac de couchage sur lui, et le reprit dans ses bras.

-Bon, puisqu'on est tous les deux réveillés, tu as des bonnes résolutions pour la nouvelle année ? Je suppose que ne plus pleurnicher ni dramatiser à la moindre occasion n'en fait pas partie ? Railla-t-elle avec un sourire moqueur.

Le jeune homme releva la tête pour lancer à son équipière une moue contrariée. Mais un coup plus fort que les autres retentit, et il enfoui à nouveau sa tête dans le cou de son amie en la serrant de toutes ses forces.

-Je veux juste que ça s'arrête ! Que ça s'arrête ! Que ça s'arrête ! Cria-t-il sur un ton désespéré.

La jeune femme soupira et lui caressa les cheveux. Voilà, elle était sûrement sourde d'une oreille, maintenant, se dit-elle avec agacement. Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il n'était déjà pas rassuré lors des gros orages, alors considérant que ce qu'ils vivaient en ce moment était bien pire, elle comprenait qu'il se mette dans cet état.

A cette pensée, elle se détendit quelque peu et réussit à attraper la couverture de James pour la placer sur eux. Elle était condamnée à dormir avec James, alors autant se mettre à l'aise et se faire un petit nid confortable, pensa-t-elle.

-Miaouss a vraiment de la chance, remarqua Jessie. De là où il est, je suis sûre qu'il peut voir le feu d'artifice.

Les coups étaient maintenant réguliers et beaucoup moins effrayant. La jeune femme pût même observer avec surprise son ami qui se risquait à rouler sur le côté, sans cependant lâcher prise. Elle le regarda poser sa tête à côté de la sienne et émettre un petit soupir de soulagement, avant de demander :

-D-D'ici on ne voit rien ? S'enquit-il avec une petite voix.

-Si, mais les arbres nous cachent le plus gros du spectacle.

Elle leva les yeux vers le ciel et aperçut des lumières danser au rythme des coups qui retentissaient dans la forêt. Les silhouettes des arbres en cachaient la plus grande partie, mais cela restait plutôt agréable à regarder. James suivit son regard, et ils restèrent hypnotisés par les lumières du feu d'artifice de Céladopole qui marquait la nouvelle année. Le jeune homme continuait à sursauter au moindre coup un peu trop fort, mais il s'y était habitué, et ainsi emmitouflé avec Jessie, il avait fini par se calmer.

-Oh, j'ai une surprise, fit-il en tendant le bras vers ses affaires.

Il sortit deux papillotes de son sac et en donna une à Jessie.

-Je voulais te la donner demain matin, pour le nouvel an, mais comme on est réveillés…

-Merci James, tu penses vraiment à tout, fit-elle avec un large sourire.

La jeune femme était aux anges, elle qui adorait le chocolat par-dessus tout... Ils se sourirent et se replongèrent dans la contemplation du feu d'artifice en dégustant leurs sucreries, jusqu'à ce que James ne chuchote :

-Bonne année Jessie, dit-il en se pelotonnant contre son amie.

-Bonne année James, répondit-elle en le serrant contre elle.

James : Et encore désolé pour la conduite affligeante de Miaouss.

Jessie : L'an prochain, c'est promis, on l'empêche de boire n'importe quoi.