Bonjour, bonjour ! Comment allez-vous ?

Bon je vous dois quelques explications après tout, ça fait vraiment super longtemps que j'ai rien posté... Alors autant vous dire la vérité, j'ai juste été très démotivé. Je n'avais ni l'inspiration, ni l'envie. Croyez-moi quand je vous dis qu'à plusieurs reprises j'ai tenté de reprendre cette histoire. J'ai écrit. J'ai été déçu de mes productions. J'ai relu des centaines de fois mes premiers chapitres pour pouvoir trouver l'inspiration, mais plus le temps passait, plus mes chapitres déjà posté me paraissait horriblement nul. Pour me booster, je me disais que si vous m'aviez envoyé tous ces gentils commentaires, c'est qu'ils ne devaient pas être si nul, mais quand même…

Finalement, le temps à continuer à défiler. Moi, j'ai continué à écrire, d'autres histoires que je n'ai jamais postées. Pourquoi ? Parce que je ne les finissais jamais, et je me refusais à poster une histoire que je n'aurais pas préalablement écrite en entier (justement pour éviter aux lecteurs de devoir subir la longue attente que je vous faisais subir avec Une romance peu commune).

Et puis, il y a quelques jours j'ai relu tous vos commentaires pour la énième fois. Comme à chaque fois ça m'as boosté à écrire la suite de cette fiction. Sauf que d'habitude, la motivation retombe aussi vite que l'inspiration. Mais visiblement, pas cette fois.

Et c'est ainsi que ce chapitre 6 est enfin arrivé sur vos écrans.

Ma façon d'écrire a beaucoup changé, et c'est une des raisons pour lesquels j'ai hésité à poster ce chapitre. Changer de style d'écriture d'un chapitre à un autre, ça ne fait pas très sérieux. Alors je m'excuse d'avance. J'espère néanmoins que vous serez satisfait de ce chapitre.

Il faut que je termine ce pavé en vous remerciant parce que c'est vraiment grâce à vos commentaires réguliers que j'ai pu trouver le courage de continuer. Alors sincèrement, merci. Merci mille fois de votre soutien et de vos messages impatient qui m'ont motivé à vous pondre la suite des aventures d'Haruka et Mephisto.

Je vous laisse lire ce chapitre, et me donner vos retours. J'espère sincèrement que ça vous plaira !


Chapitre 6 :

La véritable identité

La nuit avait été longue et mouvementé. De nombreux cauchemars avaient assaillis Haruka. Elle avait beaucoup rêvé de Shin, et notamment de son brusque départ ainsi que de ses paroles amères. Mais il n'avait pas été le seul à hanter sa nuit. Mephisto aussi. Elle s'était vu chez ses parents, à un jeune âge, son supérieur à ses côtés. Bien entendu, il l'avait fait tourner en bourrique. Non loin d'être insupportable le jour, il fallait maintenant qu'elle se le coltine durant la nuit. Mais au bout d'un moment, le directeur avait subitement changé d'attitude. Ses paroles désagréables s'étaient muées en quelque chose de différent.

« Tu as dit pouvoir tout me donner ? Alors, je vais te le dire. Je vais te dire ce que je veux. Je veux ton amour. »

Ce furent les paroles que Mephisto murmura à l'oreille de la jeune femme. Ces mots avaient été prononcés, à la fois de manière douce, mais également de manière très possessive. A tel point, qu'Haruka en avait eu quelques sueurs froides. Quand elle avait baissé les yeux pour regarder le sol, ne sachant quoi répondre, elle avait remarqué de lourdes chaînes enroulées autour de son corps. La seconde suivante, elle était entraînée dans les profondeurs sombres d'un immense océan. Les chaînes à son corps ne se défaisaient pas. Au contraire, plus elle se débattait, plus elles se resserraient la broyant peu à peu, tandis que la pression de l'eau lui donnait l'impression d'être sur le point d'imploser.

Le pire ne fut pas tant de rêver de tout cela. Non. Le pire c'est qu'elle ne se réveilla pas. Son cauchemar continua, encore et encore jusqu'à ce que la sonnerie de son réveil l'arrache enfin à son agonie.

Les yeux rivés sur sa tasse de thé, Haruka semblait totalement absorbé par son contenu. Pourtant, en réalité, la jeune femme ne voyait même pas ce qu'elle regardait. Elle était plongée dans ses pensées. Elle en avait marre. Marre de tout. Marre de Shin, marre de Mephisto, marre de ses cauchemars, des cours. La jeune femme n'avait qu'une envie : hurler et détruire tout ce qui se trouvait à porter de main. Même le petit chien assis sur ses genoux l'agaçait, quand bien même il restait immobile à la regarder.

- Qu'esse t'as ? Gronda-t-elle maussade à l'attention du chien blanc. Arrête de me fixer comme ça, où je te fais cuire au four.

Haruka poussa le chien afin qu'il déguerpisse de ses genoux. Quand il fut par terre, la jeune femme se leva et pris son téléphone. Aucun message de Shin. Pas de mot d'excuse. Rien. Pensait-il donc vraiment tout ce qu'il avait dit ? Cette question tournait en boucle dans son esprit. Elle connaissait Shin depuis longtemps, et sa réaction de la veille, elle ne parvenait pas à la comprendre. Il s'était transformé en l'espace de quelques minutes devenant un individu méconnaissable et haïssable.

La jeune femme se donna une claque sur le visage.

« Reprends-toi abrutie ! On dirait une adolescente pré pubère qui vient de se faire larguer ! » Se sermonna-t-elle intérieurement.

Shin n'était qu'un salaud, et elle allait arrêter de penser à cet imbécile. Ses journées étaient bien assez remplies, et elle avait déjà une tonne de préoccupations. Haruka n'avait pas besoin de s'en rajouter.

Après avoir lâché un « Excuse-moi de m'être énervé» au chien par terre, elle se baissa pour lui caresser l'oreille doucement, sans un sourire pour autant. Le canidé ne semblait pas lui en vouloir. Non, Mephisto ne lui en voulait pas.

Malgré la détermination de la jeune femme à oublier son ami d'enfance, sa journée fut incroyablement morose. A peine brosser, sans maquillage, d'immenses cernes sous les yeux et le visage fermé, la jeune femme tenta tant bien que mal d'agir comme d'habitude. Mais rien n'y fit. Ses élèves remarquèrent sans mal la peine sur son visage, et par compassion, ils furent incroyablement silencieux et attentifs aux dires d'Haruka.

Durant l'un de ses cours, la jeune femme dût sortir de la salle, laissant seuls ses élèves. Sa poitrine la faisait souffrir, et la fatigue n'arrangeait en rien ses subites envies de pleurer.

Quand enfin le soir vint, Haruka fut soulagée l'espace d'un instant, avant de se rendre compte qu'elle avait cours avec son affreux supérieur, Mephisto. Durant toute la journée, trop occupée à broyer du noir, elle en avait oublié les sarcasmes du directeur ainsi que ses cours à rallonge.

La jeune femme souhaitait partir, et rentrer chez elle. Peut-être pourrait-elle prétendre avoir oublié de se rendre au cours. Mais une lointaine menace refit surface :

« Si vous manquez un seul des cours que je vous aurais prescrit, je peux vous assurez que ce n'est pas seulement les partis de votre cerveau contenant des souvenirs que j'aspirerais, mais bien toute votre maudite petite cervelle. »

Même si aujourd'hui Haruka était persuadé qu'il n'en ferait rien, la jeune femme craignait néanmoins qu'il ne la punisse d'une manière ou d'une autre. Jusqu'au dernier moment, elle hésita à rentrer chez elle. Ce fichu directeur ne manquerait pas de lui faire remarquer sa mauvaise mine, peut-être même irait-il jusqu'à se moquer d'elle. Elle n'avait aucunement envie de le subir aujourd'hui.

Haruka ne saurait elle-même expliqué pourquoi, mais finalement elle se décida à y aller. Une fois la porte de sa classe ouverte sur le long couloir sombre menant aux salles de classes des cours d'exorcisme, elle se sentit légèrement plus sereine. Bien que fatiguant, les cours de Mephisto étaient intéressants. Grâce à cela, elle parviendrait peut-être à se sortir de la tête Shin. Elle ne croyait pas si bien dire…

En ouvrant la salle de classe lui étant réservée à elle et à son « professeur », elle se stoppa net. Mephisto, son immonde accoutrement rose et blanc toujours sur lui, était déjà présent dans la pièce, assis sur une table un livre à la main. Sans lever les yeux de son livre, un fin sourire de dessina sur ses lèvres et il prit la parole :

- Inutile de rester figé sur le pas de la porte… Entrez, je n'ai nullement l'intention de vous manger.

- Du cannibalisme... Cela ne m'étonnerait même pas de vous, marmonna la jeune femme.

Les pans de ses lèvres se redressèrent doucement formant un sourire discret, et elle entra dans la pièce. Finalement, cette soirée ne serait peut-être pas si horrible. Elle vint s'installer devant son directeur et sortit ses affaires tandis que le démon finissait sa page. Quand il referma son livre, il baissa enfin les yeux vers la jeune femme. Elle avait mauvaise mine, une mine affreuse même. Avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Haruka le devança :

- Oui, je sais, je fais peur à voir. Excusez-moi pour ça. Dit-elle simplement.

- Gardez vos excuses pour des occasions plus propices. Que vous arrive-t-il ? Demanda Mephisto utilisant ses meilleurs talents d'acteurs pour feindre l'étonnement.

La jeune femme arqua un sourcil. Depuis quand Mephisto se souciait-il d'elle ?

« Rah, peu importe… » Songea-t-elle en prenant la parole.

- Mauvaise soirée. Chien enragé. Connard d'ami d'enfance. Cauchemars.

- J'apprécie le résumé, répondit Mephisto amusé.

- Il n'y a rien d'autre à dire.

- Bon, il est donc de mon devoir de rendre mon cours intéressant pour vous faire oublier ce fâcheux épisode.

- Bon courage, répondit Haruka un sourire sombre aux lèvres.

Sans répondre, Mephisto commença son cours. Durant les premières minutes, Haruka n'écouta qu'à moitié le cours, puis peu à peu son esprit se vida de tous tracas. Son intérêt se centra sur les paroles du démon qui lui paraissait encore plus captivante qu'habituellement. La rousse buvait littéralement les paroles du directeur. Elle le fixait, les yeux vifs et pétillants. Sa fatigue l'avait quitté en même temps que sa tristesse.

La vision de la jeune femme totalement absorbé plut à Mephisto. Profitant des circonstances qui ne rendaient pas cela dérangeant, il fixa Haruka, plongeant ses yeux dans les siens. Pour une fois, elle ne semblait pas intimidée par l'échange visuel qu'ils entretenaient.

- … C'est pourquoi, les démons prenant possession des êtres humains sont rares. Il n'est rien de plus difficile pour un démon.

- Donc, il n'y a que les plus puissants qui peuvent le faire ?

- En effet. Tous les fils de Satan le peuvent ainsi que quelques autres démons de haut niveau.

- Je trouve cela assez effrayant, chuchota Haruka. Y-a-t-il un moyen de les reconnaître facilement ?

Mephisto rigola intérieurement. Etait-elle aveugle à ce point ? Toute personne, normalement constitué et possédant un cerveau, aurait dû s'apercevoir depuis longtemps que Mephisto n'était pas humain. Pourtant Haruka ne le soupçonnait pas le moins du monde. Oui, Mephisto était un homme affreusement excentrique et agaçant au possible, mais de là à imaginer qu'il puisse être un démon… Cette idée ne lui avait même jamais vraiment traversé l'esprit.

Le sourire de Mephisto s'élargit.

- Des yeux atypiques, des oreilles pointues, une queue… Ce sont les critères de bases pour faire la différence entre un démon et un humain. Certains exorcistes aguerris ressentent la présence des démons.

- Comme une sorte de radars à démon ?

- Exactement !

- Ce doit être pratique, marmonna Haruka. Vous y arrivez, à sentir la présence des démons ?

- Bien entendu, je ne serais pas à la tête de la branche Japonaise de l'ordre de la Croix-Vraie si ça n'était pas le cas.

Haruka leva les yeux au ciel. Mephisto aimait à répéter qu'il était quelqu'un d'important et de puissant. Un instant, la jeune femme hésita à dire ce qu'elle avait en tête, mais abdiqua finalement. L'ambiance qui régnait entre eux le permettait.

- Vous êtes vraiment un exorciste aussi puissant que vous le dites ?

- Aaaah… Soupira Mephisto l'air faussement vexé. Vous ne devriez pas trop vous fiez aux apparences.

- Ouais… Enfin bon, il y a deux minutes vous me disiez que je pouvais reconnaître un démon qu'en le regardant… Faudrait savoir ! Je regarde ou je ne regarde pas ?

Mephisto sauta de la table sur laquelle il était installé, et s'approcha de la jeune femme. Il se pencha, posa les coudes sur le pupitre, et entremêla les doigts de ses deux mains. La rousse le regardait, méfiante. Leurs visages étaient proches.

- Votre regard doit savoir sur quoi se focaliser. C'est quelque chose qui vous fait horriblement défaut.

Mephisto balança son pied sous la table pour donner un coup à la jeune femme.

- Aïe ! Mais ça va pas la tête ?! S'énerva-t-elle en massant son tibia.

- Vous étiez trop occupée à me regarder dans les yeux pour penser à voir que j'allais vous donnez un coup de pied. Et vous êtes comme ça pour tout. Vous êtes trop focalisé sur mes vêtements atypiques pour vous rendre compte d'une chose essentielle qui aurait dû attirer votre attention depuis longtemps.

Haruka ne comprenait pas où il voulait en venir, mais comme il ne bougeait pas, elle commença à inspecter son visage avec attention. Elle passa au peigne fin tous les détails, quelque peu mal à l'aise de devoir contempler ainsi son supérieur.

Ses cheveux violets, ses yeux verts, sa peau pâle, ses lèvres fines, son sourire agaçant, ses oreilles pointus. Haruka fronça les sourcils. Qu'était-elle censé voir derrière ce costume rose ? Elle se concentra encore et encore, persistant dans ses recherches. Ses cheveux violets surmonté d'une fantaisie capillaire en forme de spirale, des yeux verts inquiétant avec une pupille fine et allongée, une peau pâle presque cadavérique, des lèvres fines étendues en un sourire inquiétant qui laissant apparaître deux canines pointus, et des oreilles allongées.

Doucement, l'information qu'elle aurait dû voir dès le premier jour monta à son cerveau. Ses yeux s'agrandirent progressivement, et elle sa peau blanchit à vue d'œil.

- Ah ? Sourit de plus belle Mephisto en voyant la réaction de la jeune femme s'enclencher au ralenti.

- V-Vous… V-V-Vous…

- Allons, un petit effort... Arrêtez de bafouiller comme ça. Je vous l'ai déjà dit, je ne vais pas vous manger.

Haruka ignora ses sarcasmes. L'information était bien trop lourde pour que son cerveau puisse en plus encaisser les paroles inutiles de Mephisto.

- U-Un… Un d… D-D-Dém…on ? Bredouilla-t-elle les yeux rivés dans ceux de son vis-à-vis.

- Bravo ! S'exclama Mephisto tout sourire en se redressant brusquement, la faisant sursauter.

Celle-ci se leva également et fit un bond en arrière, plus pâle que jamais. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ? Cet homme était un démon. Et si elle en croyait sa leçon du jour, il était un démon très puissant.

- Vous n'avez rien à craindre de moi Haruka, murmura-t-il.

Il fit un pas dans sa direction. Elle recula. Son crâne semblait être sur le point d'exploser, tandis que Mephisto s'était immobilisé attendant qu'elle se calme.

- V-Vous ? D-D-Dém-

- Oui, la coupa-t-il un large sourire aux lèvres.

- Aaaah… Souffla-t-elle apeurée comme jamais. P-P-Pas de b-b-blague ?

Mephisto se contenta de lever les yeux au ciel en guise de réponse, et avança très légèrement, toujours souriant. La situation l'amusait beaucoup. Annoncé sa véritable nature aux personnes simples d'esprits était une de ses occupations préférées.

- B-Bordel… Marmonna Haruka en reculant jusqu'à toucher le mur du fond de la classe.

Elle s'y adossa, les yeux ronds, fixant le démon avec inquiétude.

- Vous avez peur de moi ?

- E-Evidemment… Chuchota la rousse.

Elle baissa les yeux au sol, puis regarda la porte de la salle de classe, puis l'un des pupitres. Le jeune apprenti exorciste n'osait plus regarder son professeur dans les yeux, comme par peur de se brûler.

- Il n'y aucune raison d'avoir peur. Allons, un peu de courage ! Vous ressemblez à une fillette de six ans là… Vous devriez avoir honte.

Mephisto rigola avant de s'avancer vers sa proie. Cette dernière ne semblait même plus capable de bouger un seul membre. Il en profita pour s'approcher au plus près, se postant juste devant elle et ne lui laissant aucune échappatoire.

- Regardez-moi ma chère.

Les yeux d'Haruka restèrent cependant rivés au sol, c'est pourquoi à l'aide de son index Mephisto releva son menton. Non sans quelques sueurs froides, la jeune femme se laissa faire, et termina par céder. Elle plongea ses yeux dans ceux du démon.

- Voilà qui est mieux, conclut ce dernier. J'apprécie les humains et ce qu'ils fabriquent, alors vous n'avez absolument rien à craindre de moi. Si j'avais voulu vous faire du mal, je l'aurais fait depuis bien longtemps.

Haruka se renfrogna. Elle voulut de nouveau baisser les yeux, mais Mephisto agrippa son menton plus fermement lui faisant abandonner l'idée.

- V-Vous auriez… pu me le d-dire plus tôt… Chuchota-t-elle légèrement calmée.

- J'aurais pu, mais c'est infiniment plus drôle de cette manière.

- Eca… Ecartez-vous… Je s-suis mal à l'aise l-là… Bredouilla-t-elle.

Au contraire, Mephisto s'avança encore et se pencha à l'oreille de la rousse. Haruka sentit son souffle se couper, et son cœur tambouriner douloureusement. Les lèvres du démon effleurèrent son oreille, et d'une voix presque sensuelle il lui murmura :

- Je suis Samaël, le maître du temps et de l'espace.

Cette information aurait pu être anodine aux yeux de la jeune femme si elle n'avait pas potassé les livres de Mephisto durant des heures et des heures. Samaël. Elle ne connaissait que trop bien ce nom, au même titre que les sept autres. Mephisto était un fils de Satan, et pas l'un des moins forts.

La fatigue, la peur, le stress, les informations effrayantes. C'est tout cela qui firent que la seconde suivant la déclaration du démon, Haruka sentit ses jambes défaillirent. Sa vision s'obstrua. Elle venait de perdre connaissance.

C'est un mal de crâne olympique qui réveilla Haruka. La vive douleur lancinante dans sa tête lui donnait l'impression que quelqu'un pressait son cerveau comme un citron. Elle papillonna doucement des yeux, avant de les ouvrir franchement.

D'un coup d'œil circulaire, elle identifia la pièce dans laquelle elle se trouvait. Il s'agissait de sa chambre, avec une particularité en plus. Il y avait quelqu'un d'assis devant son bureau, se balançant sur sa chaise. Elle n'eut aucune réaction, même quand elle identifia Mephisto qui lui tournait le dos, sans doute encore en train de lire.

- On reprend ses esprits ? Demanda-t-il sans même avoir besoin de se retourner.

- Hm… Marmonna Haruka la bouche pâteuse. Où est mon chien ?

- Je ne l'ai pas vu.

Il y eut un court silence, durant lequel Haruka entendit Mephisto tourner une page de son livre.

- … Je suis sûre que vous vous êtes bien amusé, finit-elle par dire sachant qu'il comprendrait à quoi elle faisait référence.

- Oh oui. Je n'avais pas imaginé que vous puissiez vous évanouir. Je m'attendais plus à des hurlements stridents, des cris apeurés. Je m'étais même attendu à ce que vous preniez la fuite. Mais là, vous avez été au-delà de mes espérances…

- Je… Pfff… Vous savez me mettre hors de moi, hein. Je suis tombé sur le directeur le plus sadique au monde…

Haruka rigola faiblement.

- Vous semblez plus détendue… Remarqua Mephisto en se tournant enfin vers elle.

- Je crois que je dors toujours à moitié… C'est pour ça. N'empêche… Vous étonnez pas si je bredouille et bafouille deux fois plus qu'avant quand je vous parle.

- Pour l'instant vous vous débrouillez bien Haruka.

- Ah… C'est amusant ça…

- Quoi donc ? Demanda Mephisto réellement curieux.

- Vous m'appelez Haruka… Plus de miss Hinode ?

- Plus de miss Hinode, lui répondit-il en se levant de sa chaise.

- Vous partez ?

Une lueur de malice traversa les pupilles vertes du démon.

- Vous auriez envie que je reste ?

- Je risque de mourir d'un arrêt cardiaque demain si je vous retrouve chez moi, donc… non.

Les yeux de la jeune femme se fermèrent à moitié, la fatigue l'emportait de nouveau.

- Bonne nuit Johann Faust, Mephisto Pheles, Samaël, marmonna-t-elle en rigolant.

L'instant d'après, Haruka s'était rendormit profondément. Son mal de crâne volatilisé, et ses craintes estompées, elle ronflait doucement la bouche entrouverte sous le regard amusé de Mephisto qui, dans un claquement de doigt, se volatilisa dans le bureau de sa résidence.

Il s'installa dans son fauteuil confortablement, un large sourire vainqueur et inquiétant sur le visage. Son plan fonctionnait comme sur des roulettes. Maintenant que sa petite humaine savait tout de lui, il n'avait plus qu'à la séduire jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse. Il était sur la bonne voie, il le savait. Cette nuit, les rêves et cauchemars de la jeune femme le concerneraient. Shin avait déjà, en partie, disparu de l'esprit de la rousse.

« Tu as dit pouvoir tout me donner ? Alors, je vais te le dire. Je vais te dire ce que je veux. Je veux ton amour. »

Pourquoi avait-elle encore rêvé de Mephisto prononçant ces mots ? Haruka fixa le plafond de sa chambre, caressant distraitement le chien qui était venu s'allonger à ses côtés durant la nuit. Malgré les rêves étranges qu'elle avait fait de Mephisto, elle avait merveilleusement bien dormit. Il y avait longtemps qu'elle ne s'était pas aussi bien reposée. La jeune femme resta allongée longuement. Elle s'amusa à jouer avec son chien en chantonnant, rigolant même parfois.

Mephisto, sous sa forme canidé, ne comprenait pas vraiment cette soudaine joie qui envahissait son humaine. Mais il n'en avait que faire. Peu importait la raison, sa joie et sa bonne humeur faciliterait ses plans.

Soudain, sans qu'il ne s'y attende, Haruka plongea son nez dans son pelage. Elle s'amusa à rouler son visage dans les poils blancs du chien.

- Oh, mais oui il est mimi le petit chien ! Il est mimi !

« Voyons… Vous êtes si joyeuse que vous en oubliez les règles hygiéniques ? » Marmonna intérieurement Mephisto ne protestant pas pour autant.

Il était plutôt agréable d'être ainsi cajolé par Haruka, même si ses câlins auraient d'autant plus été appréciés si Mephisto avait été sous forme humaine. Pour le moment, il devait se contenter de cela. Pour le moment.