Coucou les amis ! Comment ça va ? Moi ça va super bien ! Vous avez vu ?! Il va y avoir une saison deux de Blue Exorcist ! C'est vraiment trop génial ! Vous êtes impatient, vous aussi ? De ce que j'ai vu ça va reprendre l'arc du Fujo-o (histoire originale du manga) ! Je suis surexcitée à l'idée de pouvoir prochainement poser mes fesses devant de nouveaux épisodes de Blue Exorcist ! C'est trooop génial ! (je suis surtout super méga impatiente de revoir Mephisto xD)
Bref… Ceci dit, je remercie les personnes qui ont posté un commentaire ! Comme toujours, ça fait tout chaud au cœur, et ça motive ! Mille merci donc à Nocturnis-Lepus, Sasaki Koutaishi, Thiline, YukikoKitamura66 et Clochann ! Merci également à toutes les personnes qui lisent cette histoire !
Nocturnis-Lepus : Encore une fois, un méga merci pour ton commentaire ! J'adore ! Et ça me fait plaisir, qu'une fois de plus, tu aies bien cerné ce qu'il se passe ! Héhé ! Bon, je vais éviter de trop en dire… Mais en tout cas un grand merci à toi !
Sasa Koutaishi : Merci de ton commentaire, je suis contente que ça t'aies plut ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances car, en effet, l'aventure et l'amour approche à grand pas ! Pour ce qui est de Mephisto… Non, on ne peut pas dire qu'il soit timide. Au contraire, il s'agit de quelqu'un de tellement sûre de lui-même que je ne suis pas sûre qu'un jour il ait éprouvé ce sentiment (en tout cas, c'est comme ça que je le vois) xD Une fois de plus je te remercie !
Clochann : Ouah ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je suis vraiment contente que mon OC te plaise, tu ne peux pas savoir ! J'ai vraiment du mal à lui créer une personnalité, donc si tu l'apprécie j'en suis vraiment heureuse ! Ne sois pas déçu, la suite arrive à grand pas ! Promis ! Bonne lecture, et… Bisous sur ta joue gauche xD !
Thiline: Thank you very much pour ton commentaire! J'adore lire tes questionnement! Je trouve ça vraiment intéressant, dans la mesure où ça me permet de voir si oui ou non j'emmène le lecteur là où je veut qu'il aille! En plus tes hypothèses sont également sympathique à lire! Héhéhé ! Je suis toujours ravie de lire ce que les gens imagine qu'il va se passer (qu'ils soient proche ou non de l'histoire que j'ai écrite). En tout cas, mille mercis ! J'espère ne pas te décevoir par la suite ! Bonne lecture !
Chapitre 8 :
Les balades en forêt
Le soleil était haut dans le ciel. Sur une route de campagne, loin de l'asphalte citadine, une limousine rose roulait à toute allure. A l'intérieur, un sandwich à la main, Haruka contemplait les paysages vallonnés, et les champs qui s'étendaient à perte de vu. Ce genre d'endroit, calme et paisible, lui rappelait la maison de campagne de ses grands-parents.
Il y a bien longtemps, dans sa plus tendre enfance, elle y était souvent allée. Combien de fois avait-elle parcourus l'immense jardin bordant la maison, le chant des oiseaux rythmant sa course folle. Haruka avait passé de merveilleux moment dans cet endroit et, quelque part, elle était heureuse de retrouver cet environnement rural et ses paysages reposant.
La jeune femme mordit dans son sandwich, sentant un regard lourd peser sur elle. L'individu assis en face d'elle, à l'autre bout de la limousine, ne cessait de la regarder depuis près d'une heure maintenant. Cette impression d'être épié, loin d'être agréable, avait le don de la crisper. Sa contemplation de l'extérieur en était gâchée. Lassé de feindre l'indifférence, Haruka poussa un soupir exaspéré avant de se tourner vers son supérieur.
Mephisto ne cilla pas, quand bien même le regard de la jeune femme aurait dissuadé n'importe qui de continuer. Soupirant de nouveau, la jeune femme reporta son attention sur le paysage, mais plus distraitement cette fois. Depuis qu'ils étaient partis, ils n'avaient que très peu échanger. La voiture semblait calmer les habituelles excentricités du directeur de l'académie de la Croix-Vraie.
Les yeux toujours rivés vers le paysage, Haruka tenta d'engagé un semblant de conversation. Non pas qu'elle trouvait le temps long ou le silence pesant, elle avait simplement envie de parler un peu. Dans un coin de sa tête, elle espérait également oublier le regard pesant du démon ainsi.
- Vous ne mangez pas ? Demanda-t-elle sans le regarder.
Quelques minutes plus tôt, quand son ventre avait gargouillé et que Mephisto lui avait tendu un sandwich, Haruka avait remarqué qu'il ne s'était pas servi lui.
- Non, je n'en ai pas envie pour le moment.
« Envie ». Ce mot était bien choisi, c'est ce à quoi songea Haruka. Elle avait appris de Mephisto qu'une grande partie des démons n'avaient aucun besoin alimentaire. Ils mangeaient parce que le gout de la nourriture pouvait être plaisant, mais jamais sous la pression d'un réel besoin impérieux, contrairement aux humains.
- Vous qui, d'habitude, ne loupez aucune occasion de parler, je vous trouve bien silencieux… Commenta la jeune femme.
En effet, Mephisto qui n'ouvrait pas la bouche pour envoyer quelques sarcasmes piquants était chose inhabituel. Au lieu de s'en soucier, Haruka aurait dû en être soulagée.
- Je suis en pleine réflexion, c'est pour cela. Cette petite excursion ne tombe pas forcément au bon moment.
- Ce n'est pas moi qui ai insisté pour partir… Je peux vous demander à quoi vous pensez ?
Mephisto esquissa un sourire satisfait. Voilà qu'ils entretenaient une conversation banale, preuve qu'elle se méfiait moins de lui, du moins pour l'instant. Ce constat avait de quoi plaire au démon. Il avait pensé qu'elle mettrait plus de temps à se remettre de ses émotions, après tout, il lui avait révélé sa véritable identité. Mais Haruka n'en était visiblement déjà plus perturbé, elle paraissait même plus à l'aise qu'autrefois avec lui.
- Je m'occupe de planifier les prochains obstacles que devra surmonter mon adorable petit frère. Ce n'est pas de tout repos.
Haruka s'extirpa de sa contemplation, pour river son regard à celui du démon. Elle mordit de nouveau dans son sandwich, affamée.
- Lequel ?
- Okumura Rin…
Manquant de s'étouffer, la jeune femme se mit à tousser bruyamment, arrachant une moue dégoutée au démon. Ce dernier lui servit un verre d'eau et le lui tendit, depuis l'autre bout de la voiture.
- Cet énergumène ? C'est aussi un fils de Satan ?! S'exclama la rousse.
Mephisto hocha la tête, tandis que la jeune femme s'emparait du verre.
- Je n'avais pas du tout deviné… Souffla-t-elle.
- Ca ne m'étonne pas. Il ressemble bien plus à un humain que n'importe quel démon, après tout il ne l'est qu'à moitié. Sa génitrice était humaine.
- Hmm... M-Mais… Alors, il veut affronter son propre père ?!
Haruka se souvenait l'avoir entendu hurler qu'il souhaitait vaincre Satan.
- Oui. C'est une longue histoire, mais jusqu'il y a peu de temps, Rin n'était pas au courant de sa moitié démoniaque, ni de l'identité de son père biologique. Il a été élevé par un être humain, et c'est lui qu'il considère comme étant son véritable père, pas Satan.
- Mais pourquoi en veux-t-il à Satan ?
- La mort de l'humain qui l'a élevé a été causée par Satan.
Un « oh » navré sortit d'entre les lèvres de la rousse, mais elle n'ajouta rien d'autre. Toutes ces affaires ne la regardaient pas. Satan, ses fils, les démons, tout cela la dépassait. Son seul souhait était de retrouvé une vie paisible, loin des ennuis d'un univers qu'elle n'appréciait guère. Car si Haruka était fascinée par les cours de Mephisto qu'elle trouvait intéressant, elle détestait en revanche avoir à contempler chaque jour les millions de coaltars volant dans la ruelle devant chez elle et les fantômes rodant autour des vielles maisons. Les démons, la rousse était d'accord pour en parler tant qu'elle restait loin d'eux. Mephisto ne faisait pas exception, seulement sa forme humaine lui faisait parfois oublier sa véritable nature.
- Nous arrivons bientôt ? Questionna Haruka dans l'idée de changer de sujet.
- Vous êtes bien bavarde vous aujourd'hui…
- J'ai envie de parler, soupira-t-elle.
« Et votre mutisme commence à me stresser… » Ajouta-t-elle mentalement.
- Nous devrions arriver d'ici quelques minutes.
Et de nouveau, un silence s'installa dans la voiture. En dehors des cours de Mephisto, leurs discussions étaient généralement houleuses. Finalement, la jeune femme se rendait compte qu'elle n'avait jamais vraiment parlé au démon. Elle ne parvenait pas à se souvenir d'une conversation qui n'avait pas mal tourné. Seul lorsqu'il était son professeur, ils parvenaient à parler sérieusement l'un et l'autre, et encore…
Son cerveau surchauffait en tentant de trouver un sujet de discussion. Tandis que Mephisto continuait à la regarder, s'amusant à la voir en pleine réflexion. La prenant finalement en pitié, il débuta une conversation.
- Devenir exorciste ne vous plairait-il vraiment pas ?
La rousse fut surprise d'entendre sa voix. Elle ne s'attendait pas à l'entendre, croyant qu'il s'était de nouveau plongé dans ses réflexions.
- Non… Marmonna-t-elle en regardant ses pieds. Je ne suis pas faite pour ce genre de chose.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Contrairement à ce que vous dites, vous n'avez pas une mémoire de poisson rouge, au contraire. C'est là même votre plus gros atout.
« Pour ne pas dire l'unique… » Ajouta-t-il mentalement en regardant la jeune femme. Sa maladresse l'aurait rendu dangereuse avec une arme dans les mains. Et elle sa musculature n'avait rien d'exceptionnel. Décemment, elle ne pouvait pas compter sur la force pour s'en sortir dans un combat. Seul lui restait son cerveau, et ce qu'elle était capable d'en faire.
- V-Vous êtes bien placé pour savoir que je suis une trouillarde…
- Moins qu'auparavant.
- Toujours trop, s'agaça-t-elle en triturant ses mains. Etre exorciste, ce n'est pas fait pour moi.
Mephisto fronça imperceptiblement les sourcils.
- Et qu'est-ce qui est fait pour vous ? Demanda-t-il sombrement.
Haruka perçut un changement immédiatement, et leva les yeux vers son interlocuteur. Il ne souriait pas. Une lueur inquiétant brillait au cœur des iris du démon. Quoi qu'elle ait pu dire, il n'avait guère apprécié.
- Vous êtes pitoyable parfois, vous le savez ça ? Qu'est-ce qui est fait pour vous Haruka ? Donner des cours inintéressant ? Rentrer seul chez vous le soir ? Pleurnicher vos amis perdu ? Ne compter que sur la seule présence d'un chien pour pallier à votre ennuie ? Ma pauvre Haruka… Votre peur n'est pas votre pire ennemi. Votre manque d'envie, si. Vous n'avez pas envie d'aller au-devant des choses. Vous vous contenter de vous laisser balloter par la vie, sans prendre en main la vôtre.
A mesure que le démon avait parlé, les poings de la jeune femme s'étaient crispés. La colère l'avait soudain envahit. Et l'envie de coller une droite monumentale à Mephisto la démangea.
- Vous n'en savez rien ! Je ne me laisse pas balloter, comme vous dites ! J'ai t-tout fait pour venir enseigner dans votre foutu académie de merde ! Et j'y suis parvenu ! J'ai des envies, et je donne tout pour les combler !
Un sourire moqueur vit le jour sur le visage de Mephisto, alors que ses prunelles ne quittaient pas celles de la jeune femme.
- Je ne veux qu'une chose Haruka… Que vous arrêtiez de vous goberger d'illusion. Votre vie est merdique. Je vous donne là l'occasion d'en faire quelque chose de plus palpitant, et vous persistez à vous complaire dans votre petit cocon misérable.
La jeune femme sentit poindre aux coins de ses yeux quelques larmes, mais elle les ravala rageusement. Elle ne lui donnerait pas le plaisir de pleurer. Pas maintenant. Pas ici. Le visage crispé par la colère, et la rage qui bouillait en elle, elle se détourna de Mephisto. Elle tenta de se concentrer sur la beauté du paysage.
- Quoi que vous disiez... J'étais plus heureuse avant que vous ne me mêliez à vos histoires. Aussi bizarre que cela puisse vous paraître, mon misérable cocon me plait.
- J'en doute, finit-il par conclure sa voix reprenant ses accents joyeux.
La limousine se stoppa soudain. Le visage de la rousse se détendit légèrement, et à travers la vitre, elle se pencha pour voir l'endroit où elle se trouvait. L'angoisse lui noua l'estomac. Elle ne savait pas où elle se trouvait -Mephisto n'avait pas voulu lui dire- et elle allait devoir affronter des démons d'ici peu.
- Nous voilà arrivés ! Chantonna Mephisto en ouvrant la porte pour sortir.
Il s'extirpa de la voiture, étirant au passage ses longs bras puis il offrit sa main à Haruka quand elle voulut sortir à son tour. La rousse s'en empara, la dispute précédente déjà presque oubliée. La limousine rose était garée devant un vieil établissement traditionnel, entouré par une petite forêt. Derrière, il y avait une petite montagne dont on pouvait voir aisément le sommet. L'endroit était silencieux, seul un lointain bruit de cascade brisait ce calme.
Haruka resserra ses doigts autour de ceux du démon, couvert par ses gants violets. Mille étoiles dans les yeux, et un sourire béat aux lèvres, pendant un instant elle oublia la raison de sa présence ici. L'endroit était parfait. L'instant était parfait. La dispute précédente, loin derrière elle.
- Voici les meilleures sources thermales du Japon, selon moi.
C'est aussi bien la voix de Mephisto brisant le silence que ses paroles qui firent faire un bond à la jeune femme.
- Des sources thermales ?!
- Les meilleures, répéta Mephisto fier de lui.
Il ne lui fit pas remarquer qu'elle avait toujours sa main dans la sienne, mais Haruka ne tarda pas à le remarquer d'elle-même. Dans un sursaut, elle reprit sa main en bredouillant quelques excuses, tandis que son visage virait au rouge.
- Q-Que f-fait-on i-ici ?! S'exclama la rousse. Ce… Ce n'était p-pas ce qui é-était prévu !
Ignorant ses vociférations, le démon s'avança jusqu'à l'entrée du bâtiment, suivit de sa subordonnée qui continuait de s'insurger. C'est une femme qui vint les accueillir, le visage souriant et chaleureux. A vu d'œil, Haruka lui donnait la trentaine. Ses longs cheveux noirs et lisses, ses yeux rieurs, les rondeurs de son corps, et son sourire magnifique la rendait splendide.
- Oh ! Monsieur Faust ! Nous sommes ravis de vous accueillir de nouveau et, accompagné cette fois.
Le sourire de la femme s'élargit en voyant Haruka, à moitié caché derrière Mephisto. Elle lui tirait sa cape blanche, discrètement, dans l'espoir de lui faire faire demi-tour. Mais le démon l'ignora royalement.
- J'espère que la chambre sera à votre goût, continua l'employée.
« Une chambre ?! Alors cet endroit fait aussi office d'hôtel ? » Se questionna Haruka alors que la femme les conduisait à l'intérieur.
Ils traversèrent toute la longueur du bâtiment dans immense couloir. En arrivant au bout, la jeune femme montra la chambre de Mephisto de la main, et ce dernier ne se fit pas prier pour entrer à l'intérieur. Il fit coulisser la porte, et aussitôt une agréable odeur d'encens titilla les narines de la rousse. Avant de refermer sa porte, Mephisto lança à la jeune femme un regard vainqueur, accompagné d'un sourire triomphant. Haruka se renfrogna.
L'employée fit glisser la porte d'en face et fit signe à la rousse d'entrer. A l'intérieur, il n'y avait qu'une table basse entouré de plusieurs coussins pour s'asseoir, ainsi qu'une petite commode et un paravent en bois. Haruka pénétra dans la pièce, et se dirigea immédiatement vers la fenêtre. Elle donnait sur la petite montagne, et sur la forêt qui longeait l'établissement.
La rousse huma le doux parfum d'encens, et se délecta de la vue imprenable qu'elle avait sous les yeux.
- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je serais à l'accueil.
Et la femme disparut après s'être poliment incliné. Il fallut plusieurs longues minutes à Haruka pour faire l'état des lieux, étudiant les moindres recoins de la pièce, contemplant la vue et s'extasiant devant le grand paravent de bois sombre. Puis elle patienta, assise devant la table basse, fixant l'encens qui se consumait lentement. La fumée décrivait une courbe serpentine, et Haruka ne se lassait pas la briser en soufflant dessus de temps à autre.
« Qu'est-ce que j'attends… ? » Se demanda-t-elle alors que la baguette d'encens arrivait à son terme.
Mephisto n'était pas venu la voir, quand bien même sa chambre se trouvait en face. Loin de la déranger, elle trouvait juste cela étrange de sa part. Mais au fond, la jeune femme s'en portait mieux. Toujours farouchement en colère contre le démon pour l'avoir emmené dans un tel endroit et pour leur dispute, elle était heureuse de ne pas avoir son visage sous le nez.
Elle resta longuement seule dans un silence total uniquement entrecoupé de quelques pépiements lointain d'oisillons. En fermant les yeux, Haruka se sentait rajeunir et retourner à cette époque où sa grand-mère lui servait des tartelettes au citron en guise de gouter. A cette époque, sa timidité ne l'avait pas encore rongé et sans aucune gêne, elle allait discuter avec la première personne croisant son chemin. Elle parvenait presque à sentir l'odeur enivrante du pain chaud de la boulangerie qui se trouvait en face de chez sa grand-mère. Mais en rouvrant les yeux, Haruka ne put que se rendre à l'évidence : elle se trouvait dans le présent. Sa grand-mère n'était plus. Le pain du boulanger non plus. Pas plus que les tartelettes au citron.
Sa colère en partie dissipée par la mélancolie qui s'insinuait en elle, Haruka décida de passer le reste de la journée à flâner à l'extérieur. Elle aurait pu profiter des sources d'eau chaude -et c'est sans doute ce qu'attendait Mephisto- mais l'envie de prendre l'air la poussa à sortir au dehors. Elle longea le bâtiment et s'engouffra dans la forêt. Il ne s'agissait pas d'une de ces forêts sombres et humides, au contraire. Les arbres étaient assez espacés pour que la lumière du soleil vienne inonder le sol de sa clarté.
Laissant son esprit vagabonder au rythme de ses pas, Haruka songea longuement à son enfance. Mais finalement, c'est Mephisto qui rapidement revint hanter ses pensées. Nul doute que cet homme avait le don de la faire sortir de ses gonds. Pourtant, en y réfléchissant bien, tout le mot dur qu'il avait dit dans la voiture semblait prendre un sens. Quelque part, il n'avait pas tort. Même si pour rien au monde la jeune femme ne lui avouerait. Sa fierté l'interdisait.
D'un secouement de tête, elle chassa ses pensées de son esprit. Mephisto n'avait rien à faire dans sa tête. Ce n'était pas sa place et pourtant, depuis bien trop longtemps son visage ne cessait de la hanter. Que ce soit au cœur de ses rêves, ou lorsqu'elle se plongeait dans de profonde réflexions, Mephisto était toujours là, son sempiternel sourire aux lèvres.
Haruka se stoppa finalement devant un petit étang, où le croassement des grenouilles la fit sourire. Elle s'adossa à un arbre et ferma les yeux. Et face au calme de l'instant et à l'apaisement que cela provoquait en elle, elle oublia enfin le démon et son visage. Durant un cours instant, elle en oublia même jusqu'à son existence. Quand elle rouvrit les yeux, sa colère s'était totalement envolée. Plus aucune animosité ne résidait en elle. Juste le calme, la plénitude et un sentiment agréable de légèreté.
Rebroussant chemin, elle fut contente de voir que son sens de l'orientation n'était pas aussi déplorable qu'elle l'avait pensé. Le bâtiment se trouvait sous ses yeux, illuminé par la lueur rougeâtre du crépuscule.
Assis sur un rocher devant le bâtiment, Mephisto pianotait sur son téléphone. Quand elle le vit, elle se stoppa, ne le reconnaissant d'abord pas. C'est, bien entendu, la spiral formé par ses cheveux qui lui confirma l'identité du directeur. Celui-ci avait délaissé -pour le plus grand plaisir de la rousse- ses habituels vêtements blanc et rose ridicule. A la place il portait un kimono avec -pour le plus grand déplaisir de la rousse- d'étranges motifs de toutes les couleurs. Il s'était même délesté de ses gants blancs, laissant ses longs ongles noirs prendre l'air.
Haruka s'avança vers lui. Mais ce n'est que lorsqu'elle fut juste à côté de lui qu'il leva les yeux vers elle en faisant disparaître son téléphone d'un claquement de doigt.
- C'est pratique, commenta la jeune femme en montrant d'un signe de tête le panache de fumée dans lequel avait disparu l'appareil.
- En effet. L'endroit vous plait ?
- Beaucoup. Mais si j'avais su qu'on partait en vacances, j'aurais pris de quoi écrire des cartes postales…
Mephisto sourit, et secoua l'index.
- Ce ne sont pas des vacances ma chère Haruka.
- Alors que fait-on ici ? Demanda-t-elle calmement, toute colère l'ayant quitté durant sa promenade.
- C'est dans cette forêt qu'aura lieu votre petit exercice.
- Rien de dangereux ?
- Vous verrez bien, chantonna-t-il un large sourire moqueur aux lèvres.
Un sentiment désagréable noua l'estomac de la rousse. Elle aurait largement préféré qu'il la rassure en lui disant qu'elle n'avait rien à craindre. Désormais, la peur l'agitait de nouveau. Mephisto se leva sous le regard angoissé de la jeune femme. Il attrapa son menton entre son index et son pouce.
- On commence à avoir peur mademoiselle ?
- J'ai peur depuis qu'on a quitté le campus… Soupira-t-elle en secouant la tête. Je vous l'ai dit, je suis une trouillarde.
Il relâcha son emprise, non sans avoir esquissé l'ombre d'un sourire sarcastique. Aussitôt, elle s'empourpra, mécontente. Il se moquait d'elle, encore. Elle fit un pas en arrière, s'écartant de lui. Cet énergumène allait finir par ruiner les effets bénéfiques de sa balade en plein air.
OoO
Une lampe éteinte à la main, Haruka s'enfonçait dans le bois. La lumière argentée de la lune éclairait son itinéraire, mais cela ne l'empêcha pas de trébucher à plusieurs reprises sur quelques racines dissimulées. La rousse n'osait allumer sa lampe, de peur que cela n'attire les démons de la forêt. Aussi discrète que possible, elle continuait de slalomer entre les arbres.
Mephisto lui avait uniquement donné l'ordre de marcher, et ce jusqu'à trouver une clairière avec en son centre une maisonnette aux volets bleu. Maudissant mille fois le démon et ses directives, Haruka se demanda si elle était sur la bonne voie ou si, au contraire, elle s'éloignait de l'endroit recherché.
La nuit ne faisait rien pour la rassurer. Pas que la jeune femme ait une réelle peur de l'obscurité, c'est ce qui pouvait s'y trouver qui l'angoissait furieusement. Au moindre bruit, elle faisait volte-face prête à hurler, son cœur tambourinant dans sa poitrine comme jamais.
Avec comme unique repère temporel la position de la lune dans le ciel, elle sut que plusieurs avaient dû s'écouler quand enfin, elle aperçut une clairière. S'approchant à pas feutré, elle se glissa derrière l'arbre le plus proche, et jeta un coup d'œil à l'endroit.
Sous le clair de lune, et grâce au vent, l'herbe ressemblait à une mer aux reflets argentés. L'endroit était incroyablement calme. Une petite maison s'élevait au centre de la clairière. Les volets, dont Haruka ne voyait guère la couleur à cause de l'obscurité, étaient craquelés et en partie arrachés de leurs gonds. Le vent s'insinuant par les vitres brisées dans la maison, provoquant un sifflement sinistre perpétuel. L'endroit semblait abandonné depuis plusieurs années tant la végétation avaient recouvert les murs.
« Où diable m'as envoyé Mephisto ?! » S'insurgea la rousse mentalement.
Elle s'apprêtait à allumer sa lampe pour aller voir de plus près la maison quand un bruit la figea sur place. Un bruit de pas, provenant de la maison. La jeune femme se tassa derrière son arbre, les jambes tremblantes et le souffle court. En moins de quelques secondes, la température diminua drastiquement. De la buée s'échappait d'entre ses lèvres, et elle se mit à greloter. Ce froid n'avait rien de naturel.
Plissant les yeux pour mieux voir, elle vit une ombre passer devant l'une des vitres brisées. Quelqu'un se trouvait dans la maison.
« Ou quelque chose… » Pensa-t-elle alors qu'un puissant frisson de terreur lui glaçait le sang.
L'envie de rebrousser chemin s'insinua grandement dans son esprit. Fuir. Aussi loin que possible. Mais ses jambes restèrent figées. La jeune femme serra les poings avec tant d'ardeur, que ses ongles finirent par se planter douloureusement dans sa paume. Mais elle n'en avait cure. Un horrifique combat avait lieu dans sa tête et il opposait la peur au courage.
Finalement, la bataille n'eut guère le temps de se terminer. Elle fut brusquement interrompue par une main affreusement glaciale qui vint se poser sur l'épaule de la jeune femme. Un hoquet de surprise ridicule lui échappa, alors que brusquement elle faisait volte-face.
Juste sous ses yeux se trouvait une jeune femme, au regard vide. Ses longs cheveux noirs glissaient en cascade sur ses épaules.
« Un fantôme ! »
Sa peau livide et son aspect ectoplasmique ne trompait personne. Les lèvres du fantôme étaient scellées. Elles avaient été cousus entre-elles, ne lui permettant plus d'ouvrir la bouche. Lentement, le bras de la morte se dressa, et elle vint poser son index sur la bouche d'Haruka, lui intimant le silence.
De toute manière trop apeurée pour émettre le moindre son, Haruka hocha la tête imperceptiblement. Le fantôme s'en contenta, et vint caresser la chevelure rousse de la jeune femme. Celle-ci, crispé comme jamais, n'avait aucune idée de la marche à suivre. Tous les versets qu'elle avait pu connaître pour se défendre venaient de s'évaporer de son esprit.
L'ectoplasme montra du doigt la maisonnette, d'un mouvement incroyablement lent. Brièvement, Haruka jeta un coup d'œil à la maison, sans comprendre.
- J-Je c-comprends p-p-pas, bégaya-t-elle dans un murmure si faible qu'elle-même ne s'entendit pas.
Pourtant le fantôme posa de nouveau son doigt sur la bouche de la rousse. Fermant les yeux, Haruka tenta de se rappeler la manière de faire disparaître les fantômes. L'un des moyens était de les faire disparaître en réalisant leur souhait, l'autre d'utiliser un long verset pour l'exorciser.
La première option s'imposa à Haruka. Elle n'avait plus aucun verset en mémoire, et le fantôme semblait vouloir qu'elle accomplisse quelque chose.
« N'aie pas peur, n'aie pas peur Haruka ! » Se répétait-elle pour se donner du courage.
Finalement, elle détourna les yeux pour fixer la maisonnette en ruine, et amorça un pas en sa direction.
J'espère que ce chapitre vous aura plut chers lecteur! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez! Je tente (avec difficulté) d'approfondir mes descriptions, parce que c'est vraiment un domaine où j'ai du mal! En espérant que ce soit réussit! Portez-vous bien, et à la prochaine !
