D'abord, un grand merci à tous ceux qui prennent du plaisir à lire cette fiction et qui me le font remarquer. Ça me fait toujours très chaud au cœur ! Et pour ceux qui se demande si j'abandonne cette fiction, la réponse est : nope. Jamais. Ça prendra le temps qu'il faudra (je m'excuse auprès de vous), mais je compte bien la terminer.
Habituellement quand j'écris un chapitre, je le fais principalement du point de vu d'Haruka (ce sont ses pensées que je dépeins, ses craintes, ses questionnements...). Ce chapitre est exclusivement dédié au point de vu de Mephisto. Dans une première version de ce chapitre (et oui, j'ai réécrit intégralement ce chapitre deux fois), ce changement de point de vu était très marqué. J'ai l'impression qu'il l'est moins dans cette version. A vous de m'en dire des nouvelles !
Réponses aux review :
Guest : Ne t'inquiète pas, je ne laisse pas tomber ma fiction. C'est la toute première que je poste, alors j'ai bien l'intention d'aller au bout de cette aventure ! Merci de tous tes mots touchants, je suis véritablement enchanté que ma fiction te plaise et que mon écriture te convienne ! Merci de ton soutien ! Tu as, toi, toute ma reconnaissance ! Bonne lecture !
Maivys : Bonjour à toi ! D'abord, merci beaucoup pour tes commentaires ! Tes mots me vont droit au cœur ! Je ne sais plus où me mettre ! Merci encore ! A force de tant de compliments, je vais finir rouge pivoine et balbutiante comme notre chère Haruka. Et, pour ce nouveau chapitre, je te souhaite bonne lecture.
Mawion34 : Merci beaucoup de ta review ! Voilà donc le nouveau chapitre qui, j'espère, te plaira autant que les autres.
Tarte-au-citron : (attends, quoi ?! Tarte au citron ?! Vraiment ?! J'adore !) Merci pour ta méga review, comme toujours ! Tu n'as pas à t'en faire, tu n'y es pour rien ! J'ai toujours été très… aléatoire dans mes publications, et le fait que tu n'es pas posté ton commentaire immédiatement n'y est pour rien. De plus, je ne mets de couteau sous la gorge de personne, alors ne t'en veux pas de ne pas avoir posté une review dans les trente secondes qui ont suivi la parution du chapitre ! Tu fais comme tu as envie ! Je suis particulièrement touché de ta déclaration d'amour, et t'en remercie ! C'est vraiment toujours un plaisir de lire tes commentaires ! Ils donnent le sourire, et de la force pour continuer ! Encore merci, et pour ce chapitre je te souhaite un… bon appétit.
Alicexa : Je te remercie d'avoir posté ta review ! Je suis ravie que cette fiction te plaise, et je te laisse donc découvrir la suite des aventures d'Haruka.
Spooky.E : Nous sommes d'accord, Mephisto est bien le personnage le plus intéressant de Blue Exorcist. J'adore ce genre de personnage ! En tout cas, merci pour ta review et bonne lecture.
Kira : Waouh, après avoir lu ta review j'avais un sourire niais sur le visage. J'adore ! Merci beaucoup ! Mephisto is the best ! Tu as raison, personne ne peut déclasser notre chouchou ! Pour tout t'avouer, je crois que j'ai encore plus de mal à cerner Amaimon que Mephisto. Il est trop impassible pour moi xD C'est la raison pour laquelle je ne me suis pas étendu sur la petite séance d'apprentissage. Je préfère laisser Amaimon largement au second plan, plutôt que de l'introduire un peu plus dans l'histoire et mal le représenter. Concernant le lien se tissant entre Mephisto et Haruka… YES ! C'est cela ! J'adore quand une review dit exactement ce que je cherche à montrer ! J'adore ! Merci encore pour ton long commentaire, et bonne lecture !
Dadetine : Enchanté ! D'abord, un immense merci à toi pour cette immense review bien complète ! Je ne pense pas qu'il s'agisse de toi : je me suis un peu améliorée depuis les premiers chapitres (j'ai mal aux yeux quand je relis les premiers). Je suis trop contente que la Haruka actuelle te plaise d'autant plus ! Ah ! Et tu as mis le doigt sur un aspect qui me tient à cœur : la relation humain/démon. Vraiment, j'apprécie que tu y aies prêté attention et que ça te plaise ! Encore une fois, merci beaucoup pour ta review constructive. Ce genre de retour est tout particulièrement appréciable ! Bonne lecture pour ce chapitre, j'espère qu'il te plaira.
Les-Fictions-De-Niils : Un énorme merci pour ta review ! Je suis contente que le chapitre treize t'ai plu ! Héhéhé ! Et voilà le chapitre avec le point de vu de Mephisto ! J'espère vraiment que ça te plaira ! Bonne lecture.
Larem-Akira : Ne te mets pas dans tous tes états ! Ce n'est pas grave si tu oubli de poster une review ! Dans tous les cas, merci d'en avoir posté une sur le chapitre précédent ! Je t'avoue que je me suis marré en imaginant aussi la scène d'apprentissage. Amaimon n'est pas vraiment hostile aux humains, il en a juste véritablement rien à foutre (pardon pour le langage grossier). Haruka ne l'intéresse pas, et ce qu'elle dit non plus. Quand il a fait part de son intérêt pour le Japon à Mephisto, ce dernier l'a obligé à venir au cours d'Haruka. Mais il s'en serait bien passé (elle aussi). Après cette petite explication, je te laisse lire ce chapitre ! Et à la prochaine !
YukikoKitamura66 : Merci beaucoup ! Je suis vraiment heureuse que les interactions te plaisent ! Bonne lecture !
Phoenix Opendule : Tu veux ? Tu veux le chapitre ? Et bien le voilà ! Bonne lecture à toi, et merci pour la review.
Chapitre 14 :
Plan démoniaque
Mephisto était un grand adorateur des humains. Il appréciait chez eux deux choses en particulier : la première étant leur faculté à inventer, à imaginer, et la deuxième, cette aptitude épatante de n'être jamais totalement prévisible. Certes, Mephisto parvenait souvent à deviner les intentions ou les comportements des humains qu'il côtoyait, c'est ce qui lui permettait de les manipuler au mieux, mais parfois il s'étonnait de les voir agir d'une certaine manière et non d'une autre. Dans ces moments-là, il se demandait quel genre de pensée avait dicté ce choix. Nul doute que les sentiments débordants des humains en étaient à l'origine. Mephisto ne comprenait rien à ces sentiments. Non pas qu'il en soit totalement dépourvu, mais ceux des humains lui paraissait à la fois superflus, exagéré et illogique.
Son poste de directeur à l'académie de la Croix-Vraie lui permettait de s'adonner à l'observation des jeunes lycéens. Il avait ainsi tout le loisir de voir leurs réactions face à toutes sortes d'événements. Mephisto les observait aussi souvent que possible. A force de les épier, peut-être un jour finirait-il par comprendre les sentiments humains. Ainsi ces derniers n'auraient plus de secret. Ce n'est qu'à cet instant que ces pauvres créatures éphémères deviendraient totalement prévisibles aux yeux du démon. Mais il ne le souhaitait pas. En aucun cas, il n'aurait souhaité qu'on lui retire une telle distraction. Car, une fois encore, ce qu'il appréciait chez c'était cette imprévisibilité.
Néanmoins, ces derniers temps les autres humains avaient quelque peu moins d'importances à ses yeux. Son attention était accaparée par une humaine en particulier, une petite rousse aux regards fuyants et à la voix balutiante. Sans en comprendre l'origine profonde, Mephisto ne pouvait s'empêcher de contempler Haruka à chaque fois qu'il en avait l'occasion. Il l'observait, tantôt sous sa forme canine, tantôt sous sa forme humaine. A force de passer son temps à la regarder, il avait fini par tout savoir de ses habitudes et de ses goûts.
Mephisto savait tout d'elle, aussi insignifiante soit l'information. Par exemple, il connaissait sa chaîne de télévision préféré, son repas favoris, le nombre de pair de chaussure ranger dans le placard dans l'entrée, la taille moyenne de ses ongles, la totalité des infimes dégradés de couleur dans ses iris. Haruka n'avait plus de secret pour lui.
Mais il ne la contemplait pas uniquement histoire d'avoir des informations sur sa personne. Il aimait la regarder juste pour ce qu'elle avait à lui offrir. Un froncement de sourcil, un sourire, un rire, un cri joyeux ou effrayé, un haussement d'épaule. Sous sa forme canine, Mephisto la suivait partout dans sa maison. Il avait ainsi le plaisir de détailler chacune de ses expression faciale face aux événements du quotidien. Il voyait son visage se renfrogner quand elle boudait, qu'elle s'agaçait. Il trouvait également risible de voir l'ébahissement et la fascination dans le regard de son humaine quand celle-ci fixait son écran de télévision. Et dès lors qu'elle regardait sa série préférée, une myriade d'expression traversait son visage, aux rythmes des aléas des personnages de l'histoire. Mais par-dessus tout, ce qui fascinait Mephisto c'était de voir ses réactions quand elle se trouvait face à lui. Il s'enivrait de chacun de ses bégaiements, de chacun de ses trémoussements d'inconfort, de chacun de ses sourires discrets, de chacune de ses œillades fuyantes.
Assis sur le bureau de la rousse face à son lit, Mephisto la regardait dormir. Il était là, immobile, depuis plus d'une heure, les yeux rivés sur Haruka. Il ne s'était pas une fois détaché de sa contemplation, comme un prédateur silencieux sur le point d'attaquer sa proie. Ses yeux verts brillaient à la lueur du crépuscule filtrant au travers de la fenêtre.
Quand il s'arracha enfin à sa contemplation, ce fut pour fixer le téléphone portable posé à sa gauche. Ce n'était pas le sien, mais celui de son humaine. Sans y réfléchir à deux fois, le démon s'en empara. Dans la mesure où il connaissait son code par cœur, Mephisto n'eut aucun mal à déverrouiller l'appareil. Il survola ses sms, étudia ses appels téléphoniques.
Au fur et à mesure de son inspection, son regard s'assombrit jusqu'à devenir meurtrier. Comme si elle avait senti ce changement d'humeur, Haruka remua dans son lit. La jeune femme grommela et s'étira paresseusement avant de plonger sa tête dans son oreiller. Sans même s'inquiéter de l'état d'éveil de la rousse, le démon poursuivi son investigation.
Le prénom "Kazuki" revenait inlassablement. Le récent ami de la brune n'avait de cesse de lui envoyer des sms, et tentait souvent de l'appeler. Mephisto détestait cela. Cet humain était le seul obstacle dans ses plans, le seul à véritablement pouvoir faire changer le cours des choses. Si Haruka tombait amoureuse de lui, s'en était fini. Le démon ne laisserait pas ce petit et insignifiant être humain se dresser sur sa route.
Mephisto lu le sms le plus récent que Kazuki avait envoyé à la jeune femme.
Hello Haruka, excuse-moi de t'envoyer cet énième message mais je ne t'ai pas vu de la semaine, alors je m'inquiète.
Que dirais tu d'une petite sortie entre collègue ? Ça pourrait te changer les idées. Bis.
A cela, la rousse n'avait pas répondu, sans doute à cause de l'heure tardive à laquelle le message avait été envoyé. La jeune femme s'était surement endormie bien avant de le recevoir.
Mephisto se permit de répondre à sa place, jugeant qu'il était dans son droit dans la mesure où la jeune femme lui appartenait.
Ton invitation me touche Kazuki, mais je vais devoir la décliner. J'ai d'autres plans en ce moment.
Le démon hésita un court instant, puis un large sourire fendit son visage. Il venait peut-être de trouver un moyen de se débarrasser de l'ennuyeux Kazuki sans avoir besoin de le tuer, quand bien même l'envie était grande. Mephisto ferait en sorte que la relation amicale entre Kazuki et Haruka s'étiole d'elle-même. Il donnerait juste un petit coup de pouce aux événements déclencheurs et laisserait les choses se produire ensuite. Ne pouvant agir de la même manière qu'avec Shin de peur que la rousse ne finisse par comprendre son manège, il était presque certain que son plan porterait ses fruits au-delà de ses espérances. Il ajouta au sms avant de l'envoyer :
Si tu le souhaites, nous pouvons néanmoins discuter ce midi. Je mange sur le toit. Tu pourras m'y retrouver.
Fier de sa trouvaille, le maître du temps n'eut pas à attendre longtemps avant que la réponse de Kazuki n'arrive. Ne dormait-il jamais ?
Avec joie, je te retrouverai à midi dans ce cas ! Je suis impatient de te voir, j'ai l'impression que cela fait une éternité que nous n'avons pas parlé. Bon, je te laisse finir ta nuit. Je ne voudrais pas être la cause de tes cernes demain.
Prenant soin de supprimer tous ces messages comprométants, Mephisto reposa ensuite le téléphone sur le bureau, à l'exacte place ou il avait été avant qu'il ne s'en empare.
Il s'étira, d'humeur plus joyeuse et baissa les yeux sur Haruka. Elle dormait encore, paisiblement, sans se douter de sa présence. Elle avait l'air si sereine dans son sommeil que le démon regretta un instant sa nature. Lui aussi, il aurait aimé pouvoir dormir ainsi durant toute une nuit. Mephisto ne dormait quasiment pas. Il n'en ressentait pas le besoin.
Il s'approcha d'Haruka, sans bruit et se pencha au-dessus d'elle. Qu'il était impatient de l'avoir pour lui tout seul ! Dans un claquement de doigt, le démon s'évapora pour réapparaître dans son bureau. Il ne pouvait se permettre de négliger ses autres tâches au profit de la contemplation de son humaine. Il avait à faire, et maîtriser Amaimon pour éviter que celui-ci ne fasse trop de grabuge lui prendrait beaucoup de temps. Si seulement le roi de la terre avait été un démon un peu moins impulsif…
OoO
Mephisto retrouva Haruka, bien éveillé, sur le toit de l'académie un peu avant midi. Comme elle avait l'habitude de le faire quand elle avait envie d'être seule, elle regardait la cour de l'académie, immense, et verdoyante.
Elle l'entendit arriver avant même qu'il ne se manifeste, et pivota dans sa direction. Ses lèvres, coloré d'un rouge éclatant, s'étiraient en un fin sourire. Mephisto se délecta de ce visage qui lui appartiendrait bientôt totalement.
- Je m'attendais à vous voir venir, en fait, avoua la rousse.
- Je suis si prévisible ?
- Je crois surtout que je commence à vous connaître, répondit-elle avant de préciser, au moins un peu.
Cela, Mephisto en doutait, mais il ne releva pas, préférant la laisser croire ce qu'elle voulait. Il enchaîna rapidement.
- Comment se passe vos cours avec les jeunes exorcistes ? Interrogea Mephisto en replaçant l'habituelle mèche rousse derrière l'oreille de la jeune femme.
La question enjoua Haruka. Le démon vit, en effet, son sourire s'élargir et ses yeux briller d'enthousiasme.
- Je m'amuse beaucoup ! Déclara-t-elle. C'est d'autant plus intéressant que je joins la technique à la pratique. Et pas lors de mission dangereuse…
Sa dernière phrase fut marmonnée avec un soupçon de reproche. Et avant de laisser le démon répondre ou se justifier, elle continua légèrement mal à l'aise :
- D'ailleurs… E-En parlant de chose qui fâche… Vous n'auriez pas pénétré chez moi cette nuit ?
Haussant un sourcil, Mephisto se demanda quel genre d'indice il avait pu laisser derrière lui pour qu'elle l'accuse ainsi. Il nia en bloc en secouant la tête, l'air peiné :
- Vous me blessez ! Je croyais que vous me connaissiez ! Vous pensez vraiment que j'en serais capable ? Qu'est-ce qui vous faire dire cela ?
- En me réveillant ce matin, j'ai eu l'impression de sentir votre odeur… Et puis ça ne serait pas la première fois que vous vous introduiriez chez moi sans mon autorisation.
- Mon odeur ? Vraiment ? S'étonna-t-il faussement en éludant une partie de l'argumentation de son adorable petite humaine.
Comme pour s'assurer de ce qu'elle disait, la jeune femme se pencha en avant et huma l'odeur du démon. Mephisto fit de même, plus discrètement. Il s'enivra du parfum de la rousse l'air de rien, profitant de leur proximité. Après un court instant, Haruka confirma :
- Oui, vous sentez le sucre et les confiseries.
Mephisto vit son humaine rougir d'un coup, et elle s'écarta de lui d'un pas. Elle grommela :
- Ce n'est pas une odeur déplaisante.
Mais Mephisto entendit à peine ce qu'elle venait d'avouer. Des bruits de pas dans l'escalier avaient attiré son attention. Ayant une ouïe plus fine que la rousse, il sut que Kazuki était arrivé. Maintenant, il ne lui restait qu'à semer un peu la pagaille dans leur relation, juste un peu. Il se pencha vers la rousse, et sans crier gare il l'embrassa. Il la sentit se tendre et amorcer un pas en arrière, mais il la retint par le bras. Les yeux fermés, il profita du contact tout en imaginant le visage déconfit de Kazuki. A cette simple pensée, le démon s'appliqua d'autant plus dans son baiser et fut ravie de sentir les mains de la rousse s'accrocher à sa veste.
En entendant les pas de l'enseignant s'éloigner rapidement, il recula d'un pas et contempla le visage pivoine de la jeune femme. En se rendant compte qu'elle tenait fermement la veste du démon, Haruka le lâcha et s'écarta d'un bond.
- Q-Qu'est-ce q-qui… qui v-vous prends ?! Bredouilla-t-elle rouge de honte.
- Rien de spécial, répondit-il en haussant les épaules. J'en avais simplement envie.
- E-Et bien la p-prochaine fois que vous a-aurez envie… de… d-de… Bref ! Demandez-moi m-mon avis !
- Je vous le promets.
Mephisto vit la rousse lui lancer un regard suspicieux. Elle devait le trouver bien trop coopérant. Son hypothèse fut confirmée quand, encore gênée, elle demanda :
- Qu'est-ce q-que vous manigancez ?
- Encore une fois, vous me vexez ma chère Haruka ! Je ne manigance rien du tout !
La rousse ne parut pas convaincue du tout, mais elle laissa tomber l'affaire. Elle fusilla simplement le maître du temps du regard, ce à quoi il répondit par un clin d'œil. Mephisto était impatient de voir les aboutissants de son plan. Pas peu fière de semer le trouble dans la relation d'Haruka et Kazuki, il se mit à siffloter l'air de l'opening de son anime favoris sous le regard dubitatif de la rousse.
OoO
Il était toujours fort utile à Mephisto de se transformer en adorable petit chien blanc. Outre le fait d'obtenir ainsi toutes sortes de gestes affectueux de la part Haruka, cela lui permettait également de voir et d'entendre tout ce qui lui plaisait.
C'est ainsi qu'allongé sur les genoux de la rousse, il entendit quelqu'un toquer à la porte de chez elle. Jusqu'alors en pleine lecture, Haruka leva les yeux en direction du vestibule. Quelque peu surpris, Mephisto devina cependant bien vite qui devait se trouver là. Raillant intérieurement le jeune Kazuki, il suivit la jeune enseignante quand elle partit ouvrir la porte, trottinant de son pas de chien. Elle jeta un rapide coup d'œil par le judas, et aussitôt ses épaules s'affaissèrent de désespoir. La rousse ouvrit la porte, non sans avoir soupiré longuement avant.
Mephisto se glissa aussitôt dans l'entrebâillement de la porte, souhaitant voir au mieux l'échange entre les deux humains. Il se cala, de sorte à voir d'un seul regard les deux visages se faisant face.
- Bonsoir Kazuki, salua poliment Haruka.
Celle-ci arborait un fin sourire de politesse qu'elle parvenait difficilement à garder en place. De temps à autre, imperceptiblement, les coins de sa bouche tressaillaient. Elle feintait la joie.
- Bonsoir, marmonna l'autre.
Plus maussade que d'ordinaire, il ne faisait pas l'effort de paraître polie ou enjoué. D'un regard froid, il détailla la jeune femme qui, sans comprendre, attendit qu'il explique la raison de sa venue.
- Excuse-moi de venir te voir chez toi, comme ça, à l'improviste. Je me suis simplement dit que c'était le seul moyen pour qu'on ait une discussion, toi et moi.
- O-Oui, évidemment. Entre, je t'en prie.
Le jeune enseignant hocha la tête, et ils entrèrent. Mephisto manqua de peu de se faire enfermer dehors. Il dû émettre un jappement mécontent, pour que la jeune femme remarque qu'il se trouvait encore dehors alors qu'elle refermait la porte derrière Kazuki. Haruka s'empara du canidé, et le blottit contre elle.
- Fais attention à toi, dit-elle d'un ton léger. Ce petit chien n'en a pas l'air, mais il plutôt agressif avec les gens qu'il ne connaît pas.
Remerciant mentalement son humaine du prétexte qu'elle venait de lui trouver, il se promit de mordre sans ménagement Kazuki si celui-ci s'approchait trop de la rousse.
- Tu veux boire quelque chose ? Demanda Haruka à son invité alors qu'elle lui faisait signe de s'asseoir sur le canapé.
Il secoua la tête, et tapota la place libre à côté de lui.
- Viens. Je ne resterais pas longtemps.
Haruka hocha la tête, et s'installa aux côtés de son ami. Posant Mephisto sur ses genoux, elle se mit à lui caresser évasivement le dos. Sans plus de cérémonie, Kazuki commença :
- Ca ne fait vraiment pas longtemps qu'on se connaît, et pourtant c'est si simple d'être avec toi. Je te considère vraiment comme… comme une véritable amie.
Mephisto leva les yeux au ciel. Il n'en croyait pas un mot. Cet abrutit de Kazuki lui tournait bien trop autour pour que ce soit de la simple amitié, et ses yeux pétillants hurlaient ses pensées profondes. Même Haruka parut l'avoir remarqué car ses doigts se crispèrent dans les poils blancs de son chien. Elle laissa son ami poursuivre :
- Mais c'est aussi pour ça que je ne peux pas rester les bras croisés.
- De quoi tu parles ? Demanda-t-elle finalement.
- J'ai bien vu que quelque chose avait changé ces derniers temps, et j'ai bien vu que tu me fuyais comme la peste. Pourquoi te renferme tu comme ça ? Tu me rappelle un peu celle que tu étais en arrivant à l'académie. Dis-moi si je me trompe mais, il s'est passé quelque chose au café la dernière fois ? J'ai l'impression que c'est depuis ce jour-là que tu…
- Je suis touché que tu t'inquiètes autant pour moi Kazuki, mais il n'y a rien. Rien du tout, le coupa-t-elle.
- Tu crois que je vais gober ça ?! S'insurgea-t-il soudainement en se levant d'un bond.
Haruka le regarda, les yeux ronds, visiblement surprise de cet accès de colère. Mephisto, quant à lui, se délectait de la situation.
- Q-Quoi ? Bredouilla la rousse.
- Je ne suis pas stupide, et je ne suis pas aveugle non plus ! Pourquoi tu t'obstine tant à me dire que tout va pour le mieux ?! Pourquoi est-ce que je devrais te regarder te renfermer sur toi-même comme ça ?! Tu es mon amie !
La jeune femme resta un moment interdite. Mephisto voyait bien dans ses yeux qu'elle ne comprenait pas ce qui était en train de se produire. Il la vit réfléchir, et se triturer les méninges. Après une minute d'un silence pesant, elle répondit froidement à Kazuki :
- Et moi, je ne vois pas pourquoi je devrais te dire ce qui se passe ? Pourquoi tu t'obstines tant à vouloir être au courant ? Je n'ai pas le droit d'avoir de vie privée ?
- Pourquoi je m'obstine tant ?! C'est évident ! Quoi qu'il se passe dans ta vie, ça ne te fait pas du bien ! Tu es en train de changer ! Tu te renferme sur toi, tu n'apprécies plus tes cours autant qu'avant et ça se ressent ! Pourquoi tu ne veux pas que je t'aide ?!
- Parce que je n'ai pas besoin d'aide, s'énerva la rousse.
Elle repoussa Mephisto qui sauta à terre, et se leva à son tour furibonde. Le démon remonta sur le canapé aussitôt, histoire d'avoir une vue d'ensemble sur les deux humains en pleine dispute. A chaque phrase, prononcé par l'un ou par l'autre, il n'avait de cesse de se féliciter de ce qu'il avait provoqué. Fier d'être le point de départ de leur mésentente, le démon prenait un véritable plaisir à contempler la scène.
- Non ! Evidemment ! Tu dois te complaire dans ton petit rêve ! Mais regarde la réalité en face ! Tu cr-
- LA FERME ! Hurla Haruka, faisant sursauter le canidé ainsi que le jeune enseignant face à elle. Ça suffit ! Je ne sais pas d'où tu tiens tout ça Kazuki, et je m'en fiche. Je veux que tu partes de chez moi, et que tu me laisses tranquille.
Mephisto aperçu un changement dans le comportement du jeune homme, mais il n'aurait su dire ce que cela reflétait. Ses traits s'étaient étrangement apaisés, tandis que ses yeux s'étaient durcis, comme de l'eau devenu glace. Les mots qu'il prononça finirent de glacer l'atmosphère entre les deux amis :
- Je t'ai vu embrasser le directeur.
Il avait dit cela d'une voix morne, dénuée de toute émotion. Ses yeux non plus ne reflétaient rien. Mephisto vit pâlir la rousse et ses mains se mirent à trembler légèrement. Elle ouvrit la bouche, sans doute pour répliquer quelque chose de cinglant, mais aucun mot ne parvint à franchir ses lèvres. Longuement, Haruka resta statique, livide. Quand elle fut de nouveau en capacité de s'exprimer, sa voix vibra d'incertitude et d'inquiétude.
- E-Et... a-alors ?
- Je suis certains que c'est de sa faute. Il est évident qu'il n'a pas toute sa tête, et il te change. Je me trompe ?
- P-Part d'ici, immédiatement, se contenta-t-elle de répondre plus froide que jamais.
Sans ajouter quoi que ce soit, le jeune enseignant traversa le salon et disparu dans le vestibule. Dès que la porte claqua, Haruka s'empara de la télécommande de la télévision qui trônait sur l'accoudoir de son canapé et l'envoya contre le mur. L'objet se brisa, et les piles s'en échappèrent. L'une d'entre-elles faillit percuter Mephisto.
Ses mains couvrant son visage, Haruka pleurait. Ce n'était pas la première fois que le démon voyait les larmes de son humaine, et pourtant il avait l'impression de les découvrir sous un nouveau jour. Il la trouvait magnifique ainsi. Ses cheveux roux glissant le long de son dos, indisciplinés, ses doigts crispés sur son visage et tentant de contenir le flot de ses larmes, en vain. De grosses gouttes salées venaient tremper le sol. L'espace d'un court instant, le démon essaya d'imaginer quels genres de sensations se répandait en elle face aux sentiments qu'elle éprouvait. Le sang ne s'écoulait d'aucune plaie béante, et pourtant Mephisto la voyait souffrir.
Néanmoins tout était pour le mieux, car maintenant il n'y avait aucune chance pour qu'Haruka tombe amoureuse de Kazuki. Il l'avait trop profondément blessé, Mephisto le sentait. Satisfait de lui-même, le démon vint se frotter aux jambes de la rousse. Celle-ci se pencha et le ramassa. Enfouissant son visage dans le flot blanc de ses poils, la jeune femme continua à pleurer un moment, jusqu'à ce que ses sanglots ne meurent dans sa gorge et que la fatigue ne l'amène à son lit.
Elle s'allongea sur le dos, et fixa le plafond un long moment avant de s'endormir, épuisée d'avoir ainsi pleuré. Dès qu'il fut sûre qu'elle ne réouvrirait pas les yeux, Mephisto se métamorphosa en humain. Il arborait un sourire victorieux, tandis que ses yeux détaillaient la jeune femme. Elle n'avait ni pris la peine de se déshabiller, ni de se couvrir de son drap. Elle était étendue dans son lit, toute vêtu et les yeux clos. Mephisto pris soin d'essuyer ses larmes salées du bout des doigts. Fasciné par le liquide, il le porta à ses lèvres.
- Le reste dépend maintenant uniquement de toi, chuchota-t-il doucement à l'oreille d'Haruka. Plus de Shin, plus de Kazuki. Juste toi et moi. Il n'y a plus d'obstacle.
Il lui mordilla vaguement l'oreille avant de se redresser. Maintenant que Kazuki était hors compétition, il pourrait pleinement se concentrer sur ses plans concernant Rin et Amaimon, sans craindre que son humaine ne tombe amoureuse de cet abrutit.
Mephisto s'étira, tout sourire. Il aimait les humains. Il aimait leur créativité, leur imprévisibilité. Mais après réflexion, il devait avouer qu'il les aimait aussi pour cette faiblesse qui les caractérisait. Ils étaient si aisément manipulable, autant que des marionnettes ou que les pièces d'un jeu d'échec.
OoO
Les mains dans les poches et les yeux dans le vague, Kazuki rentrait chez lui, l'air penaud. Son altercation avec Haruka l'avait vidé de toutes ses forces, mais il n'en restait pas moins déterminé. Il n'abandonnerait pas la jeune femme aussi aisément quand bien même elle rejetait son aide. L'enseignant, outre sa peine d'avoir vu Haruka dans les bras de quelqu'un d'autre, pressentait un danger. Quelque chose ne tournait pas rond, et il était bien décidé à tirer cela au clair.
Voilà, j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre ! Pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire ! Au départ, j'avais vraiment prévu d'écrire un chapitre totalement centré sur Mephisto, avec son point de vu, mais au fil de mes réécriture cette idée s'est un peu estompé. Dites-moi donc ce que vous en pensez, et à bientôt pour le chapitre 15 (oh mon dieu, si on m'avait dit que je ferais une histoire avec tant de chapitre...) !
