WAOUW ! Ça y est les amis, on a réussi ! On a passé le cap des 100 reviews ! C'est énorme ! Merci beaucoup à vous tous, de votre soutient, de votre bonne humeur, de vos encouragements, de vos commentaires constructifs, de votre humour ! Quand j'ai commencé mon histoire, je ne m'étais pas attendu à ce qu'elle vous plaise autant, mais j'en suis particulièrement ravie ! Thank you very much !
Réponses aux review :
Spooky.E : Hey ! Contente que le chapitre 14 t'ai plu. Pour ce qui est de l'épanouissement de cet étrange paire, héhé… Ça viendra, ça viendra ! En tout cas, merci pour ta review, et bonne lecture pour ce chapitre 15 !
YukikoKitamura66 : Merci de ta review ! Alors tu as bien raison de t'inquiéter au sujet d'Haruka, car on remarque peu à peu que sa relation avec Mephisto n'est pas très saine. C'est, je pense, ce qui inquiète le plus.
Torima Kenro : Bienvenu à toi, et merci d'avoir posté une review ! D'autant plus que c'est grâce à toi que j'ai passé le cap des 100 reviews alors un double merci ! Bonne lecture à toi pour ce nouveau chapitre, en espérant que l'histoire continue de te plaire.
Tarte-au-citron : Waouh ! Quel accueil, et quel enthousiasme ! J'apprécie ! Bon, comme toujours j'adore ta méga review ! Je suis super contente que tu aies apprécié le chapitre précédent, et j'espère que celui-ci te plaira tout autant. Ça me semblait important de souligner ce décalage, en effet. C'est vraiment quelque chose que je ne veux pas : que l'on pense que Mémé aime Haruka, comme un humain en aimerait un autre. C'est un démon Mémé ! Bref, évidemment tu as bien compris ce que je voulais faire passer, et c'est cool ! Dans ce « triangle amoureux », on peut en effet penser que Mephisto est tout puissant et c'est le cas. Néanmoins, il a un point faible (aussi infime soit-il, mais qui a de l'importance pour Haruka) : c'est un démon alors que Kazuki non. C'est le seul point qui pourrait faire défaut à Mephisto ! Une fois encore, merci de ta méga gigantesque review ! Je te souhaite une bonne lecture !
Tamtou : Et bien je te souhaite un bon retour parmi nous, et te remercie pour ta review ! Je suis contente que cette fiction te plaise toujours ! Bonne lecture !
Dadetine : Hello ! Waouh, merci pour tes reviews, ce sont des régals. Tu transcris exactement ce que je veux faire passer ! Je suis aux anges ! Pour ce qui est de Kazuki, en effet, il semble ne pas avoir dit son dernier mot… Héhé ! En fait, je crois que je m'y suis un peu attaché, et je n'ai pas envie de le voir disparaître comme j'avais fait disparaître Shin (l'ami d'enfance d'Haruka) à l'époque ! Donc, encore une fois merci pour tes reviews constructives, et je te souhaite une bonne lecture pour ce nouveau chapitre.
Maivys : Merci beaucoup ! Je suis ravie que tu aies pris plaisir à lire ce chapitre ! J'espère que celui-ci te plaira tout autant ! Bonne lecture !
Mlle Diamante : Waouh ! Merci ! Quel enthousiasme ! Ça fait plaisir à voir ! Voilà donc le nouveau chapitre qui, j'espère, sera à la hauteur de tes espérances.
Les-Fictions-De-Niils : Comme toujours, merci de ta review ! Je suis ravie de tes commentaires sur l'écriture, dans la mesure où je tente de faire beaucoup d'efforts dessus ! Encore merci et, pour ce nouveau chapitre, je te souhaite une bonne lecture !
Chapitre 15 :
Quête solitaire
(part. 1)
Dans l'obscurité opaque de la nuit, Haruka s'éveilla en sursaut. Hors d'haleine, elle chercha l'interrupteur de sa lampe de chevet à tâtons. Quand la lumière se propagea dans sa chambre, un profond soulagement la gagna.
- Quel cauchemar… Parvint-elle à marmonner entre deux respirations affolées.
Assise sur le rebord de son lit, les mains jointes et le regard rivé au sol, elle tentait de calmer son esprit. Souvent des cauchemars venaient troubler ses nuits, sa prolifique imagination en étant la cause, mais celui-ci l'avait bouleversé plus que d'ordinaire. Ses mains tremblaient violemment, tandis que la chair de poule recouvrait tous ses bras et qu'une pellicule de sueur trempait son front. Il était étrange qu'un tel cauchemar l'ai à ce point troublé. Elle en avait fait des biens pires, plus sanglants et horrifiques, mais aucun d'eux n'avait provoqué des sensations de cette ampleur.
C'est à peine si elle parvint à marcher jusqu'au lavabo dans sa salle de bain. En voyant son reflet, Haruka eut même un mouvement de recul accompagné d'une moue écœurée. Elle faisait peine à voir.
La jeune femme noya son visage sous l'eau froide, espérant ainsi recouvrer ses esprits. Quand ses tremblements se furent calmés, elle vint s'asseoir sur son canapé dans le salon. Dans ce même canapé où, quelques jours plus tôt, elle s'était disputée avec Kazuki. Haruka secoua la tête, préférant ne pas y penser. Elle avait bien assez pleuré ce jour-là.
Depuis leur dispute, Kazuki et Haruka ne s'était pas parlé. La jeune femme avait repris ses anciennes habitudes et évitait autant que possible la salle des professeurs. Une fois, elle avait croisé le jeune homme, au loin au détour d'un couloir. Un peu stupidement, elle avait préféré faire demi-tour plutôt que de de l'affronter une nouvelle fois.
Haruka alluma la télévision, avec la conviction que cette dernière parviendrait à chasser définitivement les bribes restantes de son cauchemar. Mais rien n'y fit. Les images de la télé défilaient sous les yeux de la rousse sans que celle-ci ne les voit. Il s'agissait d'un amas de couleur, dynamique, mais dénué de sens.
Les souvenirs de son cauchemar hantaient encore son esprit, ne lui laissant pas une minute de répit. Elle se souvenait, comme si cela se fut passé sous ses yeux, d'une chambre obscure à haut plafond. Elle se souvenait du lit soyeux dans lequel elle était allongée, les yeux grands ouvert, et de cette horrible sensation de ne pouvoir esquisser le moindre mouvement. Seul ses yeux bougeaient encore dans ses orbites. Haruka se souvenait de l'horrible sensation de froid qui avait parcouru son corps au moment où un individu avait pénétré dans la chambre. Elle n'avait pas eu besoin de beaucoup de temps pour reconnaître la présence de l'autre, quand bien même elle ne le voyait pas. Les fragrances de douces sucreries l'avaient averti de la présence de Mephisto, mais étrangement elle n'en avait pas été rassuré. Au contraire, son envie de déguerpir n'en avait été que plus grande. Toujours sans le voir, elle avait senti ses doigts froids caresser ses jambes. Un geste possessif plus qu'une réelle caresse affective. Haruka se souvenait l'avoir senti monter sur le lit, à quatre pattes et venir se percher au-dessus d'elle. L'inquiétude l'avait tant rongé qu'un cri apeuré lui avait échappé. Le démon n'en était pas moins resté fasciné par sa contemplation de la rousse. Il avait passé une main dans ses cheveux, et ses longs ongles aiguisés avaient frôlé son cuir chevelu.
Durant ce cauchemar, pourquoi avait-elle tant eu peur de Mephisto ? Ce dernier, à plusieurs reprises, avait prouvé à la rousse qu'il ne lui voulait aucun mal, alors pourquoi en avait-elle été terrifiée ?
Elle se souvenait de la peur dévorante qui l'avait envahi tandis que le démon murmurait ces quelques mots : "Je suis de retour, ma très chère Haruka". Toujours figé, comme prise dans du béton refroidit, Haruka avait uniquement supplier du regard de maître du temps. Ses supplications silencieuses n'avaient eu aucun effet. Le démon s'était penché pour l'embrasser, enserrant son visage entre ses mains pâles dénuées de ses habituels gants. Haruka se souvenait avoir regarder le démon, terrifiée et démunie. Les yeux verts de Mephisto n'avaient pas lâché leur proie d'une seconde, se plongeant dans les iris d'Haruka. Haruka se souvenait de cette sensation de n'être qu'un morceau de viande, un bien que Mephisto possédait sans restriction. Il ne lui faisait pourtant aucun mal, et outre la peur qui l'envahissait, le baiser n'était pas désagréable, pourtant un effroi sans nom continuait d'affluer en elle.
Quand Mephisto l'avait embrassé sur le toit de l'académie, elle n'avait pas trouvé cela désagréable, bien au contraire. La douceur de l'échange lui avait d'ailleurs fait perdre la raison bien vite, et elle s'était accrochée à sa veste comme pour garder un pied dans la réalité. Alors, pourquoi dans ce cauchemar, ce simple baiser prenait des allures si effrayantes ?
Haruka se souvenait sans mal du visage du démon quand il s'était redressé pour la regarder. Elle l'avait vu détailler son visage avec autant de précision qu'une œuvre d'art. Ses yeux verts avaient d'abord contemplé avec satisfaction les lèvres de la rousse, entrouvertes et tremblantes, puis il avait continué son exploration visuelle. Ses yeux, ses joues, ses sourcils, son nez, ses oreilles, ses cheveux, Mephisto avait tout admirer. Haruka s'était entendu bredouiller : "Laissez-moi p-partir, s'il vous plaît... Je ne... p-peux pas rester là pour… pour t-toujours.". Un rire amer avait échappé à Mephisto, et sans répondre, la rousse avait compris qu'il s'agissait là pourtant de son intention. Il ne la laisserait pas partir. Haruka se souvenait nettement de l'horrible sensation de détresse mêlé à un profond désespoir qu'elle avait ressenti. "Tu aurais dû comprendre ce qui allait t'arriver quand tu as sauvé Elys…C'était inéluctable." lui avait-il chuchoté avant de se redresser. Haruka se souvenait avoir eu envie de lui hurler de rester, de ne pas la laisser seule, mais elle le craignait trop pour cela. La rousse s'était murée dans le silence, tandis que le démon quittait la pièce d'un pas léger. Il avait beau avoir disparu de son champ de vision, Haruka sentait encore sa présence dans la pièce. Une aura écrasante, étouffante. Elle s'était réveillée en sursaut de son cauchemar quand Mephisto avait murmuré ces dernières paroles : "Tu m'appartiens totalement Haruka".
Les mains crispées sur son visage, Haruka ne trouvait aucun moyen d'extraire ce cauchemar de ses pensées. Des reviviscences incessantes s'imposaient à son esprit. Si elle avait eu la certitude d'en être débarrassé de cette manière, la jeune enseignante se serait perforer le crâne avec joie pour en laisser s'échapper son mauvais rêve.
Consciente qu'elle ne se rendormirait pas après un tel cauchemar, la jeune femme partit se préparer un bon thé. Elle commença à le boire, assise à son bureau, les yeux rivés sur son écran d'ordinateur. Elle tapotait son clavier, indécise, sa souris clignotant dans la barre du moteur de recherche.
Elle ferma les yeux, un court instant, puis dans un soupir elle y entra le mot "démon". Pourquoi se trouvait-elle à chercher ce mot sur internet ? Elle n'en avait pas la moindre idée, dans la mesure où elle savait déjà énormément de chose sur les démons. Qu'avait-elle besoin d'aller se pourrir l'esprit avec de fausses données ? En réalité, la rousse cherchait simplement un moyen de s'occuper.
Elle parcouru la liste des sites qui défilait sous ses yeux. Parfois, un rire lui échappait, en voyant les niaiseries qui pouvaient y être raconté. Mais alors qu'elle parcourait une énième page, affiché par le moteur de recherche, elle eut un hoquet de surprise. Une photo montrait la petite maison qu'elle avait elle-même pénétré pour sauver Elys, cette pauvre femme détenue par un démon. Son sang se glaça dans ses veines tandis qu'elle cliquait sur le lien de l'image. La maisonnette avait été prise en photo de jour, réduisant ainsi l'aura effrayant qui l'entourait la nuit. En lisant, Haruka se rendit compte qu'il s'agissait d'un article, écrit par un fanatique. Il ne citait pas l'endroit, mais en parlait comme s'il s'agissait d'une terre divine.
Dans cette humble maison, d'apparence abandonnée et inhabitée, vit un démon. Nous l'avons vu et pris en photo, mais la pellicule de notre appareil a fondu. Quand nous nous sommes approchés, un froid surnaturel nous a pris aux tripes et en entendant un grondement sourd venant des entrailles de la maison, nous avons pris la fuite. Le jour suivant, quand nous avons souhaité nous y rendre de nouveau, bien déterminés cette fois à voir de plus près cette apparition maléfique, nous n'avons plus trouvé la maison. Nous avions beau chercher, toute trace avait disparu.
Cette histoire paraissait si folle que la rousse ne s'étonna pas que la plupart des commentaires réfute les dires de l'internaute. Elle ne s'étendit pas outre mesure sur les commentaires, parfois hilare, parfois insultant, et décida de visiter le site dans sa globalité. Elle découvrit qu'il recensait pas moins de trente-neuf endroits habitant de mystérieuses forces ou de mystérieux êtres maléfiques. La jeune femme passa ainsi la fin de sa nuit à visiter ce site, noyé parmi tant d'autres.
Quand l'aube apparut, elle éteignit son ordinateur et regarda le soleil se lever. Malgré les quelques heures de répit qu'elle avait réussi à s'accorder en naviguant sur internet, la jeune femme n'avait pas oublié son cauchemar. Dans un grognement, elle se pencha à sa fenêtre pour regarder la ville s'éveiller. A sa gauche, dominait en hauteur le campus de l'académie de la Croix-Vraie. Elle laissa ses yeux en détailler les différents étages, jusqu'à arriver au niveau de la demeure de Mephisto. Au sommet de cette immense construction, la jeune femme songea que la vue devait être imprenable.
Haruka n'avait vu que très brièvement Mephisto depuis qu'il l'avait embrassé sur le toit. Elle ne s'en était pas inquiété outre mesure, puisqu'il l'avait prévenu que d'autres affaires accaparaient son attention.
Dans un soupir, la jeune femme baissa les yeux, et vit au loin de hautes silhouettes. Elle reconnut parmi elles, l'immense hôpital aux murs blancs, immaculés. Haruka allait s'en détourner quand une idée germa dans son esprit. Elle resta un instant abasourdi par sa propre pensée.
- Pourquoi pas… se marmonna-t-elle. Oui, ça pourrait être un bon moyen de me rassurer.
Ni une ni deux, sa décision fut prise et la rousse partit se préparer. Elle se doucha, et enfila ses vêtements, paisiblement. Elle n'était pas pressée, après tout, aujourd'hui elle n'irait pas travailler. Appelant la secrétaire, elle annonça son absence en priant pour que cette dernière n'alerte pas Mephisto tout de suite. La jeune femme souhaitait mener son enquête seule, certaine que le démon influencerait ses choix et ses décisions s'il se trouvait avec elle. Il était un maître dans l'art de la manipuler après tout.
Quand elle sortit de chez elle, le soleil déjà entamé sa course dans le ciel. La ville s'était éveillée, et les rues commençaient à se bonder de monde, peu à peu. Haruka grimpa dans le tramway et traversa une partie de la ville. Pas une fois durant le voyage, elle ne détacha ses yeux de l'immense campus qui s'élevait au centre. Quand elle arriva devant l'imposant hôpital de la Croix-Vraie, la jeune femme s'y faufila.
Arrivée à l'accueil, on la renseigna sur le numéro de chambre de la personne qu'elle souhaitait voir. A mesure que ses pas la guidaient vers sa destination, son enthousiasme s'étiolait lentement. Elle s'était décidée sur un coup de tête, mais était-ce une bonne idée ? En arrivant devant la porte, la rousse se claqua le visage trois fois.
"Il est trop tard pour reculer" Songea-t-elle. "Et puis c'est l'occasion d'en savoir plus sur toute cette histoire."
Elle toqua à la porte, et une voix flûtée aux accents surpris l'invita à rentrer. Haruka pénétra dans la pièce, un peu gênée de se trouver là, mais l'accueil qu'elle reçut la mit immédiatement à l'aise.
- Oh, c'est vous ! S'enthousiasma une jeune femme aux longs cheveux noirs, glissant en cascade dans son dos.
La jeune femme, assise dans son lit d'hôpital, arborait un sourire rayonnant. Même les larges cicatrices le déformant ne parvenait à en ruiner la splendeur. Sous cette joie manifeste, la rousse eut du mal à reconnaître Elys. Cette dernière n'avait plus rien à voir avec la femme cadavérique qu'Haruka avait en partie sauvé.
- Bonjour, la salua Haruka en inclinant le buste.
- Venez, je vous en prie ! S'exalta la convalescente en se décalant sur le côté pour faire une place à son invité. Si vous saviez comme je suis heureuse de vous revoir. Il fallait à tout prix que je vous remercie de m'avoir sauvé !
Haruka ne savait plus où se mettre. Assise sur le rebord du lit, elle sentait ses joues prendre une couleur cramoisie. Sa réaction provoqua le rire d'Elys. Totalement subjugué par cette voix si douce, et ce rire si cristallin, Haruka ne put s'empêcher de sourire à son tour. La bonne humeur de la jeune femme n'avait rien à voir avec le visage creusé qu'Haruka avait aperçu quelques semaines auparavant.
- Ah, je ne sais pas trop quoi vous répondre, se lança la rousse. Une chose est sûre, c'est que je suis heureuse de voir que vous allez bien.
- En effet, je me porte comme un charme, plastronna Elys en bombant le torse. Je ne me rends que trop bien compte de ce qui me serait arrivé si vous n'étiez pas intervenu, et vous vous en doutez aussi, n'est-ce pas ?
Haruka hocha la tête, et baissa les yeux sur les cicatrices qui recouvraient les lèvres d'Elys. Tantôt profondes et rougeâtres, tantôt superficielle et à peine rosé, il y en avait un nombre incalculable. Cependant, aucune d'entre elles ne venaient troubler l'élocution de la jeune femme.
- Ce n'est pas très beau à voir, hein ?
La rousse sursauta, et s'excusa platement.
- Je suis désolée, je ne voulais pas paraître mal polie !
- Ne vous en faites pas, j'ai les mêmes réactions que vous à chaque fois que je me regarde dans un miroir. C'est immonde toutes ces boursouflures qui atrophient mes lèvres.
L'espace d'un court instant, la convalescente perdit un peu de sa joie de vivre. Alors qu'elle touchait du bout des doigts ses lèvres déformées, un éclair de tristesse traversa son regard. Elle secoua rapidement la tête, et leva les yeux vers Haruka. De nouveau, ses pupilles brillaient d'enthousiasme.
- Mais dites-moi plutôt la raison de votre visite, mademoiselle-dont-je-ne-connais-pas-le-nom !
- Décidément, je n'en rate pas une, rigola la jeune enseignante. Je m'appelle Haruka Hinode, et je suis professeur à l'académie de la Croix-Vraie.
Pour illustrer ses propos, elle pointa du doigt l'académie que l'on pouvait voir depuis la fenêtre de l'hôpital.
- Peut-être me l'aviez vous déjà dit, mais je ne m'en souviens plus. Enchantée, alors !
- Je suis également une apprentis exorciste, expliqua également Haruka, d'où ma présence. J'aurais apprécié que vous répondiez à quelques questions concernant votre captivité. Si vous le souhaitez, bien entendu. Je ne veux pas que vous vous sentiez mal-à-l'aise ou quoi que ce soit…
Un silence s'étendit après la déclaration de la rousse. Face au visage maintenant fermé d'Elys, elle crut que celle-ci refuserait de répondre à ses questions. Son sourire avait disparu, au même titre que la vivacité de son regard. Au bout d'un moment, aussi pesant que désagréable, Elys répondit :
- Je veux bien vous en parler, dit-elle. Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
- Merci beaucoup… Soupira de soulagement la rousse. En fait, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur votre captivité et sur les circonstances de votre enlèvement.
Les yeux d'Elys scrutèrent Haruka longuement. Elle paraissait soupçonner la jeune enseignante de quelque chose.
- D'accord, je vais vous le dire, finit-elle par dire d'une voix morne jurant avec les intonations joyeuses qu'Haruka avait entendu quelques minutes plus tôt. Tout a commencé il y a un an environ. Je venais tout juste de décrocher un petit job dans un café d'un petit village de campagne, paumé, près d'une immense forêt dense. La terrasse donnait dessus, et c'était un endroit vraiment magnifique. Je ne travaillais que depuis quelques mois quand j'ai commencé à me sentir mal-à-l'aise. J'avais cette fâcheuse impression que l'on me regardait sans cesse, et j'eus beau en parler autour de moi, personne ne s'en inquiéta. Je me suis alors convaincu qu'il s'agissait du mal du pays, après tout, je suis née et j'ai grandi à Osaka.
Elys marqua une pause, et regarda par la fenêtre. Elle donnait l'air de réciter une histoire qu'elle avait appris par cœur. Quand elle reprit, Haruka perçue un changement imperceptible dans sa voix. Celle-ci s'était durcie.
- Je l'ai finalement rencontré un mardi matin. Je venais tout juste d'embaucher quand je l'ai vu entrer dans le café. Oh, le malin ! Il n'avait pas de bois gigantesques, et était vêtu très simplement. J'ai vu tout de suite que je l'intéressais. Ses yeux ne me quittaient pas, alors je suis allée lui parler. Ses iris m'ont tout de suite captivé. D'un jaune vif, ils donnaient l'impression d'appartenir à un animal. Mais loin de se comporter comme telle, il entama la discussion avec moi. Au début, se furent des conversation somme toute banale. Mais comme il revenait chaque jour, nous nous sommes mis à parler de choses un peu plus personnelles.
- Il a évoqué des sujets personnels avec vous ? Interrompit Haruka qui se demandait quels genres de sujet pouvait avoir envie d'aborder un démon tel que celui-ci.
- Oui, sauf qu'il me mentait, et moi non. Je lui ai toujours dit la stricte vérité, mais j'ai par la suite compris que ce n'était pas son cas. Naïvement, j'écoutais ce qu'il avait à me dire, et je lui racontais ma vie. Puis un jour, il me proposa de venir me balader avec lui. J'acceptais. A ma pause de midi, je l'ai rejoint, et nous nous sommes promenés sur les bords d'une petite rivière. Avant même que je ne m'en rende compte, nous avions pénétré la forêt. Je n'avais pas peur. Elle était si lumineuse et chantante que je ne pouvais pas la craindre. Je profitais juste du moment. Nous avons marché longuement, sans que je ne me rende compte du temps qui passait.
Elys soupira. Elle fixait maintenant ses mains avec attention. Elle paraissait presque s'attendre à ce que quelque chose en surgisse soudainement. Haruka, sentit un frisson la parcourir. Sentant que l'histoire idyllique allait bientôt se transformer en cauchemar, elle joignit ses mains pour cacher ses tremblements.
- Au bout d'un moment, je me suis rendu compte que j'étais seule dans la forêt. Depuis combien de temps ? Je n'en savais rien, et je me suis très vite affolée. Je l'ai appelé, en vain. Il n'y avait que l'écho de ma propre voix qui résonnait dans ses bois qui me paraissait bien plus menaçant maintenant que je me retrouvais seule. J'ai voulu rebrousser chemin, mais je me suis perdu. Je ne saurais dire combien de temps j'ai erré dans cette maudite forêt, mais au bout d'un moment, j'ai aperçu une petite maison délabrée. Vous voyez de laquelle je veux parler ?
Haruka sentit des sueurs froides parcourir son échine. Elle hocha la tête, ne voyant que trop bien de quelle maison il s'agissait. Elys continua son récit :
- J'ai pénétré à l'intérieur en espérant trouver quelqu'un qui pourrait m'indiquer le chemin pour sortir. Mais la maison était vide. Enfin presque. Au-dessus de ma tête, à l'étage, j'entendis un bruit. Certaine d'avoir entendu le son d'un pas, je m'élançais à l'étage. Et c'est là que je le vis. Il n'avait plus rien de l'homme avec qui j'avais parlé. D'immenses bois avaient poussé sur le haut de son crâne, et son visage était aussi inexpressif que celui d'un mort. Effrayée, j'ai tenté de fuir. Stupide tentative. Il m'enferma dans ce putain de sous-sol. J'étais terrorisé, d'autant plus que je voyais les nombreux corps étendus avec moi sur le sol. J'ai hurlé, je l'ai injurié, j'ai supplié, j'ai pleuré, mais rien n'a changé. Il me nourrissait, et passait le plus clair de son temps assis devant moi à m'observer. Parfois, il lui arrivait de s'approcher et de laisser courir ses doigts sur ma peau. Puis, un jour, il m'a cousu la bouche. Sans doute criais-je trop… Et depuis ce jour, je n'eus plus le droit de dire quoi que ce soit.
Dans un maigre geste de réconfort, Haruka posa sa main sur l'épaule d'Elys. Celle-ci leva les yeux vers son invité, et un mince sourire fendit son visage. Elle semblait être sur le point de pleurer.
- Merci d'être venu me sauver, murmura-t-elle de nouveau, reconnaissante, la voix nouée par l'émotion.
Se mordant la lèvre inférieur, Haruka hésita un court instant à poser sa question. Mephisto lui avait expliqué les raisons qui avait poussé le démon à enfermer la jeune femme, mais elle, était-elle au courant. La rousse se lança, et le lui demanda :
- Vous savez pourquoi il vous a retenu ainsi ?
- Je ne le sais que trop bien. Il me l'a expliqué. Selon lui, j'étais sa promise et de ce fait je n'avais pas le droit de sortir de cette maison. Avant qu'il ne me condamne à me taire, je lui avais demandé pourquoi il me considérait comme sa promise. Il m'avait répondu cela : "Artémis a donné ses traits à Elys pour qu'elle me rejoigne et vive avec moi."
Face à l'air interrogateur d'Haruka, Elys haussa les épaules.
- Ne m'en demandez pas davantage, je n'en sais pas plus. Mais j'aimerais, à mon tour, vous posez une question.
- Allez-y, répondit simplement la rousse.
- Pourquoi êtes-vous venu me poser ces questions ?
La question déconcerta quelque peu la jeune enseignante, mais elle y répondit bien vite.
- J'avais besoin de réponse.
- Aucun rapport n'a été rédigé sur ce qui m'est arrivé ? Cela m'étonnerait, d'autant plus que j'ai déjà raconté mon histoire à un de vos collègues exorciste. Alors je réitère mon interrogation, pourquoi êtes-vous venu me poser ces questions ?
Haruka ne voyait plus la moindre trace de légèreté dans le regard d'Elys. La rousse ne comprit pas d'où venait cette méfiance excessive, puis se remémora l'histoire que venait de lui conter la jeune convalescente. Sans doute lui était-il difficile de faire confiance à qui que ce soit maintenant.
- Si j'avais demandé, je suppose qu'on m'aurait donné ce rapport vous concernant. Mais pour lire ce rapport, j'aurais dû faire une demande à mon supérieur. Je ne pouvais pas me le permettre. J'avais besoin de réponses, le plus rapidement possible, et sans qu'il ne soit au courant.
La réponse parut détendre quelque peu Elys. Un fin sourire prit de nouveau place sur son visage, et elle donna une tape amicale dans le dos d'Haruka.
- On fait des cachotteries ?! La railla-t-elle gentiment.
Un rire timide échappa à Haruka, mais aussitôt Elys posa de nouveau une question :
- Je peux savoir pourquoi vous vouliez savoir mon histoire ?
Sans trop savoir par quoi commencer, la rousse marmonna sa réponse :
- E-En fait, je me trouve dans une situation... un peu compliqué en ce moment. Un démon souhaite que… et bien, que je lui tombe dans les bras, dirons-nous… Il veut s'accaparer ma personne, aussi bien physiquement que mentalement. Le démon qui vous a séquestré était animé par ce même désir de posséder quelqu'un, c'est pourquoi je voulais en savoir plus.
Elys avait les yeux ronds, et la bouche entrouverte sous la surprise.
- Vous voulez dire qu'un démon va également vous séquestrer ? Demanda-t-elle horrifiée.
- Non ! Non ! Enfin, je ne crois pas… C'est justement pour éviter cela que je cherche des réponses.
- Pour éviter cela ? Ah ! S'exclama Elys, soudain amer. Vous voulez que je vous dise le meilleur moyen pour éviter cela ? C'est de fuir ! Partez loin !
- Fuir ? Hoqueta Haruka. Je ne peux pas. J'ai fait la promesse d-
- Une promesse ?! Est-ce que vous vous rendez compte de l'aspect immoral de mon histoire ? Voulez-vous qu'il vous arrive la même chose ?!
- Si je pars, c'est certains qu'il m'arrivera la même chose !
- Vous préférez abdiquer sans vous battre ?
- M-Me battre ?! Je n'ai pas envie de me battre ! Je veux apprendre la vérité, et comprendre !
Haruka, en prononçant ces mots, se rendit compte à quel point ils étaient vrais. Elle n'avait aucune envie de se battre contre Mephisto, et cela, sans tenir compte du fait qu'elle n'avait aucune chance de l'emporter.
- Les comprendre ?! S'étrangla Elys. Pas besoin d'essayer de les comprendre ! Ces choses immondes ne vivent sur terre que pour nous tourmenter !
C'est à cet instant qu'Haruka comprit à quel point les événements traumatisants qu'avait vécu Elys avait fait naître en elle une haine irascible envers les démons. La jeune enseignante se redressa, et fit volte-face. Elle n'avait aucune raison de rester plus longuement ici. Elys n'aurait rien de plus à lui apprendre. Mais alors que la rousse allait prendre congé poliment, l'ancienne captive l'interpella d'un ton lugubre :
- Tu le sais, n'est-ce pas ? Au fond de toi, tu le sais que ces choses n'ont pas leur place ici.
- Je ne suis pas d'accord, répondit calmement la rousse épuisée de se disputer avec tout le monde. Merci de vos réponses, maintenant, je vais y aller. Bonne journée, et prenez soin de vous.
Malgré les protestation d'Elys, la rousse sortit et referma sèchement la porte derrière elle. Haruka était encore abasourdi du changement de personnalité qu'elle avait vu s'opérer entre son entrée dans la chambre et sa sortie. Alors qu'elle marchait, elle songea à cette animosité qu'Elys ressentait à l'encontre des démons. Pourrait-elle trouver un moyen de faire la paix avec certains d'entre eux ? Ou continuerait-elle à stigmatiser tous les démons sans autre distinction que leur nature ?
Une fois dehors, l'hôpital de la Croix-Vraie dans son dos, Haruka prit une minute pour réfléchir. Elle partit s'asseoir sur un banc, dans le parc juste en face de l'hôpital et ferma les yeux. Bercés par le chant des oiseaux, elle était heureuse d'en avoir appris un peu plus sur l'histoire d'Elys. Cependant, quelque chose manquait.
- Qui est Artémis ? Demanda-t-elle dans le vide.
Seule une brise légère répondit à son interrogation, tandis que le soleil irradiait. Quand elle rouvrit les yeux, détermination et peur animaient ses prunelles.
Le démon-cerf avait sans aucun doute une réponse à sa question.
Hey ! Attendez ! Avant de partir, il fallait juste que je vous dise que, enfin, j'ai commencé à republier mes premiers chapitres (avec quelques fautes en moins, ainsi qu'avec quelques descriptions en plus) ! Enfin pour l'instant, il n'y a que le prologue de réécrit, mais le chapitre 1 est déjà en cours de rerédaction et de relecture ! Ça ne change strictement rien à la trame de l'histoire, c'est juste pour que mes premiers chapitres soient moins en décalage (en terme d'écriture) avec les derniers, c'est tout.
Voilà, maintenant que j'ai fait mon petit papotage, je vous laisse vaquer à vos occupations.
A bientôt pour le chapitre 16 (qui me donne du file à retordre, grrrm) !
