Chapitre 3 : Un heros pour tous.

Acte 13 : Who is the fury?

Courir. Courir pour lui echapper. Courir sous les crachins de cette pluie froide qui lui gelent les os. Courir dans la nuit à peine eclairée par les rayons de lune.

Impossible, il est blessé, il saigne. Il souffre. Il a plusieurs cotes cassées et peut-etre une hemorragie. Mais il ne faut pas s'arreter. On ne doit pas s'arreter quand on a la mort dans l'ombre.

Il faut partir, s'eloigner. Loin, loin. Le plus loin possible. Mettre une distance entre elle et lui. Et attendre, attendre et prier.

Elle, cette personne venait de recevoir le fardeau de son malheur. Et lui, l'autre, il le savait. Ce malheur c'etait lui. Lui qui suivait les traces d'hemoglobines encore fraiches, laissées par sa jeune proie.

Le chasseur, ce chien de guerre, à vrai dire il ne savait pas vraiment ce qu'il traquait. Mais ce dont il etait sure, c'est qu'il desirait ce que possedait celui ou celle qui tentait de s'enfuir sous ses yeux.

S'enfuir vers ces immeubles delabrés et abondonnés. C'etait la seule issue. Sa seule issue. La seule pour ne plus etre à porté des rires macabres de son poursuivant.

Au secours, à l'aide aurait-il voulu crier. Juste un peu de soutien pour stopper l'homme ou la machine lancé à ses trousses. Personne dans cet endroit sombre. Si.

Une simple envolée de pigeons.

Les battements d'ailes de cette nuée d'oiseaux, le firent sursauter. Leurs echos resonnèrent pendant plusieurs secondes dans ce lieu moderne, lugubre et reculé de la civilisation.

Ou aller? pensa t-il.

S'engouffrer dans l'immense halle en face parsemé de debris ou prendre l'escalier et tenter d'atteindre les toits.

Pas le temps de reflechir, l'autre l'avait presque rattrappé.

Monter, monter plus haut que ces marches pouvaient l'emmener. Le porter jusqu'au ciel, si c'etait possible. Et toujours cette indubitable réalité qui le soumettait à son instint de survie.

La journée avait pourtant si bien commencé. Heureux d'avoir retrouvé son père juste apres le dernier King Of Iron Fist Tournament. Il aimait passer du temps à l'accompagner dans son travail. Seulement, cette journée serait peut-etre la derniere.

A chaque etages sa souffrance grandissait. Il se trainait, respirait avec une extreme difficulté. Cela aurait été tellement plus facile de lui remettre ce qu'il avait demandé. Toutefois, avec ce refus, c'est à sa vie qu'il en voulait desormais.

Il repensait à cet affrontement juste avant de servir d'appat. Il avait eu beau le cogner de toutes ses forces, le type en face ne bronchait pas. Pire encore, celui-ci riait aux eclats.

Meurtrie, il fut detruit à chacun des coups que lui administra ce monstre sortit tout droit d'un mauvais reve. Malheureusement, il etait bien eveillé parmi cette torpeur qui n'en finissait pas.

Dans son dos, il entendait le craquement des marches qu'il venait de franchir. L'assassin etait sur ses talons et son rire sadique clinqua dans l'enceinte tel un gong sonnant l'ultime avertissement.

Enfin, enfin de nouveau l'air frais et cette pluie qui ne cesse de tomber. Les toits, vite trouver une issue. A droite, à gauche. Devant, derriere. Là-bas sur le rebord.

Oui, un peu plus en contre-bas. Une fenetre. Descendre avant qu'il n'arrive. Puis s'y glisser à son insu. Doucement, tout doucement, pour eviter une chute mortelle.

L'eau ruisselant sur les parois rendait l'ascension perilleuse. Si il n'avait pas etait aussi amoché, il aurait reussit sans aucune crainte. Il serra encore plus fort les dents et put atteindre la fenetre qui donnait au niveau inferieur.

Essoufflé, à bout de force apres cet exploit, il se maintenait le ventre en boitant. Chaque prises d'oxygene qui remplissaient ses poumons etaient une torture. Se reposer, recuperer, puis disparaitre. Le mur, s'adosser contre ce mur jusqu'a reprendre une activité organique normale.

Le silence. Non pas tout à fait. Juste le son de son haletante respiration dans cette etroite piece et ceux des pas derriere la façade. Il etait à coté. A son grand desarroi.

" Laisse moi tranquille!" poussa t-il à moitié vivant.

L'autre lui repondit d'une voix enigmatique.

" Ils ne viendront pas avec toi" dit son agresseur avant de rire.

" De quoi tu parles! Fiche le camp!"

Soudain, un effroyable fracas vint surprendre le blessé et une douleur au poignet le plaqua contre le mur. Le bras du mercenaire venait de defoncer la brique pour lui attrapper la main droite.

Face à face, les yeux dans les yeux au travers de ce trou, le gibier et le chasseur se fixait sans se comprendre.

" Lache moi! Lache moi!" supplia le plus jeune en bien mauvaise posture.

Il n'eut que cette reponse avant d'hurler sa souffrance

" Ce petit doigt si, n'ira pas au tournoi." jeta son tortionnaire avant de lui briser les phalanges de l'auriculaire.

" Et son voisin, non plus." finit le fou dangereux en riant de nouveau en lui cassant l'annulaire

Derriere le mur, les hurlements le firent sourire. Il lacha prise, il avait deja assez perdu de temps comme ça. Toutefois, c'etait trop facile. Par pure cruauté, il signala à sa future victime.

" Je te laisse dix secondes d'avance. Un...deux..."

Perdu, marchant une nouvelle fois vers l'escalier, il decida de remonter sur le toit. A vrai dire, la douleur, lui avait fait perdre tout raisonnement. Se tordant dans tout les sens, il retira son foulard humide de son cou pour le mettre autour de ses deux doigts inertes pour les soulager.

Cette fois plus question de redescendre. Vite, vite. Oui, il faut faire vite. Car il vient de revenir. Tant pis. Le toit de l'autre batiment n'est qu'a environ cinq metres du bord.

C'est sa derniere chance.

Allez saute, saute. Sauve ta vie.

Il n'a plus le choix, le meurtrier aux cheveux d'argent, l'avait rejoint.

Prends ton elant, cours et envole toi.

Non, trop court. Il va tomber, il va mourir. Le reste de ses mains ne purent que froler la corniche de l'autre coté et par miracle, ils finirent par s'y aggriper.

En pleine forme, ce saut aurait été une formalité pour lui. Mais, il avait atteint ses limites. Il n'arrivait pas à se hisser. D'une seconde à l'autre, il allait s'effondrer.

Tout son corps lui faisait mal. Il avait froid, il avait peur. Ne voyant plus d'echappatoire, son regard se porta vers le bas. Sa fin songea t-il. Terrorisé, il ne sentit meme pas l'ombre passer au-dessus de lui.

Son ennemi, d'un bond, venait de se receptionner sur l'autre toit sans encombre. Il se tenait debout au-dessus de lui. Torse nu sous les trombes d'eau qui s'ecoulaient du ciel. Son regard etait glacial, guettant avec delectation la chute de sa proie.

Elle, cette proie, le regardait, ne pouvant meme pas demander grace. Ne pouvant pas reclamer de l'aide. Sa main droite, lacha prise, il ne put tenir davantage avec seulement trois doigts.

Une eternité. Pour lui, ses derniers instants sur ce rebord, pendu dans le vide maintenu par la seule force de sa main gauche lui semblèrent une eternité.

Il va lacher. Il va glisser.

C'est terminé.

Il lacha enfin.

Il tombe.

Ainsi, tout ces moments se perdront dans l'oubli.

Comme les larmes dans la pluie.

" Il est temps de mourir." cingla l'homme apres lui avoir saisit son bras gauche au vol en lui evitant une mort certaine.

Avait-il eu pitié? Avait-il retrouvé un semblant d'humanité pour le secourir?

D'un bras, il souleva le corps hors de porté du vide pour le deposer violemment sur le toit. Il etait sauvé. Seulement l'immortel le fixant d'un regard demoniaque chassa toutes allusions suite à ces mots.

" Pas question de perdre plus de temps. Autant te tuer de mes mains!" cria t-il en se jetant sur le pauvre souffre-douleur.

Tout en riant, ses poings vinrent s'ecrasser sur le visage tumefié de sa victime. Il l'avait juste sauvé pour ne pas perdre de temps. Sauvé pour avoir le plaisir de le tuer de ses propres mains.

Au bout de quelques secondes, il ne ressentait plus rien.

Lorsque le monstre eut fini son oeuvre, il fouilla la depouille et en sortit un morceau de carton plastifié couvert de sang en s'exclamant.

" Alors, qui suis-je? Un homme ou une femme?"

Il prononça à haute voix, le nom inscrit sur l'invitation du prochain King Of Iron Fist Tournament.

" Leo Kliesen!" declara Bryan avant d'eclater d'un rire tout aussi sinistre que lui.

Chapitre 3 : Un heros pour tous. Fin du 13éme acte.