Chapitre 6 : La bague
TicTicTic. TicTicTic.
« Amélia…Amélia? Tu es réveillée? Je crois que c'est ton hibou qui cogne à la fenêtre avec son bec…. Amélia? »
À moitié endormie, Amélia ouvrit les yeux et fut immédiatement aveuglée par la clarté éblouissante qui régnait dans le dortoir des filles de Gryffondor. Normalement, Amélia tirait les rideaux de son lit baldaquin afin de préserver l'obscurité le matin, mais il faut croire qu'elle avait oublié de les fermer, hier soir. En se frottant les yeux, elle vit devant elle une grande silhouette tout embrouillée au teint foncé qui semblait être Angelina.
« Hmm…? »
« Ton hibou…Il est à la fenêtre… »
« Oh! Beeti! »
Et d'un seul bond, elle sortit de son lit et courra vers la fenêtre pour l'ouvrir afin de laisser entrer son petit hibou. Sa vision était redevenue normale et elle pouvait voir le ciel d'un bleu magnifique.
« Waouh! Déjà! Tu es rapide mon petit Beeti! »
Elle décrocha la petite enveloppe de la patte de son hibou, mais fut surprise d'y découvrir également un petit paquet.
« Je vais prendre le petit déjeuner. Tu viens? », lui demanda Angelina.
« Plus tard. Je vais lire ma lettre avant. À tantôt! »
« Ok! »
Angelina quitta le dortoir, laissant Amélia seule. Elle avait si hâte de voir ce que ce petit paquet contenait, mais elle retint sa curiosité un moment et commença par ouvrir l'enveloppe qui était inscrite d'une écriture fine ''Pour ma petite perle''.
Chère Amélia,
Je suis ravie de voir que la rentrée s'est bien déroulée et que tu es heureuse de retrouver tes amis. Et je suis tellement fière de toi. La première à avoir réussi à transformer un magnifique paon en un fauteuil de chintz! Ce n'est pas de la petite magie ça! Comme je l'ai toujours dit, tu es une sorcière tellement brillante et pleine de surprises. Crois en toi et en ton talent, et je t'interdis de douter de toi et de tes capacités! Pour tes retenues avec le professeur Snape, ne t'en fais pas, ça peut arriver à tout le monde et il faut que tu essaies de le voir d'un côté positif. Reste toi-même et montre-lui que tu es une jeune sorcière pleine de talents et que tu es prête à persévérer. Reste polie et neutre. Dis-toi que ça sera bientôt terminé. Et surtout, ne te décourage pas. Tu as peut-être perdu 35 points, mais je suis sûre que tu vas réussir à les regagner, ne perds pas espoir. Et ne t'inquiète pas, nous allons nous revoir bientôt et je pourrai te faire des bons chocolats chauds tous les soirs autant que tu en voudras. Je t'aime beaucoup et tu rappelleras aux jumeaux qu'ils sont la bienvenue n'importe quand. Et ne t'inquiète pas pour les petits gnomes dans notre potager. Hier, Milo en a aperçu un et il s'est mis à courir après. Oh, bien sûr, le petit gnome a réussi à s'échapper, mais je ne crois pas qu'il va revenir de si tôt. Milo leur a donné une de ces frousses. C'était plutôt amusant. J'aurais aimé que tu sois là pour voir ça, ça t'aurait tellement fait rire. Tu me manques aussi ma chérie, mais je sais que tu es entre bonnes mains à Poudlard. Profite s'en, c'est ta dernière année.
Grand-Mère Sissi, xoxox
P.S.: Tu peux maintenant ouvrir le petit paquet, si tu ne l'as pas déjà fait, petite curieuse!
Elle rit en imaginant son gros chien courir après les petits gnomes dans le magnifique potager de sa grand-mère. Grand-Mère Sissi vivait dans un petit village chaleureux dans le sud-ouest de l'Angleterre, entouré de magnifiques collines et de vastes champs. La vue de la chambre d'Amélia, située au troisième étage, était splendide. Cela ne faisait pas loin de sept ans qu'elle habitait avec elle. Et depuis, ça avait été les plus belles années de sa vie. Sa grand-mère était chaleureuse, pleine de bonté, paisible, drôle, encourageante et elle l'aimait de ton son cœur. Tout ce que le reste de ma famille n'est pas, en réalité, songea-t-elle. Sa grand-mère lui donnait toujours espoir et la mettait toujours en confiance. Ses paroles valent de l'or et sont aussi puissantes que la petite potion Felix Felicis, selon elle.
Amélia finit par sortir de ses pensées et porta son attention sur le petit paquet, maintenant dans ses mains. Mais qu'est-ce que ça peut bien être? Soigneusement, elle tira sur le petit ruban doré qui gardait le tissu rougeâtre en place autour de l'objet mystère.
« Par la barbe de Merlin… », s'exclama-t-elle.
Dans ses mains se tenait une magnifique bague en or blanc ornée d'une grosse pierre ovale noire. L'onyx, une pierre précieuse aussi noire que le charbon, brillait dans la main de la jeune fille. La bague de mes ancêtres. Celle que l'on nomme le Diamant Noir. Cette bague était dans sa famille depuis plusieurs générations. Sa mère lui avait donné juste avant qu'Amélia commence l'école à Poudlard mais lui avait retirée rapidement, ne la croyant probablement pas assez digne pour cet objet de valeur. Comment Grand-Mère Sissi l'avait-elle récupérée? Elle fouilla dans ses souvenirs et se rappela un jour d'une conversation qu'elle avait eue avec sa grand-mère, quelques années plus tôt.
« Grand-Mère Sissi? »
« Oui, ma chérie? »
« J'aimerais savoir quand tu as donné la bague de nos ancêtres à Maman… »
« Oh…Je lui ai donné lors de sa première année à Poudlard. Oh! Je me souviens de cette journée. Ta mère était tellement excitée à l'idée d'aller à Poudlard. Mais cela la rendait également très nerveuse… Je voulais lui donner quelque chose qui était très important pour moi pour lui montrer à quel point elle était importante pour moi, pour lui donner confiance. J'avais prévu lui donner la bague lorsqu'elle serait un peu plus vieille, me disant qu'à onze ans seulement, elle ne la porterait surement pas et qu'il ne s'agirait que d'un vieil objet sans importance pour elle. Mais je n'ai pas regretté mon geste une seule fois lorsque je lui ai remis la bague deux jours avant qu'elle prenne le train pour Poudlard. La joie qu'elle ressentait éblouissait tout le monde dans la pièce. Elle ne pouvait pas croire que je lui donnais la bague, ma bague. Elle était si heureuse qu'elle en oublia la nervosité qu'elle ressentait à l'idée d'aller à Poudlard. »
Elle prit une courte pause, regardant attentivement le joli visage de sa petite fille, aussi délicate et parfaite qu'une poupée de porcelaine.
« Maman aussi me l'avait donnée deux jours avant ma première année à Poudlard, comme tu le sais déjà. J'étais tellement heureuse quand elle me l'a donnée. Mais cela n'est rien comparer à la tristesse que j'ai ressenti lorsqu'elle la froidement reprise. Je devrais être en colère, mais je suis tellement blessée et je me sens tellement rejetée que c'est pratiquement un miracle que depuis cette journée, j'ai réussi de nouveau à sourire et même rire…Tu vois, je ne comprends pas Grand-Mère Sissi… Je sais que je suis différente d'eux…Père ne m'a jamais beaucoup aimé…Je suis tellement différente de lui… Et que dire de mes trois grands frères…Ont a aucun point en commun. C'en est ridicule. Maman était celle qui semblait mieux me comprendre…Mais elle a rapidement changé de comportement avec moi…Elle me traitait de façon différente. Elle ne semblait plus attachée à moi…Je me souviens, Grand-Mère, pendant les congés de Noël lors de ma première année à Poudlard. J'étais à la maison pour les fêtes, mais je ne me sentais plus chez moi. Cette maison m'était devenue complètement étrangère. Un soir, en allant au lit, j'ai entendu maman dire à mes frères qu'elle les aimait. Je l'ai alors appelée pour qu'elle vienne dans ma chambre me border, mais en toute honnêteté, c'était surtout pour avoir l'opportunité qu'elle me dise qu'elle m'aimait aussi. J'avais besoin de me sentir aimée. Cela faisait si longtemps qu'elle ne me l'avait pas dit… Pourtant, lorsqu'elle est apparue ce soir-là dans mon cadrage de porte, elle ne montrait aucune émotion et m'avait abordée d'un ton si différent que celui qu'elle avait adopté avec mes frères…Elle était froide et elle n'avait visiblement aucune envie de venir me voir dans ma chambre. Mais le pire, c'est lorsque je lui ai dit que je l'aimais…Et qu'elle ne m'a jamais répondu quoique ce soit en retour… »
Elle s'arrêta un moment, poussé d'un sanglot puis reprit la parole.
« Si tu n'avais pas été là pour moi…Je ne…Je… »
Les larmes montèrent dans les yeux dorés de la jeune fille et coulèrent sur ses joues rosées. Aussitôt, sa grand-mère s'était levée de son fauteuil et c'était assise à côté de sa petite fille afin de la serrer dans ses bras. Elle ne sait pas combien de temps elle avait versé des larmes, ou combien de temps elles étaient restées en silence, assise sur le divan sans bouger, mais une chose est sûre, jamais elle n'avait autant pleuré de sa vie et jamais elle ne s'était autant révélée à personne de cette façon. Mais avec Grand-Mère Sissi, c'était différent. Elle comprenait. Ce n'est que le lendemain matin, au petit-déjeuner, qu'Amélia avait eu de nouveau le courage de parler de la bague. Mais en réalité, c'était surtout de la curiosité.
« Grand-Mère Sissi. Je sais qu'hier, tu n'as pas eu…l'opportunité…De me parler en détail de la bague… »
« Tu es à ce point intéresser par la bague n'est-ce pas? » demanda sa grand-mère, le sourire collé aux lèvres. En guise de réponse, sa petite fille lui sourit en retour.
« Je vois…Eh bien…Par où commencer? Euhmm…Tu dois savoir un peu le passé de la bague…? »
Amélia ne brocha pas, ce que Grand-Mère Sissi prit pour acquis qu'elle devait élaborer un peu plus.
« En fait, la légende dit que la pierre était une pierre de lune au départ, mais qu'à force d'être portée par des sorciers et sorcières aux pensées sombres et malfaisantes, la pierre serait devenue aussi noire que le charbon. C'est de là que son surnom est apparu : le diamant noir. Parce que cette bague est aussi précieuse qu'un diamant et que dû à ses propriétés magiques, elle en vaut aussi cher. »
Amélia afficha une expression totalement abasourdie, visiblement pas familière à cette histoire.
« Mais…mais…Et si la bague…m'influençait à devenir…comme eux… »
« Oh non, ma chère enfant. Ce n'est pas la bague qui est censée te contrôler. C'est toi qui contrôles la bague tout comme c'est eux qui ont involontairement changé la pierre. Mais ne t'inquiète surtout pas. En réalité, l'onyx est une pierre qui a de très bonnes qualités. Elle apporte du courage, bannit la peine, augmente l'art du contrôle de soi-même, promeut la conscience des instincts et est signe de bonne fortune. Elle ne t'influencera pas vers le mauvais chemin sauf si t'elle est ton désir, ce qui n'est pas le cas j'en suis sûr. Après tout, l'onyx représente l'identification des forces personnelles. Tes forces sont d'origines très différentes des membres de ta famille et de tes ancêtres. En réalité, je crois que cette bague n'aurait pas pu être dans de meilleures mains que toi, ma belle. »
« Merci Grand-Mère Sissi. Ça me touche beaucoup, tu sais. »
« Je le sais. Et je t'aime beaucoup aussi. »
« Moi aussi je t'aime beaucoup!»
« Oh! Et qui sait? Peut-être qu'un jour, la bague reviendra à toi… », rajouta Grand-Mère Sissi suivi d'un clin d'œil.
.x.x.x.x.
Amélia ne put s'empêcher de penser à quel point, cette femme, qui était sa grand-mère, était formidable. Des larmes coulaient désormais sur ses joues tellement elle était touchée par ce geste. Elle aurait tellement aimé que sa grand-mère la voit en ce moment même, voit combien elle apprécie et combien elle est heureuse. Cette femme était Dieu. Voilà la conclusion la plus probable qui lui vint à l'esprit. Pendant un moment, elle rit toute seule, les larmes de joies coulant toujours sur ses joues. Quiconque l'aurait aperçu à ce moment-là aurait pu croire qu'elle avait l'air un peu étrange, ainsi assise par terre, près de la fenêtre à rire et à pleurer en même temps. Mais en l'observant un peu plus attentivement, cela aurait également paru comme un moment extrêmement touchant.
La journée passa étrangement rapidement, comparée aux mercredis qu'elle avait normalement droits. Même le cours d'Histoire de la Magie, qui avait eu lieu après le déjeuner, lui avait paru presque intéressant, ce qui était un miracle si l'on considérait le fait que d'habitude, c'était une véritable torture de rester éveillé. Visiblement, la bague, qu'elle portait désormais fièrement dans le majeur de sa main droite, lui avait apporté la joie.
Rendue au soir, après le somptueux dîner qu'elle avait passé en compagnie de Fred et George, elle se dirigea vers la tour d'Astronomie, un cours qu'elle appréciait. Cependant, elle réalisa quelque chose qui lui valut une expression horrifiée. Elle avait complètement oublié sa retenue de ce soir. Son cours finissait à huit heures pile. Et sa retenue commençait à huit heures pile. Sans oublier qu'elle se trouvait à la plus haute tour du château et qu'elle devait se rendre dans les cachots, la partie la plus profonde du château. Bon sang.
Puis, elle se dit que le fait qu'elle avait un cours qui finissait à huit heures serait une bonne excuse à son retard. Mais pour Snape, aucune excuse n'était valable, sauf si tu étais mort. Elle passa la moitié du cours à s'inquiéter et à regarder la grande horloge à tout les 10 secondes. Puis finalement, elle réalisa que de paniquer l'aiderait pour rien au monde et que peut importe ce qui se passerait, elle arriverait en retard. En effet, lors de la fin du cours d'Astronomie, elle ne prit même pas la peine de courir. Premièrement, cela l'essoufflerait à la mort. Deuxièmement, il était pratiquement impossible qu'elle ne trébuche pas dans les tonnes d'escaliers. Et puis troisièmement, elle arriverait quand même en retard même si elle courait et qu'il s'agit que de cinq minutes ou de 12 minutes, elle allait être dans le pétrin. Donc, elle profita des dernières minutes de paix qui lui restèrent avant d'arriver devant la porte de classe de potions. Hmmm…Qu'est-ce que Grand-Mère Sissi disait dans sa lettre…Être positive. Rester soi-même…Rester polie et neutre. Se dire que ça sera bientôt terminé. Et surtout, ne pas se décourager... Elle prit une grande respiration et entra directement dans la classe, sans même prendre la peine de cogner, cette fois.
« Vous êtes terriblement en retard. »
La voix du maître des potions raisonna dans la grande classe sombre et humide faiblement éclairée.
« Sauf votre respect, professeur, je ne crois qu'arriver 11 minutes en retard soit terrible. Je veux dire, si j'étais arrivée trois heures en retard, nous pourrions définitivement débattre la chose, mais… »
« Vous osez m'interrompre? »
« Je ne vous ai pas interrompu. Vous aviez cessé de parler. »
« Là n'est pas la question. »
« Professeur, ce n'est pas un drame…Je n'ai qu'à rester 11 minutes plus tard…Tout simplement. »
Aussitôt, elle regretta amèrement d'avoir ouvert la bouche. Le regard qui lui lançait était aussi chaleureux que le regard d'un tueur en série qui observe sa victime. Pour sa survie, elle décida de ne rien ajouter pour l'instant. Et dire que ce matin même, rien n'aurait pu la démoraliser.
« Oh! Quelle sage remarque. Vraiment, ne vous gênez surtout pas. Arrivez à l'heure que vous le voulez, ce n'est pas grave, vous n'aurez qu'à rester plus tard. Oh…Et vous croyez que je n'est que ça à faire que d'attendre après une arrogante étudiante de Gryffondor qui ose entrer sans cogner à la porte, qui ose m'interrompre, qui ose me répondre de façon non appropriée et qui ose faire comme si c'était normal d'arriver en retard. Visiblement, vous avez de sérieux problèmes dans la tête, jeune fille. On vous a déjà parlé d'une école psychiatrique? »
Amélia fut tellement prise au dépourvu qu'elle ne sut quoi répondre. Bien sûr, la remarque de Snape était terriblement blessante et humiliante, mais elle n'arrivait plus à répondre quoi que ce soit. Elle refusait de parler. Elle refusait même de le regarder, désormais.
« Alors, qu'est-ce qui vous arrive? C'est si facile pour vous de répliquer, d'habitude… »
« J'avais un cours d'Astronomie. »
« Pardon? »
« J'avais un cours d'Astronomie qui finissait à huit heures. Je sais, d'habitude le cours est beaucoup plus tard... Mais aujourd'hui, exceptionnellement, le cours commençait beaucoup plus tôt, car nous n'avions pas besoin d'observer les étoiles, ce soir. Il s'agissait d'un cours où l'on devait reproduire de mémoire la mesure de la position dans le ciel des étoiles et des planètes sur un plan. C'est pour cela que je suis en retard, professeur. Maintenant, puis-je commencer mon travail afin de terminer le plus tôt possible pour ne pas vous déranger davantage? »
Le professeur leva un sourcil, apparemment surpris par la nouvelle attitude de son étudiante. Mais en réalité, il n'était pas si surpris que ça. Il avait remarqué depuis quelque temps qu'elle était plutôt…imprévisible.
« Sachez qu'aujourd'hui, votre tâche sera pratiquement la même sauf que cette fois, ce sera des potions confectionné par des élèves que vous évaluerez. »
En gros, elle allait faire son sale boulot. Par contre, elle eut la sagesse de garder ce dernier commentaire pour elle-même.
« Et sachez que je vous enlève 10 points. »
Amélia ne réagit même pas tellement qu'elle n'était pas surprise qu'il lui enlève des points. Après un long soupire, elle se dirigea vers son pupitre habituel et sortit sa grande plume blanche, son encrier, ses papiers parchemins vierges et son manuel de… Oh non… Elle n'avait pas son manuel de potion… Ayant complètement oublié sa retenue, elle n'avait pas mis le livre dans son sac, ce matin. Que faire… Poursuivre le travail sans le manuel, comme à sa première retenue et obtenir un résultat pitoyable selon Snape? Pendant un instant, elle pensa à l'idée d'aller le chercher dans sa chambre…Mais cela lui ferait perdre beaucoup de temps et elle en avait déjà perdu assez. De plus, Snape ne la laisserait jamais partir pour ça. Misère…
« Puis-je savoir ce que vous faites? »
La voix du professeur résonna dans sa tête et la fit sursauter. Il la fixait avec son regard froid habituel, les sourcils froncés.
« Je…J'ai…Oubliée mon manuel de potion, professeur. »
Il paraissait irrité, mais guère surprit, ce qui agaça royalement la jeune fille. C'était incroyable comment il avait le don de la démoraliser et de la faire sentir comme une moins que rien.
« Je vois. »
Elle resta debout, en silence, attendant qu'il ajoute quelque chose. Espérant qu'il ajoute quelque chose…
« Vous pouvez aller voir dans l'armoire…J'ai quelques copies du manuel de potion pour ceux qui, comme vous, sont immanquablement dans la lune et qui oublient sans cesse le matériel essentiel. »
« Ce n'est que la première fois que je l'oublie, professeur. »
« Oh…Mais c'est faux. Vous l'aviez oublié à votre première retenue, lundi soir, vous vous souvenez? », répliqua-t-il d'un ton arrogant.
« Non, je ne l'ai pas oubliez, je ne l'ai volontairement pas apporté, car je ne croyais pas en avoir de besoin. »
Il afficha une mine mécontente ce qui, intérieurement, réjouit la jeune étudiante.
« Alors, vous allez le chercher, ce manuel de potion dans l'armoire, où vous préférez vous obstiner avec moi pour le restant de la période? »
« Vous obstiner pendant le restant de la période me semblerait beaucoup trop simple… »
Elle regretta ses paroles. Pourquoi, Amélia, pourquoi ne peux-tu pas penser avant de parler ! Mais à sa grande surprise, le professeur ne sembla pas du tout agacé. Au contraire, il affichait un subtil sourire en coin, arborant son habituel regard foudroyant. Et moi qui a toujours cru que la conception de son visage l'empêchait de sourire.
Elle se dirigea vers la grande armoire noire sans perdre davantage de temps et l'ouvrit, à la recherche d'un manuel. Sur une des tablettes du bas, vers la gauche, elle aperçut une petite pile de manuels de potion qui semblait pratiquement neufs, mais c'est celui qui paraissait vieux et usé qui attira son attention. Elle aimait ce qui avait du vécu. Et ce bouquin ne pouvait qu'en avoir. Sans hésiter plus longtemps, elle prit dans ses mains le manuel de potion ancien, referma la grande armoire et se dirigea vers sa table, afin de le déposer et d'avoir de nouveau les mains libres pour aller chercher des potions dans les étagères du fond. Elle choisit ceux qui lui paraissaient les plus ratés, ainsi, elle avait plus de choses à dire dessus étant donné qu'il n'y avait pratiquement rien de bon dans la potion. Une fois assise à son bureau, elle commença par analyser la Potion Volubilis. Celle-ci est sensée être un breuvage qui permet de restaurer la voix et même de la changer, mais on l'utilise surtout afin de neutraliser les effets du sortilège de Mutisme. Cependant, en observant la substance granuleuse et grisâtre à travers le bocal rectangulaire, Amélia doutait sérieusement qu'elle aide quiconque à retrouver la voix. Visiblement, la potion ne contenait pas assez d'hydromel, ni de brins de menthes. Par contre, cet élève avait mis trop, beaucoup trop de mandragore cuite dans sa potion, ce qui est probablement la cause principale de la texture étrange et de la couleur défraichie. Elle ajouta sur le parchemin que la potion était censée, en temps normal, être d'un jaune serin. Par contre, afin de s'assurer qu'elle n'oubliait rien, elle jeta enfin un coup d'œil dans l'étrange manuel de potion. Elle fut surprise d'y découvrir bien plus que de vieilles pages raboutées et jaunies avec le temps. En effet, elle constata qu'à chaque page, il y avait des commentaires et des suggestions écrits à la main. Et pas que deux ou trois mots. Oh non. Des textes de toutes sortes. Elle ne put s'empêcher d'éprouver de l'admiration pour cette mystérieuse personne en lisant les recommandations et les trucs pour confectionner et réussir encore plus parfaitement toute sorte de potion. Cela avait tellement du sens. De plus, elle doutait que Snape ait gardé un vieux manuel de potions avec des choses écrites dedans si elles n'avaient pas d'importance. Puis elle réalisa quelque chose... Oh mon dieu… Ce livre devait appartenir à Snape. Par réflexe, elle leva les yeux vers son professeur. Il semblait être concentré dans la lecture de son livre. Parfait. Il ne me regarde pas et il est surement trop concentré dans sa lecture pour se soucier de moi, pensa-t-elle.
Ainsi, elle continua curieusement à tourner les pages du manuel et s'arrêtait parfois sur quelques informations qui lui semblaient utiles. Ce livre était un véritable trésor. Elle parut découragée en pensant à son manuel de potion dans sa chambre. Il paraissait si ordinaire et moche comparé à celui-ci, malgré son apparence douteuse. Après une bonne dizaine de minutes, elle constata qu'elle prenait du retard dans son travail. Elle se força, à contrecœur, à se lever et de retourner chercher des potions ratées. Elle ne put s'empêcher de paraitre décourager en observant l'étagère pleine. Comment tant d'élèves pouvaient rater autant de potions? Ne savaient-ils pas lire des instructions? Bon, certaines sont particulièrement rigoureuses à confectionner, mais celles qu'elle corrigeait était de niveau de deuxième année seulement. Ainsi, elle se remit au travail, mais ce ne fut pas bien long qu'elle replongeât dans la lecture du manuel.
Elle perdit complètement le fil des minutes, mais heureusement, elle se rendit compte lorsque le professeur se leva et se dirigea vers elle. Aussitôt, elle ferma le livre et porta de nouveau attention à ses parchemins. Une fois arriver devant elle, il se figea et semblait observer quelque chose. Amélia le fixait, curieuse à l'idée de voir ce qui semblait tant le troubler. C'est à ce moment qu'elle constata qu'il avait les yeux rivés sur sa main droite… Sur sa bague. Amélia était désorientée et se demandait réellement ce que le professeur avait en tête. Seulement, il ne dit pas un mot et se contenta de lever les yeux vers Amélia en la dévisageant un moment avant de se pencher pour prendre un morceau de parchemin afin de le lire, comme il avait l'habitude de faire. Elle était persuadée qu'elle avait fait du bon travail, mais ne put s'empêcher d'être légèrement nerveuse, ce qui la mena à ronger l'ongle de son pouce droit. Puis finalement, il ramassa le restant de ses copies à l'aide d'un léger coup de baguette et retourna à son bureau. Amélia resta immobile un moment, attendant un signal qui ne vint pas.
« Professeur? », demanda-t-elle timidement.
« Oui, Miss Walters? »
« Puis-je quitter? »
« Je ne vois pas ce qui vous retient. Sauf peut-être ce livre. »
Il pointait le manuel de potion qui était sur le bureau.
« Il n'y a réellement que vous pour choisir le bouquin qui à l'air le plus délabré. J'ose espérer que demain, vous apporterez votre manuel de potion et que vous ne serez pas en retard. »
« Je serai à l'heure pile, professeur. »
« Parfait. »
Elle hésita un moment en restant tout à fait immobile, ce qui était particulièrement étrange étant donné que d'habitude, à la première occasion, elle s'enfuyait presque en courant de la classe. Le professeur dû s'en rendre compte, car il ne détourna pas ses yeux d'elle, l'observant avec une expression totalement indéchiffrable.
« Professeur…? », finit-elle par dire.
« Oui, Miss Walters. »
« Il est à vous, ce livre? »
« En effet, ils sont tous à moi les livres dans mon armoire. »
« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire… »
Il la dévisagea un moment avant de répondre véritablement à sa question.
« Oui, c'était mon manuel de potion lorsque j'étais à Poudlard en tant qu'étudiant. »
« Vous voulez dire que vous avez écrit tout ça lorsque vous n'aviez que 17 ans? »
« En effet. »
« Mais…Je veux dire…Ce qui à d'écrit dans ce livre est t'il…exacte ? »
« Naturellement. »
Amélia ne put s'empêcher de lever les sourcils ainsi affichant une mine totalement étonnée.
« Dois-je percevoir une certaine admiration dans votre expression faciale? »
Elle hésita un moment avant de répondre honnêtement.
« Définitivement. Bonsoir, professeur Snape. »
Il resta muet un moment, toujours en la fixant et Amélia cru qu'il ne répondrait pas, mais il fini par parler, une fois que celle-ci avait la main sur la poignée de porte.
« Bonsoir, Miss Walters. »
.oOoOo.
Voilà! Je sais que ç'a été un peu long… Mais comme je l'ai mentionné à la fin du chapitre d'avant, je n'avais aucune idée de ce que ce chapitre allait contenir au départ…Donc le temps d'y penser, de trouver des idées et de les écrire…Enfin…vous comprenez! J'espère que ce chapitre vous a plu. Elle vient enfin d'avoir la bague! Génial non? Hmmm…On verra! Hihihi! Oh! Et j'ai inclus le manuel du Prince de Sang Mêler totalement à l'improvise. Cette idée, comme beaucoup d'autres, m'est venue en écrivant, tout simplement, mais je ne compte pas nécessairement le faire réapparaitre étant donné que cela ressemblerait beaucoup trop au sixième tome d'Harry Potter.
Bref! Merci d'avoir lu ce chapitre et encore une fois (je sais...je suis fatigante avec ça...lol) si ça vous tente, ça serait super que vous m'écriviez un petit quelque chose dans mes reviews :) C'est toujours hyper encourageant (Sauf la personne qui m'a écrit que Harry Potter était une abomination et qu'il n'est pas trop tard pour implorer Dieu...Hahaha...Mais je crois qu'ils vont le supprimer donc ce n'est pas si mal!) Donc, le prochain chapitre devrait venir bientôt! (Cette fois, j'ai déjà tout le chapitre dans ma tête...Il me reste qu'à l'écrire!)
xoxo
