Chapitre 9 : Pas si maline que ça
Amélia marchait en direction du hall d'entrée auprès des jumeaux, tous les deux tenant fermement dans leurs mains le bulletin d'autorisation pour aller à Pré-au-Lard. Lorsqu'ils arrivèrent enfin dans le hall, les Gryffondor pouvaient entendre la voix de leur concierge Rusard crier les instructions.
« Par ici! Par ici! Si vous avez l'autorisation pour aller à Pré-au-Lard, vous devez venir me montrer la signature! Par ici! Derrière la ligne. », s'écria le concierge Rusard.
« Et on ne dépasse pas dans la file, Monsieur MacLaggen », ajouta sèchement le professeur McGonagall, qui se trouvait quelques mètres plus loin.
« Ouais ouais.. », répliqua l'élève concerner d'un air grincheux.
Les jumeaux jetèrent de nouveau un coup d'œil à Amélia et, pour la millième fois, ils tentèrent de la convaincre de venir avec eux.
« Aller, pourquoi tu ne viendrais pas? Tu n'as plus l'air du démon, tes yeux sont redevenus d'une couleur normale donc tu ne devrais plus avoir peur de sortir en public. En plus, pour couronner le tout, tu es dispensée de retenue pour le restant de ta vie avec Snape, tu devrais être satisfaite et fêter ça avec nous aux Trois Balais. »
« Fred... Snape m'a renvoyée du cours de potion. Je ne vois pas ce qu'il y a à fêter là-dedans étant donné que cela implique que j'échoue le cours. De toute façon, il me reste à finaliser mon plan pour reprendre ma bague. »
« Mais Amélia…On a révisé le plan toute la nuit. C'est pratiquement impossible d'échouer. Tu sais combien c'est simple pour nous de distraire n'importe qui. »
« En effet, je le sais. Bon! Je vous souhaite une bonne journée! »
« Mais... », protesta George.
« On ira un autre jour à Pré-au-Lard ensemble…», répliqua Amélia, sans le laisser terminer sa phrase.
« Mais c'est dans longtemps la prochaine sortie... », reprit Fred.
« Pas si on utilise des chemins secrets…», poursuivit Amélia d'un air digne.
« Ah… Que tu es maline. », s'exclama Fred, visiblement ravi.
« Et tellement influencer par nous! Ha Ha Ha! », s'empressa d'ajouter George, le sourire collé aux lèvres.
« Mais je conclus que c'est une bonne idée… En plus, il n'y aura que nous trois à Pré-au-Lard! C'est fastidieux. », certifia Fred.
Amélia leur sourit, ravie que son idée les ait finalement convaincus.
« Alors… Bonne journée… Et tâche de ne pas trop te noyer dans tes devoirs. »
« T'inquiète, je sais bien nager! », assura-t-elle d'un ton rieur.
« Ouais ha ha! »
Elle regarda les jumeaux s'éloigner afin de se mettre en file avant de faire demi-tour en se dirigeant vers la bibliothèque. Lorsqu'elle arriva enfin au quatrième étage, Amélia pénétra dans ce qu'elle appelait son Havre de Paix. Elle aimait l'atmosphère reposante de la bibliothèque. Ainsi, elle se trouva un coin de libre dans la douzième rangée puis s'assit sur la chaise, alluma la petite lampe à l'aide de sa baguette puis sortit de son sac à bandoulière son manuel de métamorphose. Elle avait un long travail à rédiger, donc elle se dit, que le plus vite qu'elle commencerait, le plus vite qu'elle terminerait. Cependant, après seulement une quinzaine de minutes, elle fut distraite par une grande silhouette qui marchait d'un pas précipité. Bien qu'elle n'eut le temps que de l'apercevoir ne serait-ce qu'une seconde, il n'y avait aucun doute qu'il s'agissait de son professeur de potion. Ou plutôt, mon ancien professeur de potion, se dit-elle. Prise de curiosité, Amélia rangea son livre dans son sac, ainsi que sa plume et son parchemin à peine entamé puis se leva et se dirigea discrètement vers l'endroit où le maitre des potions était, à peine 30 secondes plus tôt. En tournant le coin, elle aperçut au loin le professeur Snape qui semblait discuter avec madame Pince, la bibliothécaire. Amélia s'approcha tranquillement, mais ne parvenait aucunement à entendre quoi que ce soit, car elle était encore beaucoup trop loin pour l'oreille humaine de percevoir le moindre son. Elle fit le saut lorsque le professeur se tourna brusquement, mais heureusement, il ne porta aucunement attention à son ancienne élève de Gryffondor. Par ce fait, elle réalisa qu'en réalité, le professeur ne semblait pas vraiment l'avoir ignoré, mais il semblait tout simplement ne pas l'avoir vu. Encore mieux, se dit-elle. Elle l'observa encore un moment, ébahie par sa façon si confiant de marcher. Puis, soudainement, elle réalisa qu'il se dirigeait vers les livres dans la section interdite. Elle vit cela comme un signe. Oh mon dieu...Il n'est pas dans son bureau...Il est à la bibliothèque...et mieux encore, dans la section interdite...ce qui signifie qu'il risque d'y rester pendant un bon moment...C'est encore mieux...les jumeaux n'auront pas besoin de prendre le risque de se mettre dans le pétrin en le distrayant. C'est ma chance...je dois agir...je dois agir maintenant...
Puis, sans plus tarder, Amélia se dirigea rapidement vers la sortie de la bibliothèque sous le regard suspicieux de la bibliothécaire. La jeune Gryffondor ne porta pas attention à madame Pince et ne ralentit pas le pas. Aussitôt sorti de la bibliothèque, elle se dirigea vers les escaliers qui la menèrent jusqu'aux cachots. Elle fut rapidement satisfaite de réaliser que dû au faite qu'il s'agissait du week-end à Pré-au-Lard, elle n'avait pratiquement aucune chance de rencontrer un élève de Serpentard. En effet, ceux-ci auraient trouvé louche de percevoir une Gryffondor se promener dans les cachots un samedi après-midi. Finalement, Amélia arriva devant la grande porte de bois qui représentait le bureau de Snape. Rapidement, elle sortit sa baguette magique et prononça d'un chuchotement la formule afin de déverrouiller la porte.
« Alohomora! »
Aussitôt, il eut un déclic et Amélia eut un fou rire, se disant que c'était presque trop facile. Elle poussa la porte tranquillement, celle-ci produisant un grincement inquiétant, puis entra dans le vaste bureau du maitre des Potions, en prenant soin de bien fermer la porte derrière elle.
« Lumos! »
Grâce à la lumière au bout de sa baguette, Amélia pouvait apercevoir les nombreux bocaux derrière le bureau. Amélia ne put s'empêcher de frissonner en les observant, se rappelant des derniers jours où elle devait les analyser, à son grand désespoir. Sans perdre davantage de temps, Amélia se dirigea automatiquement vers le bureau puis commença par ouvrir le premier tiroir à sa gauche. Elle y trouva des papiers parchemins vierges et quelques plumes. Ce n'est pas ce que je cherche, se dit-elle. Ainsi, elle referma le premier tiroir puis ouvrir le deuxième, situé directement en dessous du précédent. Celui-ci ne contenait pas de parchemins ni de plumes, mais ne contenait pas sa bague non plus. Par contre, elle trouva autre chose qui piqua sa curiosité. En effet, ses yeux s'étaient arrêtés sur une petite photo en noir et blanc, légèrement abimée sur les coins. Celle-ci représentait ce que Amélia devina être le professeur Snape, mais beaucoup plus jeune. Il ne devait pas avoir plus de 16 ou 17 ans. À côté de lui ce tenait quelques étudiants de Serpentard et un homme qu'elle ne reconnut pas, mais elle constata que la photo semblait être prise dans la classe de Potion. Amélia retourna la photo puis put lire d'une écriture très fine « Club de Slughorn, 1977 ». Amélia se dit que l'homme au ventre bien rond et à la mine plutôt sympathique devait être un ancien professeur à Poudlard, voire le professeur de Potion. Après ce court moment de distraction, elle remit la photo à la même place puis continua de fouiller minutieusement. À présent, elle n'était plus aussi pressée de sortir du bureau. En effet, elle était maintenant très curieuse de voir ce que le professeur Snape cachait dans ses tiroirs. Elle chercha encore quelques minutes puis ferma finalement le second tiroir. Il n'en restait maintenant plus qu'un. Elle prit une grande respiration puis tenta de l'ouvrir, mais celui-ci ne broncha pas. Il est barré. C'est sûr qu'il y a quelque chose d'intéressant là-dedans, se dit Amélia. Ainsi, la jeune Gryffondor prit sa baguette, qu'elle avait soigneusement déposée sur le bureau puis dit à haute voix de nouveau la formule de déverrouillage, cette fois en la pointant sur le tiroir. Cependant, à sa plus grande déception, absolument rien ne se produisit. Puis, elle eut une autre idée. Elle remarqua que le tiroir contenait une petite serrure, ce qui signifiait qu'il devait forcément y avoir une clé quelque part.
« Accio clé! », murmura-t-elle.
De nouveau, rien de se produisit. Amélia commençait réellement à se décourager. Tout juste quelques minutes plus tôt, cette quête semblant fascinante, voire amusante, mais maintenant qu'elle avait frappé un mur, rien de cela ne lui semblant amusant. Cependant, elle n'eut pas le temps de penser à une autre solution qu'elle entendit des pas venant du couloir. Prise de panique, Amélia secoua rapidement sa baguette et chuchota « nox » afin que la pièce redevienne noire comme sous terre et par réflexe, se cacha sous le bureau. Bien sûr, cela s'avérait complètement inutile si le professeur Snape entrait. En à peine 30 secondes, il la trouverait cachée sous son bureau et l'assassinerait, pensa-t-elle. Avec horreur, elle entendit la porte grincer. Cependant, ce qu'elle saisit par la suite ne fit pas les habituels pas lourds de son maitre des Potions. En effet, il s'agissait de petit pas rapide et très sonore. Amélia constata qu'il ne pouvait s'agir que d'un soulier à talon haut, dû au claquement que produisait le talon de la personne contre le sol de pierre.
« Lumos! », dit d'une voix claire et désagréablement aiguë qui ne pouvait être nul autre que, Amélia en était sûre, le professeur Ombrage.
Les pas se rapprochèrent puis d'un simple mouvement, la petite silhouette trapue se pencha, la baguette pointée vers l'avant, et se retrouva nez à nez avec la jeune étudiante. Amélia constata avec horreur que le professeur affichait un large sourire, visiblement ravi d'avoir attrapé une élève dans le tort.
« Ah...Miss Walters, n'est-ce pas? »
Amélia était tellement terrifiée qu'aucun son ne parvint à sortir de sa bouche, ce qui fit sourire encore plus, si tel était possible, le professeur Ombrage.
« Suivez-moi. »
Puis, toujours en affichant son horrible sourire victorieux, le professeur se redressa et marcha vers la porte de sortie, Amélia la suivant d'un pas trainant. Je suis foutue...Bon sang...Je suis foutue...foutu foutu foutu foutu...se répétait sans cesse la jeune étudiante, dans sa tête.
« J'ai constaté que vous aviez manqué mon cours de Défense contre les Forces du Mal, hier après-midi. », poursuivit le professeur Ombrage. « J'ai également cru entendre que vous aviez participé à un combat illégal dans les couloirs de l'école, dernièrement. »
Amélia ne pouvait répondre. Elle avait la gorge complètement asséchée et était soumise à un soudain mal de cœur intense.
« J'ai également observé que vous manquez grandement de discipline. Sachez que cela ne vous sera pas permis, dans cette école. Vous devrez vous comporter convenablement envers vos supérieurs...Oh! Professeur Snape! Je voulais justement vous voir! »
Amélia n'avait pas aperçu au loin le professeur Snape étant donné qu'elle avait les yeux rivés sur ses pieds. Elle leva tranquillement les yeux vers le professeur, craignant le pire. Cependant, celui-ci ne sembla pas porter attention à celle-ci. Il se contenta de répondre d'un ton neutre au professeur Ombrage.
« Je vous écoute. »
« Voyez-vous, cette jeune étudiante s'est incrustée illégalement dans votre bureau. »
Amélia avait toujours les yeux rivés sur le maitre des Potions et remarqua qu'il avait levé un sourcil.
« Je vois. », répondit-il simplement.
Amélia, voyant que le professeur Snape n'était pas intéressé à discuter davantage avec cette horrible femme, se dit qu'elle n'était peut-être pas autant dans le pétrin qu'elle le croyait.
« Bien sûr, cela ne se reproduira pas. Miss Walters aura une leçon qui risque de la maintenir loin des mauvais coups pendant un bon moment. », assura cruellement le professeur Ombrage.
Au lieu de répondre, le professeur Snape riva ses yeux noirs, pour la première fois depuis leur dernière dispute, sur Amélia. Cela ne dura qu'un instant seulement. Son regard avait bien sûr semblé froid et distant. Amélia se trouva ridicule d'avoir eu, ne serait-ce qu'un instant, de l'espoir que Snape l'aiderait. Voyons, il te déteste. Il doit être absolument ravi en ce moment en constatant que je vais passer un moment désagréable avec cette vieille folle.
« Bien. », fini par ajouter d'un ton hautain le professeur Ombrage, réalisant enfin qu'il n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit d'autre.
Puis sans un mot de plus, la vieille grenouille poursuivit son chemin, faisant signe à Amélia de la suivre. Amélia osa jeter un dernier coup d'œil derrière et remarqua que le professeur Snape était resté immobile, fixant désormais le mur devant lui, là où Amélia se trouvait quelques instants plus tôt.
Le professeur Ombrage et Amélia marchèrent un bon moment en silence et arrivèrent enfin dans la tour où se situait la classe de Défense contre les Forces du Mal ainsi que le bureau du professeur. Une fois arrivé au premier étage, le professeur Ombrage ouvrit la porte située au fond du couloir et fit signe à Amélia de la suivre. Elle suivit son professeur jusqu'à l'avant de la classe et monta les escaliers en direction du bureau. Amélia ne put s'empêcher d'afficher une mine totalement dégoutée en entrant dans le bureau. Les murs de briques étaient rose bonbon et recouverts d'une horrible tapisserie fleurie et pour couronner le tout, il y avait une collection d'horribles assiettes en porcelaines, tous ornées de petits chats qui miaulaient désagréablement. Pendant un moment, elle trouva particulière difficile de ne pas éclater de rire en contemplant cette pièce complètement absurde. Heureusement, le professeur Ombrage ne sembla pas remarquer l'attitude d'Amélia. Elle était désormais assise à son bureau et fit signe à Amélia de s'asseoir à son tour. Une fois assise, elle constata que le professeur l'observait, toujours affichant cette mine satisfaite et cruelle. Amélia se contenta de l'observer en retour, sans dire quoi que ce soit. Puis, heureusement, le professeur Ombrage détourna les yeux de ceux de son élève puis prit deux petites tasses de thé en porcelaine.
« Vous voulez du thé? », demanda-t-elle.
« Euh... Non merci, professeur. »
Le professeur afficha un large sourire puis prit la théière et versa dans les deux tasses le liquide brunâtre. Par la suite, elle ouvrit le petit sucrier et mit ce qui semblait être aux yeux d'Amélia une tasse complète de sucre...rose. Bon sang...Elle est cinglée cette femme...se dit Amélia, dans sa tête.
« Désirez-vous du sucre dans le vôtre? »
« Non merci... Je...»
Mais Amélia cessa de parler, abasourdi en observant son professeur de Défense contre les Forces du Mal. Celle-ci était en train de remplir la seconde tasse de sucre rose. Non, mais elle est sourde ou quoi ? se dit Amélia. Le professeur releva la tête et observa Amélia, toujours affichant son horrible sourire, et lui donna la tasse de thé.
« Prenez un biscuit. »
« Je n'ai pas faim, merci. »
« Ils sont délicieux. Prenez s'en un. »
Amélia hésita un moment, mais ne voyant aucune issue, elle prit un biscuit dans le pot qui s'offrait devant elle. Cependant, elle décida de ne pas le manger si Ombrage n'insistait pas davantage, néanmoins afin de détourner l'attention sur le biscuit, Amélia prit une petite gorgée de thé, mais ne put s'empêcher de grimacer, tellement le goût était beaucoup trop sucré. Le professeur Ombrage leva un sourcil, toujours en souriant, puis reprit la parole.
« Bien. Maintenant, vous allez me dire ce que vous faisiez dans le bureau du professeur Snape. »
Heureusement, Amélia avait eu le temps de trouver une excuse potentiellement valable durant le temps qu'elles marchaient pour se rendre au bureau.
« J'ai une explication pour cela, professeur. Alors voilà, j'ai décidé d'aller dans le bureau du professeur Snape afin de prendre de l'avance dans mes travaux. »
« De quoi parlez-vous, jeune fille? », s'étonna le professeur.
« Voyez-vous, j'ai eu un léger incident lors du cours de Potion et cela m'a couté plusieurs retenues. Durant les retenues, je devais analyser les potions que les élèves avaient concoctées durant leur cours et noter ce qui était bon ou pas. Le professeur Snape disait que c'était plus utile que de me faire faire une copie. Donc voilà, j'ai cru qu'en m'incrustant dans son bureau, je pourrais emprunter quelques potions et m'avancer dans mon travail. »
Amélia ne savait pas si elle devait être terriblement inquiète dû au fait que le professeur ne souriait plus ou si elle devait être soulagé. S'introduire dans le bureau d'un professeur sans son consentement est strictement interdit. Voler des potions est également strictement interdit dans cette école.
« Vraiment? », demanda le professeur d'un ton agacé.
« Et vous, que faisiez-vous dans le bureau du professeur Snape? », ajouta la jeune Gryffondor en évitant de répondre à la question de cette horrible femme, ce qui marcha à merveille.
« Je ne vois pas en quoi cela vous regarde! En aucun cas vous n'avez la permission de questionner une autorité supérieure à la vôtre! », rugit-elle.
Elle observa son étudiante un moment puis reprit une bonne respiration et étrangement, sourit à Amélia. Cela lui donna froid dans le dos. Ce sourire était loin d'être rassurant et chaleureux. Elle devait avoir une idée derrière la tête et cela ne plut pas à Amélia. Puis, étrangement, le professeur Ombrage pencha la tête vers un parchemin vierge et se mit à écrire quelque chose qu'Amélia n'arrivait pas à voir. Après une minute ou deux, elle finit par plier le papier et l'imprégna avec un sot en cire. Par la suite, le professeur de Défense contre les Forces du Mal se leva et fit signe à Amélia de se lever à son tour. Elle lui pointa un petit pupitre accompagné d'une chaise et lui fit signe de s'y asseoir. Amélia obéit sans dire un mot. Sur le pupitre, il y avait un parchemin et une très grande plume noire. Son visage pâlit lorsqu'elle réalisa ce que cela signifiait. En effet, elle avait entendu parler des retenues du professeur Ombrage et de ce qu'elle faisait subir aux élèves. Par conséquent, Amélia décida qu'elle ne montrerait aucune émotion, peu importe le niveau de douleur qu'elle ressentait. Il n'était pas question qu'elle donne satisfaction à cette vieille folle.
« Vous ferez une copie. Comparativement au professeur Snape, je crois qu'il y a quelque chose de particulièrement éducatif dans une copie. »
Elle prit une pause un moment en affichant son habituel sourire cruel.
« Vous écrirez : ''Je ne m'introduirai plus jamais dans le bureau d'un professeur sans son consentement.'' »
Amélia répondit par un signe de tête se mit à écrire. Bien sûr, comme elle s'en attendait, la douleur la submergeait et elle avait réellement envie de s'enfuir, mais elle savait que cela ne l'aiderait point. Elle regretta de ne pas avoir pensé avant d'agir. Elle regretta de ne pas avoir attendu l'aide des jumeaux. Elle regretta de ne pas avoir été plus prudente. Et plus encore, elle regretta de ne pas être avec ses amis en ce moment mêmes, en train de boire une biereaubeurre aux Trois Balais.
Après ce qui parut être une éternité, le professeur Ombrage mit fin à son supplice, la laissant partir avec une main meurtrie et endolorie. Elle se dirigeait maintenant vers la porte de sortie, mais fut interrompue par son professeur.
« Un instant. Vous apporterez cette lettre au professeur Snape. »
« Oui, professeur. »
Le professeur Ombrage haussa les sourcils et afficha son cruel sourire en guise de satisfaction.
Il n'y avait pas de mot pour exprimer son soulagement une fois qu'elle fut sortie du bureau et de la classe du professeur Ombrage. De toute sa vie, jamais elle n'avait subi une retenue aussi horrible. Bien sûr, les retenues du professeur Snape étaient loin d'être la joie, mais au moins, il ne passait pas deux heures à l'observer se martyriser elle-même en écrivant avec une plume diabolique. Elle arpentait désormais les couloirs vides et ternes, perdus dans ses pensées. Elle descendait à présent un escalier où s'alignaient des portraits de vieux sorciers trop absorbés par leurs conversations pour lui accorder le moindre regard, ce qui la satisfaisait au plus haut point. Elle arriva rapidement devant la porte qu'elle avait si souvent crainte et réalisa qu'elle aurait peut-être dû prendre plus son temps en marchant. Elle se calma rapidement et se dit que lui non plus ne voudrait pas la voir, donc elle ne serait surement pas forcée à y rester bien longtemps. Sans plus tarder, elle tendit la main droite, celle qui n'était pas meurtrie par les coupures profondes, et cogna trois coups à la porte.
« Entrez. »
Amélia ouvrit timidement la porte, consciente que le professeur Snape l'avait bien avertie qu'il ne voulait plus qu'elle y mette les pieds. Aussitôt qu'elle fut entrée, le professeur parut désagréablement surpris de la voir.
« Qu'est-ce que vous faites dans mon bureau. » ajouta-t-il d'un air sévère.
« C'est le professeur Ombrage qui m'a envoyée. Elle voulait que je vous remette cette lettre. »
« Et pourquoi n'a-t-elle pas envoyé quelqu'un d'autre? Ou tout simplement un hibou ? », demanda-t-il d'un ton impatient.
« Je...euh... », hésita-t-elle.
« Je constate que vos yeux sont revenus à une couleur normale...Si l'on peut considérer que le jaune est une couleur normale pour des yeux. »
« Ils ne sont pas jaunes ! Ils sont dorés, c'est différent, vous savez! », trancha-t-elle.
Cependant, le professeur Snape ne semblait pas du tout l'écouter.
« Maintenant, vous pouvez me donner cette lettre et sortir de mon bureau. »
Amélia hésita un moment, puis vit cela comme une opportunité de s'en aller.
« Oui, professeur. »
Amélia s'approcha et posa la lettre sur le bureau. Elle remarqua que les yeux du professeur Snape étaient rivés sur sa main gauche. Amélia baissa les yeux afin d'observer à son tour sa main et réalisa qu'elle était en pitoyable état. En effet, le dessus de sa main, où l'on pouvait apercevoir des lettres encrées profondément dans sa peau, était enflé et endolori. Il y avait également des traces de sang séchées. Aussitôt, elle cacha sa main derrière son dos et détourna le regard. Le professeur Snape leva les yeux et observa intensément Amélia, mais celle-ci ne lui renvoya pas le regard. Sans plus tarder, elle tourna les talons et sortit du bureau. Finalement, ce n'était pas aussi pire que je l'aurais cru...
Elle marcha en silence dans le couloir sombre en se dirigeant vers les escaliers. Elle eut tout juste le temps de mettre le pied sur la première marche qu'elle entendit une porte s'ouvrir. Consciente qu'il pouvait s'agir du professeur, Amélia empressa le pas, mais fut rapidement interrompue dans ses mouvements par nul autre que la voix du maître des potions.
« Un instant, Miss Walters. »
Amélia se figea, mais ne se retourna pas. Tout son corps semblait paralysé par la peur.
« Dans mon bureau, immédiatement. », ajouta le professeur Snape.
Amélia soupira et pencha sa tête dans ses mains. Finalement, c'est aussi pire que je l'aurais cru. À contrecœur, Amélia fit demi-tour et se dirigea de nouveau vers le bureau du professeur Snape. La porte était ouverte et lorsqu'elle entra, elle se trouva devant le maître des potions qui était debout devant son bureau.
« Pouvez-vous m'expliquer cela? »
Il tenait fermement la lettre du professeur Ombrage dans ses mains et la pointait vers Amélia.
« Je...ne sais pas ce que cette lettre contient, professeur. »
« Vraiment? Vous n'avez vraiment aucune idée de ce que cette lettre contient? »
« Euh... Bien... En fait... »
Mais le professeur ne la laissa pas terminer sa phrase.
« Pourquoi vous êtes-vous infiltré dans mon bureau? »
Amélia l'observa un moment et le dévisagea.
« Professeur, ai-je réellement besoin de vous fournir cette information? »
Cette fois, Amélia fut ravie de retourner la question contre lui, comme il l'avait si souvent fait avec elle. Le professeur Snape l'observa d'un air plein de haine.
« Vous ne reverrez pas cette bague, Miss Walters. Peu importe vos petites tentatives échouées à la récupérer, vous ne l'aurez pas. Vous devriez songer à y renoncer. Vu votre état, je ne vois pas ce qui vous retient.», déclara-t-il, en baissant les yeux vers la main de la jeune Gryffondor lorsqu'il mentionna dans l'état qu'elle se trouvait.
« Mais professeur... »
« Maintenant, vous pouvez sortir de mon bureau. »
« S'il vous plaît... Si seulement vous me laissiez, vous expliquez... »
« Je n'ai pas besoin de votre explication. Cela vous donnerait seulement une autre opportunité de mentir. »
« Je ne mens pas, professeur. »
« Ah, vraiment? Donc, la réelle raison que vous vous êtes infiltrée dans mon bureau à été pour emprunter des potions afin de vous avancez dans vos travaux pour vos retenues, qui sont soit dit en passant, terminés depuis un bon moment déjà? Donc, vous ne vous êtes pas du tout infiltré dans mon bureau pour tenter de récupérer la bague? C'est bien ce que vous dites? »
« Mais cette fois, c'est différent... Je... »
« En quoi est-ce différent? Vous avez menti au professeur Ombrage, je ne vois pas ce qui vous empêcherait de me mentir à moi. Maintenant, vous pouvez sortir. »
« Je ne vous mens pas à vous, professeur. »
« Voyez-vous, vous venez de me mentir à l'instant. »
Amélia afficha un air surpris.
« Vous ne vous souvenez pas? » demanda le professeur en levant les sourcils. « Vraiment, vous me décevez... C'est plutôt remarquable que vous ne vous souveniez pas de l'horrible performance que vous m'avez offerte... »
« Je ne comprends pas... »
« Vous m'avez menti très récemment, Miss Walters, vous ne vous souvenez pas? C'est bien dommage que vous ne fassiez pas la distinction entre votre réalité et votre imaginaire... Laissez-moi vous éclaircir un peu l'esprit, jeune insouciante. Lundi passé, à votre première retenue... Je vous ai demandé où vos amis Weasley étaient... Vous m'avez dit qu'ils étaient malades, n'est-ce pas? »
« Oh! Mais c'était la vérité! »
« Non, ce ne l'était pas. »
Amélia supplia du regard le professeur Snape mais visiblement, cela n'avait aucun effet sur lui, ce qui n'était pas vraiment étonnant, selon la jeune étudiante.
« Ils étaient à l'infirmerie! Ils étaient réellement malades! »
« Pour la dernière fois, je vous demande de sortir de mon bureau. Et je vous conseille de rester, si tel est possible, loin des ennuis. Vous avez assez causé de tort pour toute une vie. »
Avant de se retourner pour sortir du bureau, Amélia jeta un dernier regard à son professeur.
« Bien. À lundi dans ce cas. »
« Miss Walters, je vous ai renvoyé du cours de potion, vous ne mettrez plus jamais les... »
« C'est comme vous voulez, professeur, mais moi, je ne compte pas lâcher prise. Si vous croyez que j'ai atteint le summum, vous vous trompez amèrement. »
Aussitôt, Amélia se retourna rapidement vers la porte de sortie.
« Si vous osez mettre les pieds dans ma classe lundi, vous le regretterez, jeune sotte. »
« C'est ce qu'on verra. Sur ce, à lundi. »
Sans un mot de plus, Amélia quitta la pièce, laissant un professeur de potion extrêmement irrité seul dans l'obscurité du bureau.
Une fois arrivée dans la salle commune de Gryffondor, Amélia aperçut les jumeaux qui semblaient dans une conversation passionnante avec Lee Jordan et Angelina Johnson.
« Hey Amélia! »
« Hey! »
Amélia tenta de paraître le plus enjouée possible malgré sa journée plutôt misérable.
« Alors! Comment a été votre journée? », demanda-t-elle à ses amis.
« Ah c'était génial! Bien sûr, ça aurait été encore mieux si tu étais venu... Oh! Il faut qu'on te montre ce qu'on a acheté ! C'est trop brillant ! », commença Fred avec un ton de fierté dans sa voix.
« Ah! Génial! Mais avant, peut-on aller dîner, j'ai terriblement faim. »
« Ah! Ouais! Moi aussi j'ai faim! », répliqua Lee Jordan.
« Mais Amélia... Qu'est-ce qui t'est arrivé à ta main? », demanda George en s'approchant d'elle.
« Par la barbe de Merlin... Non...ne me dis pas que c'est ce que je pense. », ajouta Fred.
« Oh que si. », conclut George.
« Cette vieille harpie va y gouter, ça, on peut te le promettre Amélia. », trancha Fred.
Amélia observa ses amis et ne put s'empêcher de sourire.
« Merci les gars, vraiment. »
Ainsi, les cinq amis sortirent de la salle commune en se dirigeant vers la Grande Salle afin d'aller manger un somptueux repas.
.oOoOo.
Voilà ! Houlala...Ça faisait un bon moment je n'avais pas ''uploader'' un chapitre. La raison, c'est que j'étais un peu indécise sur la tournure de ce chapitre...ET parce que mon ordinateur m'a plantée... Mais je promets que le prochain chapitre va venir très très bientôt ! Et surtout, il va être beaucoup plus long... Et surtout...J'ai très hâte de l'écrire (je m'y mets l'instant) parce que cela fait un bon moment que j'ai hâte à ce moment dans l'histoire... Vous verrez très bientôt ! Hihihi! Merci de lire ma fiction :) Merci beaucoup beaucoup. Et lorsque j'ai la chance d'avoir un nouveau commentaire, ça me rend toute heureuse ! :D
xoxo
