Chapitre 10 : Une nouvelle perspective
Lorsqu'Amélia se réveilla, le dimanche matin, elle eut besoin de quelques minutes pour se rappeler des événements de la veille. Ce n'est que lorsqu'elle observa sa main, endolorie et rougeâtre, qu'elle réalisa que sa journée d'hier, à son plus grand désespoir, n'était pas un cauchemar, mais la réalité. Après un long soupir, Amélia s'étira puis sortit de son lit douillet. Dehors, le ciel était gris foncé et il pleuvait à boire debout, le vent fouettant les carrelages.
« Génial... Il ne manquait plus que ça... Quoique... Ce n'est pas si mal... C'est parfait pour passer la journée au lit, à dormir et espérer inutilement que tout cela ne soit qu'un horrible rêve. »
Amélia se dirigeait de nouveau vers son lit et n'eut pas le temps de fermer les grands rideaux rouges de son lit baldaquin que la porte du dortoir des filles s'ouvrit. Amélia fit le sot mais se détendit lorsqu'elle constata qu'il s'agissait de Katie Bell.
« Oh! Pardon... Je ne voulais pas te surprendre... Je ne te réveille pas, j'espère? », demanda Katie, d'un air inquiet.
« Oh! Non, non... J'étais réveillée... Mais j'allais justement me recoucher. Je ne me sens pas très bien... », répondit honnêtement Amélia.
« Oh! D'accord... Je ne te dérangerai pas plus longtemps... Dors bien... Et j'espère que tu iras mieux très bientôt. »
Katie s'apprêtait à refermer la porte derrière elle, mais Amélia eut tout juste le temps d'interrompre ses mouvements.
« Attends! »
Katie se retourna rapidement et on pouvait percevoir l'effet de surprise sur son visage.
« Oui? », demanda-t-elle.
« Je voulais savoir si tu avais quelque chose en particulier à me demander... »
« Oh! Non... Ce n'est pas important, tu peux retourner te coucher. »
« Katie, je t'en prie, dis-moi. »
« Bon euh... Bien, en fait, je voulais savoir si tu pouvais me donner un coup de main pour mon devoir en Potion. », demanda timidement Katie.
« Ah... », s'exclama Amélia.
« Mais ce n'est pas grave, je trouverai un autre moyen... Je ne voudrais pas t'embêter avec ça... J'ai entendu dire que tu as été renvoyée du cours de Potion... Donc je ne voudrais pas enfoncer le couteau dans la plaie en te demandant de... Enfin... »
« Génial... Dans peu de temps, l'école entière saura que j'ai été jetée du cours... », ronchonna Amélia.
« Ne t'inquiète pas avec ça... Tout le monde sait également que Snape est injuste... Pour ma part, j'ai voulu te demander de l'aide parce que tu es l'une des meilleures en Potion. »
Amélia fut grandement touchée par le compliment de son amie.
« Ça me ferait plaisir de t'aider Katie! »
« Je comprends... C'est normal, toi aussi tu as plein de choses à faire et... attends... Quoi? »
« Je veux bien t'aider. », répéta Amélia, le sourire aux lèvres.
« Vraiment? », demanda Katie, l'air agréablement étonné.
« Vraiment! », s'exclama Amélia.
«Waouh! C'est trop gentil de ta part! J'ai déjà commencé mon devoir avec l'aide de Fred et de George, mais en toute honnêteté, je ne suis pas tout à fait certaine si je devrais les prendre au sérieux. Lee m'a dit qu'il aurait été ravi de m'aider, mais que s'il le faisait, cela me nuirait plus qu'autre chose. Angelina est obsédée par le Quidditch, surtout depuis qu'elle est capitaine donc je m'imaginerais mal lui demander de l'aide. T'imagines la tête qu'elle ferait? »
« Ouais, ça aurait été mémorable. »
« Ouais. Donc en fin de compte, je me suis dit que tu serais la personne idéale pour m'aider. »
« Ha Ha Ha! Je suis flattée que tu aies pensée à moi! »
« Mais c'est sûr que j'ai pensée à toi! Donc, je dois rédiger un travail sur la Potion de philtre de Mort Vivante. Seulement, je bloque après avoir écrit 15 cm seulement. Étant donné que tu as fait le cours l'an passé, il y a peut-être des chances que tu te souviennes un peu de cette potion? »
« Hmmm... Je crois définitivement que je pourrais t'aider. J'ai une plutôt bonne connaissance avec cette potion... »
Katie la dévisagea d'un air inquiet.
« Non! Je n'ai pas tenté de tuer personne en lui refilant une potion pour l'endormir éternellement! Ce que je voulais dire, c'est que je réussis toujours à confectionner cette potion sans qu'elle ne devienne dangereuse... D'ailleurs, je la connais par cœur, je l'ai suffisamment analysée... », répliqua Amélia. « C'est... Une longue histoire... », ajouta-t-elle en observant l'expression faciale confuse de Katie.
Amélia se remémora les longues et pénibles retenues avec le professeur Snape et constata qu'elle avait suffisamment corrigé les potions immanquablement ratées des élèves pour le restant de sa vie.
« Bon! Alors, on commence? », demanda soudainement Amélia afin de se changer les idées et de ne plus penser à l'horrible semaine qui se terminait enfin.
« Oh! Oui, je reviens tout de suite... Je vais chercher mon manuel. »
Ainsi, Amélia passa une bonne partie de la matinée à aider Katie avec son devoir de potion. Rapidement, son estomac commençait à émettre des gargouillements suspicieux et Amélia vit cela comme un signe qu'il était temps d'aller manger quelque chose. Après les mille et un remerciements de Katie pour l'avoir grandement aidée dans son devoir, Amélia quitta la salle commune des Gryffondor en se dirigeant vers la Grande Salle. Malheureusement, ce court moment de nostalgie s'estompa rapidement, la ramenant à la triste réalité et à son humeur aussi terne et massacrante que la température. Dans la Grande Salle, à la table des professeurs, Amélia observait le professeur McGonagall qui semblait parler d'un sujet fort intéressant avec le professeur Dumbledore. Snape, quant à lui, était assis devant son assiette et semblait aussi animé qu'une tombe. Le professeur Sinistra discutait avec le professeur Flitwick, celui-ci ayant la bouche remplie de ce qui semblait être des œufs. Tout à coup, un bruit d'aile résonna dans la Grande Salle et Amélia leva les yeux afin de contempler les centaines de hiboux qui venaient de surgir d'une fenêtre. Elle repéra son petit hibou une fois qu'il fut suffisamment près d'elle. En décrochant la lettre, elle reconnut l'élégante écriture de Grand-Mère Sissi. C'était la première fois qu'elle n'était pas enjouée d'ouvrir une lettre de sa grand-mère. Bien que celle-ci était une personne aimable et attentionnée, Amélia doutait que sa lettre soit aspergée de chaleur et de mots encourageants après avoir reçu une lettre de la directrice de maison au sujet du comportement inadéquat de sa petite-fille. En effet, le professeur McGonagall avait écrit une lettre à Grand-Mère Sissi le jour de l'incident avec Markus Flint concernant son attitude inacceptable. Bien qu'Amélia se doutait au fin fond d'elle-même que cette lettre n'était pas réellement constituée d'insultes, la jeune étudiante de Gryffondor craignait, mais surtout était triste de devoir faire face à une lettre expriment surement la déception de la grand-mère de celle-ci. Amélia prit deux grandes respirations et ouvrit enfin la lettre.
.x.x.x.x.
La jeune Gryffondor sortit de la Grande Salle d'un pas précipité en direction de la salle commune de Gryffondor. Comme elle l'avait prédit, ce n'était pas une bonne journée pour se lever aujourd'hui. Elle aurait carrément dû rester au lit et ne pas sortir de sa chambre de la journée. Elle jeta la lettre de sa grand-mère, ce qui n'était jamais arrivé auparavant, dans la poubelle la plus proche, sans même la lire au complet. Certes, comme elle l'avait prédit, la lettre n'était pas constituée d'insultes, mais elle exprimait en long et en large sa déception. Et c'était trop pour Amélia. Sa grand-mère était l'unique personne sur cette foutue planète qu'elle connaissait qui ne lui avait jamais reproché quoi que ce soit. Jusqu'à maintenant. Bien qu'elle soit parfaitement réveillée désormais, elle n'avait plus aucune envie de voir qui que ce soit de la journée et décida qu'il n'était pas trop tard pour en revenir à son plan du matin, c'est-à-dire retourner se coucher. Cependant, bien qu'elle n'en fut pas totalement surprise, Amélia eut la malchance de croiser sur son chemin son pire ennemi.
« Tiens tiens... Alors, des rumeurs circulent... Apparemment, Snape t'aurait jeté du cours... »
« Ferme-la Flint! », rugit-Amélia.
« Oh! Oh! La lionne se fâche? Donc c'est bien vrai ces rumeurs? Ha Ha Ha! Comme c'est pitoyable! »
Amélia s'apprêta à lui refiler un bon coup de point au visage, mais une voix derrière elle interrompit ses mouvements.
« Merci bien, Monsieur Flint. Maintenant, vous n'auriez pas un devoir à faire? En potion, par exemple? »
Markus jeta un coup d'œil au professeur Snape, celui-ci l'observant d'un air indéchiffrable.
« Ouais, ouais... C'est ce que j'allais faire. », répliqua stupidement Markus Flint.
« Naturellement. », répondit froidement Snape.
Markus jeta un dernier coup d'œil à Amélia puis s'éloigna à grandes enjambées.
« Et vous, vous n'avez pas de devoirs à faire? N'était-ce pas vous qui vous plaigniez il y a à peine trois jours que vous étiez dangereusement en retard dans vos travaux? »
« C'est vrai, mais comme je ne suis pas allée à Pré-au-Lard, comme je l'avais également mentionnée, j'ai eu le temps de me reprendre en main. »
« J'en doute. Votre petit séjour dans mon bureau et votre retenue avec le professeur Ombrage ont dû capter une bonne partie de votre journée. »
« C'est vrai, mais... »
« Sachez ceci. », poursuivit-il d'un ton acide. « Si jamais vous osez mettre de nouveau les pieds dans mon bureau sans mon autorisation, je ferai personnellement en sorte, soyez s'en sûr, qu'on vous expulse de cette école. »
Puis, sans un mot de plus, le professeur Snape s'éloigna rapidement, sa longue cape noire voletant derrière lui. Amélia fut soudainement prise de nausée. Elle n'arrivait pas à croire que cela lui arrivait. Certes, le professeur Snape n'appréciait pas grand monde, mais désormais, elle était certaine qu'elle faisait partie de sa liste noire. En ce dirigeant vers la tour de Gryffondor, Amélia croisa Fred et George ainsi que tout le restant de l'équipe de Quidditch de Gryffondor vêtue de leur uniforme de pratique et tenant dans les mains leurs balais.
« Vous avez une pratique de Quidditch? », demanda Amélia, dépourvue d'enthousiasme.
« Ouais. », répondit lugubrement George.
« Euh...Bien... Bonne pratique...»
« Ouais, merci. Mais je doute que ce soit le cas... Tu as vu le temps qu'il fait dehors? »
« Ouais, je sais... »
« Et toi, qu'est-ce que tu vas faire ? »
« Euh... Je... Ne sais pas trop... Probablement des devoirs, j'imagine. »
« Ah ! D'accord... Alors bon courage! »
« Et à vous deux aussi ! »
Les jumeaux s'éloignèrent d'un pas las afin de rejoindre le restant de l'équipe. Amélia poursuivit son chemin vers la tour de Gryffondor, avec toujours dans la tête cette idée d'aller se coucher. Elle pensait encore à la lettre de Grand-Mère Sissi et se dit qu'elle ne lui répondrait pas. Vraiment, il y a des jours où Amélia avait envie de s'endormir et de rester dans un rêve pour l'éternité. Un beau rêve, sans complications. Amélia sortit de ses pensées lorsqu'elle arriva devant le très grand cadre de la Grosse Dame.
« Est-ce que tout va bien, ma chère ? Vous semblez bien triste. »
« C'est le cas. Tout va de travers ces temps-ci. »
« Est-ce en rapport avec votre professeur de Potion ? »
« Non! Enfin... Si... un peu... Mais comment est-ce que vous... ? Peu importe... De toute façon, ce n'est plus mon professeur... Il m'a renvoyée de son cours, pour toujours... », répliqua tristement Amélia.
« Oh! Par la barbe de Merlin! C'est horrible! », s'exclama la Grosse Dame.
« Ouais... Mais il n'y a pas que ça... Tout est en train de chambouler, en ce moment... »
« Vous devriez aller en parler à votre directrice de maison. »
« Elle ne comprendrait pas, elle est persuadée que je suis une mauvaise élève depuis que je me suis battue avec ce vaut rien de Flint. Elle a même écrit à ma grand-mère pour lui dire que je suis indisciplinée et que mon comportement est tout à fait inacceptable. »
« Oh! Ma pauvre enfant... Mais je suis certaine que si vous lui expliquez votre situation, elle comprendrait... »
« Ouais, peut-être bien. Cela dit, je préfère aller me coucher, pour le moment... »
« Bien sûr. »
Après avoir donné le mot de passe, Amélia entra dans la salle commune bondée d'étudiants. Bien sûr, il était normal d'y trouver autant de gens, car la température les forçait à s'encabaner. Amélia salua quelques personnes sur son passage puis monta les escaliers vers le dortoir des filles. Une fois arrivée dans la pièce et après avoir fermé la porte de la chambre, elle s'écroula dans son lit moelleux. Elle tira les rideaux afin de créer une atmosphère plus paisible puis s'endormit presque aussitôt.
Lorsqu'elle se réveilla, environ deux heures plus tard, elle fut distraite par le bruit qui provenait d'en dessous d'elle. Lorsqu'elle sortit du dortoir, elle vit, dans le salon, l'équipe de Quidditch de Gryffondor couvert de boue et trempé jusqu'aux os. Aucun d'eux ne semblait de bonne humeur. Elle repéra rapidement deux grandes silhouettes à la tête rousse et vit dans leur visage ce qui semblait être de la fatigue et de l'agacement. Mais elle remarqua que la personne qui semblait le plus fâchée était Angelina. Amélia descendit les marches afin d'aller les rejoindre.
« Wo... Vous êtes... »
« Plus dégueu que jamais... Ouais, ont est au courant... », répliqua Fred sans laisser Amélia finir sa phrase.
« Ouais... Euhm... Alors, la pratique, c'était comment ? »
Aussitôt que ces mots s'éclipsèrent de sa bouche, Amélia regretta d'avoir posé la question. À voir leur allure, il était plus qu'évident que cette pratique n'avait pas été amusante. Par conséquent, à sa grande surprise, c'est Angelina qui répondit à leur place.
« C'était horrible! »
« Ouais, ça tu peux le dire... », marmonna George, la mine grincheuse.
« Oh! Mais c'est normal, avec la pluie et... », s'empressa d'ajouter Amélia, mais elle fut brutalement interrompue par une Angelina bien furieuse.
« Oh non! La pluie, ce n'était pas si mal... »
Amélia jeta un coup d'œil aux jumeaux et remarqua qu'ils semblaient scandalisés par la réplique d'Angelina, mais celle-ci ne porta pas attention à eux et continua sa complainte.
« C'est satané de Serpentard ! Ils sont venus assister à notre pratique de Quidditch et ils n'ont pas arrêté de se moquer de nous. J'aurais bien voulu étrangler Flint. »
« Ah! Si tu as besoin d'aide, je serais ravie de le faire à ta place. », répliqua Amélia.
« Ouais, faites donc cela. Moi, je vais me doucher. », suggéra George.
« Ouais, moi aussi. », rajouta Fred.
Ainsi, les jumeaux s'éloignèrent, laissant Amélia avec Angelina et le restant de l'équipe. Amélia jasa encore quelques minutes, ou plutôt, écouta Angelina se plaindre jusqu'à ce que celle-ci en ait marre, puis quitta le salon pour aller à la bibliothèque.
« Ah! Miss Walters! Quelle coïncidence de vous croisez, je tenais justement à vous parlez. », s'exclama une voix derrière son dos.
Amélia se retourna et se trouva face à face avec le professeur McGonagall.
« Oh! Bonjour professeur. »
« Vous voulez bien me suivre dans mon bureau? »
« Euh... Oui, bien sûr. », répondit Amélia qui n'avait pas trouvé d'excuses pour décliner l'offre.
Une fois arrivée dans le somptueux bureau, définitivement plus accueillant que celui du professeur Ombrage et du professeur Snape, la directrice de la maison de Gryffondor fit signe à Amélia de s'asseoir sur la chaise devant elle puis s'assit à son tour.
« Bien. Maintenant, Miss Walters, je veux que vous me disiez ce qui ne va pas. Vous êtes une jeune femme intelligente, cela va de soi, mais vous semblez distraite ces derniers temps. Distraite et agressive. »
« Je suis la même, professeur. J'ai simplement quelques soucis c'est temps-ci, c'est tout. »
« Alors, parlez-moi de vos soucis pour que puisse vous aidez. »
« Sans vouloir vous offenser, vous ne pouvez m'aider... Rien en cela ne vous concerne. Puis-je partir, maintenant? »
Le professeur McGonagall ignora sa question puis continua à interroger son étudiante.
« Est-ce possible que cela concerne votre professeur de Potion? »
« Ce n'est plus mon professeur... »
« Oh! Alors voilà un problème! », s'exclama le professeur McGonagall, plus surprise que jamais.
« Un parmi tant d'autres... »
Le professeur McGonagall observa Amélia un moment puis prit un parchemin et une plume et se mit à écrire.
« Vous écrivez à qui? »
« Au professeur Snape. J'aimerais qu'il nous rejoigne dans la conversation. »
« Non! Pitié, tout sauf ça! »
« Je vous demande pardon? », demanda le professeur McGonagall en relevant la tête vers son étudiante.
« Je ne veux pas le voir, ni lui parler. Croyez-moi, c'est tout aussi réciproque de son côté »
« Miss Walters, comment voulez-vous que je vous aide si vous refusez ce que je vous propose? »
« Justement, vous ne pouvez pas m'aider. Mais ce n'est pas si grave, je vous assure. J'ai juste une mauvaise journée, demain, je serai beaucoup mieux... »
Amélia se leva d'un bond puis se dirigea vers la porte, mais le professeur McGonagall fut plus rapide qu'elle.
« Je ne veux que vous aider. Cela fait plusieurs jours que vous semblez...dépressive. »
Amélia se retourna et la dévisagea.
« Les murs ont des oreilles, jeune fille. »
« Je... Ne comprends pas... »
En prononçant ces mots, Amélia réalisa la source qui l'avait trahie.
« La Grosse Dame! C'est elle! Elle est venue vous parler, c'est ça ? », demanda furieusement Amélia.
« Disons simplement que j'ai entendu plusieurs cadres discuter et j'ai cru entendre des choses plutôt compromettantes. »
« Des choses compromettantes? Comme quoi? »
« Que vous vous faisiez expulser des cours, que... »
« Ce n'est arrivé qu'une fois, cette année! », s'emporta la jeune étudiante.
« ...Que vous vous disputiez dans les couloirs avec certains étudiants...Quoi que ça, je le savais déjà. », poursuivit le professeur McGonagall.
« Mais… »
« Et que vous sembliez plutôt irriter ses derniers jours... »
Amélia lança un regard noir au professeur.
« N'ont-ils rien d'autre à faire que d'espionner les gens? », demanda Amélia, avec colère.
« Hélas, non. », répondit calmement le professeur McGonagall.
Amélia soupira et se mit à faire les cent pas autour du bureau.
« Je ne sais vraiment pas quoi vous dire... Je dois simplement être dans une mauvaise phase... Mais ça passera. Cela dit, j'aimerais beaucoup reprendre mes cours de Potion. J'ai toujours aimé les cours de Potion. »
« Je comprends...J'en glisserai un mot ou deux au professeur Snape. »
Amélia arrêta soudainement de marcher et leva la tête pour regarder son professeur.
« Merci, professeur. »
La directrice de maison acquiesça de la tête.
« Je vous donne la permission de partir, maintenant. »
Amélia sourit au professeur puis sortit silencieusement du bureau et se remit en chemin vers la bibliothèque. Lorsqu'elle entra dans la très grande pièce, Amélia croisa trois étudiantes de Poufsouffle et les salua d'un signe de main. Amélia poursuivit son chemin et tourna dans une rangée où l'on pouvait trouver des livres de potions. Après une vingtaine de minutes ou plus à la recherche d'un livre, Amélia repéra celui dont elle avait besoin. Cependant, malgré tous ses efforts à l'attraper, elle n'y parvenait pas. Le livre était beaucoup trop haut. Puis, alors qu'Amélia pensa à utiliser sa baguette magique, quelque chose derrière elle attrapa le livre à sa place. Amélia se retourna pour faire face à la gentille personne qui l'avait aidé. Elle faillit échapper sa baguette tellement ce qu'elle avant devant elle était déstabilisant et loin d'être la personne qu'elle aurait imaginée. Severus Snape observa le livre qu'il tenait dans ses mains pendant quelques secondes puis le tendit à Amélia, sans dire quoi que ce soit. Amélia hésita un moment, comme paralysée, puis prit précautionneusement le livre. Elle était tellement surprise qu'aucun son ne put sortir de sa bouche afin de le remercier. Le professeur, quant à lui, se retourna sans un mot puis s'éloigna. Pendant ce temps, Amélia restait figée sur place, les yeux rivés sur la vieille pochette de cuir usée du livre de potion. Cependant, le professeur ne changea pas de rangée et finit par se retourner vers elle, cette fois en lui adressant la parole.
« Pourquoi avoir choisi ce livre? »
Amélia détourna les yeux de son bouquin puis sembla avoir repris l'usage de la parole.
« Je ne sais pas trop... Il me semblait intéressant. »
« Ce que je veux dire c'est pourquoi avoir choisi un livre de potion... »
Amélia l'observa un moment, les sourcils froncés, avant de répondre :
« Parce que malheureusement, un professeur m'a virée de son cours donc si je veux continuer à apprendre, je devrai le faire par moi-même. »
Le professeur Snape l'observa d'un air indifférent, comme si toute cette histoire ne l'impliquait pas le moins du monde. Amélia, irritée qu'il ne réagisse pas, s'éloigna de lui et se dirigea vers le comptoir de Madame Pince afin de louer le livre. À la sortit de la bibliothèque, le professeur murmura à Amélia derrière son dos :
« Dans ce cas, bonne chance dans votre étude par vous-même. »
Amélia, profondément insultée par le ton sarcastique du maître des Potions se retourna pour faire face au professeur.
« Vous savez quoi? C'est quand même remarquable que vous ayez renvoyé une de vos seules élèves qui tenait réellement à suivre votre cours. », s'écria Amélia, ce qui fit sursauter la bibliothécaire.
Celle-ci lui lança un regard noir et lui fit signe de baisser le ton. Le professeur Snape, quant à lui, continuait à l'observer d'un air insensible. Plus enragée que jamais, Amélia sortit de la bibliothèque sans se retourner. Ce n'est que lorsqu'elle fut suffisamment loin de la bibliothèque qu'elle réalisa que c'était vraiment stupide d'avoir loué ce livre. Elle n'avait maintenant qu'une seule envie, le lancer au bout de ses bras, ou mieux encore, le jeter dans la cheminée et le regarder se transformer en cendre. Cependant, elle prit une grande inspiration et chassa immédiatement cette idée diabolique de sa tête, consciente que de brûler ce livre n'était pas la solution. De plus, elle était déjà suffisamment dans le pétrin, et la dernière chose dont elle avait besoin était bel et bien de se créer d'autres problèmes. Elle rangea le livre dans son sac, sage décision, puis se dirigea vers la Grande Salle afin d'aller dîner avec ses amis. Ce soir-là, elle mangea comme un ogre, sous les regards amusés des jumeaux.
Après son somptueux repas, Amélia aurait cru qu'elle se serait sentie mieux, mais elle était toujours d'une humeur massacrante. Elle ne resta même pas pour le dessert.
« Hey! Où tu vas? », demanda George, la bouche pleine de tarte à la citrouille.
« Je retourne à la salle commune, je n'ai vraiment plus faim. »
« Pas étonnant, tu as mangé pour une famille complète. Je me demande encore comment toute cette nourriture a pu rentrer dans ton petit corps. »
« Très drôle, Fred... Bon... Alors, à plus tard. »
Amélia s'éloigna rapidement de la Grande Salle et croisa le professeur Flitwick en chemin.
« Oh! Vous n'êtes pas au dîner? », demanda gentiment le professeur de sa petite voix flûtée.
« Si, mais je n'avais plus très faim. »
« Ah! D'accord. À demain, dans ce cas! »
« Oui! À demain professeur. »
Sur ces mots, Amélia se demanda si elle aurait réellement le courage de se déplacer au cours, demain. Elle pensa aux pilules de Fred et George et se dit qu'elle pourrait peut-être en prendre une afin d'être dispensée des cours pour la journée. Mais cela ne régla pas sa mauvaise humeur. Elle se jura que si elle croisait Flint, elle lui flanquerait la volée de sa vie à la façon Moldu. Tout en marchant, Amélia se demandait qu'est-ce que les gens faisaient, lorsqu'ils avaient le moral à plat. Cependant, elle n'eut pas besoin d'y penser trop longtemps. Elle accéléra le pas afin de ne pas perdre de temps. Elle devait se dépêcher et arriver avant que les autres aient fini leur dessert si elle voulait s'infiltrer en secret dans le dortoir des garçons. À son grand soulagement, lorsqu'elle entra dans la salle commune des Gryffondor, celle-ci était complètement vide. Parfait, ce dit Amélia. Aussitôt, elle monta les escaliers, mais au lieu de pousser la porte à gauche, elle se dirigea vers celle à droite. Elle l'ouvrit subtilement, craignant de se retrouver face à face à un garçon, mais heureusement, celle-ci était également vide. Le dortoir des garçons ressemblait beaucoup à celui des filles, mais Amélia ne s'éternisa pas sur les petits détails. Sans plus tarder, elle se dirigea vers le lit appartenant à George et fouilla dans sa valise, cachée en dessous de son lit. Elle contenait quelques paires de chaussettes et divers objets suspicieux, dont un faux dentier qui claquait des dents, qu'Amélia n'osa pas toucher. Inquiète, elle referma la valise et la remit à sa place habituelle. Amélia prit une grande inspiration et se tourna vers son dernier espoir, la valise sous le lit à Fred. Comme elle s'en doutait, celle-ci contenait à peu près les mêmes objets bizarres que celle de George hormis la chose en question qu'Amélia cherchait, une bouteille de 25 oz de Whisky Pur Feu. Parfait.
.oOoOo.
Ouf... Voilà qui risque de se corser! Mais qu'est-ce qui peut bien se passer? Faisons un petit calcul...
Humain + Whisky = catastrophe.
Hihihi ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! (Bon, je sais que vous avez hâte au cours de lundi... Mais il y a encore bien des choses qui peuvent se passer avant ce fameux cours...) J'ai plus d'un tour dans mon sac ! (Soyez s'en sûr !)
Ce chapitre est venu plus rapidement parce que j'en avais déjà écrit une bonne partie dans mon carnet d'information (à cause je n'avais plus d'ordinateur) (oui ouuuui... J'ai réellement un carnet où j'écris des infos à savoir sur mes personnages, sur ce que je vais parler dans mes futurs chapitres (même si j'y vais souvent au feeling) J'ai même fait un horaire d'école à Amélia pour être sûr que lorsqu'on est par exemple jeudi, je sache quel cours elle a sans me tromper (et donner 2 cours de suite pareil...par exemple...) Ouais, je suis plutôt perfectionniste... (Ça peut être agaçant, je le sais...) MAIS pourquoi suis-je encore en train d'écrire ? Ce chapitre est terminé, par la barbe de Merlin!
En bref, vos récents commentaires sont vraiment très appréciés et très encouragent ! You rock ! :) La suite vient très bientôt ! (Je l'ai écrit dans mon petit carnet déjà hihihihi)
xoxo
