Chapitre 11 : Un instant de pure folie

12:32 a.m.

Les bruits de leurs pas résonnaient dans les couloirs vides du château. Ni un ni l'autre ne parlait de peur d'attirer l'attention sur eux. Surtout l'homme en noir.

Quelques heures plus tôt

Amélia avait réussi à s'éclipser de la tour des Gryffondor avant que les autres arrivent. Être en compagnie d'une foule de personnes en train de parler, rire ou s'amuser était la dernière chose dont elle avait envie, en ce moment. Elle voulait être seule, laisser tranquille à s'apitoyer sur son sort. Elle voulait, ou plutôt elle devait oublier toute cette histoire, du moins pour ce soir. Elle prit un chemin que pratiquement personne ne prenait, dû au fait qu'il s'agissait d'un très long détour inutile, mais comme elle voulait éviter de rencontrer d'autres personnes, c'était l'idéal. En effet, si elle avait choisi de prendre le chemin le plus court, c'est-à-dire celui vers le hall d'entrée, elle aurait probablement croisé la moitié de l'école, sinon plus. Elle ne voulait pas imaginer tous les problèmes qu'elle aurait si elle se faisait prendre par un professeur avec une bouteille de Whisky pur feu dans les mains. Bien sûr, elle la cachait avec sa cape, mais tout de même, elle ne voulait pas prendre le risque. Elle était désormais au cinquième étage et marchait d'un pas précipité, les oreilles aux aguets. Les cadres accrochés aux murs chuchotaient à son passage. Au début, elle n'y portait pas trop attention, mais à mesure qu'elle s'approchait de son but, c'est-à-dire du parc de Poudlard, Amélia perdait de plus en plus patience. Puis tout à coup, sans prévenir, elle s'arrêta de marcher et se tourna brusquement vers le cadre le plus proche.

« Non, mais vous allez vous la fermez, oui? », s'écria-t-elle.

Le vieil homme moustachu parut scandalisé. Un peu plus loin, un bébé dans un autre cadre s'était mis à pleurer. Lorsqu'Amélia se remit à la marche et passa devant le cadre en question, ce qui sembla être la mère du bébé foudroya Amélia du regard en hochant négativement la tête. Afin de s'éloigner le plus vite possible d'eux, la jeune Gryffondor se mit à courir le plus vite qu'elle put. Après une bonne quinzaine de minutes ou plus, qui d'ailleurs lui parut une éternité, elle arriva enfin à l'extérieur. Amélia eut l'impression de respirer pour la première fois depuis le début de la semaine. Dehors, il faisait sombre et la température était humide. Cela ne faisait aucun doute qu'il avait plu toute la journée et Amélia se rendit compte qu'une petite pluie fine tombait, mais cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle sentait le gazon mouillé effleurer ses chevilles et le vent faisait voleter ses longs cheveux foncés.

« Ça, c'est la vie », s'exclama Amélia, les yeux fermés et les bras ouverts et tenant fermement dans sa main gauche la bouteille de Whisky. « Rien de mieux qu'une température merdique pour embellir ma fabuleuse semaine. », ajouta-t-elle, sarcastiquement.

Puis, sans prévenir, elle se mit à rire de façon incontrôlable. Toute la tension qu'elle avait sur les épaules semblait soudainement s'affaisser. Elle ne saurait dire le temps qu'elle prit pour rire, mais une chose était certaine, cela lui avait fait beaucoup de bien. Lorsqu'elle se remit en chemin, elle voyait à peine où elle mettait les pieds. Il faisait si noir désormais, mais elle n'éclaira pas, malgré tout, le chemin à l'aide de sa baguette. Elle avait peur que cela trahisse sa présence, surtout qu'il était interdit à cette heure-ci de circuler à l'extérieur, tout comme à l'intérieur d'ailleurs, du château. D'autant plus qu'elle appréciait la tranquillité et l'obscurité de la nuit. Lorsqu'elle arriva enfin devant son arbre favori, un magnifique hêtre, elle s'arrêta finalement de marcher puis s'assit dans le gazon mouillé en dessous de l'arbre, juste en face du lac. C'était absolument splendide de voir le reflet de la demi-lune et des étoiles dans le lac, calme et sombre. Amélia s'approcha et regarda son propre reflet à travers l'eau. Elle avait l'air fatigué et son visage délicat semblait très pâle. Si l'on regardait plus attentivement, on pouvait percevoir des cernes bleutés en dessous de ses yeux livides. Horrifiée par ce qu'elle voyait, elle recula de quelques pas puis se laissa tomber par terre, le visage caché entre ses mains. Elle se trouvait complètement ridicule à pleurnicher ainsi, mais elle en avait besoin. Elle devait se laisser aller, pour une fois, se vider de toute émotion. D'un mouvement lent, elle prit la bouteille de Whisky pur feu qu'elle avait posé par terre quelques minutes plus tôt et l'ouvrit. Elle l'observa un moment, ne sachant trop quoi en penser, puis porta la bouteille à ses lèvres et but une très grande gorgée. Elle manqua de s'étouffer tellement le goût était fort. Bien que ce n'était pas la première fois qu'elle expérimentait l'alcool, cela la surprenait à chaque fois. Seulement, cette fois, elle n'avait personne avec qui boire, ou célébrer.

« De toute façon, je n'ai rien à célébrer... À part peut-être mes lamentables échecs, depuis le début de l'année. », marmonna-t-elle à elle-même, avant de reprendre une autre grosse gorgée.

À mesure qu'elle buvait, elle sentait l'alcool se propager dans tout son corps. Elle ferma les yeux et en prit une troisième, puis une quatrième. Bien que l'effet de surprise était à présent inexistant, le choc de l'alcool était aussi apparent. Ce ne fut pas bien long qu'elle eût déjà bu la moitié de la bouteille. Elle se sentait plutôt bien, mais ce n'est que lorsqu'elle se leva qu'elle constata que tout autour d'elle semblait tourner. Étrangement, elle n'était plus triste, désormais. Elle avait seulement envie de danser, de chanter, de faire des roues sur la pelouse... Mais surtout, elle avait une envie irrésistible de se baigner. Cela faisait un bon bout de temps qu'elle était là, à observer le magnifique paysage. Finalement, elle commença à enlever sa longue cape noire, puis ses chaussures et ses bas. Plus encore, sous l'effet de l'alcool, elle n'avait plus aucune gène. Ainsi, elle commença à enlever son débardeur puis à détacher les boutons de sa chemise blanche. Une fois enlevée, elle décida de garder sa camisole noire ainsi que son soutien-gorge, mais enleva sa jupe, la livrant à sa petite culotte bleue. Ainsi dévêtue, elle s'approcha du lac en marchant le plus droit qu'elle le pouvait, ce qui n'était guère fructueux, puis trempa ses pieds dans l'eau. L'eau devait être congelée, considérant le fait qu'on était en fin septembre, mais Amélia ne ressentait plus le froid. De ce fait, sans plus hésiter, Amélia plongea la tête la première dans l'énorme lac noir. Lorsqu'elle sortit la tête de l'eau pour reprendre de l'oxygène, c'est comme si elle avait complètement changé. Elle se sentait purifiée et ne ressentait plus de colère ni de peine, désormais. Plus heureuse que jamais, Amélia se mit à rire de bon cœur. Elle était tellement soulagée qu'elle en oublia le potentiel danger de se baigner dans le lac la nuit. Bien sûr, Amélia était persuadée que le Calmar géant était inoffensif, mais il était également vrai qu'il y avait d'autres créatures dans le lac probablement nettement moins indulgent.

Après avoir réfléchi là-dessus, Amélia crut pour le mieux, et eut assez de décence pour vouloir sortir de l'eau. Elle se remit à nager tranquillement, mais ses yeux tombèrent sur une haute silhouette debout, près de l'hêtre. Amélia se figea sur place un moment, mais dû rapidement se remettre à bouger les bras et les jambes d'un mouvement rotatif afin de rester à la surface. Auparavant, elle éprouvait de la tristesse et de la colère, mais plus tard, elle eut la chance de ressentir de la joie et du bien-être. Désormais, elle était rendue dans une nouvelle phase de son labyrinthe émotionnel, la peur. Elle était terrifiée en observant la silhouette s'approcher de plus en plus et craignait vraiment le pire. Par réflexe, Amélia se remit à nager dans la direction opposée afin de s'éloigner le plus rapidement possible de cette menace, de cette ombre qui la pourchassait. Cependant, en entendant la voix glaciale de cette personne mystérieuse, Amélia ressentit pour la première fois depuis qu'elle était dans l'eau un froid intense la submerger.

« Revenez immédiatement au bord, Miss Walters. »

Sa voix résonnait dans sa tête, lui donnant une migraine intense. À contrecœur, elle fit demi-tour et nagea vers ce qui se révélait à être le professeur Snape. Elle vit qu'il la dévisageait et c'est à ce moment-là qu'elle sembla réalisée qu'elle nageait très croche. Elle voulut sembler normale en se concentrant pour nager en ligne droite, mais cela ne fit qu'aggraver son cas. Soudainement, elle se mit à rire de façon incontrôlable et tout se mit à tourner autour d'elle. Pendant ce temps, le professeur Snape se tenait debout à l'observer, les sourcils froncés en affichant sur son visage dur quelque chose qu'Amélia n'avait encore jamais vu, la confusion. Cependant, elle était probablement beaucoup trop dans un état second pour s'en rendre compte. Une fois qu'elle était suffisamment près du bord, Amélia fit quelque chose qui aurait bien pu lui couter sa vie. Elle se mit à éclabousser le professeur Snape, obligeant celui à reculer rapidement afin d'éviter de se faire arroser en affichant un air scandalisé.

« Vous avez complètement perdu la tête ? », s'écria-t-il.

Amélia se remit à rire de plus belle puis lui répondit:

« Je ne le crois pas... Hahahahaha! Vous savez, vous devriez vous détendre. Vous devriez venir vous baigner aussi! »

Le professeur semblait paralysé sur place. Il n'arrivait pas à en croire ses oreilles.

« Mais vous être complètement folle... »

« Aller! L'eau n'est pas si froide, vous savez. », répliqua Amélia, ignorant complètement sa remarque.

Le professeur Snape ne comprenait pas pourquoi elle était dans cet état. Il jeta un coup d'œil autour et remarqua qu'il semblait y avoir une petite pile de vêtements par terre. Un peu plus loin, il aperçut une bouteille à moitié vide de ce qui semblait être de l'alcool. Le visage du professeur devint aussitôt livide. Il semblait réaliser l'ampleur du problème. En effet, une élève était dans le lac à minuit le soir, complètement soule et probablement nue. Et elle ne semblait pas du tout s'en soucier. Lorsqu'il se retourna enfin pour faire face à celle-ci, il constata qu'elle semblait être dans un autre monde.

« Miss Walters, sortez de l'eau immédiatement. Je vous apporte vos...vêtements. »

Il avait semblé légèrement embarrassé en prononçant le dernier mot, ce qui était considérablement étrange étant donné qu'il s'agissait de Snape. Cependant, n'importe quel professeur qui serait dans cette situation aurait été mal à l'aise. Il se hâta de ramasser la cape de la jeune Gryffondor et le restant de ses vêtements, mais fit disparaître d'un coup de baguette la bouteille de Whisky pur feu. Il se rapprocha de nouveau de la jeune fille, prudemment cette fois. Amélia dut s'en rendre compte, car elle répondit aussitôt:

« Hahahahaha ne vous en faites pas, je ne vous arroserai plus. »

Cependant, le professeur Snape ne semblait pas rassuré pour autant. En effet, les raisons de son inquiétude étaient bien différentes de ceux qu'Amélia croyait. Une fois arrivée enfin au bord, Amélia s'appuya sur une grosse roche afin de s'aider à sortir. Pendant un moment, le maître des potions retint sa respiration et détourna légèrement les yeux, mais sembla soulagé lorsqu'il constata qu'elle n'était pas nue. Il l'observa un moment, la regardant sortir de l'eau et constata qu'elle n'avait rien d'une petite fille, finalement. Lorsque celle-ci releva la tête, Snape détourna rapidement les yeux.

« Rhabillez-vous. », trancha-t-il d'un ton particulièrement agacé.

Amélia s'approcha de lui afin d'attraper sa cape, mais perdit l'équilibre et tomba sur le côté. Le professeur s'approcha rapidement et se pencha vers elle pour voir si elle était correcte. À son désespoir, il constata qu'elle venait de se couper la main contre la roche et saignait abondamment.

« Bon sang… », chuchota-t-il. « Êtes-vous correcte? », demanda-t-il en levant les yeux de la blessure profonde de la jeune étudiante.

« Hahahahaha! Oups, je suis tombée, je crois... », répliqua-t-elle, aucunement consciente qu'un professeur lui parlait.

Snape la dévisagea un court moment et constata qu'elle était tellement soule qu'elle en ressentait plus la douleur. Il soupira puis prit sa baguette et murmura une incantation, ainsi créant un bandage autour de sa main gauche.

« Pouvez-vous vous relever? », demanda-t-il.

« Mais bien sûr! J'ai des jambes, vous savez. Je peux marcher. », répliqua-t-elle.

« Et bien ça, c'est ce qu'on va voir... », murmura-t-il si subtilement qu'il doutait qu'elle l'ait entendu.

Il prit la cape d'Amélia, la mit sur les épaules de celle-ci et l'attacha. Amélia ne semblait aucunement consciente que son professeur était en fait en train de l'habiller. Il prit la jupe un peu plus loin, mais hésita un moment, avant de finalement la donner à son élève. Amélia la prit et l'observa un moment, comme si elle ne savait pas quoi en faire. Elle leva les yeux vers son professeur, mais celui-ci regardait volontairement ailleurs. Elle finit par réussir à la mettre après un certain temps en perdant l'équilibre plus d'une fois et finit par rester assise par terre. Finalement, le professeur se rapprocha et s'agenouilla devant elle. Il tenait sa paire de bas noire et ses chaussures. Amélia attrapa une des chaussettes puis l'enfila et fit de même avec l'autre. Elle tenta de mettre ses petites chaussures noires, mais le professeur Snape interrompit ses mouvements et lui fit remarquer qu'elle tentait de les mettre à l'envers. Ainsi, il prit dans ses mains un de ses pieds et enfila rapidement le soulier et fit de même avec l'autre pied. Par la suite, il prit la chemise blanche déposée par terre, mais se dit qu'elle serait surement incapable d'attacher les boutons. Il ne voulait pas créer un malaise donc il abandonna l'idée de lui enfiler la chemise et le débardeur. Il se contenta de tenir dans sa main le restant des vêtements de la jeune étudiante puis dit:

« Prenez mon bras. »

Amélia obéit sans poser de question et Snape l'aida à se relever. Aussitôt mise sur pied, Amélia le relâcha puis se mit à faire quelques pas. Elle était loin de marcher droit, certes, mais au moins, elle marchait, pensait le professeur Snape. Cela dit, il y avait un gros problème. Cette étudiante était illégalement dehors la nuit, elle était à moitié habillée, trempée jusqu'aux os, blessée et complètement ivre. Il ne pouvait pas l'amener à l'infirmerie, car Madame Pomfresh serait très suspicieuse. Et avec raison, pensa-t-il. Y a-t-il quelque chose de plus louche que d'arriver à l'infirmerie en plein milieu de la nuit avec une élève blessée, mouillée et ivre? D'autant plus qu'il était déjà allé la porter à l'infirmerie dans la même semaine. L'infirmière aurait des soupçons.

Pendant que le professeur Snape était en grande réflexion, Amélia continuait de marcher en direction du hall d'entrée. Snape la rattrapa en quelques pas seulement et lui prit le poignet et la tira dans une autre direction. Amélia ne broncha pas puis suivit le chemin du professeur. Amélia, bien que tout semblait tourner autour d'elle, observait minutieusement le professeur.

« Le noir est-il l'unique couleur que vous portez ? », demanda-t-elle soudainement.

Le professeur tourna légèrement la tête vers Amélia et l'observa d'un air plutôt étrange.

« Le noir n'est pas une couleur. », fini-t-il par répondre.

« Cela ne répond toujours pas à ma question, professeur. », répliqua-t-elle.

Le professeur continuait à marcher malgré tout, l'entraînant avec lui en la tenant fermement par le poignet.

« Vous savez, le vert, ce n'est pas une couleur trop moche... », reprit-elle.

Cette fois, le maître des potions avait arrêté de marcher et se tourna brusquement devant elle.

« Bon, pour commencer, si vous voulez éviter qu'on nous repère, je vous suggère fortement de vous taire. », résuma-t-il.

« Mais vous êtes un professeur, pourquoi avez-vous peur qu'on vous voit, ce n'est pas comme si c'était interdit de sortir, pour vous... »

Le professeur sembla irrité par sa remarque, surtout due au fait qu'elle n'avait aucunement écouté ce qu'il voulait réellement dire. En faite, ce n'est pas le fait d'être dehors la nuit qui l'inquiétait, c'était le fait d'être dehors la nuit avec une étudiante, bourrée en plus.

Amélia sembla amusée par l'expression faciale du professeur et pouffa de rire.

« Cessez immédiatement de rigoler comme une petite sotte! », protesta-t-il.

« Pro-prof-f-f-f-f... Professeur Sn-n-n-ape... C'est amusant de rire, peut-être que si vous le faisiez de temps à autre, vous ne seriez pas aussi grincheux. », bégaya-t-elle, toujours prise d'un rire incontrôlable.

Le professeur Snape hocha désespérément la tête en levant les yeux au ciel puis se remit à marcher.

« Pas... Pas si vite... J'ai la tête qui tourne... »

Par contre, la remarque de la jeune étudiante ne le convint aucunement de ralentir.

« Oh ! Wiiiiiiiiiiiiiiiiii ! », se mit à crier Amélia.

Elle avait désormais échappé à l'étreinte du maître des potions et tournait en rond sur elle-même, la tête levée vers le ciel étoilé.

« Regardez, professeur, les étoiles bougent! Ils bougent! »

Le professeur Snape, plus exaspéré que jamais, ne prit même pas la peine de regarder les étoiles. Pendant un moment, il pensa à la laisser où elle était puis s'en aller et faire semblant qu'il ne l'avait pas aperçu, mais il ne put soumettre son plan en action. Après un long soupire, il s'approcha d'elle et mit ses mains sur les épaules de l'étudiante. Celle-ci cessa instantanément de tourner puis observa le professeur d'un air inquiet.

« Vous n'allez pas me renvoyer de l'école hein? Parce que sinon ma grand-mère ne voudra plus de moi et je ne veux pas aller chez mes parents. Mon père me tuerait. »

Le professeur la fixa dans ses grands yeux pâles et crut voir en elle de la réelle tristesse.

« Si vous me suivez, que vous ne faites plus aucun bruit, vous pourrez rester à l'école. »

« Vraiment? », s'exclama la jeune fille.

« Vraiment. »

« Vous me le promettez? », demanda Amélia, anxieuse.

Snape hésita un moment.

« Oui, je vous le promets. »

« Et je pourrai reprendre mes cours de potions? », demanda-t-elle avec espoir.

« Non. », répondit-il sèchement.

« Oh ! S'il-vous plaît professeur! Je ne vous attaquerai plus, c'est promis. »

« Non. »

« Je ne vous dérangerai plus, je ne dirai plus un mot, je... »

Elle cessa de parler en regardant son ancien professeur s'éloigner rapidement.

« Professeur! », s'écria-t-elle.

« Ne vous ai-je pas dit de garder le silence complet? »

Amélia le regarda les sourcils froncés puis lui fit la mou. Pour la première fois ce soir, le professeur Snape dut réellement se forcer à ne pas rire sadiquement tellement elle était pathétique.

« Même à l'état d'ivresse, cette petite insolente trouve le moyen de me faire de l'attitude. », marmonna-t-il à lui-même, mais il était à peu près certain qu'elle l'avait entendu.

Ils arrivèrent enfin devant une porte en bois massif et Snape, avant de l'ouvrir, se retourna vers Amélia.

« Souvenez-vous, vous ne devez en aucun cas faire le moindre bruit dans le château. »

Amélia acquiesça de la tête puis Snape ouvrit la porte et ils entrèrent dans le château sombre. Ils marchèrent en silence une bonne dizaine de minutes puis enfin, ils arrivèrent devant un escalier en colimaçon. Snape se mit à les descendre en premier, suivit d'Amélia. Pour le moment, ce n'était pas trop mal jusqu'à ce qu'Amélia s'enfarge dans sa longue cape. Elle tomba directement sur le professeur Snape, celui-ci étant quelques marches plus basses. Le maître des potions fut pris pas surprise et manqua de tomber également, mais se retint après la rampe, tenant Amélia de son bras libre.

« Je ne me sens pas bien, professeur. », chuchota-t-elle, les yeux mi-clos.

Le professeur Snape l'observa puis l'aida à se redresser.

« Nous sommes presque arrivés. »

Amélia ne questionna pas où ils allaient, car cela lui était complètement égal. La seule chose dont elle avait envie, désormais, c'était de dormir. Elle aurait pu se coucher dans les escaliers à cet instant et y dormir pour le restant de la nuit. Une fois arrivé en bas des marches, qui semblaient interminables, Snape prit un chemin à gauche puis se mit à marcher un peu plus rapidement, jetant régulièrement des coups d'œil derrière lui afin de s'assurer que son élève était toujours derrière lui.

« Ne ralentissez pas le pas. », chuchota-t-il.

Amélia tenta de le suivre et voulut lui dire qu'il marchait beaucoup trop vite, mais elle se rappela qu'elle ne devait pas parler. Ils se promenèrent ainsi dans les cachots encore plus sombres que l'ordinaire pendant une bonne quinzaine de minutes en zigzaguant d'un couloir à un autre. Finalement, elle vit le professeur s'arrêter au bout du couloir devant ce qui semblait être une statue ressemblant étrangement à une horrible gargouille. Il chuchota quelque chose qu'Amélia ne capta pas, mais visiblement, la statue, si. Elle avait déployé ses ailes et saluait désormais le professeur Snape en penchant la tête. Par la suite, la statue se tassa, laissant paraître une porte en bois d'acajou. Snape sortit sa baguette et la pointa vers la porte. Celle-ci s'ouvra légèrement. Le professeur se retourna et regarda son élève qui était désormais immobile, à quelques mètres de lui. Il lui fit signe d'entrer, mais Amélia hésita un moment.

« Où sommes-nous? », demanda-t-elle.

Il y eut un moment de silence puis Snape finit par répondre.

« Chez moi. »

.oOoOo.

TA-TA-TAAAAAAAM! WHAT? Chez Snape? Oh lala...

Alors, qu'est-ce que vous en pensez? Hihihihi... J'attends avec impatience vos commentaires avant de poster la suite!

xoxo