Chapitre 16 : Spontanéité

Il fut particulièrement difficile pour Amélia de se lever ce matin-là. La nuit lui avait paru longue comme l'éternité à rester couché sur le lit, les yeux grands ouverts, à ruminer dans sa tête toutes les informations que le professeur Snape lui avait fournies la veille. Seulement, ce n'est qu'une fois qu'elle avait finalement réussi à s'endormir qu'elle réalisa que sa nuit de sommeil avait été trop courte à son gout.

Au petit-déjeuner, elle mangea avec une lenteur incroyable, laissant le temps à ses céréales de se ramollir dans le lait, les rendant encore plus pâteuses et peu alléchantes que d'ordinaire.

« Je déteste les jeudis. », affirma Katie, l'air maussade.

« Pourquoi? », demanda Amélia, détournant enfin les yeux de son bol de céréales.

« Parce que j'ai un double cours de potion en matinée. »

« Aille! Quelle horreur! », s'écria Fred en riant.

« Ce n'est pas drôle Fred! Le dernier cours, j'ai raté ma potion et Snape s'en est donné à cœur joie dans ses insultes! »

« Bah! Ne t'en fais pas avec ça. Rien de ce qu'il t'a dit ne peut être pire que l'ensemble de choses qu'il nous a dit à nous. », confirma George.

« C'est vrai. », assura Fred.

« J'en témoigne! », ajouta Amélia, les sourcils levés.

« Oh! Par ce fait, qu'est-ce qu'il te voulait Snape, hier? », demanda Katie.

Mais avant qu'Amélia ne puisse répondre, Fred prit la parole.

« Il lui donne la permission de revenir au cours de potion! », s'écria-t-il d'un ton enjoué.

« Ah! Génial! Je vais de nouveau pouvoir copier sur toi! », s'exclama Lee Jordan, qui venait tout juste d'arriver à la table des Gryffondor.

Amélia hocha la tête, le sourire aux lèvres.

« Ah ! J'aimerais bien paraître aussi enjouée que Lee, mais si tu veux mon plus sincère avis, j'ai de la difficulté à croire que quelqu'un voudrait bien vouloir revenir dans ce cours, avec Snape comme professeur en tout cas ! », poursuivit Katie.

« Nous on est enjoué! », s'empressa d'ajouter George.

« Ouais… Bon, moi je dois y aller si je veux arriver au cachot à temps! »

« Ouais, nous on a cours de botanique donc nous ne devrions pas tarder non plus », dit Lee.

« À plus tard alors! », s'exclama Katie.

« À plus tard! »

Le soir venu, les Gryffondor se rendirent à la salle commune afin de profiter du restant de la soirée pour compléter leurs devoirs. Amélia était miraculeusement parvenue à rester éveillée toute la matinée, sans oublier de préciser qu'il lui avait fallu un effort colossal pour y parvenir. Heureusement que les élèves de septième année de Gryffondor avaient l'après-midi de libre, le jeudi, parce qu'Amélia doutait qu'elle serait parvenue à ce concentrer dans ses cours. Par contre, au lieu de prendre exemple sur les autres Gryffondor en train de faire leurs travaux, Amélia se dirigea machinalement vers la salle commune des filles. Depuis le matin même, elle rêvait de se retrouver dans son lit douillet afin d'y dormir de longues heures. Ce qu'elle fit.

Amélia se réveilla plus tôt que d'ordinaire, le lendemain matin. Sa longue nuit de sommeil l'avait grandement remise sur pied. Elle prit tout son temps, ce qui était très rare, soyez s'en sûr, pour s'habiller et brosser sa longue chevelure brune. Elle en profita également pour maquiller ses yeux et mit son mascara avec grand soin. Ce n'était guère surprenant lorsqu'elle découvrit, en descendant les escaliers en colimaçon, qu'il n'y avait personne dans le salon. Tous devaient encore dormir dans leur lit baldaquin, profitant de leur nuit de sommeil pour refaire le plein d'énergie.

Amélia sortit silencieusement de la salle commune de Gryffondor et se dirigea d'un pas léger vers la Grande Salle.

« Miss Walters! Vous êtes debout très tôt, ce matin! », dit une petite voix flûtée, derrière elle.

Elle n'eut pas besoin de se retourner, ce qu'elle fit de toute manière, pour découvrir qu'il s'agissait de son professeur de sortilège.

« Oh! Oui, je me suis couchée plus tôt hier soir… »

« Ah! Bien, bien! Après tout, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt! », ajouta le petit professeur Flitwick d'un air enjoué.

Puis, il s'éloigna afin de se diriger vers la longue table des professeurs. Lorsqu'Amélia y jeta un coup d'œil, elle remarqua que la majorité des enseignants y étaient déjà. Elle les regarda tous subtilement à tour de rôle, s'attardant un peu plus longtemps lorsqu'elle repéra le professeur Snape, puis finit par s'asseoir à la table des Gryffondor. Curieusement, celle-ci était vide. Amélia se dit qu'il devait être beaucoup trop tôt pour le petit-déjeuner des élèves, mais elle réalisa rapidement qu'elle avait tort. En à peine une seconde, des plats et breuvages délicieux apparurent devant elle. Elle tourna la tête vers la table des professeurs, cherchant la source qui avait signalé aux elfes de maisons qu'il y avait une élève déjà arrivée pour le petit-déjeuner et repéra le professeur Dumbledore, qui la salua d'un bref signe de tête, un sourire subtil couvrant son visage. Elle lui sourit en retour et prit des œufs dans une des assiettes devant elle.

Alors qu'elle se demandait si elle avait assez faim pour reprendre un toast, une petite boule de plume s'installa dans son assiette désormais vide.

« Beeti! », s'écria Amélia, ce qui capta l'attention de certains professeurs.

Le petit hibou hulula et tendit la patte vers Amélia, dévoilant une petite enveloppe accrochée à sa patte. Amélia la décrocha avec enthousiasme et curiosité.

Chère Amélia,

Il y a quelques semaines déjà, je t'ai écrit une lettre auquel tu n'as pas répondu, comme je m'y attendais. Cependant, il y quelques jours, ton petit hibou est venu à la maison. Au début, je croyais qu'il m'apportait du courriel, mais je me suis aperçue rapidement que ce n'était pas le cas. J'ai tout d'abord cru qu'il devait avoir perdu ta lettre en chemin, mais j'ai alors réalisé qu'il venait simplement pour que je t'écrive de nouveau une lettre. Ton hibou est très sensible et il semblait très marabout à son arrivée, comme s'il savait que ma dernière lettre ne t'avait pas plu. Aussitôt que je me suis mise à écrire, il a semblé de meilleure humeur. Ce qui m'amère à ceci; il est vrai, et je tiens toujours mon opinion là-dessus, que j'ai été choquée lorsque j'ai reçu une lettre de la directrice de Gryffondor signalant ton comportement amère. Cependant, je m'excuse de t'avoir fait de la peine en te disant que tu m'as déçue. Tu restes malgré tout ma petite fille et je t'aimerai toujours. J'espère avoir des nouvelles très bientôt.

Grand-Mère Sissi

Amélia étira le bras afin de caresser son hibou, mais sa main ne retrouva pas le plumage doux de son petit Beeti. Aussitôt, elle détourna les yeux de sa lettre, et leva la tête afin de repérer son hibou. Aussitôt qu'elle l'aperçut, elle plaqua sa main devant sa bouche afin de retenir un long cri strident qui ne verra jamais le jour. Beeti se tenait devant le professeur Snape. Bon sang, mais qu'est-ce que tu fais avec...lui?, se dit Amélia dans sa tête. Ce qui se passa par la suite fut tellement rapide que le temps qu'il lui prit pour comprendre ce qui venait de se passer, le professeur Snape avait déjà quitté la Grande Salle. Le petit hibou avait repris son envol vers la volière, laissant Amélia assise complètement perplexe. Pourquoi diable est-il allé voir Snape?, questionna la jeune fille dans sa tête.

Alors qu'elle commença à en avoir assez de rester assise seule à la grande table, Amélia se leva afin de se diriger vers la bibliothèque. Les autres élèves commençaient à arriver dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, mais Amélia s'éclipsa subtilement afin de se retrouver seule. Elle passa le restant de l'heure à la bibliothèque, le nez enfouit dans son manuel de potion afin de réviser rapidement les choses qu'elle avait manqué les cours d'avant, lorsqu'elle n'avait plus l'autorisation d'aller en cours. Cependant, avant de partir pour aller en cours de potion, Amélia prit quelques minutes pour écrire une petite lettre à Grand-Mère Sissi. Elle se fit la promesse qu'elle irait voir Beeti à la volière le soir même afin que sa grand-mère ait des nouvelles le plus tôt possible pour ne pas l'inquiéter.

Lorsqu'elle arriva dans les profondeurs des cachots, Amélia fut la première à entrer dans la classe avec une bonne dizaine de minutes à l'avance. Elle n'était guère surprise d'y être la première, car personne d'autre qu'elle n'était assez cinglé pour arriver au cours de potion à l'avance. Cependant, heureusement, le professeur n'était pas présent dans la classe, arrivant à la toute dernière minute, comme toujours, afin de débuter le cours. Il ne porta pas une attention particulière au retour d'Amélia dans son cours, ce qui facilita grandement la tâche de la jeune fille. Elle avait pris beaucoup de retard ces dernières semaines et avait eu de la difficulté à confectionner sa potion ce matin-là, car il y avait des notions auxquels elle n'avait pas eu droit. Cependant, elle se dit qu'elle ne s'en était pas trop mal tirée, mais qu'elle devrait faire beaucoup mieux si elle voulait réussir le cours. À la fin de la classe, alors que tous les élèves se hâtaient vers la sortie, Amélia resta un peu plus longtemps, se demandant si elle devrait ou non parler au professeur Snape. Celui-ci ne prêta pas du tout attention à la jeune étudiante, laissant cette dernière perplexe et plus incertaine que jamais. Finalement, Amélia sortit du cours sans le moindre mot au professeur Snape.

Ce jeudi sembla durer une éternité pour Amélia. Toute la journée, elle avait pensé à la bague, au professeur Snape agissant étrangement avec Beeti et tout le reste. Par contre, une chose était sûre; elle n'était absolument pas prête à ouvrir son esprit au professeur Snape mais elle se dit qu'elle ne le serait surement jamais de toute façon. D'un pas incertain, elle quitta la tour des Gryffondor, signalant à ses amis qu'elle allait faire un tour à la bibliothèque.

En chemin, elle eut la malchance de croiser le cadre du chevalier fou. Tandis qu'elle poursuivait son chemin en l'évitant, le chevalier essayait de la suivre en se précipitant dans un tableau voisin.

« Revenez ici, jeune ermite! Osez me défier! »

« Ce ne serait pas bien dur, si l'on considère votre état, espèce d'affreux ivrogne! »

« Petite sotte! »

« Qu'est-ce que vous avez dit? », répliqua Amélia en colère, cessant finalement de marcher, cette fois en pointant sa baguette magique en direction du cadre.

« Maniez cette sale chose ailleurs que sur moi! »

« Fermez votre gueule puis fichez-moi la paix et peut-être que je vous épargnerai! »

Puis soudainement, sans qu'elle ait entendu le moindre signe traduisant la présence de quelqu'un, une main s'était posée sur le dessus de sa baguette et la baissa.

« Retournez dans votre cadre. », annonça le professeur Snape d'un ton glacial en s'adressant à l'ivrogne. « Vous, suivez-moi. », s'empressa-t-il d'ajouter à Amélia, une fois que l'ivrogne fut éloigné.

Ils n'eurent pas le temps de faire deux pas que le professeur Snape s'était arrêtés en chemin.

« Mais vous êtes complètement cinglée ou quoi? », questionna-t-il.

« C'est lui qui a commencé! », répliqua Amélia, sur la défensive.

« C'est lui qui a commen… Non, mais vous ne pouvez pas être sérieuse… C'est un cadre! »

« Un cadre qui bouge, parle, boit et agace tout le monde, oui. »

Snape ne se laissa pas impressionner par la réplique de la jeune Gryffondor.

« Retournez dans votre tour, jeune fille. »

Puis sans un mot de plus, le professeur s'éloigna, sa cape voletant derrière lui.

« Attendez! », s'écria alors Amélia.

Le professeur se retourna lentement, le sourcil levé.

« Pourquoi Beeti est venu vous voir? », demanda-t-elle.

« Qui? »

« Beeti. Mon hibou. »

« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. », ajouta-t-il en se remettant en chemin.

Amélia ne le laissa pas s'éclipser pour autant, le suivant au pas de course afin de le rattraper.

« Si, vous savez parfaitement! Ce matin, mon hibou est venu me porter du courrier. Il est ensuite venu vous voir. Et je veux savoir pourquoi! »

« Vous avez une manière bien insolente de vous adresser à un professeur, Miss Walters. »

« Arrêtez de toujours détourner mes questions! »

« Je ne vous le répéterai pas quarante fois. Retournez à votre tour sans un mot de plus. »

« D'accord, c'est ce que je ferai, mais j'aimerais d'abords qu'on parle. »

« C'est ce que nous sommes en train de faire. »

« Ce que je veux dire c'est qu'on parle de… Du truc que vous voulez faire dans ma tête… »

Ces paroles semblèrent capter toute l'attention du professeur, celui-ci cessant de marcher et se retournant afin de faire face à son étudiante.

« Vous parlez de la légilimancie? »

« Je crois, oui. »

« Vous croyez? »

« Je… le veux. »

Le professeur plissa les yeux légèrement, scrutant Amélia intensément, comme s'il cherchait à savoir si elle lui mentait. Ce court examen ne dura que quelques secondes, mais le maître des potions sembla s'en satisfaire.

« Je vois. »

Amélia hésita un moment.

« Alors… On commence quand? »

Le professeur sembla réellement surpris.

« Vous y tenez vraiment? »

« Je veux savoir ce qu'elle contient. Je veux résoudre les mystères de cette bague, peu importe la façon dont nous y parviendrons. »

Le professeur ne détourna pas les yeux de ceux de la jeune fille, et pour la première fois depuis un bon moment déjà, il eut de la difficulté à dissimuler un air impressionné par le courage de la jeune fille.

« Bien. Je vous donnerai des nouvelles très bientôt afin que nous puissions commencer nos… leçons. »

« D'accord. », termina la jeune fille.

Sans un mot de plus, le professeur poursuivit son chemin, laissant Amélia perdue dans ses réflexions. Bon sang. Que venait-elle de faire?

.oOoOo.

Voilà! Je sais que ce chapitre est assez court, mais la suite sera plus longue, c'est promis! Et un très gros merci à Miraje, qui m'a écrit un très long review, ce qui m'a grandement motivée! J'espère que ce chapitre t'aura plu! La suite viendra bientôt, et comme je l'ai déjà mentionné, je n'ai pas l'intention d'abandonner cette fiction. Si c'est long avant que je poste un chapitre, c'est parce que je prends une pause, mais je ne l'abandonne pas. Si une telle chose devait arriver, je le mentionnerais à l'avance! Mais j'ai beaucoup trop d'idées dans ma tête pour l'abandonner comme ça de toute façon! Merci pour votre patience!

xoxo