Chapitre 25 : Détresse
En se réveillant, ce matin-là, Amélia s'étira longuement puis, à l'aide d'un sortilège, arrosa ses jolies plantes avec sa baguette magique. Lorsqu'elle arriva pour humidifier sa Voltiflor, son cœur fit un bond dans sa poitrine et elle se surprit à sourire en l'observant.
« Bon matin! », s'exclama Angelina en sortant de ses couvertures.
« Bon matin! Je vois que tu es d'une humeur excellente! », répondit Amélia, le visage radieux.
« Je pourrais dire la même chose de toi! », répliqua alors Angelina, enjouée, ce qui fit rire Amélia.
« Alors qu'est-ce qui te rend si joyeuse? Quel est ton secret », poursuivit Angelina en bâillant.
« Mais je n'ai pas de secret… Je suis de bonne humeur, c'est tout… », répliqua-t-elle, les yeux rivés sur la Voltiflor.
« En passant, je ne te l'avais pas dit, mais tu as de tes belles fleurs… Excepté cette drôle de plante verte, près de la fenêtre… Elle me fou les boules… », dit Angelina en pointant l'index vers la Voltiflor.
Amélia éclata de rire.
« Ouais, elle est très spéciale, cette plante. »
« En effet… Qui te l'a offerte? »
Un malaise s'installa alors dans la petite pièce circulaire, mais heureusement, Amélia n'eut pas le temps de répliquer quoi que ce soit que la porte s'ouvrait de nouveau.
« Bon matin, les filles! »
« Bon matin, Alicia! »
« Vous faites quoi? », questionna la grande brunette.
« Euh… On ne faisait que discuter de tout et de rien… Je… Je crois que je vais aller prendre le petit déjeuner… J'ai très faim… », répliqua Amélia, de peur que le sujet revienne sur sa curieuse plante. Elle n'avait pas envie de mentir à ses amies, mais encore moins de leur dire que c'était le professeur Snape qui lui avait donné l'étrange végétal.
« Ouais… On te suit dans ce cas, moi aussi j'ai une faim de loup! », ajouta Angelina.
Heureusement, le sujet ne revint pas sur les plantes d'Amélia, mais tourna principalement autour du premier match de Quidditch qui devait avoir lieu ce samedi.
« J'ai tellement hâte de flanquer une voler à ses abrutis de Serpentard! », encouragea Alicia, les poings serrés.
Amélia participa très peu à la conversation, hochant la tête de temps à autre, les encourageant le restant du temps en laissant sortir un « ouais » ou un « c'est ça » enthousiaste lorsque l'une d'elles se remémorait leurs stratégies pour anéantir leur équipe rivale.
Les élèves de Poudlard prenaient tous leurs petits déjeuners respectifs avant de se rendre au premier cours de la journée. Pour les élèves de Gryffondor et de Poufsouffle de septième année, un cours de botanique les attendait. Ironiquement, la jeune fille eut la tête ailleurs pendant une bonne partie du cours, se remémorant sa dernière journée à l'infirmerie en compagnie de son nouvel ami. En effet, Amélia se disait que si elle avait réellement aimé un de ces frères, c'est parce que l'un d'eux aurait été exactement comme lui.
« Soyez délicat! La belladone est une plante vénéneuse très dangereuse, ne la laisser pas vous infectez! », rappela pour la troisième fois le professeur Chourave à ses étudiants.
Menu de ses gants en peau de dragon, Amélia se trouvait dans la serre numéro trois, celle qui contenait les plantes les plus dangereuses, tentant du mieux qu'elle pouvait d'extraire l'essence vénéneuse de cette plante hideuse.
« Je l'ai! », s'écria Lee Jordan en tenant dans sa main victorieuse un petit flacon contenant une substance fluide.
Le professeur de botanique se retourna vers Lee et répondit :
« Monsieur Jordan, il vous faudra extraire beaucoup plus de cette essence pour avoir complété votre tâche d'aujourd'hui. »
Le visage de Lee Jordan se décomposa sur place, et avec raison. Il était particulièrement ardu de tenter d'extraire le venin d'une plante dangereuse qui faisait tout pour vous compliquer la tâche.
Finalement, le cours de botanique prit fin, au plus grand soulagement de probablement tous les élèves présents dans la classe, sans exception.
« C'était vraiment l'enfer, ce cours… », s'exclama Lee Jordan en sortant de la serre.
Amélia tenta de raisonner son ami.
« Au moins, tu as réussi à extraire l'essence de ta plante! »
« Mais pas assez! », répliqua-t-il aussitôt d'un ton pessimiste.
« Eh bien… Au moins tu en as récupéré une petite partie, c'est déjà un bon début… »
«
Ouais, c'est ça. », répliqua-t-il d'un ton boudeur, visiblement très peu convaincu.
« Assez parlé de ces foutues plantes! », intervint alors Fred.
C'est dans un marmonnement commun qu'ils conclurent la discussion, tous déjà affaiblis de leur début de matinée.
Pendant le cours de métamorphose, le professeur McGonagall se remit à parler de l'épreuve finale de fin d'année à ses élèves, les A.S.P.I.C. Tout le monde dans le groupe semblait nerveux, car cette épreuve très rigoureuse demandait beaucoup de travail et la majorité de la classe était encore loin du but souhaité pour obtenir le diplôme. Amélia se concentra tellement fort durant le cours afin de se prouver qu'elle y parviendrait que c'est de peine et misère qu'elle se rendit à la Grande Salle pour le déjeuner.
Le restant de l'après-midi passa rapidement et la jeune Gryffondor se cloîtra à la bibliothèque une bonne partie de la journée dans cet endroit paisible et en profita pour finir sa lecture de chapitre pour le cours de défense contre les forces du mal qui était due pour le lendemain après-midi. Finalement, elle révisa son devoir sur les propriétés du venin des Acromantulas pour la simple raison qu'elle tenait réellement à ce que son texte soit parfait, voulant éviter de nouveau les sarcasmes de son professeur de potion.
Ravie d'avoir tout terminé à temps, la jeune fille se rendit dans son dortoir et discuta avec les filles le restant de la soirée avant d'aller dormir.
Amélia se réveilla en retard, le vendredi matin, et elle dut se changer en vitesse et se rendre à son premier cours du matin sans avoir le temps d'avaler quoi que ce soit.
« Vous êtes en retard, Miss Walters. »
Amélia s'installa à sa table respective, près de Lee Jordan, qui semblait clairement rassuré face à l'apparition de son amie, et ignora considérablement la remarque de son professeur de potion.
« Cela fera un autre dix point en moins pour Gryffondor. », conclut-il d'un ton froid.
Amélia fronça les sourcils et se tourna vers Lee pour une explication.
« Ouais… J'ai renversé une rangée de bocaux au complet en arrivant en classe… », dit Lee Jordan avec une mine humoristique.
Amélia éclata de rire et le son harmonieux de sa voix résonna dans les cachots. Toute la classe se retourna vers elle et celle-ci mit une main sur sa bouche afin de couper le son, cachant de moitié son sourire. Les jumeaux rigolaient silencieusement tandis que les autres se remettaient au travail en prenant en note quelques indications supplémentaires sur la potion qu'ils s'apprêtaient à concocter.
« Cela fera un cinq points en moins Miss Walters pour avoir perturbé toute la classe. La prochaine fois, tenté d'être plus subtile ou de tout simplement vous abstenir de venir si vous êtes incapable d'arriver à l'heure et de garder votre concentration. »
Amélia leva les yeux et sentait que le maître des potions la foudroyait du regard. Pourtant, ce matin-là, malgré son retard, elle était de très bonne humeur et même les complaintes du professeur Snape étaient loin de l'atteindre. Gardant le sourire, Amélia ouvrit son cahier et nota ce qui était inscrit au tableau, à l'avant de la classe.
« Bien, maintenant, avant de poursuivre, je vais prendre possession de vos travaux de cette semaine et je vais vous rendre ceux que vous m'avez remis au dernier cours. C'est avec l'absence d'étonnement que je constate que la plupart d'entre vous êtes encore bien loin du but rechercher. Les banalités de certains paraissaient presque captivantes comparé aux baratins que la plupart d'entre vous avez écrits. Je constate que la majorité de la classe auraient mieux fait d'imiter les Weasley, c'est-à-dire de tout simplement s'abstenir de remettre le travail demandé tellement le résultat est médiocre et dégradent. »
Amélia regarda les jumeaux d'un air sarcastique en levant les yeux au ciel. George se défendit aussitôt.
« L'important, c'est la pratique dans tout ça, pas la théorie. La priorité, c'est que le tout soit dans notre tête. », répliqua-t-il dans un murmure en pointant son index sur sa tempe.
En effet, les jumeaux avaient des résultats plutôt surprenants, lorsqu'ils se forçaient. Le fait qu'ils concoctaient régulièrement de nouvelles inventions devait forcément avoir un lien là-dedans.
Lorsqu'Amélia reçut sa copie, elle fut immédiatement soulagée. Certes, le résultat était encore loin d'être exaltant, mais au moins, elle était désormais certaine qu'elle ne faisait pas partie des gens qui auraient dû tout simplement s'abstenir de remettre le devoir. En se tournant vers son ami Lee Jordan, par contre, elle réalisa que ce n'était visiblement pas le cas pour lui.
« Je ne comprends même pas comment j'ai fait pour atterrir dans ce cours… Je suis tellement nulle en potion… »
« Mais tu as obtenu de bons résultats à tes buses, tu es loin d'être nul! », l'encouragea Amélia.
« Tu sais très bien que c'était que de la chance! L'examinatrice, le professeur Marchebank, est une vieille amie de ma grand-mère…Tout ça n'a été qu'un heureux hasard, une pure coïncidence… »
« Quand même, tu as réussi à passer le cours, l'an passé. »
« De justesse seulement! Et c'est surtout grâce à toi que je n'ai pas échoué. On sait tous que je n'aurais pas dû être ici! Je ne sais même pas pourquoi j'ai accepté ce cours! Il ne me saura d'aucune utilité, plus tard! »
« Tu ne sais jamais si ça te sera utile ou non, Lee! Maintenant, assume le fait que tu es ici et concentre-toi à imiter ce que je fais! »
« Parfait! Et que ça saute! », s'exclama Lee, retrouvant son humour habituel.
Amélia hocha de la tête et lui fit signe de se taire.
Lorsque le professeur Snape passa devant sa rangée, il jeta un regard hostile aux jumeaux pour ensuite le fusionner sur la jeune fille. Celle-ci l'ignora totalement, concentrer dans ses manœuvres, et le maître des potions s'éloigna rapidement vers la rangée suivante.
À la fin du cours, lorsqu'Amélia eut terminé de mettre un échantillon de sa potion dans un flacon de vitre, elle regarda en direction de son ami.
« Alors voilà, ce n'est pas si mal! », répliqua-t-elle avec le sourire en regardant la potion de Lee Jordan.
« Ouais! Ça me convient amplement! Mais la tienne est cent fois plus réussie… »
Amélia s'abstint de répondre et alla déposer son petit flacon sur une étagère, dans le fond de la classe. Avant de quitter définitivement la classe, elle se retourna vers le bureau de son professeur. Celui-ci avait les yeux dans ses copies et n'apporta aucune attention à la jeune fille.
« Amélia, tu viens? », demanda Fred, à l'autre bout de la classe.
La jeune Gryffondor se retourna vivement.
« Oui oui, j'arrive… »
L'heure du déjeuner se passa dans le plus grand calme. Le ciel enchanté de la Grande Salle était de couleur gris perle depuis quelques jours, déjà. L'hiver approchait à grands pas, ce qui signifiait que les vacances arriveraient bientôt et qu'elle pourrait enfin revoir sa grand-mère.
Entre deux bouchées de saucisson, Amélia aperçut le professeur McGonagall se précipiter vers la table des Gryffondor. Alarmée, la jeune fille déposa sa fourchette, les sourcils froncés, se demandant ce qui pouvait tant troubler l'enseignante. Puis, arrivé au niveau où Amélia était assise, le professeur de métamorphose s'immobilisa sèchement et se pencha vers elle.
« Miss Walters, j'aurais besoin de vous parler immédiatement. Veuillez me suivre, je vous prie. »
Amélia regarda les autres d'un air inquiet. Désormais, la présence anxieuse du professeur McGonagall avait capté l'attention de plusieurs étudiants et tous les regardaient avec de grands yeux ronds. Amélia se leva rapidement, désormais troublée, et suivit le professeur vers le fond de la Grande Salle. Les deux femmes passèrent devant la table des professeurs et Amélia se sentit tellement intimidée qu'elle n'osa pas jeter un regard vers eux. Les deux Gryffondor prirent alors une porte, située derrière la table des enseignants, qu'Amélia n'avait jamais cru pouvoir avoir accès un jour. Décidément, ça ne présageait rien de bon. Derrière la porte, il y avait un long couloir sombre qui menait à une grande pièce, au fond. En chemin, Amélia remarqua, à sa gauche, des escaliers qui descendaient dans les profondeurs du château. Amélia devina que c'était ces escaliers même que le maître des potions prenait, tous les jours, afin d'atteindre la Grande Salle pour les repas.
En entrant dans la vaste pièce, Amélia en oublia sa nervosité et admira curieusement les lieux. Elle réalisait qu'elle était désormais dans la salle des professeurs, là où les élèves n'étaient point admis.
« Miss Walters, vous feriez bien de vous asseoir. »
Le ton de voix anxieux du professeur ramena rapidement Amélia à la réalité et celle-ci s'inquiéta davantage en constatant que la nouvelle ne pouvait qu'être horrible pour que son enseignante, normalement autoritaire et impartiale, soit dans cet état.
« J'ai bien peur que je doive vous rapporter des nouvelles qui ne vous enchanteront point. »
Amélia sentit son sang se glacer dans ses veines.
« Il y a quelques minutes, le directeur m'a avisée d'un terrible accident qui est arrivé à un membre de votre famille… », poursuivit-elle d'un ton calme.
Son cœur battait si fort, désormais, que ça résonnait comme un écho dans sa tête, débutant une migraine.
Pourvu que ce ne soit pas Grand-Mère Sissi, pourvu que ce ne soit pas Grand-Mère Sissi… se répéta la jeune fille dans sa tête.
« Voyez-vous, votre grand-mère a subi une attaque… »
« Non! »
Voilà. Son cauchemar se réalisait. La jeune fille lâcha un long cri alarmant avant de s'effondrer au sol. Son corps tremblait et les larmes versaient comme des champelures sur ses joues pâles.
Le professeur McGonagall, devant ce spectacle d'horreur, se leva d'un bond de sa chaise afin de rattraper la jeune fille.
« Voyons, voyons… Tout vas bien allez… Je vous en prie, redressez-vous… », demanda-t-elle gentiment d'un ton qui ne lui ressemblait guère.
Amélia fit signe que non de la tête, ses mains recouvrant son visage.
« Elle… Elle n-n-n-n'est p-p-p-pas mo-o-o-o-rte, n'est-ce pas? », demanda finalement Amélia, entre deux sanglots.
Le professeur de métamorphose prit une grande inspiration avant de répondre.
« Non, elle n'est pas morte. Mais j'ai bien peur que son état soit critique. Malheureusement, je n'ai pas de détails supplémentaires à vous fournir, mais sachez qu'elle a été amenée à l'hôpital Ste Mangouste et soyez convaincue qu'ils feront de leur mieux pour lui administrer les soins nécessaires. »
Amélia se remit à pleurer, cachant encore une fois son visage de ses mains.
À ce moment, la porte s'ouvrit à la voler et le professeur Snape fit irruption dans la salle, haletant. Le professeur McGonagall releva aussitôt la tête vers son collègue, celui-ci la regardant d'un air interrogateur.
« Je descendais les escaliers vers les cachots lorsque j'ai entendu un cri strident... », commença-t-il, mais ne termina pas sa phrase lorsqu'il prit conscience de la source du terrible cri. Une élève était étendue par terre, complètement affolée.
Regardant consécutivement le professeur de métamorphose et la jeune fille, le maître des potions fronça les sourcils et s'approcha de quelques pas, gardant une distance raisonnable.
« Une terrible nouvelle nous est survenue. », commença l'enseignante en se relevant. « La grand-mère de Miss Walters a dû être hospitalisée ce matin. Son état est présentement critique et ils ne sont pas encore certains qu'ils pourront la sauver. »
Le professeur Snape comprit alors l'état de son étudiante, et lorsqu'il baissa de nouveau les yeux vers celle-ci, il sentit son cœur se serrer. Amélia était agenouillée au sol, cachant la moitié de son visage avec ses petites mains, et l'on pouvait clairement voir les larmes qui coulaient le long de ses joues. Cela ne faisait aucun doute, la jeune fille faisait pitié à voir. Il releva les yeux lorsque sa collègue reprit la parole.
« Je crois qu'il est indiscutable que cette jeune fille se doit de quitter l'école pour une visite à l'hôpital. Inutile de… »
Mais le professeur de métamorphose interrompit ses paroles lorsque la porte s'ouvrit de nouveau.
Les deux enseignants se retournèrent en même temps pour constater l'apparition du professeur Ombrage faire irruption dans la salle d'enseignant, suivit du professeur Chourave.
« Ah! Vous voilà enfin, Minerva! Et Severus… », s'exclama le professeur Ombrage d'une voix particulièrement irritante. « Je questionnais justement Pomona à votre sujet et elle m'a indiqué que vous étiez ici avec une élève. »
Le professeur Chourave s'exprima d'une moue désolée au professeur de métamorphose. Il était plus qu'évident qu'elle n'avait pas eu l'intention de vouloir dénoncer sa collègue, mais qu'elle avait été forcée.
« J'aurais cru que vous auriez eu davantage d'initiative pour comprendre que cette pièce est strictement réservée aux enseignants. », poursuivit le professeur Ombrage. « Cependant, je constate que les règlements ne semblent pas s'appliquer pour… »
« Je connais très bien les règlements de cet établissement, Dolores. », répliqua sèchement le professeur McGonagall, ne prenant pas la peine de laisser sa collègue terminer sa phrase.
« Dans ce cas, qu'est-ce qu'elle fait ici? », questionna la Grande Inquisitrice d'un ton dégradant en pointant Amélia du doigt, ignorant complètement les pleurs de celle-ci.
Le professeur McGonagall afficha son air le plus offensif avant de poursuivre.
« Le professeur Dumbledore m'a fait part de nouvelles terribles. Voyez-vous, il a reçu la visite d'un hibou venant directement de l'hôpital indiquant que la grand-mère de Miss Walters est présentement à St-Mangouste. C'est une épreuve très difficile pour elle, comme vous pouvez le constater. », répliqua-t-elle, les lèvres pincées.
Le professeur Chourave afficha un air attristé et s'approcha lentement de la jeune étudiante en déposant une main sur l'épaule de celle-ci.
Le professeur Ombrage, quant à elle, semblait être la seule personne dans cette pièce à trouver cette situation plutôt amusante.
« J'ai donc amené Miss Walters dans la pièce la plus proche afin de lui faire part de cette terrible nouvelle. Bien sûr, son départ est donc… »
« Son départ? », questionna la Grande Inquisitrice d'un ton menaçant, gardant son sourire.
« Bien sûr! Je crois qu'il est plus que nécessaire pour elle que de… »
« Minerva. Je crois que vous êtes consciente qu'une nouvelle règle est survenue dans cet établissement concernant la demande de congé plus tôt que ce qui est admis considèrent les… »
« Une demande de congé? », s'indigna le professeur McGonagall en haussant le ton de voix. « Vous voulez rire, je l'espère? La grand-mère de cette jeune fille, qui est sois dit en passant sa tutrice, est présentement en état critique à l'hôpital! Nous sommes bien loin de l'idée d'une demande de congé! »
Le professeur McGonagall marqua une courte pause, défiant le professeur Ombrage du regard, cette dernière gardant son éternel sourire déplaisant au visage.
« Et vous comptez l'expédier à l'hôpital par quel moyen? »
« En utilisant un Portoloin! », répondit le professeur McGonagall avec offense, comme si c'était une évidence.
À ce moment, le sourire du professeur de défense contre les forces du mal s'élargit.
« Ne savez-vous donc pas que selon le décret numéro… »
Mais encore une fois, la Grande Inquisitrice n'eut pas le temps de terminer sa phrase que le professeur de métamorphose s'emportait de nouveau.
« C'est complètement absurde! Cette élève a le droit d'aller voir un proche qui est souffrant sans avoir à s'inquiéter de toutes ces idioties! »
« Les règlements établis par le Ministère de la Magie et moi-même sont loin d'être perçus comme étant des idioties! »
Cette fois, le professeur Ombrage avait laissé tomber son sourire et affichait désormais un air beaucoup moins poli.
« Et bien sûr, il est inutile de voir le transplanage comme une option ! », ajouta-t-elle fièrement, comme si elle avait éliminé toute possibilité de quitter l'enceinte de cette école.
« Parfait. Dans ce cas, Miss Walters ne quittera pas l'enceinte de cette école par l'utilisation d'un Portoloin ni en transplanant. »
Il y eut un court silence durant laquelle les trois enseignantes se retournèrent collectivement vers le professeur Snape. Le professeur McGonagall l'observait désormais avec un regard outré, le professeur Chourave paraissait atterré, mais seulement le professeur Ombrage semblait ravie.
« Parfait. Finalement, je constate qu'au moins un d'entre vous semble avoir du bon sens et… »
Mais l'arrogante professeur Ombrage n'eut pas le temps de s'exprimer pleinement que le professeur Snape l'interrompit sans aucune gêne.
« En faites, Miss Walters quittera l'enceinte de cette école par le train. À ce que je sache, il n'y a pas de règle encore établie à ce propos, n'est-ce pas? »
Le professeur Ombrage tenta du mieux qu'elle put pour contenir sa rage, mais le résultat n'était guère glorieux.
« Pas encore, Severus. », répliqua-t-elle avec dédain, les dents serrées.
Pendant ce temps, le professeur McGonagall hochait positivement la tête vers son collègue qui, pour de rares fois, supportait sa décision. Le professeur Chourave sera l'épaule d'Amélia afin de la réconforter et lui répéta en chuchotant qu'elle pourrait aller voir sa grand-mère en train.
« Parfait! Maintenant que nous avons une entente, », et le professeur McGonagall mit beaucoup d'emphase sur ce dernier mot, « je vais me charger de prévenir le départ du train le plus tôt possible. »
« Et moi, je vais aller prévenir quelques elfes de maisons afin qu'ils préparent immédiatement une valise pour Miss Walters. », ajouta le professeur Chourave avec volonté.
Le professeur Snape les écoutait attentivement en hochant la tête à maintes reprises. Le professeur Ombrage, rageuse, décida à ce moment de quitter la salle de professeurs. Il ne faisait aucun doute qu'elle allait prévenir le Ministère de la Magie de cette manifestation, donc le temps était précieux.
« Severus, vous pourriez peut-être conduire Miss Walters jusqu'à la gare? », demanda alors le professeur McGonagall en se dirigeant vers la porte de sortie.
Le professeur Snape hésita un moment, puis acquiesça de la tête, cachant toute émotion.
« Parfait. », puis, se retournant vers son étudiante, elle ajouta : « Soyez forte, Miss Walters. Sachez qu'il y aura toujours quelqu'un à Poudlard pour vous supporter moralement. »
La jeune fille, qui avait cessé de pleurer depuis un petit moment, hocha de la tête.
« Merci, professeur. »
Le professeur de métamorphose ajouta qu'elle préviendrait ses amis aussitôt que le moment lui serait permis et quitta la salle définitivement. Amélia, aidée par le professeur de botanique, se releva du sol en remerciant cette dernière. Vraiment, elle avait été très touchée par le support que ses enseignants lui avaient affligé.
« Tout ira bien. », la rassura le professeur Chourave en afficha un sourire compatissant.
Amélia tenta du mieux qu'elle put de lui sourire en retour, mais elle doutait que le résultat fût réussi. Par contre, le professeur Chourave lui fit comprendre que c'était parfaitement normal que dans des moments comme celui-là, la joie était impossible à faire surface.
C'est de bon cœur qu'elle quitta, de son tour, la salle des professeurs afin d'aller avertir les elfes.
Désormais seul avec son étudiante, le professeur Snape reprit :
« Vous voulez bien me suivre? Le voyage en train est nettement moins rapide qu'en utilisant un Portoloin, mais dîtes-vous qu'avec un peu de patience, vous pourrez tout de même voir votre grand-mère. »
Amélia hocha la tête d'un air absent. Elle avait déjà pleuré toutes les larmes de son corps, mais la peine qu'elle ressentait était loin de se dissiper aussi rapidement.
D'un pas trainant, elle suivit le professeur Snape, qui prit la peine, pour une fois, de marcher lentement afin de ne pas la presser. Le choc émotif face à cette nouvelle avait visiblement atterré la jeune fille et le professeur Snape tenait à tout prix à éviter une nouvelle crise en la brutalisant. Sans le savoir, la jeune fille était également de son avis, et elle s'était juré de ne pas succomber devant son professeur de potion. Elle savait que cela amènerait un grand malaise et cette épreuve était suffisamment douloureuse pour en ajouter davantage.
Le professeur Snape traîna la jeune fille dans un chemin différent. Certes, il s'agissait d'un léger détour, mais au moins, elle n'avait pas besoin de passer devant toute l'école dans la Grande Salle. Bien qu'elle ne le lui dit pas, elle pensa très fort dans sa tête à quel point elle était reconnaissante qu'il ne l'expose aux autres après ce moment de vulnérabilité. Il ne faisait aucun doute que les étudiants, en particulier ses amis, auraient été alarmés de la voir ainsi, les yeux rougit et boursoufler dû aux pleurs, déjà que c'était particulièrement suspicieux qu'elle avait quitté la Grande Salle par une porte normalement réservé aux professeurs seulement.
« Nous prendrons les diligences pour nous rendre au train, comme vous avez l'habitude. », dit le professeur Snape après quelques minutes de silence complet.
Amélia ne prit pas la peine de répondre, de nouveau perdue dans ses pensées. Sans s'en rendre compte, elle s'était mise à ronger ses ongles, une dépendance qu'elle avait réglée des années plus tôt, mais qui clairement refaisait surface dans ce moment de détresse.
Le professeur Snape se retournait de façon subtile régulièrement afin d'être sûr que son étudiante gardait le rythme. Bien qu'il n'oserait l'admettre, il sentait une parcelle d'inquiétude face au futur de la jeune fille. Il savait que sa grand-mère était la seule membre de sa famille qui la respectait et il ne voulait pas imaginer ce qu'elle deviendrait s'il arrivait que la vieille femme ne survive pas à l'incident. Certes, elle n'aurait plus le choix de retourner vivre avec ses parents et ses frères. Sauf si elle décidait de vivre seule, mais ce ne serait point l'idéal.
Sans s'en rendre compte, ils avaient marché une bonne quinzaine de minutes avant d'atteindre les diligences. Lorsqu'il fût suffisamment près, le professeur Snape ouvrit la porte de la diligence et fit signe à la jeune Gryffondor d'entrer. Celle-ci n'hésita pas une seconde. D'un mouvement souple, elle monta sur la petite marche permettant d'atteindre le siège puis s'y installa nerveusement suivit du maître de potion, qui disposa sur le siège recouvert de cuir noir en face d'elle. Involontairement, leurs regards se croisèrent et pendant un moment, ni un ni l'autre détournèrent les yeux. Le maître des potions put alors voir l'inquiétude dans ces grands yeux dorés, mais c'est surtout le fait que celle-ci semblait le regarder sans réellement le voir qui le troubla. En effet, son regard était désormais vide, comme si son âme avait quitté son corps, comme si plus rien au monde ne ferait jamais sourire cette jeune fille de nouveau.
La diligence roula d'elle-même, bien que le professeur Snape savait très bien qu'en réalité, c'était les Sombrals qui les tiraient. Ils descendirent la route en direction du train, passant devant les deux grands piliers de pierres dominés de sangliers ailés qui bordaient le portail de l'école.
Après un temps indéterminable, la diligence s'arrêta dans un grincement de bruit de ferraille. Amélia fixait la forêt avec très peu d'intérêt et semblait totalement inconsciente qu'ils étaient immobilisés.
« Nous sommes arrivés… », signala le professeur Snape d'une voix calme.
Amélia regarda de l'autre côté et comme si cela faisait une différence, dit :
« Ah… Ouais… »
Hésitant, le professeur Snape ouvrit la porte et sortit à l'extérieur. La tenant grande ouverte, il fit signe à la jeune fille de sortir. Ce qu'elle ne fit avec aucun entrain.
Devant elle se trouvait un magnifique train d'un rouge flamboyant. La couleur vive de l'engin contrastait avec tout le reste, désormais grise et terne. Même le soleil ne prenait plus la pleine de se montrer, laissant place à de nombreuses couches de nuages gris qui s'harmonisaient parfaitement à son humeur déprimante.
Pour la première fois de sa vie, elle allait entrer dans le Poudlard Express seule, sans ses amis pour l'accompagner dans ce long voyage. Elle savait que ce serait particulièrement pénible, mais c'était le prix à payer pour visiter sa grand-mère. Avec un peu de chance, elle allait survivre et elles pourraient vivre ensemble, comme autrefois. À ce moment, en sentit sa vision se brouiller, elle qui croyait s'être vidé de toutes larmes, mais les retint en tentant de penser à autre chose.
« Votre valise doit vous attendre dans un des wagons. Le voyage risque de prendre quelques heures, mais si tout se déroule bien, vous devriez voir votre grand-mère d'ici ce soir. »
Amélia hocha la tête, les yeux fixés au sol.
« Bien. Nous ferions mieux d'entrer, le train va bientôt démarrer. »
« Nous? », questionna alors Amélia, en levant les yeux pour observer le professeur.
Le professeur dévisagea la jeune fille longuement.
« Vous ne vous imaginiez tout de même pas que vous alliez faire tout le trajet seule, en plus de devoir vous rendre à St-Mangouste le soir sans surveillance? Ce ne serait pas très sécuritaire… »
Amélia y pensa quelques secondes et sembla retrouver de son bon sens en réalisant qu'en effet, c'était absolument absurde de laisser une élève seule dans les quartiers de Londres, un soir de semaine, sans réellement savoir où aller…
« Ah… Ouais… J'imagine… »
Le bras tendu, le professeur Snape pointa la porte qu'il venait d'ouvrir grâce à sa baguette magique. Amélia, sans hésiter, entra en premier, suivit de près du maître des potions. La porte se referma derrière eux suivit d'un petit cliquetis. Aussitôt, le train démarra, crachant de nombreux jets de vapeurs, et prit de la vitesse, quittant la gare du château de Poudlard dans un nuage de fumée.
.oOoOo.
Oulà! Quelle nouvelle tragique... Mais j'avais vraiment envie qu'Amélia sorte du château, un moment… Et ça faisait tellement longtemps qu'elle avait envie de revoir sa grand-mère… Vous verrez pour la suite...
Mais surtout, sachez que jamais jamais jamais je ne me tannerai de vos merveilleux commentaires! Certains ont même écrit de très grands textes. Wow merci infiniment, vous ne pouvez pas imaginer à quel point ça m'amène de la joie. Et plus important encore, ça m'inspire! Oui oui, je ne vous mens pas! Bref, assez discutée, je vous laisse retourner à votre vie normale, mes chers lecteurs et lectrices favoris! Et à très bientôt pour un nouveau chapitre! C'est un rendez-vous! hahaha :P
xoxo
