Chapitre 26 : Ste Mangouste

Leurs pas lourds résonnaient dans le long couloir désert du train. Ils étaient à la recherche du wagon où devait contenir la valise de la jeune sorcière renfermant ses vêtements et autres effets personnels. Pendant un moment, elle perdu espoir et cru que finalement, les elfes de maison l'avaient oublié. Pourtant, moins d'une minute plus tard, elle aperçut sa grosse valise de Poudlard avec ses initiales inscrites dessus à travers la vitrine d'une des portes d'un wagon.

Aussitôt, elle fit glisser la porte vitrée et s'installa sur la banquette près de la fenêtre. Sur le dessus de sa valise, il y avait un livre à la reliure ancienne à l'aspect douteux. Elle le reconnut comme étant un des livres qu'elle avait emprunté à la bibliothèque, quelques jours plus tôt. Sans hésiter, elle le prit dans ses mains et continua sa lecture en retirant soigneusement le signet qui indiquait à quelle page elle était rendue.

Pendant ce temps, le professeur Snape se tenait debout à l'extérieur du wagon, hésitant.

« Je vais vous laisser lire en paix. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je ne serai pas bien loin. », finit-il par dire.

Amélia releva les yeux de son livre pour jeter un bref coup d'œil à son professeur de potion. Elle acquiesça de la tête sans ajouter un mot puis reprit sa lecture, sans prendre la peine de le remercier. Rapidement, il s'éloigna et disparut du champ de vision de la jeune fille.

Ce voyage en train va être long. Long et pénible.

Et malheureusement pour elle, ce n'est pas la lecture qui raccourcirait son voyage. En effet, la jeune Gryffondor réalisa, après une quatrième tentative de lire la même phrase sans réellement comprendre son sens, qu'elle ne parviendrait aucunement à s'occuper grâce à un livre, aussi pertinent qu'il fût.

Et dire que je ne sais même pas exactement ce qu'elle a… Une attaque? Mais une attaque de quoi, de qui et comment? pensa-t-elle tristement.

Désespérée, la pauvre accota sa tête contre la paroi vitrée de la fenêtre du train et contempla le paysage démoralisant qui défilait devant elle. Amélia avait l'habitude de voir les arbres d'un magnifique vert éclatant, lors de la rentrée scolaire au début du mois de septembre, et le paysage enneigé lors des vacances de Noël. Mais c'était la première fois qu'elle voyait ce côté de l'Angleterre en train au mois de novembre, là où les arbres avaient abandonné leurs feuilles et où les champs avaient perdu de leurs éclats.

Puis, elle ouvrit les yeux, inconsciente qu'elle s'était endormie. Dehors, il faisait désormais très sombre et le vent s'était levé, fouettant les branches des arbres dénudés de leurs feuilles les unes contre les autres. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était, mais il ne faisait aucun doute que le début de soirée était entamé. Finalement, c'est le gargouillement de son ventre qui lui confirma qu'il ne devait pas être bien loin de l'heure du dîner. Incertaine, elle se leva et fit glisser la porte vitrée du wagon pour sortir dans le couloir, histoire de se dégourdir les jambes.

Elle se dirigea vers la salle des toilettes et en profita pour jeter un coup d'œil à son reflet dans la glace. C'est avec regret, mais également avec l'absence de surprise, qu'elle constata que la réflexion que le miroir lui projetait s'avérait misérable. Ses yeux n'étaient plus rouges ni boursoufflés, mais elle n'avait pas l'air d'un ange non plus. Son teint, devenu cireux, était sans vie et ses longs cheveux, emmêlés et dépourvus de brillances.

Découragée par ce qu'elle voyait, elle quitta rapidement la salle des toilettes pour regagner son wagon. Aussitôt, elle ouvrit sa valise et fut soulagée d'y retrouver sa trousse de maquillage.

À l'aide d'un petit miroir portatif en force de cœur que Grand-Mère Sissi lui avait donné quelques années plus tôt, elle put appliquer distinctement un peu de fond de teint, chose qu'elle ne faisait pratiquement jamais, et finalisa le tout avec une petite touche de fard à joues pour la ramener à son éclat habituel, qui était normalement sans maquillage.

Elle en profita pour se mettre du mascara, question d'allonger ses cils qui étaient déjà bien fournis à la base et pris bien soin d'utiliser celui qui était hydrofuge afin d'éviter de ressembler à un zombie s'il lui arrivait de verser quelques larmes supplémentaires. Pour terminer, elle accentua ses yeux en appliquant à l'aide d'un pinceau à maquillage une petite couche subtile de poudre couleur noire, lui donnant son look habituel lors des journées d'école. Normalement, elle aurait comblé le tout avec un crayon contour noir, mais elle changea d'idée et décida d'opter pour un maquillage plus léger que d'habitude.

Elle contempla son reflet une nouvelle fois dans le miroir et constata que le résultat était beaucoup mieux, bien que la transformation fût très subtile et naturelle. En effet, elle avait retrouvé des couleurs, gardant toutefois son teint ivoire, et avait suffisamment eu de volonté pour arranger, en quelques secondes à peine, sa grosse chevelure brune en attachant une petite partie à l'aide d'un ruban qu'elle avait au poignet, laissant quelques couettes tomber naturellement sur le côté de son visage.

À ce moment, on cogna à la porte et la jeune fille sursauta. Prestement, elle se retourna, la baguette brandit puis se détendit en constatant qu'il ne s'agissait que du maître des potions.

« Je n'ai pas voulu vous faire peur… », dit-il faisant glisser la porte sans l'utilisation de sa baguette.

« Je… Non, c'est ma faute, j'aurais dû savoir que ce ne pouvait qu'être vous. »

Le professeur l'observa un moment.

« Vous semblez un peu mieux… Vous avez repris des couleurs… »

Amélia s'abstint de répondre, fixant le mur derrière lui.

« Bien. Je vous conseille de vous changer, nous arriverons très bientôt à la gare King Cross. »

« Me changer? »

« Vous avez réellement l'intention de sortir de ce train avec vos habits de Poudlard? »

« Je… Non… Enfin, il fait très sombre et… Mais non, je… Je vais me changer. »

« Parfait. Je vous laisse deux minutes. »

Il fit glisser la porte de nouveau, pour la fermer cette fois, et une toile se déroula automatiquement afin de couvrir la paroi transparente de la porte.

En regardant dans sa valise, elle constata que les elfes avaient rangé une paire de jeans pâle ainsi que quelques chandails. Elle enfila le pantalon puis mis un gilet aux manches trois quarts lignés blanc et bleu marine. Finalement, elle saisit son écharpe colorée et un joli manteau ajusté lui arrivant juste en haut du genou de couleur taupe. Elle échangea ses petites chaussures ballerines noires pour une paire de bottes brunes en suède s'arrêtant au mi-mollet.

Vraiment, ces elfes de maisons pensent réellement à tout.

Elle referma sa malle et la transporta aisément à l'extérieur du wagon à l'aide des petites roulettes dans le bas de la valise. Le professeur Snape l'attendait à l'extérieur patiemment et lui fit signe de le suivre à l'avant du train.

« Vous ne vous changez pas, professeur? »

Le maître des potions ralentit le pas, sans toutefois arrêter, et répondit :

« Je ne porte jamais de vêtements Moldus. »

« Ouais bon… Disons que je m'en étais aperçue… »

Le professeur Snape se retourna de moitié, permettant à la jeune fille d'entrevoir son profil et vit qu'il semblait sourire. Enfin, pas vraiment sourire. Plutôt, confortable avec la situation.

Le train commençait à ralentir et Amélia distingua en jetant un coup d'œil à l'extérieur les lumières de Londres éclairé la grande ville débordant d'Anglais qui retournaient chez eux après une longue journée de travail.

Puis, elle jeta de nouveau un regard vers son enseignant. Il ne portait plus sa grande cape, mais enfilait désormais un manteau lui arrivant au niveau des genoux ainsi qu'une grande écharpe, le tout étant noir, évidemment. Il enfila des gants noirs avec des trous dans les bouts des doigts, lui permettant d'avoir plus d'agilité et de dextérité tout en réchauffant les paumes de ses mains.

Visiblement, les elfes de maisons ont également apporté une valise pour le professeur Snape aussi… pensa la jeune Gryffondor en remarquant le sac à bandoulière en cuir noir qu'il tenait sur une épaule.

« Vous feriez mieux d'enfiler des gants ou des mitaines. Dehors, c'est glacial. », suggéra alors le professeur.

« Je ne crois pas en avoir. », rétorqua la jeune fille.

« Regardez dans les poches de votre manteau. »

Amélia enfouit ses mains dans ses poches, juste en dessous de la ceinture qui était attachée en haut de ses hanches, puis constata qu'il y avait quelque chose de doux et moelleux à l'intérieur. Curieuse, elle ressortit ses mains puis se retrouva avec une paire de mitaines en laine rouge.

« Woaw… Ces elfes de maisons… Ils pensent vraiment à tout… », répéta la jeune fille, cette fois à voix haute.

Le professeur Snape l'observa sans broncher.

« C'est en quelque sorte leurs boulots. »

Le train était maintenant parfaitement immobilisé, laissant un nouveau jet de vapeur s'échapper de l'engin écarlate.

Le professeur Snape descendit les quelques marches et ouvrit la porte, laissant le vent les envahir, leurs empressant à frissonner de la tête aux pieds. Amélia n'arrivait pas à croire qu'elle n'avait pas réalisé plus tôt à quel point c'était glacial à l'extérieur. Après tout, elle était sortie l'après-midi même dehors pendant un moment, sans manteau, et elle ne se souvenait pas d'avoir ressenti le froid.

« La température a vraiment descendu depuis tantôt! », s'exclama-t-elle.

Le professeur se retourna brièvement et répondit :

« Pas vraiment, non. »

Sa réponse la heurta. Puis, elle réalisa que quelques heures plus tôt, elle ne ressentait absolument rien d'autre que le chagrin. Pourtant, tantôt, lui non plus n'avait pas de manteau ni de gants… Et il n'avait pas semblé en être affecté pour autant. Puis, elle réalisa qu'on parlait bien du professeur Snape, cet homme mystérieux qui ne montrait que très rarement ses émotions. Puis, elle réalisa qu'il n'avait pas eu le temps de retourner à ses appartements pour prendre ses affaires et que pour elle, il avait dû se congeler pendant un bon moment afin de l'amener au train, tentant de cacher du mieux qu'il pouvait le froid qui l'envahissait.

« Laissez-moi m'occuper de votre valise. », ajouta-t-il d'un ton neutre, sortant la jeune fille de ses pensées.

« Je peux m'en charger, merci. »

« Miss Walters… », insista-t-il.

« Professeur, nous sommes désormais dans une gare de train à Londres, très bientôt en compagnie de Moldus. Il est donc désormais défendu de faire utilisation à la magie donc inutile de jeter un sort pour que la malle avance d'elle-même. »

« Je crois être parfaitement conscient des règlements admis lorsque nous sommes à l'extérieur du territoire sorciers. »

« Je n'en doute pas une seconde. »

Le professeur hésita un moment, soupira, puis descendit du train, laissant la jeune fille s'occuper elle-même de sa valise, comme elle le souhaitait. Normalement, il aurait insisté jusqu'à ce que la jeune fille cède, mais ce soir, il se dit qu'il ne l'embêterait pas davantage.

Ensemble, ils marchèrent le long du train pour se rendre à la barrière les permettant d'accéder au monde des Moldus. C'était étrange, encore une fois, pour la jeune fille d'expérimenter ce voyage. Normalement, la gare de train 9 et ¾ était pleine à craquer de jeunes sorcières et jeunes sorciers ainsi que leurs familles, les étudiants étant tous prêts à entreprendre le long voyage en train pour se rendre à Poudlard, la meilleure école de sorcellerie de tous les temps.

Puis, le professeur Snape enchaîna les pas plus rapidement et disparut derrière la barrière de brique rouge. Amélia suivit ses traces et apparue de l'autre côté en une seconde à peine, retrouvant son enseignant à ses côtés.

« Bien. Maintenant, je vous demande de me suivre de près et j'insiste sur le fait que je tiens à ne pas vous perdre de vue. »

« D'accord. »

La gare était désormais surpeuplée d'hommes et de femmes d'affaires qui rentraient de travail par le train. Le professeur Snape et Amélia quittèrent la gare pour retrouver les rues éclairées de Londres. La jeune Gryffondor adorait cette ville, mais elle était désormais si près de son but que ses pensées pour sa grand-mère occupaient toute la place dans son esprit. Ainsi, elle ne put se régaler en se promenant dans l'un de ses endroits favoris et se concentra davantage à ne pas perdre son professeur de vue.

D'un pas hâtif, ils traversèrent un long boulevard pour se retrouver sur une petite rue peu passante. Ils marchèrent en silence dans le froid pendant quelques minutes, Amélia s'inquiétant du chemin que son enseignant avait choisi. Au moment où elle voulut lui demander où ils se dirigeaient, le maître des potions lui indiqua :

« Voilà, c'est juste ici… »

Amélia le suivit, les sourcils froncés et ne se réjouit aucunement en constatant qu'ils prenaient désormais une petite ruelle très peu éclairée et déserte.

Encore une fois, la jeune fille voulut répliquer, mais elle changea d'avis lorsque celui-ci s'arrêta brusquement.

Lentement, il se retourna pour être face à la ruelle, sortit sa baguette magique et d'un petit mouvement, la tendit vers l'avant.

Au même instant, elle entendit une puissante détonation et fût simultanément aveuglé par une lumière éclatante qui la fit basculer en arrière. Elle parvint néanmoins à amortir sa chute en tendant le bras sur le mur de brique et sentit son cœur sursauter dans sa poitrine. Elle releva la tête, couvrant une partie de ses yeux à l'aide de sa main libre, puis aperçut devant elle un énorme engin menu de gigantesques pneus. Amélia réalisa alors qu'il s'agissait du Magicobus, un grand véhicule à double impériale de couleurs violet dont les sorcières et les sorciers faisaient usage en moment de besoin. Le professeur Snape observait l'engin d'un air incrédule, accentuant son expression en voyant un jeune homme sortir en s'écriant joyeusement :

« Bienvenue à bord du Magicobus, transport d'urgence pour sorcières et sorciers en perdition. Faites un signe avec votre baguette magique et montez, montez, nous vous emmènerons où vous voudrez. Je m'appelle Stan Rocade et je serai votre contrôleur pour la soirée ! »

Le professeur Snape le dévisagea sans aucune gêne, visiblement irrité par cette présentation jugée non nécessaire. Stan descendit alors de la petite marche et aida la jeune fille en soulevant sa valise pour l'installer dans l'autobus.

« Ouuuu… C'est lourd… », s'exclama-t-il entre deux souffles.

Le professeur Snape prit alors d'un côté la poignée de l'énorme valise et la souleva sans forcer. Le jeune homme l'observa, stupéfait, puis relâcha la valise, la laissant à l'homme beaucoup plus imposant que lui.

Amélia entra derrière le professeur et ils s'installèrent aux deuxièmes étages, tous au fond de l'autobus. Lorsqu'il déposa finalement la valise, le professeur Snape sortit de sa poche quelques mornilles et les refila au contrôleur en lui chuchotant quelque chose que la jeune fille ne capta pas.

Amélia se leva aussitôt et se dirigea vers sa valise pour chercher son porte-monnaie. Elle le trouva rapidement et voulu donner quelques pièces à Stan, mais celui-ci les refusa.

« Non non, la dette est réglée. », dit-il.

« Comment ça? », questionna la jeune sorcière, confuse.

« Il a déjà payé pour vous. », insista-t-il en pointant le professeur Snape du doigt.

« Mais… Je… Non, prenez l'argent, je veux payer mon ticket… »

« Dans ce cas, vous devrez insister avec votre ami. », répliqua le contrôleur en cachant ses mains derrière son dos.

« Ce n'est pas… », mais elle termina sa phrase par un léger soupir en regardant de tout côté.

Penaude, elle se retourna et vint s'installer près du professeur Snape. Celui-ci regardait volontairement ailleurs, mais la jeune fille capta rapidement son attention en laissant tomber quelques pièces de monnaie sur ses genoux.

Celui-ci fronça les sourcils, puis d'un geste lent, prit les mornilles qu'elle lui avait laissé tomber sur lui et les lança dans la valise encore ouverte de la jeune fille. Celle-ci voulut riposter, mais il la fit taire d'un geste de la main, forçant la valise sans l'utilisation de sa baguette à se refermer d'elle-même dans un bruit sourd.

Amélia hocha la tête de droite à gauche en croisant les bras. Le contrôleur choisit ce moment pour refaire surface, tenant dans ses mains une énorme tasse de chocolat chaud. Il la tendit à la jeune fille, celle-ci grandement confuse, puis repris :

« Nous devons faire un petit tour en Irlande du Nord en premier, pour déposer Monsieur Alvin, mais le détour de sera pas bien long, bien sûr. »

« Très bien… », répondit Amélia timidement.

« Monsieur m'a indiqué que vous deviez faire un tour à l'hôpital Ste Mangouste… », poursuivit Stan en désignant le professeur Snape sans détourner les yeux de la jeune Gryffondor, « Est-ce toujours le point d'arriver que vous souhaitez atteindre ? »

Amélia acquiesça de la tête.

« Hmm… Je vois… Vous avez un membre de la famille qui est malade? Qu'est-ce qui est arri… »

Mais le professeur Snape avait repris les devants.

« Nul besoin de donner les raisons de notre destination, à ce que je sache? », questionna-t-il froidement.

Le jeune homme pâlit en jetant un coup d'œil vers le maître des potions et observa de nouveau Amélia. Cette dernière pouvait lire dans ses yeux son questionnement à savoir qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire en compagnie d'un homme aussi austère. Celle-ci répondit d'un haussement des épaules et accepta la tasse de chocolat chaud, qu'elle but assez rapidement.

« Merci. », dit-elle finalement.

« Pourquoi? », questionna le professeur Snape d'une voix doucereuse.

« Pour tout. »

Il acquiesça subtilement, ce qui était sa façon, aux yeux d'Amélia, de dire bienvenu.

La jeune fille regarda par la fenêtre et sentit sont estomac se nouer. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait expérimentait le Magicobus, mais c'était la première fois qu'elle l'utilisait le soir. L'autobus roulait à une allure spectaculaire puis les lumières dans les rues virevoltaient et reflétait dans la vitre, donnant un léger mal de tête à cette dernière.

Ensuite, il y eut une nouvelle détonation, mais cette fois-ci, ils étaient dans le bus, et le décor se changea pour faire place à de vastes champs. Ils continuèrent sur le chemin en terre battue pendant une minute ou deux puis l'autobus s'immobilisa brusquement, faisant basculer la jeune fille vers l'arrière. Heureusement pour elle, le professeur Snape avait rattrapé de justesse le dossier de sa chaise et l'avait remis sur ses quatre pattes. En relevant la tête, elle aperçut un vieil homme au teint blafard sortir de l'autobus avec une canne dans une main et une petite valise dans l'autre. Aussitôt à l'extérieur, le bus décolla de nouveau en un éclair.

Le Magicobus roula quelques secondes de plus sur le sol terreux plus il y eut un nouveau bruit sonore les ramenant dans les rues de Londres. Le moteur grondait bruyamment et le bus montait sans cesse sur le trottoir, ratant de peu les lampadaires et les bornes-fontaines qui se tassaient à mesure que l'énorme véhicule les menaçait de leur foncer dedans. Amélia devait paraitre particulièrement inquiète, car Stan Rocade lui fit un clin d'œil, voulant probablement la rassurer. Pourtant, ce geste subtil eut le don de faire l'effet totalement inverse et elle dut regarder impérativement ailleurs pour contenir son embarras.

« Nous avons dû faire un léger détour pour aller porter ce cher Monsieur Alvin, car cela faisait déjà un bon moment qui rôdait dans l'autobus, le pauvre. », justifia inutilement le contrôleur à la jeune fille pour avoir de nouveau son attention.

« C'est correct… », répondit Amélia, bien qu'elle était impatiente à l'idée de sortir de cet engin de malheur afin d'aller retrouver sa grand-mère.

Ils circulèrent quelques minutes de plus dans la ville, le Magicobus zigzagant entre les voitures des Moldus de façon alarmante puis tourna sur un long boulevard rempli de feux de circulation que le chauffeur ne respectait point, faisant sauter un battement de cœur à Amélia à chaque fois qu'ils passaient sur un feu rouge, ratant de près les voitures venant du sens inverse. Puis, le Magicobus tourna sur une rue adjacente, puis s'engagea sous un viaduc à une vitesse périlleuse. Quelques minutes plus tard, l'autobus s'immobilisa de nouveau devant un petit quartier peuplé de maisons identiques. Cette fois, Amélia ne prit pas de chance et s'accrocha après le levier de la fenêtre, prête à encaisser le choc sans tomber lorsque le bus repartirait.

Finalement, mais surtout heureusement, ils arrivèrent à destination sur une large avenue bordée de boutiques et grouillante de Londoniens, et Amélia put sortir de l'autobus, accompagné de son professeur de potion, en espérant ne pas avoir de remettre les pieds dans cet engin de sitôt.

Stan Rocade les saluèrent joyeusement puis le Magicobus décolla de nouveau, se faufilant maladroitement entre les voitures, les laissant devant un bâtiment en brique rouge qui incluait une vieille boutique donc la façade indiquait : Purge & Pionce Ltd. Comme dans ses souvenirs, l'endroit avait le même aspect miteux et non désirable. Les vitrines exposaient les mêmes vieux mannequins abîmés disposés au hasard portant d'horribles vêtements. On pouvait également voir à travers la vitrine des écriteaux signalant que le bâtiment était fermé pour rénovation.

Le professeur Snape s'approcha d'un des mannequins, celle portant une robe en nylon vert, et murmura d'une voix veloutée :

« Nous venant voir une patiente. »

Le mannequin hocha subtilement la tête et fit un petit signe avec ses mains jointes. Le professeur Snape se retourna vers Amélia puis lui conseilla de tenir son bras. La jeune fille s'approcha, et sans riposter, s'accrocha à l'avant-bras du professeur. En même temps, ils avancèrent d'un pas puis traversèrent la vitrine qui avait la consistance d'un rideau d'eau fraîche. Par conséquent, lorsqu'ils arrivèrent de l'autre côté, aucun des deux n'était trempé et toute trace des horribles mannequins avait disparu pour laisser place à une salle d'attente bondée de sorcières et sorciers qui attendaient, assis sur des chaises de bois instables. Amélia constata avec de grands yeux ronds que certains semblaient entièrement normaux, lisant paisiblement des articles de journaux dans La Gazette du Sorcier ou de vieilles rubriques de Sorcière-Hebdo, mais d'autres exhibaient d'effrayantes anomalies, qui apportèrent un défi à la jeune fille de détourner le regard sans afficher un air terrifié.

Après avoir examiné attentivement, quoique subtilement, un vieil homme tremblant qui avait les oreilles qui jaillissaient un jet de vapeur inquiétant, la jeune Gryffondor se retourna vers le maître des potions. Celui-ci semblait totalement indifférent aux sorcières et aux sorciers affichant des malformations troublantes, et fixait la file devant eux sans broncher.

Curieuse, Amélia contempla les gens qui étaient devant eux dans la file d'attente pour le comptoir de renseignements. Parmi le petit nombre de sorcières et de sorciers qui faisaient la queue, c'est une femme dans la quarantaine qui capta l'attention de la jeune fille. Les sourcils froncés, elle observait cette grande femme qui avait la peau de ses avant-bras recouverts de ce qui sembla être aux yeux d'Amélia une sorte de peau de lézard. La sorcière semblait furieuse de sa situation, mais ne fit rien pour cacher la monstruosité de ses bras.

« Suivant! », s'écria la voix stridente d'une sorcière.

Amélia détourna alors soudainement le regard des bras de la femme pour regarder celle qui venait de parler. En deux secondes à peine, Amélia devina que la sorcière aux cheveux blonds qui travaillait derrière le comptoir n'était guère passionnée par son emploi. En effet, c'est avec un air irrité qu'elle pointa du doigt un grand écriteau à sa gauche à un vieil homme d'une propreté douteuse, lui signalant que s'il avait lu correctement, il n'aurait pas eu besoin de lui faire perdre son temps.

Finalement, après avoir envoyé la sorcière avec les avant-bras recouverts de peau de lézard au deuxième étage, là où l'on soignait les gens contaminés d'un virus magique, ce qui laissa supposer que la femme était contagieuse et qu'elle l'avait attrapé de quelqu'un ou de quelque chose, ce fut au tour du professeur Snape et d'Amélia de s'approcher du comptoir. Prise de panique, Amélia alla jusqu'à relever les manches de son manteau pour être certaine que ses bras n'avaient pas été affectés par le virus, bien qu'elle n'avait pas été en contact avec la femme, sous un regard découragé du professeur Snape qui avait visiblement compris l'inutilité de ses propos.

« Oui? », questionna la sorcière d'une voix lasse.

Amélia s'approcha tranquillement.

« Nous… Nous venons voir Sidalya Van Droski. »

Le professeur Snape regarda consécutivement la jeune Gryffondor et la réceptionniste en fronçant les sourcils.

« Van Droski? », répéta la réceptionniste en parcourant une longue liste.

« Oui… En théorie, elle serait arrivée ce matin… »

Après une dizaine de secondes plus tard, la sorcière reprit :

« Ah! Oui, premier étage, quatrième porte à gauche, salle Hippocrate Smethwyk.

Amélia releva aussitôt la tête vers le plan affiché au mur. Ses yeux repérèrent rapidement l'endroit où était inscrit Premier étage et c'est à ce moment qu'elle réalisa que sa grand-mère avait subi une blessure par créatures vivantes. Aussitôt, elle se retourna vers la réceptionniste et demanda d'une voix paniquée :

« Bon sang! Par quoi s'est-elle faite attaquée? »

La sorcière derrière le comptoir la dévisagea avec dégout en hochant la tête. Visiblement, elle n'était pas plus au courant qu'eux du sort de la grand-mère, mais il ne faisait aucun doute qu'elle aurait pu démontrer son ignorance autrement. Le professeur Snape plissa les yeux en regardant la réceptionniste, lui donnant un air menaçant, puis déposa une main sur l'épaule de la jeune fille et l'entraîna à travers la double porte.

Normalement, elle aurait pris un plaisir à contempler les nombreux portraits des guérisseurs célèbres accrochés au mur, mais elle avait soudainement la tête ailleurs. Elle se contenta de suivre le professeur Snape qui était désormais devant elle, suivant le long couloir étroit éclairé par des globes de cristal remplis de chandelles, donnant l'impression que d'énormes bulles de savon flottaient dans les airs. Ils croisèrent plusieurs sorcières et sorciers vêtus de robes vertes sur leur chemin et parvenaient à entendre, de temps à autre, des complaintes venant d'une des chambres avoisinantes. Finalement, ils montèrent plusieurs marches menant jusqu'au deuxième étage, le professeur Snape aidant la jeune fille en faisant léviter sa valise, et arrivèrent dans un autre long couloir, celui étant pour les victimes blessées par des créatures vivantes. En longeant le couloir, ils arrivèrent enfin devant la quatrième porte à gauche qui était indiquée d'une plaque : « Salle Hippocrate Smethwyk : Attaque grave ».

Amélia hésita un moment, posant sa main sur la poignée de la porte.

« Je vais vous attendre au cinquième étage, au salon de thé. Prenez tout le temps qu'il vous faudra. »

Amélia acquiesça de la tête puis ouvrit la porte dans un grincement douteux. La salle n'était pas bien grande et peu éclairée, mais la jeune fille se dit que c'était mieux ainsi si les patients voulaient se reposer. Comme dans les couloirs, un globe de cristal lumineux accroché au centre du plafond tamisait la pièce, semblant être la seule source de lumière dans la salle, bien que la petite fenêtre au fond apportait légèrement de la clarté.

Malgré le peu d'espace, la chambre contenait quatre patients. De grands rideaux tirés cachaient une grande partie des lits donc la jeune fille dut regarder à chaque rideau pour repérer sa grand-mère. Le premier lit sur le bord de la porte n'était clairement pas sa grand-mère, bien que le corps de la patiente fût presque entièrement recouvert de bandages, ainsi cachant la majorité de son visage. Malgré tout, les cheveux frisés et roux de la dame confirmèrent à la jeune fille qu'il ne pouvait s'agir de Grand-Mère Sissi. Le second lit contenait un vieil homme barbu qui tremblait de tous ses membres et le troisième, un autre homme qui avait la tête enflée comme un ballon et des traces partout sur le corps de piqûres.

Les larmes commençaient à couler sur les joues de la jeune sorcière lorsqu'elle fit quelques pas pour atteindre le quatrième et dernier lit. Elle prit une grande inspiration, essuya les larmes sur ses joues et tira légèrement le rideau.

Sur le lit se tenait bel et bien la grand-mère d'Amélia, paisiblement endormie, à la seule différence qu'elle était peu reconnaissable. Une partie de son visage était sérieusement enflé et de nombreuses ecchymose et éraflures recouvraient le côté de sa tête. Elle avait un gros pansement au niveau de la nuque et son bras gauche était entièrement recouvert d'un bandage.

Amélia aurait voulu la serrer fort dans ses bras, mais il ne faisait aucun doute que ses blessures devaient la faire souffrir et en aucun cas la jeune fille n'aurait voulu aggraver la situation. Elle se contenta de pleurer en silence pendant un petit moment.

Puis, elle entendit la porte s'ouvrir et la jeune fille se retourna pour percevoir un jeune homme vêtu de vert qui venait de faire apparition dans la salle. Amélia essuya ses larmes à l'aide du revers de sa main et s'approcha du jeune homme.

« Vous êtes venu rendre visite à Madame Van Droski, je présume? », questionna chaleureusement le guérisseur avant que la jeune fille ne puisse parler.

« Oui… »

« Ah… Il est vrai qu'elle a été bien amochée, mais nous avons espoir qu'avec un peu de temps et de patience, elle s'en sortira. »

« Que lui est-elle arrivé? »

« Ah… C'est très étrange… En faites, elle prétend s'être fait attaqué par… »

« Elle prétend? », répéta la jeune fille d'un air offensé.

« Oui, enfin… Ce n'est pas que nous ne la croyons pas… C'est simplement que c'est très rare de se faire attaquer par cette créature lorsque vous vous trouvez dans l'Est de l'Angleterre… Normalement, on les retrouve simplement… »

« Et de quelle créature il s'agit? »

« D'un Grapcorne. »

« Un Grapcorne? Mais… Quels sont les chances de retrouver un… »

« C'est ce que je vous disais. Les chances sont très minimes. Cela ne veut pas dire que ce qu'elle affirme est faux, au contraire, les blessures infligées démontrent parfaitement une attaque d'une bête cornue qui… »

« Donc finalement, elle ne fait pas que prétendre, comme vous dîtes, mais elle confirme avec raison. »

« Écoutez, il y a de nombreuses bestioles possédant de grandes cornes qui auraient pu l'attaquer… »

« Si ma grand-mère affirme qu'il s'agissait d'un Grapcorne, cela signifie qu'il s'agissait d'un Grapcorne. »

« Je veux bien vous croire, Miss, mais votre grand-mère était dans un état critique à son arrivé et elle aurait pu confondre l'animal qui… »

« Comment est-ce possible de confondre un Grapcorne avec autre chose? Il faudrait être sérieusement dérangé! Combien de créatures magiques connaissez-vous qui possèdent un pelage violet ainsi que deux grandes cornes? »

« Je comprends tout à fait votre allégorie, Miss. J'imagine que vous pourrez lui en parler lorsqu'elle sera éveillée, ainsi vous saurez sa version des faits. »

« La bonne version des faits, vous voulez dire! », répliqua Amélia, irritée.

Le jeune homme observa la jeune sorcière un moment, un sourire très subtil ornant son visage, puis répondit :

« Mais bien sûr. Je vais vous laisser un peu de tranquillité avec elle. »

Il sortit sa baguette magique et la secoua, faisant apparaître une petite chaise près du lit contenant sa grand-mère.

« Elle a eu une dose de potion Régénératrice assez puissante, elle risque de dormir encore un moment. Ce n'est pas une mauvaise chose, car durant le sommeil, ses plaies commencent à guérir tranquillement et elle reprend un peu de force. Vous pouvez rester avec elle un instant, sinon, si vous n'avez pas encore mangé, vous pouvez vous rendre au cinquième étage pour prendre un bon dîner et revenir la voir plus tard dans la soirée lorsqu'elle sera éveillée. », ajouta-t-il gentiment avant de se retourner vers un des patients près du lit de sa grand-mère.

Amélia s'installa sur la chaise quelques minutes, gardant ses yeux rivés sur sa grand-mère endormie.

« Guéris vite, Grand-Mère Sissi. Je reviendrai plus tard. »

Puis, elle quitta la chambre en refermant la porte derrière elle avec précaution, sous les regards curieux du jeune guérisseur. Elle refit le chemin inverse, à l'unique exception qu'elle prit les escaliers pour se rendre aux étages supérieurs. Elle imita le professeur Snape et fit léviter sa valise afin de faciliter le transport.

En arrivant au cinquième étage, elle remarqua une petite boutique de l'hôpital et se promit d'aller y faire un tour plus tard afin d'acheter des fleurs à sa grand-mère puis elle se dirigea vers ce qui semblait être le petit salon de thé. Son ventre gargouillait bruyamment et cela faisait déjà bien longtemps qu'elle n'avait rien avalé. En entrant dans le pan de la porte, elle repéra le professeur Snape qui était assis au fond, sur une petite table ronde, lisant un journal. Devant lui, il y avait un bol de soupe aux légumes ainsi que quelques biscottes et une tasse de thé qui projetait de la vapeur.

Elle se dirigea subtilement vers le comptoir du salon de thé et commanda une soupe minestrone, une tisane aux baies sauvages et quelques biscuits aux noix de macadam et chocolat blanc. Elle paya le tout avec l'argent qu'elle avait dans sa valise et se dirigea vers la table du professeur Snape en tirant sa valise derrière elle d'une main et en tenant un cabaret contenant sa nourriture dans l'autre.

Ce dernier était toujours profondément concentré sur son article de journal et ne remarqua pas la présence de la jeune fille. Hésitante, elle s'approcha davantage de lui, se demandant si elle pouvait s'asseoir en face de lui ou si c'était trop déplacé. À peine à quelques mètres de lui, la jeune sorcière fit demi-tour et se dit qu'elle irait s'asseoir à une table plus loin.

« Amélia? »

La jeune sorcière s'immobilisa sur place un moment puis se retourna, lentement et hésitante. Ce qu'elle aperçut alors lui coupa le souffle. Nerveuse, elle ne se rendit pas compte que son cabaret lui clissait de la main jusqu'à ce que tout son contenu éclate au sol dans un bruit éclatant.

Au milieu de la porcelaine cassée, la jeune fille observait son grand frère d'un air heurté.

« Peter… », murmura-t-elle.

« Qu'est-ce que tu fou ici? », demanda l'homme aux cheveux foncés qui était le plus jeune de ses trois frères.

Pendant ce temps, le professeur Snape avait lâché son journal et observait la scène d'un air étonné, tout comme la serveuse du salon de thé.

« Je suis venue voir Grand-Mère Sissi… », justifia la jeune fille d'une voix étouffée.

« Tu as été renvoyée de Poudlard? Bon sang, il était temps qu'il se débarrasse de toi. »

« Pourquoi tu dis ça… », demanda tristement la jeune fille.

« Parce que tu es absolument intolérable! »

« Ce n'est pas ce que je veux dire! Pourquoi tu dis que j'ai été renvoyée de Poudlard? »

« Eh bien parce que sinon, tu ne serais pas ici, espèce de sotte. »

Amélia refusa de se faire rabaisser davantage et reprit le contrôle d'elle-même.

« Je n'ai pas été renvoyée, imbécile! L'école m'a permis venir parce que le membre de ma famille le plus important à mes yeux est gravement blessé! »

« Et t'es venue seule? »

« Non. »

« Mais alors avec qui est-ce que tu… »

Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une femme assez grande, avec des cheveux blond très pâle lui arrivant un peu en dessous des épaules et de grands yeux en amandes de couleurs marrons, fit irruption dans le salon de thé et s'adressa à la jeune fille.

« Tiens donc. Je m'attendais bien à te voir ici. »

Si la jeune fille avait eu un autre cabaret à sa disposition à l'instant, il ne faisait aucun doute qu'elle l'aurait échappé de nouveau.

« Maman? »

La grande sorcière dévisagea la jeune fille et afficha un air dégouté.

« Est-ce réellement ce titre que tu me donnes? », répondit-elle finalement d'un ton froid. « Après six ans sans nouvelles, j'ai presque oublié que tu existais. »

Amélia n'en revenait pas. Pas un seul instant elle n'avait pensé à la possibilité de croisés des membres de sa famille ici. Elle était tellement inquiète à propos de sa grand-mère qu'elle ne s'était pas préparée à l'éventualité de se retrouver, après bien des années, devant eux.

« Tu sais très bien que Grand-Mère Sissi t'écrivait des lettres de temps à autre et donnait des nouvelles. », innocenta la jeune Gryffondor.

« Je ne parle pas de ce que ta grand-mère faisait, je parle de ce que toi tu n'as pas fait. »

« Tu ne m'as pas plus donné de nouvelles! »

« Et pourquoi j'aurais fait cela? C'est toi qui as quitté la maison! »

« Et tu n'as absolument rien fait pour me retenir! »

« Tu sais très bien que tout cela n'est que dans ta tête. Tout a toujours été que dans ta petite tête. »

« Ah! C'est vrai? Alors pourquoi viens-tu de dire que tu m'avais presque oubliée après toutes ces années? Ça aussi, ce n'est que dans ma tête, je présume? »

La grande femme afficha un air choqué.

« Décidément, ton caractère n'a pas changé! Toujours aussi ingrate! Et tu es toujours aussi petite, c'est à croire qu'on a oublié de te nourrir…»

« Ah! Crois-moi, j'ai bien changé, ces dernières années. Et crois-moi, je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie! »

« Je pourrais aussi bien dire la même chose. », répliqua méchamment la sorcière.

Amélia parut blessée, même si elle tenta du mieux qu'elle pouvait de le cacher.

« N'as-tu pas de manière? Tu pourrais au moins avoir la décence de ramasser les dégâts que tu fais! », ajouta la mère en désignant la porcelaine fracturée au sol.

Amélia resta figée sur place, les yeux rivés sur sa mère. Lorsqu'elle sentit de nouveau les membres de son corps, elle chercha sa baguette dans sa poche, mais avant même qu'elle n'eut le temps de la repérer, la vaisselle brisée se répara d'elle-même.

Tous se retournèrent vers la source qui avait produit le sortilège et se retrouvèrent devant le professeur Snape, désormais debout et imposant.

Amélia laissa sortir une expiration d'étonnement. Elle avait complètement oublié la présence de son professeur.

« Professeur Snape? », s'exprima Thomas.

Le maître des potions détourna les yeux de la jeune fille pour observer son ancien élève.

« Mais qu'est-ce que vous faites ici? », ajouta-t-il.

Le professeur le dévisagea subtilement avant de répondre.

« J'accompagne Miss Walters. »

La mâchoire de Peter lâcha, lui donnant un air un peu idiot avec la bouche ouverte et ses yeux ronds. Décidément, il était tellement bouche bée qu'il n'arriva pas à le questionner pourquoi il accompagnait sa jeune sœur.

La grande blonde s'approcha du professeur Snape d'un pas décidé.

« Professeur Snape, ravie de faire votre connaissance. Je me nomme Vanya Howard. », commença-t-elle en présentant sa main.

Le professeur Snape la serra d'un air indéchiffrable.

« Mes fils ont parlé souvent de vous en plus grand bien. »

Le maître des potions acquiesça poliment puis se retourna vers la jeune sorcière derrière le comptoir et lui demanda de préparer de nouveau un bol de soupe ainsi que tout le reste.

« Non, pas la peine. », répliqua la jeune fille.

« Miss Walters, vous devez manger… »

« Inutile. J'ai complètement perdu appétit. », répondit-elle en regardant alternativement sa mère et son grand frère.

« Comment oses-tu répondre à un professeur ainsi? Tu lui dois le respect, jeune fille, surtout qu'il a pris la peine de t'accompagner jusqu'ici, il mériterait un trophée! »

Amélia quitta alors le salon de thé sans prendre la peine de répliquer quoi que ce soit, trainant sa grosse valise derrière elle, puis se dirigea vers la petite boutique cadeau. Elle ne fit pas le tour de la boutique, se contentant de s'orienter vers le comptoir où l'on trouvait les fleurs et les plantes.

« Bonsoir… Auriez-vous un bouquet de jonquille, par hasard? »

L'homme réfléchit un moment.

« Je n'en ai pas en bouquet, mais je crois en avoir dans un joli pot, quelques parts… »

Il s'excusa et alla faire un tour dans la remise. Il revint quelques minutes avec un joli pot en terre cuite contenant un plant de jonquille jaune et blanche.

« Ah! C'est absolument parfait! »

La jeune fille paya le pot de fleurs puis quitta la boutique. Elle ne prit pas la peine de regarder en direction du salon de thé et prit la direction des escaliers. Elle descendit jusqu'au premier étage et alla directement jusqu'à la chambre où reposait sa grand-mère.

Elle entra silencieusement dans la petite pièce et se dirigea sans arrêter jusqu'au fond de la chambre. En tirant le rideau, la jeune fille sursauta.

« Grand-Mère Sissi! », s'écria-t-elle.

La vieille femme releva la tête de son magazine et son visage s'illumina.

« Amélia! »

« Tu m'as tellement manquée, tu n'as pas idée! J'ai tellement eu peur de te perdre, je… », mais elle éclata de nouveau en sanglots.

Grand-Mère Sissi se redressa de son lit et prit la main de la jeune fille dans la sienne.

« Ah… voyons, ma cocotte… Ne t'inquiète pas pour moi, je vais beaucoup mieux, je t'assure. Tu m'as beaucoup manqué aussi… »

« Je… Je m'excuse de t'avoir fait de la peine lorsque je n'avais pas répondu à ta lettre… Je n'aurais pas dû agir ainsi… »

« Ce n'est pas grave… Et en plus tu as fini par m'écrire plus tard! »

« Oui… Mais seulement parce que tu m'as envoyé de nouveau une lettre… J'ai été égoïste et stupide… »

« Non… Ne t'en fais pas avec ça… »

« Je… Je t'ai apporté des fleurs… »

La vieille sorcière jeta un coup d'œil sur le joli pot de fleurs que sa petite fille avait dans les mains.

« Des jonquilles! Elles sont magnifiques! »

« Je me disais que tu aimerais… »

« Tu es très attentionnée. En plus, elles vont ajouter de la vie à cette chambre morne. »

Amélia essuya ses larmes et changea de sujet.

« Grand-Mère Sissi… Dis-moi ce qui t'est arrivé... Il y a un guérisseur qui est venu, tantôt, et il m'a dit que tu t'étais fait attaquer par un Grapcorne! »

« Ahhh… Tu es venu plus tôt? »

« Oui… Tu dormais donc j'ai décidé de revenir plus tard… »

« Ah! Mais tu aurais dû me réveiller! »

« Bien non! Tu avais l'air si bien… Je ne voulais pas troubler ton sommeil… Et le guérisseur m'a dit que j'ai bien fait de te laisser dormir… »

« Ah… C'est le jeune Augustus que tu as croisé? »

« Je ne sais pas… Il ne m'a pas dit son nom… »

« Mais il était jeune? Grand avec les cheveux foncés? »

« Oui… »

« Ah! C'était bien lui! C'est un guérisseur stagiaire. Il est très gentil tu ne trouves pas? »

« Je… Je ne sais pas trop… Mais ce n'est pas important pour le moment… Je veux savoir ce qui s'est passé… »

La grand-mère regarda sa petite fille dans les yeux et reprit d'un ton sérieux :

« Une dernière chose. Comment es-tu arrivé jusqu'ici? »

« J'ai quitté Poudlard après le déjeuner en train. »

« Dans le Poudlard Express? », questionna la vieille femme.

« Oui. Le professeur Snape m'a accompagnée. »

« Ah… C'est très gentil de sa part! Tu devras le remercier pour moi! »

« Oui, je le ferai… »

« Et tu comptes retourner à Poudlard ce soir même? »

Amélia releva légèrement la tête, pensive.

« Je… Je n'en ai aucune idée. J'imagine que oui… »

La grand-mère acquiesça de la tête.

« J'aimerais que tu m'envoies un hibou lorsque tu seras arrivé à l'école, dans ce cas. Je veux m'assurer que tu es en parfaite condition. »

Amélia sourit.

« Je suis avec le professeur Snape, Grand-Mère Sissi. Aucun danger, personne n'osera l'affronter pour pouvoir me faire du mal. », répondit la jeune fille en riant.

La grand-mère éclata également de rire, mais cessa aussitôt en se serrant les côtes.

« Tu vas bien? Tu as très mal? », s'inquiéta la jeune sorcière.

« Non, ne t'en fais pas, je vais très bien… »

Amélia observa sa grand-mère un moment, silencieuse.

« Maintenant, raconte-moi ce qu'il s'est passé s'il te plaît. »

La vieille femme observa sa petite fille de ses petits yeux pairs.

« C'est une longue histoire, Amélia… »

Amélia soutenait son regard avec défi.

« J'ai tout mon temps, Grand-Mère Sissi. »

.oOoOo.

Qu'est-ce que vous en pensez? Ça ne vous a pas trop déplu j'espère même si Snape n'a pas passé tout le trajet avec Amélia… Mais rassurez-vous, le meilleur reste à venir! Je dois avouer que ce chapitre était écrit depuis un bon moment déjà (ainsi que les deux suivants!), mais j'étais un peu découragée à l'idée de tout devoir corriger (hihihi oui je sais, c'est de la vraie paresse…) MAIS c'est que je préfère vraiment écrire que corriger, vous comprendrez… Donc je vais commencer à corriger le prochain chapitre (tant qu'à avoir fini celui-ci, aussi bien continuer pendant que j'en ai le temps!) et je vais poster le prochain très très bientôt!

xoxo