Chapitre 30 : Le retour

Amélia dut se mettre à l'évidence, une randonnée en voiture aurait été grandement plus confortable. Pourtant, la jeune sorcière ne regretta pas son choix et contrairement à ce que la plupart des gens pourraient le croire, elle était en réalité parfaitement satisfaite de voler en balai malgré la température glaciale. Les premiers flocons de la soirée virevoltaient dans tous les sens et se déposaient gracieusement sur le manteau de la jeune sorcière alors qu'elle contemplait le magnifique paysage qui défilait devant elle.

Sur ce fait, elle constata que si les joueurs de Quidditch de l'école arrivaient à voler sur leurs balais en plein hiver, elle survivrait amplement à faire le restant du chemin en balai au début du mois de novembre malgré la fine neige qui parsemait les plaines et qui couvrait les feuilles mortes sur la pelouse séchée. D'ailleurs, elle se questionna à savoir quel était le résultat final de la fameuse partie entre Gryffondor et Serpentard, assumant que le match devait avoir pris fin. Elle demeura optimiste et se dit que les Gryffondor devaient avoir remporté le match haut la main.

À maintes reprises, elle dut faire usage du sortilège des Quatre-Pointes, tout en réalisant que c'était particulièrement plus ardu sur un balai. Puis, après une trentaine de minutes de vol, la jeune sorcière repéra un peu plus bas la traque de train. Ravie, elle se dit qu'elle ne s'en éloignerait pas, ainsi s'assurant de prendre le bon chemin et d'arriver à Poudlard éventuellement. L'idée d'imaginer la réaction du professeur Snape l'inquiéta tout de même, se demandant ce qu'il pouvait bien penser à l'instant.

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Severus passa la prochaine heure installé dans un des wagons, s'impatientant de plus en plus. En effet, c'était assez pénible de faire tout ce chemin en train alors qu'il aurait suffi de quelques secondes pour transplaner. Puis, il se remémora les sages paroles de Dumbledore, insistant sur le fait qu'il devait faire profil bas, ainsi évitant un abus d'attention, et se dit qu'il avait pris la bonne décision.

Mais pourquoi les Détraqueurs sont venus dans le train? Ce n'est pas comme si ce satané de Potter était dans les parages…, pensa-t-il dans sa tête, furieux.

Certes, le Seigneur des Ténèbres était de retour, et il ne faisait aucun doute qu'il avait pris le contrôle des Détraqueurs, mais il n'arrivait pas à comprendre ce qui les aurait menés à envahir le train.

Ils devaient croire que Potter était dans le train… Ou ils ont tous simplement senti l'âme pure d'une innocente jeune fille et ils ont été tenté de…

Mais il chassa rapidement cette idée de sa tête. Le professeur de potions avait des pensées obscures c'est temps si, sans omettre que les événements de l'an dernier avaient causé de nombreuses angoisses et davantage de nuits blanches.

Une trentaine de minutes plus tard, lorsqu'il émergea enfin de ses réflexions, il se leva et quitta son petit wagon. Il s'était décidé à rendre une petite visite à la jeune fille, juste pour être sûr qu'elle allait bien. Il n'avait aucunement l'intention de s'excuser ou de la complimenter pour son Patronus, simplement s'assurer qu'elle était dans un état légitime.

Ainsi, il prit son temps et regarda dans chaque petit wagon à la recherche d'Amélia. Il réalisa assez tôt qu'elle devait avoir été dans le dernier, le plus loin possible de lui. Pourtant, lorsqu'il passa devant l'un des derniers wagons, celui dans lequel ils s'étaient installés un peu plutôt, juste avant l'attaque des Détraqueurs, il retrouva la cabine vide. Mais le plus curieux, c'était que la valise de la jeune sorcière était toujours là, à l'unique exception qu'elle semblait avoir été ouverte à la volée, comme si elle avait été à la recherche d'un objet en particulier et qu'elle avait disposé de très peu de temps pour le trouver. Le fait qu'elle l'avait laissée grande ouverte et que divers assortiments de vêtements trainaient par terre sema un doute au maître des potions et pendant un moment, il paniqua légèrement. Puis, il se dit qu'il y avait encore quelques wagons plus loin dans lesquels il n'avait pas regardé et que la sorcière ne devait surement pas être bien loin. Ainsi, il referma la porte et chercha dans le wagon suivant, puis l'autre, puis l'autre…

Cette fois, il se mit réellement à paniquer lorsqu'il ouvrit le dernier wagon et réalisa qu'elle n'y était pas. Il refit le tour rapidement, regardant dans les toilettes à maintes reprises, allant même jusqu'à regarder dans le wagon des bagages. Pourtant, il ne trouva aucune trace de la jeune sorcière. Puis, il accéda à son dernier espoir. Il sortit sa baguette d'un geste pressé et murmura :

«Hominum Revelio.»

L'enchantement révéla qu'il n'y avait que lui-même et un autre humain de présent dans le train, l'autre étant le machiniste, l'homme qui dirigeait la locomotive. C'était donc définitif, Amélia avait quitté le train.

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Amélia remercia le ciel que les elfes de maisons avaient pensé à lui apporter des vêtements chauds. Elle ne voulait pas imaginer ce qui lui arriverait si elle ne portait pas ses grosses mitaines de laines ainsi son manteau et ses bottes chaudes, à l'instant.

J'aurais probablement l'air d'une brochette restée trop longtemps au congélateur.

Malgré cela, elle avait tout de même hâte d'arriver à Poudlard et de dormir dans son lit chaud et douillet. Bien sûr, elle redoutait profondément le moment où elle devrait faire face de nouveau au professeur Snape. Elle s'était de nouveau mise dans le pétrin, lui qui avait pris la peine de l'accompagner pour qu'elle puisse voir sa grand-mère, et c'est ainsi qu'elle le remerciait. Par contre, il avait été particulièrement barbare avec elle, et elle ressentait encore beaucoup trop de frustration envers lui pour se culpabiliser totalement.

Me voilà dans de beaux draps, tout de même...

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clack... clack... clack... clack...

clack... clack... clack... clack...

clack... clack... clack... clack...

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La jeune fille venait de pénétrer dans une partie boisée. D'un côté, les arbres la protégeaient du vent. De l'autre, entrer dans une forêt dans la noirceur, en plus d'être seule, était loin d'être enchanteur, même en balai. Le paysage défilait de chaque côté et la jeune sorcière sentait de plus en plus la panique la submerger. Rapidement, elle prit un peu d'altitudes, question d'être plus surélevée du sol, et se sentit psychologiquement mieux. Elle était désormais à la hauteur des dernières branches d'arbres, plus ou moins couverte du vent. Au moins, elle se sentit plus en sécurité ainsi, malgré le fait que le vent qui lui fouettait le visage.

Certes, Derek n'avait pas tort lorsqu'il avait mentionné que ce balai était lent. Voler à basse altitude risquait d'attirer l'attention des créatures dans les bois, et en toute sincérité, elle n'avait pas l'impression que ce balai la sauverait d'un quelconque prédateur. Ainsi, elle continua à se maintenir un peu plus élevée et se pencha davantage sur son balai, tentant de garder le peu de chaleur qui lui restait.

Si seulement je peux arriver à Poudlard bientôt...

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clack...clack...clack...clack...

Les pas lourds du professeur Snape résonnaient dans les couloirs déserts du train.

clack...clack...clack...clack...

Inquiet, mais surtout enragé, il se dirigeait avec fougue vers l'arrière du train.

clack...clack...clack...clack...

C'était un réel phénomène de constater à quel point cet homme pouvait paraître très calme dans des moments aussi tendus, alors qu'en réalité, l'anxiété lui rongeait l'âme.

clack...clack...clack...clack...

En réalité, il était distinctement concentré et évaluait chaque aspect de la situation.

clack...clack...clack...clack...

Le maître des potions ouvrit la porte du fond en un geste brusque de la main et s'avança devant le cadrage de la porte.

clack...clack...clack...clack...

Puis, sans même regarder derrière lui, sans même prendre une dernière respiration, Severus Snape se volatilisa, ne laissant derrière lui aucun signe décelant l'éventualité qu'il avait quitté le train.

Pendant ce temps, le machiniste guidait le train vers le splendide château en sifflotant un air festif, ne se doutant pas une seconde que les deux uniques personnes qui étaient censées être dans le train n'y étaient plus.

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Normalement, la jeune sorcière aimait beaucoup lorsque le train était rendu au niveau du chemin boisé. Le paysage était à couper le souffle et Amélia adorait la nature. Pourtant, en cet instant, elle avait l'impression de vivre un cauchemar. Certes, elle avait les yeux rivés sur la traque de train afin de ne pas s'en éloigner, mais elle avait maintenant la certitude que le chemin était interminable. Pourtant, lorsqu'elle était en train, elle regrettait toujours le moment où l'on sortait du boisé. Cependant, aujourd'hui, elle n'attendait que cela. Autour d'elle, des craquements suspicieux venant du sol raisonnaient dans le silence pesant et quelque chose lui divulguait que cela n'inaugurait rien de bon. Certes, ces sons paraissaient nettement plus alarmants dans la noirceur, elle en était persuadée, mais cela ne l'empêcha pas de paniquer intérieurement. Elle se répétait que ce n'était rien, que ce devait simplement être le vent qui faisait remuer les branches des arbres les unes contre les autres. Pourtant, ses pensées positives n'enlevèrent nullement l'inquiétude qui la rongeait.

Courage… Courage…

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Le professeur Snape marchait d'un pas rapide vers le premier village dans les alentours qui lui était venu à l'esprit. Au loin, il apercevait les premières maisons et bâtisses du coin. Lorsqu'il fut suffisamment près, il vit la petite pancarte indiquant en lettre ancienne Littlemill. À ses souvenirs, il s'agissait d'un village Moldu, ce qui l'amena à ranger sa baguette, sans toutefois la cacher complètement. Sur son passage, plusieurs villageois le regardèrent avec des yeux ronds et inquiets. Mais le professeur Snape n'y porta guère attention et s'arrêta uniquement lorsqu'il entra dans le premier commerce qu'il rencontra. En pénétrant la petite boutique de souvenir, une sonnette indiqua son arrivée et presque aussitôt, un vieil homme sortit d'une petite porte en bois tout au fond du magasin et s'installa derrière le comptoir avec un sourire invitant. Cela indiqua assez clairement au professeur qu'il ne devait pas avoir de visiteurs bien souvent. Pourtant, le maître des potions s'avança malgré tout vers lui sans ralentir la cadence et le questionna aussitôt qu'il fut à une distance respectable.

« Bonsoir. Auriez-vous vu par hasard une jeune fille de 17 ans dans les parages? »

Le sourire du vieil homme s'affaissa graduellement de son visage.

« Une jeune fille? »

Sa réponse dévoila distinctement qu'en effet, personne n'était venu dans la boutique, encore moins la jeune sorcière, et le professeur Snape ne vit pas la nécessité de rester plus longtemps. Ainsi, il fit demi-tour et s'éloigna du vieil homme d'un pas pressé.

Aussitôt dehors, il regarda rapidement autour de lui et ne repéra personne. Pendant un moment, il sembla réfléchir profondément, parfaitement immobile devant la jolie boutique. Puis, de nouveau, il disparut subitement, ne laissant aucune trace donnant l'indice qu'il était présent dans ce village quelques secondes plus tôt.

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Il faisait si noir, désormais, que la jeune fille dut sortir sa baguette et l'allumer afin de voir son passage. Les arbres étaient rapprochés, ce qui donnait d'ailleurs un aspect plus terrifiant qu'auparavant, mais la jeune sorcière ne se laissa pas impressionner et maintenu sa baguette pointée devant elle, tout en vérifiant régulièrement qu'elle était toujours au-dessus de la traque et que personne ne la suivait derrière elle. Certes, vue de cet ensemble, cela pouvait paraître un peu excessif, mais la jeune fille savait qu'on ne pouvait être trop prudent. Et elle s'était promis de ne pas causer plus de problèmes ce soir. Pour cela, elle dut se concentrer à trouver un plan pour éviter d'être dans le pétrin.

Je pourrais dire qu'en me dirigeant vers mon wagon, un autre Détraqueur est apparu et que j'ai reculé jusqu'au fond et qu'en ouvrant la porte pour le forcer à sortir avec mon Patronus, il m'a entraînée avec lui…

Amélia leva les yeux au ciel.

« Parti comme je suis là, pourquoi ne pas dire que j'ai été aspirée par la fenêtre? », Se dit-elle sarcastiquement à haute voix.

Bon ok. Mentir ne règlera rien. Pire encore, ça m'amènera encore plus d'ennuis que maintenant et je risque de perdre toute ma crédibilité. Je n'aurai qu'à dire la vérité. Mais ça n'excusera pas mon geste… Mais en même temps, je pourrais dire que Snape m'a crié dessus comme un maniaco-dépressif. Après tout, mon Patronus était plutôt bien… Et les Détraqueurs ont… Les Détraqueurs… Les Détraqueurs… Je ne comprends toujours pas pourquoi ils sont venus dans le train. Il y a deux ans, c'était pour vérifier que Sirius Black n'était pas dans les parages… Mais pourquoi étaient-ils présents cette fois? Ah… Et puis qui sait? Peut-être que les profs seront trop inquiétés par cette révélation qu'ils ne prêteront que très peu d'importance due au fait que j'ai sauté du train.

Même en l'imaginant, la jeune sorcière n'était pas assez sotte pour croire à ses illusions.

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Cette fois, le professeur Snape se promenait au beau milieu de la rue, fixant un hôtel qui était à quelques mètres de lui. Le village de Candacraig était très connu et un magnifique endroit pour prendre quelques jours de repos. Certes, le train ne passait pas particulièrement à côté, mais cela faisait partie d'un des villages, tout comme Littlemill, qui était le plus près de la traque. La jeune fille avait surement eu le temps de prendre de l'avance et le professeur Snape se dit qu'il y avait des chances que la jeune fille ait marché jusqu'ici, ou peut-être même transplaner si elle connaissait bien les lieux, afin de se trouver un endroit où passer la nuit.

En entrant dans le grand Hall d'entrée, le professeur Snape ne prit pas la peine d'examiner les lieux et se dirigea directement vers le comptoir. Le bruit que la semelle de ses chaussures reproduisait sur le sol de marbre capta l'attention de la jeune hôtesse, qui lui sourit aussitôt d'un air faux.

« Bonsoir monsieur et bienvenu dans notre noble… »

« Auriez-vous sur votre liste une jeune fille au nom d'Amélia Walters? »

La jeune hôtesse le dévisagea d'un air parfaitement impoli, frustrée qu'il lui ait coupé la parole. Le professeur n'y prêta pas attention et l'observa d'un air insistant et loin d'être perçu comme étant chaleureux.

La jeune femme se dirigea la tête haute vers sa liste de clients et parcourut la liste avec son index.

« Non. Personne n'est venu ici sous ce nom. »

« Sous ce nom… », répéta tranquillement le professeur Snape en fronçant les sourcils. Et si elle n'avait pas donné son vrai nom afin de ne pas être repérée?

« Alors, », poursuivit le maître des potions, « vous n'auriez pas vu une jeune fille de 17 ans avec de très longs cheveux bruns venir par ici ce soir? Elle n'est pas bien grande, environ 5 pieds 4… Elle portait un manteau couleur taupe lui arrivant au-dessus des genoux… »

La jeune hôtesse haussa un sourcil d'un air très peu intéressé.

« Non. »

Le professeur Snape afficha un air irrité. Rapidement, il fit demi-tour et se dirigea vers la porte de sortie, insatisfait. En sortant dehors, il resserra son écharpe et se dirigea vers la cour de l'hôtel. En effet, il avait repéré un petit pavillon et se dit qu'il serait à l'abri des regards curieux à cet endroit.

Regardant autour de lui, il ne repéra personne, comme il le souhaitait, et sortit vigoureusement sa baguette magique.

« Spero Patronum » chuchota-t-il.

Aussitôt, un filet argenté émergea de la baguette du maître des cachots et la lumière argentée prit rapidement la forme d'une magnifique biche.

« Retrouva-là » fut l'unique indication qu'il exprima au magnifique animal.

Aussitôt dite, la biche argentée galopa dans les airs avec souplesse et disparu au bout de plusieurs bons. De nouveau, le professeur Snape se volatilisa.

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La jeune fille était encore perdue dans ses réflexions, cherchant à tout prit une solution à son problème. Seulement, elle ne trouva pas, ce qui l'inquiéta davantage. Finalement, elle n'était pas aussi pressée qu'elle le prétendait quelques minutes plus tôt de sortir de cette forêt. L'idée de devoir faire face à Snape après sa fuite lui foutait les boules.

Et puis qui c'est, peut-être qu'il ne s'est même pas rendu compte que je ne suis plus dans le train!

C'est à ce moment-là que la jeune fille perçut au loin, entre les arbres, une lueur argentée. Sa brillance lui donnait un aspect entièrement irréel, contrastant avec le décor neutre et sombre de la forêt. Pour la première fois depuis son départ du pub, la jeune sorcière ralentit sa cadence, curieuse, mais inquiète par cet étrange phénomène. Puis, en s'approchant lentement, elle constata qu'il s'agissait en réalité d'un Patronus. Rassurée, Amélia perdit de l'altitude, s'approchant du sol tout en regardant bien autour d'elle afin d'être certaine qu'il n'y avait rien de trop suspect à porter de vue tout en continuant à observer le magnifique animal argenté. Rendue au niveau du sol, la jeune fille déposa ses deux pieds sur la fine couche de neige poudreuse, juste à côté de la traque de train et resta immobile un moment, échangeant des regards avec l'animal argenté. En plissant légèrement les yeux, Amélia constata qu'il s'agissait d'une biche.

Une biche? Mais à qui peut appartenir ce Patronus?

Lentement, tenant son balai dans une main et sa baguette dans l'autre, la jeune sorcière s'en approcha. Pendant un moment, la biche resta immobile, fixant la jeune fille avec intensité. Puis, elle se retourna et bondit avec souplesse dans les airs et disparu, plongeant la jeune fille dans une noirceur quasi totale. Aussitôt, elle paniqua et pointa sa baguette vers l'endroit où la biche se tenait quelques secondes plus tôt en murmurant :

« Lumos! »

La pointe de sa baguette s'illumina alors et la jeune fille fit un tour complet sur elle-même, pointant sa baguette devant elle à la recherche d'une trappe. Paniquant, elle se dit qu'elle s'était fait enrouler dans un piège. Rapidement, elle enfourcha son balai et se prépara à décoller lorsqu'elle entendit un craquement sonore venant de derrière elle. Pétrifiée, la jeune fille donna un bon coup de talon au sol pour faire décoller son balai le plus rapidement possible, tout en regrettant à ce moment précis de ne pas avoir en sa possession un Éclair de Feu. Alors que le balai s'élevait lentement de quelques mètres du sol, une voix rauque brisa le silence de la forêt.

« Essayer de vous enfuir, juste pour voir. »

La jeune sorcière reconnut immédiatement la voix de son professeur de potion et sentit son cœur se débattre dans sa poitrine. Pendant une seconde ou deux, elle eut l'idée d'ignorer considérablement sa remarque et de s'enfuir, mais se raisonna rapidement, et remis les pieds au sol.

« Sage décision. », reprit-il.

La jeune fille frissonna. Lentement, elle se retourna et vit à quelques mètres d'elle une grande silhouette sombre s'approcher. Honteuse, elle baissa la tête ainsi que sa baguette.

Une fois qu'il fut suffisamment près d'elle, le professeur Snape agrippa avec plus de force qu'il en était nécessaire le poignet de la jeune fille et ajouta :

« Vous êtes sérieusement dérangée, jeune fille. »

Puis, sans ajouter quoi que ce soit, transplana tout en tenant la jeune fille.

Lorsqu'Amélia rouvrit les yeux, elle reconnut la barrière de Poudlard. Subtilement, elle osa jeter un coup d'œil vers son professeur. Elle vit alors qu'il paraissait plus furieux que jamais et qu'il semblait contenir sa rage du mieux qu'il le pouvait, sans grand succès.

Aussitôt qu'il put, le maître des potions relâcha la jeune fille avec une expression de dégout et s'avança d'un pas précipité vers la grande clôture de fer. Grâce à un sortilège complexe, il réussit à l'ouvrir et ils purent entrer dans l'enceinte de Poudlard.

La jeune sorcière le suivit sans riposter, tenant toujours fermement dans ses mains le balai de Derek ainsi que sa baguette magique, bien qu'ils ne prenaient pas le chemin habituel, vers le Hall d'entrée. À la place, ils marchèrent un bon moment sur le sol enneigé, passant en dessous d'une arche de pierre, et s'arrêtèrent uniquement lorsque le professeur l'ordonna.

Amélia remarqua alors une curieuse porte sur l'énorme mur de pierre. Étrangement, elle n'avait pas de poignée, mais la jeune fille n'eut pas besoin de se poser de question que le professeur Snape avait de nouveau sortit sa baguette et murmura une incantation en la pointa sur la porte. Étrangement, rien de bien particulier ne se produisit, mais pourtant, le professeur Snape avait repris le pas en fonçant directement sur la porte toujours fermée. Amélia reprit le pas également, cette fois-ci se posant sérieusement des questions et se stoppa en percevant son professeur passer à travers la porte qui était devenue poussiéreuse pendant quelques secondes et était redevenue à l'état solide aussitôt que le professeur eut disparu. La jeune fille s'approcha nerveusement, se demandant si elle avait accès au château ou s'il comptait l'abandonner dehors pour la nuit. Une fois qu'elle fut suffisamment près, une main passa à travers la porte et s'agrippa après le foulard de la jeune fille et la tira à l'intérieur. Cette dernière, malgré l'effet de surprise, ne cria pas. Cependant, elle n'était pas particulièrement confortable avec la situation.

« Je ne suis jamais allez dans cette partie du château… C'est magnifique… », ne put s'empêcher de préciser la jeune fille en scrutant les alentours, découvrant une panoplie de statue grandeur nature.

Le professeur Snape lui lança un regard menaçant, ce qui exprima assez clairement son irritation envers la sorcière, et reprit le pas. La jeune sorcière n'eut donc pas le choix de le suivre, cette fois prenant soin de ne pas dire un mot. Pendant un moment, ils circulèrent dans ce long couloir désert et prirent finalement une porte qui mena à un escalier. Sans hésiter, le professeur Snape descendit les premières marches, mais dut interrompre ses mouvements en constatant que la jeune fille était cloitrée en haut des marches, parfaitement immobiles.

« Suivez-moi. », ordonna-t-il plus froidement que jamais.

Aussi têtue qu'elle fût, elle le suivit. Elle n'avait peut-être jamais emprunté ce chemin, mais il ne faisait aucun doute qu'ils se dirigeaient désormais vers les cachots. Et cette idée ne plut pas à la jeune fille.

Elle porta bien attention au chemin qu'ils prenaient, s'imaginant faire le chemin inverse au pas de course afin de fuir le pire. Plus ils s'enfonçaient dans les cachots, plus elle paniquait. Une Gryffondor n'était définitivement pas confortable dans un endroit sombre et froid. Pire encore, la pauvre était exténuée et ne rêvait qu'à son lit confortable et chaud.

« Où va-t-on? », osa finalement questionner la jeune sorcière.

« Contentez-vous de me suivre et de vous taire. »

Sa réplique fit froncer les sourcils de la jeune fille, mais elle ne riposta pas, réalisant que c'était probablement le pire moment pour le faire.

Puis, elle reconnut au fond du couloir une grande statue représentant une gargouille. À ce moment, elle sut qu'elle se dirigeait pour la deuxième fois dans sa vie dans les appartements du maître des potions.

Le professeur Snape sortit sa baguette et fit son rite habituel qui permit à la gargouille de se tasser et de laisser place à une grande porte en bois foncé. Il l'ouvrit avec colère et pénétra dans ses appartements. La jeune fille s'approcha lentement, mais s'arrêta dans le cadrage de la porte, hésitante.

Elle vit le professeur Snape se diriger vers l'unique escalier circulaire et lorsqu'il monta les premières marches, il se retourna et fit signe à la jeune fille d'entrer.

« J'en ai pour une minute. »

La jeune fille acquiesça de la tête et fit quelques pas supplémentaires, se retrouvant officiellement dans son entrée et pour ainsi dire, dans une partie du salon. De nouveau, elle fut émerveillée par la beauté de l'endroit et par les centaines de livres qui ornaient l'endroit. Hésitante, elle retira ses bottes, rangea sa baguette et déposa le vieux balai par terre, accoté contre le mur.

Puis, elle entendit un curieux bruit venant de derrière elle et sursauta lorsqu'elle aperçut une forme argentée apparaître dans la grande pièce. Amélia constata qu'il s'agissait d'une sorte d'oiseau, remarquant les grandes ailes de ce dernier. Sans perdre de temps ou porter un quelconque attention à la jeune fille, l'animal argenté, qui se trouvait à être un magnifique Patronus, plus précisément un phénix, vola jusqu'au deuxième étage et se faufila dans le couloir, pénétrant dans une des pièces du haut qu'Amélia se rappela à être le bureau de son professeur.

Pendant quelques secondes, le silence total régna dans la place puis, d'un seul coup, elle entendit des murmures provenant d'en haut. La jeune fille s'approcha alors de l'escalier pour mieux entendre et reconnut la voix de son directeur, le professeur Dumbledore. Il y eut alors un bruit sourd et des pas qui se faisaient de plus en plus insistants. La jeune fille devina qu'il s'agissait du professeur Snape qui refaisait surface alors elle prit soin de se reculer en toute vitesse afin de se retrouver de nouveau à l'entrée du salon. Le maître des potions descendit les escaliers rapidement et se dirigea vers la jeune fille. Cette dernière se figea sur place. Puis, il attrapa sur une petite table le premier livre sur la pire et le fourra dans les mains de la jeune fille en sortant de l'appartement.

« Je ne serai pas partie longtemps. En attendant, vous pouvez lire ce livre. Et je vous ordonne de ne pas sortir d'ici. De toute façon, même si vous le vouliez, vous en seriez parfaitement incapable, croyez-moi. »

Ce fut les derniers mots du professeur Snape avant qu'il ne quitte définitivement l'endroit. La porte se referma d'elle-même derrière lui suivit d'un bruit métallique, signalant en effet qu'en aucun cas la jeune fille ne pouvait en sortir, même si cela avait été son désir le plus cher.

Ne sachant pas trop quoi faire, la jeune sorcière jeta un coup d'œil au livre que le professeur Snape lui avait prêté. Elle fronça les sourcils en observant curieusement le bouquin en cuir brun orné de fiolures dorées. Il n'y avait pas de titre ni le nom de l'auteur inscrit sur la pochette, ce qui obligea à la jeune Gryffondor de l'ouvrir et de vérifier à la première page. Aussitôt qu'elle lut le titre, elle laissa aller un son d'étonnement, n'en croyant pas ses oreilles. Le livre qu'elle tenait entre les mains était exactement le même qu'elle avait emprunté il y a quelques semaines lorsqu'elle avait été expulsée du cours de potion. Elle se rappelait que le professeur Snape lui avait demandé pourquoi elle choisissait ce livre, l'ayant surprise dans la vaste bibliothèque du château en train de chercher des livres sur les potions, et c'est avec honneur qu'elle lui avait dit que c'était pour continuer à apprendre par elle-même sur les théories des ingrédients.

N'en croyant pas ses oreilles, Amélia se laissa tomber sur le divan le plus près d'elle, hochant alternativement la tête de droite à gauche en fixant la reliure du livre, se demandant s'il s'agissait d'une pure coïncidence. En regardant autour d'elle, Amélia constata que c'était pratiquement improbable qu'avec la quantité de livres qu'il possédait qu'elle tombe sur celui-ci par hasard. Afin d'être parfaitement convaincue qu'il s'agissait bien du même volume, elle consulta les premières pages, lisant quelques passages du premier chapitre, qui confirmèrent rapidement l'authenticité du livre. Enfin, il ne s'agissait pas exactement du même qu'elle avait emprunté, car celui du professeur Snape, celui qu'elle tenait dans ses mains à l'instant était nettement moins usé et rapiécé que la version de la bibliothèque.

Le plus incroyable dans tout ça, c'est qu'elle l'avait lu au complet. Elle devait avouer que c'était sans aucun doute loin d'être le livre le plus passionnant qu'elle avait lu, mais grâce à lui, lorsqu'elle avait enfin pu reprendre les cours de potions, elle avait continué à apprendre d'elle-même et ainsi, elle était au même niveau que les autres, et même meilleure que la plupart.

Elle déposa le livre sur le divan, fixant désormais le vide. Malgré l'absence de feu dans la cheminée, l'endroit était paisible et chaud, incitant la jeune fille à enlever son manteau et son foulard. Ses mitaines trainaient à l'entrée, enfouie pêle-mêle sur ses bottes humides. De nouveau, elle scruta les lieux et constata qu'elle était tout aussi éblouie que la première fois. L'appartement lui donnait l'impression qu'en réalité, elle ne connaissait pas du tout son professeur. Rien ne dégageait l'image de froideur ou d'obscurité.

Puis, elle se retourna et vit pour la deuxième fois l'objet qui avait capté son attention la première fois. Dans le coin de la pièce était placé un magnifique piano à queue, luisant de brillance. La jeune fille s'en approcha comme si elle approchait un animal sauvage, hésitante. Elle contourna le magnifique instrument, l'observant de tous les angles, de tous côtés. Elle passa sa main le long du manteau du piano jusqu'à l'avant. Elle vit alors un banc d'une bonne longueur, ayant les pattes gracieusement gravées en forme de serres de sphinx, recouvert d'un siège légèrement bombé. Lentement, elle le recula et s'installa confortablement sur le cuire du banc, plaçant son pied droit sur la pédale forte sans mettre de poids dessus. Lentement, elle allongea les bras, installant ses doigts fins sur les touches ivoire sans peser dessus. Le silence se faisait désormais insistant, n'attendant plus que le premier son apaise son attente.

Puis, Amélia se décida et commença une première montée arpégée en Do majeur. Aussitôt, le son riche et velouté du gros instrument envouta la jeune sorcière. Son intensité augmenta à mesure qu'elle changeait de tonalité. Elle prenait de l'assurance et se détendait de plus en plus, augmentant sa vitesse, partant de notes très graves, montant de plus en plus aigu, appréciant chaque vibration.

Puis, elle s'arrêta subitement, laissant en suspens un accord de Mi b qui s'éteignit au bout d'un moment. Lentement, elle relâcha son pied de la pédale. Elle plaça ses doigts avec précaution sur chaque note et prit une grande inspiration. Elle ferma les yeux aussitôt qu'elle plaqua son premier accord de Fa, qu'elle laissa raisonner dans l'appartement. Puis le second vint quelques secondes plus tard, avec autant de délicatesse et de pureté. Cela faisait déjà plusieurs mois qu'elle n'avait pas écouté le son puissant d'un piano, qu'elle n'avait pas déposé ses petits doigts fins sur les touches en bois de l'épicéa. Le son du piano était absolument magnifique, ce qui l'incita à poursuivre les accords avec plus d'insistance. Puis, elle marqua de nouveau une courte pause, laissant raisonner le dernier accord de cinquième degré. C'est à ce moment-là qu'elle débuta une douce mélodie qui aurait su charmer le plus insensible des humains.

À cet instant, rien au monde n'aurait pu la rendre plus sereine. Toutes ses inquiétudes s'étaient dissipées, même la fin du monde lui aurait paru banale et si peu importante. Elle jouait avec plus d'intensité à mesure que la pièce avançait, remerciant le ciel intérieurement d'avoir la chance de posséder un talent musical aussi développé.

Ses doigts bougeaient agilement sur les touches blanches et noires, envoutant la pièce de timbres chantants et soutenus. Elle était gracieuse et même étrangement féérique, assise derrière l'énorme piano sombre. Une mèche légèrement bouclée de ses longs cheveux bruns recouvrait une partie de son visage tandis que le restant de sa chevelure dense retombait jusqu'au bas de son ventre et de son dos, lui donnant un air un peu mystérieux et mélancolique à la fois. Son regard doré et brillant suivait sa main gauche qui articulait chaque note clairement et également, gardant un tempo modéré. Par moment, elle les refermait, connaissant la pièce si bien qu'elle n'en sentait pas le besoin de devoir regarder où déposer les doigts, sachant exactement où chaque note se situait.

La première partie de la magnifique pièce prenait fin, la ramenant aux accords du début, doux et mélodieux. De nouveau, la savoureuse mélodie refit surface et s'intensifia, allant jusqu'au sommet de la pièce. Puis, elle marqua une courte pause et reprit un nouvel accord menant à la conclusion de la remarquable pièce en La b Majeur. Elle fit résonner le dernier accord dans le vaste salon, appréciant chaque vibration, chaque son. Elle avait joué sans faire la moindre erreur d'accord, sans même accrocher vaguement une mauvaise touche. Aucune friction n'avait fait surface, tout était… parfait.

Puis, le silence complet refit surface. La jeune sorcière rouvrit les yeux et releva lentement la tête. En la tournant légèrement, elle vit alors une silhouette assise sur un fauteuil solitaire. Elle sursauta violemment et se releva presque instantanément en constatant qu'il s'agissait du professeur Snape. Aussitôt les pieds au sol, Amélia referma le couverte sur les touches d'ivoires et s'éloigna du piano le plus possible. Le professeur Snape l'observait d'un air indéchiffrable, sans cligner ne serait-ce qu'une seule fois des yeux. Pourtant, il ne se leva pas, restant assis confortablement sur le fauteuil à fixer la jeune sorcière d'un air inexplicable. Amélia, se sentant incapable de soutenir son regard cette fois, baissa légèrement la tête.

Puis, la voix du maître des potions brisa le silence pesant, résonnant dans les tympans de la jeune Gryffondor.

« Qui est le compositeur de cette pièce? »

Amélia prit une grande inspiration, mais sembla tout de même manquer d'oxygène.

« Je… ehh… », bafouilla-t-elle, confuse par sa question.

« Pardon? » insista Snape en se penchant légèrement vers l'avant, toujours assis sur le fauteuil.

« Ludovico Einaudi. », répondit finalement la jeune fille d'un ton plus assuré.

Le professeur Snape plissa légèrement les yeux en reculant la tête.

« Je vois… Et le titre de l'œuvre? »

« Nuvole Bianche. », répondit la jeune fille, encore sous l'état de choc.

« Hmmm… », puis il marqua une courte pause, l'observant plus intensément que jamais. « C'était vraiment… remarquable. », complimenta-t-il en la regardant toujours avec la même intensité indéchiffrable.

La bouche de la jeune fille s'entrouvrit.

« Hmm… Je… Mer-ci… », répondit-elle, complètement prise au dépourvu.

Il y eut de nouveau un silence embarrassant.

« Vous jouez depuis longtemps? », reprit-il.

« Depuis… Environ… 12 ans. »

Les sourcils du maître des potions s'élevèrent.

« Cela explique en partie votre talent. »

Amélia acquiesça de la tête lentement.

« Votre… piano… il a une sonorité parfaite. », répliqua la jeune sorcière d'un air déconcerté.

Le regard du maître des potions s'adoucit subtilement, puis il joignit ses mains.

« Et le livre, vous l'avez lu? », questionna-t-il en pointant le bouquin que la jeune Gryffondor avait laissé sur le divan.

« Oui. »

« Cela me surprend. Vous l'avez vraiment lu au complet? », ajouta-t-il suspicieusement.

« Oui. »

« Hmm… Je vois. »

« Vous semblez… surpris. » questionna la jeune fille avec lenteur.

Ce dernier ne répondit pas, préférant ignorer sa question, comme à son habitude.

« Vous voulez savoir ce qui me surprend réellement? » questionna-t-il finalement, prenant un ton sérieux, son regard devenant de plus en plus obscur à chaque instant.

La jeune fille hésita un moment, mais comprit qu'elle n'avait pas vraiment le choix.

« À quel point vous êtes égoïste et ignorante. »

Amélia fronça des sourcils, parfaitement insultée.

« Voyez-vous, jeune fille, je me questionne encore à savoir ce qui a bien pu se passer dans votre tête pour avoir ainsi sauté d'un train! »

« Je... », commença la jeune fille, mais s'interrompit en voyant le maître des potions se levé de son fauteuil et se diriger vers elle d'un pas insistant. Elle resta clouée sur place, observant le maître des potions s'arrêter à un mètre d'elle, se penchant légèrement vers l'avant.

« Vous voulez savoir ce qui m'irrite vraiment? », murmura-t-il, la mâchoire serrée, en la fixant droit dans les yeux.

La jeune sorcière avala bruyamment sans détourner le regard, bien qu'elle en mourait d'envie. Le silence se faisait insistant et la jeune fille n'osa plus respirer.

Puis, le professeur Snape se redressa lentement en fermant les yeux, gardant ses sourcils noirs froncés. Il hocha la tête d'un sens puis de l'autre tout en plaquant une main contre son front, totalement exaspéré. La jeune fille baissa les yeux, se sentant de plus en plus mal.

« Sortez. », murmura-t-il si doucement que la jeune fille ne fut pas certaine qu'il eut vraiment parlé.

Puis, voyant que son élève ne réagissait pas, le maître des potions fit volteface en se dirigeant vers la porte d'entrée. Il l'ouvrit lentement, ce qui n'était pas à son habitude, mais ne se retourna pas. Il se contenta de fixer le mur en face de lui d'un air absent. En s'approchant, Amélia crut qu'il semblait troublé et perdu dans ses pensées, mais ne put réellement le confirmer dû au fait qu'elle avait détourné le regard rapidement vers son manteau qui était encore sur le divan. Rapidement, elle le ramassa et se dirigea vers la porte sans le regarder. Elle se pencha afin de ramasser ses bottes sans même prendre le temps de les enfiler, tenant le vieux balai dans sa main libre et sortie de l'appartement, se retrouvant dans les couloirs sombres et froids des cachots. Avant de s'éloigner complètement, elle s'arrêta subitement et se retourna légèrement, voyant uniquement le profil du maître les potions à travers le cadrage de la large porte.

« Je suis vraiment désolée d'avoir été d'une compagnie aussi pénible pour vous. », conclut la jeune sorcière d'un air sincèrement attristé.

Le professeur ne se retourna pas vers elle, fixant toujours le mur en face, mais elle vit ses yeux noirs se plisser subtilement, non pas d'un air irrité, mais plutôt d'un air mélancolique.

Puis, la jeune fille s'éloigna dans le couloir, marchant sur le sol de pierre avec ses petits bas de laine tricotés à la main. Elle entendit la porte se refermer derrière elle d'un bruit sourd et le couloir devint encore plus sombre dut au fait que la lumière du salon qui procurait un peu de clarté au couloir était désormais séparée d'un mur de pierre et d'une lourde porte dissimulée par une gargouille qui avait repris sa place devant l'entrée afin de garder les lieux en sureté. Seules les lanternes accrochées aux murs lui permettaient de voir où elle mettait les pieds.

D'un côté, elle aurait voulu retourner dans son salon, à jouer paisiblement du piano, au chaud et en sécurité. Mais elle savait que ce n'était qu'une illusion et que jamais il ne l'amènerait dans son salon de nouveau. Qui sait, peut-être qu'il ne lui parlerait même plus.

.oOoOo.

Ouuuuf… Ok, je dois l'avouer… La fin de ce chapitre est pratiquement aussi chiante que le précédent! (cruauté abondante…) Mais je vous jure que ce n'est pas mon but de vous torturer ainsi ET c'est pourquoi je promets de poster un nouveau chapitre (que j'ai déjà commencé…) d'ici euuuh...bientôt ^_^ hihihi non, mais disons dans 2 JOURS :) Rendez-vous le 28 décembre! Ouééééé! (avec Snape au menu?)

BREF! Merci de lire encore ma fiction (comme je l'ai déjà dit 184682000123 fois, je ne compte surtout PAS abandonner ma fiction comme beaucoup l'on fait, donc si des fois ça semble long, je suis sincèrement désolée, mais ne vous inquiétez pas, je n'arrête pas!)

Disons simplement que ces derniers temps, la vie c'est acharnée sur ma famille et je vis présentement un deuil… Grand-Mère Sissi s'en est pas trop mal tirée, grâce à Ste Mangouste, mais la mienne n'a malheureusement pas survécut dans notre hôpital Moldu… (c'est triste parce qu'en plus, on dirait que j'ai toujours des excuses pour justifier ma lenteur à poster un chapitre… Mais je n'y peux vraiment rien on dirait…) Mais au fond, ça me prouve à moi-même que je suis vraiment dévouée et que malgré ces épreuves difficiles, j'arrive toujours à trouver le courage de poursuivre ma fiction comme je le souhaite.
Au fond, écrire cette fiction est une passion et l'abandonnée serait pour moi une pure tragédie. Vous n'êtes peut-être pas bien nombreux à la lire, mais bon sang que ça me fait chaud au cœur quand je reçois un review de votre part… Ça me fait réaliser à chaque fois que vous non plus ne m'avez pas abandonnée…
Et ça, c'est le plus beau des cadeaux.

Mais surtout, j'espère que vous avez passé un très joyeux Noël (pour ceux qui célèbrent cette fête..) et je vous souhaite bonheur, prospérité, santé et surtout, l'amour. :)

Oh! Et la pièce que notre héroïne à jouer avec brio, Nuvole Bianche de Ludovico Einaudi, est absolument sublime. C'est l'une de mes préférés et j'adore la jouer au piano… C'est pourquoi je l'ai introduite dans ma fiction, afin de partager la beauté inouïe de cette œuvre. Aller l'écouter sur Youtube, ça en vaut vraiment la peine.

Dernier truc…

*** lulubibi28 : Ne t'inquiète pas, je suis bien LOIN de manquer d'idées hihihi (c'est plutôt de TEMPS dont je manque grandement...)

**** ET FINALEMENT pour ma chère Bijin-Chan : AHH que tu m'as bien fait rire dans ton review (comme toujours!) Je suis vraiment désolée de t'avoir fait attendre si longtemps! (je me trouve nul… vraiment… Et surtout en pensant à tes petits yeux de «cocker-abandonné-sur-l'autoroute-par-un-soir-de-pluie»… mais je compte me rattraper pour toi et pour tous les autres!)

**Encore une fois merci… À tous.**

xoxo