Chapitre 31 : Mieux que pire

Assise près de la fenêtre, Amélia admirait le ciel étoilé qui s'affichait devant elle. Sereine, elle repensait au mois de novembre qui prenait fin. Beaucoup de choses s'étaient produites en ce mois des brumes, entre autres l'attaque qu'avait subie sa grand-mère et qui l'avait pratiquement mise à terme. Heureusement, elle s'en était plutôt bien tirée et cela faisait déjà une semaine qu'elle était retournée chez elle, dans sa magnifique demeure dans l'Est de l'Angleterre. La jeune sorcière avait expérimenté un retour au château après sa courte visite à Ste Magouste plutôt inattendu, plus spécialement à cause de l'arrivée des Détraqueurs et sa petite fugue qui l'avait mené vers un village nommé Balleter, où elle avait fait la rencontre d'un charmant jeune homme, Derek. Depuis la soirée où elle était restée dans le pub, discutant de tout et de rien, elle avait communiqué à maintes reprises avec le charmant sorcier.

Mais tout n'était pas rose et bleu. À son retour à Poudlard, elle avait également apprise des nouvelles bien désolantes. Durant son weekend à Londres, le premier match de Quidditch de la saison s'était déroulé. Certes, les Gryffondor avaient remporté la partie contre les vicieux Serpendard, mais les rouges et or avaient subi une perte bien plus grande que les vipères. C'est avec haine que les jumeaux lui avaient révélé à son retour qu'ils avaient été bannis à vie et que plus jamais ils ne participeraient à un match de Quidditch dans l'enceinte de Poudlard. La nouvelle l'avait secoué. Ainsi, l'équipe sportive de Gryffondor avait perdu leurs deux batteurs, sans oublier le pilier de leur équipe, l'attrapeur, c'est-à-dire Harry Potter. Attristée par la nouvelle, furieuse contre cette injustice, la jeune sorcière avait senti le besoin de se venger contre la vieille folle que l'on nommait la Grande Inquisitrice, celle qui avait osé ruiner le plaisir des jumeaux et de Potter ainsi que les chances à Gryffondor de remporter la Coupe de Quidditch.

Ainsi, au cours de défense contre les forces du mal, qui s'était déroulé un mardi matin, Amélia avait jeté un sort imprononcer au professeur Ombrage, qui lui avait valu une chute épique devant toute la classe, renversant sur elle la ridicule tasse de thé qu'elle tenait dans sa petite main dodue. Certes, son geste lui avait valu un mois entier de retenues, qui s'était officiellement terminé ce soir même d'ailleurs, mais elle ne regrettait pas le moins du monde son action qui avait fait rigoler toute la classe.

En se penchant, elle regarda de nouveau le dessus de sa main gauche et resserra son bandage, tout en sachant pertinemment que ça n'enlèverait pas les picotements désagréables qui la torturaient depuis un certain temps. Puis, elle releva la tête et se mit à contempler de nouveau le ciel d'un splendide bleu de Prusse.

Puis, elle repensa au cours d'histoire et à quel point elle craignait terriblement l'arrivé de l'examen, qui risquait d'être particulièrement pénible et rigoureux. Au moins, elle était prête pour celui de sortilège et de métamorphose. Et puis, si elle avait de la chance, elle ne se ferait pas avaler par sa plante lors de l'épreuve de botanique. Instinctivement, elle se retourna vers sa table de chevet, là où sa petite voltiflor reposait en paix. Puis, les yeux sombres de celui qui lui avait offert l'étrange plante lui revinrent en mémoire et elle détourna aussitôt le regard.

Ce dernier mois, elle n'avait pas vraiment communiqué, si tel était le mot, avec le maître des potions. Il l'évitait sans aucune gêne et faisait comme si elle n'existait pas. Et c'était mutuel. Ils ne s'étaient pas rencontrés de nouveau au sujet de la bague. En fait, ils n'en avaient même plus reparlé.

De nouveau, elle se retourna et contempla la chambre circulaire. Il faisait très sombre et toutes les filles du dortoir dormaient profondément. De temps à autre, Amélia entendait un ou deux ronflements d'Angelina, ce qui la faisait si souvent rire.

Puis, le silence refit surface. Amélia arrivait à entendre le tic-tac de sa petite horloge qu'elle avait sur sa table de chevet. Elle regarda rapidement l'heure et vit les aiguilles qui indiquaient 11:59.

« Plus qu'une minute avant le 1er décembre. », chuchota-t-elle doucement.

Elle se rapprocha de son lit, tira lentement ses couvertures douces et tièdes aux couleurs antiques. Sans aucun bruit, elle s'emmitoufla dans sa couette de lit et replaça son oreiller en taponnant un peu dessus. Lorsqu'elle regarda de nouveau vers son horloge, elle vit qu'il était désormais minuit. De nouveau, elle chuchota pour elle-même :

« Joyeux anniversaire… »

Alors, elle tira soigneusement ses longs rideaux, ferma les yeux, et s'endormit presque aussitôt.

Son réveil le lendemain ne fut pas de repos. On avait tiré les rideaux et on la bombardait d'oreillers et de tout ce qui avait de mou et plutôt inoffensif dans la pièce.

« Bonne fêêêêêêêêêêêête Amélia! », s'écrièrent en chœur les jeunes Gryffondor.

Amélia se redressa dans son lit et ne put s'empêcher de sourire en voyant la tête de ses amies, Angelina Johnson, Alicia Spinnet et Katie Bell, qui la regardait avec des visages réjouis et joyeux, vêtus de pyjamas rouges.

Puis, elle vit au pied de son lit quelques paquets cadeaux soigneusement emballés de toutes sortes de couleurs.

Amélia releva alors la tête vers ses amies en s'écriant :

« Oh! Vous n'auriez pas dû! »

Katie Bell s'approcha et la bouscula en sautant sur son lit près d'elle.

« Ouvre le mien en premier! »

Amélia lui sourit.

« C'est celui avec l'emballage rose. », spécifia-t-elle en pointant la petite boîte soigneusement enveloppée.

Amélia rampa jusqu'au pied de son lit et se pencha afin de ramasser le joli paquet.

Elle l'ouvrit avec curiosité et hurla joyeusement en constatant qu'il s'agissait de magnifiques boucles d'oreilles en perles.

« Ahhhhh! Katie! Wow! Merci! Je les adore! »

Katie se redressa fièrement, un sourire ravi recouvrant son visage.

« Ok ok! Ouvre le mien maintenant! », s'écria Angelina en sautant d'une jambe à l'autre.

Amélia se pencha de nouveau et ramassa celui qu'Angelina lui indiquait. Minutieusement, Amélia déballa l'emballage aux couleurs de la mer et y trouva un joli chemisier rose. Aussitôt, Amélia l'essaya et constata qu'il lui allait à merveille. Toutes les filles éclatèrent de rire en la voyant se pavaner fièrement le long de la chambre comme un top model.

Puis, elle déballa celui d'Alicia et y trouva un ensemble de bagues. Elle leva aussitôt les yeux vers sa copine et la remercia.

« Je sais que ce n'est pas comme la bague de génération que ta grand-mère ta donnée, mais je me suis dit que ça te ferait plaisir d'en avoir d'autre en cadeau… », s'exprima Alicia.

« Merci, c'est très gentil de ta part, elles sont superbes! C'était vraiment une bonne idée, j'apprécie beaucoup… », remercia Amélia en enfilant un magnifique anneau celtique dans son annulaire et une autre d'un style beaucoup plus simple, mais tout aussi adorable dans son majeur.

Puis, elle ouvrit le quatrième, sous les regards excités des jeunes sorcières. Suspicieuse, Amélia ouvrit finalement la boîte puis éclata de rire en y sortant un ensemble de lingerie.

« C'est quoi ça? », ajouta-t-elle en tenant le haut en dentelle en rigolant bruyamment.

« C'est pour ta prochaine sortie avec le beau Derek! », s'écria malicieusement Katie.

Amélia la regarda avec des gros yeux, se voulant être scandalisé, mais qui s'avéra à faire l'effet totalement inverse, ce qui fit rigoler davantage les jeunes filles.

« Vous êtes… aghrrr! », s'exaspéra Amélia en levant les yeux au ciel tout en riant.

Les filles se regardaient du coin de l'œil, parfaitement satisfaites de leur blague.

« En tout cas, moi, j'ai bien hâte de rencontrer ton petit ami! », s'exclama Angelina.

« Ok. Primo, on ne s'est vue qu'une fois. Secundo, vous le savez très bien que ce n'est pas mon petit ami! », s'exclama Amélia.

« C'est tout comme! Tu lui plais, il te plaît! Vous attendez quoi? », ajouta Alicia, les mains sur les hanches.

Amélia les regarda toutes les trois à tour de rôle, espérant qu'une d'entre elles allait éclater de rire en disant qu'il s'agissait d'une bonne blague. Pourtant, elles la regardèrent toutes avec un sourire coquin et malicieux.

« Ah! Vous êtes… Vous êtes… Aghhhhhrrrr exaspérante bon! »

« En tout cas, tu seras prête pour le prochain rendez-vous! »

« Le prochain rendez-vous? On n'a jamais eu de rendez-vous! On s'est vu une fois! Depuis, on s'envoie de temps à autre des lettres, c'est tout… »

« De temps à autres? Il t'écrit trois fois par semaine! »

« Ce n'est arrivé qu'une seule fois! »

« Et puis? Ça prouve quand même que tu lui plais! »

« On change de sujet s'il te plaît? »

Les filles ripostèrent en riant, mais n'en rajoutèrent pas, au plus grand bonheur d'Amélia.

« Bon! On s'habille et on va déjeuner? », proposa Katie.

« Oh oui! J'ai une faim de loup ce matin! », confirma la fêtée.

« Moi aussi! Je mangerais le calmar géant! », ajouta Alicia.

« Beurk… T'es dégueu… », répliqua Katie en lui faisait une grimace.

Ainsi, les jeunes Gryffondor enfilèrent leurs habits de sorcières et sortirent de leur dortoir, le sourire aux lèvres. En descendant les escaliers, les jumeaux les attendaient dans le salon et aussitôt qu'ils virent Amélia, débutèrent un chant glorieux :

Joyeux Anniversaire!
Toi t'es une vraie guerrière!
T'es la plus cool des vengeresses!
En faisant tomber Ombrage sur les fesses!

Les filles éclatèrent toutes de rire simultanément. Les jumeaux paraissaient en bonnes formes, du moins assez pour changer les paroles de la chanson traditionnelle que les gens fredonnent dans des tonalités totalement cacophoniques lors des anniversaires. Leurs attitudes rassura Amélia, qui avait remarqué un changement drastique de comportement ces derniers temps depuis leurs renvois de l'équipe de Quidditch. Elle avait remarqué qu'ils avaient tendance à s'isoler, chuchotant suspicieusement dans leurs coins. Cela peinait beaucoup la jeune fille, car elle les considérait comme ses meilleurs amis et elle craignait qu'ils mijotent quelque chose qui pourrait potentiellement affecter leur statue à Poudlard.

Mais aujourd'hui, elle s'était promis de ne pas déprimer et d'en profiter en grand. Après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on avait 18 ans.

Les jumeaux lui offrirent alors également un petit présent. Touchée, elle l'ouvrit et constata qu'il s'agissait de toutes sortes de farces et attrape de chez Zonko. Amélia sourit pour elle-même. Évidemment.

Ensemble, les Gryffondor se rendirent à la Grande Salle afin de prendre le petit déjeuner, prêt à débuter une nouvelle journée. La jeune sorcière remarqua que tout le monde semblait plus joyeux, dut particulièrement au fait que l'on était vendredi et qu'il ne restait plus qu'une journée avant le weekend, mais également, car on était le premier jour de décembre, et cela signifiait que l'on entrait officiellement dans la période des fêtes, se rapprochant à grands pas de noël, en ce temps où les familles se réunissaient et où l'on profitait des vacances à jouer dans la neige et à manger de bons biscuits en pain d'épice. En arrivant dans le couloir menant au Hall d'entrée, juste à côté des grands escaliers, un énorme sapin ornait la place, décoré magnifiquement et donnant une agréable odeur de boisé au château. À côté, une chorale de fantôme fredonnait des airs connus de Noël, célébrant avec joie l'arrivée du temps des fêtes.

En s'assoyant à la grande table des Gryffondor, Amélia se fit souhaiter à même reprise des joyeux anniversaires chaleureux par ceux qui ne l'avait pas encore croisée, ce qui la toucha que les gens se rappelaient du jour de sa fête.

Pendant qu'elle s'aplatissait les cheveux sur la tête, dû au fait que Lee Jordan venait de lui froisser la chevelure du crâne en rigolant, les plats de nourritures fumants et alléchants firent apparition au centre de la table. Amélia se servit une assiette de rondelles de patates grillées au poêlon assorti de petites saucisses de porcs accompagnés d'œufs tournés et de toasts. Les autres se servirent une assiette similaire, tous excités à l'idée d'avoir un petit-déjeuner plus alléchant qu'à l'habitude.

« J'adore le temps des fêtes! », s'exclama George, la bouche pleine de purée de bines.

« Ouais, moi aussi! Et j'aime lorsqu'Hagrid va chercher un énorme sapin et qui l'affiche dans le Hall! », ajouta Katie.

« Ouais ben moi, je déteste quand les fantômes chantent! Ça me casse les oreilles! », ronchonna Lee.

« Tu veux rire? », s'indigna Amélia.

« Ai-je l'air de rire? », répondit Lee, le plus sérieux du monde.

« Mais c'est hyper beau! Ils ont une voix parfaitement harmonieuse! », poursuivit Angelina.

« Hyper beau? Une voix parfaitement harmonieuse? Mais vous êtes dingues ou quoi? »

Lee reçut une tape à l'arrière de la tête, gracieuseté d'Angelina.

« Aiiye! », s'exclama Lee Jordan en se grattant l'arrière du crâne. « Hé! C'est quoi ton problème? », ajouta-t-il en la dévisageant.

« T'essayeras de chanter Minuit Chrétien harmonieusement pour voir! », s'exclama Angelina.

Fred faillit avaler sa fourchette.

« Waouh Angie! Tu n'es quand même pas sérieuse là? », demanda le rouquin en s'étouffant.

La capitaine de Gryffondor croisa les bras en leur jetant des regards noirs. La pauvre était à fleur de peau depuis le match de Quidditch contre les Serpentard. Elle ne leur avait toujours pas pardonné d'avoir provoqué une bataille qui leur a valu leur renvoi de l'équipe de Quidditch.

« Bon bon… Ce n'est pas bien grave. La prochaine fois que tu passeras devant les fantômes, Lee, t'auras qu'à te boucher les oreilles… », suggéra Alicia d'un ton las.

« Et imaginer Angelina chanter Minuit Chrétien à tue-tête! », ajouta George.

Tout le monde éclata de rire, sauf Angelina, bien sûr. Par contre, tous remarquèrent son effort colossal à ne pas rire de la blague, ce qui ramena l'atmosphère plaisante au groupe.

À cet instant, une centaine de hiboux firent apparition dans la Grande Salle, tous délivrant des lettres et des colis aux étudiants. Amélia ne fut guère surprise en voyant atterrir près d'elle la magnifique chouette effraie de Grand-Mère Sissi, Ruby, avec deux petits paquets ainsi qu'une carte qu'elle tenait fermement entre ses pattes. Amélia lui gratta soigneusement le côté de la tête, glorifiant la douceur du moelleux duvet gris et doré de l'animal.

« Dit donc, tu as travaillé fort pour venir jusqu'ici avec tous ces paquets! », murmura doucement Amélia à la chouette en prenant la petite enveloppe qui était déposée sur la table.

La chouette la regarda de ses adorables yeux noirs et hulula joyeusement lorsque la jeune Gryffondor lui donna un petit morceau de toast qui restait dans son assiette en guise de remerciement. La chouette déglutit de morceau de pain d'un seul coup et étira ses grandes ailes, s'envolant gracieusement.

En ouvrant ce qui se révéla à être une aimable petite carte, Amélia lut le message chaleureux et rempli d'amour que sa grand-mère lui avait écrit, promettant de lui donner ses autres cadeaux à son retour. Amélia rigola en imaginant sa grand-mère tentée de convaincre Ruby de voler jusqu'ici avec les deux paquets et la carte. Grand-Mère Sissi avait des manières douces et convaincantes, ce qui avait dût charmer l'oiseau facilement. De plus, elle devait lui avoir promis de multitudes gâteries à son retour.

Puis, la sorcière serra la carte dans son sac à bandoulière beige et ouvrit le premier paquet, y découvrant un assortiment de ses gâteries favorites : de somptueux chocolats belges pralinés en forme de coquillage. Elle sourit de toutes ses dents en rangeant soigneusement la petite boîte contenant une douzaine de confiseries dans son sac et ouvrit le deuxième paquet avec autant d'enchantement et de curiosité. Elle déchira le papier d'emballage couleur lilas et y trouva une magnifique broche à cheveux, ornée de pierres de lunes bleutées. Elle s'exclama joyeusement en la montrant aux filles, qui eurent à peu près la même réaction qu'elle.

« Oh! C'est maaaaaagnifique! », dit Angelina en prenant le bijou dans ses mains.

« Woooo… Tu me connais, je ne suis pas très « bijou », mais je dois admettre que cette broche est vraiment à croquer! », ajouta Alicia.

Alors qu'Amélia reprenait la broche et la remettait dans sa petite boîte, un groupe de Serdaigle se leva simultanément.

« Bon, je regrette de devoir dire cela, mais je crois que nous devrions nous bouger les fesses et nous diriger vers les cachots… », suggéra Lee.

« Ah ouais… beurk… cours de potion… », répliqua Fred.

Ensemble, ils se levèrent et quittèrent la Grande Salle d'un pas trainant, regrettant de devoir aller s'enfermer dans une classe bondée d'imbéciles Serpentard.

« Bon, alors, à plus tard! », salua Katie en se dirigeant vers le couloir menant au cours de métamorphose.

« À plus! », répondit Amélia en lui faisant un signe de main.

Même en marchant plutôt lentement et en rigolant durant au moins la moitié du trajet, les Gryffondor réussirent miraculeusement à arriver à l'heure au cours de potion. Le professeur Snape était déjà en classe, assis patiemment à son bureau à l'avant de la classe.

Comme les semaines d'avant, il ignora considérablement l'arrivée de la jeune fille. Il se leva se sa chaise lorsque l'horloge indiqua neuf heures et se dirigea vers la porte afin de la refermer. Au moment où il atteint la poignée de la porte, Markus Flint s'éclipsa dans la classe, essoufflé. Le professeur le regarda froidement, mais n'ajouta rien. Amélia grogna silencieusement face à cette injustice. En effet, il ne faisait aucun doute que s'il s'agissait d'un Gryffondor, il se serait donné à cœur joie à enlever des points à leur maison et à affirmer à haute voix à quel point les rouges et or étaient insupportablement en retard afin de ridiculiser la pauvre victime. Malgré le fait que tous les Gryffondor avaient également pris conscience de l'inégalité, personne n'était assez stupide pour répliquer. Ils savaient tous que ça n'aurait mené qu'à des conséquences.

Ainsi, le cours débuta dans un silence quasi total. Amélia se concentra une fois de plus, le nez plongé dans son livre à essayer de décortiquer les ingrédients qui étaient devant elle.

Elle eut toutes les misères du monde à attraper un têtard qui n'arrêtait pas de grouiller dans son bocal, et elle se sentit terriblement mal lorsqu'elle acheva la torture du pauvre petit amphibien en le plongeant dans la solution rougeâtre qui bouillait à petits feux dans son chaudron en étain. Elle prit conscience du regard de dégout que Flint lui jetait et dût se retenir de lui jeter par la tête un des yeux de poisson-fumeur qu'elle contenait dans un bocal à côté d'elle en le voyant lancer dans les airs un pauvre têtard qui se débattait avec panique.

« Ignore cet imbécile… », chuchota Fred, en se penchant vers la jeune sorcière en déposant une main sur son épaule afin de la rassurer. Amélia se retourna et le remercia du regard.

À maintes reprises, les élèves se levaient afin d'aller récupérer certains ingrédients dans l'armoire, laissant mijoter leur potion, si l'on pouvait appeler ainsi le liquide infâme d'une couleur douteuse que la plupart concoctaient et qui leurs mériteraient surement un T pour Troll.

Puis, Amélia se leva pour la seconde fois en se dirigeant vers l'armoire de Snape. Elle remarqua que Flint semblait se lever plus que les autres et pour bien des raisons, cela l'ennuya légèrement, mais elle n'avait pas de temps à perdre à s'inquiéter et sa potion ne pouvait attendre. En prenant une racine de marguerite, elle le surprit en train de prendre dans ses mains l'énorme bocal contenant des cafards morts en souriant sinistrement.

Aussitôt, elle voulut s'en éloigner le plus vite possible, mais il fut plus rapide qu'elle et au moment où il se retourna, il fit semblant de s'enfarger dans ce qui aurait uniquement pu être la poussière du sol, ce qui entre autres ce révélait à être parfaitement absurde, et fit tomber le bocal rempli de cafards morts sur la jeune sorcière.

« Aaaaagggghrrrr! », s'écria-t-elle en reculant de quelques pas, secouant sa tête violemment.

« Whoops! », s'exclama Flint d'un air faussement désolé. « Et dire que je viens de gâcher ta parfaite journée d'anniversaire ! », ajouta-t-il d'un ton sarcastique en l'observant d'un air cruel sans même faire semblant qu'il s'agissait d'un accident. De toute façon, il aurait fallu être sérieusement dérangé pour croire que ce l'était.

Le professeur Snape se leva de sa chaise, laissant tomber la plume qui avait dans les mains par terre. Il fronça des sourcils en s'approchant, mais s'immobilisa aussitôt qu'il vit la jeune Gryffondor rugir furieusement en fonçant directement sur Markus.

« Espèce de crétin! », s'exclama Amélia en le poussant violemment contre l'étagère contenant une bonne centaine de bocaux.

Ce qui suit se passa presque au ralenti. La jeune fille entendit un bruit de vitre et releva aussitôt la tête en observant avec horreur une des tablettes se décrocher, laissant tomber tous les bocaux qui étaient dessus. Markus Flint avait également relevé la tête, les bras accotés contre une des tablettes plus basses qui l'avaient soutenu face à la bousculade. Bien qu'il l'aurait clairement voulu, il n'eut pas le temps de s'éloigner et une bonne dizaine de pots contenant des substances sans aucun doute infâmes tombèrent sur lui, le restant s'écrasant aux alentours. Amélia n'avait rien reçu, par chance, et s'éloigna aussitôt qu'elle en eut l'occasion, sans toutefois détourner du regard Markus Flint. Du coup, une forme de fumée verdâtre se propagea dans la classe, exposant une odeur particulièrement désagréable qui allait jusqu'à piquer les yeux.

« Sortez de la classe! Sortez tous! Vite,vite! Et retenez votre respiration le plus possible! », s'écria soudainement la voix rauque du maître des potions.

Les élèves se bousculèrent en tentant de sortir de la classe le plus rapidement possible, recouvrant leurs visages à l'aide de leurs bras, toussotant bruyamment et plus inquiets que jamais. George attrapa Angelina par le bras et Amélia les suivit de près, accompagné de Fred et de Lee. Au fond de la pièce, on pouvait entendre Markus se lamenter péniblement. En apercevant le professeur Snape sortir de la classe en dernier, tenant par le coude Markus Flint, Amélia ne put s'empêcher de plaquer une main sur sa bouche. Le maître des potions fit fermer la porte d'un simple mouvement de la main et s'écria :

« Je vous interdis de vous approcher de cette classe! Allez tous dans la Grande Salle! »

Les élèves observèrent le professeur s'éloigner avec Flint et deux de ses amis qui les suivait, troublés.

« Bien fait pour lui! », s'exclama Lee en dévisageant Markus, qui était désormais couvert de furoncles.

Mais Amélia ne pensait pas ainsi. Son estomac était noué et elle avait désormais très froid.

« Amélia? Ça va? », questionna Alicia, inquiète.

Amélia fit signe que non de la tête.

« Amenons-la à l'infirmerie. », dit alors Angelina.

« Non! Non… Je vais bien! Je n'ai pas besoin d'aller à l'infirmerie… C'est juste que… Bon sang… Je ne voulais pas réellement le blesser… », répliqua Amélia en se rongeant l'ongle du pouce.

« Amélia! C'est un crétin! Il l'a cherché, il l'a mérité! Tu n'as absolument pas à te sentir mal… De toute façon, Madame Pomfresh va s'en charger et je suis sûr qu'il ira bien très bientôt… Malheureusement… », répondit Fred d'un air sombre.

« Ahhhh! Et puis je vais tellement être dans le pétrin! Snape va me torturer pendant un autre mois entier, probablement à me forcer à astiquer chaque petit contenant. Aaaaghhrrr! », se lamenta Amélia en se laissant choir sur le sol.

« Amélia, ne t'inquiète pas avec ça, on protestera avec toi! », s'exclama Lee en se laissant tomber à côté d'elle, passant un bras autour de son cou.

« Et ça va servir à quoi? Il va vous punir aussi et personne n'aura gagné sauf Snape… C'est toujours ainsi… »

« Peut-être, mais au moins, tu auras un peu d'aide pour astiquer les bocaux… », répondit Fred en lui faisant un clin d'œil en déposa sa main sur la tête de la jeune sorcière.

Amélia esquiva un petit sourire en coin, bien que ses yeux exprimaient toujours de l'inquiétude.

« Euh… Ce n'est pas que je veux vous pressez ou quoi que ce soit, mais tout le reste de la classe a déjà quitté le couloir et il commence à avoir de l'étrange fumée verte qui passe en dessous de la porte… », répliqua Angelina d'un ton légèrement paniqué.

Fred, George, Amélia, Alicia ainsi que Lee se retournèrent simultanément vers la porte, suivant le regard d'Angelina.

« Bon sang! », s'exclama Lee.

« Fichons le camp d'ici! », ajouta George.

Aussitôt, les Gryffondor s'éloignèrent d'un pas pressant du couloir et en moins d'une dizaine de minutes, eurent rejoint les autres élèves de Gryffondor et de Serpentard de la classe de potion dans la Grande Salle.

La plupart des Serpentard dévisagèrent Amélia et les autres en les voyant arriver. Cette dernière baissa les yeux, contrairement à son habitude, et s'installa à côté d'Alicia, couchant sa tête sur son épaule.

« Je suis désolée si je sens l'horrible cafard mort… », s'excusa Amélia d'un ton las.

« Tu ne sens pas le cafard mort, Amélia… », assura Alicia.

« Oh! Une chance que ce n'est pas à moi qu'il a fait ce coup… », répliqua Lee Jordan d'un air rassasié.

« Ouais, une chance! Tu te serais ridiculisé à la mort en criant comme une gamine! », répliqua Angelina avec un sourire narquois.

Lee Jordan afficha une mine grincheuse en croisa les bras. Les Gryffondor éclatèrent de rire, même Lee finit par succomber.

À cet instant, des bruits de pas se firent entendre venant du couloir près de la Grande Salle et tous se turent en voyant le maître des potions entrer dans la vaste pièce, suivit de deux des élèves de Serpentard qui avait accompagné Flint.

Pendant que les deux Serpentard s'installèrent aux côtés de leurs camarades, le professeur Snape s'arrêta uniquement lorsqu'il fut arrivé au bout des quatre grandes tables.

« Nul besoin de vous exprimer la raison de l'annulation du cours de potions ce matin, je présume? », questionna-t-il d'un air sombre.

Personne ne répondit.

« Si vous vous sentez mal dans les 48 prochaines heures, que ce soit un léger mal de tête, une toux, un mal d'estomac ou autres malaises quelconque, je veux que vous vous dirigiez immédiatement à l'infirmerie. J'ai avisé Madame Pomfresh de la situation donc j'insiste sur ce fait. »

Tous l'observèrent avec de grands yeux ronds, osant à peine respirer. C'était impressionnant à quel point il pouvait avoir l'attention de tout le monde ainsi, alors qu'il y avait une bonne douzaine d'idiots dans le groupe qui auraient normalement chuchoté stupidement.

« Retournez dans vos dortoirs jusqu'à l'heure du déjeuner. Il est interdit de flâner dans les couloirs. Sachez que si l'on vous surprend à rôder, la punition qui vous sera normalement donnée sera triplée. Sortez, maintenant. »

Alors que les élèves se levaient et quittaient la Grande Salle, le professeur passa à côté du groupe de Gryffondor et murmura à Amélia d'une voix claire :

« 50 points seront retirés de votre maison, Miss Walters. »

Amélia baissa la tête. Le professeur s'éloigna d'un pas précipité, l'air sombre. Fred se pencha aussitôt vers la Gryffondor.

« Whoua! C'est génial! Il ne t'a même pas donné de retenue! »

« Fred, il a enlevé 50 points à notre maison… », répliqua la jeune sorcière.

« Et puis? C'est déjà assuré qu'on ne gagnera pas la Coupe de Quatre Maisons de toute façon alors un petit 50 points de plus ou de moins, quelle est la différence? », assura George d'une voix aisée.

Amélia haussa les épaules, mais ne fut pas totalement assurée pour autant.

« Euh bien moi, je ne sais pas pourquoi vous faites cette tête, les filles! », poursuivit Lee.

« Quelle tête? », répliqua Alicia.

« Je vais t'en faire une tête moi, tu vas voir! », ajouta Angelina

« Sérieusement là, on s'en va se réchauffer dans notre salle commune au lieu de se congeler les basquets dans les cachots à préparer une stupide potion qui aurait l'air de tout sauf ce qui est indiqué dans le livre. Comment la vie pourrait être mieux? »

« Elle pourrait être mieux si l'horrible grenouille s'étouffait avec sa petite cuillère et faisait flamber sa chevelure hideuse, ainsi on aurait des chances que le double cours de défense contre les forces du mal de cette après-midi soit annulé également. »

« Ah… Ouais… Quoique… On n'a encore du temps pour mijoter un plan… », commença George.

Amélia releva la tête et lui fit des gros yeux.

« C'est une petite blague… », ajouta George, plus ou moins sérieusement.

Amélia hocha la tête d'un côté puis de l'autre en poursuivant le chemin vers la salle commune.

En arrivant dans la tour, les jumeaux s'installèrent sur une des petites tables et débutèrent une partie d'échecs version sorcier alors qu'Angelina s'assit sur un fauteuil solitaire avec un papier-parchemin et une plume, surement en train de noter de nouvelles stratégies de Quidditch maintenant qu'à peu près la moitié de l'équipe avait été renvoyée et que les nouveaux joueurs étaient loin d'être aussi talentueux que les anciens. Lee Jordan s'écrasa de tout son long sur le long divan rouge, pliant ses bras à l'arrière de sa tête en guise d'accotoir.

Amélia se coucha sur le ventre sur le tapis en face du foyer et Alicia vint s'installer près d'elle.

« Tu sais, j'ai entendu dire que le lac était assez gelé et que l'on pourrait aller faire du patin à glace ce weekend! », débuta Alicia.

« Vraiment? », s'exclama joyeusement Amélia.

« Ouais! »

« Ah! C'est trop génial! »

« Et la neige est assez collante pour faire une bataille de boule de neige! », intervint Fred, alors qu'un de ses pions se faisait démolir par le cavalier de George.

« Oh ouais! Les gars contre les filles! », s'exclama Lee.

« Parfait! On va vous foutre une de ces raclés! », ajouta Alicia en se frottant les mains l'une contre l'autre, le regard brillant.

Amélia éclata de rire et eut déjà hâte à ce moment. Avoir Alicia dans son équipe était un grand avantage. Elle avait une carrure bien à elle et la force de poignet d'un buffle, sans oublier son talent de viseur. Amélia, quant à elle, était rapide et esquivait bien les boules de neige. Quant à les lancer, il existait pire qu'elle. Mais son point fort était définitivement son don à piéger ses adversaires. Pour Angelina, c'était une toute autre histoire. Compétitive au max, furieuse tel un tigre affamé, rien ne lui faisait peur, ou presque. De plus, elle avait toujours des bonnes stratégies qui avaient la capacité à vous faire tomber d'un balai. Et pour finir, Katie allait surement se joindre à la partie, bien qu'elle ne fût pas présente à cet instant pour contester, et elle était également un bon atout à l'équipe.

« Ouep… On va vous ridiculiser les gars! », affirma finalement Amélia en pensant aux qualités de son équipe.

Les gars éclatèrent de rire en déniant le tout.

« Dans vos rêves les filles! », s'exclama George.

Alicia croisa les bras en levant un sourcil, fixant George avec défi, ce qui fit éclater de rire ce dernier.

« C'est ce qu'on verra… », conclut Angelina.

L'heure de repos passa beaucoup plus vite que le cours de potion, et les Gryffondor quittèrent la salle commune afin de retourner dans la Grande Salle profiter d'un somptueux repas.

Amélia mangea avec moins d'appétit qu'au matin, dû principalement au fait qu'elle s'était pratiquement goinfrée comme un porc, comme à peu près tout le monde d'ailleurs. Pendant le déjeuner, elle discutait un peu moins avec les autres, trottant dans sa tête une idée qui lui paraissait tout à fait absurde.

« Hé… », commença Amélia, hésitante.

Les Gryffondor se retournèrent vers elle. Elle examina ses amis à tour de rôle, espérant que sa révélation ne susciterait pas trop le chao.

« Je… je crois que je vais aller faire un tour à l'infirmerie… »

« Tu ne te sens pas bien? », s'inquiéta Lee.

« Non… Non… Je vais bien… je pensais jusque que… Vous savez… Que je pourrais aller jeter un coup d'œil à Flint… »

Les jumeaux éclatèrent de rire.

« Ouais! Tu fais bien! Tu pourrais lui faire avaler un des cafards morts qu'il t'a laissé tomber dessus tantôt ! Tu sais, question d'achever l'humiliation. », répondit fièrement George.

Amélia fronça les sourcils en hochant négativement la tête. Ils avaient définitivement mal interprété ses paroles. Naturellement.

« Non… Fred je ne… De toute façon je ne vois pas où je trouverais un cafard mort… Et il n'est pas question que je retourne dans la classe de potion après l'infestation… »

« Pas besoin d'y retourner. Tiens, en voilà un! », répliqua Fred en sortant l'insecte répugnant de sa poche et en le déposant sur la table.

« Arrrrrrrrrrk! Fred! Ôte-moi ça de là! On mange, bon sang! », s'écria Angelina en reculant l'avant de son corps avec air dégoûté.

« Mais comment t'as fait pour en récupérer un? Ils étaient à l'avant de la classe, par terre, alors que toi, t'étais dans une des dernières rangées… », questionna Lee, confus.

« Bah, c'est tout simple. Je l'ai récupéré dans la chevelure d'Amélia. », répondit Fred avec le sourire.

Les yeux d'Amélia devinrent ronds comme des gallions.

« Beeeeeeeeeeeeeeurk! T'es sérieux là? », questionna la sorcière, sous les regards inquiets d'Alicia et d'Angelina.

« Bah quoi, au moins je ne l'ai pas laissé dans tes cheveux… »

« Oh waaarkk! », s'exclama de nouveau Amélia en se secouant la tête, s'assurant qu'il n'en restait aucun.

« Ouais… C'est dommage qu'il n'en ait pas d'autres… »

Amélia jeta un regard noir à George.

« Ben quoi! C'est parfait pour nos expérimentations! », justifia George en levant les mains.

Amélia leva les yeux aux ciels. Évidemment.

« Mais je suis quand même prêt à te le laisser pour Flint… », ajouta Fred avec le sourire.

« Naaah… Les gars… Vous avez mal interprété ce que j'ai dit… »

« Comment est-ce possible de mal interprété tes paroles alors qu'elles sont au sujet de Flint? », questionna George.

Amélia marqua une pause.

« Ouais… Je sais… Mais… Je pensais simplement aller à l'infirmerie pour m'assurer qu'il est… qu'il est correct, finalement… »

Lee Jordan cessa de mâcher ce qu'il avait dans la bouche, la mâchoire d'Angelina pendouilla vers le bas, Fred leva les sourcils bien haut et George se recula, les yeux grands ouverts. Alicia fut la seule à avoir une expression raisonnable, bien qu'elle semblait tout de même troublée également.

« Attends… Tu blagues là hein? », questionna George, hésitant.

Amélia fit signe que non.

« Ok… Tu dois aller à l'infirmerie… Mais pas pour le voir lui… Pour aller te faire soigner! Les cafards ont dû te faire perdre la boule un peu… »

« Fred… », commença Amélia.

« Amélia! Tu parles bien de celui qui t'a jeté un bocal de cafards morts sur la tête il y a à peine deux heures? », gesticula Lee, horrifié.

« Je sais, je sais! », s'exaspéra Amélia.

« Et tu parles bien de celui qui essaie de te faire vivre un cauchemar à chaque cours de potion? »

« Oui, oui! Je sais tout cela, merci bien. », répliqua la jeune sorcière, irrité.

« Alors qu'est-ce qui te prend? »

« Je me sens coupable… Oui, il m'a jeté un pot de cafards morts dessus, et oui, il a lancé une bombabouse dans mon chaudron… Mais ce n'était jamais dangereux pour ma vie. »

« Et puis? »

« Eh bien, figure-toi donc qu'aujourd'hui, il a été grandement affecté par ma réaction peut-être un peu… excessive… »

« Et avec raison! »

« Lee! »

« Quoi? », répliqua-t-il.

« Je me sens coupable, bon! »

« Amélia, il n'avait que des rougeurs… Et des furoncles un peu partout… Mais ça va partir rapidement… », intervint Angelina, tentant de calmer la situation.

« Je sais, je sais… Mais je voulais quand même possiblement m'excuser, peut-être... »

« C'est complètement dingue. », répliqua Lee, fixant le vide.

« Entièrement. », ajoutèrent simultanément les jumeaux.

« Peut-être… Mais je me sentirais beaucoup mieux après… », justifia la jeune fille.

Les garçons parurent démoralisés.

« Moi, je crois que c'est une bonne idée. C'est très mature de ta part. », conclut Alicia.

Amélia se retourna vers son amie et lui fit le sourire le plus chaleureux qu'elle pouvait. Cette dernière lui sourit en retour pendant que les garçons s'échangèrent des regards confus.

« Bon… Alors on se voit plus tard… Au cours de défense contre les for… »

« Attends, tu y vas là, là? », questionna George.

Amélia le dévisagea.

« Tu veux que j'y aille quand? Ce soir, il va surement dormir et pendant l'après-midi, j'ai cours… Alors c'est le moment ou jamais! »

« Moi j'aurais choisi le jamais. »

« Lee… », répliqua Amélia en souriant.

Ce dernier haussa les épaules.

« Bon, alors à plus tard. »

La jeune sorcière s'éloigna de la table, mais Fred intervint.

« Ohé Amélia! Si jamais tu changes d'idée, sache que le cafard est toujours à ta disposition. »

Amélia grimaça.

« Naaaaah… Mais merci de la proposition. »

Fred Weasley leva les bras en signe d'innocence. Amélia lui fit un sourire avant de quitter définitivement la Grande Salle bondée d'étudiants.

En arrivant près de la porte de l'infirmerie, la jeune sorcière hésita devant la porte, presque en train de changer d'idée. En effet, elle ne s'était pas préparé un scénario ou quoi que ce soit pour affronter son ennemi. Elle était douée pour improviser lorsqu'il était question de l'insulter, mais d'aller lui parler en guise de paix était toute autre chose. Alors, elle prit une grande inspiration et pénétra dans l'infirmerie. Elle fut immédiatement accueillie par l'infirmière, qui crut aussitôt qu'elle ne se sentait pas bien. La jeune sorcière lui assura qu'elle allait très bien et qu'elle venait simplement rendre visite à un patient. Madame Pomfresh eut l'air parfaitement surprise pendant une fraction de seconde lorsque la jeune sorcière mentionna qu'il s'agissait de Markus Flint (bon sang, tout le monde s'avait-il que nous étions ennemi à ce point?), mais se ressaisit presque aussitôt et lui fit signe, pointant le patient du doigt.

« Il vient tout juste de se réveiller, il a dormi pendant une heure environ. Sa peau était horrifiante à son arrivé, mais il reprend de la forme au fil des minutes. », assura l'infirmière.

Amélia acquiesça de la tête et la remercia poliment en se dirigeant vers le lit d'hôpital.

En la voyant arriver, Markus se redressa de son lit en fronçant les sourcils.

« Qu'est-ce que tu fou ici, Walters? T'es venu te rincer l'œil afin d'accentuer l'humiliation? », accusa-t-il méchamment.

Amélia tira une petite chaise à côté du lit, et s'assit dessus d'une position conforme.

« Comment tu vas? », demanda-t-elle d'une voix douce.

La mâchoire de Markus Flint sembla se décrocher.

« Qu-quoi? », questionna-t-il, confus.

« Tu sais, je n'ai pas voulu que tu finisses à l'infirmerie... », poursuivit-elle.

Markus fronça les sourcils de nouveau.

« Wowooooooooo… C'est quoi la pogne? »

« Il n'y a pas de pogne… Je suis simplement venue voir comment t'allais. »

Il y eut un court moment durant lequel les deux protagonistes s'observèrent en silence.

« Je… suis… mieux… »

Amélia lui sourit subtilement.

« Tant mieux. », conclut-elle.

Markus regarda à sa droite puis de nouveau dans les yeux de la jeune sorcière, en croyant pas ses oreilles.

« Bon… Dans ce cas, je crois que je vais te laisser te reposer un peu… Je dois aller au cours de défense contre les forces du mal dans pas bien long... Ça risque d'être bien pénible… »

Markus Flint laissa sortir une exclamation d'agrément.

« Ouais… S'il y a bien une chose dont nous avons en commun, c'est notre opinion sur Ombrage. Cette femme est cinglée! »

Amélia acquiesça de la tête en rigolant silencieusement.

« Bon… Alors, bonne après-midi… Et hmm… Désolé de t'avoir… Tu sais…», s'excusa finalement Amélia en se levant.

Markus sembla hésiter.

« Ouais… Non, ça va… Ok… Bien hmmm…Toi aussi… », répliqua-t-il, toujours hésitant.

Alors que la jeune Gryffondor se dirigeait vers la porte de sortie, le Serpentard l'interpela.

« Hééé Walters! »

Amélia se retourna.

« Désolé pour les cafards, tu sais, tantôt... »

Amélia lui sourit et lui fit un bref signe de tête en guise de réponse. Alors qu'elle poursuivit son chemin, elle le vit se recoucher dans le lit, fixant le plafond d'un air surpris. Amélia sourit pour elle-même, ravie d'avoir suivi son instinct. Certes, ils ne seraient fort probablement jamais amis, mais au moins, ils avaient mis un terme à leur récente dispute.

Alors qu'elle passait le cadrage de la porte en saluant l'infirmière d'un signe de main, elle heurta quelque chose sur son passage. Elle recula en se grattant la tête, levant les yeux vers la cause de son arrêt soudain.

Elle vit devant elle le maître des potions, un air irrité au visage. Et confus.

« Vous ne vous sentez pas bien? », questionna-t-il.

Amélia hocha la tête.

« Non, je vais très bien, en fait. »

Le professeur fronça les sourcils, maintenant officiellement confus.

« La jeune demoiselle est gentiment venue rendre visite à son camarade de classe. », expliqua alors Madame Pomfresh en s'approchant. « Oh! Merci pour le philtre, professeur. », ajouta-t-elle en récupérant le petit flacon contenant un liquide d'une couleur indéfinie que le professeur lui apportait.

Ce dernier se retourna brusquement vers elle, la fixant d'un air interrogateur. Puis, lentement cette fois, il se retourna vers la jeune fille, cherchant une explication.

« Je… voulais simplement m'assurer qu'il n'avait rien de trop grave… »

Les sourcils du maître des potions s'élevèrent légèrement, laissant entrevoir la stupéfaction dans son visage dur et pâle.

« Désolé pour… Vous savez… La classe. », poursuivit la jeune fille, embarrassée.

Le professeur Snape plissa les yeux, l'observant curieusement.

« Je… Si vous voulez, je pourrais vous aider à réparer les dégâts… », suggéra-t-elle en évitant son regard noir.

Le maître des potions l'examina intensément, comme s'il cherchait à savoir de quelle maladie elle avait bien pu être atteinte pour réagir ainsi.

« Vous êtes sûr que vous allez bien? », questionna-t-il de nouveau.

« Oui, vous semblez bien pâle, jeune fille. », ajouta Madame Pomfresh en l'observant.

Amélia laissa sortir une exclamation.

« Bah voyons! Qu'est-ce que vous avez tous à réagir ainsi aujourd'hui! Est-ce si surprenant que cela que j'offre mon aide? »

Le professeur Snape la dévisagea vaguement puis sembla rassurer de retrouver le tempérament normal de son étudiante.

« C'est bon, c'est bon, j'ai compris. », ajouta-t-elle d'un air grincheux en croisant les bras.

« Nul besoin d'interpréter nos questionnements de cette façon, voyons ! », répondit l'infirmière.

Amélia soupira.

« Bonne après-midi. », conclut-elle simplement en s'éloignant.

Le maître des cachots resta parfaitement immobile un moment, fixant le lit de Flint au fond de la pièce.

Alors que la jeune fille arrivait au bout du couloir, elle entendit des pas brusques venant de derrière elle. Elle eut le réflexe de se retourner et ne fut guère surprise en voyant son professeur de potion s'approcher. Finalement, elle se dit qu'il avait changé d'idée et qu'une aide supplémentaire afin de nettoyer les dégâts dans les cachots ne serait pas de trop. Pourtant, il s'adressa à elle à propos d'un sujet complètement divergent.

« J'imagine que vous n'avez pas oublié l'existence de votre curieuse bague ? », questionna-t-il à voix basse. « Voyez-vous, », poursuivit-il, « les vacances de Noël approche à grands pas, et comme nous en avions parlé il y a un moment de cela, il conviendrait que je puisse discuter avec votre grand-mère au sujet du souvenir dont vous m'avez fait part. Je comprendrais que vous ayez changé d'idée suite aux… événements précédents… Mais si vous êtes toujours intéressé, je veux que vous sachiez que je suis toujours prêt à vous aider. »

Amélia n'en revenait tout simplement pas.

« Merci… Professeur. »

Le maître des potions acquiesça d'un bref mouvement de tête.

« Une dernière chose… », ajouta-t-il alors que la jeune fille s'éloignait de nouveau.

« Oui? », questionna-t-elle en se retournant de moitié.

« Joyeux anniversaire. »

Amélia lui fit un subtil sourire en coin. Puis, elle quitta le long couloir et prit les escaliers, en direction de son dernier cours de la semaine. Certes, la journée était plutôt bien réussie.

.oOoOo.

Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! C'est quand même excitant non? Hihihi! Honnêtement, je ne pensais pas que ce chapitre allait être aussi long, mais je n'ai tout simplement pas pu résister! J'espère que ça vous a plu autant que pour moi de l'écrire :)

Merci encore pour vos adorables reviews! Je vous adore vraiment!

p.s. : Juste comme ça, j'ai fait un petit vidéo sur Snape et Amélia… Juste parce que ça me tentait hihihi ^_^ Je l'ai posté sur Youtube donc si ça vous chante, vous pouvez aller y jeter un petit coup d'œil (pas obliger non plus hihihi).

Le titre c'est : Severus Snape x. I'm With You. (par musiicas ^_^, c'est-à-dire moi.)

*** Le prochain chapitre n'arrivera malheureusement pas aussi vite que celui-ci (deux jours quand même, c'est bien non?) tout simplement parce que je travaille pour le restant de la semaine et également ce weekend (sauf dimanche… JOUR DE L'AN yéééé!) MAIS je vais quand même travailler là-dessus le soir pour que vous puissiez avoir la suite bientôt. ^_^

xoxo