Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.
La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.
Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.
La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.
Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.
Chapitre 31 : Révélation
Cette nuit-là, pour la deuxième fois depuis notre arrivée, je ne quittai pas la chambre pendant que Bella faisait sa toilette avant de se mettre au lit. J'étais un peu inquiet au sujet de son niveau d'énergie. Je ne voulais pas partir et revenir pour découvrir qu'elle s'était évanouie dans la salle de bain et frappée la tête sur l'armoire – aussi prêtai-je une oreille très attentive tandis qu'elle s'affairait, à l'écoute de la moindre hésitation, du moindre soupçon qu'elle allait peut-être perdre connaissance.
Edward, je suis juste derrière la porte avec de la nourriture pour Bella, me dit Esme dans ses pensées.
Je m'empressai de lui ouvrir et de lui prendre le plateau des mains, la remerciant doucement de sa gentillesse. Bella avait certes besoin de repos, mais elle avait aussi besoin de se sustenter.
Je déposai le plateau sur le lit et continuai de l'écouter faire ses ablutions. J'avais toujours été en mesure d'entendre ses mouvements, le son du coton sur sa peau quand elle retirait un tee-shirt, le clic du bouton de son jeans avant qu'elle ne le fasse glisser le long de ses jambes pour l'enlever... Mais, avec toute la pratique de la dernière semaine, je constatai que ma capacité de concentration avait augmenté de façon spectaculaire – intensifiant ma perception de ce qu'elle faisait dans la salle de bain. C'était presque comme si j'étais dans la pièce avec elle. Je secouai la tête à cette pensée. Ça ne ferait que me conduire le long d'un chemin que nous avions convenu de ne pas emprunter...
Heureusement elle ne s'éternisa pas dans la salle de bain, et avec un soupir de soulagement elle en ressortit dans son habituelle tenue pour la nuit – un pantalon en coton et un débardeur léger.
« Esme a apporté ceci pour toi, » dis-je en désignant le plateau.
« Oh, que c'est gentil... Merci Esme. » Elle parla juste un peu plus clairement en prononçant ces mots, sachant qu'Esme pouvait l'entendre où qu'elle se trouve dans le château.
Dis-lui que ça me fait très plaisir, répondit Esme.
« Elle dit que ça lui fait plaisir, » répétai-je à Bella en souriant.
Elle avait déjà commencé à manger. Au lieu de préparer un repas élaboré, Esme avait mis un assortiment de fruits, de fromages et de noix, le tout accompagné d'un petit bol de yogourt. Il y avait là tous les nutriments dont Bella avait besoin pour retrouver ses forces. « C'est super – exactement ce que j'avais envie de manger ! » S'extasia-t-elle en goûtant à tout ce qu'il y avait dans le plateau, et en sirotant le thé qui venait avec la nourriture.
Une fois qu'elle fut rassasiée, elle commença à montrer des signes de fatigue. « Je ne sais pas ce que j'ai, » dit-elle en réprimant un bâillement. « Je n'arrive pas à garder les yeux ouverts. »
« La journée a été longue, » dis-je, la bordant dans le lit et m'assurant qu'elle était bien au chaud sous la couette.
« Edward, pour cette nuit – pour un petit moment, à tout le moins – peux-tu s'il te plaît juste me tenir ? Je veux te sentir à côté de moi, pas ce gros couvre-lit... »
J'hésitai, ne voulant pas qu'elle ait froid à cause de moi.
« Tu pourras me border comme il faut quand je serai endormie, » sourit-elle en voyant mon hésitation. « Juste pour quelques minutes... Tu m'as manqué. »
Elle m'avait manqué elle aussi, aussi acceptai-je de me glisser sous les couvertures et de l'attirer contre moi. La chaleur de son corps, intensifiée par le facteur isolant des couvertures, était encore plus agréable que la chaleur du soleil par une journée sans nuages. Plusieurs fois, depuis que nous vivions à Forks, m'étais-je réfugié dans mon pré, devenu notre pré, pour m'allonger au soleil et le laisser me réchauffer jusqu'à me sentir presque humain à nouveau. Être allongé comme ça ici avec Bella me procurait cette même sensation d'être humain à nouveau... peut-être un peu trop humain, alors que je sentais son corps tout chaud épouser parfaitement les contours du mien.
Elle s'endormit rapidement, et bien que j'aie eu l'intention de faire comme elle l'avait suggéré, je trouvai difficile de me détacher d'elle. Elle semblait assez chaude, ce qui m'incita à demeurer auprès d'elle plus longtemps, gardant sa tête sur mon bras tandis que son corps blotti contre moi me tournait le dos. Je plaçai mon autre bras en travers de son corps et laissai distraitement ma main errer sur son visage, effleurant son front, ses pommettes, sa mâchoire, avant de descendre le long de son bras pour finalement se poser sur sa taille. Je l'attirai plus près et embrassai sa nuque.
« Bonne nuit, ma Bella... mon amour, » murmurai-je.
Pendant qu'elle dormait, je méditai sur la pratique d'aujourd'hui, sur les événements surprenants qui s'étaient produits au cours de celle-ci, ainsi que sur la théorie proposée pour les expliquer. J'étais très curieux de la tester, mais quelque chose en moi me disait que nous n'avions pas tout à fait raison. Il nous manquait un élément.
Je laissai mon esprit vagabonder et revenir sur ces deux occasions où la puissance de mon bouclier avait augmenté de façon exponentielle. C'était difficile d'avoir une vue d'ensemble puisque mon cerveau avait été concentré uniquement sur mon bouclier ; je n'avais aucun souvenir de ce que les autres faisaient pendant ce temps. Je me rappelais seulement mes propres pensées et actions – quelque chose qui était tout à fait inhabituel pour moi. J'avais en effet l'habitude de me rappeler parfaitement non seulement les actions de tout le monde, mais aussi leurs pensées.
Je rejouai les scènes dans ma tête encore et encore, mais avec peu d'espoir d'obtenir les réponses à mes questions. Étant incapable de voir ce que Bella faisait en même temps que moi, il m'était quasiment impossible de penser que je pourrais arriver à une quelconque solution. Malgré tout, je persévérai jusqu'à ce que l'exercice devienne laborieux, et alors je laissai une partie de mon esprit s'évader ailleurs...
Cedric m'avait demandé ce que j'allais faire pour distraire le dragon. J'avais été tellement concentré sur le bouclier que je n'y avais pas vraiment pensé avant qu'il me pose la question. Et ensuite, nous avions tellement cherché à savoir ce qui était arrivé à Bella en rapport au bouclier, que j'avais oublié d'aborder le sujet avec Dumbledore.
Je fronçai les sourcils... Dumbledore avait dit qu'il était surpris par mes progrès, et pourtant j'étais encore très loin du but si l'on songeait au peu de temps qu'il me restait pour me préparer. Que pensait-il que j'allais faire lorsque confronté à un dragon crachant une sorte de feu qui pouvait mettre un terme à mon existence ? Avait-il un plan de secours ? Je ne pouvais pas imaginer qu'il se contenterait de me laisser mourir durant l'épreuve. C'était quelqu'un qui avait vu beaucoup de choses dans sa vie, qui avait connu des périodes difficiles, mais cela n'avait pas pu l'endurcir au point d'être indifférent au sort d'autrui. Il devait avoir d'autres idées pour affronter le dragon et le contourner, si le bouclier ne suffisait pas.
Il ne pouvait pas savoir l'effet que Bella aurait sur mon bouclier – pas avant de la connaître. Non, bien qu'il n'ait pas semblé aussi étonné que nous, il l'était jusqu'à un certain point. Ceci était sans l'ombre d'un doute un développement intéressant pour nous tous.
Je laissai mon esprit méditer à ce sujet tout en prenant l'exemplaire de 'Manuel avancé de préparation des potions' que j'avais emprunté à la bibliothèque. J'étais intrigué par l'aspect théorique, bien que frustré d'être constamment surveillé par Rogue. Il réussissait toujours à trouver un élément d'information que je n'avais pas lu dans les manuels de cours. Je détestais ça, et je faisais tout mon possible pour m'éviter l'embarras d'être assis là, le visage impassible, pendant qu'il se moquait de mon manque de compétence. Certes, il fallait avoir des pouvoirs magiques pour bien faire dans sa classe, pouvoirs que je ne possédais pas, et il fallait aussi un savoir faire qui relevait de l'art... On ne pouvait pas simplement lancer tous les ingrédients en quantité exacte dans un bol et mélanger – il y avait une subtilité additionnelle, comme en témoignaient les nombreuses notes ajoutées à la main dans les marges des livres d'Hermione que j'avais lus en début de semestre. Pour être honnête, j'étais un peu frustré de voir Rosalie réussir mieux que moi dans cette classe. Elle avait un talent pour l'art des potions que moi je n'avais pas capté.
Hmmm... Rosalie – elle se débrouillait vraiment très bien ici. Emmett et elle avaient trouvé un moyen de régler le problème de Drago Malefoy – principalement en louangeant ses vantardises de manière exagérée pour lui faire comprendre qu'ils voyaient clair dans son bluff. Je devais admettre que j'éprouvais du plaisir à le voir mal à l'aise après tout ce qu'il avait fait à Harry. Mais, plus récemment, Rosalie avait trouvé une autre source de mécontentement – Fleur Delacour. Elle avait toujours été vaniteuse, mais jusqu'à maintenant, elle n'avait jamais eu de raison valable de se sentir inadéquate au département de l'esthétique. Fleur présentait une véritable concurrence. C'était vraiment une beauté – avec du sang de Vélane en elle, elle rivalisait avec les traits d'une perfection surnaturelle de Rosalie. On voyait que toutes les deux étaient faites de la même étoffe, et Fleur ressentait la même compétition féroce pour être la plus belle et ne pas rester dans l'ombre de Rosalie. Toutes les deux se montraient hostiles l'une envers l'autre chaque fois qu'elles devaient se côtoyer, et se lançaient des regards haineux à travers la pièce.
Il y avait un aspect positif à toute cette affaire, cependant. Cela avait amélioré ses sentiments envers Bella de manière significative. Son principal problème avec Bella était mon attirance pour cette dernière alors qu'elle-même n'avait jamais réussi à me séduire, mais au fond elle savait que ce n'était pas une question de beauté physique... Elle trouvait sa beauté supérieure à celle de Bella, mais je ne partageais pas son avis. Elle savait, en quelque part, que mon attirance pour Bella était plus profonde que ça – que c'était sa personnalité qui m'avait captivé. Évidemment, ça la dérangeait énormément que Bella semble avoir le même effet sur Cedric, aujourd'hui à tout le moins.
Ce qui me ramena à un sujet auquel j'avais évité de penser depuis ce qui était arrivé plus tôt. Cedric... Il était réellement devenu le meilleur ami que j'aie jamais eu, en dehors de Bella et ma famille. Je ne me souvenais pas avoir eu des amis proches quand j'étais humain. Cedric était quelqu'un avec qui, si on ne tenait pas compte de tous les problèmes que nous devions affronter en ce moment, je pouvais parler ouvertement – d'homme à homme. Il était, par-dessus tout, très bon. Brillant et créatif. Sa force considérable et ses pouvoirs magiques rivalisaient avec mes pouvoirs de vampire. Dans d'autres circonstances, nous aurions été des amis très proches, et pour la vie.
Mais je ne parvenais pas à me débarrasser de la jalousie que me causaient ses sentiments grandissants envers Bella. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle attire les êtres mythiques ? C'était presque comme si elle était destinée à être avec quelqu'un qui était plus qu'humain... On pouvait supposer que le meilleur choix, entre Cedric et moi, aurait été Cedric. Au moins les mariages entre sorciers et moldus avaient des précédents, contrairement aux mariages entre vampires et humains... Mais nous avions dépassé ce stade, et je le savais. Je ne pouvais pas vivre sans elle et, par un coup de chance extraordinaire, elle ressentait la même chose pour moi. Je le savais maintenant – après tout ce que nous avions vécu avec Jacob – je le savais au plus profond de mon être.
Alors pourquoi les sentiments de Cedric – au demeurant très purs – me dérangeaient-ils à ce point ? J'étais honteux d'avoir ressenti de la colère envers lui, d'avoir laissé la jalousie qui bouillonnait en moi sortir sous forme de grognement. Heureusement qu'il avait été trop préoccupé pour le remarquer. Je me demandais si je devais lui dire. Cela me paraissait moins que noble de le laisser s'attacher davantage alors qu'elle était ma fiancée. Ou bien étais-je seulement motivé par ma jalousie, par mon désir de la revendiquer comme étant mienne ? Avais-je peur qu'elle change d'idée ? Non, plus maintenant. J'avais confiance en son amour pour moi.
Bella – elle était l'aspect le plus important dans tout ça. Ses sentiments, sa sécurité – devaient être la préoccupation principale. Elle ne voudrait pas qu'il soit blessé. Elle était déjà passée par là avec Jacob, et je pouvais voir que c'était une blessure qu'elle porterait pour le reste de son existence. Mais elle se devait aussi d'être en sûreté. J'avais confiance en Cedric, mais ça pourrait lui échapper par inadvertance. Il pourrait involontairement communiquer des renseignements sur notre relation, que ce Voldemort pourrait utiliser contre nous. Je frémis à l'idée de ce mage noir enlevant Bella et la retenant captive dans l'unique but de me forcer à exécuter ses ordres. Et nul doute que je lui obéirais. Non, il fallait tout faire en notre pouvoir pour garder ce secret – il en allait de sa sécurité.
Elle remua légèrement à mes côtés à ce moment-là, son visage partiellement dissimulé par ses longs cheveux bruns soyeux. Je portai une main à sa figure pour les repousser. Elle avait le visage d'un ange, un ange dormant tout contre moi. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle entrait dans ma phase préférée, comme à chaque nuit...
« Edward... » Dit-elle dans son sommeil. « Je t'aime. »
« Tout comme je t'aime, » répondis-je à sa forme endormie, portant gentiment mes lèvres à sa main pour ne pas la réveiller.
« ... Dois te protéger... dois trouver un moyen... »
Elle devait se rappeler notre séance de pratique de l'après-midi. Je fronçai les sourcils, momentanément distrait par le mystère de ce qui était arrivé.
« ... Le feu des sorciers – Non ! Cedric !... » Je baissai les yeux sur elle avec amour, souhaitant pouvoir faire disparaître cette angoisse. Ça me brisait le cœur de la voir en détresse de la sorte. Je mémorisai son visage en la regardant. J'aurais voulu la réveiller pour sonder ses profonds yeux bruns et entrevoir la personne derrière eux, ma Bella. Je sentis un afflux d'amour en l'imaginant telle que je l'avais vue si souvent, regardant dans mes yeux avec amour et tendresse. Elle s'agitait maintenant, inquiète dans ses rêves. « Dragons... non, Non, NON !... »
L'air crépita d'électricité autour de nous pendant un moment. Je pouvais le sentir. Je tendis une main hésitante, me sentant stupide alors même que je faisais ce geste. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Nous étions entourés par une source d'énergie presque tangible. Je tendis prudemment le bras vers ma table de chevet où j'avais déposé ma baguette quand j'avais porté Bella dans la chambre. Je donnai un petit coup de poignet discret. « Protego. »
Mon bouclier jaillit instantanément... L'énergie que je sentais autour de nous fut soudainement absorbée par celui-ci, lui procurant cette même puissance indescriptible qu'il avait eue ces deux fois où Bella avait été connectée à lui. Je le fis disparaître aussi vite... Cela ne risquait-il pas de drainer Bella de ses forces ?
Elle replongea dans une phase de sommeil profond, et je continuai de rejouer les événements de la dernière journée... Les deux fois où Bella et moi avions été inexplicablement connectés durant la pratique, et au cours de ce qui venait juste de se produire, au milieu de son rêve – un rêve où elle m'imaginait être en danger de mort – l'air avait grésillé avec un courant électrique.
Dumbledore avait vu juste. Elle possédait une certaine force en elle, une sorte de pouvoir. Même Aro avait fait un commentaire à ce sujet, bien que j'aie été beaucoup moins intéressé par ses théories à l'époque. Était-ce une espèce de force intrinsèque, comme l'avait suggéré Dumbledore ? Elle avait toujours été une femme de caractère – peut-être que c'était cette force qui la rendait ainsi. Elle n'était pas du genre à suivre la foule. Elle faisait ce qu'elle croyait être la bonne chose. Est-ce que ça pouvait être une partie de l'explication ? Je n'en étais pas sûr – mais j'étais certain que quelque chose s'était produit cette nuit, et ce n'était pas parce que je me croyais en danger mortel et que je lui avais envoyé un signal. Notre théorie était erronée ou incomplète.
Je trouvai Carlisle dans ma tête pour pouvoir lui parler. Il était en train de lire un bouquin que Dumbledore lui avait prêté sur les vampires et les sorciers, et leurs interactions à travers l'histoire. « Carlisle ? » Énonçai-je clairement, allongé sur notre lit.
Oui, mon fils...
« Notre théorie est incorrecte. Ce n'est pas à propos de moi qui 'tends la main' pour obtenir plus de force dans mon bouclier. Ça doit plutôt être quelque chose que Bella fait. »
Je pensais la même chose. Cette théorie semble incomplète d'une manière ou d'une autre.
« Oui... Cedric est supposé revenir demain après-midi pour une autre pratique. Penses-tu que nous pourrions rencontrer Dumbledore à la première heure demain matin ? Je crois qu'il faut que nous arrivions à comprendre ce qui se passe vraiment. »
Je vais le contacter aussitôt qu'il sera raisonnable de le faire. On se revoit au matin.
« Merci. » Je retournai à mon livre de potions en attendant l'aube.
Bella dormit plus longtemps qu'à l'accoutumée. Lorsqu'elle se réveilla enfin, elle trouva le petit déjeuner que je lui avais préparé dans un plateau sur sa table de chevet.
« Wow ! Edward... Tu me gâtes trop. Tu réalises, bien entendu, que tu t'imposes des standards impossibles à maintenir quand tu seras mon époux. » Elle sourit.
« Je croyais que c'était ce que j'étais censé faire – te traiter comme une reine jusqu'à ce que je glisse mon anneau à ton doigt... et ensuite tu seras coincée avec moi. »
« Ha ! Ha ! » Lança-t-elle avec sarcasme, roulant des yeux en tendant la main pour attraper un morceau de pain grillé.
Sincèrement, ça ne me dérangeait pas de faire ça pour elle. J'aurais pu le faire jusqu'à la fin des temps. Je savais, cependant, qu'avec le temps plusieurs couples finissaient par abandonner les modèles de comportements qui les avaient fait tomber amoureux en premier lieu... J'avais vu cela se produire maintes et maintes fois au cours de mes cent ans et plus d'existence. Des hommes qui cessaient d'apporter des fleurs ou de dire des mots d'amour à leurs femmes. Des femmes qui arrêtaient de sourire de façon spéciale quand elles regardaient leurs maris... C'était l'inconstance des émotions humaines. Les émotions des vampires étaient beaucoup plus profondes et beaucoup moins fluctuantes. Je n'avais qu'à regarder ma propre famille pour voir la vérité de cette affirmation – trois couples parfaitement assortis, toujours aussi amoureux que le jour où ils s'étaient rencontrés.
Je regardai Bella, assise sur le bord du lit, en train de boire son jus d'orange. Je traversai le lit pour la rejoindre, balayai les cheveux à l'arrière de son cou, et y plantai doucement un baiser. Ma bouche continua de voyager sur son épaule, et je pris plaisir à sentir la chaleur émanant de son corps mettre le feu à mes lèvres.
« Hmmm... Tu as faim ? » Me taquina-t-elle avec le sourire.
« Très faim, » répliquai-je de façon éloquente. Je la voulais... Je l'avais toujours voulue... « Mais nous avons du travail à faire. » Je m'éloignai tandis qu'elle terminait son petit déjeuner et se levait pour se préparer.
Nous allâmes rejoindre Dumbledore et le reste de la famille dans la bibliothèque. Le vieux sorcier était en train de verser le thé quand nous arrivâmes dans la pièce, et il tendit une tasse à Bella avant de se servir.
« Carlisle a mentionné que notre théorie ne te satisfait pas entièrement, » commenta Dumbledore après avoir bu son thé. « Je dois admettre que je ne suis pas complètement satisfait moi-même avec cette hypothèse, mais je suis curieux de savoir pourquoi tu as des doutes de ton côté. »
« Eh bien... » Débutai-je, rassemblant mes pensées de la nuit dernière, « la théorie proposée me paraissait incomplète hier, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt sur la raison exacte. Puis, la nuit dernière pendant qu'elle dormait, Bella a semblé rêver à la pratique de bouclier et aux dangers à venir... Elle avait l'air vraiment bouleversé. » Je regardai dans sa direction en prononçant ces mots, réalisant qu'elle serait embarrassée par l'information que je venais de révéler – le fait qu'elle parlait dans son sommeil. Je ne savais pas comment continuer sans l'admettre de façon encore plus claire.
« Et comment sais-tu à quoi elle rêvait ? Je croyais que tu ne pouvais pas voir dans ses pensées. » Décidément Dumbledore ne faisait rien pour m'aider avec sa manie de vouloir des éclaircissements.
« Eh bien... » Hésitai-je.
« Je parle dans mon sommeil, » lâcha Bella avant de devenir rouge comme un coquelicot. « Alors c'est assez évident de savoir à quoi je rêve. »
« Je vois. » Dumbledore caressa sa barbe, ses yeux scintillant à nouveau. « Continue. »
« Toujours est-il qu'elle semblait rêver que Cedric envoyait le feu des sorciers dans ma direction... Et ensuite elle a rêvé aux dragons... Elle était très affligée... et pendant qu'elle rêvait, on aurait dit que la pièce se remplissait d'électricité. »
« Donc apparemment elle te croyait en danger de mort ? »
« C'est ce que je suppose. »
« Bella, penses-tu avoir ressenti ça hier, lors de la pratique ? »
« Avec Cedric, oui – je pensais que le feu allait frapper le bras d'Edward. Avec vous, j'ai songé à cette éventualité, mais je savais que vous auriez une façon de le sauver. J'avais confiance que vous alliez le protéger. »
« Mais tu as envisagé la suite des événements – le dragon... » Continua Dumbledore.
« Oui, c'est exact. J'ai eu peur pour ce qui allait se passer. Mais je ne pensais pas qu'il était en danger mortel dans l'instant présent. Je savais qu'il fallait que je comprenne ce phénomène parce qu'il en aurait besoin dans l'épreuve à venir... »
« Hmmm, » médita Dumbledore. « Il est toujours possible que ta crainte pour ce qui s'en vient soit le déclencheur... »
« Mais, Edward a déjà été en grand danger avant... quand il a combattu Victoria. Il y a eu un moment où je n'étais pas certaine – où j'ai craint pour sa vie. » Elle rougit, se rappelant sa tentative insensée de créer une diversion en versant son propre sang. « Et même avant ça, avec James... J'étais presque inconsciente, mais je me rappelle avoir eu peur pour lui... »
« Et ce phénomène ne s'est pas produit lors de ces deux occasions ? » Demanda Dumbledore.
« Non, » répondirent tous les membres de ma famille à l'unisson.
« Curieux... Edward, que faisais-tu la nuit dernière ? »
« Quoi ? » Demandai-je, un peu choqué par son insinuation.
Il émit un petit rire. « Je suis désolé, mon garçon – de toute évidence, tu étais avec Bella... Je me demandais seulement, avant que tu ne sentes l'énergie dans la chambre – que faisais-tu exactement ? »
« Je regardais Bella. »
« Réfléchis bien, Edward – à quoi pensais-tu précisément, et que faisais-tu ? Je parle aussi de tous les petits détails insignifiants... »
« Je souhaitais pouvoir faire disparaître ses inquiétudes et son stress. Je la fixais attentivement, souhaitant pouvoir la réveiller afin de regarder dans ses yeux. Je l'ai imaginée, en fait – me rappelant son expression quand elle me regarde. » Je baissai les yeux, quelque peu embarrassé par mon admission.
« Et qu'as-tu ressenti exactement ? »
« Un amour immense. » Je jetai un coup d'œil à Bella, sentant un flot de chaleur m'envahir. Cela, par contre, ne me gênait pas du tout.
Dumbledore fit une pause momentanée, perdu dans ses pensées... Il parla à nouveau après 42 secondes.
« Edward, essaye de te rappeler les deux occasions hier durant lesquelles tu as accédé au pouvoir de Bella – avais-tu vu son visage ? »
Je réfléchis à sa question pendant une minute. Juste après que la crainte ait eu raison de moi, j'avais vu son visage – j'avais cherché à revoir Bella une dernière fois dans ma mémoire, comme si c'était possiblement l'ultime chose que j'allais tenir et emporter avec moi dans cet inconnu qui venait après pour des créatures telles que nous. Et j'avais éprouvé cet amour irrésistible... Par tous les... Ce n'était pas possible. Ou bien l'était-ce ?
Je fouillai dans ma mémoire pour retrouver les détails du combat avec Victoria. Avais-je déjà fait ça ? Je m'étais inquiété pour Bella, oui – mais je n'avais jamais senti que je n'avais pas le contrôle de cette bataille. J'étais sûr de moi. Pendant que je surveillais Bella pour m'assurer qu'elle n'était pas en danger, il n'y avait jamais eu un moment où je voulais juste la voir une dernière fois – regarder dans ses yeux et vivre l'amour que nous partagions. Ni avec James...
Je levai les yeux vers Dumbledore. Les siens pétillaient, et on aurait dit qu'il réprimait un gloussement. « Je vois que tu as découvert la magie. »
« Oui... je crois qu'il faut que nous soyons impliqués tous les deux – Bella doit sentir le besoin de partager sa force intérieure, ou peu importe comment vous voulez appeler son pouvoir, et de mon côté je dois le chercher... et la connexion est... l'amour ? »
« Apparemment, » dit-il en souriant.
Emmett commença à fredonner la chanson des Beatles dans sa tête. All you need is love, love... love is all you need. J'essayai de l'ignorer.
« Mais... comment ? Est-ce que ça a du sens ? » Questionnai-je, perplexe. Ça semblait, eh bien... ça semblait ridicule.
There's only one thing, two do, three words four you, I love you... Je lançai un regard noir à Emmett. Il commençait vraiment à me taper sur les nerfs.
« Pourquoi cela n'en aurait-il pas ? » Répondit Dumbledore. « Je crois que c'est l'amour qui a sauvé Harry de Lord Voldemort lorsqu'il était bébé – l'amour que sa mère lui vouait. Elle était prête à mourir pour lui. C'est une magie beaucoup plus puissante que tout ceci, » commenta-t-il en montrant sa baguette et son habit.
« Mais l'amour... tout le monde éprouve de l'amour... » Répliquai-je.
Emmett avait commencé à chantonner de manière audible If Everyone Cared de Nickelback.
« Ce genre d'amour ? Est-ce que tout le monde aime pleinement, de façon désintéressée ? En faisant passer les besoins de l'autre avant les siens ? »
Je considérai ses mots. Vrai, beaucoup de gens prétendaient aimer, et peut-être aimaient-ils pendant un moment, mais leur nature égoïste finissait toujours par prendre la relève... Aimer sans équivoque, sans condition... Ça décrivait l'amour incompréhensible que Bella éprouvait à mon égard. Est-ce que c'était ça son don, sa force ? Sa capacité d'aimer ? Ça expliquerait la puissante connexion que Marcus percevait déjà entre nous. Ça expliquerait pourquoi elle était toujours avec moi après tout ce que nous avions traversé.
« Alors, elle alimente mon bouclier avec son amour ? » Demandai-je.
« Then we'd see the day... that nobody died... » Chantonna doucement Emmett.
« Tais-toi, Emmett, » grognai-je.
« Tu sais, » m'interrompit-il, « j'ai toujours cru que c'était Jasper le gars émotionnel dans la famille. Tu as toujours eu l'air si stoïque pendant toutes ces années. Mais tu t'adoucis et tu deviens fleur bleue avec l'âge... » Il me sourit de toutes ses dents.
« Ferme-la, Emmett, » grognai-je plus fort.
« Non, vraiment, c'est tellement mignon de voir ce côté de- » La main de Rosalie s'abattit derrière la tête d'Emmett, coupant court à ses railleries.
Je secouai la tête. « Je suis navré, Dumbledore... Emmett a besoin d'un petit peu d'attention... Il se sent laissé pour compte. » Je lançai un autre regard noir à mon frère.
Dumbledore sourit. « Tu as demandé si Bella alimentait ton bouclier avec son amour... Je ne suis pas certain que ce soit exactement le cas... Il semblerait que l'amour ait joué un rôle en établissant la connexion, mais je pense que le pouvoir ou la force fait partie intégrante d'elle... J'imagine que vous allez en découvrir davantage quand elle sera transformée, mais je sens que c'est une piste, » dit-il.
« Nous n'avons jamais dit qu'elle allait être transformée, » fis-je remarquer.
« Vraiment ? Oh, eh bien, je dois simplement avoir présumé... » Il sourit de plus belle. Il le savait aussi bien que moi, de la même manière qu'il savait qu'elle allait être changée sans que nous ayons besoin de lui dire. Il pouvait nous lire...
« Donc, si tout ce que vous avez dit est vrai, je devrais être en mesure d'accéder à sa 'force intérieure,' ou peu importe ce que c'est, en établissant cette connexion, » supputai-je.
« Ça vaut la peine d'essayer... Qu'en pensez-vous ? » Dumbledore se leva et fit un geste vers la porte.
Nous nous retrouvâmes à nouveau dans la cour. Cette fois-ci nous décidâmes de nous servir du bouclier magique créé par Dumbledore. Nous pourrions toujours utiliser le rocher si ça ne fonctionnait pas.
« Protego ! » Énonçai-je, produisant mon bouclier et me concentrant uniquement sur celui-ci.
« Bella, maintenant je veux que tu te concentres sur ton besoin de protéger Edward. Essaye de penser aux dragons, comme tu l'as fait hier... Et toi, Edward, tu dois penser à Bella, » ordonna Dumbledore, placé à 5 mètres de distance.
Je pensai à Bella, à sa bonté, sa gentillesse, son amour ; j'imaginai son visage et regardai au fond de ses yeux, me laissant inonder par l'amour que j'avais pour elle...
Tout à coup, je sentis la force de mon bouclier augmenter exponentiellement. « Envoyez-moi le feu, Dumbledore, » criai-je tout en me concentrant pour maintenir ma connexion avec Bella.
Plusieurs explosions de feu frappèrent mon bouclier et furent facilement déviées. Dumbledore arrêta, et je relâchai mon écran protecteur.
« Wow ! Je l'ai fait ! » Bella sourit en se balançant dangereusement d'avant en arrière. Elle trébucha légèrement vers la gauche, mais je la rattrapai avant qu'elle ne soit en déséquilibre.
« Je n'allais pas tomber, » grommela-t-elle.
« Je sais, » lui dis-je en souriant. « Je ne voulais pas prendre le risque. »
Dumbledore vint nous rejoindre. « Eh bien, ça a marché, » dit-il, ravi. « Maintenant il ne nous reste plus qu'à trouver un moyen de le faire sans te vider complètement de ton énergie. »
« Ça me tracasse... Nous avons été connectés pendant seulement 3 minutes 47 secondes, et ça l'a déjà beaucoup épuisée... Comment est-ce que ça va fonctionner lorsque je vais affronter le dragon ? »
« Il va falloir qu'elle augmente son endurance comme tu l'as fait au cours de la semaine... »
« Mais, Cedric – il ne sait pas. Devrions-nous lui dire au sujet du pouvoir de Bella ? »
« Non, je crois que ça nécessiterait que vous lui disiez à propos de la connexion entre vous, » intervint Jasper. « Ce n'est pas une bonne idée, du point de vue stratégique. »
« Je suis d'accord, Jasper, » acquiesça Dumbledore. « Mais vous devez pratiquer, et Cedric est un bon candidat pour vous aider... Et si Bella venait juste dehors pour vous regarder ? »
« Nous pourrions installer des chaises de jardin et profiter d'une belle journée au grand air, » suggéra Alice avec enthousiasme.
« Alice, nous sommes en novembre – ce n'est pas exactement un temps idéal pour se prélasser à l'extérieur, » argumentai-je. « Mais la force de Bella ne pourrait-elle pas fonctionner de l'intérieur de la maison ? »
« Testons-le pour le vérifier, » proposa le vieux sorcier.
Esme accompagna Bella à l'intérieur, suivie de près par Carlisle. Je vais garder un œil sur elle, Edward, et t'avertir si ça devient trop pour elle...
Nous nous installâmes une fois de plus, moi derrière mon bouclier protecteur, et Dumbledore à côté de Jasper. Je déployai mon écran et fis savoir que j'étais prêt, assez clairement pour qu'Esme et Carlisle préviennent Bella. Je me concentrai à nouveau sur Bella, tentant d'établir cette connexion... Il ne fallut pas longtemps pour que je sente la force circuler à travers moi et dans le bouclier. « Ça fonctionne, » lançai-je à Dumbledore.
Il envoya quelques salves de feu sur le bouclier, puis nous terminâmes très vite et je le relâchai. Nous avions prouvé que ça marchait – inutile de pousser Bella plus loin. Nous retournâmes à la bibliothèque où Bella était assise dans un des fauteuils, un peu pâle, mais très contente d'elle.
« Ça a marché, » dit-elle en souriant.
« Bien sûr que ça a fonctionné, » répondis-je en l'attirant gentiment à moi. Elle semblait si délicate en ce moment, que j'hésitais un peu, mais je savais qu'elle voudrait cette proximité autant que moi.
« Bon, puisque cette affaire est réglée, je pense que je vais retourner à Poudlard pour voir quel autre méfait est en train de se tramer. Je suis sûr que Cedric se joindra à vous plus tard pour pratiquer... » Il se retourna pour partir, puis se ravisa. « Puis-je vous dérober une autre de ces dragées au citron ? »
Esme sourit. « Certainement. » Elle lui tendit le plat de bonbons.
« C'est très aimable à vous. » Il fourra une pastille dans sa bouche et retourna à Poudlard.
Bonjour Louise et Juju :0)
Bonjour tout le monde. Je vais poster un chapitre la semaine prochaine, et après je pars en vacances, et je n'aurai sans doute pas accès à un ordinateur, donc il se pourrait que je ne puisse pas poster d'update avant septembre...
Profitez bien de l'été.
Milk
