Chapitre 33 : Rencontre inattendue tant attendue

Étendue à plat ventre sur son grand lit, Amélia avait les yeux rivés sur un bouquin particulièrement volumineux pesant sans le moindre doute le double de Snow, son petit louveteau au pelage blanc qui était couché en boule juste à côté d'elle, profondément endormi. Mis à part les ronflements lents et profonds qui s'échappaient régulièrement de la bouche de l'animal, tout était silencieux dans la vaste demeure au style campagnard.

Les vacances des fêtes avaient passé si vite. Déjà, ils tiraient à leurs fins. Pour le réveillon, elle avait passé la soirée avec sa grand-mère. Le jour de Noël, une des deux sœurs de Grand-Mère Sissi, Margaret, était venu pour le festin accompagné de son mari, ainsi que plusieurs cousines éloignées du même âge que la jeune sorcière. Tout s'était déroulé jovialement, elle avait reçu de formidables présents et avait mangé avec gourmandise. Elle avait reçu un bon nombre de Gallions de ses parents par hibou, comme à chaque année, ainsi qu'une lettre particulièrement brève, mais elle ne les avait pas vus pour le temps des fêtes.

Selon la jeune sorcière, il n'y avait définitivement rien de plus reposant qu'une douce matinée dans sa chambre, située au troisième étage dans le grenier, étendu sur son grand lit à lire paisiblement, sans le moindre bruit, profitant des rayons de soleil qui perçaient à travers les épais nuages blancs, ainsi illuminant la grande baie vitrée qui ornait le mur Est de sa chambre, rendant la pièce incroyablement céleste.

Pour Amélia, rien n'aurait possiblement pu perturber la sérénité de la maison. Elle était en paix avec elle-même, en repos total. Pourtant, le son de la sonnette de la porte retentit, comme pour défier la quiétude qui y régnait quelques instants plus tôt, résonnant dans le domicile vide, sortant la jeune Gryffondor des limbes paradisiaque.

Pendant un moment, elle resta figée, les oreilles aux aguets. Snow était finalement sorti du monde parallèle des rêves et était également à l'écoute, la tête légèrement penchée sur le côté, ses grandes oreilles touffues redressées sur le dessus de son crâne.

« Reste ici. », ordonna alors calmement la jeune sorcière à l'animal qui l'observait avec la langue pendouillant sur le côté.

En se levant de son lit, ce qui s'avéra à être d'un effort considérable du particulièrement au fait qu'elle s'y croyait au paradis quelques minutes plutôt, et se dirigea vers la porte de sa chambre qui était entrouverte. Rapidement, elle descendit les escaliers qui séparaient les deux étages qui se situaient en dessous d'elle. Arrivant à l'entrer, elle hésita, les yeux fixant la porte rouge qui semblait soudainement démesurément imposante à cet instant précis. Puis, jugeant que ça faisait déjà un bon moment que la mystérieuse personne devait attendre de l'autre côté de la porte, Amélia fit un pas vers l'avant, posant sa main sur la poigner glacé. Quiconque aurait alors facilement deviné que la jeune fille ne s'attendait immensément pas à se trouver face à l'homme vêtu de noir qui la dominait de toute sa grandeur.

« Bon matin. », résonna alors la voix du maître des potions dans la tête d'Amélia, encore sous le choc.

« Bon ma-matin. », bredouilla-t-elle avec maladresse.

Il y eut alors ce premier moment de silence définitivement embarrassant qui pesa lourdement sur les épaules d'Amélia.

« Je suis conscient que ma visite n'était prévue que pour ce soir, mais il s'avère que j'ai eu un imprévu et je devrai m'absenter très prochainement. », débuta-t-il alors d'une voix posée. « Mais si je vous dérange, je peux repasser plus tard, j'ai l'après-midi de libre… », ajouta-t-il en étudiant le visage désormais livide de la jeune sorcière.

« Je… Non… Non, vous pouvez entrer… », répondit-elle, hésitante.

Le professeur dut subitement s'en rendre compte, car il passa le cadre de la porte avec tout autant d'incertitude.

Se sentant incapable d'ajouter quoi que ce soit, elle pointa un des crochets vides sur le mur, ce qu'il comprit immédiatement comme étant une offre d'y déposer son manteau. Ce qu'il fit avec grâce, mais surtout, en silence. Puis, d'un pas tremblotant, elle se dirigea vers le salon, suivi de près du professeur.

« Votre grand-mère est-elle présente? », questionna-t-il en observant du coin de l'œil les alentours, conscient du silence étrange sous-entendant qu'ils étaient seuls.

Amélia se mordit la lèvre du bas avec vigueur.

« Non… », répondit-elle par la suite, avec lenteur.

Le maître des potions la dévisagea alors avec cet habituel air impérieux dont personne n'arrivait à surpasser.

« Non? », répéta-t-il, les sourcils arqués, incitant la jeune sorcière d'en ajouter davantage.

« Elle est sortie en début de matinée faire les courses… Elle devrait revenir très bientôt. », répondit-elle avec assurance. « Enfin, je crois… », ajouta-t-elle par la suite, nettement moins convaincante.

Le professeur Snape releva lentement la tête, fixant toujours de ses yeux noirs la jeune sorcière. Amélia avait la curieuse intuition que son regard sombre ne se voulait pas réellement menaçant, mais il lui donna tout de même froid dans le dos.

« Vous pouvez vous asseoir, je vais aller préparer le thé. », marmonna alors Amélia en pointant l'un des deux fauteuils solitaire, juste en face du grand divan bleu séparer d'une table basse antique.

Le professeur leva une main.

« Inutile de préparer le thé, Miss Walters. »

Amélia le fixa d'un air grandement confus. Il détourna alors le regard et s'installa sur l'un des fauteuils solitaires, le dos droit.

« Alors… », débuta la sorcière, tapant inconsciemment du pied, « Vous avez apporté la bague? », questionna-t-elle en relevant la tête.

« Naturellement. », répondit-il d'un ton calme.

Amélia démontra alors soudainement plus d'intérêt à la conversation.

« Alors, je peux la voir? », ajouta-t-elle, les yeux pétillants.

Le professeur Snape tourna la tête en direction de la sorcière.

« Bien sûr. », répondit-il, à la grande surprise d'Amélia.

Cette dernière resta alors immobile, cessant de taper son pied sur le sol, les yeux braqués sur l'accoutrement de son professeur, se demandant dans quelle poche il l'avait caché. Pourtant, il ne fit aucun mouvement démontrant qu'il avait pleinement l'intention de lui montrer la bague. Sa bague.

« Alors? », questionna Amélia, perdant patience.

« Alors quoi? », répliqua le professeur, faisait mine de ne pas comprendre alors que la jeune fille savait pertinemment qu'il n'était pas dupe.

« Alors? Vous me la montrez, cette bague? », répondit-elle avec insistance.

« Certainement. »

« Alors vous attendez quoi? Que le Titanic se rebâtisse et coule de nouveau? »

Le professeur ne sembla pas amusé de sa petite remarque énumérant un drame Moldu qui s'était produit des décennies plus tôt.

« J'attends que votre grand-mère soit présente. », répondit-il alors, le visage moqueur et fier.

Amélia crispa des poings alors qu'il détournait nonchalamment les yeux. En suivant son regard, elle constata qu'en fait, il avait le regard braqué sur son piano droit, situé dans le coin de la pièce.

« Vous avez un piano… », constata-t-il soudainement, brisant le silence parfait.

Amélia observa son piano en bois teint d'un magnifique rouge, une couleur qu'elle aimait beaucoup.

« En effet. Je ne saurais en jouer aussi naturellement si je n'en possédais aucun. », répliqua-t-elle d'un ton amer. « Et je l'aime beaucoup. Mais bien sûr, le vôtre est… »

Elle hésita un moment, regrettant presque d'avoir poursuivi sa phrase, se remémorant distinctement la seconde fois qu'elle s'était retrouvée dans les quartiers du professeur Snape, plus précisément la fois où il l'avait retrouvé alors qu'elle s'était enfuie du train, mais surtout le moment où elle avait eu la chance de performer avec le magnifique piano à queue du maître des potions.

« Différent. », termina le professeur.

Amélia plongea alors son regard doré dans celui du professeur Snape.

« Oui, c'est ça, le vôtre est… différent. », conclut-elle d'un air absent.

Le silence refit surface une minute ou deux, ou peut-être était-ce que quelques secondes, elle ne saurait le dire. Ce n'est que lorsqu'un bruit sourd se fit entendre que la jeune sorcière reprit de tous ses sens. Rapidement, elle se dirigea vers la source de la cacophonie qui détruisait sans aucune gêne la tranquillité qui régnait dans le salon, et s'arrêta brusquement devant les escaliers.

Étalé de tout son long, bien qu'il fût particulièrement court, les quatre pattes en l'air, Snow l'observait à l'envers. Réalisant qu'elle avait complètement oublié son louveteau et qu'il semblait considérablement avoir dégringolé toutes les marches des deux étages, elle se précipita à sa rescousse, s'étalant sur ses genoux, le corps penché vers l'avant. Pourtant, à sa grande surprise, le petit loup se redressa avec une agilité surprenante avant qu'elle ne put le prendre dans ses bras, sa queue touffue frétillant de tout côté. Il aboya à quelques reprises, sautillant de droite à gauche, la langue sortit, ce qui donnait l'impression à la jeune fille qu'il souriait. Soulagé qu'il était en parfaite forme, Amélia ouvrit grand les bras et Snow sauta instantanément sur elle, la léchant sur les joues joyeusement, oubliant totalement qu'il avait fait une chute périlleuse quelques instants plus tôt.

Elle réapparut alors dans le salon, cette fois tenant dans ses bras son louveteau qui remarqua alors le professeur Snape, immédiatement en alerte. La tête baissée, les oreilles à plat sur sa tête, repoussée vers l'arrière, il fixait l'homme avec un air mauvais. Amélia fut particulièrement surprise de la réaction de son animal. Certes, il ne démontrait aucune agressivité, mais visiblement, il était sur ses gardes. Amélia lui gratta le dessus de la tête afin de le calmer et lui chuchota près des oreilles. Le loup se détendit au son rassurant de la voix de sa maîtresse puis se retourna la tête, la couchant sur l'épaule de la jeune sorcière, fermant déjà ses yeux ambrés.

« Vous avez un nouveau chien, à ce que je vois. », constata alors le maître des potions en observant la jeune fille et l'animal s'installer sur le divan en face de lui.

« Qu'est-ce qui vous fait dire cela? », questionna alors Amélia en le dévisageant subtilement.

Le professeur maintint son regard.

« Parce que visiblement, ce chien semble très jeune, donc je doute que vous l'ayez depuis maintes années. Également, votre ancien chien est mort dans la forêt lors de l'attaque de votre grand-mère. »

La mâchoire de la jeune fille se décrocha. Elle ne savait pas ce qui la choquait le plus, le fait qu'il mentionne l'accident qui avait gravement blessé sa grand-mère, ou le fait qu'il se souvenait que son chien était mort. Elle vit qu'il avait élevé les sourcils, attendant plus ou moins patiemment la réponse qu'elle lui sortirait, cette fois.

« Euh bien… Vous avez tort. », répondit-elle alors d'un ton de défi.

Le professeur la dévisagea avec amusement.

« Ah vraiment? », répliqua-t-il avec un sourire moqueur qui apparaissait tranquillement sur son visage livide.

« Oui. »

« Et en quoi ai-je tort? », poursuivit-il, curieux.

Amélia laissa quelques secondes s'écouler, savourant sa victoire à l'avance, et répondit :

« Vous avez tort parce qu'il ne s'agit pas d'un chien. »

Visiblement, il ne s'attendait pas à cette réponse, ce qui satisfit la jeune sorcière au plus haut point.

« Ah bon. Et de quel animal s'agit-il, selon vous? D'un gros lézard velu? », répliqua-t-il ironiquement.

Amélia ne se laissa pas intimider.

« Il s'agit d'un loup, professeur. », répondit-elle fièrement avec un timbre d'insolence dans son ton de voix.

Le maître des potions recula instinctivement la tête, les poings crispés.

« Et comment diable vous êtes-vous procuré un loup, Miss Walters? », questionna-t-il d'un air incrédule.

« Je l'ai trouvé dans la forêt. »

Sa réponse sembla exaspérer le professeur Snape, qui avait fermé les yeux en guise d'appréhension.

« Vous avez pris avec vous un animal sauvage que vous avez trouvé dans une forêt? », répéta-t-il avec lenteur, faisait paraitre la situation bien plus dramatique qu'elle ne l'était réellement.

« Il était abandonné! Il était seul dans le froid, sans nourriture! Je ne pouvais tout de même pas le laisser seul! », s'expliqua-t-elle avec fermeté.

Sa réponse sembla l'exaspérer davantage.

« Miss Walters. Vous ne croyez pas qu'il y a une raison toute précise pour laquelle ce loup était abandonné? », questionna-t-il en soupirant, comme si la réponse était plus qu'évidente.

Amélia fronça les sourcils, cherchant le sens de ses paroles, puis elle comprit.

« C'est absolument injuste! L'abandonner parce qu'il a le pelage blanc? C'est ridicule! », s'emporta-t-elle.

« Un être albinos est ridicule. », répliqua-t-il très calmement.

Amélia parut soudainement scandalisée. Voyant qu'elle s'apprêtait à exploser sa rage, le professeur se leva. Prise par surprise, la jeune sorcière ravala ses paroles, l'observant d'un air un peu plus inquiet.

« Je crois que je ne vous dérangerai pas davantage. Visiblement, vous semblez d'une humeur à fleur de peau et moi, je suis serrée dans le temps. C'est dommage que je n'aie pas pu discuter avec votre grand-mère. La prochaine fois, je ne repassai pas sans vous avoir avertie à l'avance. »

« Mais professeur! Les vacances sont presque terminées! Je dois prendre le train dès demain afin de retourner à Poudlard! Nous n'aurons pas la possibilité de nous rencontrer si vous partez maintenant! »

« Dans ce cas, je reviendrai un autre soir discuter avec votre grand-mère sans votre présence. »

Puis, il se dirigea d'un pas rapide vers le petit hall d'entrée, récupérant son manteau sur le crochet sur son passage. Amélia était restée clouée sur le divan, le regard fixant le vide, confuse entre son sentiment de frustration et d'étonnement. Puis, entendant la porte s'ouvrir, elle se redressa brusquement, faisant basculer Snow sur le divan. Elle se dirigea au pas de course à l'entrée et arriva jusqu'à lui. Le professeur avait déjà quitté la chaleur suffocante de la maison pour la fraicheur glaciale de l'extérieur.

« Merci de m'avoir accordée de votre temps. Visiblement, c'était une erreur que je tâcherai de ne pas reproduire. », conclu-t-il en se retournant rapidement.

Puis, il s'éloigna à une vitesse hallucinante, sous les yeux vides d'émotions de la sorcière. Alors qu'elle décida de le rattraper, elle le vit disparaitre dans le milieu de la rue, ne laissant que le vide derrière lui. Alors qu'elle accourut inutilement vers l'endroit où il se retrouvait quelques instants plus tôt, les pieds nus, elle s'enfonça dans la neige et du faire demi-tour afin d'aller se réchauffer à l'intérieur. Il devait avoir lancé un sortilège sans qu'elle s'en rende compte, car il n'y avait réellement aucune trace de son passage sur l'épaisse couche de neige qui recouvrait son entrée.

Une dizaine de minutes plus tard, elle se retrouva de nouveau dans sa chambre, cette fois, nettement moins détendue que l'heure d'avant. Elle se tenait debout devant la grande vitrine circulaire, fixant d'un air absent la rue dépourvue de sorcier. Bien sûr, l'arrivée du professeur Snape l'avait grandement surprise, mais c'est son départ qui l'avait étonnamment troublé.

Trop perturbée pour lire, la sorcière s'étala sur son lit, s'enveloppant dans une de ses couvertures en polar. Snow vint la rejoindre peu de temps après, se collant sur sa maîtresse, alors que cette dernière était déjà profondément endormie.

Le bruit de casserole la réveilla en sursaut, et Amélia regarda autour d'elle, confuse. Elle arrivait à peine à voir autour d'elle, le soleil s'étant couché, le crépuscule dominant le reste. Bon sang, j'ai dormi tout l'après-midi?, se questionna-t-elle intérieurement, agitant une main qui fit allumer la lampe à huile sur sa table de chevet. Elle s'étira les bras et arqua le dos pendant quelques secondes, regrettant d'avoir perdu un après-midi ensoleillé à sommeiller. Elle regarda autour d'elle à la recherche de Snow, et en déduisit qu'il devait être dans la cuisine avec Grand-Mère Sissi.

« Oh! Te voilà debout! », répliqua la vieille femme en voyant sa petite fille pour la première fois dans la journée.

« Ouais… Je crois m'être endormi quelques heures… », justifia Amélia en se grattant la tête, s'installant sur un des tabourets du comptoir. Snow vint la rejoindre aussitôt, grimpant ses pattes d'avant sur les mollets de la jeune sorcière. Elle le prit alors dans ses bras, à la grande joie du louveteau, et poursuivit la conversation avec sa grand-mère.

« Hmmm… Ça sent bon. », complimenta-t-elle.

« Merci! Ça devrait être prêt dans peu de temps. Il n'est que 17h00 mais le soleil est déjà couché, s'en ait déprimant… »

« Ouais… », approuva Amélia.

« Alors qu'as-tu fait en matinée? », questionna alors la vieille femme.

La jeune sorcière se figea sur place. Elle reprit alors presque instantanément son air normal, remerciant le ciel que sa grand-mère n'avait pas remarqué son soudain changement d'attitude.

« Euh… Pas grand-chose… J'ai lu, principalement… », bredouilla-t-elle d'un ton nonchalant.

« Ah! C'est bien. Et quoi d'autre? », ajouta Grand-Mère Sissi.

Amélia fronça les sourcils. La vieille femme sourit. Elle était tombée en plein dans le mille.

« Alors? », insista-t-elle.

Amélia soupira.

« Disons que j'ai eu de la visite… »

« De la visite? Mais qui donc? », s'empressa de questionner Grand-Mère Sissi, intéressé.

« Euh… Le professeur Snape... », avoua la jeune sorcière, fixant désormais ses pieds.

« Le professeur Snape? », répéta la vieille sorcière, les yeux ronds. « Mais je croyais qu'il devait venir ce soir seulement! »

« Oui, c'est vrai… Mais il a eu un imprévu donc il ne pourra pas être présent ce soir… »

« Oh… », s'exclama-t-elle, comprenant finalement la raison de sa visite.

« Il a donc tenté sa chance aujourd'hui dans l'espoir de te croiser. »

« Ah… C'est vraiment dommage qu'il ait choisi la journée où je fais mes courses... »

« En effet… »

« Il a dit quand il reviendrait? », questionna-t-elle.

Amélia hésita.

« Pas vraiment, non. »

Elle se sentait stupide. Elle aurait dû lui demander.

« J'ai oublié de lui demander… Mais il a dit qu'il ne reviendrait pas sans nous avertir à l'avance, la prochaine fois. »

« Ah… D'accord, d'accord. »

La vieille sorcière prépara la table à manger, avec l'aide d'Amélia qui plaçait les ustensiles à côté des assiettes, et les deux femmes dégustèrent le somptueux repas. Heureusement, Grand-Mère Sissi ne posa pas trop de questions à sa petite fille au sujet de sa visite en début d'après-midi, au plus grand soulagement de cette dernière, voyant qu'elle préférait nettement changer de sujet et profita de leur dernier dîner ensemble avant le retour à Poudlard.

« Oh! En passant, je vais faire un tour au Gnome Rieur. Étant donné que le professeur Snape ne sera pas présent ce soir, j'ai écrit à Kat et nous sommes censés nous rejoindre là-bas. », dit alors Amélia.

« Hmm… Mais tu ne dois pas rentrer trop tard! Nous devons être à la gare de train demain matin! », répondit la sorcière.

« Non non, promit! Je ne serai pas partie longtemps, après tout, je tiens vraiment à passer la fin de la soirée avec toi. », répondit Amélia en se levant et en donnant une bise sur la joue de sa grand-mère favorite.

Par la suite, elle monta à l'étage afin d'aller changer son accoutrement. Elle choisit un joli chemisier vert, qui s'harmonisait à merveille avec le doré de ses yeux, qu'elle enfila à la vitesse de l'éclair et replaça ses longs cheveux ondulés.

Elle descendit les escaliers avec tout autant de détermination et décrocha son manteau d'un des crochets. Ses yeux se ruèrent alors sur le crochet vide qui contenait le
manteau de son professeur, quelques heures plus tôt. Mais elle secoua rapidement la tête, enfila son manteau et ses bottes, puis ouvrit la porte du placard. Elle y découvrit maintes choses, comprenant entre autres le balai volant qu'elle cherchait, la Flèche d'Argent qu'elle avait eu en cadeau d'anniversaire par ses grands-parents maintes années plus tôt. À côté se trouvait le balai de sa grand-mère, la Bombe Bleue, un balai particulièrement fiable et familial doté d'une sirène antivol, puis celui que Derek lui avait prêté lors de sa visite dans un endroit nommé Le Pub du Farfadet, une vieille Comète 260. Perdue dans ses pensées, Amélia ne remarqua pas Grand-Mère Sissi qui venait d'apparaître dans l'entrée, les mains sur les hanches.

« Il fait un peu froid pour prendre ton balai, tu ne trouves pas? »

Amélia se retourna.

« Non, ce n'est pas si terrible. »

La vieille femme soupira.

« Ma chérie, le soleil est couché, je peux donc t'assurer que la température a descendu de quelques degrés. »

« Peut-être, mais si l'équipe de Gryffondor arrive à jouer au Quidditch en plein hiver, assis sur leurs balais durant des heures et des heures, je ne vois pas pourquoi je n'y arriverais pas. En plus, ça va me prendre qu'une vingtaine de minutes! », justifia Amélia.

La grand-mère soupira de nouveau.

« Ma petite perle. Je ne questionne pas ta capacité de voler en hiver. Je crois juste qu'il soit plus prudent de… »

« Grand-Mère, tu sais que je n'aime pas transplaner. », répliqua Amélia sans laisser le temps à sa grand-mère de terminer sa phrase.

« Dans ce cas, laisse-moi aller te reconduire avec la voiture de ton grand-père. »

Les yeux de la jeune sorcière s'élargissent. La grand-mère leva alors les mains en guise de défaite.

« D'accord, d'accord! Dans ce cas, je te laisse prendre la voiture… Tu l'as déjà conduit à plusieurs reprises. »

« Mais c'est glissant et sombre dehors… En voiture ça va être bien plus dangereux qu'en balai. »

La vieille femme leva les yeux au ciel, plaquant ses mains de nouveau sur ses hanches. En la regardant ainsi, Amélia avait l'impression de faire face à Mrs. Weasley, ce qui la fit éclater de rire. Cette situation détendit l'atmosphère une fois qu'elle eut expliqué la raison de son hystérie à sa grand-mère, et cette dernière lui permit alors de quitter avec son balai, lui faisant promettre d'être ultra prudente et de ne pas rentrer trop tard.

Comme prévu, elle arriva au petit pub de sorcier une vingtaine de minutes plus tard, les doigts gelés sur le manche de son balai.

En poussant la porte, une petite sonnette signala son arrivée, heureusement attirant l'attention de personne. D'ailleurs, le pub était étonnamment très peu peuplé ce soir-là. Comme elle s'en attendait, Kat, une amie d'enfance qui était entre autres une Crackmol, n'était pas arrivée encore, dû plus précisément au fait qu'Amélia était à l'avance. Elle en profita donc pour s'asseoir sur une des banquettes dans le coin du pub, récupérant un journal sur son passage.

Le serveur vint la voir une minute plus tard et elle ordonna pour débuter une bierreaubeurre. Alors qu'elle le voyait s'éloigner, ses yeux tombèrent sur l'un des seuls clients dans la place. Assis dans le coin opposé à elle, un homme d'une certaine élégance tenait un journal entre ses mains, concentré. Il y avait plusieurs verres vides à côté de lui, signe que ça devait faire un bon moment qu'il était présent. Puis, il se retourna à l'arrivée du serveur et Amélia sentit son sang se glacer dans ses veines. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ne l'avait pas reconnu. Il faut dire que l'éclairage était tamisé et qu'elle ne s'attendait pas à le croiser ici.

Aussitôt, elle détourna les yeux, de peur que le regard qu'elle pesait sur lui attire son attention. Instinctivement, elle plaqua une grosse partie de ses cheveux épais sur la moitié de son visage et crampa les épaules vers l'intérieur, son journal levé très haut. Si elle l'avait pu, elle aurait immédiatement quitté le pub, mais Kat allait arriver d'une minute à l'autre, elle ne pouvait l'abandonné ainsi. Elle prit donc une grande inspiration et lu pour la quatrième fois un article bien banal qui aurait suffi d'être lu une fois seulement.

Puis, soudainement, la sonnette de la porte retentit et Amélia espéra plus que tout au monde que c'était le professeur Snape qui avait quitté le pub, ou du moins qu'il s'agissait de Kat. Elle se retourna avec précaution et constata avec déception qu'il ne s'agissait d'aucun des deux. En revanche, l'un des trois hommes qui venaient d'apparaitre reconnut aussitôt Amélia et se dirigea vers elle les bras grands ouverts, le sourire aux lèvres.

« Bon sang, mais quelle surprise! », s'exclama l'homme un peu trop fort au goût de la jeune fille, qu'elle reconnut aussitôt comme étant Monsieur Albert, un vieil ami de son grand-père.

La jeune sorcière tenta du plus qu'elle pouvait de sourire, mais elle doutait que le résultat fût fructueux.

« Qu'est-ce qui t'amène ici? », questionna-t-il aussitôt en la serrant fort dans ses bras.

« J'attends une amie… », répondit-elle, reprenant un peu de son sens en réalisant que le professeur Snape n'avait pas bronché et semblait très peu conscient de ce qui se passait autour de lui. « Et vous, comment allez-vous, Monsieur Albert? »

« Ah! Toujours aussi poli, ma chère! Mais je vais mieux que jamais! », répondit-il avec enthousiasme. « Oh! Rude que je suis, Amélia, je te présente Raoul et Alphonse! », ajouta alors l'homme. « Les mecs, voici Amélia, la petite fille de Lester et Sidalya! »

Les deux hommes semblèrent finalement comprendre et salua la jeune fille à tour de rôle.

« La dernière fois qu'on t'a vue, tu n'étais encore qu'une toute petite puce… », ajouta l'un des amis de Monsieur Albert. Elle comprit alors qu'il faisait illusion à l'enterrement de son grand-père, qui avait eu lieu huit ans plus tôt.

« Cette petite est comme Lester, une vraie de vraie musicienne! Si seulement vous l'entendiez! », poursuivit Albert.

Puis, elle le vit avec horreur regarder les alentours.

« Ah! Le vieux piano est toujours là! Héhé! Amélia, tu pourrais nous jouer un morceau de jazz, comme ton grand-père te l'a montré! »

Amélia sentit son visage se décomposer.

« Ah… Hé hé… ouais, ben je ne sais pas trop… Le piano est vieux et désaccorder depuis si longtemps, je ne crois pas que ça serait très agréable à écouter… Je n'ai pas apporté mes partitions et… »

« Cesse ces sottises! Une talentueuse comme toi n'a pas besoin de bout de papier pour jouer! Le piano est parfait, je te dis, parfait! », répondit-il, refusant catégoriquement les excuses jugées non valables de la jeune fille.

Amélia soupira, sachant que la partie était peine perdue à l'avance.

« Ah! Moi j'aime bien le jazz! Tu connais du Evans? », ajouta Raoul, ou peut-être était-ce Alphonse, Amélia n'avait pas mémorisé qui était qui.

Avec lenteur, Amélia se leva et se dirigea vers le piano de l'autre côté de la pièce, la mine basse. Sur son passage, elle tenta de jeter un bref coup d'œil vers la table où était assis l'homme qu'elle aurait tant voulu éviter, mais elle ne parvint pas à l'apercevoir et poursuivit son chemin en priant.

Elle s'installa gracieusement au piano, les yeux à moitié fermés. Elle savait exactement quelle pièce elle allait interpréter ce soir-là. Elle pensa à son grand-père, lui qui l'avait initié à la musique jazz. Elle installa ses doigts fins sur les touches, dont le tiers était cassé ou légèrement abîmé, sans y mettre du poids, laissant le silence bercer sa concentration. C'est alors qu'elle plaqua les premiers accords en douceur, captant l'attention des clients du pub. Aussitôt les premières notes jouer, elle entendit Albert l'acclamer en sifflant avec puissance, alors que les autres s'étaient mis à applaudir chaleureusement, reconnaissant immédiatement l'une des œuvres les plus appréciées de Bill Evans, A time for Love.

Oubliant tout ce qui l'entourait, oubliant même où elle était, elle se laissa guider par le rythme jazzé de la mélodie qu'elle avait si souvent entendue. C'était la pièce au piano favorite de Grand-Mère Sissi. Amélia se souvint toujours d'un Noël où elle s'était mise à pianoter sur le magnifique instrument qui se trouvait toujours dans le salon de ses grands-parents. Aussitôt, Grand-Père Lester s'était levé et avait pris Grand-Mère Sissi par la main, la regardant dans les yeux amoureusement, et ils s'étaient mis à danser sur le rythme de la musique. C'était l'un des plus beaux moments de ses grands-parents réunis qu'elle avait, et il lui paraissait absolument impossible de l'oublier un jour.

En terminant, elle se surprit à ouvrir les yeux, réalisant qu'ils étaient restés fermés quelques minutes, et sembla revenir à la réalité à chaque acclamation supplémentaire.

« Magnifique! Magnifique! », s'exclama Albert en s'approchant, les bras grands ouverts.

Amélia lui sourit timidement. Elle pencha la tête subtilement en guise de remerciement, rejoignant se mains ensembles.

« C'était la pièce favorite de ta grand-mère, je me trompe? », questionna Raoul.

« Oui. Et ce l'ai toujours. », mentionna Amélia, ravie.

« Magnifique! Magnifique! », répéta-t-il, plus joyeux que jamais. « Aller viens, je te paie ce que tu veux au menu! », ajouta-t-il en posant une main sur son épaule, la dirigeant vers le comptoir de la barmaid.

Amélia put alors jeter un bref coup d'œil digne d'une subtilité remarquable vers la table qui était occupé quelques minutes plus tôt par le professeur Snape. À son grand étonnement, mais surtout à son énorme soulagement, elle ne vit aucune trace du maître des potions. La jeune fille se dit qu'il devait avoir quitté le bar en l'apercevant, et c'était probablement pour le mieux.

En s'installant au comptoir sur un haut tabouret, la jeune sorcière commanda une assiette de nachos gratinée ainsi qu'un deuxième verre de bierraubeure. Les quelques clients du bar virent tous la voir à tour de rôle, la félicitant pour la magnifique pièce dont elle leur avait fait part plus tôt. Gêner, elle leurs correspondirent tous à peu près la même chose.

« Merci… Ça m'a fait plaisir… », répliqua-t-elle pour la cinquième fois, cette fois à une sorcière d'un certain âge qui avait des cheveux particulièrement excentriques, qui s'éloigna aussitôt le compliment dit.

Certes, c'était touchant d'être acclamé de la sorte, si tel était le mot, mais pour le moment, elle aurait nettement préféré passer inaperçue. Heureusement, ses nachos arrivèrent assez rapidement, lui ayant donné toutefois le temps de finir son second verre, et elle oublia ses soucis un certain moment lorsqu'elle croqua dans un nacho grillé à point.

« Hmmm… Si seulement ils nous servaient des nachos à Poudlard, de temps à autre… », se murmurra-t-elle à elle-même à voix basse.

Mais il faut croire que ce n'était pas aussi subtil qu'elle l'aurait espéré étant donné qu'elle fut interrompue par un homme qui était installé à côté d'elle bien avant son arrivée au comptoir.

« Dans ce cas, vous ne mangeriez rien d'autre, n'est-ce pas? », questionna la voix masculine.

Amélia fronça les sourcils, regardant à l'avant d'elle, reconnaissant cette voix un peu trop à son goût. Lentement, elle tourna la tête vers son interlocuteur, craignant le pire. Et le pire fut bel et bien confirmé dès l'instant où ses prunelles croisèrent ceux du professeur de potion à Poudlard.

Elle resta immobile un moment, son sang cessant de circuler dans ses veines, du moins c'est l'effet que ça lui donnait. Alors qu'elle pensait qu'il avait quitté le bar, la réalité était qu'il s'était simplement déplacé pour s'installer au comptoir.

« Je ne me doutais pas que vous étiez également doué dans le style jazz. », fit alors remarquer le professeur Snape, brisant le malaise qui les liaient un à l'autre de façon particulièrement désagréable.

« Je ne le suis pas… Je connais simplement deux ou trois pièces. Mon grand-père était bien plus impressionnant. », réagit-elle, repoussant le semi-compliment qu'il lui faisait, comme moyen de défense.

Puis, hésitante, ajouta :

« Je croyais que vous étiez occupé, ce soir… »

Le professeur Snape pencha la tête, l'observant d'un air ennuyé.

« Il est encore tôt. »

Amélia acquiesça de la tête en silence, ne sachant quoi ajouter pour pimenter cette conversation particulièrement inconfortable.

Le professeur leva un sourcil, tournant la tête ailleurs. Amélia vit alors la parfaite opportunité de s'éclipser. Un peu trop brusquement, elle se leva du tabouret et se dirigea vers le coin du comptoir, là où se tenait la barmaid, essuyant un verre propre à l'aide d'un chiffon.

« Merci pour tout! », dit alors Amélia.

La jeune femme lui fit un clin d'œil, le sourire collé aux lèvres, et murmura tout bas :

« Cet homme, là-bas… », débuta-t-elle en désignant le professeur Snape, qui avait toujours la tête tournée, « il te fixait bizarrement… »

Amélia afficha un air horrifié. Conscient du sens que prenait sa phrase, la barmaid reprit immédiatement :

« Non, ne t'inquiète pas… Il semblait simplement hyper surpris de te voir… Vous vous connaissez? », questionna-t-elle.

Amélia hésita un moment.

« Euu… En quelque sorte… »

La barmaid la regarda, les sourcils froncés. Visiblement, elle n'avait jamais étudié à Poudlard, autrement elle l'aurait immédiatement reconnu.

« Je… Je dois y aller… », ajouta Amélia afin de couper la conversation.

La jeune femme haussa les épaules et la salua.

« Tu reviendras nous jouer un autre morceau, un de ces quatre! », répliqua-t-elle.

Amélia lui sourit, préférant n'ajouter rien. Elle se promit de ne pas revenir de sitôt. Rapidement, elle récupéra son manteau ainsi que son balai, qui trainait toujours sur la banquette auquel elle s'était installée en arrivant dans le pub.

Elle dit au revoir à Albert ainsi qu'à ses compagnons, qui prirent un peu trop de temps à lui répéter de revenir bientôt et de jouer de nouveau une pièce jazz. Une dernière fois, elle le remercia pour le petit repas et sortit finalement à l'extérieur, soulager. Finalement, Kat n'était pas venu la rejoindre, c'était extrêmement décevant, mais pas si surprenant. Kat était accro à son portable et Amélia songea qu'elle devait avoir complètement oublié l'heure alors qu'elle devait clavarder avec son amoureux du jour. Kat avait tenté de convaincre Amélia s'acheter un portable, mais cette dernière était sceptique à l'idée de se procurer cette chose électronique.

Enfin, l'avantage du fait qu'elle ne s'était pas présentée ce soir lui donnait quand même l'opportunité de quitter plus tôt et de passer davantage de temps avec Grand-Mère Sissi.

Alors qu'elle enfourchait son balai, le son de la clochette retentit, signalant que quelqu'un sortait du bar. Elle regretta de s'être retournée, au lieu de simplement ignorer la présence du nouvel intrus, et de simplement décoller vers les airs, prenant le chemin de sa maison.

« Vous comptez réellement retourner chez vous en balai? », questionna le professeur Snape, qui se tenait le dos droit, les mains dans les poches.

Ce commentaire énerva royalement la jeune sorcière.

« Oui! Ça vous pose problème? », répliqua-t-elle d'un ton plus insolent qu'elle en avait l'intention.

Comme à son habitude, il ignora totalement sa question et reprit nonchalamment :

« Pourquoi ne pas transplaner? C'est plus rapide. »

« Plus rapide, surement. Plus désagréable, certainement. », répondit Amélia en se tournant, donnant un coup de pied au sol, ce qui la fit léviter d'une bonne trentaine de centimètres.

Les sourcils froncés, il s'approcha d'elle, le bras tendu vers l'avant. D'un geste posé, il déposa sa main sur le manche en bois de son balai, obligeant à la jeune fille de remettre les pieds aux sols. Ce qu'elle fit avec agacement.

Sans ajouter quoi que ce soit, il lui tendit le bras, et sans poser la moindre question, comprenant où il voulait en venir, Amélia y posa sa main. La même sensation désagréable que son corps était absorbé brutalement dans un aspirateur refit surface, sans grande surprise.

Heureusement, ils apparurent quelques secondes plus tard sur la rue déserte où était située la maison de la jeune sorcière. De la petite neige fine tombait sur le sol gelé, donnant l'impression de se retrouver dans une scène romantique au théâtre.

Amélia s'avança la première vers l'allée d'un pas décidé, trainant avec elle son balai qu'elle tenait fermement entre ses mains. Elle était un peu furieuse. Un peu beaucoup.

Elle savait qu'elle manquait grandement de classe en quittant le professeur sans même prendre la peine de lui dire au revoir ou de simplement le remercier, mais elle ne pouvait se résumer à revenir sur ses pas maintenant.

Au loin, elle voyant à travers la vitrine du salon de sa maison des rayons de luminosités, ce qui signifiait que sa grand-mère n'était pas encore couchée. Bien sûr, il était encore tôt, elle n'avait donc aucunement raison d'être endormie. Marchant toujours d'un pas rapide, elle se figea alors sur place, réalisant quelque chose.

Elle se retourna avec vigueur, réalisant que le professeur Snape s'éloignait vers la direction opposée, à quelques instants près de transplaner et disparaitre réellement.

« Professeur! », l'appela-t-elle alors.

Ce dernier s'immobilisa sans toutefois se retourner.

« Ma grand-mère n'est pas encore couchée… », ajouta-t-elle.

Ce dernier sembla aussitôt comprendre. Il fit volte-face, refusant tout de même de s'approcher d'elle.

« Il est encore tôt... Je suis certaine qu'elle est parfaitement réveillée. »

Cette fois, il s'approcha, toujours d'un pas hésitant.

« Si vous venez un autre jour, je ne pourrai pas être présente… Peut-être que pour vous, ça n'as que très peu d'importance, mais pour moi ça en a. », ajouta-t-elle avec une profonde sincérité.

Ce dernier resta silencieux, mais acquiesça de la tête. Ensemble, ils s'avancèrent dans l'allée menant à la porte, marchant côte à côte, seuls le son de leurs pas écrasant la neige brisant le silence.

Avant qu'Amélia eût le temps de poser sa main sur la poigner, la porte s'ouvrit d'elle-même.

« Amélia! Mais tu rentres tôt! », commença Grand-Mère Sissi. « Est-ce que tu as eu du plaisir avec… », mais elle s'interrompit aussitôt en apercevant la grande silhouette qui se tenait à côté de sa petite fille. Amélia eut du mal à masquer son envie de rire.

« Grand-Mère Sissi, je te présente le professeur Snape. »

.oOoOo.

Ce chapitre, je l'ai beaucoup aimé… au départ. Jusqu'à ce que mon laptop me plante et que je perde toutes mes données, me forçant à le réécrire au complet.

Mais au final, je crois que ce ne fut pas trop une mauvaise chose. La nouvelle version me plaît davantage. Merci de continuer à lire ma fiction, ça me touche vraiment.

xoxo