Chapitre 34 : Disparue
Confortablement assis dans le grand salon sobre et paisiblement éclairé par une bonne vingtaine de chandelles de toutes les couleurs, c'était principalement le professeur Snape qui monopolisait la conversation. Amélia avait les yeux rivés sur lui, curieuse d'entendre la suite tandis que Grand-Mère Sissi optait plutôt pour la patience, arborant son habituel air de politesse qui régnait glorieusement sur son visage serein alors qu'elle avait ses magnifiques yeux pers, tirant davantage sur le vert que sur le gris ce soir-là, concentrés sur le professeur Snape.
« Donc afin de faciliter la tâche, j'ai apporté avec moi la pensine que j'ai emprunté au professeur Dumbledore. J'ai mis le souvenir que j'ai extirpé de l'esprit de Miss Walters dans ce petit flacon, que je déverserai dans la pensine lorsque vous serez prête. », continua-t-il en sortant d'une poche de son habit noir une petite fiole à la forme rectangulaire contenant une substance luisante argentée tirant sur le bleu qui tournoyait dans tous les sens, semblant vouloir s'extirper du flacon en vitre. Il le déposa sur la table en face de lui, sous les regards curieux et intrigués des deux sorcières.
« Et moi, pourrai-je le voir? », questionna alors Amélia en parlant du souvenir en question.
Le professeur Snape plongea son regard sombre dans les prunelles dorées de la jeune sorcière, un air douteux dominant sur son visage livide cadré par ses cheveux noirs comme l'ébène lui arrivant un peu au-dessus des épaules.
« Et en quelle circonstance auriez-vous besoin de faire une telle chose? », questionna-t-il plus ou moins froidement.
Amélia fronça les sourcils.
« C'est mon souvenir, je vous signale! J'ai tous les droits de… »
Mais le maître des potions l'interrompit en poursuivant d'un ton las :
« Ce n'est pas votre souvenir, Miss Walters, mais celui de la bague. »
« Peut-être, mais c'est tout de même de ma tête qu'il en est ressorti! Et puis vous parlez de cette bague comme si elle était réelle. », répondit Amélia, loin de se laisser impressionner.
« Mais elle semble être réelle, justement. C'est là le problème, Miss Walters. Cette bague est débordante de magie noire qui pourrait rendre quiconque fou. »
« Alors, expliquez-moi pourquoi j'ai pu la porter pendant plusieurs jours sans qu'elle ne m'affecte négativement? », questionna Amélia d'un ton volontairement insolant, alors que Grand-Mère Sissi tournait la tête vers elle d'un air déstabilisé.
« Miss Walters, la réponse est toute simple. Cette bague vous a possédé. »
Le visage de la jeune sorcière blêmit d'un ton. Grand-Mère Sissi tourna de nouveau la tête vers le professeur, le fixant avec une concentration extrême, mais garda le silence, attendant la suite.
« Cette bague, Miss Walters, a bien réagi au départ lorsque vous la portiez, car elle semblait vouloir vous amadouer. En la portant, vous vous sentiez mieux, plus légère peut-être? »
Amélia sentit ses jambes se ramollir. Il avait raison sur toute la ligne.
« Mais par la suite, voyant que vous tombiez dans son piège, ses intentions sont devenues plus… sombres. Je fais erreur? »
Amélia cligna des yeux, restant parfaitement muette. Encore une fois, il avait raison et elle le savait beaucoup trop bien.
« Vous voulez dire lorsque je vous ai attaqué dans les cachots... »
Grand-Mère Sissi fronça des sourcils.
« Tu as fait quoi? », questionna-t-elle avec de gros yeux, fixant sa petite fille.
Mais c'est le professeur Snape qui reprit calmement la conversation :
« Il y a tout de même une chose dont je ne suis pas certain… Il semblerait que cette bague n'est pas entièrement maléfique… »
« Mais c'est quoi le rapport avec le souvenir que j'ai vu, hen? », répondit alors Amélia, complètement hors sujet.
Le professeur soupira bruyamment, démontrant clairement qu'il n'avait aucune envie de s'obstiner avec une jeune fille têtue.
« Ma chérie », débuta alors Grand-Mère Sissi d'une voix calme, « si on commençait par me montrer ce souvenir et ensuite on verra. »
Amélia acquiesça de la tête d'un air sérieux. Le professeur Snape leva la tête subtilement vers le plafond, ce qu'on aurait pu facilement distinguer comme étant un remerciement du ciel qu'elle cessait enfin de parler. Puis, il se leva et s'avança vers la table basse vitrée qui séparait la jeune fille et la grand-mère du professeur. Il sortit alors d'une poche intérieure de son habit noir une grande soucoupe argentée qui se glissa lentement de ses mains afin de flotter jusqu'au-dessus de la table. Amélia regarda le phénomène la bouche ouverte.
« Je vois que vous avez utilisé un sortilège d'Extension pour permettre à cette pensine de s'introduire si aisément dans votre habit. », constata Grand-Mère Sissi avec le sourire. « Si vous saviez le nombre de fois que j'ai fait usage de ce sortilège afin de glisser le plus de choses possible dans mon sac à main! », ajouta-t-elle en rigolant davantage.
Amélia l'observa, complètement abasourdie. Comment arrivait-elle à avoir une conversation aussi légère avec lui, pensait-elle.
« Vous me permettez? », questionna-t-il en regardant la plus vieille des deux sorcières, prenant de nouveau le flacon dans ses mains, prêt à introduire le souvenir dans la pensine.
« Certainement. », autorisa Grand-Mère Sissi en se redressant légèrement, se replaçant les cheveux subtilement.
Il acquiesça de la tête d'un hochement sec et décapsula le petit bouchon de liège du flacon, déversant la substance fantastique dans la grande soucoupe argentée, qui flottait toujours à quelques centimètres au-dessus de la table basse, immobile comme une tombe, solide comme l'acier.
Grand-Mère Sissi se leva et s'avança curieusement vers la pensine, y plongeant sa tête sans aucune hésitation. Amélia l'admira encore plus, à ce moment précit. Elle avait cette facilité à s'accommoder aux gens, à faire confiance sans préjugé, alors que la jeune sorcière en était pratiquement incapable. Elle se promit intérieurement de faire des efforts considérables dans les jours à venir.
La vieille sorcière ressortit la tête de la pensine quelques minutes plus tard, visiblement confuse. Amélia se mordilla l'ongle du pouce, nerveuse. Sa grand-mère semblait tout aussi ignorante qu'elle et le professeur Snape.
« Je… », commença la sorcière, observant sa petite fille et le maître des potions à tour de rôle.
Le professeur Snape, qui s'était rassis pendant que la grand-mère visualisait le souvenir, s'avança au bout de son fauteuil, le corps penché vers l'avant.
« C'était bien vous, la jeune fille dans ce souvenir? »
La grand-mère acquiesça de la tête, les yeux ronds.
« Et? », ajouta Amélia, presque impatiente.
Grand-Mère Sissi se retourna vers sa petite fille, le regard attristé.
« Je… Je suis désolée… Je n'ai aucun souvenir de… de ce moment. »
Amélia cessa de ronger ses ongles, figée comme une statue d'argile, alors que le professeur Snape fixait désormais le vide d'un air perturbé.
« Mais… Mais… Tu ne te souviens même pas un peu de… », commença Amélia en gesticulant les bras de tout côté.
La vieille sorcière baissa les yeux, attristée.
« Je suis vraiment désolée. », répéta-t-elle, se laissant choir sur le divan juste à côté de sa petite fille. « J'aimerais me souvenir, mais je n'y arrive pas… Je… C'était moi, la jeune fille aux boucles d'or, je peux vous le confirmer… Mais… »
Grand-Mère Sissi demeura silencieuse en observant le professeur Snape se lever.
« Merci de m'avoir accordé de votre temps, Miss Van Droski. À vous également, Miss Walters. »
Grand-Mère Sissi se leva brusquement, la main plaquée sur le front, regardant partout autour d'elle.
« Mais il n'y a pas autre chose à savoir sur la bague? Je veux dire, ce souvenir ne peut pas être l'unique raison de croire qu'elle est possédée! »
Le professeur Snape l'observa d'un air sérieux.
« J'en ai bien peur que si. »
Amélia fixait ses genoux, retenant les larmes de coulés sur ses joues rosées. Elle n'arrivait pas à réaliser que c'était terminé, qu'elle ne résoudrait jamais les mystères de la bague. Une nausée violente s'empara d'elle, et elle du combattre puissamment afin de se détendre.
« Je ne vous dérangerai pas davantage. Je dois me remettre en chemin. », reprit le maître des potions.
« Bien sûr, bien sûr… », répondit la vieille sorcière, visiblement déçue.
« Merci pour le thé. Et… »
Il hésita un moment.
« Cette bague vous appartient… », ajouta-t-il finalement. « Je présume que vous la mettrez dans un endroit sécuritaire où vous n'en ferez guère usage. »
« Oui, oui, bien sûr professeur. », répondit Grand-Mère Sissi en prenant la bague que le maître des potions lui tendit.
En observant la scène, Amélia se leva d'un bond et se dirigea d'un pas précipité vers les escaliers. La nausée avait laissé place à la furie.
« Je… », commença la sorcière, observant sa petite fille disparaitre de leurs vues. « Je suis désolée, je crois qu'elle est un peu bouleversée… Si vous saviez, elle a parlé de la bague toute la semaine… Elle avait vraiment hâte que vous veniez. »
Le professeur resta immobile, fixa la grand-mère avec la surprise se lisant dans ses yeux noirs, puis tournant légèrement le regard vers les escaliers.
« Je suis bien désolée, encore une fois, de ne pas me souvenir. »
« Ce n'est pas de votre faute, il est totalement inutile de vous blâmer de la sorte. », répliqua le professeur en ramenant son attention sur la dame.
Grand-Mère Sissi hocha la tête alors que le maître des potions se dirigeait vers la porte d'entrée.
« Bonsoir. », conclut-il d'un ton sobre.
« Vous êtes sûr vous ne voulez rien à manger? Je pourrais vous faire… »
« Non merci, ce n'est pas la peine. »
« Merci pour votre visite. »
Elle referma la porte derrière le professeur Snape puis se dirigea vers les escaliers.
Amélia avait entendu la porte d'entrée se refermer et s'était précipitée vers la grande fenêtre de sa chambre au troisième étage. Elle observait d'un air furieux le professeur Snape s'éloigner rapidement. Ainsi, sa tâche était terminée. Il abandonnait les recherches.
« Ma chérie… Tu vas bien? »
Grand-Mère Sissi venait d'entrer dans la chambre, observant sa petite fille qui se tenait dos à elle, observant le vide, les poings serrés. Snow, qui était couché sur la moquette en laine de mouton près de son lit, venait de se réveiller, portant attention aux deux sorcières. Beeti, le hibou petit duc de la jeune sorcière s'était mis à survoler dans la chambre, ce qui capta aussitôt l'attention de Snow, qui tentait de l'attraper en sautant dans les airs lorsque le hibou voletait tout près.
« Non. », répondit Amélia d'un ton volontairement froid.
« Tu sais, je suis vraiment désolée de ne pas me souvenir… »
« Ce n'est pas de ta faute. », intervint la jeune sorcière d'un ton sec. « Tu étais si jeune, tu n'as aucune raison d'avoir conservé ce moment dans ta mémoire. »
« Peut-être que si, étant donné que la bague, elle, l'a conservé. »
« Dans ce cas, ce n'était rien d'important qui te concernait toi… », répliqua Amélia en se retournant.
« Peut-être bien… Tu ferais bien d'aller au lit ma chérie. »
Alors que Grand-Mère Sissi s'apprêtait à quitter la grande pièce, Amélia s'approcha d'elle.
« Où allons-nous cacher la bague? »
« Pour le moment, je vais la mettre dans la penderie de chêne de ton grand-père, dans le salon. »
Amélia acquiesça de la tête, pensive.
« Tu as terminé de remplir ta malle pour demain? », questionna la grand-mère en baillant.
« Oui… », répliqua Amélia en observant la grande valise au pied de son lit qui était encore ouverte, mais pleine jusqu'au rebord. « Bonne nuit Grand-Mère Sissi. »
« Fais de beaux rêves. », répliqua la vieille sorcière.
Mais cette nuit-là, la jeune sorcière savait qu'il n'était pas question de beaux rêves. En faites, elle ne planifiait pas dormir. De toute façon, elle s'était bien détendue durant la matinée et avait sommeillé une bonne partie de la journée, son corps ne ressentait donc aucunement la nécessité de se reposer. Patiente, elle attendit une heure dans sa chambre, éclairée de seulement deux petites bougies lui permettant de jeter un coup d'œil à son livre de sortilège, et ainsi guetter la maison. Puis finalement, elle tendit sa baguette magique en murmurant :
« Spero Patronum »
La forme argentée d'une panthère apparut quelques instants plus tard, observant la jeune fille patiemment.
« J'ai besoin que tu aies jeté un coup d'œil à Grand-Mère Sissi. Je dois m'assurer qu'elle dort profondément. »
Le Patronus fila de la chambre, aussi silencieux qu'il en était possible. Pendant ce temps, Amélia enfila une paire de vieux jeans pâles et délavés aux genoux troués ainsi qu'un chandail coloré avec un col en V. À peine une minute plus tard, le magnifique félin argenté réapparut, la tête haute.
« Parfait… », murmura Amélia, éteignant les deux chandelles bleues en agitant paresseusement la main.
Puis, la pièce redevint sombre, le Patronus disparaissant complètement. Elle se dirigea vers l'unique fenêtre qui donnait une vue sur l'avant de la maison, située à l'opposé du grand mur vitré qui laissait percevoir la forêt dans sa cour, et aussitôt, Beeti quitta la belle armoire rouge qui avait l'habitude de se percher dessus, et se remit à voleter dans la chambre silencieusement. Amélia ouvrit la fenêtre, permettant ainsi à son hibou de prendre de l'air dans la nuit hivernale et ainsi d'aller chasser.
En ouvrant la porte avec précaution, elle jeta un dernier coup d'œil à sa chambre, observant Snow qui, après une trentaine de minutes à gruger un os qu'Amélia lui avait donné afin de le distraire, était solidement endormi au pied de son grand lit, et sortit de sa chambre sur la pointe des pieds en faisant de même en descendant les deux escaliers qui la séparaient du rez-de-chaussée. Elle se dirigea aussitôt vers la penderie en bois d'érable teint de son grand-père et l'ouvrit avec précaution. Elle repéra assez rapidement la bague et l'enfouit dans une poche de son jean.
Elle hésita un moment, fixant la porte d'entrée. Elle ferait beaucoup de bruit en l'ouvrant et la refermant derrière elle. Elle pensa à un sort pour tamiser le son, mais délaissa aussitôt cette idée et se dirigea vers la cuisine, décidant qu'elle sortirait par une fenêtre, tel un cambrioleur.
Sur son passage vers l'entrée, elle ramassa sa veste qui avait une valeur sentimentale élever à ses yeux, un parka vert olive d'armé un peu large pour elle qui la tiendrait bien au chaud ainsi une paire de chaussure rouge aux semelles et lacets blancs. Elle n'avait pas envie de revêtir ses grosses bottes en laines de mouton et elle avait mis des bas de laine, assumant que les chaussures feraient l'affaire.
En arrivant dans la cuisine, elle repéra la fenêtre idéale pour sortir. En s'approchant, elle entendit un craquement venant de derrière elle. Sursautant, elle se retourna vivement, pointant sa baguette à aveuglette. Du coup, elle songea à Grand-Mère Sissi qui s'était peut-être levée, et abaissa aussitôt sa baguette. C'est à ce moment-là qu'elle repéra Snow, son petit louveteau qui l'observait, la tête légèrement penchée sur le côté.
« Bon sang Snow! Tu m'as fait une de ces peurs! », dit Amélia avec soulagement.
Le loup l'observa la langue sortie, semblant parfaitement calme.
« Retourne dormir… », murmura Amélia en pointant l'escalier. « Aller! »
Mais le louveteau de ne l'écouta pas. Contrairement à son ordre, il s'approcha d'elle en brandissant la queue.
« Snow! Va dormir! Je t'en priiiiie… »
Au plus grand énervement de la sorcière, il resta parfaitement immobile.
« Aghhhr… Tant pis, fait ce que tu veux. », bougonna la jeune sorcière en se retournant, se dirigeant de nouveau vers la fenêtre.
L'ouvrant avec très peu d'effort, elle sortit par la fenêtre à guillotine, se retrouvant désormais dans la grande cour arrière de sa maison, à porter de la forêt qui se trouvait à environ 100 mètres. Alors qu'elle refermait la fenêtre derrière elle, Snow lança une complainte, tentant de monter sur le rebord de la grande fenêtre.
Les yeux d'Amélia devinrent ronds comme des Gallions, la furie se lisant sur son visage.
« Non mais ça ne va pas la tête? Tu vas réveiller Grand-Mère Sissi! »
Le petit loup l'observa de ses petits yeux dorés pratiquement identiques aux siens, baissant légèrement les oreilles, lui donnant un air piteux. Amélia soupira longuement, exprimant le plus silencieusement possible son mécontentement profond, puis agrippa son animal et le sortit à l'extérieur avec elle.
« Promets-moi de rester parfaitement calme. », murmura-t-elle au louveteau.
Ce dernier lui lécha la joue en guise de réponse, sa petite queue touffue s'agitant de droite à gauche.
Puis, elle le déposa dans la fine couche de neige et ce dernier marcha vers l'avant d'un air fier, le torse bombé. Amélia ne put s'empêcher de rigoler en l'observant, hochant la tête. Elle fit attention de marcher aux endroits où la neige était déjà tâtonnée par les petits pas de Snow, et se rendit jusqu'au garage qui appartenait autrefois à son grand-père, qui n'était pas très loin de sa maison, et déverrouilla la porte à l'aide d'un sortilège très simple.
« C'est parfait! Ici, nous ne serons pas dérangés. », murmura Amélia en regardant Snow.
Elle entra dans le garage et se frotta les bras.
« Brrrrrrrrr… Il fait froid, par contre… »
Elle marcha jusqu'à l'échelle qui se trouvait au fond du garage et monta à l'étage. Snow l'attendit en bas en circulant nerveusement autour de l'échelle.
« Arrête de bouger Snow! », dit alors Amélia en brandissant sa baguette vers son louveteau.
Mais le petit loup était têtu comme une mule. Pendant un moment, elle pensa au professeur Snape, lui qui ne ratait jamais une occasion de lui rappeler à quel point elle était entêtée, et du admettre comprendre légèrement sa frustration à l'instant.
« Aaaggrr… Snow! Je n'arriverai jamais à t'atteindre si tu gigotes autant! Assis! Assis grosse boule de poil! »
Après plusieurs essais, elle réussit finalement à calmer l'animal, qui finit par se laisser choir sur le sol d'un air attristé.
« Oui! C'est parfait Snow! Gentil loup! Reste, reste! », murmura Amélia d'une voix calme.
Snow resta immobile en l'observant de ses yeux, sachant pertinemment qui réussirait à la convaincre ainsi.
« Ne fais pas l'idiot, j'avais déjà prévu de t'amener à l'étage de toute façon! Pas besoin de me faire ton petit numéro. », ajouta Amélia. « Wingardium Leviosa! », dit-elle finalement, pointant sa baguette vers le bas.
Le loup se mit alors à survoler de lui-même, et paniqua instantanément, rien de bien surprenant d'ailleurs. Heureusement, Amélia parvint à maintenir le sortilège et Snow arriva à l'étage sain et sauf. Et terrorisé.
« Tu vas finir par t'en remettre, Snow. C'est troublant vivre avec des sorciers, je te l'accorde, mais tu vas finir par t'y habituer, promit. », assura-t-elle en lui donnant des becs sur le dessus de sa petite tête.
Puis, elle marcha jusqu'au fond de la pièce et s'installa sur une vieille boîte de bois qui craquela sous son poids. Précautionneusement, elle sortit la bague de sa poche de jean et l'observa de tous ses angles. C'était bien sa bague, la bague d'or blanc avec la magnifique pierre d'onyx noire comme le charbon qu'on avait nommé le Diamant Noir. Elle jeta un rapide coup d'œil vers Snow, qui l'observait d'un air paniqué.
« Ne t'en fait pas Snow… Je… Je dois découvrir ce que cette bague nous cache. Ça pourrait prendre des mois, voire des années, mais je dois savoir. Et c'est ce soir que je débuterai mes recherches. Snape a peut-être tenté des centaines de sortilèges et lu des dizaines de livres afin d'en extirper quelque chose, mais il n'y a réellement qu'une seule façon de découvrir ses secrets. »
Le petit loup se coucha sur le sol de bois, enfouissant son museau entre ses pattes.
« Je ne ferai rien de mal Snow! », ajouta Amélia, visiblement nerveuse. Au fond d'elle-même, elle savait que ce qu'elle s'apprêtait à faire n'était pas très sécuritaire, mais elle ne pouvait se résoudre à vivre dans l'ignorance plus longtemps.
Autour d'elle, elle repéra plusieurs bouteilles de vitre vides et en profita pour les ensorcelés afin d'éclairer le haut du garage, et ainsi réchauffer l'endroit frisquet et humide grâce aux flammes réconfortantes qui émergerait une douce chaleur enivrante.
Par la suite, elle déposa sa baguette près d'elle et tenta de se détendre.
« Tu comprends, Snow, je ne pouvais faire cela dans la maison. J'ai trop peur de réellement m'endormir sinon, et ainsi de perdre le contrôle et de ne plus pouvoir la retirer lorsque je le veux. Ici, aucune chance. Je serai en contrôle. », assura Amélia à son loup, bien qu'au fond, c'était surtout pour elle-même, encore une fois.
Elle s'allongea sur le sol, près de Snow et ferma les yeux. Sa respiration était saccadée et elle tenta du mieux qu'elle put de se calmer, bien que c'en fût pratiquement impossible. Lentement, elle approcha la bague de son doigt et regarda une dernière fois son petit loup.
« Laisse-moi voir ton secret. », murmura la jeune sorcière en enfilant tranquillement la bague dans son majeur. « Laisse-moi voir ton secret. »
C'est alors qu'un éclair de lumière blanche éblouit le garage, Amélia sentant son corps trembler violemment, une douleur au crâne l'obligeant à crier à pleins poumons afin d'évacuer la souffrance qui la submergeait.
Autour d'elle, Snow courrait de tout côté, jappant du plus fort qu'il le pouvait, la peur se lisant dans ses yeux.
Puis, la lumière aveuglante s'éteignit d'un coup, ne laissant que la pénombre derrière elle. Pendant un instant, le silence parfait régnait dans le garage, pendant lequel le petit louveteau observant le vide devant lui, les yeux ronds, les oreilles levées dans les airs, le cou tendu vers l'avant. Puis, pour la première fois depuis sa naissance, il parvint à hurler tel un loup. Le son puissant sortit de sa gorge, exprimant clairement la douleur qu'il ressentait face à la solitude et à la disparition mystérieuse de sa maitresse. Seule la bague était au centre de la pièce, sa pierre noire brulante de souvenir, reluisante plus que jamais.
.oOoOo.
OH BOY! Je n'ai rien à ajouter sauf peut-être que… La suite est écrite et elle viendra très très bientôt!
xoxo
