Chapitre 40 : Jour 23 – Le banquet

Samedi le 30 mai 1936

Ce matin-là, Amélia était préoccupée à polir l'argenterie pour un grand festin qui se déroulerait le soir même. Ça ne faisait pas loin d'une heure qu'elle s'était mise au travail, et elle était pourtant encore loin d'avoir fait la moitié.

La semaine avait passé étonnamment vite, la jeune sorcière s'appliquant le plus possible dans tout ce qu'elle entreprenait. Jusqu'à maintenant, elle avait fait un travail convenable, suivant les nombreuses instructions d'Abbigail. Cependant, à partir de maintenant, elle savait qu'elle devait se surpasser pour réellement faire partie de la famille. Enfin, pas réellement de famille, mais du manoir.

« Juan est-il venu porter les bouquets de Géraniums Dentus? », demanda Céleste Van Droski.

Elle venait tout juste d'apparaitre dans la vaste salle à manger d'un pas pressé, vêtue d'un ensemble pourpre qui s'agençait très bien avec ses yeux marron.

« Je ne l'ai pas vu ce matin… », répondit Amélia d'un air songeur.

Juan était le jardinier du manoir. C'était lui qui s'occupait du nombre phénoménal d'arrangements floraux de la demeure, mais c'était également lui qui s'occupait des terres extérieures qui étaient mesurées sur plusieurs acres de terrain. Il n'était pas un sorcier particulièrement brillant, certes, mais sa personnalité était attachante et ses goûts en matière de décoration florale étaient exquis. Juan avait fait une meilleure première impression qu'Abbigail, son comportement jovial et rieur le rendait tout à fait agréable à côtoyer, sans oublier sa passion pour la danse latine; à chaque fois qu'il croisait la jeune sorcière, il la faisait tourner sur elle-même et la rattrapait par une hanche lorsqu'elle perdait tout équilibre. Mais Amélia devait admettre que c'était tout de même principalement la cuisinière qui l'avait le plus aidé étant donné qu'elle s'occupait de l'entretien de la maison elle-même il y de ça tout juste une semaine. Elle était sévère et paraissait toujours pressée, mais malgré son caractère fort, c'était une femme qui savait ce qu'elle voulait. Amélia appréciait généralement plutôt bien les personnes qui possédaient cette dernière qualité.

« Bon sang! Mais où est-il? », s'acharna Céleste en levant les bras au ciel, comme si la fin du monde approchait, sortant la jeune sorcière de ses pensées. « Je l'ai cherché partout! Il n'est ni dans le jardin de roses, ni dans l'allée des Figuiers Abyssiniens, ni dans le potager, ni dans le champ de Puffapods, ni dans le labyrinthe en haies de buis, ni… »

Amélia sourit intérieurement alors que la sorcière continuait d'énumérer désespérément tous les lieux qui contenaient une quelconque plante. Si elle avait appris une chose au sujet de Céleste depuis son arrivée au manoir, c'était que cette femme était particulièrement douée pour dramatiser toute situation.

« Vous avez demandé à Gustavo? », questionna la jeune sorcière.

Gustavo était le Major d'homme du manoir. C'était un sorcier grand et mince à l'allure fière, arborant une fine moustache noire, des yeux vaillants et fouineurs, sans oublier sa chevelure impeccable soigneusement coiffée vers l'arrière. En réalité, il avait tout simplement l'allure typique d'un Major d'homme de grande classe. Cependant, lorsqu'il perdait patience, ce qui pouvait arriver plusieurs fois par semaine hélas, il se mettait à jurer en Italien à lui-même en faisant de grands gestes saccadés, un signe évident de découragement, ce qui avait le don de faire rire la jeune fille.

« Mais bien sûr, voyons! Il est présentement à sa recherche! », répondit Céleste en jetant des regards furtifs vers la longue table à manger.

« Hmm... Alors il est peut-être dans la serre? », suggéra Amélia, concentrer à astiquer une des quatre différentes sortes de fourchette qu'elle disposait sur la table.

Le visage de Céleste s'illumina.

« Bien sûr! Il doit forcément être là! Mes beaux Géraniums Dentus sont justement conservés dans la serre! Comment ai-je pu oublier d'aller y jeter un coup d'œil! », chantonna-t-elle joyeusement.

Amélia laissa un sourire se dessiner sur ses lèvres, songeant qu'avec tous les endroits où il aurait pu se trouver, il était tout à fait plausible qu'elle en ait oublié un. Pourtant, elle resta silencieuse face à sa réflexion qui n'aurait certainement pas pris un aspect négatif si elle l'avait partagé, et focalisa sur le fait qu'elle était totalement ravie d'avoir trouvé la solution, espérant secrètement que ça lui rapporterait des points positifs sur son travail.

« Oh! Et en passant, très belle présentation, j'aime bien le choix de la nappe! », s'écria Mrs Van Droski en accourant vers les énormes portes de chênes qui menaient vers le salon de thé, qui comprenait également une porte vitrée qui menait à un long couloir jusqu'à la serre.

Amélia hocha la tête en riant. Cette femme était tellement excentrique, c'en était presque hallucinant. Reprenant le travail, la jeune sorcière songea à la rencontre qui l'avait le plus marqué depuis son arrivée ici. Certes, Dimitri fut une coïncidence inattendue, quoiqu'excitante, mais c'est lorsqu'elle avait rencontré la petite Sissi qu'Amélia avait senti son cœur ce serrer, ému et terrifiée à la fois.

Jeune, l'esprit vif et songeur, de petites boucles d'or qui retombait sur ses épaules étroites, la petite fille qui serait bien des décennies plus tard la grand-mère d'Amélia s'avérait à être la personne la plus captivante du manoir. Et la plus mignonne aussi, sans le moindre doute. Malgré son jeune âge, elle avait déjà une pensée beaucoup plus réfléchie que ses deux grandes sœurs, Margaret et Estelle, qui préféraient passer la majorité de leurs temps à jouer à la poupée et s'obstiner. Cependant, elle devait tout de même admettre que Gabriel, l'ainé, était également divertissant à regarder. Il avait un talent pour faire rire les gens et adorait voleter clandestinement dans la maison sur son nouveau Comète 140, classé comme étant l'un des meilleurs balais de l'époque, rivalisant avec le Brossdur 2, ce qui avait le don de tracasser Céleste, particulièrement lorsqu'il s'aventurait dans la salle des portraits, une pièce des plus ennuyantes mais particulièrement vaste et accommodante pour y faire un tour par la voie des airs. Mais malgré cela, la petite Sidalya était de loin la préférée d'Amélia, secrètement bien sûr.

Certes, elles n'avaient pas eu beaucoup l'occasion de se parler, ni même de se voir, mais à chaque fois qu'Amélia croisait la petite fillette joyeuse et souriante dans les couloirs, ou dans la cour arrière, ne serait-ce que quelques secondes, la sorcière sentait son estomac se nouer. C'était extraordinaire, mais également troublant de la voir ainsi, jeune, curieuse et naïve, quoi que déjà brillante pour son âge.

Une heure et demie plus tard, Amélia avait fini d'installer la grande table qui comprenait 36 places. Tout était parfait. Juan, le jardinier, avait finalement apporté les trois énormes bouquets de Géraniums Dentus qui ajoutait une touche finale scénique et décidément réussie. Chaque verre et coupe en cristal brillait sous l'énorme lustre qui s'imposait gracieusement au-dessus de la longue table, comptant sans le moindre doute plus d'une centaine de chandelles illuminées, sans compter les 288 ustensiles qui scintillait de propreté qu'elle avait disposée sur la table après les avoir astiqués une à la fois. Les assiettes de présentations en porcelaines plaquées de sublimes ornements en or ne faisaient qu'ajouter à la richesse qu'allait être le repas.

Après avoir fait le tour de la table une dizaine de fois afin de s'assurer que tout était au point, replaçant çà et là une cuillère ou le pan de la nappe, Amélia sortit de la grande salle à manger, satisfaite de son bon travail. Les invités allaient arriver d'ici une heure ou deux, elle avait donc un peu de temps pour se reposer.

En se dirigeant vers les cuisines, elle croisa Abbigail, qui semblait plus occuper que jamais. Dans les cuisines, la nourriture voletait d'elle-même dans les chaudrons; les zucchinis se coupaient d'eux-mêmes, les pommes de terre s'épluchaient toutes seules, même la louche de bois tournoyait mécaniquement dans l'énorme marmite qui contenait un délicieux potage aux légumes.

« Tu as besoin d'aide? », questionna Amélia en s'installant sur un tabouret qui faisait face à un long comptoir, prenant le temps de humer l'odeur réconfortante et exquise qui rôdait dans la pièce illuminé du soleil de printemps.

« Tu as terminé de mettre le couvert? », interrogea brusquement Abbigail, ignorant la question de la jeune sorcière.

« Oui! Tout est au point! », s'exclama-t-elle d'un ton fier.

« Excellent, excellent… J'irai faire un petit tour tantôt pour m'en assurer. », répondit la sorcière forte en chair, davantage concentrée sur la viande qu'elle coupait que sur la conversation.

« Tu sais, ça me ferait plaisir de t'aider si tu es débordé… », proposa la jeune fille.

La femme corpulente releva la tête et pendant un moment, tout le tracas dans la cuisine cessa, comme si l'on avait arrêté le temps. C'était impressionnant de voir à quel point elle était bien plus en contrôle qu'elle ne le montrait.

« Demi-portion », commença-t-elle en soupirant, et Amélia ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. « Je suis débordée, c'est vrai. Mais j'y suis habituée et je parviendrai à tout terminer à temps. Je t'assure que je suis en contrôle parfait de ce que je fais. »

À cet instant, tout ce qui c'était figé avait retrouvé mouvement et continua à voleter dans tous les sens comme si de rien était. Amélia devait l'admettre, Abbigail était une sorcière épatante.

« Je vois cela… », répliqua Amélia en s'accoudant sur le comptoir, les yeux mi-clos.

« Hmmm… Mais si tu insistes, tu pourrais aller jeter un coup d'œil aux enfants. », suggéra la sorcière, les sourcils arqués.

Les yeux d'Amélia s'ouvrirent très grands.

« Les enfants? »

« Oui. Ils doivent être prêts pour le banquet de ce soir. Gabriel est dans son bain, mais Margaret est encore dans la salle de jeux en train de dessiner avec Estelle. Il faudrait que tu leur dises d'aller se changer! Et que dire de la petite Sidalya! Encore les deux pieds dans la boue, probablement, ou en train de se baigner dans le lac en sous-vêtements. Une vraie miss-exploreuse, celle-là. Il faudrait aller la chercher le plus rapidement possible. C'est la seule, ce matin, à qui nous n'avons pas réussi à mettre les bigoudis dans ses cheveux. Une vraie cause perdue. Essaie tout de même de lui peigner sa tignasse blonde ou de les attacher. Et surtout, Céleste ne veut pas qu'elle mette sa robe bleue. C'est la mauve qu'elle doit porter, ce soir. »

Amélia tenta de mémoriser le tout en se levant.

« Ok. Gabriel est dans le bain. Margaret et Estelle doivent se changer. Sydalia, dans la boue ou dans l'eau dehors. Faire quelque chose de ses cheveux, et porter la robe mauve, pas la bleue. »

Abbigail l'observa d'un air impatient.

« Quoi? », répliqua Amélia en levant les mains.

« Mais dépêche-toi! Il ne reste plus beaucoup de temps! »

Amélia fila vers la salle de jeux en défroissant nerveusement sa robe noire afin d'aller chercher les deux fillettes. Elle devait se dépêcher alors qu'en réalité, elle était à l'avance. C'était déstabilisant et presque frustrant. Elle offrait son aide et on lui disait en plus de s'activer. C'était insultant.

« Margaret, Estelle! Vous voilà! »

Les deux fillettes étaient installées à une petite table basse, concentrées dans leurs bricolages. En entendant la voix de la jeune sorcière, elles s'étaient retournées, toutes les deux affichant un air profondément agacé.

« Vous devez aller vous changer, sous ordre d'Abbigail. », ajouta Amélia.

Margaret se leva docilement, suivit de sa sœur Estelle qui imita ses gestes.

« Vous voulez que je vous aide à enfiler vos… »

« Non! On est capable toute seule! », répliqua Margaret d'une manière semi-insolente.

Sous l'effet du ton grossier employé par la gamine, Amélia recula la tête en la dévisageant, comme si on lui avait craché au visage.

« Je m'en doute. Mais Abbigail m'a dit que je devais tout de même… »

« Mais c'est moi qui veux choisir ma robe! Toi, tu n'es même pas bien habillé, tu n'es qu'une servante! », interrompit Margaret.

Au moment où Amélia allait répliquer, une voix grave venant de derrière elle raisonna dans la salle de jeux.

« Et toi, tu n'es qu'une gamine de 11 ans qui risque d'avoir une sévère punition si tu oses parler de cette façon encore une fois. »

Amélia sursauta violemment et se retourna vers la source de la voix imposante.

Mr Van Droski se tenait alors face à elle, revêtant une longue cape de voyage, la dominant largement en grandeur. Amélia était certaine que c'était lui, elle le reconnaissait par la photo que Grand-Mère Sissi lui avait montré lorsqu'elle n'était qu'une enfant. La première chose qu'elle remarqua fut sa moustache foncée bien fournie qui s'harmonisait parfaitement avec ses cheveux bruns soigneusement peignés vers l'arrière.

« Papaaaaa! », s'écrièrent les deux jeunes filles simultanément en accourant vers lui.

Mr Van Droski se pencha afin d'accueillir ses progénitures dans ses bras.

« Tu as fait un beau voyage? », questionna la plus vieille des deux.

« C'était pour le travail, Margaret. Mais ce fut très… révélateur, en effet. », répondit l'homme d'un air grave.

Amélia le fixa les sourcils froncés, se demandant ce qu'il voulait dire par là.

« Alors! », reprit-il de façon plus joyeuse, cette fois. « Votre frère a déjà enfilé son habit et vous, vous n'êtes pas encore prêtes? »

Estelle afficha un air outré.

« On t'a fait des beaux dessins pour ton retour, pour que tu puisses les mettre dans ton bureau. », expliqua Margaret en lui tendant son dessin, suivit d'Estelle qui imita ses gestes.

Mr Van Droski récupéra les dessins en les remerciant d'une bise sur la tête.

« C'est très gentil les filles. Mais plus vite vous allez vous changer, plus vite vous aurez vos cadeaux! »

Aussitôt dit, les deux jeunes filles crièrent de joie et accoururent vers les escaliers qui menaient au deuxième étage, là où se situaient leurs chambres.

Toujours debout à fixer l'homme qui s'avérait à être son arrière-grand-père, Amélia sentait ses mains trembler. En se redressant, il se retourna littéralement vers la jeune sorcière, ses yeux foncés la fixant d'un air insistant.

« Et vous êtes? », questionna-t-il un sourcil levé.

« Oh! Pardon Monsieur… », s'excusa maladroitement la jeune sorcière. « Je me nomme Amélia. Je suis la nouvelle servante du manoir. », ajouta-t-elle en lui tendant la main.

L'homme sembla surpris, ce qui causa un questionnement à la jeune fille à savoir s'il était soucieux du fait qu'il y ait une nouvelle servante dans le manoir ou si c'était parce qu'elle semblait bien jeune.

« Vladimir Van Droski. », déclara-t-il en lui serrant la main.

« Enchanté Mr Van Droski. », répondit poliment Amélia.

Le successeur du manoir s'inclina poliment puis s'éloigna du salon d'un pas allègre. En se dirigeant vers la porte de derrière, il ajouta;

« Mais où peut bien être ma petite Sissi? »

Amélia hésita, se demandant si cette question était réellement destinée à elle, ou simplement une réflexion pour lui-même. Voyant qu'il se retournait vers elle, Amélia répondit civilement :

« J'allais justement la chercher afin qu'elle se prépare pour le banquet de ce soir. Je crois qu'elle est dans le lac. »

Mr Van Droski éclata de rire. Amélia resta clouée sur place, confuse par l'étrange virement de comportement du sorcier.

« C'est elle tout craché! Allez vite la chercher avant qu'elle ne se fasse grignoter les orteils par des Boullus deux fois sa taille. »

Amélia ne se le fit pas dire deux fois. Mal à l'aise, elle se faufila par la porte entrouverte derrière elle et une fois qu'elle fut seule, se mit à courir dans le long couloir aux murs décorés de panneaux blancs.

En arrivant dehors, elle parcourut la distance entre le jardin et le lac d'un pas précipité, encore trop nerveuse pour simplement marcher.

Au loin, elle parvenait à voir la petite Sidalya qui avait, comme l'avait prédit Abbigail, les pieds dans le lac, en train d'éclabousser quelques canards qui ne semblait pas aussi amical que la jeune fillette.

« Sidalya? Tu voudrais venir me voir, s'il te plaît ? », questionna Amélia en s'adressant à la jeune fille aux boucles d'or.

Aussitôt que les mots furent sortis de sa bouche, ils sonnèrent faux aux oreilles d'Amélia. C'était tellement étrange d'interpeler sa grand-mère d'une telle façon. Et ce n'était rien comparer à l'étrangeté de constater qu'elle n'était qu'une enfant.

« Mais je veux me baigner! », s'écria-t-elle en faisant un pas supplémentaire dans le lac vers les canards qui s'étaient éloignés, ayant cette fois-ci de l'eau jusqu'aux genoux.

Amélia soupira, se frottant la tempe de ses deux mains. C'était beaucoup trop pour elle. Elle aurait dû refuser gentiment à Abbigail de s'occuper des enfants et profiter de la dernière heure pour se reposer avant le banquet de ce soir qui la tiendrait forcément occupée. Mais elle l'avait cherché, c'est elle qui avait proposé son aide.

« Je… Je t'en prie, petite perle. Viens me voir j'ai une surprise pour toi. »

À son grand étonnement, cette révélation capta l'attention de la jeune fillette, qui sortit du lac en gambadant, mouillant l'herbe sur son passage.

« Chouette! J'adoooooooooooore les surprises! », s'écria-t-elle d'une voix aiguë.

Amélia se mordit la lèvre. La vérité, c'était qu'elle n'avait pas réellement de surprise.

« D'abords, tu dois fermer les yeux! », dit alors Amélia lorsque la jeune fille fut à ces côtés.

La petite Sidalya les ferma aussitôt, continuant de sourire joyeusement. Paniquée, Amélia regarda autour d'elle, et rapidement, déracina une bonne poignée d'herbe fraichement tondue dans ses mains. Elle devrait improviser.

« Tu peux les rouvrir! », conclut finalement la sorcière, plus ou moins sûre d'elle.

« Alors alors! Ma surprise! Ma surprise! », s'exclama Sidalya en tapant joyeusement dans ses mains, fixant la sorcière d'un air particulièrement intéressé.

« Quelle main? », questionna alors Amélia, masquant ses mains dans son dos.

« Hmmmmmm… »

C'était adorable de voir la fillette aussi concentrer, comme si sa décision aurait une répercussion sur le monde entier.

« La droite! », dit-elle finalement, pointant du doigt le bras droit d'Amélia.

Cette dernière lui fit un sourire mesquin, comme si sa décision était la mauvaise. Puis, elle dévoila sa main contenant la poignée d'herbe, sous le regard visiblement déçu de la petite Sissi. Un sourire toujours présent en coin de lèvres, Amélia savoura ce petit moment ironique puis, gardant toujours sa main grande ouverte et parfaitement immobile, focalisa sur la poigné d'herbes. Pendant un moment, rien de particulier ne se produisit, puis d'un seul coup, tout le contenu d'herbe dans sa main éclaboussa dans les airs, retombant sur les cheveux entremêlés de la petite Sissi. Cette dernière éclata de rire, secouant la tête afin de dégager l'herbe dans ses jolis cheveux aux couleurs du blé.

« Wow! Tu es une sorcière très douée! », s'exclama-t-elle, impressionnée.

Amélia se figea sur place, réalisant son erreur. À dire vrai, elle était censée faire croire qu'elle était une Crackmol. Seulement, elle venait de faire preuve de pouvoir magique, et ce, sans sa baguette. Certes, ce n'était qu'un petit tour, rien d'impressionnant, n'importe laquelle sorcière aurait pu reproduire ses gestes, mais pas une Crackmol.

Regardant nerveusement autour d'elle en espérant que ses impulsions fussent passés inaperçus, Amélia s'avança tranquillement vers Sidalya en lui faisant signe d'approcher à son tour et lui murmura à l'oreille :

« Ça sera notre petit secret, hen? »

Sidalya acquiesça de la tête avec un enthousiasme hors du commun et fila vers la porte arrière menant aux cuisines.

Laissant aller un soupire, Amélia secoua machinalement le pan de sa robe afin d'enlever les quelques brindilles d'herbes qui s'étaient accrochées au coton noir de sa tenue. Elle ne pouvait se permettre de faire des erreurs de la sorte. Non seulement elle dévoilerait une partie de son identité, mais en plus ses maîtres sauraient qu'elle aurait menti, et quelque chose en elle savait pertinemment que ça ne plairait pas du tout à Céleste.

Rapidement, elle se redirigea vers les cuisines afin d'aller rejoindre la petite Sissi, replaçant anxieusement sa longue chevelure de sirène.

« Abbie, Abbie! Je peux avoir un cookie? »

Amélia pouvait entendre la petite voix de sa grand-mère du futur supplier la cuisinière.

Abbigail éclata de rire en enfouissant une main dans les cheveux de Sidalya.

« Tu as toujours faim pour une collation toi! »

« S'il te plaaaaaaaaaît! », poursuivit la fillette en gonflant ses lèvres, fixant de ses grands yeux pairs Abbigail.

« Tu n'auras plus faim pour le souper Sissi! »

Amélia observa la scène, ayant l'impression d'être dans un rêve tellement la situation était irréelle pour la jeune sorcière.

« Je t'en donne un seul si tu vas mettre ta petite robe mauve! »

La bouche grande ouverte, Sidalya ne semblait clairement pas satisfaite.

« Mais je veux mettre la bleue! »

« Tu veux toujours mettre la bleue! Ce soir, c'est un événement spécial, petite rouspéteuse, et ta maman veut que tu mettes la mauve. »

Prenant le biscuit que la cuisinière lui offrait, Sidalya sortit de la cuisine d'un air boudeur. Abbigail soupira.

« T'inquiètes, elle ne reste jamais fâchée bien longtemps. »

Je le sais, songea aussitôt la jeune sorcière en quittant les cuisines à son tour, prenant les escaliers en demi-lune qui menaient au deuxième étage.

Gardant ses distances, elle suivit la petite Sissi jusqu'à sa chambre, soudainement déprimée. Ça faisait un moment qu'elle n'y avait pas pensé, bien que pour elle, un moment signifiait plus précisément à une journée ou deux, mais à cet instant, elle aurait aimé retourner chez elle. Réellement.

« Je déteste le maaaaaaaauve! », bougonna la fillette en croquant dans la dernière bouchée de biscuit qui lui restait.

Et c'était vrai. Même un peu plus de cinquante ans plus tard, elle ne portait toujours pas de mauve.

« Mais je suis certaine que la couleur te va à ravir avec tes jolis yeux. », complimenta Amélia.

« Je m'en fiche! »

Amélia regarda autour d'elle. La chambre était très grande et claire. Elle avait même droit à un petit balcon qui avait une vue directe sur le lac.

« Tu as une très jolie chambre… », répondit Amélia.

Sidalya s'immobilisa.

« Toi, ta chambre chez toi, elle est comment? », questionna soudainement la petite fille.

Amélia tourna la tête vers Sissi.

« Je n'ai pas de chambre. », répondit Amélia en songeant au divan où elle passait ses nuits du samedi et dimanche chez Azena.

Les yeux ronds comme des Gallions, la jeune fillette s'approcha au pas de course de la sorcière et l'entoura de ses petits bras. Sa tête arrivait au niveau du nombril d'Amélia, et cette dernière, plus touchée que jamais par son geste, accueillit son étreinte avec autant de ferveur.

Relâchant finalement son embrassade, Sidalya accourut vers sa garde-robe, qui avait en réalité la grandeur d'une pièce normale dans une maison de sorcier.

Elle ressortit quelques instants plus tard en poussant une énorme boîte de carton où elle avait découpé une petite fenêtre ainsi qu'une porte.

« J'ai une chambre pour toi! C'est moi qui l'ai construite. », commença alors la petite Sissi en pointant la boîte.

Amélia du retenir un éclat de rire tout en sentant son estomac se noué.

« C'est très très gentil. Merci beaucoup. »

« Aller vient! Je te fais visiter. »

Amélia s'avança en fronçant les sourcils et entra par la petite porte découpée dans le carton en s'accroupissant. C'est avec le souffle coupé que la jeune sorcière réalisa que la boîte de carton n'avait rien d'ordinaire.

« Wow… », s'exclama-t-elle en se redressant.

« C'est papa qui a jeté un sort d'élargissement. Mais il ne faut pas le dire à maman. », murmura la jeune fillette en observant l'adorable chambre qui était en réalité plus grande et définitivement plus chaleureuse que la pièce qu'on avait destinée à Amélia dans le manoir.

« Je ne dirai rien, c'est promis! », s'exclama Amélia en éclatant de rire.

« Suuuuuuuuper! Alors ça sera notre deuxième secret? », questionna la petite Sissi.

Amélia cessa de rire, songeant à la magie qu'elle avait faite un peu plus tôt avec la poignée d'herbe.

« Oui! C'est exactement ça! Notre deuxième secret! », chuchota Amélia en lui faisant un clin d'œil.

La jeune fillette afficha un air comblé.

« Oh! Et regarde! Il y a un petit lit au fond. Si tu as besoin de faire une sieste, tu peux toujours venir ici! »

Amélia fixa le petit matelas simple enfoui de coussins de toutes les couleurs.

« C'est très généreux de ta part… Vraiment, merci. », répondit Amélia, sentant son cœur se serrer.

Sidalya gonfla son petit torse en signe de fierté.

« Maintenant, non pas que je veuille te presser, mais il faudrait trouver cette petite robe mauve… », débuta Amélia en prenant un souffle.

Sidalya sortit de la boîte magique et se dirigea vers une rangée de cintres. Après avoir vérifié quelques-uns de ses habits, elle finit par sortir la fameuse robe mauve.

« Wow! Elle est très belle! », s'exclama aussitôt Amélia.

La jeune fillette la dévisagea un moment et tourna la tête vers la robe en question, l'observant minutieusement.

« C'est vrai? », questionna la petite fille, doutant de son allégation.

« Ouais! Et tu sais ce qui serait encore pluuuuuuus beau? », poursuivit Amélia d'un ton volontairement enjoué.

Sidalya s'approcha, la curiosité reflétant dans ses yeux.

« Lorsqu'elle sera sur toi. », finalisa Amélia avec un petit sourire sincère.

« Je ne sais pas trop… »

« Oh que si! Je t'assure, jeune fille! En tout cas, elle est beaucoup plus jolie que ma robe à moi. »

Sissi observa Amélia.

« Le noir te va bien moi je trouve. »

« Merci. »

Pendant quelques secondes, elles restèrent silencieuses. Puis, une voix théâtrale survint d'un étage au-dessous.

« Sissiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiii!? Tu es là-haut ma chérie? »

Sursautant, la fillette retira la petite jupe et le chemisier qu'elle portait et se dépêcha d'enfiler la robe mauve, aidée d'Amélia qui attacha le petit cordage derrière son dos.

« Siiiiiiiiiiiiiiiiiissi? », s'écria de nouveau la puissante voix de Céleste.

« J'arrive maman! », répondit la cadette alors qu'Amélia attachait un ruban argenté dans ses cheveux avec précipitation, espérant que ça suffirait et que Céleste ne serait pas trop furieuse qu'ils ne soient pas exactement coiffés comme ceux de ses deux grandes sœurs.

Sidalya ne prit pas le temps de jeter un coup d'œil à son reflet dans le miroir, sortant rapidement de la chambre au pas de course. Pendant ce temps, Amélia poussa la grande boîte dans la garde-robe et referma la porte, désormais envahie d'un sentiment de nostalgie.

Heureusement, les invités commencèrent à arriver et bientôt, elle fût beaucoup trop occupée pour songer à quoi que ce soit. Gustavo, le Major d'homme, était bien présent et accueillait les hommes avec des cigares et récupérait les manteaux de fourrure des dames. Il bougeait à la vitesse de l'éclair, transplanant à multiples reprises afin d'écourter ses aller-retour. Alors que de nouveaux arrivants envahissaient le Hall d'entrée, il était toujours à vue d'œil, proposant un petit verre de champagne par-ci, une petite sucrerie par-là. C'était hallucinant de le voir à l'action. Un vrai homme à toute épreuve.

« Miss Howard, si vous alliez chercher quelques coupes de champagne supplémentaires. », ordonna sobrement Gustovo avec son habituel accent tonique.

« Certainement Gustovo. Je reviens dès que possible. », répondit Amélia, gardant la tête haute, accourant vers les cuisines.

Revenant quelques instants plus tard avec les coupes de champagne, la jeune servante se dirigea vers un groupe d'hommes et de femmes qui venait tout juste d'arriver.

« Je peux vous offrir une coupe de champagne rosé, messieurs dames? », salua poliment la jeune sorcière.

Un vieil homme gras et impoli s'appropria deux verres pour lui-même sans même la remercier, la jeune fille devinant immédiatement qu'il ferait probablement partie du groupe de gens qui finirait la soirée ivre, tandis qu'une femme élancée la dévisagea. Sympathique, songea-t-elle sarcastiquement.

« J'ai encore mon manteau et vous m'offrez une coupe? », répondit-elle d'un ton hautain.

Amélia voulut répondre, mais fut interrompu pas Gustavo qui avait foncé sur elle d'un air décidé afin de récupérer le manteau, plus alarmé que jamais.

« Mille pardons, gente demoiselle. Peut-être pourrais-je vous diriger vers le salon de thé? »

La grande femme leva un sourcil alors qu'un homme apparut à ses côtés, répondant à sa place.

« Ça va aller, Gustavo, nous allons tout d'abord aller à la rencontre de Vladimir Van Droski. Il arrivait cette après-midi même d'Allemagne. »

Amélia leva la tête. Elle reconnaissait cette voix. Lorsque son regard croisa le sien, elle reconnut l'homme comme était Dimitri, le sorcier qu'elle avait rencontré lors de sa première journée.

« En effet, Mr Volkoff, le maître du manoir est arrivé de son voyage en début d'après-midi. »

Dimitri lui répondit d'un hochement de tête approprié et se retourna vers la jeune servante.

« Je constate que votre semaine s'est plutôt bien passée. », débuta-t-il d'un ton amusé.

Amélia détourna le regard, fixant la grande femme qui l'avait quelque secondes plus tôt pratiquement accusé d'incompétence s'éloigner vers un groupe de femme qui méméraient entre elles.

« Pourquoi dîtes-vous cela? »

Dimitri ne put contenir un rictus amusé.

« Parce que je constate que vous êtes encore présente. Si vous n'aviez pas été à la hauteur, je doute que votre présence ce soir aurait été… existante. »

Évidemment. C'est logique. T'es une vraie nouille des fois…

Ignorant toutefois l'impertinence de son questionnement, Amélia échangea un sourire poli avec lui avant de s'éloigner vers le salon-fumoir, bien que cette salle était uniquement réservée aux hommes, afin d'offrir le restant des verres sur son plateau aux autres invités.

Cette vaste salle était sobrement mais luxueusement décorée, avec ses piliers en chêne foncé, ses murs boisés de chênes aux incrustations nacrées et ses nombreux fauteuils de cuirs bruns disposés autour de tables basses. La cheminée de marbre de la pièce contenait un feu brulant dans son foyer, dégageant une chaleur conviviale et souhaitée.

Dimitri la suivit d'un pas nonchalant, dégageant une confiance et une aisance à couper le souffle.

« Vous aimez travailler ici? », poursuivit-il d'un air intéressé.

Amélia se retourna vers lui.

« C'est… Différent de ce que j'ai fait auparavant. Mais ça me plaît, oui. »

« Et qu'avez-vous fait, auparavant? », questionna-t-il.

Amélia resta muette un moment. Décidément, il posait beaucoup que questions et il y avait une limite aux mensonges qu'elle pouvait proférer.

« J'étudiais, principalement. »

« Ah! Je vois! Et dans quel collège avez-vous appris vos connaissances? »

Amélia se tourna rapidement vers un groupe d'homme qui discutait de politique, et leur offrit une coupe.

« Un petit verre, messieurs? », proposa-t-elle en espérant que Dimitri se soit miraculeusement volatilisé.

Les hommes la dévisagèrent et c'est à ce moment qu'elle remarqua les verres de rhum qu'ils avaient déjà entre leur main. Rapidement, elle fit demi-tour et marcha dans une direction au hasard, faisant mine de s'assurer que tout allait bien. Pendant ce temps, accoté contre un meuble antique, Dimitri l'observait d'un air amusé.

« Je ne crois pas que les hommes dans cette pièce veuillent d'une coupe de champagne, mademoiselle. », répliqua-t-il.

Amélia se retourna vers lui, les sourcils froncés.

« En effet, je l'ai remarqué. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser… »

Visiblement offusquer, elle se dirigea inutilement vers la pièce d'à côté, là où étaient maintenus de façon entretenue les trophées et les plaques d'excellence, mais également là où il n'y avait absolument personne à servir. Elle entendit des pas derrière elle qui confirma qu'elle était suivie.

« Je ne voulais surtout pas vous offusquer. Je vous demande pardon. », révéla Dimitri d'un ton incontestablement sincère.

Amélia se retourna, prenant une grande respiration.

« Je ferai attention, dans le futur, à ne pas vous embêter avec mes nombreux questionnements sur votre vie privée, et je ferai personnellement en sorte de ne pas vous critiquer sur vos manières. »

Puis, retrouvant son magnifique sourire, dévoilant une série de dents blanches et parfaitement droites, il s'inclina vers la jeune sorcière et ajouta :

« Cependant, j'ose espérer que j'aurai l'amabilité d'être en votre compagnie ce soir. »

Amélia sentit ses joues s'enflammer.

« Merci. », répondit-elle d'une voix légèrement tremblante. « J'en serais également ravie. »

Puis, d'un geste élaboré, Dimitri s'approcha davantage et s'empara de la main de la jeune fille et y posa ses lèvres douces, laissant la sorcière perplexe.

« Dimitri! Te voilà mon chéri! », s'écria la grande femme insolente qu'Amélia avait servie quelques minutes plus tôt. « Je te cherchais partout je… »

C'est à ce moment précis qu'elle remarqua la jeune sorcière et on put facilement lire la désapprobation dans son beau visage.

« Mon chéri, que fais-tu ici avec elle? Tu…Tu connais cette servante? », questionna-t-elle en les observant à tour de rôle. Amélia avait senti le dégout dans sa voix lorsqu'elle l'avait mentionné et sa façon de prononcer son titre l'avait profondément agacé.

« Bien sûr. Je l'ai rencontré pas plus tard qu'en début de semaine. Alessandria, je te présente Amélia. »

Un sourcil s'éleva très haut dans le front d'Alessandria, ce qui irrita davantage Amélia.

« Amélia, voici ma fiancée, Alessandria. »

« Enchantée. », salua aussitôt Amélia, espérant que l'agacement qu'elle éprouvait pour cette femme ne s'était pas trop fait entendre dans son ton de voix. Alessandria, nettement moins poli, se retourna vers Dimitri.

« Si on entrait dans la salle à manger, mon chéri. Les invités y sont presque déjà tous. », conclut-elle en observant le bel homme d'un air possessif.

Dimitri se retourna vers la pièce à sa gauche, là où le groupe d'homme qui buvaient un verre de rhum quelques instants plutôt se trouvait, suivit d'Amélia qui imita ses gestes.

« Tu as raison. », répondit-il, ignorant l'impolitesse de sa fiancée, bien qu'Amélia put percevoir un tantinet signe de contrariété se tracer sur son visage parfait.

Puis, ramenant son attention sur Amélia, il s'inclina poliment en ajoutant :

« À plus tard, dans ce cas. »

Amélia bafouilla quelques mots en retour et observa les futurs mariés s'éloigner vers la gauche. La jeune sorcière se questionna à savoir comment un homme aussi convenable que lui pouvait être avec une femme aussi austère qu'elle.

« Miss Howard! Les cuisines, tout de suite! »

La voix de Gustavo la fit sursauter.

« Oui, j'y vais, j'y vais! »

En outre, le souper se développa plutôt bien. Les invités semblaient parfaitement satisfaits du service et entièrement assouvis par la nourriture. En prime, elle avait pu jeter quelques coups d'œil vers Dimitri, qui lui rendait toujours la pareille, alors qu'Alessandria faisait tout ce qui était en son pouvoir d'ignorer son existence. D'une certaine façon, Amélia ne s'en plaignit pas. Après tout, elle n'avait aucune envie de débuter la conversation avec une telle bourgeoise et elle jugea assez rapidement que c'était réciproque.

Lorsque le repas fut terminé, les hommes avaient décidé de faire une partie de crochet dans la grande cour arrière alors que les femmes préféraient se repoudrer le nez et discuter les unes entre les autres.

Lorsque la soirée tira à sa fin, les invités remercièrent les hôtes pour la magnifique et agréable soirée, et quittèrent le majestueux manoir pour retrouver leurs foyers fort probablement aussi remarquable que celui-ci.

À un certain moment, alors que la jeune sorcière apportait le restant de la vaisselle dans les cuisines, elle sentit une main se poser sur son épaule. En se retournant, elle constata qu'il s'agissait de Dimitri, cet homme qu'on aurait naturellement pu comparer à un dieu de la mythologie grecque, et lui sourit instantanément.

« Je ne pouvais quitter le manoir sans vous dire au revoir. »

Amélia lui répondit d'un sourire élaboré.

« J'ai passé une très belle soirée. », ajouta-t-il.

« J'en suis ravie. »

« Nous nous reverrons surement bientôt. »

« Je l'espère. », exprima la jeune fille.

Puis, leur contact visuel se brisa alors qu'il se dirigeait vers le Hall d'entrée, retrouvant sa fiancée qui s'accrocha à son bras aussitôt qu'il fut à proximité.

Ce soir-là, lorsqu'Amélia prit l'autobus afin de se rendre chez Azena, elle ne put s'empêcher de constater à quel point elle avait passé une belle journée. Certes, son travail était exigeant, mais la récompense était bien plus grande. Avant de s'endormir, ses dernières pensées furent pour Dimitri.

.oOoOo.

J'espère que vous avez aimé. Tout plein de nouveaux personnages, moi j'adore ça. Mais j'avoue que les anciens me manquent… Mais pas pour longtemps.

À très bientôt, chers lecteurs et lectrices.

xoxo