Chapitre 42 : Jour 67 – Bouleverser son destin
Dimanche le 12 juillet 1936
« Je dois admettre que tu as gagné tout mon respect. Je croyais que tu allais démissionner après ces trois désagréables nuits, mais tu as du cœur au ventre et du tonus ma petite! Tu as finalement fait tes preuves. Tu mérites ces deux jours de congé. »
Amélia observa Abbigail d'un air incrédule.
« Abbigail… Tu ne… », commença-t-elle.
« Ne m'appelle pas Abbigail je t'en prie. Tu fais partie de la famille maintenant, et les membres de ma famille m'appellent Abbie. »
Amélia cligna des yeux, comme si on lui annonçait que les Basilics s'étaient révélés comme étant d'excellents animaux de compagnie.
« Bienvenue dans la familia! », s'écria alors joyeusement Juan, passant son bras autour du cou de la jeune sorcière.
Amélia se retourna alors vers Gustavo, son dernier obstacle.
« Ne me regarde pas comme ça. », commença-t-il avec un air hautain.
Pendant un moment, Amélia crut qu'il était sérieux, mais à sa grande surprise, un sourire en coin se révéla sur ses lèvres minces.
« Pourvu que tu ne détruises plus aucun cadre de la maison, je suis ravi de t'avoir parmi nous. », ajouta-t-il en rigolant nonchalamment.
Amélia lui sourit, réalisant que c'était la première fois qu'elle l'entendait rire.
« T'inquiètes, j'ai appris ma leçon. » répondit-elle en prenant dans ses mains l'énorme tasse de thé qu'elle avait préparé pour la petite Sissi.
En sortant de la cuisine, elle dut avouer que ces derniers jours de terreurs et l'arrivée des énormes cernes bleutés sous ses yeux en avaient valu le coup. Elle avait finalement réussi à gagner le respect de ses collègues, mais mieux encore, elle avait finalement trouvé sa nouvelle famille.
Montant les fameux escaliers en demi-lune pour la 112e fois, Amélia sentit son cœur s'emballer en réalisant pleinement la situation. Sidalya guérissait enfin de sa tortueuse grippe qui l'avait maintenu éveillé pendant beaucoup trop longtemps, elle était finalement aimé de la cuisinière, du jardinier puis du Major d'homme, sans oublié que deux jours de congé l'attendaient sans plus tarder.
En arrivant devant la porte de chambre de la petite souffrante, Amélia cogna deux coups comme à son habitude.
« Mot de passe! », s'écria la voix enrhumée de Sydalia.
Amélia sourit.
« Limace et grimace! », répondit Amélia en ouvrant la porte.
Elle trouva face à elle la jeune fillette couchée dans son énorme lit king, emmitouflé de sa couette en duvet jusqu'aux oreilles.
« Je t'apporte une tasse de thé. J'ai concocté une recette spéciale juste pour toi. »
Sissi tapa dans ses mains, visiblement excitée à l'idée de gouter quelque chose de nouveau. Amélia hésita un moment, son sourire s'affaissant.
« En faites… Tu ne devrais pas trop t'emballer… Je ne suis pas certaine que tu vas réellement aimer puisque… », commença Amélia alors que la petite Sissi enlevait la tasse de ses mains et en buvait une grande gorgée.
« Beeeeeeeeeuuuuurk! », s'écria-t-elle en avalant difficilement.
Amélia éclata de rire.
« Ça ne goute pas bon, mais je te garantis que ça va éliminer toute les vilains microbes qui logent encore dans ton petit corps. »
Sidalya déposa la tasse sur la table de chevet antique puis croisa les bras.
« Tant pis, les microbes peuvent cohabiter avec moi plus longtemps dans ce cas. », répliqua-t-elle en boudant.
« Oooooh que non Sissi! Ça fait des jours et des jours que tu es malade et que je ne dors pas de la nuit parce que je dois m'occuper de toi! Tu commences finalement à aller mieux, ce n'est pas le temps de baisser les bras. »
« Je ne les baisse pas, je les croise! », répliqua-t-elle.
Amélia l'observa de travers.
« Je veux que tu boives au moins cinq autres gorgés. Je t'en prie. »
La jeune fillette la supplia de ses yeux pairs, mais voyant que son regard de petit chiot abandonné n'avait plus aucun effet sur la Amélia, baissa la tête en soupirant, s'avouant vaincue. Lentement, elle prit la tasse dans ses mains et en but une autre gorgée en grimaçant.
« C'est tellement… Beurrrk! », ce plaignit-elle. « Qui a bien pu inventer une chose pareille? »
Amélia sourit. C'est toi qui as inventé cette recette ma chère petite Sissi. Dans 20 ans, songea-t-elle avec nostalgie.
Il fallut pratiquement un miracle afin de réussir à faire avaler les dernières gorgées à Sydalia, mais avec un peu de patience, une qualité qu'Amélia ne possédait que très rarement, elle put finalement se lever et se diriger vers la porte.
Bonne nuit, ma chère petite Sissi, chuchota la jeune sorcière en jetant un dernier coup d'œil vers la fillette qui était profondément endormie. Sans faire le moindre bruit, elle sortit de la chambre et reprit le chemin vers les magnifiques escaliers.
Adieu, saloperie de fauteuil inconfortable, songea Amélia avec le sourire, soulagée que ses dernières nuits cauchemaresques à rester assise sur la minuscule causeuse rose prenaient désormais fin.
Rapidement, elle se rendit à sa minuscule chambre au sous-sol et changea d'habit, ravie d'enfin pouvoir revêtir autre chose que sa robe noire de servante. Elle prit quelques minutes supplémentaires afin de remplir son sac de vêtements propres ainsi que sa brosse à dents, puis quitta le sous-sol sans complainte.
C'est avec la plus grande joie qu'elle sortit enfin du manoir en saluant ses collègues dans les cuisines, décidant qu'elle avait besoin de changer d'air et qu'elle rendrait une visite surprise à Azena. Normalement, elle dormait sur le divan deux places, mais par de rares occasions, et ce soir n'en serait pas une exception, elle se faufilait dans les couvertures du lit d'Azena et y passait la nuit. La dame ne s'en plaignait jamais et Amélia y ressentait un certain réconfort qui lui rappelait son ancienne maison, chez Grand-Mère Sissi.
Ce soir-là, elle rata l'autobus, mais ne s'en soucia que très peu. L'air était ambiant, sans omettre le doux vent qui faisait voleter ses cheveux, les entremêlant davantage.
C'est en sifflotant joyeusement qu'elle arriva en bas de la côte, traversant la rue sans réellement regarder de chaque côté. Mais ce soir, la ville de Londres semblait exceptionnellement déserte et secrète.
Au bout d'un certain temps, alors qu'elle commençait sérieusement à s'inquiéter sur l'irréalité de la ville, la jeune sorcière entendit une voiture venant de derrière. Naturellement de garde, la jeune femme garda la tête droite et accéléra subtilement le pas, s'éloignant le plus possible de la route. Pourtant, elle pouvait toujours entendre le moteur de la voiture mais curieusement, sans jamais la dépasser. Nerveuse, la jeune sorcière se sentait comme une victime et poursuivit son chemin au pas de course. Alors qu'elle entendait une voix qui l'interpelait, Amélia avait déjà tourné le coin de la rue.
« Miss Howard! »
Amélia s'arrêta puis se retourna vivement.
« Dimitri? »
Elle reconnut l'homme aux cheveux blonds qui se tenait derrière le volant d'une magnifique voiture d'occasion d'un noir lustré. Le bruit du moteur parvint aux oreilles de la sorcière alors que Dimitri se stationnait plus près d'elle.
« Tu vas bien? », questionna-t-il d'un air inquiet.
Amélia se pencha vers l'avant, tentant de reprendre sa respiration.
« Je… Oui, je vais bien… Je… »
« Je suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer… », répliqua alors Dimitri avec tourment.
« Non, ça va… C'est moi… Je n'aurais pas dû réagir ainsi… », répondit Amélia en se redressant.
« Au contraire, on est jamais trop prudent. », affirma alors le bel homme avec un air sérieux. Puis, retrouvant le sourire, il ajouta :
« Je peux te déposer quelque part? »
Amélia hésita, regardant au loin, calculant mentalement le nombre de minutes qui lui restait à marcher. Elle en avait pour un bon moment encore.
« Merci de l'offre, c'est très gentil de ta part, mais… J'aime bien marcher. Je te souhaite une très bonne soirée Dimitri. »
Elle se retourna alors et reprit le pas. Comme elle s'en doutait, la voiture démarra et avança à la même vitesse qu'elle, la suivant au même rythme. Pas possible, songea-t-elle.
« Vraiment? », s'exclama-t-elle en se tournant vers la voiture, les bras dans les airs, masquant difficilement son amusement.
La porte claqua alors que l'homme svelte contournait la voiture. D'un geste élégant, il ouvrit la portière du passager et fit signe à la jeune sorcière d'entrer.
Amélia resta tout aussi silencieuse que son nouveau chauffeur, et s'installa sur la banquette de cuir en déposant son sac sur le côté. Elle examina Dimitri alors qu'il contournait de nouveau la voiture pour retrouver son siège. Elle fut choquée de constater à quel point elle était attirée envers lui. Envers cet homme qu'elle connaissait à peine. Envers cet homme qui avait promis sa main à une autre femme. Et c'était pour cette raison qu'elle tenait absolument à l'éviter.
« Je suis ravi de te voir. »
Ils avaient déjà contourné la seconde rue avant qu'Amélia réponde avec hésitation :
« Moi aussi. »
Elle se tourna subtilement vers lui, observant minutieusement son merveilleux profil, observant sa réaction face à sa réplique. En guise de réponse, elle vit un sourire léger se dessiner sur ses lèvres pleines.
« Tu as faim? »
« Toujours. »
Il éclata de rire.
« Je connais un endroit plutôt sympa dans le coin. Je t'invite. »
« Et je t'en remercie, mais je me dois de te refuser. »
« Et pourquoi cela? »
« Parce que. »
Il afficha un air sincèrement blessé, fixant la route devant lui.
« C'est un peu injuste comme réponse, Amélia. »
Elle sentit son corps se figer un moment, réalisant qu'il ne l'appelait jamais par son prénom. Sa façon de le prononcé lui plut énormément et elle s'en voulut aussitôt d'aimer tout ce qu'elle découvrait de lui. Perdue dans ses réflexions, elle ne réalisa pas tout de suite qu'il avait freiné la voiture et qu'il l'observait d'un air insistant.
« Alors? », demanda-t-il avec un sourire insistant alors qu'Amélia croisait son regard.
« Alors oui, c'est injuste comme réponse. Mais si tu tiens réellement à savoir la réalité, bien la voilà; Je te trouve extrêmement séduisant et j'ai peur que si je passe davantage de temps avec toi, je tombe follement amoureuse. »
Normalement, elle aurait plaqué ses deux mains sur sa bouche, regrettant chaque mot, plus gêné que jamais. Mais elle n'avait plus envie d'agir en fillette. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance avec cet homme, mais elle tenait à être honnête avec lui, question qu'il sache une fois pour toutes qu'ils feraient mieux de s'éviter.
« Et qu'est-ce qui te fais croire que c'est une mauvaise chose? », questionna-t-il en la dévorant des yeux.
Elle eut de la difficulté à maintenir le contact visuel, tellement son regard l'intimidait, mais elle décida de rester forte et de lui répondre :
« Tu as une fiancée. »
« Ah oui… », répondit-il en soupirant. « Et alors? »
Amélia fronça des sourcils.
« Tu veux rire j'espère. »
Il soupira une autre fois.
« Amélia, je vais être honnête envers toi, puisque tu l'as également été envers moi, mais surtout parce que c'est important à mes yeux que tu saches la vérité. »
La jeune femme avala de travers.
« Tu me plais. Énormément. »
Il s'approcha lentement d'elle, la dévorant des yeux, envoutant chaque parcelle de son corps.
« Tu me connais à peine… », murmura-t-elle, perdue dans ses prunelles bleutées.
« Mais je n'ai pas besoin de te connaitre depuis des siècles pour ressentir ce que je ressens. Dès l'instant où je t'ai vu, je t'ai trouvé différente. Au départ, j'admets que ce n'était pas particulièrement une attirance physique, bien que je t'ai trouvé très belle dès que mon regard s'est posé sur toi, mais c'était plutôt ce côté mystérieux et sarcastique qui m'intriguait. Maintenant, je réalise que c'est tout ton être qui m'attire. »
Amélia était paralysée sur place, sans mot.
Saisissant l'opportunité sans hésiter, il s'approcha davantage, cette fois baissant les yeux vers sa bouche. Elle sentit quelque chose lui frôler la cuisse, bien qu'elle fût trop abasourdie pour confirmer s'il s'agissait de son imagination ou de la main de l'homme qui se révélait à elle.
Elle pouvait désormais sentir son souffle contre sa peau, entièrement envoutée par son charme surréel. Son corps frissonna de plaisir lorsqu'elle perçut la main de son admirateur contre sa joue, elle réalisa que sa cuisse était tiède à l'endroit où il l'avait quitté quelques secondes plus tôt. Amélia sentit de nouveau son regard envouteur sur elle et ouvrit les yeux afin de l'admirer, réalisant qu'elle les avait maintenus fermés un bon moment déjà. Mais elle les referma presque aussitôt en sentant les lèvres de son charmeur se déposer contre les siennes, faisant bondir son cœur dans sa poitrine.
Le baiser semblait éternel. Leurs lèvres s'unissaient harmonieusement alors que leurs langues se rencontraient une première fois. À chaque instant, son corps en demandait plus, leurs étreintes s'amplifiaient. Elle sentait les mains de Dimitri se resserrer sur sa taille, la propulsant vers lui. Amélia se montra tout aussi invitante, s'accrochant à son cou avec vélocité, glissant ses mains sur son torse imposant et ferme. Jamais elle n'avait vécu un moment aussi intime avec quelqu'un, jamais elle ne s'était sentie aussi bien dans les bras d'un homme. Mais au fond d'elle, au fin fond d'elle, la jeune sorcière savait que ça ne pouvait durer.
Ce fut elle qui brisa ce langoureux baiser, cherchant désespérément à remplir ses poumons d'oxygène. Aussitôt, il se rapprocha d'elle davantage, mais Amélia posa une main sur son torse, le repoussant faiblement.
Confus, il lâcha son étreinte en la dévisageant.
« Je crois qu'on ne devrait pas… », commença alors Amélia, détournant son corps de lui, fixant d'un air confus la ville qui se dévoilait à elle.
« Ne dit pas cela, je t'en prie ma belle. », répondit-il en s'approchant de nouveau.
Mais la jeune sorcière le repoussa de nouveau, cette fois avec plus d'insistance. En croisant de nouveau son regard, elle vit l'expression de confusion sur son visage se métamorphoser en bouleversement.
« Je suis vraiment désolée. », s'excusa-t-elle, véritablement peinée.
Il fronça les sourcils.
« Désolée? Pourquoi? Pour avoir passé les deux dernières minutes à m'embrasser avec passion? Moi, je ne le suis pas!», s'emporta-t-il en s'approchant de nouveau.
« Dans ce cas, pourquoi es-tu aussi fâché? », répliqua-t-elle en haussant le ton, surprise de le voir pour la première fois en colère.
« Parce que j'attends ce moment depuis beaucoup trop longtemps! »
Amélia le dévisagea avec incrédulité.
« Tu m'as rencontrée pour la première fois il y a un mois seulement. »
« Peut-être, mais j'attends de trouver la femme qui sache me rendre dingue par un seul touché depuis bien plus longtemps. », répliqua-t-il avec le plus grand sérieux. « Et ce soir, je l'ai enfin trouvé. »
Amélia se retourna brusquement et ouvrit la portière du bolide ancien en la poussant avec la force de son pied. Rapidement, elle sortit de la voiture et s'avança dans la nuit sans regarder derrière. Bien sûr, elle réalisait que c'était particulièrement enfantin de réagir de la sorte, et puis elle savait que d'un côté, elle n'aurait pas le choix de le revoir, et pas seulement parce qu'elle avait oublié son sac dans sa voiture.
Merde!, cria-t-elle dans sa tête alors qu'elle entendait le moteur de la voiture de Dimitri gronder derrière elle. Sans même y songer, elle tourna dans la rue et s'arrêta à l'avant de la voiture qui fonçait en plein sur elle. Un instant plus tard, elle était à deux pouces du pare-chocs, ses mains posées sur le capot de l'automobile luisante.
« Qu'est-ce qui te prend! Tu es suicidaire ou quoi? », s'écria Dimitri en sortant du véhicule, claquant la porte derrière lui avec puissance.
Amélia croisa les bras, le fixant avec haine.
Pourtant, le regard de Dimitri s'atténua graduellement alors qu'il s'approchait d'elle, puis lorsqu'il déposa ses mains sur ses épaules, elle vit qu'il l'observait de nouveau avec cet air mélancolique et séducteur à la fois.
« Notre relation n'a même pas le temps de commencer que déjà, nous sommes en rognes, tous les deux. »
Amélia repoussa ses bras en lui tournant le dos, marchant vers le vide, les poings serrés.
« Relation? Quelle relation! », s'emporta-t-elle en revenant sur ses pas, faisant face à l'homme qui l'avait transporté au paradis quelques instants plus tôt « Bordel, tu es fiancé! Nous n'aurons jamais de relation! », ajouta-t-elle, sentant les larmes coulées sur ses joues.
Elle se sentait triplement stupide, elle s'en voulait de s'emporter autant. Ce baiser l'avait tellement pris au dépourvu qu'elle en perdait tous ses moyens.
« Fiancé ne signifie pas que nous sommes liés l'un à l'autre. Pas encore. Et puis, je ne te connaissais pas encore avant de lui demander sa main. »
Il aurait pu lui énumérer des centaines d'excuses valables ou non, rien n'aurait suffi. Déjà, elle sentait son cœur transpercer pas une lame de douleur.
« Tu ne me connais même pas. Tu ne connais rien de moi. », s'acharna-t-elle, cette fois ignorant les larmes qui se faisaient plus insistantes.
« Laisse-moi la chance de te connaitre alors! Laisse-moi! »
« Je ne peux pas. »
« Et pourquoi cela? »
« Parce que ce n'est pas mon destin. », répondit-elle, soudainement brutalement chagrinée par cette révélation qu'elle refusait d'admettre plus tôt.
Sa réponse prit Dimitri au dépourvu.
« Qu'est-ce que tu en sais, de ton destin? »
« Je sais que je ne suis pas censée être ici. »
« Amélia… »
« Je ne suis pas venue ici pour toi! », s'emporta-t-elle.
Il fronça des sourcils, ne comprenant pas le sens de ses paroles. Et bien sûr, il était impossible qu'il en comprenne un traitre mot, tout comme il était impossible pour elle de lui révéler qu'elle venait d'un autre monde.
« Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer, Dimitri. », ajouta-t-elle, cette fois plus calmement. « Jamais… »
Il comprit ses paroles de travers, et afficha un air profondément blessé.
« Je croyais que.. », commença-t-il, en la dévisageant.
« Je ne peux pas te dire si ton destin à toi est avec Alessandria, mais le mien n'est définitivement pas avec toi. »
Elle s'approcha de lui et posa une main sur son torse.
« Crois-moi, Dimitri, j'aurais vraiment aimé être à toi seule. »
Leur contact se brisa alors qu'il recula de plusieurs pas, avant de faire volte-face et d'embarquer dans sa voiture. Amélia resta au milieu du chemin alors que le moteur démarra avec fracas. La voiture la contourna vivement et fila à toute vitesse, tournant le coin de la rue dans un crissement de pneu.
Amélia resta au milieu de la ruelle, fixant le vide, ses jambes s'engourdissant.
Quelques minutes plus tôt, elle réalisait son plus fou fantasme et puis maintenant, elle se retrouvait de nouveau seule, et plus triste que jamais.
À cet instant précis, elle aurait donné la lune pour retourner chez elle.
.oOoOo.
Et puis ? ^_^
xoxo
P.s.: Un gros merci pour tout vos reviews. Wow, sérieusement ça me touche tellement vous n'avez pas idée! Je vous adore profondément. Merci de votre patience et de votre soutien. Ma fiction ne prend vie que lorsqu'elle est lue. Merci.
