Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.
La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.
Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.
La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.
Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.
Chapitre 47 : La Garde des Volturi
« Alors c'est Dobby qui t'a donné la Branchiflore ? » S'étonna Hermione. « Pourquoi n'y ai-je pas pensé ? La Branchiflore, bien sûr ! » Elle secoua la tête, frustrée envers elle-même.
Nous étions assis au bout d'une des longues tables dans la Grande Salle – Bella et moi, Cedric, Hermione, Harry, Ron et Cho. Ma famille attendait, installée à une table un peu plus loin, pendant que Dumbledore terminait ses fonctions officielles. Nous allions le rencontrer dans quelques minutes, mais seulement après avoir sauvé les apparences.
« Mais, si tu n'étais pas au courant à propos de la Branchiflore… » Demandai-je à Hermione, « alors qui l'a dit à Dobby ? »
Hermione haussa les épaules. Je jetai un regard à Bella, mais elle secoua discrètement la tête. Elle ne lui avait pas dit… Était-il possible que ce soit Maugrey ?
« Eh bien, ne laisse pas Karkaroff ou Madame Maxime le savoir – ils ne semblent pas très impressionnés par le succès de Harry dans ce tournoi, » commenta Cedric. « Mais vraiment, Harry, c'était impressionnant ! »
« Merci, » répondit Harry, embarrassé.
Dumbledore est prêt à nous rencontrer, m'informa Carlisle.
« Eh bien, Bella et moi devrions sans doute aller passer un peu de temps avec ma famille. Je suppose qu'ils sont tous très contents de la voir saine et sauve, » dis-je en souriant, m'excusant pour partir.
« Tu ne pensais pas vraiment qu'elle était en danger, n'est-ce pas ? » Demanda Ron.
« Honnêtement, Ron – quand je l'ai vue là-bas… j'ai eu peur, » admis-je. « Je suis sûr que Harry a ressenti la même chose pour toi et Hermione. La logique n'entre pas toujours en jeu quand ceux qu'on aime font partie de l'équation… »
Bella et moi nous levâmes et nous dirigeâmes vers la table où le reste de la famille attendait. Ils se levèrent et nous quittâmes tous la Grande Salle. Normalement nous irions à Venlaw – il y avait moins d'oreilles indiscrètes là-bas, mais c'était tout à fait impossible à l'heure actuelle.
« On dirait que vous avez des visiteurs, » dit Dumbledore quand nous le rejoignîmes dans son bureau. « J'ai déconnecté temporairement le réseau de cheminette des foyers de Venlaw, par précaution… Peut-être que nous devrions aller visiter Hagrid pour prendre le thé. »
Nous étions tous à peu près certains que Jane, Felix et Demetri s'étaient rendus à Venlaw, mais comment Dumbledore le savait avec certitude était un mystère. Un mystère qui ne serait pas révélé tant que nous ne serions pas dans un endroit sûr… un endroit loin des yeux et des oreilles indiscrètes, comme la cabane d'Hagrid, à la porte de laquelle Dumbledore frappait en ce moment.
« Bonjour Hagrid, » salua Dumbledore quand Hagrid ouvrit la porte. « Je me demandais si nous pourrions entrer pour une tasse de thé. »
« Bien sûr, Dumbledore, Monsieur… Ce s'ra avec plaisir. » Hagrid s'éloigna de la porte et mit rapidement une lourde bouilloire en fonte sur le feu… Avant longtemps elle se mit à bouillir et il l'enleva, versant son contenu dans une théière.
« J'suis à court de toutes les douceurs qu'Mme Cullen m'avait données, mais j'en ai qu'j'ai fait moi-même. » Il offrit des biscuits secs à Bella et à Dumbledore qui les acceptèrent poliment, mais les biscuits en question semblaient requérir nos dents acérées et nos mâchoires puissantes pour être brisés.
Après que Dumbledore ait versé du thé pour Bella, Hagrid et lui-même et pris quelques gorgées, il se rassit et commença. « Alors, j'ai eu l'occasion de me rendre à un endroit du terrain qui permet le transplanage, et je me suis téléporté dans une clairière près de chez vous il y a quelques minutes de ça. Vous avez en effet quelques visiteurs… Des visiteurs très curieux qui cherchent à savoir où vous êtes disparus… J'ai bien peur qu'ils aient démantelé la cheminée. » Il but une gorgée de thé.
« Tu n'aurais pas dû courir le risque, Albus, » dit Carlisle très sérieusement, « mais merci pour l'information. »
« Il n'y avait aucun danger. Je suis resté à distance et j'ai transplané peu de temps après. »
Carlisle hocha la tête, toujours effrayé de ce qui aurait pu arriver à son vieil ami si l'un des gardes des Volturi avait détecté son odeur. « J'imagine que l'intensité de l'odeur les a menés à la cheminée. C'est le dernier endroit où nous étions avant de venir ici. »
« Alors ça a marché… Bien, » dit Jasper avec un sourire rusé. « Ça devrait frustrer Demetri. »
« Ah, oui… l'un des hommes a exprimé un peu de frustration. » Dumbledore sourit, mais son sourire n'atteignit pas tout à fait ses yeux.
« Nous ne manquerons pas de tout remettre en place, » assura tranquillement Esme. « Nous allons nous occuper de ça quand ils seront repartis. »
« Oh, ma chère, je ne me tracasse pas pour le foyer… ni pour le reste de la maison, d'ailleurs… » Dumbledore se pencha en avant, la regardant avec gentillesse, puis il se tourna vers Carlisle et Jasper. « Avez-vous une idée de comment son pouvoir fonctionne ? »
« Il semble avoir une perception particulière des gens – comme s'il pouvait 'goûter' leur esprit et mettre le doigt sur l'endroit où ils se trouvent, » expliqua Carlisle.
« Ah… » Dumbledore recula sur son siège, réfléchissant profondément.
Emmett était affalé dans un coin du lit d'Hagrid dans sa cabane très bondée. Cet endroit était l'un de ses préférés. Il aimait passer du temps avec Hagrid et les créatures magiques, mais cette réunion était en train de mettre sa patience à rude épreuve. « J'aimerais que nous puissions les affronter et en finir… Je déteste cette fuite en catimini et le fait que nous devions nous cacher. »
Dumbledore sourit à son emportement passager. « Je comprends parfaitement ce que tu ressens, mais je pense que Carlisle et Jasper ont raison au moins sur ce point. Ça n'apporterait rien de bon de se battre contre les Volturi… Absolument rien de bon. »
Comment pouvait-il en être si sûr ? Que savait-il à propos des Volturi ?
Il me regarda d'un air entendu avec cette expression qui me faisait me demander s'il venait d'entendre mes pensées, bien qu'il m'ait déjà assuré qu'il n'utilisait pas ce pouvoir. « Je suppose que je devrais partager avec vous un peu d'historique entre les sorciers et les vampires. »
Quoi ? Je me rappelai qu'il avait prêté un livre à Carlisle sur l'histoire, mais il n'y avait pas grand-chose dans ce bouquin se rapportant à cette situation particulière… J'étais extrêmement curieux.
« Il y a une longue histoire entre le monde des sorciers et celui des vampires, » débuta-t-il, « et ce qui en a découlé a rarement été bénéfique … Carlisle a lu ce qui est rapporté dans nos livres d'histoire. Une lecture intéressante, j'en suis sûr… mais il y a beaucoup de choses qui ont été transmises d'un monde à l'autre… Je suis certain que vous avez tous déjà vu une exécution de la main des Volturi ? »
Je me souvins de Bree, détruite en une seconde par leurs briquets dévastateurs. « Nous avons eu un face-à-face avec eux au printemps dernier… Ils ont détruit un nouveau-né devant nos yeux, » répondis-je.
« À une certaine époque, les sorciers ont cherché un moyen de contrôler la menace des vampires dans leurs villes et villages. Le monde était un endroit moins civilisé alors – s'il est jamais possible d'appeler le monde un endroit civilisé. Nous savions que le feu des sorciers allait détruire votre espèce, mais ce n'était pas toujours commode d'attaquer quand une baguette magique pouvait être utile pour tellement d'autres diversions. »
Jasper commença à acquiescer tout de suite. Il pouvait voir où cette discussion s'en allait.
« Et c'est ainsi que nous avons créé des baguettes qui pouvaient être ensorcelées pour produire le feu des sorciers… un peu comme vos baguettes ont été ensorcelées pour n'exécuter que quelques sortilèges bien spécifiques. » Il se tourna vers Bella, Rosalie et moi. « Après un certain temps, ceux qui sont maintenant considérés comme la royauté chez les vampires – les Volturi, ont eu vent de l'affaire… mais au lieu d'être effrayés, ils ont cherché à obtenir ce pouvoir à leurs propres fins, afin de gagner la puissance qu'ils ont aujourd'hui. Leur dispositif d'exécution est le résultat de leurs efforts visant à reproduire notre mode de défense…
Il y a toujours eu, et il y aura probablement toujours des sorciers qui cherchent les pouvoirs du côté des ténèbres… Ceux-là se sont plus souvent alignés avec les gens de votre nature. » Il regarda à la ronde ensuite, comme pour s'excuser. « Je suis désolé d'avoir à dire que les vampires sont généralement considérés comme des créatures des ténèbres, à l'instar des loups-garous… et des sombrals aussi, d'ailleurs. » Il émit un petit rire. « En fait j'ai eu très peur la première fois que j'ai rencontré votre… père. » Il regarda Carlisle. « J'ai failli le tuer sur le champ… mais j'ai perçu quelque chose de différent en lui – un grand soin, une vénération pour la vie. Il m'a fallu un certain temps pour me convaincre qu'il puisse exister un bon vampire. » Il sourit momentanément au souvenir, puis poursuivit son récit.
« Plus récemment – durant la première guerre des sorciers, les deux côtés ont fait appel aux créatures mythiques pour combattre. Tom Jedusor a passé de nombreuses années à fonder son groupe de partisans, dès ses jours à Poudlard. Peu de temps après son départ, il a semblé disparaître, mais ses amis sont restés vigilants… Personne ne sait exactement ce qu'il a fait pendant ce temps-là. Et beaucoup de gens ne réalisent même pas le lien entre Voldemort et Tom Jedusor, alors dans la crainte de l'homme, ils prennent soin de ne pas en apprendre plus.
Par-dessus tout, Tom recherchait le pouvoir. Et pour lui, le pouvoir était le pouvoir sur la vie. Il a cherché l'immortalité. Il a passé beaucoup de temps avec un groupe de vampires en Roumanie… »
Carlisle soupira bruyamment. « Stephan et Vladimir… la famille qui régnait anciennement. »
« Très probable – d'après ce que j'ai pu découvrir, ils étaient très intéressés d'aider Tom à mener à bien leur vendetta contre les Volturi, à utiliser le pouvoir qui avait été utilisé contre eux… C'est pourquoi ils ne l'ont pas tout simplement tué. » Dumbledore hocha la tête. « À un moment donné, Tom pensait qu'il pourrait parvenir à ses fins en se transformant en vampire. Ce qu'il a découvert, cependant, c'est que la magie en nous, le pouvoir qui coule dans nos veines, est dans notre sang. »
« Lequel est détruit durant le processus de transformation, » termina Jasper.
« Oui, exactement… et- » Il fut soudainement interrompu par un coup sec frappé à la porte de la cabane. Rogue entra rapidement sans être invité.
« Ils sont dans les ruines à présent… très désorientés. Nous gardons un œil sur la situation, » dit-il d'une voix monotone, lançant une regard à chacun de nous.
« Merci, Severus, » répondit Dumbledore avant qu'il ne quitte les lieux aussi subitement qu'il était apparu.
« Maintenant, où en étais-je ? »
« Tom Jedusor visitait les vampires en Roumanie et considérait l'éventualité d'une transformation, » débita Alice en vitesse, clairement fascinée par son histoire.
« Ah oui… eh bien, il y a quelques Mangemorts mécontents qui savourent à présent l'immortalité, bien que sans leurs capacités magiques. Le fait qu'ils n'aient pas cherché à se venger de Tom à l'époque me dépasse. Mais il a toujours eu un charisme énorme…
Quoi qu'il en soit, une fois qu'il a découvert le prix de cette voie vers l'immortalité, il a commencé à chercher d'autres façons de prolonger sa vie. Avez-vous entendu parler des Horcruxes ? »
« Mon père m'en a parlé une fois, » dit Carlisle. « Il disait que c'étaient des objets malfaisants utilisés pour capturer votre âme… »
« C'est tout à fait juste, en quelque sorte… Il existe des méthodes qui peuvent être employées pour prolonger la vie d'un sorcier. La plus utile et en même temps la plus évidente est l'utilisation d'une pierre philosophale. L'élixir fait avec la pierre peut prolonger la vie indéfiniment. Néanmoins, ces pierres sont extrêmement rares. En fait, je crois qu'elles ont maintenant complètement disparu. On peut aussi choisir de continuer d'exister sous la forme d'un fantôme, comme vous avez vu que beaucoup dans l'enceinte de Poudlard ont choisi de le faire… mais ce n'est pas une existence enviable, figé dans l'état où vous étiez lors de votre mort, incapable de grandir, d'apprendre… La perte totale de l'odorat, du goût, du toucher. Et bien sûr de vos capacités magiques… Un prix très lourd, certes.
Une alternative à cela est de créer des Horcruxes. Prendre un fragment de votre âme et l'incruster dans un objet que quelqu'un avec les connaissances nécessaires peut utiliser pour vous ramener d'entre les morts. »
« Et donc Tom Jedusor a créé l'un de ces Horcruxes ? » Demanda Rosalie.
Le visage du vieux sorcier prit une expression triste et horrifiée. « Pas seulement un… Je crois que le nombre s'élève à six… »
« Il a divisé son âme en sept parties. » Carlisle était horrifié, tout à fait conscient de la signification de ce nombre. « Mais ce qui est resté… »
« Oui, » dit Dumbledore laconiquement, « ce qui est resté n'était pas tout à fait humain. »
« Alors il a entrepris de fabriquer ces Horcruxes après que ses expériences avec les vampires aient échoué ? Pourquoi n'a-t-il pas tout simplement cherché l'une des rares pierres philosophales ? » Questionna Emmett.
« Je crois que c'était son but ultime. Les Horcruxes étaient sa solution de rechange… quoique son premier ait été fait avant même qu'il ne visite les vampires. Je pense que ses premières tentatives ont eu lieu ici, à Poudlard… »
« Albus… ce que j'ai entendu relève quasiment de la légende, mais la création d'un tel objet ne nécessite-t-elle pas le meurtre de quelqu'un ? » Demanda Carlisle.
« Oui, » répondit Dumbledore d'un air affligé.
Carlisle s'enfonça dans son siège, choqué par la réalisation que quelqu'un de si jeune puisse avoir volontairement pris une vie.
« Mais pourquoi alors en a-t-il créé autant ? Ça doit avoir été un stress incroyable sur sa personne, » fis-je remarquer.
« Ça l'a été… mais Voldemort n'a jamais fait confiance à personne. Il exigeait la loyauté suprême de ses sujets, mais à la fin, il croyait qu'ils allaient se retourner contre lui s'ils en avaient l'occasion. Il n'a jamais connu l'amour et le pouvoir contenu dans celui-ci, c'est sa faiblesse… Alors il s'est mis à en fabriquer de plus en plus, juste au cas où les autres se feraient détruire. »
« Alors quand il a été tué, il n'est pas vraiment mort, » commenta doucement Bella.
Dumbledore acquiesça solennellement. « Et il ne peut jamais être complètement détruit tant que tous les Horcruxes n'auront pas disparu, » déclara-t-il avec chagrin.
« Mais, pendant tout ce temps, comment a-t-il vécu ? » S'enquit Emmett.
« Il a vécu dans un état de demi-vie, très faible parfois, jusqu'à ce qu'un de ses disciples lui vienne en aide. Pendant la première année de Harry ici, Voldemort a vécu en se nourrissant de sang de licorne… Ça l'a rendu plus fort, mais il ne pouvait que vivre en tant qu'hôte, s'emparant du corps de son serviteur… Il essaye de revenir, de trouver un moyen de vivre à nouveau sous sa forme humaine. Il veut le pouvoir, et il utilisera tous les subterfuges pour l'obtenir. »
Cela faisait beaucoup d'éléments à assimiler. Notre propre espèce avait fait partie de cette horrible guerre des sorciers… Je suppose que ça n'avait rien de surprenant.
« Le moment approche, » dit Dumbledore timidement, « où nous devrons à nouveau rassembler les créatures mythiques de ce monde pour nous battre… »
« Et quand ce moment viendra, nous t'apporterons notre soutien, » répondit Carlisle. « Comme nous le faisons présentement. »
« Merci. »
On frappa encore à la porte et Rogue refit irruption dans la cabane. « Les défenses tiennent bon… Ils ont envisagé d'escalader la gorge à plusieurs reprises, mais chaque fois un autre plan capte leur attention et ils se détournent. »
« Qu'arriverait-il s'ils finissaient par escalader la gorge ? » Demanda Bella avec des yeux écarquillés.
« Ils marcheraient probablement autour du périmètre du territoire de l'école, sans jamais trouver un chemin à travers les arbres, » répondit Dumbledore. « Ou bien ils rencontreraient une autre distraction en cours de route. »
« On peut seulement l'espérer, » ricana Rogue.
« Merci, Severus… Tiens-nous au courant. » Rogue fit demi-tour et quitta prestement la cabane.
« Est-ce que ça va aboutir à ça ? À une bataille ? » Demanda Jasper.
« Très certainement, » répliqua Dumbledore. « Il ne semble y avoir aucun autre moyen à présent. Voldemort est déterminé à conquérir le monde, et nous ne pouvons tout simplement pas laisser cela se produire. »
Nous demeurâmes silencieux pendant un long moment par la suite. Les seuls bruits qu'on entendait à part le crépitement du feu dans l'âtre étaient les battements de cœur et les respirations des humains dans la pièce. Si les circonstances n'avaient pas été si graves, ça aurait pu être drôle – une petite cabane dans laquelle étaient entassés un demi-géant, sept vampires et deux humains…
« Croyez-vous qu'ils vont trouver leur chemin jusqu'ici ? » S'enquit nerveusement Bella, rompant le silence.
« Non, ma chère… J'en doute fort. » Le vieux sorcier sourit… « Avez-vous dit que le pouvoir de Demetri utilise ses sens sur l'esprit de la personne qu'il traque ? »
« Oui, je crois que c'est le cas, » répondit Carlisle.
« Et donc, son pouvoir est en train de traquer Bella jusqu'ici ? »
« En fait il est probablement en train de traquer Edward. Bella est invisible sur son 'radar.' »
« Et il n'a pas besoin de suivre une piste réelle ? »
« Nous pensons que non. »
Dumbledore sourit de toutes ses dents. « Alors j'ai une idée… Que penserais-tu de faire un petit voyage, Edward ? »
Je le regardai d'un air interrogateur.
« J'ai plusieurs portoloins installés à divers endroits dans la ville et à la campagne… »
« C'est génial, » s'exclama Jasper de manière tout à fait inhabituelle. « Je veux dire, je pense que je vois ce que vous avez en tête. Envoyer Edward quelque part jusqu'à ce qu'ils commencent à le suivre, pour ensuite le déplacer… Ça va confondre Demetri… Il ne saura pas quoi penser. »
C'était un bon plan. Un sourire commença à apparaître sur mon visage.
« Mais il ne sera pas en danger, n'est-ce pas ? » Demanda Bella.
« Absolument pas, » la rassura Dumbledore. « Il a seulement besoin d'attendre au nouvel emplacement jusqu'à ce que Demetri commence à le traquer. Puis il reviendra ici… »
« Je suis partant, » confirmai-je. « Maintenant qui vient avec moi ? »
En fin de compte nous décidâmes qu'Alice et Jasper m'accompagneraient. Alice serait en mesure de voir quand Demetri changerait de cap et Jasper s'occuperait de l'aspect stratégique – il me dirait le meilleur moment pour effectuer notre déplacement… C'était un excellent plan. Dumbledore nous emmena à l'endroit où se trouvaient les portoloins – son bureau.
« Bon, ceux-là ne sont pas dotés d'une minuterie comme celui qui vous a transporté à la Coupe du Monde. Ils vont s'activer au contact. Il est important que vous touchiez tous le portoloin en même temps, sinon l'un de vous pourrait être laissé derrière. »
« Et ne vous faites pas voir, » ajouta Carlisle. « Cela ne fonctionnera pas s'ils vous aperçoivent ne serait-ce qu'une fois. »
Nous hochâmes tous la tête, mais il était difficile de ne pas afficher une mine réjouie alors que nous avions un plan.
« D'accord, tout le monde… vous êtes prêts ? » Demandai-je. « Un… Deux… Trois. »
Nous plaçâmes tous une main sur la coupe d'or dans le bureau de Dumbledore. Ce faisant, nous sentîmes le battement de l'air qui sifflait alors que nous étions transportés en volant. C'était exaltant, tout aussi excitant que la première fois. Trop vite ce fut terminé et nous atterrîmes dans une clairière en dehors de Peebles. Il y avait un petit chalet niché parmi les arbres à côté d'un ruisseau, l'endroit idéal pour s'asseoir et lire. Je me demandai s'il s'agissait de la retraite privée de Dumbledore. Nous déposâmes la coupe sur la rampe menant au chalet.
« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Jasper.
« Ils sont encore dans les ruines, mais Demetri est très perplexe. Ils discutent… Jane est contrariée. Elle a l'impression que Demetri ne fait pas du bon boulot… Ils ont décidé de se déplacer… Ils courent maintenant, ils contournent la ville. Felix a capté l'odeur d'un humain dans la région… »
J'haletai en songeant à l'humain sans défense qui venait de devenir une victime de notre stratagème.
« Ils le laissent aller – Jane a dit à Felix que ceci est plus important… Okay, ils continuent de contourner la ville, ils sont seulement à deux minutes de distance… une minute, quarante-cinq secondes… une minute et demie… »
« Maintenant, » ordonna Jasper, et nous attrapâmes tous la coupe. En un instant nous fûmes de retour dans le bureau de Dumbledore.
« Est-ce que ça a marché ? » Demanda Emmett.
Alice fit une pause, replongeant dans son esprit… « Oui ! Ils ont mordu à l'hameçon ! »
Ils stoppèrent subitement avant d'atteindre la clairière. Demetri avait l'air très étonné que l'objet de sa poursuite ait soudainement disparu.
« Tenez. » Dumbledore nous tendit un autre portoloin – un vieux livre qui paraissait ne pas avoir été ouvert depuis des lustres.
« Maintenant, » ordonna à nouveau Jasper, et nous nous envolâmes encore une fois, plus vite que n'importe quelle voiture de sport que j'avais eu le plaisir de conduire, plus vite qu'un avion… Notre voyage fut modérément plus long cette fois-ci car nous atterrîmes au sud de Poudlard, le long de la frontière anglaise/écossaise. Nous étions en bordure d'une petite ville. C'était un emplacement assez éloigné de notre précédent. Je me demandai combien de temps il faudrait à Demetri pour capter mon 'parfum.'
Alice était en transe…
Demetri regardait Jane d'un air penaud. Felix souriait en s'appuyant contre un arbre.
« Tu me dis qu'il s'est déplacé ? » Ricana Jane.
« Oui… maintenant il est loin au sud d'ici… »
« Si tu te trompes… » Elle lui lança un regard noir et il tressaillit. Il savait de quoi elle était capable.
L'image suivante les montra en train de courir vers le sud à travers la campagne.
« C'est une bonne distance. Je pense que nous avons dix minutes, » dit Alice avec assurance.
« On n'attendra pas au dernier moment cette fois-ci, » déclara méthodiquement Jasper. « On ne veut pas qu'ils captent notre odeur. »
Nous nous prélassâmes autour du portoloin dans la clairière surplombant la jolie petite ville. C'était vraiment très plaisant comme endroit ici. Je me demandai si nous pourrions envisager d'y revenir, dans des circonstances moins sérieuses.
« Ce sera bientôt le moment, » annonça Alice. Ça faisait sept minutes et quarante-trois secondes que nous étions là.
« Maintenant, » ordonna Jasper, et dans un éclair nous retournâmes à Poudlard.
« Excellent, » sourit Dumbledore en nous voyant revenir. « Le prochain vous amènera au nord, dans les Highlands entre le Loch Ness et Inverness. Il y a une grotte en hauteur sur le côté d'une montagne… Très belle vue. »
Nous attendîmes seulement une minute avant de mettre nos mains sur la chaussure usée.
L'air nous fouettant était nettement plus frais quand nous arrivâmes à destination. C'était en effet un très bel endroit. La grotte faisait face à l'est, à trente mètres de la falaise rocheuse. Nous pouvions voir la beauté des lacs étroits et tout en longueur entre les montagnes, et au loin les collines violettes de bruyère. C'était un panorama à couper le souffle. Bella aurait adoré voir ça.
« Ils ne savent pas quoi penser de tout ça, » nous informa Alice. « Demetri essaye de trouver une explication rationnelle. Il ne comprend pas comment tu arrives à te déplacer si vite, sans être détecté ou laisser de trace. Jane est farouchement furieuse. Oh. » Alice et moi tressaillîmes tous les deux en voyant Demetri trembler convulsivement sur le sol, l'objet de la colère et du pouvoir de Jane. « Ils se dirigent ici maintenant. Nous avons vingt-trois minutes. »
Je passai le temps en contemplant la beauté du site et en pensant à Bella. Je me demandais si ceci allait fonctionner – s'ils allaient abandonner… se demandant s'il était possible que Demetri ait perdu son pouvoir. C'était le mieux que nous pouvions espérer, mais une fois qu'ils seraient de retour à Volterra, Aro saurait-il ?
Bien trop tôt, Alice annonça, « Cinq minutes. »
Nous nous réunîmes autour de la chaussure, attendant le signal.
« Maintenant, » dit Jasper, et nous quittâmes les lieux une fois de plus.
« C'est le dernier portoloin que j'ai ici… Nous pourrions aller en trouver d'autres ailleurs, mais voyons d'abord comment celui-ci va fonctionner, » dit Dumbledore, indiquant une cabane modèle réduit fabriquée à partir de bâtonnets de glace à l'eau. Un objet tellement ordinaire, m'étonnai-je. « Il vous mènera à Londres… Attendez qu'ils soient assez proches et ensuite revenez. Après ça nous verrons ce qu'ils décident de faire. »
C'est ainsi que nous 'prîmes la route' pour une quatrième fois, fonçant dans l'air à une vitesse jamais égalée auparavant. Je me demandais où nous nous trouvions exactement. Est-ce que nous volions près de la chaussée tellement vite que personne ne pouvait nous voir ? Ou bien volions-nous très haut dans les airs au-dessus d'obstacles éventuels tels que les maisons et les arbres ? À moins que nous ne soyons entrés dans une sorte d'espace parallèle duquel nous allions ressortir seulement quand nous serions parvenus à notre nouvelle destination ?
Nous arrivâmes au Chaudron Baveur, le pub à proximité du Chemin de Traverse. C'était très tranquille, un seul autre client se trouvant là lorsque nous atterrîmes et nous installâmes à une table. Le barman nous zieuta avec méfiance en constatant que nous ne commandions pas à boire sur le champ, mais il demeura derrière le bar, essuyant les verres et les empilant sur les étagères.
Nous avions une demi-heure avant que la garde des Volturi n'approche, aussi nous commandâmes des Bièraubeurres pour sauver les apparences.
« Pensez-vous que ça va marcher ? » Demanda Alice. C'était quelque chose qu'elle ne pouvait pas voir à ce stade. Il y avait trop de variables.
« Difficile à dire, » médita Jasper. « Ils pourraient tout simplement retourner à l'endroit où ils savent que nous avons été… Notre odeur est partout à Venlaw et Peebles. Jane ne peut le nier, même si elle pense que Demetri n'est plus compétent. »
« Ou bien ils pourraient décider de rentrer chez eux… » Insista Alice.
« Et là ils risquent de tout rapporter aux Volturi, qui pourraient envoyer un contingent plus gros pour compléter la recherche… Il est certain qu'ils ne laisseront pas tomber. Les odeurs qu'ils ont probablement déjà captées à Venlaw leur auront déjà dit que Bella est toujours humaine. »
« Est-ce que vous pensez qu'Aro connaît l'existence de Poudlard ? » Demandai-je.
C'était la première fois que j'exprimais mon inquiétude. Et s'ils retournaient à Aro et que celui-ci savait, avec précision, ce qui s'était passé ? Si les vampires avaient traité avec les sorciers tout au long de l'histoire, était-il possible qu'Aro connaisse l'emplacement de Poudlard ? Il aurait suffi d'un contact avec un sorcier qui savait. Ce serait un fragment de connaissance qu'il garderait jalousement.
« Difficile à dire, » répondit Jasper.
Nous n'échangeâmes pas une autre parole pendant un certain temps. Puis Jasper se mit à poser des questions. « Edward, tu sembles beaucoup apprécier d'avoir un ami proche… » Remarqua-t-il.
« Ah, oui… Je suppose que c'est le cas, » répliquai-je.
« Je pouvais le sentir… quand il était fâché contre toi à Noël. Ça t'a vraiment affecté – puis quand il a décidé de te pardonner, ton humeur s'est considérablement égayée. »
« Oui – c'est vrai… Cedric est une bonne personne… un bon ami. J'apprécie sa compagnie. »
« Comment cela se fait-il, d'après toi ? » Il me regardait spéculativement.
« Je ne suis pas sûr… à vrai dire. Je ne me rappelle pas avoir eu d'amis quand j'étais humain. Je pense bien que j'ai dû avoir des camarades de classe ou des connaissances – mais je n'ai pas souvenir d'un proche confident. Et puis depuis ma transformation, j'ai seulement été proche de ma famille. Emmett et toi êtes les meilleurs frères que j'aurais pu demander, mais c'est différent d'avoir un ami qui n'est pas un membre de notre famille… » Je n'arrivais pas à mieux l'expliquer.
« D'accord, » répondit-il, n'en demandant pas plus.
Il était presque temps de repartir… Jasper donna le signal « Maintenant, » et en quelques secondes nous fûmes de retour dans le bureau de Dumbledore.
Alice replongea immédiatement en transe. Elle se concentrait très fort… C'était difficile de voir tandis qu'ils prenaient leur décision. Il y avait tant de visions possibles qui affluaient dans l'esprit d'Alice… Il y eut une longue pause. Je sentis Bella retenir sa respiration à côté de moi… Je lui rappelai de respirer. Enfin une vision eut préséance et devint plus claire…
« Ils s'en vont, » déclara Alice avec le sourire.
Je voudrais profiter de la publication de ce chapitre pour remercier tout ceux qui ont lu l'OS dont je vous parlais la dernière fois et qui m'ont envoyé un commentaire.
À bientôt.
Milk
