Avis aux lecteurs: cette fic est la suite d'une autre nommée Négociations. Je conseille à tout nouveau lecteur d'aller la lire avant de commencer Amlyg pour pouvoir tout comprendre. A ceux qui ont déjà lu Négociations: voici la suite plus ou moins promise. Je devrais être plutôt en train de finir le dernier chap de Mémoires d'une famille royale mais d'une je n'ai pas ma version du Silmarillon, de deux mon inspiration était pour ça et je la suis. ;3 Normalement Amlyg signifie "dragons" en sindarin. Normalement car je ne suis pas du tout une pro en elfique. En tout cas Amlug signifie "dragon" et j'ai vu que le pluriel d'un singulier avec des voyelles "u" prend un "y" à chaque "u".

Disclaimer: Tout appartient à JRR Tolkien et ses héritiers. Toutefois la vision des dragons m'est propre et ne respecte pas totalement la vision de JRR Tolkien dessus. Je serais peut-être aussi amenée à changer des choses à l'histoire originale. C'est donc une sorte d'UA.

Sur ce: bonne lecture. :3


Prologue

Le village flambait et brûlait sous le ciel noirci par la fumée. Une ombre rouge et or passa une nouvelle fois au-dessus des maisons, rasant leurs toits, éclatant parfois leur bois par un mouvement trop ample de la queue. La bête rugit et déversa son flot de flammes, carbonisant le peu qui avait échappé à sa première salve.

Le dragon remonta vers le ciel. Son rugissement de colère fit trembler les bâtisses et hurler les hommes.

Mais tous ne tremblaient pas devant sa fureur. Tous ne criaient pas leur terreur. Des ordres étaient beuglés. Des conseils fusaient de part et part. Des avertissements s'élevaient ici et là. La défense s'organisa et les hommes lancèrent leur contre-attaque. Les arcs furent bandés, les flèches levées vers la bête qui assombrissait le ciel, et, enfin, dans un bel ensemble, les traits fusèrent dans un bruit sonore.

Le dragon se figea et regarda arriver les flèches. Il ne bougea pas et accueillit avec un ricanement profond l'impact. Sa cuirasse était intacte. Aucune des flèches ne l'avaient percée. Aucune ne le pouvait. Étirant ses ailes au maximum, occultant le soleil par leur envergure, le dragon laissa échapper un autre rugissement, si grand et si sonore qu'il mit à bas quelques murs branlants et le courage qu'il restait aux hommes.

Ils perdirent toute cohérence et se mirent à fuir pour sauver leurs vies. Le dragon ne l'entendait pas de cette oreille. Il piqua soudainement et ouvrit la gueule. Son souffle avala les hommes, fit fondre leurs corps, brisa net leurs cris. Le dragon remonta dans le ciel, ses ergots décapitant au passage un toit. La cité n'était plus qu'un amas de flammes. Elle était faite de bois et le feu du dragon dansait allègrement au-dessus des flots.

Esgaroth brûlait.

Une grive se faufila entre les panaches de fumée et, là-haut, roi dans les cieux, le dragon ne prit pas garde à ce sujet perdu dans la fournaise. Pourquoi se soucierait-il d'une vieille grive ? Il n'y fit pas plus attention quand elle s'approcha de l'un des quelques téméraires qui tentaient encore de l'abattre avec leurs futiles flèches.

Et cela lui fut fatal.

Car il ne s'inquiéta pas de l'aura soudain victorieuse qui enveloppa la posture de l'archer. Il ne s'angoissa pas devant la trajectoire précise et déterminée que prit l'arc de cet homme. Il ne chercha même pas à éviter la flèche qui filait vers lui.

Par contre, il sentit la sourde douleur qui éclata soudain au niveau de son ventre. Il souffrit de cette terrible douleur, tant et tant qu'il en cracha flamme sur flamme, figure devenue folle, se tortillant sans queue ni tête dans les airs. La peur l'enserra quand il sentit le froid l'envahir, ses membres s'engourdir, sa force décliner.

Sa vie le quittait.

Il rugit violemment, refusant cette vérité. Mais il n'y pouvait plus rien y faire. Ses ailes ne voulurent plus le porter. Alors il chuta, crachant une dernière flamme qui embrassa le ciel, flambée funéraire venant annoncer au monde la mort d'un roi des cieux. Le fleuve l'engloutit et la vapeur tomba sur les ruines d'Esgaroth.

Smaug le doré venait de périr.


Andùnë se réveilla en sursaut.

Les rayons du soleil blessèrent ses yeux encore embrumés de sommeil. Elle secoua la tête pour chasser le voile qui les avait recouverts et posa un regard troublé sur son environnement.

Elle était allongée sur un haut rocher émergeant d'entre des arbres touffus. Un chaud soleil éclairait les lieux. Les souvenirs lui revinrent. Dans son idée d'aller très loin à l'Est, au-delà de l'emplacement probable de Cuivénen, elle avait poussé ses compétences au maximum. Infatigable, elle avait volé encore et encore, souvent jusqu'à l'épuisement. Et elle était arrivée loin en peu de temps.

Toutefois elle avait été charmée par la région et avait décidé d'y faire une plus grande halte. Après tout, si rien ne vient mettre un terme à leur vie, les dragons peuvent vivre des siècles. Elle avait tout le temps qu'elle désirait pour entreprendre ce grand exode. Bientôt les semaines étaient devenues des mois. En vérité, une année s'était écoulée depuis qu'elle avait laissé Gandalf dans la Comté.

La dragonne se redressa, amenant Glaer à en faire de même. L'étalon gris souris s'était bien habitué à sa nouvelle vie malgré son transport pour le moins atypique et le fait de dormir sur de véritables perchoirs. Andùnë frotta son museau contre les flancs de l'animal qui mordilla en réponse l'une des petites piques saillant de sa joue. Ces marques d'affection étaient devenues courantes entre le cheval et son maître.

Mais Andùnë ne se sentait pas tranquille. Alors qu'elle évitait de penser à lui depuis qu'elle l'avait quittée dans la précipitation et grièvement blessée, voilà qu'elle venait de rêver de Smaug. Et ce n'était pas un rêve anodin. Il avait fallu qu'elle rêve de sa mort. La dragonne fronça les sourcils, sa queue battant l'air sous le coup de sa frustration. Ce rêve la dérangeait. Il n'était pas comme les autres qu'elle avait pu faire. Elle n'avait été qu'un simple spectateur et n'aurait pu en aucun cas empêcher l'action de se dérouler.

Et quelque chose d'autre la chiffonnait.

La dragonne gratta distraitement la roche sous elle d'une de ses griffes acérées. Elle se remémora le rêve de son début à sa fin. Elle ignora superbement le frissonnement qui la saisit, ce sentiment proche de la tristesse, quand Smaug chuta et se concentra sur les éléments entourant le dragon doré. Elle siffla d'énervement, ne trouvant rien. Le rêve ne dénotait en rien.

Andùnë écarquilla soudain les yeux.

C'était cela qui la dérangeait : le rêve avait une allure de réalité. Une allure de souvenir. Mais elle n'avait évidemment pas assisté à une telle scène. Smaug était dans la pleine possession de ses moyens quand elle l'avait quitté. Alors un rêve prémonitoire ? La dragonne siffla une nouvelle fois, laissant le goût de l'air imprégner sa langue. Un goût d'inquiétude. Était-ce elle qui dégageait ce sentiment jusqu'à en empuantir l'air ?

Elle ne pouvait laisser les choses en l'état.

Andùnë tapa sur la roche dans un mouvement coléreux. Voilà que Smaug venait encore la contrarier alors qu'elle se trouvait à des milles de lui ! Mais elle devait savoir. Elle n'aurait jamais la paix sans le savoir. Savoir s'il était vivant ou s'il avait été tué. Savoir si son rêve était la réalité.

La dragonne ouvrit grand ses ailes et décolla dans un bond puissant. Qu'à cela tienne elle avait l'éternité pour chercher ses semblables. Prendre quelques mois pour s'assurer du destin de l'un d'entre eux ne posait pas de problèmes. N'oubliant pas Glaer, elle piqua et attrapa le cheval entre ses serres. L'étalon n'hennit même pas et s'installa confortablement entre ses serres. Si Andùnë n'avait pas été aussi distraite par d'autres pensées, elle en aurait ri ou du moins souri. Mais elle pensait à ce rêve, à Smaug, au chemin qui la menait une nouvelle fois vers Erebor, à l'identité qu'elle allait endosser et surtout à ce qu'elle ferait une fois arrivée là-bas.

A la dernière question, elle n'avait pas encore trouvé de réponse quand elle fit halte, quelques jours plus tard, aux lisières entre les forêts de l'Est et les plaines du Khand.


N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!^^ Et si vous avez des idées pour la suite, dites toujours. ;3 Je n'ai pas une ligne directrice aussi décidée que pour Négociations. Sauf que cela sera sûrement une courte fic, comme la première ; dans les 5-6 chapitres en comptant ce prologue et l'épilogue.

En fait j'hésite grandement sur deux grandes questions: Andùnë doit-elle croiser les Nains de la compagnie de Thorïn ? Smaug doit-il périr ou être sauvé, tout en étant tout de même condamné à l'exil?