Voici le premier chapitre. Je viens tout juste de finir le second et je pense le publier quand j'aurai fini le troisième.
Alycia Panther, contente de te compter à nouveau parmi mes lecteurs.
Mathiewpr, tu vas pouvoir m'engueuler copieusement, tu comprendras mieux ce que je veux dire à la fin du chapitre. Et je t'interdis de dire que j'ai du gras sur l'avant bras, j'en suis outrée =)
Eihpostaro, en effet c'est déprimant mais j'avais envie de faire dans ce style mais si ça peux te rassurer l'atmosphère se détendra dans les chapitres prochain. Et non il ne vas pas mourir... en tout cas pas tout de suite comme tu le dis =)
Bonne lecture.
Chapitre 1
L'air me fouette le visage avant que mon souffle ne se fasse brutalement couper par quelque chose de dur et me stoppe immédiatement dans ma descente. Je suis attiré en arrière et mes pieds retrouvent la surface rugueuse du rocher. Qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai ma réponse quand la force invisible me retourne. Je fais face à un garçon d'à peu près mon âge. Je n'ai pas le temps de comprendre ce qui ce passe que je me fais copieusement engueuler.
- Non mais ça va pas bien de vouloir faire ça ? hurle-t-il en me serrant les épaules.
Je me dégage et lui lance un regard furieux.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? dis-je d'un ton neutre mais légèrement irrité.
- Mais attend t'est jeune, t'as aucune raison de vouloir faire ça, dit-il un ton en dessous en restant déconcerté.
- AUCUNE RAISON, qu'est-ce que t'en sais, explosais-je.
Je ne lui laisse pas le temps de répliquer et enchaîne vraiment en colère cette fois.
- Tu sais ce que ça fait de vivre entouré alors qu'au fond tu es seul. De te retrouver seul dans ton lit et te dire que si t'as famille n'était pas là, personne ne s'inquiéterait pour toi. De n'avoir jamais rencontré quelqu'un qui éprouve des sentiments pour toi. De te rendre compte que tu approches à grand pas de la vie d'adulte et t'a l'impression de n'avoir rien fait de ta vie…
Au fur et à mesure de ma tirade mon ton baisse et je finis les larmes aux yeux. Je ne sais même pas ce qui m'a pris de déballer tout ça à un inconnu. Je tente une fuite mais il me coupe dans mon élan avec une phrase.
- C'est pas la joie, on dirait ? il me parle doucement, mal à l'aise de son emportement.
- Mouais.
Je soupire et renifle bruyamment le tout dans la classe et la finesse.
- Allez viens, t'a besoin d'un petit remontant, m'invite-t-il.
J'hésite, je ne le connais pas après tout. Il pourrait très bien être un tueur en série. Deux choses me font sourire à cette idée.
La première est qu'il n'a pas du tout le physique d'un tueur avec ces cheveux brun en bataille même si je dois dire que ces iris verticales obscur sont étranges. Ça existe vraiment des yeux comme ça ? Faut croire que oui. Je repense à la façon qu'il m'a repêché et mine de rien je pèse mon poids, il a plus de force qu'il n'y parait. Avec toutes ces caractéristiques en tête, il a finalement tous les critères requis pour faire le parfait meurtrier.
La seconde est qu'avec ce que je viens de tenter, sans succès, je me dis que je m'en fiche un peu à vrai dire. J'espère juste que ce sera rapide. Il semble remarquer mon hésitation et me fais un signe de tête vers le chemin avec la tête du chien qui veut partir en promenade. Il ne peut définitivement pas être méchant avec une expression pareille. En même temps, c'est toujours ceux dont on se doute le moins qui se révèlent être les pires. Bon, au point où j'en suis autant y aller. Je lui fais signe que je le suis et nous remontons le sentier dans un silence neutre, ni oppressant mais pas agréable pour autant.
Nous nous retrouvons sur la route et une 206 noire est garée un peu plus loin. Il se dirige vers celle-ci et plus on s'approche plus je me rends compte qu'elle n'est pas seulement noire. Elle est rouge sur les pare-chocs et à l'intérieur des pneus. Je vous arrête tout de suite, il s'agit de peinture et non de fluide sanguins d'un quelconque être vivant qu'il aurait malencontreusement renversé.
Il s'installe derrière le volant et m'invite à faire de même du côté passager. L'intérieur est bien entretenu sans être trop maniaque, tout mon contraire, ma voiture ressemblant plus à une poubelle roulante. Le rouge et noir est également présent à l'intérieur et face à moi sont posé cinq peluches de chiens. Je crois reconnaître deux terres neuves blanc et noir à chaque extrémité dont leurs tâches sont inversées. À côté du blanc et noir se trouve un rottweiler et à côté du noir et blanc se trouve un saint bernard et au milieu de tout ça il y en a un que je ne connais pas. Il est tout blanc et ses oreilles pendantes sont marron, il doit être son préféré. Moi aussi je fais la collection de peluches mais principalement des renards. Je m'attache et il démarre.
Une fois sur la route, il bidouille son autoradio jusqu'à ce que la chanson Mammoth de Dimitri Vega ne se fasse entendre. Je l'ai toujours adoré celle-là. Elle pulse de partout dans la voiture, il a vraiment de bonnes enceintes. Elle se termine et comme nous ne sommes toujours pas arrivés à destination, on enchaîne sur The signal de BertycoX. Ça faisait un petit moment que je ne l'ai est pas entendu. Malheureusement elles me rappellent l'époque où je les écoutées en boucle. Mon visage se ferme à ces souvenirs, les yeux rivés sur les genoux. Je me rends compte que la voiture est garée quand une main s'agite dans mon champ de vision. Je lui jette un regard et il me tend un mouchoir. Je m'en saisis en me faisant la réflexion que j'ai surement de la morve qui dit bonjour à la populace et qu'il ne veut pas se taper la honte avec un individu de mon genre à ses côtés. Je me mouche pendant que lui farfouille dans sa boite à gants à la recherche d'argent, je suppose. Il sort et m'attend dehors, posé contre l'aile de sa voiture. J'ouvre la portière et me fait un peu aveugler par les rayons du soleil qui sont bien forts en ce début d'après-midi. Je me frotte les yeux afin de m'habituer à la luminosité ambiante. J'avise une poubelle un peu plus loin. Parfait. Je m'y rends avant de rejoindre le brun qui me suivait des yeux, au cas où je voudrais me suicider dans la dite poubelle.
Nous nous rendons dans un petit bar où se trouve quelques tables et chaises qui semblent confortable au premier regard. Au fond se trouve un billard et la façade de droite est entièrement vitrée nous permettant de voir le terrain de basket qui se trouve en dessous. Quelques enfants s'y amusent en ce moment même. Le brun part saluer et échanger quelques mots avec le serveur et la serveuse, me laissant seul, avant de m'emmener dans un recoin un peu à l'écart. Je lui en suis reconnaissant intérieurement. Je m'installe devant une table en bois ronde pour deux personnes, les fauteuils sont vraiment confortables et tapissé d'une peau de vache synthétique noire ou marron. Je m'assoie un peu voûté et regarde d'un air absent les enfants jouer. Il consulte la carte des boissons avant de me la passer. Je refuse poliment. Il me regarde d'un air de dire qu'on est là un peu pour ça. Je sors mon portefeuille qui fait la grimace quand je l'ouvre, il pose sa main dessus en me précisant qu'il m'invite. Je refuse d'autant plus avant qu'il ne me coupe d'un regard dans mon refus. Il me dit que je peux prendre ce que je veux mais que je devrais éviter l'alcool. Une vraie mère poule. Je suis toutefois ces conseils, n'étant pas non plus un gros buveur, je choisis un chocolat viennois. La serveuse vient prendre nos commandes peu de temps après. Elle me regarde avec un air compatissant comme si elle était au courant de ce qu'il s'est passé un peu plus tôt. Je jette un coup d'œil à mon voisin, il ne lui a pas dit quand même. Elle s'en va préparer nos boissons. Je me recroqueville sur mon fauteuil, un peu mal à l'aise. Je regarde à nouveau à travers la fenêtre. La serveuse revient quelques minutes après et dépose un milk-shake mangue vanille devant le brun et mon chocolat devant moi.
- C'est le meilleur réconfortant qui existe, me sourit-elle.
Elle tapote l'épaule de mon voisin avant qu'ils se croisent du regard et qu'elle ne parte en riant légèrement. Ses joues rosissent quelques peu et il tente de masquer ce phénomène en prenant une gorgée de sa boisson. Elle parlait de la boisson ou du brun ? Cette question en tête, je me saisis de ma tasse et happe doucement la chantilly qui recouvre mon chocolat chaud. La texture est vraiment onctueuse, on dirait du fait-maison. J'aspire le liquide à travers la paille, je le sens descendre à travers mon œsophage et me réchauffer tout doucement. C'est super bon. J'oublie pendant quelques temps ce qui m'entoure en finissant mon breuvage. Le serveur nous rejoint et entame une discussion avec le brun. Je m'en rends à peine compte trop plongé dans ma tasse. Je les coupe cependant.
- Excusez-moi, où se trouvent les toilettes ?
- Au fond, après le billard, me répond le serveur.
- Ça ira ? s'inquiète le brun.
- Oui.. merci, m'empourprais-je avant de filer en direction de la direction indiquée.
Je pousse la porte, elle reste en place. C'est toujours comme ça, ça ne m'étonne même plus à force. Je glisse mes doigts dans l'encoche et tire, elle ne s'ouvre pas non plus. Hein ? Ça ne m'était jamais arrivé encore. Si ce n'est pas dans un sens c'est forcément dans l'autre. Je recommence dans les deux sens plusieurs fois mais rien à faire, elle refuse obstinément de s'ouvrir. Je comprends après quelques secondes qu'il fallait simplement la faire coulisser à gauche. Je fais un sourire désabusé avant de m'engouffrer à l'intérieur et fais ce que j'ai à faire. Une fois finit, je me dirige vers le lavabo pour me laver les mains. Je fais face au miroir qui me reflète mon visage de cadavre fraîchement déterré. Je fais réellement peur. Mes cheveux blonds sont en bataille pour ne pas changer, mon teint est pâle et j'ai les yeux ternes. Un zombie dans la pleine force de l'âge. Je soupire tristement et me passe un peu d'eau sur le visage et essaie de discipliner mes cheveux, j'y renonce assez vite ne sachant pourquoi je fais ça. Je sors des cabinets et regarde l'endroit où se trouve… maintenant que j'y pense je ne sais même pas comment il s'appelle. Je le rejoins avec la vivacité d'une personne âgée et me rassoie avec autant d'énergie. Le serveur est reparti derrière son comptoir. Il a pratiquement fini sa boisson, j'en suis au même niveau.
- Tu veux en parler ? se lance-t-il en faisant référence à ce qui s'est passé un peu plus tôt.
Je regarde le contenu de ma tasse, c'est de la curiosité mal placé ou il s'inquiète vraiment ? La deuxième option me tente beaucoup plus évidement mais je ne veux pas me faire de faux espoirs.
- T'as faim ?
Hein ? C'est quoi ce changement de sujet ? Je le regarde intrigué et lui me fixe posément en attente de ma réponse. Il se montre aimable mais je ne voie pas du tout pourquoi. Un couple s'installe à une table derrière le brun et je les observe bien malgré moi. Ils ont l'air très amoureux et ma gorge se noue à leur vu.
- Tu veux qu'on aille autre part ?
Il l'a apparemment remarqué. J'hoche de la tête machinalement. Il se lève et je le suis comme un automate. Il règle nos boissons puis nous sortons. L'idée de lui fausser compagnie me passe par l'esprit après tout je ne le connais pas et puis je lui dois rien. Il m'a sauvé c'est vrai mais je lui ai rien demandé. Le serveur le rappelle, c'est parfait, je vais pouvoir m'enfuir.
OoOoOoOoOoO
Je passe devant une pharmacie et une idée me germe dans l'esprit. J'achète ce dont j'ai besoin avant de me diriger vers un plan des environs. Je trouve rapidement une rivière qui semble assez importante et est entouré d'arbres avec rien d'autre autour. Je m'y dirige et atteint l'endroit idéal après une bonne demi-heure de marche. Je suis en haut d'une cascade qui se déverse dans un mini lac avant que la rivière ne reprenne son chemin. J'observe les alentours et je suis vraiment seul au monde ce qui ne change pas tellement de d'habitude d'ailleurs. Je trouve ça dommage de salir un si beau paysage avec mon cadavre. J'espère que la rivière m'emportera loin. L'aide du brun me revient en tête mais elle n'aura servi à rien. J'ouvre la boite de somnifère et lit le nombre qu'il faut en prendre. Un est largement suffisant pour simplement s'endormir mais pour un repos définitif je ferais mieux d'en prendre deux. Je m'avance dans l'eau et m'accroche à un rocher pour ne pas me faire entraîner vers la chute. Du moins pas tout de suite. Malgré ce début d'été, l'eau est plutôt fraîche étant entouré de grands arbres qui étendent leurs ombres sur toutes la zone. J'avale rapidement mes cachets et attend que l'effet se fasse ressentir. Je sens mes muscles s'engourdir, à cause de l'eau ou des cachets je ne saurais jamais et mes paupières se fermer lentement. Je les ferme et je lâche tout sentant l'eau m'emporter. J'entends le fracas de la cascade et je sens mon corps basculer dans le vide juste avant de sombrer. Définitivement.
OoOoOoOoOoO
Et voilà sur cette fin des plus joyeuse nous nous quittons et je vous dit à bientôt pour le prochain chapitre =)
