ULTIME PARTIE

J'aime.

Il m'est impossible de me l'avouer, pourtant, pour chaque mot qu'elle prononce : « Vous m'aimez » je ne trouve rien à redire. L'idée ne me vient même pas à l'esprit de nier, car c'est une évidence qui me paraît si surréaliste, que la contredire reviendrait à la trouver réalisable.

J'aime. Une inconnue.

Une inconnue belle et indéfinissable. Instable, peut-être. Folle, sûrement, mais magnifique dans sa sa démesure. Démasquée, elle a presque poser le canon de son arme sur mon front et sourit à présent. Je ne peux plus répondre.

J'aime une inconnue qui souhaite ma mort.

Quelques instants plus tôt, je l'imaginais pleurer en tombant à mes pieds, sanglotant des excuses et de douces paroles où elle m'avouerait que son amour est plus fort que sa colère. Elle me pardonnerais, et malgré ce que j'ai pu lui dire, je l'aimerais autant en danseuses frivole, qu'en timide pianiste. Alors je pardonnerais, oui, moi aussi.

Mais que penser, à présent que vibrait dans ses yeux la colère suffisante pour mettre en action sa volonté ? « Je sais, que vous m'aimez. » A-t-elle dit ? Malheureusement, elle a raison. Je crois que je l'aime, et c'est fou, car elle dit vrai. Plus elle me hait, plus je l'aime et admire sa force. M'aime-t-elle ?... Non, car c'est précisément pour cela que je l'adore. Mais n'est-ce pas aussi parce que je l'aime qu'elle doute ? Ce cercle vicieux ne saurait-il trouvé une fin agréable et douce ?

« J'ai bien essayé d'autres moyens, de vous faire souffrir... »

Soupire-t-elle.

« Mais vous n'avez plus de famille, ni de véritables amis... Tout le monde sait que vous êtes associable et c'est justement un choix que vous avez fait pour vous protéger... Alors, j'ai commencé par la personne la plus proche de vous malgré tout : votre fiancée. Mais cela n'a pas fait tellement d'effet... Mais que pensez-vous d'aimer la personne qui a tué la personne qui vous aimait ? Personnellement, je trouve ça simplement génial. »

« Comment ? Elizabeth ? »

« Exact ! Je suis sincèrement désolée... Si j'avais su que c'était inutile à ce point, je ne l'aurais sûrement pas tuée... vous comprenez ? »

« Comment... »

Je recule, complètement dévasté par la nouvelle.

J'aime. Une inconnue. Voulant me tuer. Et ayant tué ma fiancée ?

Je ne devrais pas l'aimer. Je le sais à présent, mais le mal est déjà fait, et je ne parviens pas à m'en détacher. Je l'aime, mais elle me glace de terreur. Elle sourit, elle est merveilleuse. Je ne suis pas en colère contre elle, je peux presque voir la logique dans sa folie. Oui, cette femme est folle, et c'est ce qui la rend si séduisante, si redoutable !... Me tuer est trop facile, alors elle veut me faire culpabiliser... Elle y arrive.

Le souvenir de Liz me revient, il me hante à nouveau. Elle était forte, elle aussi, mais d'une tout autre manière. Elle cachait sa puissance, alors que Jane, elle, me la montre, me la prouve. C'est sûrement ce qui m'intrigue chez elle. Je n'ai jamais aimé Liz... Je ne l'ai toujours vue que comme une grande amie, une fille gentille que je devais protéger. Dire que je l'ai aimé serait mentir. Mais oui, je m'en veut qu'elle soit morte, car c'est parce qu'elle était ma fiancée que Jane l'a tuée...

« Peut-être cela vous dégoûte-t-il assez pour me détester ? »

La détester ? Cette femme possède un génie diabolique. Une volonté incroyable. Comment l'aimer ? Comment ne pas la détester ? Son regard est toujours aussi intense. Ses cheveux entourent son visage qui se moque de moi. Ses yeux sont voilés par sa démence, les éclairs de sa fureur. Elle rit presque, et j'ai du mal à la suivre. Pourtant, elle garde en elle ce qui la rend si superbe. Cette chose qui me ressemble tellement et qui me permet de la comprendre. Elle est folle, oui, mais cela ne l'empêche pas d'être terriblement intelligente. Nous sommes pareil.

« Je n'y arrive pas. »

Je répond finalement.

« Elle comptait si peu pour vous ? »

S'indigne-t-elle.

« Non, ne vous méprenez pas. Mais je vous ai pris votre frère. Vous m'avez pris mon amie... Ne sommes-nous pas quitte dans cette histoire ? Alors baissez votre arme. »

« J'aimais mon frère ! Vous, vous n'aviez que faire de cette fille ! Comprenez-vous qu'elle est morte à cause de vous et pour rien, en plus ? »

« Je le comprend, vous avez raison : je souffre. Mais je comprend aussi votre geste, et vos regards me font oublier la douleur. C'est pourquoi je vous pardonne ! Arrêtons-nous, là ! »

« Ne prenez pas ce ton compatissant avec moi ! Il ne vous mènera à rien ! Comme toujours vous mentez ! On ne pardonne pas la mort de quelqu'un ! Tout comme je ne vous pardonnerais jamais d'avoir tué mon frère ! »

Elle tire.

Sa voix explose de haine, son regard brille de larmes. Mais elle ne pleure pas pour moi. C'est en pensant à son frère que la tristesse lui est montée aux yeux. L'aimait-elle à se point ? J'en suis presque jaloux. L'arme est si proche que je peux voir sa main qui ne tremble pas viser le milieu de mon front. Je l'aime, plus de doute et cet unique et dernier amour ne me sera jamais rendu. Mais j'ai peur, que dis-je, je ne veux pas mourir ! Je vivrais, et je l'aimerais jusqu'à ce qu'elle m'aime à son tour !

Non. Je ne peux pas lui donner mon âme maintenant alors que je viens à peine de la rencontrer.

« Sebastian ! »

Lorsque je reprend mes esprits, je suis allongé par terre. Devant moi, se tient la silhouette de Sebatian, tout habillé de noir. Le vent fait voler son costume en queue de pie. Il me jette un regard par dessus son épaule.

« Yes my lord. »

Murmure-t-il en baissant les yeux.

Je me relève sans son aide alors qu'il reste immobile devant moi. Une fois levé, il se tourne, le regard sombre.

« Vous avez été trop imprudent. Vous devriez entrer à présent et convier les invités à rentrer chez eux. »

« Où est Jane ? »

Ai-je demandé en fronçant les sourcils, le repoussant pour qu'il me laisse passer. Je me fiche du bal, de la soirée et des invités. Je me fiche même d'avoir faillit mourir. Je ne pense qu'à elle, et un terrible mal aise s'empare de moi. Je sais que quelque chose ne va pas, que cette nuit, tout s'est brisé.

C'est alors que j'ai vu, derrière lui, la jeune femme étendue sur le sol, le regard vide levé vers le ciel. Les tissus de sa robe rougie cache ses jambes pliées, j'aurais cru voir une poupée d'ivoire, sa peau plus pâle qu'elle ne l'était auparavant. Ses yeux sont vitreux, et ses cheveux ondulés forment une couronne désordonnées autour de sa tête. Un filet de sang coule le long de ses lèvres puis glisse sur son cou de porcelaine. Elle tient dans sa main posé le pistolet encore fumant.

Sa main... Si fine et toujours si gracieuse. Glaciale à présent.

« Qu'est-ce que tu as fait ? »

Je demande d'une voix faible, cachant mes tremblements, immobile devant le corps figé et sans vie de l'inconnue. Je me retiens de hurler : je suis le comte de Phantomhive.

« Ce que vous m'avez demandé, monsieur. »

Ose-t-il répondre.

« Je ne t'ai jamais dis de la tuer. »

Je rétorque avec froideur, toujours sans bouger mon corps ni mon regard fixé sur le cadavre.

« C'est elle qui a tué votre fiancée, et elle a essayé de vous tuer vous aussi. Elle ne se serait pas laissée faire. J'ai donc jugé... »

Ma main frappe sa joue glacée de monstre d'un geste violent et mesuré, ne lui laissant pas la possibilité de terminer sa phrase. Il détourne le regard, le visage de profil, fixe l'herbe sombre. Du sang coule de ses lèvres, la marque de ma bague s'est incrustée sur son visage pâle. Je fais sa taille à présent. Je reste calme.

« Je ne suis plus un enfant. Je ne t'ai pas dis de la tuer, alors tu ne devais pas la tuer. Ton devoir est de me protéger, pas de choisir à ma place. Cache le corps, on lui offrira des funérailles dignes de ce nom et on l'enterrera ici, dans le jardin du manoir. »

« Yes my lord. »

« Personne ne devra savoir pourquoi elle est morte, ni comment, ni que c'est elle qui a tué Liz. »

« Yes my lord. »

« C'est la dernière fois que j'accepterais une erreur comme celle-là de ta part, Sebastian. »

« Yes my lord. »

« Renvois les invités. Je vais me coucher. »

Dis-je en me tournant pour continuer mon chemin vers le manoir.

Le vent de la nuit m'entoure alors de ses bras de glace. J'avance, droit et fier. L'esprit vidé de toute pensée. La main que j'ai usée pour punir cet imbécile me fait mal.

Le cœur que j'ai usé pour aimer cette femme me fait mal.

FIN


Voilà, c'est déjà la fin de cette aventure... Je vous l'ai dis que cette fiction serait courte ! Mais au moins, comme ça, c'est sûr qu'elle trouve une fin ! :D

Pour ceux qui se poserait la question de pourquoi le dernier chapitre est écrit avec le ''je'' de ciel, je répondrais que c'est parce que je trouvais que de vraiment marquer la fin par le point de vue de Ciel serait une bonne façon de conclure l'histoire afin de tout le monde soit sûr de comprendre les véritables sentiments qu'il éprouve ! Et aussi parce que finalement, c'est lui le ''héros'' de cette histoire ! Comme je l'ai dit pour le chapitre précédent, ces deux derniers chapitres ont été de véritables casse-tête, notamment, et surtout, pour les dialogue ! Car il n'y a presque que ça en fait ! J'avais peur que ce soit trop tiré par les cheveux qu'il excuse trop vite Jane, et de na pas avoir assez montré sa détresse à la fin. Bref, j'avais peur d'en faire trop et de ne pas en dire assez ! Mais je suis plutôt fière de la toute fin !

Donnez-moi vos impression ! Êtes-vous déçus, contents, dubitatifs ? et si vous avez des questions n'hésitez pas à me contacter ! Voudriez-vous que je continue les fan fictions de ce genre autour de l'univers de Black Butler ? Et surtout : ALLEZ LIRE MES AUTRES HISTOIRES !

FERNESS EMEY