Bonjour tout le monde ! Je suis heureuse de vous retrouver pour ce troisième chapitre de Comment séduire Dean Winchester en douze leçons. J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents !

Je tiens une fois de plus à remercier tous mes lecteurs, qu'ils soient anonymes ou pas. Merci pour vos reviews, merci pour vos mises en favoris, merci pour vos follows. Ce chapitre est pour vous.

Au programme aujourd'hui : la leçon numéro deux, ses réussites et ses catastrophes. Bref, ça va swinguer !

N'hésitez pas à laisser une review, surtout pas, chers lecteurs. Ce chapitre m'a laissé quelques doutes mais il me semble qu'il est nécessaire pour faire avancer les choses. Bon, en fait, je l'affirme, et comme c'est moi l'auteur, vous hochez la tête sagement, vous dites « oui madame vous avez raison », et vous lisez. ^^

Plus sérieusement, je vous souhaite à tous une bonne lecture, et à très vite pour le chapitre 4 !


Chapitre 3

Leçon n°2 : Désirer tu te laisseras

Castiel avait été plutôt très satisfait des résultats obtenus lors de l'application de la première leçon du magazine.

La leçon numéro une avait visiblement porté ses fruits. Dean avait voulu que l'ange le regarde. Il avait été incapable de répondre à la question de Sam. C'était un premier pas. Le chemin était encore long, mais pas impossible à parcourir.

Devant le succès de la leçon numéro une, Castiel avait décidé d'appliquer le plus vite possible la numéro deux.

En fait, après avoir lu l'article pour la première fois, il avait cru qu'il fallait tout appliquer en même temps, mais s'était vite rendu à l'évidence : c'était impossible. On ne pouvait pas être à la fois proche, distant, spirituel, souriant, élégant, naturel, attentif, drôle, ouvert et ainsi de suite, en même temps.

Ou alors, les femmes étaient certainement les créatures les plus puissantes de la Création.

Oui, mais lui était un ange. Dans un corps d'homme qui plus était.

Et il voulait séduire Dean Winchester. Ce qui signifiait qu'il ne prendrait certainement pas le risque de faire n'importe quoi. Il devait soigner tous les détails. De toute façon, il avait obtenu un résultat avec une méthode étape par étape, ce qui tendait à signifier qu'il ne se débrouillait pas si mal que ça.

Castiel avait ainsi travaillé consciencieusement le conseil numéro deux.

Qui n'a jamais entendu parler du proverbe « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis » ?

- Moi, avait commenté l'ange à haute voix.

Heureusement, il avait de la chance pour une fois, le proverbe n'était pas aussi incompréhensible qu'il aurait pu l'être.

La distance instaure l'attirance, c'est bien connu.

C'était pourtant en fréquentant Dean de plus en plus assidûment que Castiel était tombé amoureux de lui, mais l'ange n'osa pas contredire le magazine (de toute façon ce n'était pas comme s'il pouvait lui répondre, non plus. Ce que l'ange déplorait quelque peu. Une conversation franche et directe avec Cosmopolitan lui aurait assurément été utile).

Eloignez-vous un peu de votre homme, et le manque de vous se fera vite sentir chez lui. N'en abusez toutefois pas trop !

C'était précisément dans ce genre de circonstances que Castiel aurait apprécié que le magazine fût vivant.

Comment savoir s'il faisait « trop » ou « pas assez » ? Comment quantifiait-on le « trop », comment reconnaissait-on le « pas assez » ?

Et d'ailleurs, comment était-il censé constater le « manque de lui » chez Dean ?

D'un autre côté, c'était peut-être un article spécialement sur Dean qu'il lui faudrait pour répondre à ces questions. Si l'ange ne possédait pas le septième sens (parce que les anges en possédaient six à la base, c'est bien connu) lui permettant de déduire le « trop » et le « pas assez », celui de Dean était lui exacerbé – presque déréglé, en fait. Le chasseur voyait toujours les extrêmes et réagissait de la même manière – attitude qui laissait Castiel vraiment très précautionneux, car l'ange craignait de faire quelque chose de travers dans sa démarche de séduction, et il ignorait quoi au juste serait considéré par Dean comme inconvenant.

Cette progression à tâtons le ralentissait un peu, mais Castiel ne souhaitait courir aucun risque.

Par exemple, au lieu de vous jeter sur votre téléphone dès la première sonnerie lorsque c'est lui qui vous appelle, laissez passer quelques sonneries. Il s'inquiétera pour vous, s'ennuiera de votre voix, et sera heureux et soulagé lorsque vous lui répondrez.

Castiel avait très bien retenu la leçon.

Après tout, les sonneries ou les prières, en ce qui le concernait, c'était équivalent, non ?

- Hey, Cas', ramène-toi !

Non, il ne répondrait pas à Dean. Il devait le faire attendre. Tant pis s'il mourrait d'envie d'apparaître immédiatement à ses côtés.

Une pause.

- Cas' ? Tu peux ramener tes miches s'il te plaît ?

Oh, de la politesse. Castiel en fut impressionné. Le magazine avait raison. Dean devait s'ennuyer de lui pour être aussi poli ! Il se mit à sourire, ravi.

Il tenta d'ignorer l'étrange pincement au cœur qui le prenait à la voix de Dean qui demeurait sans réponse.

- Caaaaaaaaas' ? T'es où ?

Un peu de perplexité dans la voix du chasseur, à présent.

- Castiel ? Cas' ? Pourquoi tu viens pas ?

Serait-ce de l'inquiétude ?

- Cas' ? Qu'est-ce qui se passe ?

Castiel se sentit sourire de plus belle, bien que vaguement gêné - pourquoi ?

- CAAAAAAAAAAS' !

De la colère, enfin. Castiel en conclut que Dean devait être à la fois inquiet et impatient.

Il pouvait donc se matérialiser.

- Hello, Dean, dit-il en contenant un sourire, tandis qu'il apparaissait dans la chambre de motel.

Il n'avait pas dit ces mots qu'il se fit happer par un Dean furieux qui le secoua, les yeux exorbités et brillants.

- Cas' ! Putain où t'étais ? Pourquoi tu répondais pas ? Cas' ? Est-ce que tu vas bien ?

L'ange sentit une onde de chaleur frémir dans son corps mortel. C'était agréable que Dean se soucie de lui. Si rare. Si agréable.

- Je vais très bien, Dean, le rassura-t-il.

Le visage de Dean devint étrangement rouge.

- Mais… mais… mais, balbutia-t-il, à court de mots, tu réponds tout le temps ! Et là tu répondais pas ! J'étais…

Inquiet ? songea Castiel, mais Dean s'interrompit brusquement.

- Je pensais qu'il t'était arrivé une merde, moi !

Dites-lui que vous étiez occupée. Il sera vexé de ne pas être votre occupation principale (fierté masculine, mes chéries !) et fera tout pour être au centre de vos préoccupations.

- Je… j'étais occupé, rétorqua Castiel. Quelque chose d'important.

Quelque chose se fana sur le visage de Dean, qui le lâcha d'un air froid.

- Ah. Eh ben… le jour où je clamserai dans un coin parce que tu étais occupé, j'serais pas étonné.

Castiel sentit la tristesse faire vibrer sa grâce.

Quel idiot il avait été. Il avait appliqué le conseil du magazine sans penser une seule seconde à quel point cela pouvait être cruel envers Dean. Il s'en voulait, à présent. Comment avait-il pu faire ça à Dean ? Comment avait-il pu être aussi horrible ? La culpabilité enflamma sa grâce avec la vitesse et la puissante d'une météorite destructrice. Qu'avait-il fait ?

Toutefois, rien ne l'avait jamais laissé penser une seule seconde que Dean eût pu être un jour inquiet pour lui. Le chasseur n'agissait jamais de cette manière à l'égard de l'ange. Bien au contraire. Il était plutôt du genre indifférent et insensible envers lui.

Castiel comprit alors pleinement ce que c'était que d'être humain : souffrir des paradoxes toute sa vie sans jamais pouvoir adopter soit l'un, soit l'autre des sentiments qu'il ressentait. Non, décidément, il ne pouvait ni renoncer au froid fulgurant qui saisissait son corps et ses ailes à la pensée d'avoir fait souffrir Dean, ni à la douce chaleur que faisait naître en lui l'idée que Dean s'inquiétait.

- C'était exceptionnel, assura-t-il, parce qu'il ne pouvait tout simplement pas faire croire à Dean qu'il comptait moins que d'autres obscures prétentions. Ça ne se reproduira plus.

Le visage du chasseur s'éclaira, même s'il tenta de dissimuler le sourire qui lui montait aux lèvres par une toux intempestive.

- Ouais. Enfin, euh, je t'appelais pour te parler de…

Mais si votre Apollon surréagit, soyez heureuse : vous lui plaisez.

La chaleur envahit définitivement tout le corps de Castiel.


Castiel avait été ravi de la tournure prise lors de l'application du début de la leçon deux. En vérité, peut-être aurait-il pu mieux l'appliquer que ce qu'il avait fait. Il aurait probablement dû être plus distant, ne pas promettre à Dean que ce serait la seule fois que cela arriverait, peut-être, oui. Mais voir la… non, pas la peine, mais… la douleur sur le visage de Dean avait été au-dessus de ses forces. Oh, comme il s'agissait de Dean Winchester, ça ne se voyait pas, mais Castiel connaissait son protégé et savait lire ce qu'il cachait. Il n'avait pas pu laisser souffrir Dean.

Tout en se réjouissant très égoïstement de ce que visiblement, sa cause n'était pas si perdue qu'elle semblait l'être.

S'il se fiait au magazine, il plaisait à Dean. Oh, Castiel n'était pas assez stupide pour confondre ce sentiment avec de l'amour que le chasseur aurait pu éventuellement ressentir, mais c'était là un début.

La méthode ayant fait ses preuves, Castiel décida de continuer de suivre à la lettre les conseils donnés par le magazine.

Pour être tout à fait honnête, l'ange n'avait pas achevé tout ce qu'on lui indiquait de faire dans la leçon numéro deux.

A sa décharge, ce n'était ni un manque de volonté de sa part ni même un laisser-aller quelconque, mais bien une incapacité à agir ainsi.

La revue conseillait de ne pas accepter systématiquement les rendez-vous proposés par l'Elu De Votre Cœur. (Castiel hésitait encore quant à la signification des majuscules employées. Plus exactement, beaucoup d'expressions le laissaient éminemment perplexe dans cette chose étrange qu'était Cosmopolitan. Pourquoi l'appelait-on « ma chérie » ou surnommait-on Dean « l'Apollon », « l'Adonis » ou même « le Super Beau Gosse », c'était un mystère. Quand l'ange avait demandé des explications à Sam, il n'avait eu pour seule explication qu'une admirable chorégraphie de sourcils qui trahissait, Castiel le craignait, à la fois de l'incrédulité et de la moquerie. Le dictionnaire n'avait pas été plus utile. Visiblement, les mots du même acabit que « votre choupinou » n'existaient pas dans la langue anglaise. Etrange.)

Donc, il était conseillé de repousser un ou deux rendez-vous sous le prétexte de « je pars en camping avec mes amis » ou quelque chose de similaire. Le problème qui se posait était que Castiel n'avait désormais plus comme amis que les Winchester et leurs connaissances, ce qui compliquait la chose. Sans compter que Dean ne lui fixait pas forcément de rendez-vous. Soit il avait besoin de l'ange, soit ce dernier apparaissait selon son plaisir. Encore une chose à laquelle l'ange comptait remédier. Bientôt, très bientôt, Dean voudrait de lui tous les jours et toutes les heures que Père faisait, et ne pourrait plus se passer de lui… Du moins, l'ange l'espérait ardemment.

En tous les cas, il lui était impossible d'appliquer ce bon conseil.

Il avait essayé d'être « distant durant les conversations, un peu distrait » comme le suggérait la revue, mais la tâche s'était révélée être impossible.

Moins il parlait à Dean, plus ce dernier s'impliquait dans la conversation – chose qui réjouissait le séraphin, en fait.

Le problème, c'était que Sam aussi s'impliquait encore plus.

Or Castiel ne pouvait être distant envers Sam, pour une très bonne raison. Le chasseur aurait pu très mal interpréter les signes. Et Castiel ne souhaitait pas courir le risque que ce soit le mauvais frère qui lui fasse des avances.

Non seulement parce que cela éliminerait à jamais ses chances avec l'aîné, mais aussi parce que l'ange ne voulait certainement pas être poursuivi par un Sam Winchester enamouré et prêt à tout pour le séduire. L'ange éprouvait encore un frisson de dégoût rien que d'y penser. Père.

Non qu'il n'aimait pas Sam, au contraire, mais pas jusqu'au point de vouloir une relation amoureuse avec lui. Certainement pas.

Castiel avait donc résolu de passer à la leçon numéro trois, estimant que de toute façon, ce conseil avait déjà fait ses preuves. A présent, Dean souhaitait avoir son attention. C'était déjà extraordinairement beau, et l'ange avait encore du mal à y croire.

Il avait simplement oublié un tout petit détail.

Petit détail qui consistait en ce que, lorsque vous renoncez à faire quelque chose par principe, l'Univers vous pousse à le faire tout de même à un moment ou à un autre, et ce, dans les pires circonstances possibles – Dean avait un jour appelé ça la « loi de Murphy ». Un humain avisé, sûrement, ce Murphy. Presque clairvoyant.

Le magazine avait précisé que

Vous devez vous faire la plus mystérieuse possible, susciter la curiosité chez votre homme, qu'il ait envie d'en savoir plus. Avoir ses petits secrets, ça a du charme !

Castiel, indéniablement, en eut l'occasion.

Cela se présenta un soir dans un diner quelconque, alors qu'ils avaient fini de manger – l'ange ayant décidé de partager le repas des deux frères – et qu'ils se levaient de table pour repartir vers le cimetière de la ville.

Ce fut à ce moment-là que Sam trébucha contre le pied de la table, et, par un pur réflexe humain que Castiel ne pouvait pas lui reprocher, se rattrapa à ce qu'il put. A savoir, le trench-coat de l'ange. Dans lequel son propriétaire, estimant que personne ne viendrait y fouiller et qu'ainsi il pouvait avoir son cher outil à disposition, avait logé son exemplaire de Cosmopolitan. Qui, évidemment, tomba à terre.

Le magazine aurait pu tomber au sol en révélant sa couverture – ce qui aurait été problématique, mais pas irrattrapable. Ce ne fut pas le cas – et Castiel se maudit presque de l'avoir espéré. Non, le magazine s'ouvrit sur un article assez spécial dont Castiel ignorait l'existence. Il connaissait peu de choses de l'humanité, mais ça, grâce à Dean qui le lui avait expliqué un jour de façon exhaustive, il savait en quoi cela consistait et ce que cela impliquait. Hélas.

Un article sur l'épilation du maillot était la pire chose qui pouvait arriver à la vue des deux frères.

Sam ouvrit grand les yeux, Dean ouvrit grand la bouche, et Castiel se fit tout petit. Non. Ça ne pouvait pas lui être arrivé. Pas ça. Impossible.

Dean allait se moquer de lui pendant les vingt prochaines années. Son plan de séduction était fichu.

Dean, lentement, se baissa et ramassa le magazine. Sans mot dire – mais en retenant un rire qui menaçait d'être assez impressionnant en puissance et en durée –, il feuilleta les pages suivantes du magazine. Une rubrique sur la meilleure façon de se faire une « french manucure » aux orteils (Père, qu'est-ce que c'était que ça ?). Une autre sur les raisons pour lesquelles un certain Robert Downey Jr. était aussi sexy. Une sur les derniers produits Hello Kitty ou Père sait quoi à la mode. Une dernière sur les parfums les plus tendances de la saison.

Visiblement, vu la tête des deux frères, ça n'aurait pas pu être pire. Castiel comprit immédiatement que, quoi que tout cela signifiât, ses rêves s'éloignaient inexorablement face à l'humiliation certaine qu'il était en train de subir.

Non, que Dean voie l'article qui le concernait, ça aurait été trop facile.

Lentement, Dean releva la tête vers Castiel, en se mordant les joues pour ne pas éclater de rire.

- Cas'. Pourquoi est-ce que tu trimballes ça sur toi ?

Ce fut alors l'instant où Castiel perdit tout son sang-froid, pour une inexplicable raison. Tout ce qu'il voulait, c'était s'en aller, et vite, et que Dean et Sam oublient ça, encore plus vite.

Il arracha le magazine des mains de Dean et, mortifié sans vraiment savoir pourquoi, il s'exclama d'une voix étranglée :

- Tu n'as pas à le savoir, Dean ! C'est un secret !

Ce qui, selon le point de vue de l'ange, était parfaitement exact.

Castiel vit juste la mine stupéfaite de Dean avant de s'envoler promptement.

Puis de s'arrêter au beau milieu de nulle part, quelque part sur le bas-côté d'une quelconque route, et, dans un réflexe très humain, de se passer une main sur son front transpirant à grosses gouttes.

L'article conseillait de susciter la curiosité de Dean. Eh bien, hélas ! c'était fait.

A suivre !