Ayo le monde !
Voici donc la suite, navrée de vous avoir fait attendre aussi longtemps ! Surtout si on considère que j'ai écrit, corrigé et donc intégralement terminé les 7 premiers chapitres hmmrrr bref... (Bon, certains chap's seront quand même un peu plus court que le premier, qui était un peu... Gros).
Du coup je vais essayer de vous sortir au minimum un chapitre par semaine ! Merci de me liiire !
Love !
L'univers et la plupart des personnages de ce texte appartiennent à la fabuleuse Sophie-Audouin-Mamikonien. J'ai essayé de reprendre la trame principal de ses livres, notamment pour faire coïncider ce tome avec la suite de son tome 9. L'intrigue de cette histoire est cependant de moi.
Chapitre 2 : Les Dragons... Ou comment envahir un Empire en 10 leçons.
Lorsque Fafnir revînt enfin, accompagnée du chaman et de Sylver, elle retrouva Moineau, seule dans la suite de Tara, profondément endormie.
Elle secoua sans ménagement son amie qui ouvrit un oeil vitreux.
- Quesquispasse ? Marmonna la jeune fille sans comprendre.
- Où sont passés Cal et Tara ? La pressa Sylver, légèrement inquiet.
- Cal et Tara... Oh non ! Je me suis endormie... ils étaient seuls !
La naine rousse fronça les sourcils et jeta un coup d'oeil perplexe à la suite.
- Et Robin ? Mara ? Fabrice ? Ils sont passés où ?
La jeune fille rougit, peu désireuse d'expliquer comment elle avait "viré" ses amis de la chambre. Mais de toute manière, ce qui l'inquiétait le plus pour l'instant, c'était la brusque disparition des deux adolescents, elle s'expliquerait plus tard.
- Cela fait longtemps que vous êtes partis ? Demanda-t-elle à Sylver qui fit non de la tête.
- A peine quelques minutes... Confirma Fafnir.
- Dans ce cas ils ne peuvent pas être bien loin ! On doit les retrouver ! On n'a aucune idée de ce dont ils sont capables dans cet état !
Le regard de la douce Moineau se posa sur le T-shirt de Tara et le jean de Cal... ça c'était sûr, ils ne savaient pas du tout ce dont étaient capables les deux drogués.
Se mordant les lèvres d'anxiété, elle tenta de joindre les autres membre du Magicgang.
L'image de Fabrice apparut dans sa boule de cristal, le jeune homme regardait avec méfiance le visage de Moineau, il semblait se demander si elle ne l'appelait pas juste pour continuer à l'insulter.
- Fabrice ! Nous avons perdu Cal et Tara, fouille la partie Est du Palais, nous nous chargeons du reste !
Et sans lui laisser le temps de répondre elle raccrocha, tentant déjà de joindre Robin. Elle lui fit passer le même message, lui et Mara se chargeaient de fouiller le secteur Ouest.
- Fafnir et Sylver, allez au Sud. Chaman, vous viendrez avec moi au Nord. Ordonna-t-elle immédiatement.
Tous s'exécutèrent. Ils devaient impérativement retrouvé l'Impératrice et leur ami Voleur. Ils étaient peut-être en danger. Voire pire.
Le chaman et la jeune brune se précipitèrent dans les couloirs, fouillant chaque pièce, provoquant parfois des hurlements hystériques de la part des courtisans qui regardaient leur porte voler en éclat sans bien comprendre pourquoi on entrait subitement chez eux.
- Je ne comprends pas, ça fait déjà une demi-heure qu'on cherches partout et toujours rien ! Pourtant, ils ne devraient pas être bien discrets ! S'énerva Moineau après être retournée au point de départ, bredouille.
- C'est vrai que c'est étrange, il faudrait alerter toute la ville, ils ont peut-être déjà quitté l'enceinte du palais, proposa Oiseau de Nuit, le Chaman en s'arrêtant contre un mur, épuisé lui aussi.
Moineau se mordit les ongles, elle s'en voulait d'avoir laissé filer les deux amis, il aurait pu leur arriver n'importe quoi. Quand les autres seront que c'est de sa faute, elle se fera lyncher !
- Je suis désolée Damoiselle, mais je dois retourner à l'Infirmerie du Palais. Jar, le jeune frère de notre Impératrice a été attaqué tout à l'heure par un Draco-Tyrannosaure, il a été placé en coma provisoire, je dois retourner m'occuper de lui.
- Bien... Je vais me débrouiller, merci, souffla Moineau, désespérée.
Seule au milieu de l'immense couloir doré, elle regardait le dos du Chaman qui s'éloignait déjà.
Soudain une idée la frappa. Elle faillit tomber à la renverse tant son cerveau se mit à bouillir.
Elle venait de comprendre.
Enfin.
Mais peut-être trop tard.
Car soudain, tout se mettait en place... Lisbeth, Sandor, Tara, Jar... En une seule journée, tous les principaux dirigeants d'Omois avait été "neutralisés". Tout cela s'était passé sous leur nez et ils n'avaient rien vu. C'était si subtil que personne n'avait compris ce qui se passait...
- C'est un coup d'Etat... Murmura la jeune fille dans un souffle, parcourue de frissons.
Comme en transe, Moineau ferma les yeux, son cerveau lui renvoyait un tas d'images, d'informations, elle vacilla sous le choc. Tout ce qu'elle avait lu sur les prises de pouvoir, les coups d'Etats, lui revenait en mémoire. C'était ça. Cela ne faisait plus aucun doute. Mais alors qui s'apprêtait à prendre les reines d'Omois ?
L'image de Mara s'imposa à elle... La jeune fille était en danger. Ils étaient tous en danger. Elle devait agir, et vite !
Elle sortit sa boule de Cristal à toute vitesse. Sans même y réfléchir, elle composa le numéro de Robin, le visage de l'elfe lui apparut aussitôt. Elle faillit s'évanouir de soulagement lorsqu'elle vit la tête de Mara derrière l'épaule de Robin. La jeune fille était saine et sauve.
- Robin ! Hurla Moineau. Mara est en danger, cache-là ! Omois est en train de vivre un coup d'Etat !
Au même moment, un hurlement lui parvint. La communication avec Robin fut coupée. Le coeur battant, Moineau contempla sa boule de Cristal.
Et ce n'était que le début.
Au même moment, une alarme retentit. Assourdissante. La jolie Moineau se boucha les oreilles. Un violent mal de crâne pointait déjà le bout de son nez.
Une voix terrifiante, glaciale retentit dans tout le palais.
- Chers Omoisiens, un nouveau maître est sur le trône. Je vous invite à allez lui rendre les honneurs dû à son rang. Maintenant.
Chaque mot était comme une lame d'acier. Les sons couraient sur la surface des murs, rampant du sol au plafond, emplissant tout l'espace.
Moineau tressaillit. L'horrible voix semblait raisonner jusque dans ses os.
Lorsqu'elle entendit ces mots se graver dans sa tête, elle se sentit souillée, violée.
Elle se secoua un peu, comme pour se débarrasser du terrible ordre qui cognait ses tempes.
Un nouveau maître...
Maintenant...
Mécaniquement, elle se dirigea vers la salle du trône. Elle rejoignit une vague de courtisans qui, hébétés, se rendaient eux aussi dans le même sens qu'elle.
Le flot de personnes grossit encore, ils se dirigeaient tous vers les immenses portes d'or qui gardaient l'entrée de la salle du trône.
Le bruit de leurs pas n'était qu'un bruissement, leurs chuchotements paniqués étaient semblables au souffle du vent.
En chemin la jeune fille ne croisa ni Robin, ni Fabrice, ni Fafnir, ni Syler et ni Mara. Elle se sentait seule, perdue, mais aussi oppressée. Son coeur battait contre sa poitrine comme un oiseau fou. La jeune fille était fébrile. Elle se doutait bien que ce qu'elle allait voir serait terrible, mais mue par une force invisible, elle continuait d'avancer.
Dans un sens, elle ne fut pas déçue. Lorsqu'elle passa les immenses portes d'or, elle aperçut au loin, sur l'immense trône d'Or, un gigantesque Dragon d'une blancheur aveuglante.
C'était un majestueux reptile avec des prunelles fendues comme les chats, d'une intense couleur rouge, comme de la lave incandescente. Et de gigantesques crocs blancs qui ornaient une mâchoire puissamment dangereuse.
La créature eut un rire gutturale qui donna à la jeune Moineau la chair de poule.
-Peuples d'AutreMonde ! Inclinez-vous devant la puissance. Chérissez mon Image. Adorez mon Reigne. Admirez ma Grandeur. Citoyens d'Omois, aujourd'hui agenouillez-vous devant la Suprématie de ma race. Où sinon je vous ferais tous mourir. Tous. Je n'épargnerais ni les femmes ni les enfants. Je vous exterminerais jusqu'au dernier si vous osez un jour me défier. Apprenez à me craindre. Et commencez dès maintenant !
Le Dragon se pencha vers la foule qui frémit, tous s'inclinèrent. Vaincus par leur peur.
L'immense reptile se déplaça légèrement, d'un mouvement fluide, inquiétant. Celui d'un serpent qui s'apprêtait à mordre.
A nouveau un rire s'échappa de sa bouche ornée de dents tranchantes comme des lames de rasoirs.
Un jet de magie tout aussi blanc que ses écailles fusa et frappa le plafond de la salle. Des hurlements se firent entendre. Des cris d'angoisses. Et ils provenaient du plafond, là où le trait de magie avait frappé.
Lentement, comme dans un mauvais film d'horreur, une sorte de grande cage sembla descendre de la voute. Les plaintes semblaient se rapprocher.
Moineau se sentit trembler et elle plissa les paupières pour tenter de voir ce qui descendait vers eux.
Tous l'imitèrent, le cou tendu pour essayer d'apercevoir ce qui se passait là-haut, au-dessus de leur tête.
L'immense Dragon immaculé, lui, regardait paresseusement la cage descendre, l'ombre d'un sourire cruel accroché à sa figure inhumaine.
Soudain Moineau vit ce qu'il y avait dans cette cage.
Des Hommes.
Et ils hurlaient. Brassés par les mouvements de l'immense cage qui s'approchait lentement.
Le coeur de la Bête se serra. Elle ignorait ce qui allait leur arriver, mais c'était comme si un serpent glacé s'enroulait autour de sa colonne vertébrale, la paralysant. Le sort de ces gens serait horrible, elle le sentait.
Les cris étaient comme le hurlement des trompettes funestes. Présage de mort.
Enfin, la cage toucha le sol. A l'intérieur des centaines d'hommes et de femmes se pressaient contre les barreaux. Leurs yeux fous de terreur roulant dans leurs orbites. Leurs mains se tendaient à travers l'espace des barreaux, semblant supplier qu'on les libère.
Les genoux de Moineau se liquéfièrent et prise de nausée, elle dû fermer un instant les yeux pour ne pas s'évanouir.
L'immense Dragon sourit d'un air malsain, sauvage. Avec une pesante lenteur, il se redressa de toute sa taille, surplombant la grande cage. Il s'en approcha et sa gueule fumante s'arrêta à quelques centimètres des barreaux.
Les cris avaient cessé. Tous contemplaient en silence le grand Reptile, redoutant ce qui allait irrémédiablement arriver. Plus personne ne respirait. Seul résonnait encore le bruit de leurs coeurs apeurés.
Le Dragon ouvrit la bouche et une gerbe rouge et or en sortit. Du feu.
Toute la cage s'embrasa instantanément et le visage des Hommes prisonniers à l'intérieur commença à disparaitre, lécher par les flemmes. Les hurlements reprirent, de douleur cette fois.
Dans l'assemblée, personne n'osa bouger. Et ils regardaient la mort se répandre, sans rien dire. Paralysés de peur et d'horreur. Mais soudain un cri éclata.
- MA FILLE ! MON ENFANT ! ORDURE ! Cracha une voix.
Une femme sortit du lot, folle de douleur. Le visage déformé par la rage, elle leva ses mains et une tempête de magie d'un vert violent s'abattit sur le dragon qui para pourtant le coup avec une facilité déconcertante.
A l'intérieur de la cage, une petite silhouette se détacha du reste de la foule hurlante. Une petite fille, aux cheveux d'un blond pur. Elle ne disait rien. Mais ses yeux étaient deux gouffres.
Deux abysses dans lequel se reflétait une abominable horreur.
D'immenses yeux bleus, hantés de douleur.
La mère semblait crucifiée sur place. Les bras tendus vers son enfant qui partait en fumée. Elle faillit crier quelque chose, mais une bourrasque de magie la terrassa. Telle une poupée désarticulée, elle vola en l'air et son corps retomba lentement sur le sol, brisé.
Et ce fut la panique. Tous se ruèrent sur les portes, afin d'échapper à ce macabre endroit. Fuyant la cage qui se consumait doucement. Et d'où ne s'échappait plus un cri.
Ils se piétinaient afin de sortir de cette salle qui empestait la chair brûlée et la mort. Ils hurlaient. La terreur s'emparait d'eux et comme des animaux, ils se battaient comme des fous pour sortir. Pour vivre.
Mais les portes se refermaient sur eux. Du ciel, descendit en piquer des Dragons de toutes les couleurs. Ils foncèrent sur les vivants et de leurs magies, les touchèrent.
Et les Omoisiens tombèrent. Par milliers.
Moineau était complètement paniquée, bousculée de part en part. La foule hurlante l'écrasait littéralement. C'était un massacre, une hécatombe. Elle avisa l'une des portes, mais elle ne parvenait pas à y accéder tellement les gens se massaient autour d'elle. Et les grilles d'or se rabattaient doucement, les emprisonnant. Les condamnant à mort.
Le rire du Dragon blanc dominait les hurlements. Un rire qui les glaça tous.
Au même moment, avec un bruit sourd, les portes se scellèrent définitivement.
Ils étaient perdus.
Il y eut un court moment de silence. Pendant un instant, ils eurent tous l'impression que le temps venait de s'arrêter. Tous les visages s'étaient tournés vers les portes qui venaient de se refermer avec un bruit mat.
Puis la terreur les gagna. Cette fois-ci ils hurlaient de désespoir, parce qu'ils savaient que tout était fini. Qu'ils allaient mourir et tout abandonner derrière eux.
Moineau pleurait. Elle tourna son visage strié de larmes vers la cage calcinée. Elle pleurait les vies qui venaient de partir en fumée. Elle pleurait pour ses amis. Elle pleurait sur elle-même. Parce qu'elle n'avait que dix-sept ans et qu'elle était jeune et jolie. Il lui restait tellement à vivre, tellement à découvrir. C'était injuste.
Elle baissa les yeux, pressée que tout cela finisse, qu'elle n'entende plus les cris, que les hommes brûlés dans la cage ne hantent plus son esprit.
Finalement, à cet instant précis, elle était lasse de vivre. Parce qu'il n'y avait plus rien pour la sauver, et que les quelques minutes qui lui restaient à vivre seraient d'une laideur effroyable. Elle préférait fermer les yeux. Se soustraire à cette scène apocalyptique. Sombrer dans le néant. Se noyer dans la mort.
Mais alors qu'elle abandonnait la lutte, un bruit sourd la fit sursauter. Le bruit d'un corps. Et pas n'importe lequel, celui d'un Dragon.
Elle releva la tête et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle reconnue celui qui venait de toucher mortellement l'un des gros Reptiles. Jeremy, son petit ami.
Elle vacilla, elle était heureuse de le voir une dernière fois avant de mourir, mais d'un autre côté, cela signifiait que lui aussi allait périr, et cela lui déchira le cœur.
Pour le moment, le jeune homme envoyait sa magie sur les Dragons, il les touchait les uns après les autres. Sur certains cela n'avait presque aucun effet. Mais sur les autres, la puissante magie de Jeremy les ébranlait, les blessait parfois. Les tuait aussi, dans le cas du Dragon doré qui gisait au sol.
La jeune fille se glissa à son côté. Le sortcelier eut un vrai choc en l'a voyant.
- Moineau ? Souffla-t-il, perturbé.
- Jeremy... Oh Jeremy je suis désolée ! Sanglota-t-elle sur l'épaule du beau garçon, abandonnant toute dignité.
Ils allaient mourir tous les deux, et le pire c'est que c'était de sa faute, elle avait laissé Tara et Cal sans surveillance, à la merci des Dragons. Et elle n'avait pas pu prévenir Mara et Robin à temps.
Et peut-être même que ses quatre amis avaient été dans la cage qui venait de brûler, qu'ils étaient déjà mort. A cause d'elle.
Le remord la rongeait comme un dangereux poison, qui lui faisait perdre la tête.
Le garçon la fit pivoter vers lui. Il avait l'air furieux.
- Qu'est ce tu fais là ?!
Interloquée la jeune fille le regarda, un peu ébahie. Il n'était pas content de la voir ?
- Mais... je suis venue parce qu'il nous l'a demandé...
- Je sais, j'ai entendu aussi, grimaça le jeune homme. Mais enfin ma belle, tu n'es pas stupide, pourquoi es-tu venu, tu devais bien te douter que... tout ça arriverait !
Elle le contempla en silence, perplexe. En y réfléchissant, elle aussi trouvait cela absurde, pourquoi était-elle venue jusqu'ici ? Dès le début, elle s'était doutée qu'il allait se passer quelque chose d'atroce, pourtant elle avait continué d'avancer, et maintenant elle était ici. Enfermée et sur le point de se faire tuer.
Autours du jeune couple, c'était le chaos, les gens hurlaient et couraient, certains pourtant étaient prostrés sur le sol, priant les Dieux de leur venir en aide.
Mais quelques-uns restaient debout, immobile, face au Dragon, le visage fier et l'œil farouche, prêt à recevoir la mort en pleine poitrine. Un ultime défi qu'ils lançaient à l'envahisseur, celui de les tuer de sang-froid, sous leurs regards chargés de mépris.
La jeune fille se sentit mal à l'aise, c'est comme cela qu'elle aurait dû se comporter, avec dignité, au lieu de ça, elle avait fermé les yeux. Sa lâcheté la dégoûta.
Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps, Jeremy venait de l'attraper par les épaules et la poussait violement, la projetant au sol.
- Attentioon ! Hurla-t-il en sautant par-dessus le corps de la jeune fille, évitant un trait de magie d'une aveuglante teinte rougeâtre.
Ils roulèrent au sol, cognant contre la foule hystérique.
Toute endolorie, Moineau tenta de se relever, elle trébucha sur un corps et étouffa un cri d'horreur. Jeremy la redressa sans ménagement, il lui prit la main et se mit à courir, slalomant entres les cadavres, les jets de magie et les courtisans paniqués.
- Nous n'allons pas nous laisser faire, nous pouvons les vaincre ! Lui expliqua-t-il haletant.
- Mais comment ? Lui demanda la jeune fille d'une voix suraiguë.
Il ne prit pas la peine de répondre, il courait vers la cage fumante, s'extirpant petit à petit de la masse grouillante de gens affolées.
Il fit pivoter la Bête, dos aux barreaux. Elle eut un frisson qu'elle tenta de réprimer, bridant son esprit qui lui envoyait des images de corps calcinés.
- Je vais invoquer un puissant bouclier, n'oublie pas qu'après Tara, ma magie est l'une des plus puissantes d'AutreMonde. Une fois tout le monde protégés, les gens cesseront de paniquer, ils devront alors tirer sur les dragons, c'est notre seule chance ! Lui expliqua-t-il brièvement avant d'armer sa magie qui se mit à pulser au bout de ses doigts.
Son pouvoir se répandit dans toute la salle, enveloppant les AutreMondiens d'un dôme de magie.
Surpris par ce répit inattendu, tous se retournèrent, cherchant l'origine de cette protection. Leurs regards tombèrent sur Jeremy. A côté de lui, une jolie brune criait.
- Tirez sur les dragons ! Maintenant !
Ils levèrent les yeux, à travers le dôme transparent ils les virent. Les gros dragons multicolores qui déconcertés, tentaient de crever le bouclier de leur magie. Mais pour l'instant, Jeremy tenait bon. Du côté des assaillis, de multitudes de traits de magie filèrent vers le haut, et dans un grognement sourd les dragons hurlèrent de rage.
La peur changeait de camps.
En quelques secondes, les AutresMondiens furent en position de force, protégés par l'extraordinaire bouclier du jeune sortcelier, ils mitraillaient les dragons sans relâche.
Ceux-ci réagirent tout de même avec une rapidité déconcertante, ils firent exactement pareil et se retrouvèrent eux aussi avec des boucliers.
Dans chacun des deux camps, les sorts ne parvenaient pas à esquinter les défenses de l'autre. Ils avaient trouvé un statuquo. Mais pour combien de temps ?
Car les AutreMondiens se doutaient bien que les dragons étaient venus avec des renforts, et que ceux-ci ne mettraient pas longtemps à arriver. Et face à toute une armée, la poignée de survivants ne résisterait pas. Finalement, ils allaient eux aussi mourir.
Sauf si un miracle se produisait. Et c'est ce qu'ils attendaient tous, fébriles. Cherchant à gagner du temps. Ils voulaient que l'impossible se produise.
Des gouttes de sueurs commençaient à perler sur le front de Jeremy, sur l'initiative de Moineau, les survivant vinrent soutenir sa magie tandis que d'autres s'occupaient de mettre les corps dans un coin. En quelques minutes, un véritable campement vit le jour, avec des tentes pour y mettre les blessés. Des tours de gardes furent instaurés, afin qu'il y ait toujours des sortceliers pour scruter le ciel, au cas où une nouvelle offensive Dragon se produirait.
Au-dessus d'eux, les dragons firent exactement la même chose. Apparemment ils étaient mécontent, cette position ne leur plaisait pas du tout, aucun d'eux n'avait prévu que les stupides AutreMondiens trouveraient un moyen de leur résister.
Plusieurs dizaines de mètres plus bas, Moineau regardait fiévreusement Jeremy. Elle lui épongeait le frond avec un peu d'eau froide et se tenait prêt de lui. Ressentant un vif besoin d'être à ses côtés, d'écouter son souffle régulier malgré l'effort qu'il produisait. La présence du jeune homme l'apaisait, elle se sentait en sécurité. Après tout il avait été le seul à avoir eu la tête assez froide pour chercher une solution. Et pour la trouver.
S'ils étaient encore en vie, c'était uniquement grâce à lui qui avait essayé de résister, qui s'était battu. Qui n'avait pas abandonné.
Elle se blottit prudemment contre lui, consciente qu'elle devait éviter de le déconcentrer. En silence, les deux jeunes gens contemplaient le dôme de magie.
Jeremy était une statue de marbre, les lèvres serrées, il luttait pour garder le contrôle de sa magie.
Moineau, elle, sentait les larmes couler sur ses joues. Elle pensait à ses amis, elle ne les avait pas vu parmi les survivants, ni parmi les cadavres. Soit ils avaient été brûlés, soit ils étaient... ailleurs. Et la jeune fille espérait plus que tout au monde que cet ailleurs soit le plus loin possible des Dragons.
Soudain elle sentit un bras chaud passer autours de ses frêles épaules. Jeremy, les mains toujours dirigées vers le ciel, s'était rapproché d'elle et la regardait intensément. Il se pencha lentement vers elle et l'embrassa avec une tendresse infinie.
Elle sécha ses larmes et lui rendit son baiser avec passion. Le garçon dut s'écarter à regret car elle le déconcentrait, et les yeux brillants, il lui murmura du bout des lèvres qu'il l'aimait.
- Moi aussi je t'aime, Jeremy... chuchota-t-elle, à nouveau gagnée par les larmes.
Elle se laissa aller contre son torse, et doucement, ferma les paupières, bercée par la lente respiration du jeune homme.
Elle décidait de profiter de ces derniers instants de bien être qu'ils venaient de voler. Après tout, à présent ils pouvaient mourir d'un instant à l'autre.
Tout n'était plus qu'une question de temps.
Voilàààà ! N'hésitez pas à donner votre avis, et merci à mes lecteurs ! (Enfin du moins, à ceux qui suivent avec assiduité sur le forum privé où j'ai déjà publié la suite, et qui m'encouragent sans cesse à continuer, grâce à leurs adorables commentaires et à leur critiques constructives, un grand merci !)
Bisous-bisous !
(Et promis, pour me faire rattraper, je posterais la suite dimanche !)
