Bonsoir à toutes et à tous ! J'ai, très étonnamment, réussi à boucler ce chapitre de Comment séduire Dean Winchester en douze leçons pour ce soir. Heureusement que les profs se sont montrés cléments, pour une fois !

Donc, voici le chapitre 6, leçon 5. Au programme : ce qu'il advient lorsque Castiel tente d'agir comme un humain !

J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents (voire plus ? ^^).

Merci mille fois à chacun d'entre vous, anonyme ou non, de lire, reviewer, follower cette fiction. C'est grâce à votre soutien que je continue d'écrire…

Je reprécise que rien dans cette fiction ne m'appartient, excepté le scénario et le plaisir que j'ai à l'écrire.

Bonne lecture… Et n'oubliez pas : la review est bonne pour la santé !


Chapitre 6

Leçon n° 5 : Ton comportement tu soigneras

Assis à l'ombre d'un vieux chêne, dans le parc public d'une petite ville du Missouri, une part de tarte à côté de lui dans laquelle il picorait allègrement – parce que ça lui rappelait Dean –, Castiel lisait attentivement la leçon numéro cinq de Cosmopolitan.

L'essentiel dans la séduction, ce n'est pas seulement d'attirer l'Homme à vous, mais aussi de lui faire comprendre qu'il vous plaît – que vous êtes disponible pour lui, que vous avez envie de lui.

Suivaient plusieurs étapes à appliquer pour ce faire. Castiel était complètement d'accord avec le principe – parce qu'au bout de toutes ces années et même de ces dernières semaines, Dean n'avait toujours pas compris que son ange l'aimait, ça en était presque exaspérant… Le problème, c'était que Castiel était plutôt étranger à ce genre de comportements humains.

Le magazine conseillait tout d'abord de soigner sa démarche, d'adopter une « démarche sexy ». Castiel ignorait ce qui était sexy ou pas, et il avait recherché sur Internet un exemple à imiter – merci l'ordinateur de Sam. Il avait mémorisé la vidéo et les mouvements de la femme (une certaine Beyonce, quel nom étrange), puis, dans la solitude d'une pièce abandonnée du bunker, s'y était exercé – avec plus ou moins de réussite. Cette coutume lui semblait vraiment étrange, et même absurde, mais il s'y était soumis en espérant parvenir à rendre le résultat naturel.

C'était ainsi que Sam l'avait trouvé, une main sur la hanche, mettant soigneusement un pied devant l'autre et tentant d'agiter le postérieur en rythme avec sa marche.

Le chasseur avait mis un très long moment à se remettre de sa découverte – mais ça avait permis à Castiel de comprendre à quel point ses tentatives étaient infructueuses.

- Cas', avait calmement expliqué le chasseur, ce genre de choses, c'est pour les femmes ! Et encore, même une femme qui tortillerait des fesses ainsi se ferait ridiculiser !

Finalement, Castiel avait tendu le magazine au chasseur et lui avait demandé de l'aider à faire le tri parmi toutes les propositions de l'article.

- Tu sais, avait dit Sam d'un ton hésitant, tu n'es pas obligé d'employer ce magazine. il existe…

Puis il s'était interrompu. Castiel le foudroyait du regard.

- Il s'agit de mon projet, Sam, et j'entends le mener à bien de la façon dont j'ai envie, avait articulé lentement l'ange. (Puis il avait ajouté, moins froidement : ) Et puis, ce magazine a apporté des résultats indéniables.

Sam n'avait pu que hocher la tête devant la logique du raisonnement, et il avait apporté toute son aide à l'ange.

C'était ainsi qu'avait naturellement été éliminée la démarche, mais également une sombre histoire de clin d'œil (« Mais enfin, Cas', si tu fais un clin d'œil séducteur, je cite, à Dean, il va te coller un pain dans la gueule et te forcer à boire de l'eau bénite ! »), un conseil intitulé « le coucou sensuel » (« parce que si tu fais ça, Dean s'évanouit, ou alors il s'enfuit en courant, ça dépend »), un autre sur « mettez votre poitrine en valeur » (sans commentaire). Les autres avaient été conservés, Sam estimant que Castiel avait une chance de les mener à bien.

L'ange était fin prêt. Ou du moins, il l'espérait.

Car ce soir, c'était dîner entre amis. Et le moment d'appliquer le conseil numéro cinq…


Cette soirée était une idée de Sam, qui avait déclaré, quelques jours auparavant, qu'ils passaient trop de temps à chasser et plus assez à profiter les uns des autres. Le cadet avait alors décidé qu'ils s'installeraient dans leur chambre de motel et se délecteraient d'une orgie de sucreries, de bières et de plaisanteries vaseuses mais bon enfant. Dean et Castiel avaient immédiatement adhéré à l'idée, amené chacun leur tarte ou leur pot de miel, et l'ange avait à part soi décidé que ce serait la soirée.

Celle où Dean, avec un peu de chance, comprendrait enfin et ses sentiments, et ceux de l'ange.

Jusqu'à présent, Castiel n'avait pu qu'appliquer la première consigne – et c'était déjà beaucoup.

Penchez-vous vers votre homme lorsqu'il parle : c'est un signe d'écoute et d'intérêt. Il comprendra que vous êtes attentive à lui, et, flatté, il en rajoutera pour vous plaire !

Ce que Castiel n'avait pas osé dire à Sam, c'était qu'il ignorait complètement le point le plus essentiel de la chose. Quelle était l'inclination souhaitée dans ce genre de position ?

(En fait, l'ange avait posé la question. Sauf que visiblement, sa formulation n'avait pas du être aussi explicite que voulu, parce que Sam avait regardé Castiel avec un air extrêmement choqué et s'était quasiment enfui en courant sous le prétexte : « Mais tu demanderas à mon frère ! Aaaargh ! ». Ce qui avançait fort peu l'ange.)

Le fait était que Castiel ignorait jusqu'où, précisément, il devait se pencher, et comment.

Après bien des essais, il avait fini par en conclure qu'il devait rester assis droit, et avancer légèrement le torse en direction de Dean.

Parvenir à ce résultat n'avait pas été une sinécure, loin de là. Partant du principe que pour montrer son intérêt à Dean, il fallait qu'il soit le proche de lui possible – après tout, c'était bien le magazine lui-même qui avait lourdement insisté sur le contact et la proximité physique ! – Castiel s'était penché, dès le début de leur petite sauterie, directement sur Dean. Pour être plus exact, il avait quasiment le nez dans le cou du chasseur. (Ce qui était loin d'être déplaisant.)

Ce n'était visiblement pas le bon comportement à adopter, parce que Dean, après quelques minutes à le regarder fixement, éberlué, avait fait un bond en arrière, visiblement effrayé. Avant de se rapprocher de Castiel, de le prendre par les épaules gentiment et de lui dire :

- Cas', tu sais, quand Sam parlait de rapprochement, il ne voulait pas dire dans ce sens-là.

- Je sais, avait rétorqué Castiel, boudeur. (C'était que Dean sentait vraiment très bon. C'était une torture d'être arraché à son parfum !)

Dean avait cligné des yeux, décontenancé, puis avait tapoté maladroitement l'épaule de Cas'.

- Bref. J'apprécie que tu veuilles te rapprocher de moi, mon pote. Mais juste… Tu comprends, quoi.

Au moins, l'ange ne s'était pas vu rappeler le fameux et maudit « espace personnel, Cas' ! », ce qui était un progrès de soi.

Après quelques essais, il avait donc trouvé la position adéquate – s'il en jugeait par le regard pétillant de Dean.

Il n'y avait qu'un seul léger problème. Se tenir perpétuellement penché légèrement en avant, la tête penchée sur le côté (parce qu'il ne comprenait pas la moitié de ce que Dean pérorait, mais ce n'était pas grave, une fois qu'ils seraient un couple le chasseur lui expliquerait…), eh bien… Cette position était douloureuse.

Ce n'est pas parce qu'on est un ange du Seigneur, censé être immortel et doté d'un pouvoir de guérison immédiat (que Castiel endiguait souvent, économisant chaque parcelle de son pouvoir), qu'on ne peut pas avoir mal au dos. Castiel le découvrait à ses dépens.

C'était un peu inquiétant. Chaque fois qu'un ange avait eu mal quelque part, ça c'était toujours mal terminé. Castiel était quasiment sûr que le jour où Lucifer s'était rebellé, c'était parce qu'il avait une rage de dents (on avait entendu ses cris de douleur à l'autre bout du Paradis) et que Raphael lui avait dit d'utiliser des remèdes humains pour la soigner parce que Michael, justement, avait une crise de foie et qu'il hurlait de souffrance, ce qui causait un mal de crâne épouvantable à l'Archange médecin.

Castiel en était là de ses pensées lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. Aïeuh.

- Bordel, Cas', tu as l'air d'avoir un sacré mal de dos !

Dean semblait sincèrement inquiet, ce qui réconforta un peu l'ange.

- Oui, c'est vrai, approuva-t-il.

- Tiens-toi plus droit, suggéra Dean. Attends, prends des coussins pour te caler le dos, ça te fera du bien.

Et sous le regard surpris de Sam et Castiel, il se leva chercher un oreiller, avant de le caler lui-même dans le dos d'un ange très stupéfait mais ravi. Dean attentionné ? C'était nouveau… et pas déplaisant.

- Depuis quand tu te soucies autant de la santé de Cas' ? demanda Sam, dubitatif.

Depuis que mon plan marche, avait envie de rétorquer l'ange, mais il s'en abstint.

- Quand on a un ange, on en prend soin, marmonna Dean, et Castiel ne sut comment interpréter sa réponse. T'aurais bien besoin d'un massage, mon pote, poursuivit-il, pensif.

- Tu me le ferais, Dean ? s'exclama Castiel avec joie.

Il sentait déjà les mains de Dean sur son corps, massant les chairs endolories, faisant glisser ses doigts et…

- Euh, non, balbutia le chasseur. Breeeeef. Je disais quoi ?

Et il se rassit, reprenant son histoire où elle en était. Castiel, déçu, décida malgré tout de remercier Dean. En lui adressant un grand sourire.

Troublé, Dean s'arrêta, balbutia (« Et gnnnn la f-filleuh ghhhh »), ouvrit de grands yeux, les baissa, les releva, se passa une main dans les cheveux et finalement reprit précipitamment son récit en détournant le regard. Sam ricana doucement.

Castiel fronça les sourcils, se remémorant que le magazine affirmait que si l'homme était troublé, l'étape accomplie était un succès. Le sourire de l'ange s'accentua… et ne le quitta plus.

Souriez non-stop à votre choupinou, c'est signe qu'il vous plaît ! Les mâles aiment les sourires agréables et charmants, voire charmeurs… poursuivait le magazine. Ce fut pourquoi Castiel arbora son plus beau sourire et demeura ainsi, sans bouger la bouche d'un millimètre, durant tout le récit de Dean.

Puis, alors que le chasseur s'absentait pour se rendre aux toilettes, il reçut un violent coup de coude dans le bras.

- Cas', marmonna la voix de Sam. Arrête. Ça. Tout. De. Suite.

Castiel, surpris, se tourna vers le cadet Winchester.

- Arrêter ? Pourquoi arrêter ? Dean semble apprécier lorsque je sourie, et le magazine conseille de sourire sans arrêt…

- C'est une image, Castiel. (Sam leva les yeux au ciel.) Ce n'est pas à prendre littéralement. Personne ne te demande de rester figé comme ça…. C'est plus flippant que séduisant, enfin !

- Oh… soupira Castiel, honteux. Et Dean…

- Il te regarde bizarre, je te garantis. (Puis le visage de Sam se radoucit.) Mais ça ne signifie pas que tu ne dois pas sourire du tout. Souris juste lorsque Dean dira quelque chose d'amusant.

- Mais, Sam, je ne comprends même pas tout ce qu'il raconte ! se lamenta Castiel, au désespoir. Qu'est-ce que je dois faire ?

- Oh, lâcha le chasseur. Eh ben… Ecoute, souris quand tu en as envie. Extériorise un peu plus que d'habitude, peut-être. Enfin, avise, quoi.

Le conseil de Sam porta ses fruits, puisque l'attitude de Dean, par la suite, fut plus détendue. Il souriait plus régulièrement à Castiel, accélérant les battements de son cœur et faisant palpiter sa grâce.

Castiel en était heureux. La béatitude coulait dans ses veines et dans sa grâce. Dean le regardait. Dean cherchait à le faire rire.

C'était là une consigne supplémentaire de Cosmopolitan : rire aux plaisanteries de Dean. Montrer que tout ce qu'il disait était hilarant. La revue qualifiait cette technique de capitale pour « flatter l'ego du mâle et donc attirer son intérêt sur vous ».

Les premières tentatives furent désastreuses.

Le premier rire qu'il lâcha devant Dean fut terriblement mécanique et grinçant, à tel point que Dean grimaça et que Sam fit les gros yeux et lui expédia un coup de pied dans le genou. L'ange s'était pourtant longuement entraîné, seul dans une chambre du motel, pour parfaire ce fameux rire (ce qui avait conduit Dean, et même Sam, à penser que le motel était hanté. Les empêcher de partir à la recherche du spectre avec fusils et sortilèges n'avait pas été une affaire simple). Pourtant, il avait raté son rire. Il avait raté son rire !

L'effet du stress, sans doute…

Par la suite, la technique redevint parfaite. Le timing, en revanche…

- Et donc, je lui ai dit : « Tu connais pas Dean Winchester, toi ! Mec, je sais me battre ! »

Le regard des deux chasseurs (choqué et vexé pour Dean, catastrophé et atterré pour Sam) renseigna immédiatement Castiel. Il n'aurait jamais dû rire. Jamais.

- C'est que… Je pense que tu l'as battu, Dean, se justifia Castiel. J'imagine le dépit de ton adversaire après ça.

- Euh… En fait, il a gagné. Ils s'y sont mis à cinq.

- …Ah.

- Et euh, donc… La chute de mon histoire, c'était qu'après…

Et Dean repartit dans son récit sans plus prêter attention au rire mal placé de Castiel. Jusqu'à ce que celui-ci, rempli de bonnes attentions, ne récidive.

Cette fois-ci, en tentant une remarque spirituelle, tel que conseillé par la revue.

- Et elle a eu le culot de glisser sa petite culotte dans la poche de ma veste, en pensant que j'allais tomber dans ses bras après ça !

Et pendant que Sam éclatait de rire, hilare, Castiel décréta avec intérêt :

- Au moins n'a-t-elle pas eu le culot de te demander tes sous-vêtements en échange !

Silence. Long et pesant. Puis Dean, lentement, se mit à glousser peu discrètement.

- Cas', Cas', tu… enfin, tu… mais tu…

- Je ? interrogea l'ange, perplexe.

- Enfin, ça ne… C'est… Enfin… (Hoquet de Dean.)

Le regard de Sam sur Castiel était clairement consterné.

Décidant d'abandonner la spiritualité (trop compliqué), Castiel opta pour la suggestion suivant. Soit, démontrer un intérêt pour ce que Dean racontait.

- Et a-t-elle fait d'autres tentatives de séduction ? s'empressa de demander l'ange.

- Eh bien figure-toi que oui, cette poufiasse ! Elle a…

Ce changement de sujet fut salutaire.

Castiel renonça complètement à suivre cette leçon-là. Il n'était pas en capacité de le faire… Tout ce qu'il tentait dans cette optique se soldait par un échec spectaculaire. Castiel ne comptait même plus le nombre de déboires qu'il avait connus lors de cette soirée.

Etonnamment, la soirée fut presque plus agréable dès lors que Castiel adopta une attitude plus naturelle. Et tout aussi étonnamment, Dean se fit un plaisir de lui expliquer (clairement, pour une fois) tout ce que l'ange ne comprenait pas, y compris lors des récits dont Sam leur fit part. Et il se montra intéressé par ceux de Castiel.

Mais cela n'étanchait pas la peine de Castiel. Parce que Dean, lui, savait comment se comporter… et pas lui.


Il était tard ce soir-là (ou tôt ce matin-là) lorsque, la soirée achevée, Sam vint le retrouver dehors.

- Sam, soupira Castiel, affligé. Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à me comporter comme un humain ? Pourquoi suis-je aussi lamentable ?

- Castiel… soupira Sam à son tour. Tu n'étais pas lamentable. Tu es juste… maladroit.

- Mais si je veux être avec Dean, je ne peux pas être maladroit ! objecta l'ange, dépité.

Sam haussa les épaules, le regard dans le lointain.

- Si tu veux mon avis, je ne pense pas que Dean soit franchement ravi si du jour au lendemain tu agissais complètement humainement. Il t'apprécie pour ce que tu es vraiment.

Castiel, dubitatif, grimaça.

- Ce n'est pas ce qu'il dit…

- Oui, coupa Sam, mais entre ce que dit Dean, ce qu'il pense et ce qu'il fait, il y a un monde. (Il souffla, pensif.) Crois-moi, s'il ne t'appréciait pas pour toi, tu n'aurais pas été là lors de cette soirée.

Castiel sourit vaguement, toujours préoccupé.

- Il n'empêche que…

- Tu es vraiment aussi aveugle que mon frère, décidément ! s'exclama Sam, s'emportant.

Il poursuivit plus doucement :

- Castiel… Ce soir, Dean n'avait d'yeux que pour toi…

A suivre !