Bonsoir à toutes et à tous pour ce chapitre 8 de Comment séduire Dean Winchester en douze leçons ! Déjà huit chapitres… la moitié de la fanfiction, c'est énorme ! Au programme ce soir : Castiel s'intéresse aux goûts de Dean. Et c'est du boulot.

Ce chapitre est légèrement plus long que les précédents (3 200 mots au lieu de 2 800 environ), c'est pour faire plaisir à Plume-now. Ou parce que je me suis laissée emporter par mon imagination. Au choix. xD

C'est avec un immense plaisir que j'ai constaté que cette fanfiction avait passé la barre des 100 reviews ! J'étais heureuse à un point que vous n'imaginez pas, 100 reviews, c'est énorme, c'est fantastique. Merci à Jadouninette qui a laissé la centième review, applaudissez-la bien fort ! ^^ Merci mille fois pour ta review, d'ailleurs, elle m'a fait très plaisir. Pour répondre à ta question, c'est normal que tu n'aies pas reconnu d'épisode avec un démon se prenant pour un dieu : c'est une pure invention de ma part. Désolée :)

Merci mille fois à chacun d'entre vous pour vos attentions, vos reviews, vos lectures, vos mises en favoris et en follows…

Je vous rappelle que Supernatural ne m'appartient pas (même si j'ai réussi à en parler dans mon TPE, et que je suis très contente de moi sur ce coup-là, voilà, c'est dit. J'ai parlé de Harry Potter aussi. Bref).

Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture en espérant que vous aimerez ce chapitre autant que les précédents… N'oubliez pas de laisser une pitite review !


Chapitre 8

Leçon n° 7 : A lui tu t'intéresseras

Castiel, concentré, lisait intensément la leçon numéro de sept de l'article principal de Cosmopolitan. Le magazine, à force d'être lu, relu, étudié et décortiqué de fond en comble, possédait à présent des pages cornées, des annotations au stylo sur les pages précédant le septième conseil, et la dernière page avait été arrachée lors d'un duel acharné avec un chien qui lui avait bondi dessus alors qu'il lisait tranquillement dans un parc.

Castiel s'était demandé si ce n'était pas un signe lui intimant de cesser immédiatement ses tentatives avant de ne causer une catastrophe supplémentaire. C'était une chose terrible que de voir que soit lesdites tentatives ne fonctionnaient pas, soit elles fonctionnaient trop bien. Pourtant, Castiel ne pouvait pas s'en empêcher. Il ressentait le besoin d'aller jusqu'au bout. Chaque fois qu'il se remémorait les confidences de Dean, et surtout son regard, il se disait, égoïstement, que ça en valait la peine… Que Dean comprenait, enfin. Et que, peut-être…

Ce n'était pas comme s'il n'était pas encouragé dans son entreprise. Sam, lorsque l'aventure désastreuse de la dictature de Dean avait enfin cessé, l'avait chaudement félicité pour être parvenu à briser les « stupides barrières que mon frère a dressées un jour où il a voulu faire chier le monde et lui-même en premier ». Selon les propres mots du cadet Winchester, les progrès étaient phénoménaux.

Il y avait Charlie, également. Castiel s'était rapidement attaché à la sympathie, la fraîcheur et l'enthousiasme de la jeune femme. Il comprenait mieux pourquoi les frères l'appréciaient autant : elle apportait un agréable souffle de joie dans le bunker, éloignant ses occupants de leurs soucis quotidiens. Par ailleurs, la jeune femme s'intéressait visiblement de très près à l'évolution des relations entre Dean et l'ange.

Elle était allée jusqu'à interroger Castiel, un soir, sur l'historique de ses rapports avec l'humain, depuis leur rencontre jusqu'à ce fameux magazine en passant par l'Apocalypse, la guerre et le Purgatoire. Le récit – incomplet, car Castiel refusait d'évoquer certains moments, trop intimes à son goût, comme la fameuse déprime de Dean, quelques semaines plus tôt – avait duré plusieurs heures, et Charlie en avait redemandé, arguant que c'était « presque aussi passionnant qu'un tome d'Harry Potter, en fait ». Finalement, elle lui avait fait un grand sourire, s'était exclamée que le projet avançait vraiment bien, et l'avait encouragé à continuer d'appliquer les conseils du magazine. « Si tu as besoin d'aide, mon grand, tu sais où me trouver ! avait-elle dit. Ton Dean, il te bouffe des yeux, et il m'a tellement parlé de toi… Il est temps qu'il se rende compte qu'il est fait pour toi ! » (A certains égards, Charlie rappelait énormément à Castiel la jeune libraire qui lui avait offert le magazine.)

Le lendemain, elle était arrivée au petit déjeuner avec un t-shirt où il était inscrit Everybody needs an angel to love. Dean avait rougi, recraché son pancake (ça devenait une habitude, et Sam arborait une tête de plus en plus réprobatrice à chaque fois que ça se produisait, ce que Dean surnommait « la bitch-face Cendrillon »), et Charlie avait beaucoup ri, avant de demander à l'ange si l'une de ses sœurs, par hasard, ne se cherchait pas une copine.

Alors, Castiel s'était décidé à passer au conseil numéro sept. Pas question de s'arrêter en si bon chemin.

Les hommes aiment qu'on s'intéresse à eux. C'est une façon pour eux de se sentir importants, aimés, et surtout admirés. Si vous voulez attirer l'attention de votre Apollon sur vous, surtout, manifestez votre intérêt pour lui.

Le magazine conseillait ensuite de poser beaucoup de questions à Dean, pour savoir quelles étaient ses passions, ce qu'il faisait le mercredi après-midi, combien de frères et sœurs avait-il, pourquoi était-il devenu chasseur, s'il préférait les Avengers ou Iron Man...

Le problème, évidemment, était que Castiel connaissait déjà toutes les réponses à ses questions – probablement parce que le magazine s'adressait à des personnes souhaitant séduire un homme avec qui elles n'avaient aucune relation ultérieure. Castiel, lui, était proche de Dean – à quel degré, cela restait certes à déterminer, mais proche tout de même. S'il s'aventurait à demander son historique familial, Castiel pensait fortement que Dean le fouillerait pour vérifier qu'il ne s'était pas drogué. (Une perspective qu'il préférait éviter, bien que très plaisante.)

Castiel avait donc abandonné cette première partie du conseil, pour se concentrer sur la deuxième, nettement plus à son niveau.

Surtout, intéressez-vous à ses passions, à ses goûts !

Après tout, ce n'était qu'une question de travail et d'obstination. Il connaissait déjà Dean… Ce devait être facile, non ?


Tout d'abord, la première cible de l'ange fut les goûts musicaux de Dean.

La revue évoquait également les goûts littéraires de l'homme à séduire, mais Castiel doutait fortement que prendre pour objectif Comment pulvériser proprement un loup-garou ou Vampires accros, toujours un fléau fut un choix de séduction judicieux.

Cosmopolitan conseillait de « s'approprier les goûts de votre chouchou ».

Choisissez un domaine, et faites-lui remarquer que vous possédez exactement les mêmes goûts que lui ! Par exemple : votre cher et tendre est un grand fan d'Agatha Christie. Glissez un exemplaire de Mort sur le Nil dans votre sac à main, et, mine de rien, laissez-le à sa vue… Evidemment, lisez le bouquin : comme ça, il pourra vous demander ce que vous en pensez !

Ce fut un choix très compliqué pour Castiel. Quel groupe de musique choisir ? Quel album ? Comment laisser l'œuvre à la vue de Dean ? (Il n'allait tout de même pas acheter un sac à main rien que pour ça ! Ou Dean se moquerait plus qu'il ne serait intéressé…)

Il en appela à l'aide de Sam, qui commanda pour lui sur un site Internet une version CD de l'album Back in Black d'AC/DC. Ne manquait plus d'écouter les chansons, et de trouver un substitut au sac à main. (La partie la plus complexe du plan selon le point de vue de l'ange.)

Dean ne comprit pas pourquoi l'ange s'enferma toute une journée dans une pièce du bunker sans en sortir, ni pourquoi l'ordinateur de Sam s'envola mystérieusement durant toute cette même journée, ni enfin non plus pourquoi diable il était persuadé d'entendre You Shook Me All Night Along lorsqu'il s'aventurait près de sa propre chambre.

Ce fut ainsi que Castiel, en pleine étude musicale approfondie, vit la porte de la chambre du bunker où il se trouvait s'ouvrir brusquement pour aller frapper le mur, et Dean, échevelé, entrer comme un boulet de canon en beuglant, l'air hagard :

- Bordel mais c'est quoi cette musique ?!

L'ange, embarrassé, se mordit la lèvre. Ce n'était pas censé se dérouler ainsi. Il était censé choisir précisément le moment et la façon dont Dean découvrirait la chose !

D'un autre côté, c'était une mise en scène nettement plus naturelle, qui avait le mérite de sonner plus juste que ce que Castiel, en piètre comédien qu'il était, aurait fait.

Toutefois… il ne s'était absolument pas préparé à la façon dont il aborderait le sujet avec Dean. Que devait-il dire et faire, à présent ?

- Tu n'aimes pas ? demanda finalement Castiel d'une petite voix lorsqu'il réalisa quelle avait été la réaction du chasseur.

S'était-il trompé ? Peut-être que Dean n'aimait pas cette chanson ? L'angoisse envahit son être tout entier. Qu'allait dire Dean ? Comment réparer son erreur ? Quelle était cette erreur, d'ailleurs ?

Dean cligna des yeux puis, stupéfait, les baissa vers l'ange, assis par terre avec l'ordinateur sur ses genoux.

- Cas' ? C'est toi ? J'hallucine pas alors ? Cette musique, c'est toi qui l'écoutes ?

- Eh bien, oui… répondit Castiel, décontenancé et ayant envie de se frapper la tête contre un mur face à son manque cruel de spiritualité – décidément, il devenait de plus en plus humain.

- Oh.

Puis les lèvres de Dean se relevèrent en un grand sourire.

- Cas', c'est pas vrai. Tu écoutes AC/DC ? C'est génial ! (D'un bond, il s'assit à côté de l'ange, éberlué.) Tu aimes AC/DC ?

- Bien sûr, Dean, répondit l'ange, toujours décontenancé.

A vrai dire, il aimait la musique de Dean précisément parce que c'était celle de Dean.

- Tu as acheté l'album ? renifla Dean en détaillant l'ordinateur. Y avait qu'à me demander, tu sais. Je t'aurais passé mes cassettes.

- Ah bon ? balbutia Castiel.

Depuis quand Dean était-il aussi généreux ?

Mais le chasseur lui fit un grand sourire, dangereusement proche du visage de l'ange, et ce dernier sentit son cœur battre plus vite.

- Bien sûr, répondit Dean, l'air sincèrement heureux. Et dis-moi, sur cet album, quelle est ta chanson préférée ?

- Back in Black, répondit Castiel aussitôt, parce que la chanson lui rappelait définitivement Dean. Et Hells Bells.

Puis il se rendit compte de ce qu'il venait de dire. L'Enfer. Il n'avait tout de même pas osé parler de l'Enfer à Dean comme si de rien n'était ? Non ? Il n'avait pas fait ça… Pitié, non. Il imaginait déjà la tête furieuse et horrifiée de Dean, qui lui dirait…

- Ah, Cas', c'est génial ! On a les mêmes goûts ! s'exclama le chasseur, à la plus grande surprise de l'ange qui revint très brusquement à la réalité. Tu sais quoi ? Je vais te faire écouter toute ma collection de cassettes, tu vas adorer, j'en suis sûr !

- J'en serais très heureux, Dean, souffla Castiel.

Il ne parvenait pas à se remettre du choc qu'il avait à voir Dean aussi gentil. Et puis… il était si proche ! Il lui suffisait d'approcher de quelques centimètres pour l'embrasser à pleine bouche… et Dean ne semblait définitivement pas se soucier de la distance qui les séparait, puisqu'il relança le CD et se radossa au lit, épaule contre épaule avec Castiel et agitant la tête en rythme, l'air le plus heureux du monde.

Quelques minutes plus tard, Dean avait recherché sur Internet des chansons de Metallica à faire écouter à Castiel, et l'ange et le chasseur chantaient en chœur.

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I don't just say
And nothing else matters

Les deux amis chantaient à tue-tête, Dean ayant passé son bras autour des épaules de Castiel et l'ange, ne croyant pas à sa chance, ayant fait de même. Il se laissait emporter par la musique qu'il connaissait sur le bout des doigts, heureux comme jamais.

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters

Ce fut à ce moment-là que Charlie, alertée par le bruit, ouvrit la porte à son tour et avisa l'ange et le chasseur. Elle eut un grand sourire, ravie.

- La vache, Dean, Castiel chante hyper bien ! Mieux que toi, en fait ! s'exclama la jeune femme.

Et soudain l'instant de grâce fut fini.

Le visage de Dean se referma, il ôta sa main de l'épaule de Cas' et se releva pour sortir de la pièce. Castiel, éberlué, atterré, vit Dean partir à grands pas furieux, loin, très loin de lui et de leur bonheur de la minute passée… sans pouvoir le retenir…

- Je crois qu'il boude, soupira Charlie, décontenancée, quand Dean fut parti.

Castiel, furieux, la fusilla du regard. De quel droit interrompait-elle ce qui était l'un des moments les plus merveilleux de toute sa vie ?

- Je suis désolée, lâcha-t-elle d'une petite voix, je voulais simplement lui faire remarquer à quel point tu étais génial et combien il devait t'admirer…

- Je crois que tu l'as surtout vexé, soupira Castiel.


En toute honnêteté, Castiel n'eut pas à chercher très loin pour appliquer la seconde astuce soufflée par son magazine favori.

Ce que votre chéri-choupinou d'amour en sucre trouvera génial et qui vous permettra de passer du temps avec lui, c'est de lui demander de vous faire découvrir sa passion. Il est fan de surf ? Signifiez-lui que vous aimeriez qu'il vous apprenne à en faire ! Trois avantages à ça : il se sent agréablement flatté, il fait attention à vous, et vous lui prouvez que vous l'appréciez !

La réponse vint immédiatement à l'esprit de Castiel.

Qu'est-ce qui était la passion invétérée de Dean (en dehors de sa voiture, à laquelle l'ange réservait un autre destin), qui lui permettrait de passer du temps avec lui, tout en découvrant ce qu'il préférait et en se rapprochant sensiblement de lui ?

Dr Sexy M.D.

C'était aussi simple que ça.

Ce fut ainsi qu'un beau jour, en fin d'après-midi, Castiel vint s'asseoir à côté de Dean sur le canapé, paisiblement, sous le regard curieux de Sam et Charlie dans la pièce à côté. Le chasseur poussa un soupir et se tourna vers lui, l'air ennuyé de le réprimander.

- Cas'. Dr Sexy va commencer, là. C'est ma série et j'aimerais bien la regarder. Donc les problèmes du Paradis peuvent attendre un peu, OK ? (Il parut hésiter, puis ajouta lentement, comme si lui-même avait du mal à croire à ce qu'il allait dire : ) Mais on peut en parler après, si tu veux.

Castiel tiqua, interloqué.

- Je sais parfaitement que ta série va débuter, Dean. En réalité, c'est précisément la raison pour laquelle je viens te voir. J'aimerais que tu me la fasses découvrir.

Surpris, Dean le fixa un moment, sans réaction, puis ses yeux se mirent à briller et il eut un grand sourire.

- Cas' ! Cas', tu… Tu t'intéresses à Dr Sexy ? balbutia-t-il, l'air ravi.

- Je m'intéresse à tout ce qui te concerne, Dean, rétorqua Castiel.

Dean se figea, encore plus surpris qu'une minute auparavant, parfaitement immobile. Dans la pièce mitoyenne, Sam et Charlie gloussèrent bruyamment. Dean cligna des yeux et reprit vie sous le regard perplexe de Castiel, qui ne pensait pas que sa déclaration causerait une telle réaction. Bizarrement, Dean ne fit aucun commentaire, l'air étrangement content.

- OK, dit le chasseur précipitamment. Donc, je vais te présenter un peu la série, tu veux, Cas' ?

- Ça me convient, acquiesça l'ange, impatient, en s'installant plus confortablement sur le canapé.

- Alors.

Dean pointa du doigt la télévision, dont l'écran dévoilait à présent le visage d'une jolie blonde à l'air concentré. Dans la cuisine, Charlie murmura quelque chose à Sam, et ce dernier rit.

- Cette fille, elle s'appelle Alex. Elle est follement amoureuse d'Andy (il désigna un grand brun à l'air ténébreux qui faisait du charme à une jolie fille rousse et rondelette). Et Andy, comme tu le vois, préfère Linda. Qui est en couple avec Jonathan.

- D'accord, acquiesça de nouveau Castiel, intensément concentré.

- Sauf que Jonathan, lui, a une liaison avec une fille du nom de Lee. Et Lee, elle, a des problèmes avec son ex-mari, Charlie, qui vient de revenir, et ils se disputent la garde de leur fille Violet, sauf que Violet n'est pas la fille de Charlie, mais d'un interne qui s'appelle Greg. Qui fait la cour à Alex, et qui ignore que Violet est sa fille.

- Ah, souffla Castiel, dérouté.

- De toute façon, Charlie s'est amouraché de la belle Tina. Après il y a un problème. En fait, Tina a eu un tas de petits amis, mais elle vient de s'apercevoir qu'elle a un faible pour une fille, Ling Woo, qui est bi. Et Ling Woo a perdu sa petite amie, Susan, l'ex d'Andy, lors de l'attentat terroriste qui a eu lieu à l'hôpital lors de la saison dernière. Alors elle entretient une amitié avec avantages avec son meilleur ami, Pete, mais en ce moment Pete a des ennuis, parce qu'il a tué un serial-killer, il y a deux saisons, qui menaçait de tuer son amie Jenny dont il venait de découvrir qu'elle était sa demi-sœur. Et Jenny ne peut pas témoigner, parce qu'après la mort de son mari Logan lors de la tempête en Arizona, elle est partie refaire sa vie dans une autre ville, avec l'ex de Linda.

- OK, grimaça Castiel, déjà perdu.

Les humains étaient franchement compliqués ! Est-ce que ce genre d'aventures était seulement possible ?

- Bon, jusque-là, c'est simple. C'est après que ça se complique.

Dans la cuisine, un gloussement aigu s'éleva, et une assiette tomba par terre.

Le cerveau de Castiel bloqua immédiatement. Dr Sexy, ces douze saisons, ces trente-deux personnages et ses coucheries interminables, étaient une épreuve impossible à surmonter.

Pourtant, et quand bien même il ne comprit rien à l'épisode qu'il voyait, il demeura aux côtés de Dean, l'écoutant babiller sur les improbables retournements de situation des douze dernières années. Parce que son bras autour de ses épaules, son corps contre le sien sous le plaid bleu et ses yeux brillant de bonheur (même quand Sam vint prendre une photo d'eux deux sans prendre la peine de se dissimuler) étaient trop agréables pour que Castiel s'en éloigne.

Il savait déjà qu'il reviendrait toutes les semaines voir Dr Sexy avec Dean.


Ne restait plus que la troisième astuce à appliquer. (Après quelques mises à jour grammaticales, car le magazine semblait prendre un malin plaisir à le piéger par des mots complexes. Heureusement que Charlie était disposée à lui apprendre un peu de vocabulaire. Quoi qu'il n'était pas sûr qu'apprendre le champ lexical de la fellation eût été indéniablement utile à ses plans de séduction. Quoique. Peut-être cela servirait-il un jour…)

Impressionnez le choupinou en lui montrant que vous savez des choses épatantes sur les domaines qu'il adore ! Il va sur-kiffer votre culture, et donc, vous en même temps !

L'occasion se présenta le lendemain, alors que Dean s'échinait à nettoyer une Impala déjà impeccable avant que le chasseur ne se mette à la besogne.

- Dean, savais-tu que entre 1958 à 1996, les ventes de la Chevrolet Impala ont dépassé les treize millions d'entrées ?

Dean, interloqué, releva la tête, le fixant avec stupéfaction.

- L'Impala, en fait, était au départ un prototype dérivé de la Corvette pendant le début des années 1950 jusqu'à 1955, récita Castiel impeccablement. L'Impala était vue comme un coupé sport…

- Ah bon ? s'ébahit Dean en s'approchant, intrigué.

- L'Impala possède des capacités étonnantes. V8, six litres cinq, 350 chevaux, 1969 kilos et 6490 centimètres cube, continua Castiel, énumérant tout ce qu'il avait lu sur Internet sur la voiture de Dean.

- Cas' ! (Dean semblait épaté et ravi.) C'est génial !

- Une pédale de frein supplémentaire, une puissance de vitesse exceptionnelle, trois vitesses en réalité…

- Cas', bordel de merde, mais comment tu sais tout ça ?

Dean semblait impressionné. Il avait posé les mains sur les épaules de Castiel et le regardait avec une fougue incroyable. Castiel rougit.

- C'est juste que… J'aime vraiment cette voiture. Elle est unique, elle a une histoire et… si j'étais humain, je n'en voudrais pas d'autre.

C'était la pure vérité, et Dean paraissait incontestablement ravi. Soudain, il le prit par l'épaule et l'amena en direction de la voiture, babillant d'un air radieux.

- Cas', désormais, mon copilote, c'est toi. Tu prends la place de Sam sur le siège avant, et c'est définitif.

(Sam protesta beaucoup, mais s'installa de bon gré sur le siège arrière, profitant de l'occasion pour bavarder ordinateurs avec Charlie. Toutefois il voulut par la suite la récupérer, par principe, et un système équitable d'échange de places fut installé. Déterminé soit par une partie de pierre-papier-ciseaux, soit par l'humeur de Dean. Etrangement, ce dernier critère choisissait très souvent Castiel comme copilote, ce que l'ange vit à jamais comme une précieuse victoire. Quand bien même elle faillit déclencher une guerre civile entre Dean et Sam.)

Dean parlait toujours, le bras passé autour des épaules de Cas', en lui ébouriffant les cheveux avec affection.

- Sam ne la mérite pas, de toute façon, il ne l'aime pas autant que nous ! Viens par là, Cas', je vais t'apprendre à t'occuper de mon bébé. Tu deviendras le digne héritier de ce magnifique bijou, je sais que tu en prendras soin, j'ai confiance en toi, je sais que tu es à sa hauteur, et…

Castiel n'était pas près d'oublier le visage resplendissant de joie de Dean. C'était la plus belle chose qu'il ait jamais vue. Et c'était grâce à lui.

A suivre !