Bonsoir à toutes et à tous pour le chapitre 11, soit la leçon 10 de Comment séduire Dean Winchester en douze leçons ! Un chapitre légèrement plus long (deux pages Word en plus) que les précédents, pour faire plaisir à Plume-now et tous les autres ! Au programme : Castiel stresse et Dean est joyeux ! (Mauvais jeu de mots que vous comprendrez en lisant.)

Petit avertissement pour ce chapitre, pour… euh… sous-entendus ? Un peu plus que sous-entendus ? Aucun rapport avec le titre, comme avoué à Stonewhiteclown. Quoique.

Merci à tout le monde pour vos lectures, vos reviews, vos follows et favoris.

SPN ne m'appartient pas, je le rappelle !

Bonne lecture, et n'oubliez pas la review : compliments, critiques, fleurs, tomates, tout est attendu avec impatience !


Chapitre 11

Leçon n° 10 : Plaisir tu lui feras

Au départ, faire plaisir à Dean avait été d'une simplicité presque inouïe. C'était ridiculement facile, en fait.

Le magazine conseillait tout simplement d'être aux petits soins pour Dean. D'apporter de petits présents lors de leurs rendez-vous, par exemple.

C'était ce que Castiel avait fait.

Le plus simple, au départ, avait été pour lui de préparer une tarte au chasseur. Du moins, l'idée était simple. Ce qui ne fut pas tout à fait le cas de l'expérience.

La première tarte fut carbonisée. La deuxième si peu cuite qu'elle en était molle. La troisième fit surchauffer le four à micro-ondes. La quatrième manqua lourdement de pommes, et la cinquième de pâte. La sixième fut splendide, mais d'un goût épouvantable – les yeux de Sam, lorsqu'il l'avait goûtée, s'étaient comiquement exorbités, et Charlie était devenue vaguement verte, ce qui s'accordait peu avec ses cheveux. Ni l'un ni l'autre ne s'étaient embarrassés d'un faux compliment : ils lui avaient déclaré tout de go que le résultat était horrible et que, s'il tenait à sa survie, il ne devait surtout pas la donner à Dean.

Par un miracle difficilement explicable – à moins que Dieu ne soit revenu et n'ait pris Castiel en pitié, ce qui n'était pas si improbable que ça, car l'ange s'inspirait déjà à lui-même une certaine commisération et qu'il n'avait cessé de prier fébrilement « S'il vous plaît, s'il vous plaît, Père, aidez-moi, cette tarte est détentrice de mon destin » – la septième tarte avait été réussie.

A peu près, du moins.

Le goût était bon, sans doute possible. « Pas de quoi casser trois pattes à un canard », comme aurait dit Dean, mais plutôt bonne, ça oui. En revanche, l'aspect… On aurait dit un terrain de sport après une partie de rugby survoltée entre Lucifer, Michael, Crowley et Gabriel – ainsi que Becky et Meg dans le rôle des pom-pom girls au charme destructeur. Si l'on voulait.

Pourtant, Dean avait accepté avec clémence la tarte qui lui avait été présentée. Il avait chaleureusement remercié l'ange, puis l'avait goûtée. Et là… après une attente qui avait paru à Castiel durer de longues heures et au bout de laquelle il crut s'évanouir d'appréhension… son visage s'était illuminé. Littéralement.

Depuis, Dean était devenu accro, selon ses propres termes, aux tartes de Castiel. Il en fallait une par semaine – au minimum – pour calmer le junkie qu'il était devenu. Il les dégustait avec plaisir, quel que soit leur aspect, et réservait toujours à l'ange un sourire éblouissant qui faisait battre le cœur de Castiel trop vite, trop fort, et qui lui donnait envie d'embrasser furieusement le chasseur. L'un des avantages supplémentaires de cette addiction – à laquelle Castiel prêtait fort volontiers son concert – était que celle que Dean prêtait à l'alcool avait étonnamment baissé d'intensité. Castiel ignorait si c'était ses tartes « divines » – selon Dean –, ou bien leurs rendez-vous, leurs promenades, leurs pique-nique ou même leurs presque siestes devant la télé de plus en plus fréquents.

Dean semblait… heureux. Heureux de passer du temps avec Castiel, heureux de discuter de tout et n'importe quoi avec lui, heureux de manger ses tartes, heureux de lui apprendre à nager, heureux, tout simplement.

Castiel attendait avec impatience le Moment. Celui où Dean, enfin, se déciderait. Il était impensable qu'il n'ait pas remarqué ce qu'il existait entre eux. Il était probable que le chasseur ait choisi de prendre son temps. De savourer ce qui se passait. Probable aussi qu'il craignait un rejet, dont Castiel s'évertuait à lui démontrer l'impossibilité.

Il attendait. Heureux lui aussi.

Tout aurait pu continuer ainsi, paisiblement.

Puis vint l'anniversaire de Dean.


Castiel vit approcher le 24 janvier fatidique avec anxiété. Le magazine conseillait – et c'était évident même pour lui – de faire un cadeau très spécial à Dean pour cette occasion. Si Noël n'était pas fêté autrement au bunker que par une orgie de whisky, de sucreries et de films comiques, les anniversaires se déroulaient un peu différemment.

Dean refusait catégoriquement qu'on lui fasse de cadeau cette année-là – et les années d'avant aussi, par ailleurs. Et Castiel, jusqu'à présent, ne lui en avait pas fait non plus.

Mais cette année est différente pour bien des raisons. Castiel attendait une relation plus profonde. Dean et lui étaient plus proches. Et il voulait intensément faire plaisir à Dean. Voir son visage s'illuminer. Le rendre heureux. Lui faire comprendre à quel point il tenait à lui.

Subsistait un problème.

En tant qu'ange du Seigneur n'ayant jamais fait le moindre cadeau de sa vie (un joli dessin à Gabriel lorsqu'il avait l'équivalent angélique de trois ans, ça ne comptait pas, si ?), il ignorait quoi offrir à Dean.

Aussi alla-t-il demander conseil à Sam et à Charlie.


Sam fronça les sourcils d'un air à la fois embêté, concentré, complice, perplexe, amusé, entendu et approbateur. Un miracle que les sourcils de cet humain. Castiel en demeurait à chaque fois dûment impressionné.

- Ce que je vais offrir à Dean pour son anniversaire ? répéta le cadet Winchester. Tu es conscient que tu ne pourras pas copier mon cadeau, j'espère ?

Castiel haussa les épaules, indifférent.

- Je veux juste avoir une idée de ce qu'on peut offrir lors d'un anniversaire.

- Oh.

Sam sourit.

- Je vais lui offrir une édition spéciale de Busty Asian Beauty.

La température de la chambre devint brusquement glaciale. Castiel fusilla Sam du regard avec mépris.

- Sam. Vas-tu offrir à celui que je veux séduire un magazine pornographique féminin ?

- Heuh.

Sam, réalisant alors sa bévue, parut rétrécir sur place sous le regard furibond de son ami.

- C'est-à-dire-que-je-l'avais-acheté-bien-avant-ça-et-tu-as-raison-et…

- Supprime-moi cette chose de la maison, je te prie.

On n'offrait pas au futur petit ami de l'ange Castiel un cadeau à l'opposé de ses intentions.


Charlie hocha la tête avec bienveillance.

- Oui, bien sûr. Que ferait Hermione Granger dans une telle situation, n'est-ce pas ? s'enthousiasma-t-elle en faisant de grands mouvements.

Castiel ignorait complètement qui pouvait bien être cette Hermione Granger, mais, soupçonnant que Charlie vouait à cette femme une admiration sans bornes, il répondit :

- Probablement quelque chose de brillant.

Charlie poussa un glapissement strident de joie et se jeta dans les bras de Castiel avec exultation.

- Cas' ! C'est toi qui es génial ! Tu aimes Hermione Granger ! Tu sais pas qui c'est, hein ? Tant pis. Je vais te faire lire les bouquins. Tu vas adorer. Je t'adore, moi, en tout cas. (Regardant Castiel avec une moue indéfinissable, elle ajouta : ) Dommage qu'on soit gays tous les deux, hein ?

Puis elle le lâcha et se précipita en sautillant vers sa table de chevet d'où elle sortit un épais volume qu'elle tendit à l'ange.

- Voilà ce que je lui offre, moi, à ton Dean d'amour au sucre, lâcha-t-elle avec une mine satisfaite.

Castiel regarda le titre du livre avec attention. Le Kama-Sutra gay – Prenez votre pied avec votre compagnon !

L'ange éclata de rire, satisfait, et rendit le livre à son acheteuse qui lui fit un grand sourire.

- Je suis géniale, hein ?

- Absolument.

- Je sais.


Guère plus avancé quant à ses propres idées de cadeau, Castiel convoqua, deux jours avant l'anniversaire de Dean, une réunion exceptionnelle au bunker. Profitant de l'absence exceptionnelle de l'aîné à la recherche d'un obscur matériau mécanique dont Castiel s'était assuré qu'il ne le trouverait pas avant au moins deux heures, l'ange, carnet et stylo en main, attentif, lança le débat entre Sam et Charlie.

- Ce qu'il te faut, lança doctement Charlie, c'est un cadeau qui non seulement plaise à Dean, mais qui soit aussi romantique et qui lui fasse comprendre à quel point tu l'aimes.

- C'est l'idéal, oui, acquiesça Castiel, ravi que son amie aie compris immédiatement ce qu'il voulait.

- Bien. (Charlie se tapota la lèvre inférieure du doigt, pensive.) Pourquoi ne pas lui offrir un t-shirt ? Un joli t-shirt personnalisé. Comme le mien où il était marqué Everybody needs an angel to love. Tu pourrais marquer un truc comme I love you ou Dean + Cas' ou C'est toi qui peuples mes rêves, chéri. Quelque chose qui, sous couvert humoristique, le ferait vachement réfléchir.

Castiel hocha la tête, conquis. L'idée était excellente et lui plaisait. Il suffisait de la peaufiner quelque peu et…

- Certainement pas ! protesta Sam en secouant la tête.

Charlie, choquée, rejeta la tête en arrière.

- Et pourquoi ça ?

- Nous sommes chasseurs, Charlie. On tue des créatures. On doit changer de vêtements dix fois par an parce que nos fringues sont tâchées de sang ! expliqua Sam.

- Classe, grimaça la jeune femme. Mais Dean peut porter le t-shirt de nuit, Einstein.

- Oui, sauf que nous nous sommes déjà faits attaquer de nuit, je te rappelle, rétorqua le chasseur.

- Donc c'est une idée pourrie, c'est ça ? se vexa Charlie. Vas-y, c'est quoi ton idée, le génie ?

- Une gourmette, suggéra Sam. En argent. Pratique pour traquer polymorphes et loups-garous. On fait graver le nom de Castiel… et c'est parti !

Charlie ricana.

- Ouais, hyper romantique, ton truc. La chasse avant tout.

- Je pense comme Dean répliqua Sam, et Dean pense chasseur.

- Sans compter qu'une gourmette, ça se perd. Dans une attaque de démons, par exemple. Ou ça permet de se faire reconnaître quand on est poursuivi par la police, n'est-ce pas ? grinça la jeune femme.

Castiel dut admettre que Charlie avait plutôt raison.

- Une autre idée, Charlie ? demanda-t-il en rayant les mentions t-shirt et gourmette de sa liste.

Charlie pinça les lèvres.

- Mmh… Une BD sulfureuse racontant une idylle passionnée entre deux hommes ! proposa-t-elle. Pour mettre des idées en tête à Dean.

- C'est pas un peu aléatoire, non ? lâcha Sam, dubitatif. On ne sait pas quelle sera la réaction de Dean face à ça.

Castiel hocha la tête, d'accord une fois de plus.

- Ça pourrait le faire s'enfuir en courant, argua le chasseur.

- Okay, okay, je me rends ! s'exclama la jeune femme. Propose donc une idée, toi !

Sam parut réfléchir.

- Des sous-vêtements, annonça-t-il.

Charlie éclata de rire.

- Un peu violent, ça, non ? Et pas romantique du tout ! ajouta-t-elle.

- Ça prouve que Cas' s'intéresse à Dean, se défendit Sam.

- Qu'il s'intéresse à ses miches, oui, pas à Dean en lui-même !

- Vous allez cesser de vous disputer, oui ?! gronda soudainement Castiel en se levant, exaspéré.

- Mais… souffla Charlie.

- J'ai besoin de votre aide, pas de vos chamailleries ! Conduisez-vous comme des adultes responsables !

Sam et Charlie, honteux, baissèrent la tête.

Castiel commençait sérieusement à paniquer.


- Joyeux anniversaire, Dean !

Dean manqua s'étrangler en voyant la pile de cadeaux disposée sur le lit de l'ange.

- Cas', je… bégaya-t-il. Je… j'avais pas besoin de tout ça !

Le 24 janvier était enfin arrivé, et avec lui, toutes les angoisses amplifiées de Castiel.

Sam, Charlie et Castiel, réunis en conseil des plus sérieux – et accompagnés de deux ordinateurs pour surfer sur des sites les conseillant au sujet d'un cadeau à faire à Dean, parce que finalement, les instructions type Cosmopolitan n'étaient pas aussi obsolètes que certains pouvaient le penser – avaient réuni un certain nombre d'idées pour régler le problème de l'ange.

L'un des problèmes majeurs, par la suite, avait été de choisir – décision laissée, comme par hasard, entre les mains de Castiel. Quels cadeaux sélectionner, et lesquels laisser de côté ?

N'ayant aucune réponse, et ayant peur de mal faire, Castiel avait choisi une option encore plus simple. Il avait sélectionné toutes les idées.

Se les procurer avait été également un peu compliqué. Il s'était téléporté de magasin en magasin, s'arrachant presque les cheveux à choisir formes, couleurs et fonctionnalités. Heureusement que les vendeurs étaient là ! Castiel était quasiment sûr que celle qui avait passé trois heures avec lui la veille avait obtenu une promotion pour « vente réussie à client très, très, très difficile ».

Ç'avait été la récompense de Castiel, donnée aux commerçants. Il n'avait pas d'argent, aussi avait-il payé un peu différemment, en leur accordant la réalisation de leurs vœux les plus chers – ainsi l'une d'entre elles avait-elle remporté la grosse cagnotte d'un jeu télévisé, une autre était-elle présentement à Hollywood en train de tourner le prochain Pirates des Caraïbes, et un dernier avait vu sa compagne guérir d'un cancer en phase terminale.

C'était ainsi que le jour J, Castiel avait emmené Dean dans sa propre chambre pour lui présenter ses cadeaux qui l'attendaient, soigneusement posés sur le lit et délicatement enveloppés de différents papiers cadeaux.

- Enfin, Cas', protesta Dean, je t'avais dit que je ne voulais rien !

- Je voulais te faire plaisir.

- Il y en a mille fois trop !

- Il n'y en a que sept, Dean.

- Cas' ! Tu n'aurais pas dû !

Castiel sentit un vent froid se propager en lui.

- Tu… tu n'es pas heureux, Dean ?

Dean se figea, et une vive culpabilité se peignit sur son visage. Il agita frénétiquement les mains en face de lui.

- Cas', non, non ! Ne pense pas ça ! Certainement pas ! C'est… Je suis heureux, vraiment. Et… et flatté. C'est juste que… personne n'avait jamais fait ça pour moi.

- Oh, souffla Castiel, décontenancé. (Puis il sourit.) Je suis le premier, alors ?

- Tu es le premier dans beaucoup de choses de ma vie, Cas', répondit de but en blanc Dean, puis il rougit brusquement et, agitant de nouveau les mains, ajouta précipitamment : Oublie ça.

Un silence un peu gêné s'installa. Castiel, embarrassé, demanda d'une petite voix :

- Tu n'ouvres pas tes cadeaux, Dean ?

Le chasseur s'ébroua et lui sourit. Il avait l'air toujours un peu perplexe.

- Si, si, bien sûr, Cas' !

Il attrapa le paquet le plus proche de lui, un paquet à la forme molle et oblongue dont le papier était d'un bel argenté brillant. Toussotant nerveusement, Dean ouvrit délicatement (à la plus grande surprise de Castiel qui l'aurait cru plus brutal) le cadeau et en libéra une longue écharpe en laine douce, vert prairie. Stupéfait, Dean battit des paupières, contemplant le présent avec une expression proche de l'émerveillement.

- Cas', elle… Elle est splendide ! souffla le chasseur.

Castiel se mordit la lèvre.

- Elle allait avec tes yeux, dit-il.

- Mes yeux, répéta Dean, perplexe.

- Oui. Ils sont verts. Tu n'avais pas remarqué ? s'enquit Castiel, perplexe à son tour.

- Hein ? Euh, si, si, marmonna Dean.

Il souriait à Castiel, et l'ange lui sourit en retour.

Dean sembla reprendre ses esprits et, entourant son cou de l'écharpe (qui lui allait à merveille, nota Castiel avec admiration), se saisit du deuxième paquet, d'un rouge pailleté qui le fit un peu ciller.

Le paquet contenait un mug. Avec un petit dessin représentant un ange. Et l'expression I watch over you ! Le « o » de over avait la forme d'un petit cœur.

- Hrem, toussa Dean, l'air amusé. C'est un message subliminal ?

Castiel haussa les épaules en détournant les yeux. C'était un message, oui. Mais Dean ne parut pas s'en offusquer. Il posa délicatement la tasse sur la table de chevet. Ses doigts effleurèrent ceux de l'ange.

Le troisième paquet était une enveloppe dorée qui contenait deux places VIP pour un concert qui aurait lieu le lendemain à l'autre bout du pays et auquel Dean mourait d'envie d'aller. Avisant le sujet des billets, Dean releva les yeux, l'air ravi.

- C'est un rendez-vous, cette fois-ci ? plaisanta-t-il.

- Seulement si tu en as envie, rétorqua Castiel.

Dean haussa les épaules.

- Tant mieux, alors. On va s'amuser, Cas', tu vas voir.

Le chasseur pressa le bras de son ami, puis se dirigea vers le quatrième cadeau. Castiel déglutit péniblement. Le paquet bleu contenait un cadeau un peu spécial que Dean exhiba avec étonnement.

- Un baume à lèvres ? s'étonna-t-il.

- Tes lèvres sont toutes gercées, expliqua Castiel. Les deux seules solutions pour les soigner sont soit un baume à lèvres, soit la salive de quelqu'un d'autre.

Dean eut un hoquet et le tube de baume s'échappa de sa main pour atterrir sur le front de Castiel.

- De quoi ? glapit Dean, l'air haletant.

Castiel haussa les épaules.

- La salive humaine a des capacités anesthésiantes, l'ignorais-tu ?

Vu la tête de Dean – yeux ronds, bouche ouverte, regard fuyant –, oui, complètement.

- Tu devrais essayer, ajouta Castiel pensivement – espérant que Dean comprendrait le message.

Dean recula… et se prit les pieds dans le tapis. Son coccyx frappa violemment le sol avec un BAM sonore.

- Là aussi, de la salive humaine pourrait te faire du bien, observa distraitement Castiel.

On peut faire de la place sur le lit, Dean, si tu veux, ajouta-t-il en pensée. De la salive d'ange doit être encore plus performante.

- Gggggh, répondit Dean en se relevant, son visage d'un magnifique rouge brique. Hrem. Cinquième cadeau, hein, Cas' ? Héhéhé.

Castiel, un peu déçu, fit la moue mais acquiesça. Pourquoi Dean était-il aussi nerveux ? Leur proximité ne l'avait pourtant pas dérangé récemment. Loin de là. Castiel se souvenait avec acuité de mains dans ses cheveux, d'une tête posée sur ses genoux, de doigts effleurant les siens et de chatouilles sur le canapé.

Dean s'empara d'un paquet jaune fluo orné de smileys et s'empressa de l'ouvrir avec ce tout nouveau soin maniaque qui le caractérisait. Il en extirpa une coque de téléphone personnalisée. Qui représentait une photo de Castiel et de lui, souriant à l'appareil photo.

- Oh, lâcha-t-il en regardant la coque.

Un sourire apparut sur ses lèvres tandis qu'il observait l'objet.

- Chouette photo, commenta-t-il.

- C'est ma préférée, acquiesça Castiel. Charlie dit que nous formons un joli couple, ajouta-t-il après réflexion.

Dean ne répondit rien, contemplant silencieusement la photo.

- Tu crois ? chuchota-t-il si bas que Castiel douta un instant de l'avoir entendu.

Il enfila la coque autour de son téléphone avec un petit sourire, mais, rencontrant des difficultés pour ce faire, y mit les deux mains et força un peu sur les bords de la coque. Castiel fronça les sourcils. Cette scène lui rappelait... Non ? Si ? Tout de même pas ? cela prêtait à confusion...

- On dirait que tu enfiles un préservatif, observa-t-il, perplexe.

Dean sursauta et rattrapa le téléphone qui s'était envolé. Il l'observait d'un air horrifié.

- Tu… tu crois ?

- Sam m'a montré comment faire, rétorqua Castiel.

- Bon Dieu de bon Dieu de bon Dieu de bon Dieu, marmonna Dean, l'air encore plus horrifié.

- Et ça y ressemblait.

- BREF, tonna Dean. Cadeau suivant !

Il s'agissait d'un briquet en argent délicatement gravé, que Dean tourna et retourna entre ses doigts avec un sifflement d'admiration.

- Joli ! commenta-t-il. D'où t'est venue l'idée ?

- De Charlie, répondit Castiel en souriant.

- Ah oui ?

- Oui. Elle m'a dit que je pouvais t'offrir ça pour te prouver à quel point je te trouvais chaud comme la braise…

- Aïïïïïe ! glapit Dean.

Il venait de se brûler avec la flamme du briquet. Il fallait dire que mettre le doigt dedans n'aidait pas tellement à l'entreprise de se conserver intact.

- J'avoue que je n'ai pas compris, confessa Castiel en saisissant le doigt de Dean pour le soigner, mais ce dernier écarta vivement la main.

- CADEAU SUIVANT !

Castiel se pinça les lèvres. Le dernier cadeau était peut-être le pire de tous.

Après avoir ôté l'emballage violet du septième présent, Dean resta bouche bée face à ce qu'il contenait et qu'il extirpa lentement.

Un canard en plastique.

- La dame a été charmante avec moi, fit remarquer Castiel, convaincu. Elle m'a conseillée beaucoup de modèles et m'a aidé à choisir le meilleur.

- Jfrjfrelfkorekflmkzlgnffqfqrùzorgeq, fut la réponse de Dean.

La couleur rouge de son visage contrastait joliment avec le jaune du canard.

Lentement, Dean posa le canard sur la commode et s'approcha de Castiel. Ses yeux brillaient étrangement et ses mains tremblaient. Il lui sourit…

Et, tendant les bras, le serra contre lui.

Castiel, stupéfait, s'abandonna contre le chasseur, qui le pressa contre lui. La respiration de Dean était erratique, et son cœur battait trop fort. Ses mains caressaient son dos.

Dean prit une petite inspiration et déposa un léger baiser sur la tempe de Cas'.

- J'avais raison, tu sais. Tu es beaucoup trop bien pour moi, Cas', chuchota-t-il.

A suivre…