Bonsoir à toutes et à tous ! Voici venu le chapitre 12 ! Au programme ce soir : complications, latin, tartes aux pommes et idées de Charlie. Pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs.
Merci à tout le monde pour vos lectures, vos reviews, vos follows et favoris.
Supernatural ne m'appartient pas, je le rappelle !
Bonne lecture, et n'oubliez pas la review !
Chapitre 12
Leçon n° 11 : Jaloux tu le rendras
Castiel faisait sans cesse des progrès dans sa compréhension des mœurs humaines. Sans cesse. Il fallait dire qu'il était aidé dans son entreprise, par Dean, par Sam, et récemment par Charlie – avec qui il était très rapidement devenu ami, et qui était présentement assise à côté de lui sur le canapé du bunker.
Pourtant, il y avait toujours quelque chose qui lui échappait avec Dean.
Pourquoi, quand il avait l'impression d'avoir avancé de deux pas dans son entreprise de séduction, fallait-il forcément qu'il recule de trois ?
Sans même savoir pourquoi.
Dean, depuis quelques jours, l'évitait sciemment. Depuis son anniversaire, en réalité, et Castiel ne comprenait pas la raison d'une telle fuite – car de fuite il s'agissait. Chaque fois qu'ils devaient ne serait-ce que rester deux minutes dans la même pièce, Dean devait aller se doucher, aller aux toilettes, réparer le moteur de sa voiture, dormir… Castiel n'était pas dupe. Dean n'avait tout de même pas une vessie explosive le contraignant à se rendre aux commodités vingt-huit fois par jour.
Qu'avait-il fait ? Avait-il commis un faux pas quelque part ? Pourtant Dean avait apprécié ses cadeaux. Il l'avait serré dans ses bras. Il l'avait embrassé sur le front. (Cela avait été l'un des plus beaux moments de la vie de Castiel, doux et merveilleux et enivrant.)
Castiel était quasiment sûr que Dean avait à présent des sentiments pour lui. Et il était pratiquement sûr également que Dean avait compris quels sentiments l'ange lui portait. Cette quasi assurance rendait la réaction de Dean d'autant plus incompréhensible que Castiel voyait à peine le chasseur ces derniers temps.
Même Sam ne comprenait pas ce qu'il passait.
Charlie, agacée par tant d'incompréhension, claqua la langue avec exaspération.
- Vous les mecs, vous êtes vraiment trop cons, soupira-t-elle.
Castiel se tourna dans sa direction, perplexe.
- Tu sais quel est le problème de Dean ? s'enquit Castiel avec espoir.
Si Charlie avait une idée du souci de Dean – et donc de la façon dont il pouvait le résoudre – alors peut-être les choses allaient-elle s'améliorer.
- Evidemment, lâcha Charlie d'un ton supérieur.
Elle feuilleta distraitement le magazine de Castiel qu'elle avait posé sur ses genoux.
- Que t'a dit Dean lorsqu'il t'a serré dans tes bras ?
Castiel, désorienté, fronça les sourcils.
- Que j'étais vraiment trop bien pour lui, dit-il.
Charlie eut un petit sourire.
- Eh bien voilà. Le problème est là. Ne cherche pas plus loin.
- Je ne comprends pas, souffla Castiel, désappointé.
Charlie haussa les épaules.
- C'est très simple. Cas', tu es parfait. (Castiel sourcilla, mais elle lui adressa un mouvement de la main pour lui intimer de ne pas protester, et il se tut.) Le petit ami idéal. Gentil. Généreux. Compréhensif. Doux. Romantique. Des tonnes d'amour à offrir. Toujours présent. Toujours un compliment. Des tas de cadeaux à offrir. Et, pire que tout, tu aimes Dean. Il s'en est rendu compte. Et Dean… (Elle soupira, l'air triste.) Dean ne pense pas te mériter, voilà.
Stupéfait, Castiel encaissa le choc et frémit.
- Mais… gémit-il.
Charlie l'interrompit en levant la main.
- Je sais. C'est débile, hein ? Mais il est convaincu qu'il ne saura pas te rendre tout ça, j'en suis sûre. Il pense qu'il va te faire souffrir. Il a peur de… de te casser, en fait.
Castiel, désemparé, secoua la tête. C'était tellement Dean, ça. Et tellement… horrible. Pour eux deux.
- Je suis sûr que jamais il ne me fera souffrir, protesta-t-il. Pas si on est en couple. Et il…
- Je sais, soupira Charlie. Le problème, c'est qu'il l'ignore. Il croit qu'il ne te rendra jamais heureux. Alors il renonce à toi.
Il y eut un silence consterné.
- C'est une belle preuve d'amour, souligna doucement Charlie. Très belle. Je veux dire… il renonce à t'aimer, il renonce même à ton amitié, il renonce à ses espoirs d'être heureux pour que toi, tu le sois.
Castiel sentit quelque chose déborder de son être. De la colère, du désarroi, du désespoir, de la peine.
- M-mais non ! balbutia-t-il. Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! Je…
- Ouaip, approuva joyeusement Charlie. Et c'est là que moi, mon intellect supérieur et mes idées formidablifiques, nous intervenons.
- Ah oui ? grommela Castiel, qui se sentait consumé de peine comme une feuille brûlée par un feu destructeur.
Il aurait voulu disparaître. Ou hurler sur Dean. Ou les deux. Etait-ce seulement possible ?
Charlie eut un sourire triomphant. Elle leva victorieusement Cosmopolitan au-dessus de sa tête.
- A quoi bon ? soupira Castiel, las. Il ne veut pas m'aimer.
Charlie rit.
- Cas', mon mignon petit angelot innocent, on ne renonce pas à quelqu'un comme ça. C'est beaucoup trop compliqué, crois-moi ! Il suffit de pas grand-chose pour réveiller un sentiment qu'on pensait avoir enfoui… De pas grand-chose pour faire s'écrouler toutes ses convictions ! Et ce pas grand-chose, si on est assez futé, on peut le contrôler… le provoquer !
Castiel sentit une vague d'espoir le frapper brutalement. Et, Père, qu'une telle violence était agréable, pour une fois…
Charlie, souriant d'un air ravi en voyant son ami se pencher vers elle avec intérêt, ouvrit en grand le magazine et tapota du doigt le conseil numéro douze.
- On n'a qu'à inverser le conseil douze et le conseil onze… L'ordre, ce n'est rien. Surtout si on a besoin ! ajouta-t-elle malicieusement.
Castiel, fronçant les sourcils, lut le titre du conseil. Jaloux tu le rendras.
- Tu penses que…
- Evidemment. En te voyant t'intéresser à quelqu'un d'autre, ton Deanou d'amour va brusquement devenir très possessif, crois-moi ! s'exclama Charlie.
La pièce parut devenir plus lumineuse à Castiel. Etait-ce possible d'être aussi heureux ?
Toutefois, un détail demeurait obscur, seul point d'ombre dans le monde redevenu clair de l'ange.
- Mais, Charlie… Je ne fréquente personne d'autre que vous, intervint l'ange, soucieux. Il sera difficile pour moi de trouver quelqu'un pour rendre Dean jaloux. Et quelqu'un qui aura le naturel nécessaire à…
Il s'interrompit. Charlie riait.
Elle lui adressa un grand sourire et un clin d'œil.
- Cas', à ton avis, pourquoi je n'ai pas convié Sam à notre petit conseil de guerre ?
Par un miracle difficilement explicable, Charlie était parvenue à convaincre Dean de se joindre à eux de nouveau.
Charlie devait posséder des pouvoirs divins. Ce n'était pas possible autrement.
Sinon elle n'aurait pas non plus réussi à le convaincre, lui, Castiel, ange du Seigneur à la morale (plus ou moins) irréprochable, à faire semblant de draguer Sam Winchester.
Peut-être étaient-ce des pouvoirs démoniaques, finalement.
Etait-il normal qu'il ressente une certaine jubilation à l'idée que ce plan puisse marcher ?
Dire qu'il s'était juré de ne jamais faire quoi que ce soit qui laisserait Sam à penser que Castiel était intéressé par lui. On est peu de choses.
Castiel prit une grande inspiration et apparut dans un froissement d'ailes aux côtés de Dean. Ils étaient censés se rendre dans la forêt voisine pour traquer une meute de loup-garous perpétuellement affamés.
Dean eut l'air gêné lorsqu'il vit apparaître l'ange devant lui. Il toussota et détourna les yeux, avant d'aboyer :
- T'es en retard ! T'étais où ?
Castiel ferma brièvement les yeux (Pardonne-moi, Sam) et se força à arborer un grand sourire joyeux.
- Excuse-moi, Dean ! J'étais avec Sam, et je n'ai pas vu le temps passer !
Il attendit la réponse de Dean.
Qui ne vint pas.
Silence.
Lorsqu'il releva les yeux, il s'aperçut que Dean avait l'air stupéfait.
Selon les conseils du magazine (et de Charlie), Castiel devait également laisser entendre qu'il voulait voir Sam.
Dean fronçait les sourcils en tapant frénétiquement sur les touches de l'ordinateur portable qu'il avait sur les genoux, l'air furieux.
- Raaaah, putain d'ordinateur de merde de saloperie de…
Charlie lui avait également suggéré de faire mille hommages à Sam. Comme pour faire remarquer à Dean que Sam était le chouchou.
- Si Sam était là, il saurait utiliser ça, glissa doucement Castiel en se sentant comme Lucifer le jour où il avait lancé à Michael qu'il était un frère épouvantable.
Dean releva à peine la tête.
- Hun hun, approuva-t-il vaguement.
Castiel fronça les sourcils.
- J'aimerais bien qu'il soit là, ajouta-t-il timidement. Il est… tellement gentil !
Il n'avait pas fait ça ? Si ? Il avait dit ça ? Père. Il… Non. Non pas que Sam fût méchant. Mais Dean…
Dean, justement, releva brièvement la tête.
Puis il s'exclama, l'air joyeux et complètement indifférent :
- Oh, de tout façon, on n'a pas besoin d'un ordi !
Mais ce fut suffisant à Castiel pour voir sa mine vexée.
Dites-lui que l'autre homme en compétition vous attend, que vous devez le voir immédiatement, sans perdre de temps !
- Cas', marmonna Dean, l'air morose, tu veux regarder Dr Sexy ?
Dean avait souvent l'air morose ces temps-ci. Castiel n'en pouvait plus de malheur. Il aurait fait à peu près n'importe quoi pour que son habituel et charmant sourire revienne sur les lèvres du chasseur.
Charlie lui avait assuré que pour qu'il soit heureux, il fallait que Dean soit malheureux un petit instant. Castiel s'y était résolu. Cela ne signifiait pas qu'il appréciait foncièrement l'idée.
Charlie lui avait conseillé de frapper puissamment.
- Hum, grimaça Castiel avec l'impression qu'on lui arrachait les entrailles avec une pince incandescente. Je ne peux pas. Je… Enfin, Sam m'a donné rendez-vous !
Dean glissa sur un morceau du plaid qui traînait à terre, et atterrit avec un bruit sourd sur le sol.
- Quoi ? balbutia-t-il s ans même se relever. Quoi ?
- Oui, approuva Castiel en s'efforçant d'avoir l'air heureux (dure entreprise s'il en était). Nous allons…
Que pouvait-il bien faire avec Sam ?
Il n'y avait pas réfléchi.
D'accord. Sam Winchester. Que faisait-on avec Sam Winchester ?
On utilisait l'ordinateur ? On… On quoi ?
- Nous allons chez le coiffeur, lança Castiel à tout hasard.
Dean se releva vivement. Cette fois-ci, il avait l'air furieux.
- Ben vas-y, vas-y donc chez le coiffeur ! Déjà que tes cheveux ressemblent à rien, tu vas être beau, tiens ! persifla-t-il avant de partir à grands pas coléreux.
Décidément, plus rien n'était pas normal, songea Castiel.
Personne de sain d'esprit n'était heureux qu'on lui dise que ses cheveux étaient laids.
Castiel avait évité, le plus longtemps possible, de montrer qu'il était censé s'intéresser à Sam, devant l'intéressé lui-même. Ça avait été compliqué. A quatre dans un bunker, même large, la tâche était complexe.
Finalement, Charlie dut menacer de lui donner un gros coup de pied aux fesses avec ses talons aiguilles rose bonbon qu'elle ne mettait jamais mais très sexy et très pointues, pour que l'ange accepte d'appliquer la partie du plan en rapport direct avec Sam.
Qui, évidemment, n'était au courant de rien.
Pour qu'il ait des réactions plus authentiques, paraissait-il.
Ce fut ainsi que Castiel vint très naturellement (c'est-à-dire menacé par une Charlie survoltée et furieuse) aux côtés de Sam, qui lisait un livre, assis dans la bibliothèque du bunker. Dean était assis à l'autre bout de la pièce, aux côtés de Charlie, et l'observait attentivement. Très attentivement.
Si Castiel voyait bien, le chasseur aîné tenait son grimoire à l'envers.
Castiel s'assit juste à côté du cadet Winchester, de manière à ce que Dean puisse le voir et qu'il soit très proche de Sam.
Ledit Sam se mit à loucher sur la distance plus qu'inexistante entre leurs deux bras et leurs deux genoux et releva les yeux, l'air gêné.
- Euh, Cas'…
- Que lis-tu, Sam ? s'enquit Castiel qui n'en avait rien à faire mais qui était censé poser la question.
- Euh.
Sam baissa les yeux, déglutit, et annonça d'une voix embarrassée :
- Magie démoniaque et arcanes maléfiques profondes, par le prêtre Vito Cornélius.
- Ah ! s'exclama Castiel comme si c'était la chose la plus passionnante du monde.
Pour ce qu'il en savait, ce livre était truffé d'erreurs et d'approximations.
Mais il fit l'effort de regarder Sam avec admiration comme s'il lisait un ouvrage particulièrement complexe. (En réalité, pour avoir comparé un jour où ils étaient dans une bibliothèque très riche en ouvrages, Dean et l'ange n'avaient pas la même notion de livre complexe. Dean avait déclaré qu'il s'agissait de Prolégomènes au mécanisme transcendental, Castiel avait eu énormément de mal avec Barbie journaliste. Trop de références.)
- Et qu'est-ce que ça raconte ? demanda Castiel en se fendant d'un immense sourire et en posant la main sur son menton d'un faux air fasciné.
Du coin de l'œil, il vit Dean serrer le grimoire au point que ses phalanges devinrent blanches.
Sam le regarda d'un air perplexe.
- Euh. Comment vaincre des démons ?
- Ah ! C'est un bon livre alors !
Sam l'observait avec des yeux ronds, le détaillant sous toutes les coutures et l'air de se demander s'il l'arrosait d'eau bénite maintenant ou s'il attendait encore deux minutes.
- Euh… Je suppose, grommela Sam.
Castiel sourit d'un air ravi.
- Formidable ! Et c'est en latin ?
Sam cligna des yeux, désarçonné. Dean émit un grognement.
- Euh… oui.
Ah, le latin. Tellement simple, comme langue. On apprenait ça aux bébés anges dans leur berceau.
- Et tu arrives à lire cette langue ? s'enquit Castiel, l'air dûment impressionné. C'est très compliqué !
Les sourcils de Sam s'élevèrent à une hauteur jamais atteinte dans l'histoire humaine. Il avait l'air horrifié.
- Euuh… eh ben… c'est que… balbutia Sam, jeeeeee…
- Ooooooooh, roucoula Castiel, se maudissant intérieurement. Tu es tellement fooooooort, Saaaaam !
L'ange n'était pas certain que la méthode de Charlie – dont il venait juste de se souvenir – d'accentuer les voyelles fût concluante. Sam avait l'air de vouloir s'enfuir en courant.
- Et dis-moi, tu apprends des choses ? s'enquit Castiel.
A l'autre bout de la pièce, Dean ouvrait de grands yeux, le visage rouge et la respiration sifflante. On aurait dit un démon sur le point de commettre un massacre.
… Avait-il le droit d'être satisfait que Dean ressemble à un démon commettant un carnage ?
Sam regardait à présent de tous côtés comme une bête traquée, ses yeux fous roulant dans ses orbites et l'air toujours horrifié.
- Ben, ben, ben, je, je, je…
Castiel gloussa (Père, ce bruit, comment faisaient les femmes pour émettre ce son à longueur de journée ?) comme si c'était très amusant.
- Oh, Sam, ne sois pas timide !
Sam battit des paupières.
- Je, euh, je révise comment écraser un démon ? proposa Sam, l'air confus.
Castiel prit une petite inspiration et… éclata de rire. Un rire sonore. Et très faux, mais ce n'était pas grave.
Le grimoire de Dean tomba à terre.
- Sam, tu n'en as pas besoin ! s'exclama Castiel.
Le moment était venu.
Sam, pardonne-moi. Je t'offrirai le plus beau et le plus puissant des ordinateurs pour ton anniversaire. Ou même demain. Je t'arrangerai un rendez-vous avec Gabriel. Je te paierai vraiment le coiffeur. Je nettoierai les toilettes à ta place.
Castiel hésitait entre maudire Charlie ou la vénérer à jamais.
Il sourit à Sam et lentement, fit remonter son doigt sur l'épaule de Sam.
- Tu n'en as pas besoin… Tu es si fort, Sam…
Sam ouvrit des yeux terrifiés. Il se leva d'un bond, repoussa Castiel avec vivacité, et, évitant soigneusement de regarder Dean, s'enfuit en courant.
Et en agitant les bras.
Et en hurlant : « Ne m'approche paaaaaaas ! »
On avait beau dire, les frères Winchester se ressemblaient plus qu'ils ne voulaient l'admettre.
Castiel disparut en un froissement d'ailes. Le temps de repérer que Dean avait l'air…
Furieux ?
Vexé ?
Horrifié ?
Malheureux ?
Jaloux.
Le soir même, Sam se traîna avec toute la lassitude du monde dans la chambre de Charlie où la jeune femme et l'ange se trouvaient.
- Cas', grommela-t-il en se laissant tomber sur la chaise de bureau de Charlie. Mais plus jamais, tu entends ? Plus jamais.
Choqués, l'ange et la rousse l'observaient en silence.
- Sam, murmura Charlie, solennelle. Qu'est-ce que tu as dans les cheveux ?
- De la tarte aux pommes, grogna le chasseur.
Silence.
- Et… Pourquoi ?
Sam ferma les yeux, l'air d'évoquer un souvenir douloureux.
- Dean m'a chopé.
Charlie et Castiel retinrent leur souffle.
- Il était en colère. Enragé. Déchaîné. Il m'a écrasé sa tarte dans les cheveux. On ne le tenait plus. Il était complètement fou. Taré. Dément. Plus rien dans le cerveau. Court-circuité.
Silence de nouveau. Attentif.
- Et ? s'exclamèrent Castiel et Charlie en chœur, avides d'en savoir plus.
Sam, l'air douloureux, les regarda.
- Il m'a dit…
- Il t'a dit ?
- En gros, c'était : « Castiel est à moi, tu entends, connard, à moi, à moi, à moi ! Tu le touches, je t'écrase la tête en deux ! Je réduis tes couilles à néant ! Tu ne l'approches pas, plus jamais, plus jamais, tu entends ça, hein, tu entends ? Répète ! Répète ! Il est à moi et toi tu ne le touches pas, il est trop bien pour toi ! Ne l'approche plus ! Il est à mooooooooi ! Castiel est à moiiiii ! »
Sam accompagnait ses dires de mouvements des mains imitant, dans l'ordre, un étranglement à mains nues, des cheveux hérissés sur la tête de Dean, des serres de rapace, une espèce de sautillement bizarre sur place et des griffures frénétiques. Le tout avec célérité, dans le désordre et accompagné d'un rictus dévoilant les dents et évoquant un drogué en manque.
- Et ? s'enquirent, toujours en chœur, Castiel et Charlie.
Sam soupira et se passa la main sur le front, l'air fatigué.
- Et là… Il est parti. En chantant « Castiel est à moi ! A moi ! A moi ! A moi ! »
Charlie et Castiel s'entreregardèrent en silence.
- Je… continua Sam.
Mais l'ange et la jeune femme ne l'écoutaient plus. Ravie, Charlie avait entraîné Castiel dans une danse sautillante sur le lit qui grinçait sous leurs bonds.
- Famille de tarés, grogna Sam.
A suivre !
