Bonsoir à toutes et à tous pour le treizième chapitre de Comment séduire Dean Winchester en douze leçons ! Au programme ce soir : rien ne va plus ! (Faites vos jeux ! … Hrem.)
Merci à tout le monde, tous mes lecteurs, pour les reviews, les follows, les favorites… Je vous aime.
Je rappelle que SPN ne m'appartient pas !
*** INFORMATION IMPORTANTE ! Vendredi prochain j'ai un oral blanc de français. Je dois apprendre par cœur les analyses détaillées de sept textes tous plus compliqués les uns que les autres. Mon mercredi après-midi sera donc réservé aux révisions. Cela signifie qu'il n'y aura pas de chapitre publié mercredi. J'en suis désolée, mais le travail avant tout ! Si tout se déroule bien, le chapitre 14 arrivera comme prévu samedi prochain. Désolée pour ce contretemps ! ***
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, et attends avec impatience vos reviews !
Chapitre 13
Leçon n° 12 : Proche de lui tu resteras
Le douzième et dernier conseil devait être, selon l'opinion de Castiel, celui qui lui permettrait de former enfin un couple avec Dean. A bien des égards, il était celui que l'ange attendait avec le plus d'impatience, car cela signifierait la fin de ses efforts – et le début d'une nouvelle ère où, il l'espérait, Dean et lui pourraient être heureux tous les deux…
A bien des égards, et malgré ce que son ami avait dû subir (cinq lavages pour enlever toutes les traces de tarte aux pommes), le jour où Dean avait fait part à Sam de sa jalousie avait été l'un des plus beaux de la vie toute entière de Castiel – avec sa rencontre avec Dean, leur premier rendez-vous, et quelques autres.
C'était cette jalousie de la part du chasseur qui convainquit Castiel, le soir même, à prendre son exemplaire de Cosmopolitan et à étudier la douzième leçon – qui était en réalité la onzième, puisque Charlie avait eu l'idée d'inverser les deux, mais peu importait.
Castiel, assis en tailleur sur le lit de sa chambre au bunker – dont il ne se servait jamais, au passage – lisait attentivement l'article.
Il était question, cette fois-ci, de demeurer proche de Dean, et ce, par une foule de moyens plus ou moins éclectiques.
Le but est de lui démontrer que non seulement vous vous intéressez à lui, mais de plus que vous êtes intéressée par une relation plus qu'amicale. Prouvez-lui qu'il peut avoir confiance en vous, par exemple…
Cet article tout entier était un problème, en réalité.
Castiel avait toujours été présent pour Dean, et il ne voyait guère ce qu'il pouvait faire de plus dans ce domaine-là.
L'article évoquait énormément de choses à faire.
Pardonner à Dean ses maladresses, par exemple. Mais Castiel avait toujours tout pardonné au chasseur. Toutes les fins du monde, toutes les insultes, tous les abandons, toutes les blessures étaient pardonnées et oubliées depuis bien longtemps. Que pouvait-il faire de plus ?
Ou encore, rechercher la compagnie de Dean. Mais là aussi, cela faisait fort longtemps que Castiel appliquait cette directive. Combien de fois s'était-il incrusté dans des chasses qui ne le concernaient pas ? Combien de fois avait-il suivi le chasseur un peu partout y compris lorsque le chasseur ne le désirait pas ?
Réconforter Dean lorsqu'il allait mal et l'aider, une option également évoquée par le magazine. Sauf que Castiel avait déjà fait tout ce qui était possible dans ce domaine – sachant que Dean montrait ses sentiments à peu près aussi souvent qu'il se déguisait en soubrette. (Ce qui, pour information, était arrivé une seule et unique fois, lors d'une chasse pour le moins originale, qui, pour ce qu'en savait l'ange, avait passablement traumatisé les deux frères.)
Plus il y réfléchissait, plus Castiel se rendait compte que ce conseil était inapplicable.
Pour la simple et bonne raison qu'il ne cessait de l'appliquer.
La situation présente n'était pas dénuée de problèmes pour Castiel.
Le premier était Dean. Encore.
Si le chasseur était à présent parfaitement conscient qu'il était amoureux de l'ange – lequel sentait encore son cœur en faire des bonds de bonheur – il fallait à présent qu'il se décide à le lui déclarer.
Et puis, évidemment, il fallait absolument qu'il parvienne à se faire pardonner de Sam.
Ce qui s'annonçait comme une tâche complexe.
Ses offrandes de paix – constituées de cookies tout chauds, d'ordinateurs flambant neufs et de grands sourires désolés – avaient été rejetées sans pitié.
Castiel soupira.
En plus de tout ça, il ne savait pas quoi faire du dernier conseil de Cosmopolitan.
Et on disait que l'ange étaient capables de miracles.
Dieu avait dû être distrait lors de sa conception, ce n'était pas possible autrement. Un ange normal n'était pas aussi malchanceux que lui.
Il était tenté de demander à Dieu ce qu'il lui avait fait pour être tenté ainsi.
Probablement était-ce une revanche karmique pour avoir dragué Sam Winchester.
Castiel pensait qu'une fois cet épisode passé, les choses reviendraient à la normale.
Il s'était trompé.
Il s'en aperçut lorsque, sortant de sa chambre de bon matin pour aller petit-déjeuner – ce n'est pas parce qu'on n'a pas besoin de manger qu'on n'aime pas ça, d'abord, Gabriel avait parfaitement raison, Gabriel avait toujours raison – Castiel percuta quelque chose.
Perplexe, il releva la tête. Que faisait un mur au milieu du couloir ?
(Ce n'était pas parce qu'on n'avait pas besoin de dormir qu'on ne pouvait pas faire une sieste pour se reposer. Séduire un Winchester, ce n'était pas de tout repos. Presque une discipline olympique. Tout cela pour justifier le fait que Castiel n'était absolument pas réveillé, et non, ce n'était pas grave, il faisait ce qu'il voulait, d'abord.)
L'ange s'aperçut très vite qu'il ne s'agissait pas d'un mur.
Mais de Dean.
Son torse était agréablement musclé pour qu'il le prenne pour un mur, songea rêveusement Castiel qui se perdit quelques secondes dans son expectative de ce qu'il ferait au juste du torse de Dean si…
Une seconde.
Castiel prit le temps de détailler la scène.
Dean était planté, parfaitement immobile, devant la porte de sa chambre, et, présentement, devant l'ange. Il souriait de toutes ses dents, l'air un peu timide, mais indéniablement enthousiaste. Et…
Il tenait un plateau dans ses mains ?
Plein à ras bord de tasses de café, de croissants, de confiture et de pain ?
Castiel cligna des yeux.
Les anges pouvaient-ils rêver ?
Dean lui apportant le petit-déjeuner au lit ? Non mais franchement. Il fallait n'avoir aucun sens des réalités pour rêver de ça. Et puis quoi encore ?
Castiel était sur le point de se promettre d'arrêter de regarder Dr Sexy et de cesser définitivement les bières, lorsque le sourire de Dean s'accentua dangereusement et que le chasseur le saisit par le bras et le traîna à l'intérieur de sa chambre.
- Cas', bonjour !
- Euh… bonjour, Dean.
Ce rêve prenait une tournure de plus en plus étrange. Dean Winchester poli. Son café de la veille avait-il été drogué ? Pouvait-on droguer un ange ?
Une seconde. Ce n'était pas un rêve, si ?
Dean le fit s'asseoir sur le lit avec délicatesse – mais que se passe-t-il, Père ? – et lui adressa un grand sourire.
- Ecoute, Cas', aujourd'hui tu ne manges pas dans la cuisine, OK ? annonça-t-il d'un ton léger, son plateau dans les mains.
Une hallucination, alors ?
- Et pourquoi, je te prie ? s'enquit Castiel.
Peut-être était-ce le début d'une hallucination érotique, à défaut d'être un rêve érotique. Castiel en avait vu dans Dr Sexy. (Très instructive, cette série, finalement.) Peut-être que cela allait se finir précisément dans ce lit, en fait. Il était d'accord pour avoir Dean en tant que petit-déjeuner, en tout cas.
Dean pinça les lèvres, l'air vaguement mécontent.
- Sam est malade, dit-il d'un ton neutre. Il risque de te contaminer. Tu manges ici.
Oh.
D'accord. OK.
Dean était toujours jaloux. C'était aussi bête que cela.
Castiel eut soudain honte d'avoir cru que c'était un rêve. Bien sûr que Dean pouvait être gentil. Evidemment. Imbécile d'ange.
- Je ne risque pas d'être contaminé, protesta-t-il.
- Si, rétorqua Dean d'un air buté. Et du coup tu ne peux pas le fréquenter aujourd'hui. Ni demain. Ni pendant une semaine, tiens. Ou un mois, pour être prudent.
Castiel fut frappé par l'idée que la dictature de Dean était de retour au bunker. Au secours.
Vite, trouver quelque chose à dire pour étouffer dans l'œuf la Dictature. Vite, vite, vite.
- … Ce n'est pas comme si j'avais particulièrement envie de voir Sam, lâcha-t-il bêtement.
Pardonne-moi, Sam. C'est pour le bonheur de Dean. Et le mien, accessoirement.
Dean eut l'air surpris.
- Mais…, protesta-t-il faiblement, l'air stupéfait.
Et Castiel pouvait le comprendre. Ce n'était pas comme si l'ange n'avait pas fait mine d'être accro à Sam Winchester pendant une bonne semaine.
Il y avait vraiment eu une erreur lors de sa conception pour qu'il lâche des choses aussi stupides, non ?
Puis, soudain, Dean reprit un air normal et s'assit sur le lit, déposant le plateau sur les genoux de Castiel d'un air enthousiaste.
- Alors, voilà, reprit-il. Je t'ai préparé un petit-déj'. (Une seconde de pause.) En fait, je ne savais pas comment tu prends ton café. Alors j'ai fait un peu de tout.
Avec la sensation d'avoir atterri dans une autre dimension, Castiel compta le nombre de tasses.
Douze.
Dean faisait encore plus fort que lui.
Puisqu'il ne savait ni quoi dire ni quoi faire, Castiel se fendit d'un grand sourire.
- Merci beaucoup, Dean. C'est vraiment très gentil de ta part… J'apprécie.
L'autre alternative étant un exorcisme, l'ange avait songé qu'il pouvait toujours tenter la politesse avant toute chose. Si jamais il s'agissait de Crowley déguisé à Dean, il serait toujours temps d'agir.
Mais ce ne pouvait définitivement pas être Crowley.
Crowley ne rougissait pas.
Les jours suivants, aux yeux de Castiel, s'apparentèrent étrangement à de la folie.
Rien n'allait plus dans le monde qu'il s'était construit et qu'il pensait parfaitement, totalement et entièrement cadré, droit, parfait.
Il n'avait absolument plus du tout la possibilité de seulement tenter d'appliquer la dernière leçon du magazine.
Et pourquoi ça ? Parce que Dean l'en empêchait.
Le chasseur suivait Castiel à peu près partout, à présent. L'ange ne pouvait plus sortir d'une pièce ou entrer dans une autre sans croiser Dean sur son chemin, grand sourire aux lèvres – et généralement toujours avec quelque chose dans les mains. Des cookies tout chauds. Une tarte aux pommes. Un DVD qu'il voulait faire voir à l'ange. Un livre qu'il avait trouvé. Une invitation à un concert. Un coussin pour lui soutenir le dos. Un pull pour qu'il n'ait pas froid.
Castiel ne pouvait même plus s'asseoir tout seul, à présent. A chaque fois qu'il faisait mine de poser son postérieur quelque part, Dean apparaissait comme par magie derrière lui – l'ange n'avait jamais vu un humain se déplacer aussi vite, même le sportif nommé Usain Bolt allait moins vite que Dean. Le chasseur tirait systématiquement la chaise derrière l'ange pour qu'il puisse s'asseoir le plus confortablement possible. Ce qui posait problème lorsque l'ange s'asseyait sur le canapé. Il était délicat de tirer un canapé, n'est-ce pas.
Dean ne se contentait pas de suivre Castiel à la trace comme si leurs rôles d'ange gardien et de protégé avaient été inversés. Il l'abreuvait également de paroles en tout genre.
Enfin, en tout genre, pas totalement, en réalité.
Avaient été racontées pas moins de vingt-trois histoires rocambolesques mettant en valeur Dean, son courage, sa force, sa loyauté, sa générosité, sa gentillesse, sa beauté physique, sa sensibilité et son intelligence – et même une fois sa voiture. Comme par hasard, Sam jouissait dans ses aventures – lorsqu'il apparaissait, parce que généralement il était « en train de boire comme un trou avec une nana dans un bar » ou « de pioncer » ou « de faire encore son contestataire, franchement il est pas tranquille ce gars, hein, pas stable, hein » – Sam, lorsqu'il apparaissait, héritait du rôle soit d'assistant de Dean, soit de victime, soit de chasseur présomptueux sans talent. Castiel soupçonnait que les trois quarts – pour ne pas dire l'entièreté, il était trop gentil pour ça – de ces histoires avaient été inventées. Dean avait après tout eu le culot, lors d'une histoire particulièrement emportée, d'annoncer que Sam s'était fait dévorer et digérer par une chimère. Castiel avait failli lui demander comment son frère en était ressorti, mais avait préféré laisser passer.
Ce n'étaient pas les seules critiques plus ou moins déguisées que Dean laissait échapper.
Castiel compta pas moins de cent trente-sept piques lancées envers la gent féminine, depuis « ah, ces femmes, toutes les mêmes » à « je pense que je ne pourrai jamais être heureux avec une femme » en passant par « pff, les femmes c'est pas intéressant, au final, on en parle mais on s'en lasse vite ».
Il y avait quelque chose qui n'allait pas du tout.
Et puis, eut lieu le dîner.
C'était un soir, dans la cuisine du bunker.
Dean avait accepté de revenir manger avec Sam, s'étant, manifestement, réconcilié avec son frère en ce qui tenait d'un miracle difficilement explicable.
La première chose que constata Castiel – avec l'impression, une fois de plus, d'être passé dans une dimension parallèle – c'était que Dean mangeait une salade.
Certes, avec un steak. Mais une salade… !
Et le steak, précisément. Dean l'avait découpé. En petits morceaux. Bien propres.
Et justement. Dean mangeait proprement. Pas de sauce qui dégoulinait. Pas de rire gras. Pas de bavardage la bouche pleine.
Et en parlant de bouche, celles de Charlie et de Sam étaient grande ouvertes de stupéfaction.
Dean. Mangeait. Proprement.
Ciel.
Dean se racla la gorge et se tapota la bouche avec sa serviette immaculée qu'il avait posée sur ses genoux, reposa ses couverts avec distinction et, se tournant vers Castiel, ouvrit la bouche.
L'ange se prit à espérer. Ça y était. Dean allait sortir une des blagues potaches dont il avait l'habitude, et ce Dean si policé allait disparaître, et bon vent.
Mais Dean sourit et dit tout autre chose.
- Je te trouve très en beauté, ce soir, Castiel.
Cette fois-ci, ce fut Charlie qui s'étrangla avec sa bouchée de steak.
Elle s'étouffait tellement, les deux mains sur la gorge, émettant des « couiiiiiic » suraigus d'appel à l'aide, que l'ange et les deux humains durent se lever pour lui taper dans le dos.
- Hrem, souffla Charlie, encore sous le choc. Vous souciez pas de moi. Continuez, hein, continuez. C'est passionnant. Mieux que la télé.
La discussion reprit là où elle s'en était arrêtée, Castiel étant distrait, perturbé par ce qu'avait dit Dean. Etait-ce… un compliment ?
Il constata alors que si c'était un compliment, alors ce n'était pas le seul que Dean lui fit.
Le chasseur riait, gloussait, pouffait à tout ce que l'ange. Il s'esclaffait à haute voix, le plus fort possible, étouffant même la voix de Sam.
Visiblement, que Castiel déclare qu'il fallait passer au dessert était très drôle. De même que sa remarque sur la nouvelle coiffure de Charlie.
Charlie interpréta très mal la chose, et expédia un bout de pudding à la tête de Dean.
Ce fut à cet instant – lorsque Dean se leva pour se recoiffer – que l'ange remarqua avec un choc que le chasseur s'était soigneusement coiffé. Et parfumé d'eau de Cologne. Et habillé de sa plus belle chemise et de son jean le plus moulant.
(Qui lui allait à merveille, soit dit en passant. Magnifique postérieur.)
Mais que se passait-il donc ?
Il ne cessait de toucher Castiel. Son genou contre le sien. Une main sur son bras. Dans ses cheveux. Sur sa joue. Castiel se sentait vaguement palpé. Surtout lorsque Sam fit tomber par accident son verre sur le pantalon de l'ange et que son frère entreprit de nettoyer la tache… avant de s'apercevoir où elle se situait. Castiel eut la nette impression que Dean avait sincèrement hésité à tripoter l'endroit plus avant.
Il ne cessa pas de complimenter Castiel. Pas une seule fois. « Tu as de beaux cheveux ce soir », déclara-t-il à un moment. Puis : « Ta chemise est splendide » (alors que c'était la même que d'habitude), « Tu es très intelligent ce soir , Cas' » (pourquoi, il était stupide le reste du temps ?) ou encore « mmh, tu sens bon, c'est quoi ton parfum ? ».
Charlie ne pouvait plus s'arrêter de rire, et ce n'était certainement pas dû au whisky qu'elle avait bu.
Dean sortait un nombre exponentiel de plaisanteries, dans le but visible de faire rire l'ange.
La blague du petit pois dans l'ascenseur laissa Castiel assez dubitatif.
Sam, en revanche, explosa littéralement de rire, la tête enfouie dans sa serviette de table – couverte de sauce.
- Ah, là, là, Cas' ! s'exclama-t-il lorsqu'ils allèrent se coucher. Sérieux, ton truc de drague sur moi, c'est pardonné et plus qu'à ton tour. Ça en valait la peine rien que pour voir Dean ce soir ! Mon Dieu mes côtes ! J'en peux plus !
Castiel, lui, était loin de rire.
Dean n'était plus lui-même, et cela devenait gênant. Ce n'était pas ce Dean-là que Castiel aimait. Le Dean dont Castiel était tombé amoureux était brouillon, impulsif, têtu, passionné, incontrôlable, irrévérencieux, audacieux et impertinent. Ce Dean manquait à Castiel.
Alors pourquoi…
Ce fut alors que Castiel comprit.
Dean n'avait pas été bizarre. Au contraire.
Il avait tenté de séduire Castiel.
Exactement comme l'ange l'avait fait avec le chasseur.
A suivre…
