Bonjour ! Encore merci pour vos reviews qui malgré une période chargée m'incitent à écrire. Alors comme promis, voici le nouveau chapitre.

Bonne lecture


Chapitre 3

"La raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le cœur seul nous dit ce qu'il faut faire "

Joseph Joubert

Du côté du poste, Kate essayait de se concentrer sur les derniers rapports à lire depuis une vingtaine de minutes déjà, mais en vain. Elle n'arrêtait pas de penser à l'homme qui se trouvait à ses côtés, à celui qui l'avait abandonné sans se retourner. Elle voulait des réponses, elle voulait savoir pourquoi il était parti. Alors elle cessa son travail pour l'examiner un instant, le temps de trouver le courage de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. Il semblait une nouvelle fois perdu dans ses pensées et une lueur de profonde tristesse avait de nouveau assombrit ses yeux bleus devenus froids. Son visage avait perdu toute insouciance pour laisser place à une colère sans nom. Oui, son regard auparavant doux et aimant n'était plus que tristesse et colère, plus rien à voir avec l'homme d'il y a cinq ans. Une pointe de tristesse serra son cœur à cette constatation, elle avait définitivement perdu l'homme dont elle était tombée amoureuse sans jamais avoir pu lui avouer... Elle se détourna quelques secondes de sa contemplation pour essuyer discrètement une larme solitaire qui ruisselait délicatement sur sa joie. Elle en profita aussi pour reprendre une grande inspiration avant de se lancer à poser sa question, celle qui la torturait depuis des années.

_ Pourquoi ?

_ Hein ?

Il releva la tête, sortant de ses sombres réflexions et retrouvant instantanément sa poker face. Il n'avait visiblement pas compris le sens de la question, en fait, il n'avait peut-être même pas entendu ce qu'elle avait pu lui dire. Kate captant son incompréhension lui reposa la question.

_ Pourquoi êtes-vous parti ? Sa voix trahissait la colère, mais aussi l'espoir d'avoir enfin sa réponse. Pourquoi nous avoir abandonnés ?

_ C'est compliqué...

_ Expliquez-vous alors ! J'ai tout mon temps et vous me devez au moins ça.

_ Je, je ne peux pas. Je suis désolé.

Beckett crut entendre l'espace d'un instant un trémolo dans sa voix avant que celle-ci ne retrouve son ton devenu habituellement froid et professionnel.

_ Est-ce pour entrer au FBI que vous vous êtes enfouis et que vous avez tout plaqué ?

_ En partie, oui.

_ Pourquoi ? La colère avait totalement cédé au désespoir.

_ Lieutenant Beckett. Voici les portraits-robots des suspects pour votre affaire.

_ Merci.

Cette intrusion permit aux deux personnes présentes de reprendre constance pour revenir à une conversation plus professionnelle. Mais elle permit surtout à Castle de ne pas répondre à cette question, question à laquelle il ne comptait en aucun cas y répondre. Son seul et unique but était de résoudre enfin cette enquête puis repartir à sa nouvelle vie. Beckett, elle, utilisa cette pause pour se calmer puis elle examina quelques minutes les deux portraits avant de les tendre à Castle.

_ Alors, c'est bien eux ?

_ Oui, enfin c'est bien lui. Il indiqua le portrait de l'homme qui semblait le plus âgé. L'autre n'est pas connu de nos services, mais il doit être son assistant ou son apprenti.

_ Peut-être que c'est simplement un nouveau membre de leur groupe.

_ Non. Il a toujours travaillé seul ou avec un apprenti. Et vu l'âge de celui-ci, je suppose qu'il vient d'être recruté suite au suicide de son ancien apprenti.

_ Pourquoi ne l'avez-vous pas encore attrapé malgré que vous connaissez son identité ?

_ Eh bien. Premièrement, le fait qu'il travaille seul lui permet une plus grande discrétion, de mieux se cacher ce qui ne facilite pas nos recherches puisqu'il agit toujours dans des villes importantes à des heures où il y a tout juste suffisamment de témoins pour le reconnaître -c'est comme une signature pour lui- mais pas assez pour le suivre ou l'arrêter. Enfin, il ne reste jamais longtemps dans la même ville, ni dans le même pays et il change d'identité à chaque fois. Nous avons déjà retrouvé dans plusieurs de ses planques de nombreux passeports et papiers ainsi que des plans de construction de bombes, mais il réussit toujours à avoir une longueur d'avance sur nous, comme pour nous narguer. Il finit sa phrase sur un ton plein de rancœurs. Il est actuellement activement recherché par de nombreux pays notamment en Europe, mais aucun des services concernés n'a encore trouvé comment il réussit à passer les frontières alors que son portrait est diffusé dans chaque aéroports, ports, gares et autres de nombreux pays depuis plusieurs années.

_ Et que s'est-il passé avec son ancien apprenti ? Continua de le questionner Beckett.

_ Il s'est tué en cellule avec une capsule de cyanure qui se trouvait dans une dent creuse. Une méthode lâche pour éviter de nous dire ce qu'il savait et ainsi de trahir son maître... Enfin, si on réussit à attraper celui-là et à lui enlever la capsule avant qu'il l'utilise, on pourra peut-être obtenir des informations et mettre fin à ce carnage.

Il se dégageait une sorte d'amertume, de rancœur de Castle lorsqu'il abordait l'enquête. Son regard devenait noir de détermination à trouver le coupable. Kate percevait tout ça et elle savait que ce n'était pas normal. Il était trop professionnel, trop déterminé à boucler cet assassin ce qui n'était pas mauvais certes puisqu'il méritait amplement d'être enfermé comme un animal pour les douleurs qu'il avait pu causer à de nombreuses personnes néanmoins, ce n'était pas Castle. Castle était drôle en toutes circonstances et affectueux avec son regard tendre à faire fondre tandis que Rodgers, celui qui se trouvait devant elle, était bien trop différent, presque aux antipodes de ce qu'il avait été quelques années auparavant. Et au fond d'elle, elle pressentait que ce changement d'attitude était lié à son départ.

_ Bon, alors je vais demander à Espo et Ryan de nous chercher des informations sur cet homme. Elle indiqua le portrait qui semblait le plus jeune.

_ Très bien. Je dois passer un coup de fil à mon équipe pour que l'agent Stène vous débriefe sur le dossier pendant que je m'occuperai de la presse.

_ Qu'est-ce que vous allez faire avec la presse ?

_ Pour éviter qu'ils ne nous gênent durant l'enquête, je leur ai promis une conférence de presse. Bien sûr, je ne leur divulguerai pas grand chose, une importante partie de ce dossier doit rester confidentielle.

_ Je croyais que vous aviez cessé tout contact avec la presse ! S'étonna le lieutenant.

_ C'est le cas. Je ne vais pas à cette conférence en tant qu'écrivain ou personnalité médiatique, je ne suis plus cette personne depuis longtemps. J'y vais uniquement en tant qu'agent fédéral ainsi ils me laissent en paix.

Il partit laissant Beckett seule face à son désarroi. Elle avait cru pendant ses cinq longues années que de ne pas le voir ni d'avoir de ses nouvelles étaient la pire des choses, mais elle se rendit compte qu'elle avait tort. Pire que d'avoir perdu son amour quelque part c'est de voir que celui-ci n'est plus que l'ombre de lui-même, un fantôme de ce qu'il était.

Beckett resta seule au bureau pendant près d'une quinzaine de minutes avant que que Esposito et Ryan ne reviennent. Alors qu'elle les briefait rapidement sur le peu qu'elle savait, l'agent Stène et le Dr Flaneur ainsi que deux autres hommes qu'elle ne connaissait pas débarquèrent. Ils s'avancèrent directement vers le petit groupe et c'est l'agent Stène qui prit en premier la parole.

_ Lieutenant Beckett. Je vous présente l'agent Emrich et l'agent Dutchner.

_ Et voici le lieutenant Ryan et le lieutenant Esposito. Les présenta à son tour Beckett. Je suppose que votre médecin légiste souhaite rejoindre le Dr Parish pour l'autopsie.

_ C'est bien ça. Et si ça ne vous dérange pas, nous aimerions que vos agents travaillent en duo avec les nôtres. Ainsi nous progresserions plus efficacement pour retrouver l'assistant et sait-on jamais le tueur à la bombe.

_ Très bien. Esposito, tu n'as qu'à aller avec l'agent Emrich faire des recherches sur l'assistant, je veux tout savoir de lui. Ryan, tu iras donc avec l'agent Dutchner voir certains des blessés graves se sont réveillés et peuvent nous donner leur témoignage.

Le groupe de Ryan partit en direction de l'ascenseur tandis que celui de Esposito se rendait à la salle de conférences avec un ordinateur portable ne laissant sur place plus que le Dr Flaneur, l'agent Stène et Beckett. Cette dernière conduisit le médecin légiste à la morgue puis remonta à son bureau où l'attendait Stène. Celui-ci avait disposé différentes photos sur le tableau blanc et quelques annotations en dessous de celles-ci. Il y avait aussi un important tas de papier sur le bureau qui semblait la narguer.

_ Voici les différents dossiers sur l'enquête, mais je peux vous en faire un résumé si vous ne voulez pas perdre votre temps à les étudier. Il indiqua la pile sur le bureau puis se dirigea vers le tableau. Ici, c'est tous les endroits qui ont été touchés par le tueur à la bombe. On peut remarquer que ce sont presque tous des restaurants ou des bars chics et à chaque fois seul une petite dizaine de personnes est touchée.

Elle examina de nouveau la pile de dossiers. Elle semblait immense, telle qu'elle n'était pas sûre de pouvoir finir de la lire avant le lendemain même si elle y passait chaque minute y comprit sa nuit.

_ Bon, je ferai mieux de m'y mettre. Plus tôt j'aurai lu tout ça, plus tôt on pourra vraiment commencer.

_ Auriez-vous un ordinateur pour que je puisse travailler à vos côtés au cas où vous auriez besoin de plus d'informations sur un des dossiers.

_ Oui, bien sûr. Prenez mon bureau.

Elle lui laissa son bureau et alla chercher une chaise qu'elle installa devant l'amas de papier. Elle se rendit dans la salle de repos pour se prendre une bonne tasse de café avant de commencer cette tâche titanesque. Puis revint sur sa chaise et prit le premier dossier dans un soupir de lassitude. Ainsi les nombreux dossiers passèrent devant ses yeux les uns après les autres.


Voilà alors vous en pensez quoi ?

N'hésitez pas à me faire par de votre avis, il compte beaucoup pour moi, car ils permettent de s'améliorer, mais aussi de continuer à écrire...

Alors à dimanche prochain sans faute.