Bonjour à tous.
J'espère que l'histoire vous plait toujours et merci pour vos reviews. Alors voilà la suite, bonne lecture.
Chapitre 4
« Qui sait ce qu'est le vrai bonheur ? Je ne parle pas du mot si galvaudé, mais de cette terreur nue. Même aux âmes esseulées, il apparaît voilé et les plus tristes d'entre nous en garde toujours un souvenir ou une illusion. »
Joseph Conrad
La nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures lorsque Kate releva la tête de son dossier. Elle n'était pas encore arrivée à la moitié qu'elle en avait déjà marre. Elle se leva alors pour aller chercher un nouveau café lorsque l'agent Stène l'interrompit dans son geste.
_ Vous devriez aller vous reposer. Il est tard, vous finirez demain.
_ Vous aussi, vous devriez rentrer. Remarqua Beckett.
_ Non, pour ma part, je préfère rester. Plus j'aurai d'informations à transmettre à Rodgers demain mieux ce sera.
_ Vous traite-t-il si mal que vous ne pouvez pas dormir la nuit pendant que lui est déjà dans son lit ? Railla Beckett.
_ Oh, je ne pense pas qu'il soit chez lui à cette heure-ci. Répondit évasivement l'agent.
_ Comment ça ? Demanda Kate avec un vif intérêt, mais aussi une pointe de jalousie et de colère en l'imaginant avec une autre femme.
_ Généralement il reste dans son bureau à travailler jusque très tard, quelque fois il s'endort même dessus -à se demander s'il a un chez lui-. Et notamment pour cette affaire, je ne pense pas qu'il rentrera chez lui cette nuit, il doit encore être dans son bureau à lire et relire tous les rapports à la recherche du moindre indice. Il prit une pause, hésitant avant de continuer. Rodgers est un des meilleurs agents que je connaisse, toujours le premier arrivé et toujours le dernier à partir. Mais lorsqu'on se retrouve sur cette affaire, Rodgers est encore plus dur avec lui-même travaillant en solitaire, faisant fi des règles et se mettant parfois en danger... Néanmoins, il est toujours là pour ses agents.
_ En tout cas, ce matin il n'était pas à l'heure, loin de là...
_ S'il était en retard, c'est parce qu'il était à l'hôpital.
_ Que s'est-il passé ? S'inquiéta Kate.
_ Hier, on a eu une intervention musclée et je me suis mis en danger en entrant dans une planque sans vérifier si les suspects avaient des armes ou non. Un des hommes m'a tiré dessus me visant au cœur, mais Rodgers s'est jeté sur moi pour me protéger et prendre la balle à ma place. Comme je vous l'ai dit, il ferait n'importe quoi pour son équipe. D'ailleurs, sans lui, je serais sûrement mort à l'heure qu'il est. Heureusement, il n'a été touché qu'à l'épaule gauche donc rien de trop grave. mais quelques centimètre plus à droite et il serait mort à ma place...
Kate était à la fois étonnée et inquiétée par cette histoire. Elle savait que Castle était prêt à se sacrifier pour les autres, il l'avait déjà prouvé à de nombreuses reprises avec elle, mais le faire si inconsciemment alors qu'il avait une famille, ça la choquait. Et s'il était mort ! Qu'aurait ressenti sa fille ? Elle se serait sentie abandonnée par son père et ne s'en serait jamais complètement remise comme elle avec le meurtre de sa mère. Alors c'est naturellement que ces mots sortirent de sa bouche sans qu'elle ne puisse les arrêter :
_ Mais il est malade ou quoi ! Sa famille a dû se faire un sang d'encre !
_ Je crois qu'il n'a pas de famille. Avoua l'agent Stène désolé par cette constatation.
_ Si, il a une fille qui doit avoir une vingtaine d'années maintenant et une mère dont il est très proche et avec qui il vivait.
_ Vous le connaissez !? Mais comment ?
_ Eh bien, il m'a accompagné dans mes enquêtes pour écrire ses livres pendant quelques années.
_ Je n'étais pas au courant... Ça fait un peu plus de trois ans que je travaille à ses côtés et il ne m'a jamais parlé de sa famille et je ne l'ai jamais rencontré non plus, même quand il s'est retrouvé à l'hôpital après s'être fait torturer. J'ignorais aussi totalement qu'il était écrivain... En fait, il ne parle jamais de sa vie personnelle. D'ailleurs je n'aurai jamais cru qu'il en avait une étant donné qu'il passe tout son temps à travailler.
_ Comment ça il s'est fait torturé ?
_ Eh bien, depuis que je le connais, il est obsédé par deux enquêtes. La première, c'est celle sur laquelle nous sommes actuellement. La seconde est celle qui lui a valu un long séjour à l'hôpital, mais pour les deux c'est lui qui a demandé à en être en charge dès qu'il a été assez gradé pour avoir quelques privilèges et bizarrement les hautes instances ont accepté sans même connaître ses motivations... D'ailleurs personne ne les connaît et pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé de savoir, mais il ne s'est jamais confié.
_ Vous pouvez me raconter l'autre affaire si cela ne vous dérange pas.
_ Oui, bien sûr. Rodgers a ré-ouvert une affaire délicate qui était close depuis peu. C'était une affaire de flic corrompu enfin, vous voyez le genre ? Donc un jour, il a débarqué à l'agence alors qu'il avait été attribué à New-York depuis à peine une semaine avec un carton rempli de nouvelles preuves et une clé USB tout aussi remplie d'informations. L'affaire a donc été ré-ouverte et notre équipe s'est mise à bosser dessus en attendant d'avoir des nouvelles du tueur à la bombe – car il avait demandé avant même son arrivé ici à être placé dessus-, mais il s'est avéré que c'était beaucoup, beaucoup plus gros que quelques flics pourris. Ça touchait les plus hautes sphères de notre société. Quand on a appris ça, on a essayait de la jouer un peu plus discret pour éviter que notre enquête remonte aux oreilles des concernés, mais apparemment, il était déjà trop tard. Quelques jours plus tard, Rodgers se faisait kidnapper et torturer. Ils voulaient faire pression sur lui pour qu'il cesse son enquête, mais aussi pour savoir où nous en étions, mais il n'a jamais rien dit. Du coup lorsque nous l'avons retrouvé presque une semaine plus tard, il était presque mort. Il a dû subir bon nombres d'opérations et suivre des mois de rééducation, mais même après tout cela il a continué et il s'est acharné dessus alors que plusieurs membres de l'équipe refusaient de continuer parce qu'ils avaient peur des représailles. Enfin, nous avons tout de même fini par avoir le commanditaire de tout ceci et ça grâce à Rodgers, mais il n'en a jamais reçu les mérites alors que c'était l'affaire de sa carrière !
_ Qui était le commanditaire ?
Kate s'inquiétait de savoir de quelle affaire il parlait. Elle ne voulait pas que ce soit la sienne, elle ne voulait pas qu'il ait souffert pour elle. Ça serait trop à accepter...
_ Le sénateur Bracken. Il n'hésitait pas à se salir les mains pour gravir les échelons. Enfin vous avez dû en entendre parler ça a fait la une des journaux pendant des jours d'autant qu'il se présentait aux présidentielles.
Beckett fut décontenancée à l'entente du nom de Bracken. C'était celui qui avait fait tuer sa mère ainsi que Montgomery et bien d'autres encore... Évidemment, elle savait que quelqu'un avait résolu son affaire, elle l'avait lu dans les journaux mais quand elle avait cherché à connaître ceux qui avaient résolu son affaire, elle n'avait eu droit qu'à un simple « classé confidentiel ». Jamais au grand jamais elle n'aurait cru que c'était grâce à Castle que la justice lui avait enfin été rendue. Castle qui était sorti de sa vie et dont elle croyait être sortie de la sienne aussi lui avait fait le plus beau cadeau possible en résolvant son affaire. De plus, c'était lui qui avait demandé à être placé sur cette enquête ce qui signifie qu'il avait forcément pensé à elle durant ces quelques années ! A cette pensée son cœur rata un battement, car malgré les années elle n'avait jamais pu se résoudre à l'oublier. Castle, celui qu'elle avait considéré comme son « one and done »
_ Lieutenant Beckett ! Vous allez bien ? S'inquiéta l'agent Stène.
_ Oui, oui, ça va. Je dois rentrer. A demain.
Sans attendre la réponse de son interlocuteur, Beckett s'enfouit ayant besoin de prendre l'air. Sans s'en rendre compte, elle se retrouva vite dehors sur le trottoir devant le precinct. Elle resta quelques instants figée, juste à observer les quelques voitures qui circulaient encore. Malgré l'heure tardive, New-York ne dormait pas. L'agitation dans la ville était perpétuelle quoique légèrement moins prononcée pendant la nuit. Elle décida de se promener ayant besoin de se vider la tête. Il y avait eu trop de perturbations, trop de révélations pour cette longue journée; d'abord avec ce terrible attentat, ensuite avec le retour de Castle et pour finir en beauté cette journée déjà éprouvante la révélation que Castle s'était mis en danger pour elle... Elle n'en pouvait plus, c'était trop pour elle, bien trop en même temps. Alors après environ une demie heure d'une promenade qui lui avait fait le plus grand bien, elle se résigna à regagner sa Crown Victoria pour rentrer chez elle et s'endormir de nouveau d'un sommeil agité par des cauchemars où elle voyait Castle se faire torturer sans qu'elle ne puisse l'aider.
Commencez-vous à comprendre ce qu'il a pu se passer ? Une petite idée ?
J'attend vos reviews et à dimanche prochain.
