Bonjour à tous.

Tout d'abord merci pour les commentaires sur le chapitre précédent ainsi que de continuer à me suivre. :)

Je ne vais pas vous faire attendre plus alors voici la suite et bonne lecture !


Chapitre 6

"Le temps emporte tout. Qu'on le veuille ou non, le temps emporte tout. Le temps efface tout.

Et ce qui reste à la fin ce sont les ténèbres. Parfois, au coeur des ténèbres on retrouve d'autres personnes. Et parfois, au coeur des ténèbres, on les perd à nouveau."

Stephen King

Deux jours étaient passés sans la moindre apparition du suspect que ce soit à son appartement ou bien à la maison où était placée sa mère. Les agents Stène et Rodgers ainsi que le lieutenant Beckett qui se relayaient à la surveillance de l'institut ne faisaient que se croiser lors de la relève et ils en profitaient alors pour s'échanger des nouvelles sur l'avancée de l'enquête. Du coup Beckett n'avait pas eu le temps de parler sérieusement avec Castle de ce qu'elle avait appris, enfin jusqu'à maintenant...

Ça faisait déjà près de trois heures que Beckett assurait sa garde quand elle vit Castle arriver bien avant la relève. Elle fut alors surprise de le voir ouvrir la portière pour entrer dans la voiture d'où elle surveillait l'entrée de la maison spécialisée. Il s'installa tranquillement sur le siège passager avant de lui dire:

_ Vous pouvez rentrer lieutenant Beckett, je prend la relève.

_ Vous n'étiez pas censé être au poste ? Demanda-t-elle surprise.

_ Stène y est déjà et en plus, je n'aurai les informations que j'attends que demain alors étant donné que vous êtes ici depuis plus de trois heures, je me suis dit que je pourrais vous relayer pour que vous alliez vous reposer.

_ C'est bon, je ne suis pas fatiguée, je peux assurer la fin de ma garde sans problèmes, ne vous en faîtes pas.

_ Comme vous voulez.

Ces deux êtres, qui auparavant se comprenaient sans avoir besoin de mots, se trouvaient, à l'heure actuelle, démunis de tout vocabulaire devant l'inconnu qui se trouvait à leur côté. Ils ne savaient pas quoi se dire et étant donné que l'enquête n'avançait pas, ils n'avaient pas de nouvelles à échanger. Ainsi, un long silence s'installa dans la voiture jusqu'à ce qu'il ne soit brisé par Beckett.

_ J'ai un peu parlé avec l'agent Stène et il semble beaucoup vous apprécier.

_ J'essaie de faire au mieux pour mon équipe.

_ Peut-être, mais vous n'étiez pas obligé de prendre 8h de garde aux horaires les plus difficiles alors que nous, nous n'en avons que la moitié. Je sais que vous avez fait ça pour qu'on puisse rentrer à des horaires normaux, mais vous, aussi vous avez besoin de vous reposer ?

_ Le fils de Stène n'a que quelques mois,, sa famille a besoin de lui. De plus, je ne veux pas que plus tard, il regrette d'avoir passé plus de temps à son travail plutôt qu'avec eux. Et de mon côté, je peux très bien gérer ces huit heures.

_ C'est fort aimable, agent Rodgers. Elle hésita quelques secondes avant de demander : Et en parlant de famille, comment vont Martha et Alexis ?

Castle ne répondit pas pendant un moment, à la place, il se tourna pour regarder le paysage par la fenêtre. Beckett comprit alors rapidement que la question l'attristait et c'est en se rappelant les propos de l'agent Stène qui lui avait dit ne jamais avoir su que Castle avait une famille, qu'elle arriva à la conclusion que l'écrivain n'était plus en contact avec sa famille. Mais elle se demandait tout de même comment une famille si proche avait pu se déchirer au point que lorsque l'un de ses membres se retrouvait à l'hôpital, les autres ne prenaient même pas de ses nouvelles. Pleins de questions se bousculaient dans sa tête. Cette rupture était-elle due au nouveau travail de l'écrivain ? Elle se souvenait bien qu'à l'époque où Castle la suivait partout dans ses enquêtes, Alexis lui en voulait un peu de mettre ainsi sa vie en danger, alors avait-elle rompu ses liens avec son père pour ça ? Parce qu'elle lui en voulait qu'il risque sa vie pour continuer à résoudre des enquêtes ? C'était possible, mais peut-être aussi qu'il y avait une autre explication...

_ Je, je préfère ne pas en parler. Finit par dire Castle dans un souffle.

Un silence pesant s'installa alors dans l'habitacle et ce n'est qu'au bout de quelques minutes que Beckett put enfin apercevoir le visage de Castle. Celui-ci avait perdu sa poker face habituel et ses yeux avaient de nouveau cette lueur de tristesse qu'elle avait déjà pu voir à quelques reprises. Alors voyant que le sujet d'Alexis et de Martha était douloureux pour lui, elle préféra passer à autre chose sans chercher à en savoir plus même si ça l'intriguait.

_ L'agent Stène m'a aussi dit que c'était vous qui avez arrêté le sénateur Bracken, celui qui a commandité le meurtre de ma mère alors je tenais à vous remercier.

_ Vous n'avez pas à me remercier, j'ai simplement fait mon travail.

_ Non, je sais que ce n'était pas que votre travail, c'est vous qui avez demandé à être sur cette affaire, mais pourquoi ?

_ Eh bien, en ré-ouvrant cette affaire au début de notre partenariat, j'ai aussi ré-ouvert certaines de vos blessures, mais le pire, c'est que je vous ai mis en danger et que vous avez failli mourir alors j'ai simplement voulu réparer mes erreurs.

_ Est-ce que c'est pour ça que vous êtes parti il y a cinq ans ?

_ Non.

_ Alors pourquoi ce départ ?

_ C'est compliqué...

Beckett vit bien qu'elle n'aurait probablement jamais la réponse à cette question alors elle ne chercha pas plus loin, résolue à ne jamais connaître les raisons de son départ cinq ans plus tôt. Le silence se réinstalla alors de nouveau dans la voiture et au bout de quelques minutes, Beckett regarda l'heure sur la montre de son père. C'est alors qu'elle remarqua que leur conversation avait duré bien plus longtemps qu'elle ne le pensait et que sa garde était finie depuis un peu plus d'une demie-heure. Elle jeta donc un dernier coup d'œil à Castle qui continuait d'observer la rue avant de lui annoncer son départ. Alors ils se saluèrent, puis elle quitta la voiture pour rentrer chez elle, de nombreuses questions se bousculant toujours dans sa tête.

Le reste de la garde de Castle passa plus lentement. Comme les jours précédents, le suspect ne rendit pas visite à sa mère et Castle commençait à douter de le voir un jour apparaître. De plus, l'enquête n'avançait pas vraiment. L'autopsie des victimes n'avait rien donné de plus qu'indiquer précisément où était placé l'engin explosif et les quelques résidus de bombe trouvés par la scientifique ne permettaient pas d'en savoir plus. Alors ils pouvaient uniquement compter sur le fait d'attraper l'apprenti du poseur de bombes pour obtenir plus d'informations.

Encore un autre jour passa, les gardes se succédaient et l'enquête piétinait. Castle venait de relayer Beckett, mais celle-ci voyant l'agent s'enterrer de plus en plus chaque jour dans l'enquête pour trouver le moindre indice au point de ne presque plus dormir ou manger, elle préféra rester à ses côtés, légèrement inquiète pour lui.

_ Vous allez bien ? Demanda-t-elle.

_ Oui, bien sûr. Lui répondit-il sans même la regarder.

Évidemment, il ne la dupa pas. Ses cernes bien trop présentes soulignaient son fort état de fatigue et même si elle savait qu'il ne se risquerait pas à louper la venue du suspect en s'endormant, elle préférait rester à ses côtés.

_ Comment faites-vous d'habitude lorsque vous n'avez absolument rien pour avancer ?

_ Nous enquêtons jusqu'à ce que nous trouvions sa planque et même sans indices, nous finissons par la trouver grâce à un agent d'entretien ou une autre personne qui passait par là. En général, ses planques se trouvent dans un hôtel ou un appartement qu'il ne loue que pendant une certaine durée et une fois cette durée passée, les propriétaires nous appellent en découvrant ce qu'il y a dedans.

_ Comment savez-vous lorsqu'il ne se trouve plus dans la ville ?

_ On ne le sait pas, on enquête jusqu'à ce qu'on trouve où il se cache et on espère qu'il y soit encore. Mais ce n'est qu'en fouillant sa planque que nous savons s'il a déjà quitté la ville ou non, car il nous laisse toujours un petit mot pour se jouer de nous. Et donc une fois sa planque trouvée, on clôt l'affaire jusqu'à ce que nous soyons rappelés ailleurs pour une autre bombe.

_ Alors à chaque fois, ce n'est pas un homme que vous recherchez, mais plutôt une planque ?

_ C'est bien ça. On sait très bien qu'on ne le trouvera jamais par hasard alors il nous faut surtout trouver où il se cache avant qu'il ne quitte la ville. C'est notre seul espoir de pouvoir un jour l'attraper, car même en diffusant son identité un peu partout dans le monde, on n'a jamais réussi à l'arrêter. Il est comme un fantôme, il peut circuler partout où il veut sans même qu'on ne le remarque.

_ Ça ne doit pas être facile d'avoir à attendre qu'il agisse.

Castle réfléchit quelques secondes à ce qu'il allait dire pour ne pas avoir à se dévoiler vraiment, puis lui dit :

_ C'est comme vous avec le triple tueur, vous vous souvenez ? Cette enquête a commencé durant notre partenariat et comme avec le poseur de bombes, vous deviez attendre qu'il tue quelqu'un pour continuer vos recherches et espérer le retrouver et finalement, vous avez clos cette affaire il y a deux ans en le mettant derrière les barreaux pour plusieurs dizaines d'années. Alors pour que l'attente passe mieux, je me rattache au fait qu'un jour, il commettra une faute et qu'alors je le retrouverais et il pourra enfin pourrir derrière les barreaux pour le restant de ses jours comme il le mérite.

Sa dernière phrase remplie de rancœurs laissa un vide dans l'habitacle. Beckett n'osait plus dire quoi que ce soit alors elle reporta de nouveau son attention sur la rue. Un peu plus d'une heure plus tard, un individu ressemblant au suspect entra dans l'institut alors Castle et Beckett l'ayant vu passer, ils sortirent de la voiture et le suivirent sans échanger un mot. En le voyant entrer dans la chambre de Mme Dorles, ils eurent la confirmation que c'était leur homme alors ils se précipitèrent vers lui. Le pauvre homme n'eut même pas le temps de les voir arriver qu'il se retrouvait menotté contre le mur. Beckett lui lut alors ses droits et il fut conduit à l'arrière de leur voiture.

_ Vous pouvez conduire ? Demanda Castle à Beckett. Je vais veiller à ce qu'il ne tente pas de se tuer.

_ Pas de problème.

_ Conduisez nous au Lenox Hill Hospital, c'est à deux pâtés de maisons d'ici et le Dr Flaneur va nous y rejoindre.

Castle appela donc le médecin légiste et lui demanda de venir à l'hôpital ensuite, il prévint Stène pour qu'il les attende au FBI puis il raccrocha et passa le restant du trajet à garder un œil sur le suspect qui restait silencieux. Celui-ci était plutôt nerveux, car il ne s'attendait pas à ce que la police remonte sa trace aussi vite et qu'il savait ce qu'il avait à faire néanmoins, il ne voulait pas abandonner sa mère...

Ils arrivèrent rapidement à l'hôpital et une fois que la voiture fut garée, ils en sortirent et emmenèrent le suspect à l'intérieur du grand bâtiment. Le suspect fut alors rapidement pris en charge par les médecins qui lui firent passer une radio dentaire pour localiser la possible capsule de cyanure. Ils attendirent ensuite une dizaine de minutes, temps pendant lequel le suspect resta sous une surveillance permanente puis lorsque le Dr Flaneur les rejoignit, ils allèrent s'installer dans une petite salle à l'abri des regards et ce dernier put alors se mettre à l'œuvre pour retirer la capsule de cyanure. Une fois cela fait, ils sortirent de l'hôpital et repartirent en voiture, prenant cette fois la direction du bâtiment du FBI.

Alors qu'ils guidaient le suspect jusqu'à une salle d'interrogatoire, l'agent Stène les rejoignit. Ils laissèrent un autre agent s'occuper d'installer le suspect dans une des salles d'interrogatoires pendant qu'ils se parlaient dans la pièce de l'autre côté du miroir sans tain.

_ Alors comment comptez-vous vous y prendre pour l'interroger ? Demanda l'agent Stène.

_ On va entrer là-dedans à deux seulement pour éviter de lui faire peur tandis que celui qui restera ici, préviendra les autres pour qu'ils arrêtent immédiatement leur garde. Dit l'ancien écrivain.

_ Il ne faut pas trop le brusquer, il semble déjà assez nerveux comme ça. Remarqua Beckett en voyant le suspect qui se tenait la tête entre ses mains. Il vous faudra rester calme, quoi qu'il puisse vous dire.

_ Vous ? J'aurais plutôt pensé que vous viendriez l'interroger avec moi lieutenant Beckett. Déclara Castle surpris. A moins que vous ne préfériez laisser votre place à l'agent Stène.

_ Ça ne vous gêne pas ? Demanda Beckett en se tournant vers l'autre agent qui était resté en arrière. Le voyant hocher négativement la tête, elle répondit : Alors c'est bon pour moi.

_ Bien. Alors allons-y.

Ils sortirent donc de la pièce pour entrer dans celle plus petite et plus étouffante qui se trouvait juste à côté. Ainsi l'interrogatoire pouvait commencer, mais celui-ci s'annonçait éprouvant que ce soit pour les inspecteurs ou bien pour le suspect.


Alors ça vous plaît toujours ? Je peux continuer ?

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Passez une bonne semaine et à dimanche prochain...