Hello les amies...
Voici le Chapitre 3, promis pour le week-end.
Un grand merci à LifeChrys qui a accepté de traquer mes fautes...
Bonne lecture
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination
Chapitre 3 Colère
Vendredi 15h.
Non je n'espionne pas "mes locataires", mais parfois, même si je les aime bien, il m'arrive d'en être jaloux. Furieusement même. Surtout quand ce glaçon de Cullen conduit chez nous une magnifique brunette aux yeux tristes. Pourquoi les femmes sont-elles toujours attirées par ce type d'homme froid et lointain ?
ooOoo
J'étais troublé par ma discussion avec Esmée. Je sortis du restaurant peu de temps après ma mère. Il faisait frais, aussi je remontai le col de ma veste bleue à carreaux. Le tissu épais me grattait le cou, me remémorant désagréablement le jour de son achat. Avec Tanya. J'aurais dû jeter cette veste, mais on ne pouvait pas se débarrasser aussi facilement de ses souvenirs. Il fallait vivre avec. Autant garder cette bonne grosse veste qui n'y était pour rien dans le fiasco de mon mariage. Je trébuchai sur le trottoir et m'arrêtai instantanément.
Merde !
Plongé dans mes pensées, j'avais trop avancé. Je prêtai alors plus d'attention aux bruits de la rue. Klaxons et portières de voitures qui claquent. Un petit garçon bavardant avec sa mère me doubla et je pris conscience des nombreux cris d'enfants à proximité. L'école de Green Square était à quelques mètres plus loin sur ma gauche. Furieux contre moi, je fis demi-tour avec précaution. Longeant le mur, je tournai à droite et accélérai l'allure.
Je n'aurais pas dû. Je heurtai violemment une femme. Plusieurs choses se déroulèrent simultanément et mes sens aiguisés furent saturés.
Son parfum fleuri et léger m'envahit au moment où des objets heurtèrent bruyamment le sol. La senteur de roses était sucrée et étonnante à la fois. Je connaissais et reconnaissais instantanément beaucoup de parfums mais celui-ci, subtil, m'était inconnu.
Mon bras se dirigea instinctivement en avant pour rattraper celle que j'avais bousculée. Il s'enroula autour d'une taille fine, cachée sous une veste légère. La femme chancelait légèrement et son cœur battait fort contre le mien. J'avais dû la heurter vraiment plus violemment que je ne le pensais. De l'électricité statique crépita à notre contact, je tressaillis et faillis échapper ce cadeau précieux et fragile mais mon autre main lâcha le mur pour venir à son tour entourer cette femme. Elle était plus petite que moi, arrivant à peine à mon épaule et mon menton alors frôla ses cheveux.
- Putain, mais vous ne pourriez pas faire attention ?
Sa voix était agréable mais… furieuse. Elle se dégagea brutalement de mon étreinte et je restai les bras ballants devant elle.
- Non mais, ce n'est pas possible d'être aussi maladroit, je ne suis pourtant pas invisible ! Comme si j'avais besoin de ça aujourd'hui.
Elle marmonna d'un ton plus bas et je devinai qu'elle s'était accroupie pour rassembler les objets que j'avais dû malencontreusement éparpiller sur le sol. Je l'imitai bêtement et tentai à tâtons, de repérer ses affaires.
- Vous êtes vraiment idiot ! Il y a des enfants ici, vous auriez pu les faire tomber. Votre pauvre cerveau doit être totalement ramolli.
- Je vais vous aider.
- Bon sang, tous mes bouquins vont être trempés sur ce sol humide. Franchement vous avez bien choisi votre jour pour courir sur le trottoir. Il y a des parcs pour cela ! En plus le sol est gelé, c'est dangereux et inconscient d'aller aussi vite. Il vous arrive d'envisager ne serait-ce qu'une seconde que vous n'êtes pas le seul sur le trottoir ?
Elle continua son monologue assassin tout en rassemblant des livres qui claquaient les uns contre les autres au fur et à mesure qu'elle les empilait. Elle devait être vraiment chargée.
Mes doigts heurtèrent enfin ce qui devait être un autre livre, un manuel peut être, vu le poids et le format. Je le tendis devant moi sans un mot.
Je comprenais sa colère Mais je n'avais pas envie de m'excuser. D'abord, je préférai l'entendre ronchonner contre moi. Ensuite, je ne courais pas. Je ne courais plus, plus jamais.
Le livre tendu devant moi, je commençai à me sentir bête. Elle s'était tu. Depuis au moins 15 secondes, elle ne m'avait pas agoni d'insultes.
- Je vois.
Elle laissa tomber ces deux mots, plutôt mal choisis. J'étais sûr qu'elle devait me dévisager comme une bête curieuse et que toute la compassion du monde allait me tomber dessus comme d'habitude ou alors elle allait s'enfuir comme si c'était contagieux.
Les gens réagissaient ainsi. Toujours. Dès qu'ils comprenaient la nature de mon problème c'était compassion larmoyante ou fuite détestable. Les deux solutions étaient désagréables pour eux et pour moi. Aussi, je leur laissais le moins possible la possibilité de comprendre.
La jeune femme m'arracha le livre des mains et reprit son ramassage sur le trottoir, ses gestes me prouvaient qu'elle avait choisi elle, de rester, mais ses paroles me clouèrent au sol.
- Ok vous êtes aveugle, mais d'autant plus irresponsable. A-t-on déjà vu un aveugle courir sur les trottoirs ?
Quelques secondes passèrent, je répondis d'une voix blanche, la seule chose qui me vint à l'esprit.
- Je ne courais pas !
Un gamin qui se justifiait.
- C'est vous qui le dites. Personnellement, j'ai ressenti le choc comme si vous couriez. Qu'est-ce qui vous motivait pour aller si vite ? Où est votre canne blanche ?
La stupéfaction passée, sa colère fut contagieuse et c'est d'un ton glacial que je lui répondis.
- Ça ne vous regarde pas ! Et je n'ai pas de canne. Vous êtes toujours aussi aimable ? Je fais ce que je peux pour vous aider.
- M'aider ? Elle éclata d'un rire nerveux, un rire triste qui me fit reconsidérer son impolitesse.
- Vous avez un boulot d'infirmière à me proposer ? Vous connaissez un appartement pas cher à louer pour une personne qui vient de se faire virer sans préavis ? Non, alors taisez-vous ! Et laissez-moi ramasser mon bazar tranquillement.
Elle semblait ne plus pouvoir s'arrêter. Elle s'était levée et sa voix me parvint d'un peu plus haut. Apparemment, elle avait de sacrés problèmes et mon état la laissait indifférente. Je fronçai les sourcils avant de prendre une décision. Du moins un semblant de décision.
Maman disait toujours que je prenais trop de temps pour réfléchir. Ou pas assez.
Je tâtonnai un peu et trouvai la lanière d'un sac que j'empoignai. C'était un gros sac de voyage. Plein. Je passai la lanière sur mon épaule droite. En me relevant, je frôlai son corps très proche et à nouveau mes doigts frémirent, aussi, c'est fermement que je saisis son coude de ma main gauche pour la guider et la forcer à me suivre.
- J'habite à deux pas. J'ai une proposition à vous faire. Suivez-moi…
Elle chercha à se dégager mais je la maintins et elle était gênée par la pile de je-ne-sais-quoi qu'elle portait.
- Il est hors de question que j'aille chez vous ! Et je ne veux même pas entendre votre proposition.
Elle gronda entre ses dents, un tantinet excédée par mon attitude autoritaire, mais elle ne voulut pas se faire remarquer dans la rue.
Tant mieux. Je n'en avais pas envie non plus.
- Que portez-vous ? J'ai l'impression que vous croulez sous le poids.
Je voulais rester désinvolte et paraître désintéressé, mais j'étais curieux.
- Mes manuels de kiné. Je prends des cours. Bon sang lâchez moi ! Je vais vous suivre, de toute façon c'est vous qui avez mon sac.
Un mince sourire m'échappa. Elle était loin d'être bête et ne cédait pas facilement. Je n'avais pas envie de la lâcher. Pas envie de m'éloigner d'elle.
Desserrant légèrement mon étreinte sur son bras, je la guidai pour monter les marches menant au hall de mon immeuble. Black était déjà là, bien sûr, pour nous ouvrir la porte.
- Black, veuillez décharger madame, puis vous nous commanderez deux cafés au Starbucks…
Je me tournai vers elle.
- Vous le voulez comment votre café ?
Un court silence. Je l'imaginai en train de me regarder bizarrement, se demandant sur quel cinglé elle était tombée. J'étais frustré de ne pas la « voir », de ne pas savoir qui elle était.
- Un café Mocha pour moi.
- Vous avez entendu Jacob ? Pour moi un expresso, comme d'habitude. Vous nous amènerez ceci dans le jardin.
Sans attendre de réponse, je déposai le sac de la jeune femme dans le hall, à côté de la loge de Black, et saisis sa main gantée pour l'emmener au jardin. Il n'y avait personne, comme d'habitude. Ce que les habitants de l'immeuble appelaient « jardin », était un simple rectangle de presque 200 mètres carrés de pelouse rase avec quelques arbres et deux bancs. Je dirigeai adroitement ma compagne vers celui de gauche qui avait ma préférence. Il bénéficiait l'après-midi de quelques rayons de soleil qui réchauffaient ma peau. Elle s'assit docilement mais ne dit rien. Seul le chant de quelques moineaux rompait le silence.
- Bon, je suis assise sur votre banc. J'attends.
Je marchai de long en large devant cette jeune femme dont je ne connaissais même pas le prénom. À vrai dire, je n'hésitais pas, je savais ce que je voulais. Je savais même comment elle allait réagir. Ce qui me tracassait, c'était plutôt de comprendre pourquoi je faisais cela.
- Ça vous arrive souvent de bousculer les femmes puis de les amener dans votre repère pour leur offrir un café ?
Je fis une moue désolée en entendant sa répartie.
- Non, jamais. Il faut une première fois à tout, non ?
- Je ne sais pas si je dois me sentir honorée d'être la première kidnappée.
J'entendis le rire pointer très légèrement dans sa voix et fus heureux d'avoir désamorcé la bombe colérique du trottoir. Le pas de Black fit crisser le gravier de l'allée. Je choisis d'attendre pour lui répondre.
- Merci, dit-elle en recevant sa tasse.
Il me remit ensuite la mienne et me tendit le petit sachet de viennoiseries qui accompagnait habituellement mes commandes.
- Merci Jacob.
- À votre service, Monsieur Cullen.
Je m'assis alors à côté d'elle tandis qu'il s'éloignait et ouvrit le sachet afin qu'elle se serve.
- Vous vous appelez donc Cullen.
- Edward. Je préfère Edward. Pour mon pauvre cerveau ramolli, M. Cullen c'est mon père. Je sais que c'est classique mais c'est ainsi.
- Je suis Bella. Isabella Swan.
Elle me prit alors la main pour échanger un premier contact volontaire, de sa part du moins.
Elle avait ôté ses gants et la tiédeur de la tasse avait réchauffé sa peau douce. Elle avait de longues mains très fines. Je laissai mon pouce glisser sur la surface de sa peau, sur le tendon de son index, que je suivis jusqu'à son ongle, long mais pas trop, arrondi mais non vernis.
Elle avait dit être infirmière. Avoir un père médecin m'avait, entre autres choses, appris que celles-ci devaient avoir les ongles irréprochables et sans vernis, afin de limiter les risques d'infections à leur patient. Cette Bella semblait respecter cette règle.
- Edward ? Je vous écoute. Votre café est délicieux mais… Sa voix s'enraya un peu, comme à un souvenir douloureux… mais j'ai des choses à faire. Donc, peu de temps à perdre. Je suis prête à entendre votre proposition.
Voila ! Certaines réponses à vos questions.
Je vous remercie de vos messages, merci à celles qui sont fidèles depuis le début et à celles qui doucement s'ajoutent et me font confiance. Un petit message rebooste mon envie d'écrire à chaque fois.
Merci à So06 (guest).
A la semaine prochaine
Kiss
Nic
