Salut !
Je tiens à m'excuser pour ce long moment sans avoir publié, mais aussi je m'excuse d'avance sachant que je ne pourrai plus publier toutes les semaines comme prévu étant bien occupée et manquant d'un peu d'inspiration ces derniers temps... Néanmoins, je ne vous ai pas oublié !
En espérant que vous m'en tiendrez pas rigueur...
Je dédicace ce chapitre à miriamme sans qui vous auriez sans doute attendu ce chapitre encore quelques semaines... Et qui grâce à ces fabuleuses histoires, je me trouve aujourd'hui sur ce site.
Sur ce bonne lecture !
Chapitre 8
« Montrez moi un héros et je vous écrirai une tragédie. »
F. Scott Fitzgerald
Alors que Beckett dormait tranquillement sur son canapé, elle fut réveillée par la sonnerie stridente de son téléphone. Elle attrapa péniblement son portable pour regarder l'heure qui indiquait 21h53 avant de décrocher un tantinet agacée.
_ Beckett.
_ Bonsoir madame. Je vous appelle à propos d'un certain Richard Rodgers, est-ce que vous le connaissez ?
_ Oui. Que se passe-t-il ?
_ Eh bien, Mr Rodgers a un peu abusé de l'alcool ce soir et étant donné que je ne voulais pas qu'il rentre seul, je lui ai demandé d'appeler quelqu'un, mais il n'était pas vraiment en état de composer le numéro alors je m'en suis chargé pour lui. Pourriez-vous venir le chercher s'il vous plaît.
_ Bien sûr, j'arrive tout de suite. Où-êtes vous ?
_ The Shakespeare, c'est un bar sur la 39thà Midtown East.
Sur ce Beckett raccrocha pour se diriger immédiatement vers la sortie de son appartement. Elle était inquiète pour son écrivain, car elle ne le reconnaissait pas du tout dans ses agissements du jour. Il n'était pas dans son habitude d'agresser quelqu'un, ni de se saouler au point d'avoir besoin d'être raccompagné chez lui et pourtant, il venait de faire les deux dans la même journée...
Arrivée dans le bar, elle le fouilla du regard avant de trouver celui qu'elle cherchait dans un coin du comptoir, bataillant avec le barman pour se faire resservir. Le barman, en la voyant s'avancer vers eux, lui adressa un regard de remerciement, agacé d'avoir à gérer ce client. Beckett posa alors sa main sur l'épaule de Castle pour lui signifier sa présence ainsi que son aide et il releva la tête, les yeux rougis.
_ Ça suffit pour aujourd'hui Castle. Vous avez assez bu comme ça.
_ Je suis désolé Beckett, je...
Elle le fit taire, déplaçant délicatement ses doigts sur sa bouche et elle essuya quelques larmes au passage.
_ Chut... Ça va Castle, tout va bien. À cet instant, il ressemblait plus à un chien battu qu'à l'agent impassible du FBI qu'il avait montré jusqu'à maintenant. Venez Castle. Son ton était doux, mais plein d'inquiétude.
Elle le sortir du bar et le conduisit alors jusqu'à sa voiture sans qu'il ne réagisse. Il semblait comme perdu dans de lointains souvenirs, mais elle n'aurait su dire si c'était des souvenirs heureux ou non à cause des larmes qui menaçaient de couler malgré son air plus serein. Toujours sans un mot, elle le conduisit jusqu'à chez elle étant donné qu'elle ne connaissait pas son adresse et qu'elle ne voulait pas le laisser seul, en tout cas pas tant qu'il serait dans cet état d'ébriété. Alors qu'elle allait descendre de sa voiture une fois arrivée à destination, elle vit qu'il ne bougeait pas. Toujours cloîtré dans son mutisme et prisonnier de ses pensées, il n'avait même pas remarqué que la voiture était arrêtée et garée. Elle l'appela doucement, mais il ne réagit pas alors elle recommença d'un ton un peu plus fort. Revenant brutalement sur terre, Castle regarda autour de lui ne reconnaissant pas où il se trouvait et apercevant Beckett auprès de lui, il la questionna silencieusement.
_ Je vous ai emmené chez moi, nous y serons mieux pour discuter. Vous venez ?
Toujours sans un mot, il la suivit jusqu'à son appartement. Beckett lui proposa de s'installer sur son canapé, ce qu'il fit pendant qu'elle allait lui chercher un verre d'eau.
_ Vous allez dormir sur mon canapé cette nuit et on discutera demain matin, ça vous va ? Il hocha doucement la tête. Vous devriez enlever votre veste, sinon vous risquez de la froisser plus qu'elle ne l'est déjà.
L'écoutant, il retira sa veste, laissant apparaître une chemise blanche tachée de sang au niveau de son épaule gauche. Apercevant le tissu maculé de sang, Beckett eu peur l'espace d'un instant que son collègue se soit battu à cause de l'alcool et qu'il soit gravement blessé.
_ Que s'est-il passé ?
_ Hein ? Il ne comprit pas immédiatement, mais voyant Beckett fixer sa chemise, il la regarda à son tour et remarqua le sang. Ah, ça ce n'est rien...
Ne le voyant pas plus réagir et n'ayant pas d'autres explications, Beckett s'approcha de lui pour s'assurer elle-même de son état. Elle défit quelques boutons de la chemise sous les yeux médusés de Castle. Ensuite, elle fit glisser le tissu présent sur son épaule gauche pour pouvoir regarder la blessure. Ce n'était pas bien grave, juste quelques points de suture qui avaient sauté et sa blessure par balle qui s'était ré-ouverte, mais rien qui ne nécessite des soins urgents. Comme on dit, il y avait eu plus de peurs que de mal.
_ C'est votre blessure qui s'est ré-ouverte, mais ça a arrêté de saigner alors ce soir, on va juste nettoyer la plaie, mais demain j'appellerai Lanie pour qu'elle vous recouse. Je vous apporte tout de suite un gant et une bassine d'eau.
Elle alla chercher le matériel dont ils avaient besoin ainsi que des couvertures pour qu'il puisse ensuite se reposer, mais quand elle revint dans son salon, elle le retrouva endormi sans doute trop fatigué suite à cette longue journée et les nombreuses nuits qu'il avait dû passé à travailler. Tout en évitant de le réveiller, elle posa délicatement une couverture sur lui pour ne pas qu'il prenne froid puis elle s'en alla à son tour se reposer.
Le lendemain matin, Beckett s'affairait déjà à préparer le petit-déjeuner avec les maigres ressources présentes dans son placard lorsque Castle se réveilla avec l'habituelle gueule de bois qui suit les soirées un peu trop arrosées.
_ Bonjour.
_ Hey ! Ça va mieux ? Demanda doucement Beckett le voyant peiner à ouvrir les yeux complètement.
_ Oui, merci. Répondit-il en murmurant puis voyant que son hôte avait déjà préparé de quoi faire partir ces maux de tête, c'est à dire une aspirine et un grand verre d'eau, il les prit et après quelques minutes à savourer l'eau, il demanda : Et comment va Dorles ? Il avait d'ores et déjà retrouvé son attitude professionnelle habituelle ce qui avait le don d'agacer Beckett.
_ Ça va aussi, ne vous en faîtes pas pour lui, mais je pense que vous me devez quelques explications.
_ Je ne vois pas de quoi vous parlez.
_ Oh arrêtez de faire celui qui ne comprend pas. Qu'est-ce que vous ne m'avez pas dit sur cette affaire ?
_ Je vous ai tout raconté et sinon, le reste est dans le dossier.
_ Castle, arrêtez de mentir, je sais qu'il y a quelque chose qui cloche sinon pourquoi s'en serait-il prit à vous exclusivement ? Il semblait même savoir des trucs que nous ignorons tous. Et pourquoi vous, vous auriez réagi aussi excessivement à moins d'avoir un rapport avec cette affaire. Elle lui laissa du temps pour répondre, mais le voyant hésiter, elle crut bon d'ajouter : Et ne me dites surtout pas que c'est compliqué.
_ Je suis désolé, mais je ne peux pas vous le dire...
_ Castle, vous savez que vous pouvez avoir confiance en moi et je suis sûre que ça vous fera du bien d'en parler à quelqu'un. Vous ne pouvez pas toujours tout garder pour vous. Ce truc vous ronge et est en train de vous détruire Castle ! Le voyant toujours sans réaction, elle continua : Je sais que votre famille vous a quitté et je pense que c'est à cause de cette enquête, n'est-ce pas ?
_ Taisez-vous ! Il cria tout en se levant brutalement, ce qui le fit grimacer suite de la perte momentanée d'équilibre. Vous ne savez pas de quoi vous parlez.
Toutes traces de détresse s'effacèrent instantanément pour laisser place à une profonde colère, la même qui, l'avait étreint dans la salle d'interrogatoire. Et pour éviter de commettre une erreur qu'il regretterait à jamais, il préféra s'éloigner du canapé et d'elle par la même occasion.
_ Alors racontez-moi. Dites-moi pourquoi cette affaire vous touche tant, pourquoi vous avez failli tuer un suspect hier et pourquoi vous êtes ensuite partis vous saouler dans un bar.
_ Cet homme se considère comme un dieu pour avoir tuer des personnes et couvert un autre assassin, ça ne vous suffit pas comme raison !?
_ Castle, vous savez tout comme moi que ce genre d'arguments suffirait à certaines personnes pour agir comme vous l'avez fait, mais ce n'est pas suffisant pour vous, ce n'est pas assez au point que vous coupiez les ponts avec votre fille et que vous l'oubliez.
_ Je n'ai jamais oublié Alexis, je vous interdis de dire ça.
Ce n'était plus la colère qui parlait maintenant, mais la culpabilité. Beckett remarqua instantanément le changement d'attitude de son collègue et elle s'en voulut de l'avoir fait culpabiliser. De nouveau, les yeux de Castle étaient pleins d'eau et encore une fois, il retint ses larmes, ne voulant pas être aidé alors qu'il ne le méritait pas.
_ C'est pour elle que vous faites ça, n'est-ce pas ? Demanda Beckett, craignant de comprendre.
_ Oui.
Il l'avait murmuré si bas qu'il n'était pas sûr qu'elle l'ait entendu néanmoins elle l'avait tout de même compris. Il n'était plus l'homme rongé par la colère, la détresse ou même celui qui cachait ses sentiments. Non, il s'était dévoilé, se libérant d'un secret trop longtemps enfoui au fond de lui et dont il n'avait jamais pu parler. Il pouvait enfin partager sa peine avec quelqu'un au lieu de la garder pour lui, la refoulant et la transformant en colère et malgré la douleur qui l'étreignait, il se sentait plus léger. Il se laissa donc retomber sur le canapé et elle vint s'installer de nouveau près de lui.
_ Que s'est-il passé ? Lui demanda-t-elle en lui prenant les mains pour l'encourager à se confier.
_ Il y a presque six ans, Alexis et mère sont allées en Europe pour prendre des vacances et aller voir Meredith... Sa voix était chevrotante, pleine de tristesse dissimulée depuis trop longtemps. Alexis, Meredith et mère avaient rendez-vous dans un restaurant français très à la mode, mais... Une unique larme réussit à franchir la barrière de ses cils malgré ses efforts pour se contenir. Mais un homme avait placé une bombe dans ce même restaurant... La larme solitaire continua son périple, atteignant le coin de sa bouche. Quand la bombe a explosé, elles ont toutes les trois été projeté hors du restaurant à travers la vitrine à cause du souffle de l'explosion... La perle d'eau salée avait atteint son menton et elle n'attendait plus qu'à se décrocher. Et elles... Elles sont toutes les trois décédées sur le coup... La gouttelette tomba enfin pour s'écraser sur leurs mains liées. S'en suivirent alors quelques autres larmes qui s'échappèrent de l'océan de ses yeux.
_ Je suis désolée Castle. J'aimerais pouvoir vous aider, vraiment, mais je vous en pris ne vous enfermez pas dans cette enquête, elle vous mènera à votre perte.
_ Mais je dois continuer, je n'ai pas le droit de les abandonner une fois de plus..
_ Non, ce n'est pas les abandonner que de faire votre deuil et de continuer votre vie. Et même si vous pensez les avoir laissé et que c'est de votre faute ce qui est arrivé, c'est faux. Croyez-moi, elles ne voudraient pas que vous soyez dans cet état.
_ Mais si je n'avais pas été autant obnubilé par l'affaire sur laquelle nous étions, j'aurai pu les accompagner plus tôt comme c'était prévu... J'aurai pu...
_ Castle. Elle le coupa. Ça n'aurait peut-être rien changé. Vous n'êtes pas le coupable dans cette affaire, ne vous laissez pas submerger par la culpabilité.
_ Mais...
_ Chut. On va attraper celui qui a fait ça, mais arrêtez de vous culpabiliser s'il vous plaît, cela ne sert à rien.
Sur ses dernières paroles, elle le prit dans ses bras, le laissant pleurer sur son épaule jusqu'à ce qu'il se calme et qu'il se rendorme. Quand ce fut fait, elle le réinstalla doucement sur le canapé pour aller appeler son amie afin de la solliciter de venir. Elle avait besoin de lui parler sans toutefois lui raconter ce qu'elle venait d'apprendre, car ce n'était pas à elle de lui dire. Cependant elle savait que parler avec son amie lui ferait du bien, car même si ça faisait quelques années déjà, elle avait été proche de la famille Castle et ces décès l'atteignaient elle aussi. Elle profita également de cet appel pour lui demander d'apporter du matériel pour recoudre la blessure de l'écrivain, la prévenant qu'elle lui expliquerait sur place.
Alors ce chapitre vallait-il l'attente ? Est-il à la hauteur de vos espérances ?
N'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires bon comme mauvais, ils permettent toujours de progresser.
