Hello les amies...

Voici le Chapitre 4, promis pour le week-end.

Un grand merci à Chrys qui a accepté de traquer mes fautes...et à LyraParleor Fanfic, lectrice attentive , par ses corrections est la "cause" d'une MAJ

Bonne lecture

Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination

Chapitre 4 Impressions

Vendredi 16h

C'est l'heure de pointe. Les habitants sortent et rentrent. La routine. Sauf dans le jardin. Elle m'a remercié lorsque je lui ai donné son café. Elle est encore plus belle de près et Cullen m'a ignoré pour une fois. C'était même assez grossier de sa part. Peut-être craint-il la concurrence ? De mon poste, je ne les vois pas et ne les entends pas. Frustration.

ooOoo

Elle était prête à m'écouter mais moi, pas encore à parler. Je déglutis.

- Votre café est bon alors ?

- Comme tous les Mocha de Starbucks.

Je la sentis hausser les épaules.

- Si je récapitule, parmi les insultes que vous m'avez envoyées, j'ai cru saisir que vous étiez infirmière, sans travail et la recherche d'un appart.

Le silence entre nous s'éternisa.

- Je crois que vous avez saisi. Je suis désolée. Pas pour les insultes, vous les avez méritées mais pour avoir déballé ma vie devant vous. Ça, personne ne le mérite.

- Ça ne m'a pas gêné Bella, ne vous excusez pas pour cela. Parfois, il arrive des moments où il vaut mieux laisser sortir ce qui doit sortir. Peu importe sur qui ça tombe. Si je peux être une oreille attentive, à défaut d'autre chose... Je vous propose une petite pause dans votre vie. Trente minutes ou une heure sur ce banc, à libérer auprès d'un inconnu ce qui empoisonne votre quotidien. Ca n'engage à rien. Si vous le souhaitez ensuite, on ne se reverra même pas.

Gagner du temps. Lui donner confiance en moi et en apprendre plus sur cette Bella Swan. Un triple objectif.

Elle ne répondait rien mais n'était pas encore partie en courant.

- Pourquoi pas. S'il y a réciproque.

J'insistai alors un peu.

- Expliquez-moi ce qui vous a mis en fureur cette après-midi. À part être heurtée par un pauvre aveugle qui a jeté vos manuels de kinésithérapie sur les trottoirs mouillés, bien sûr.

Elle eut un petit rire charmant très vite étouffé.

- Ce qui m'a mise en colère ? Vous avez le choix. Recevoir le préavis de mon propriétaire, je dois vider mon appartement d'ici 15 jours. Me faire houspiller une fois de plus par cet imbécile de Mike Newton parce que je lisais pendant ma garde de nuit et craquer. L'insulter devant tout le service réuni avec à la clé une mise à pied immédiate. Vous venez de faire connaissance de Bella Swan, la malchance et la poisse réunies dans un seul corps.

Elle plaisantait presque. Mais au-delà des mots, sa voix était triste et amère. Elle cachait d'autres problèmes. Je refusai d'aller plus loin, mon intérêt pour cette fille, devenait pathologique.

- Vous prenez un beignet ?

- J'ai encore de quoi me nourrir, mais je veux bien en prendre un troisième. À votre tour de faire une pause dans votre vie et de libérer auprès d'une inconnue ce qui empoisonne votre quotidien. Vous faites quoi dans la vie ? À part courir sur les trottoirs ?

- Je ne courrais pas.

Elle se racla la gorge, moqueuse.

- Non je… Bref. J'écris. Je suis écrivain.

Après tout, si elle acceptait mon offre, elle allait le savoir. Mon métier n'avait rien d'un secret. Je voulais reprendre le fil et la maîtrise de la conversation et ne pas n'éterniser sur le sujet.

- À moi de poser une question. Pourquoi kiné ? Vous reprenez vos études ?

- Pourquoi reprendre mes études ou pourquoi ce choix ? Cela fait deux questions.

Elle marqua une pause et je pensai qu'elle allait arrêter ici ses confidences. Je n'étais décidément pas doué pour créer un lien avec les autres. Pour une fois que je souhaitais connaitre un peu quelqu'un.

- Disons que le statut d'infirmière était un pis-aller dû à ma situation familiale à l'époque. La kinésithérapie est un bon moyen de retrouver mes ambitions passées. C'était pour moi la solution pour reprendre le dessus. J'aurais dû savoir que la vie ne se déroule jamais comme on le souhaite.

Lorsqu'elle se tut, le silence entre nous n'était pas pesant. Nous étions tous les deux dans notre passé. Ou notre avenir. J'entendis un moineau se rapprocher de nous. Elle devait être aussi immobile que moi sur le banc. Nous ne nous touchions pas. Une étrange connexion existait pourtant entre nous.

- À mon tour Edward. J'ai été franche. À votre tour.

Sa voix douce mais décidée, me défendait de faire marche arrière. J'acceptai implicitement sa question, bien qu'il me semblât déjà que j'allais le regretter.

- Comment êtes-vous devenu aveugle ? Il est évident que ce n'est pas de naissance.

La franchise de cette femme me surprenait de plus en plus.

- Accident.

Je la sentis frissonner en se rapprochant un peu de moi. Comme à chaque fois que j'évoquais cet instant-là, une forte odeur de brûlé et un bruit violent retentirent dans mes oreilles alors qu'une image de flammes tournoyantes jaillissait devant mes yeux. Ma dernière vision.

Je me levai, nerveux. Je savais maintenant dominer la terreur que m'inspiraient ces visions, mais j'étais toujours gêné de les ressentir en présence de quelqu'un. Je voulais que personne ne soit témoin de ma douleur.

- Edward, je suis navrée d'avoir faire renaître ce moment.

Une main fine voleta sur la mienne quelques secondes, tandis qu'elle chuchotait ces mots. J'écartai ses excuses d'un geste vague et reprit notre petit jeu de confidences.

- A mon tour. De la famille sur New-York ?

- Rien, ni personne qui ne vaille la peine d'être nommés. Et vous ?

- Ma mère est en visite jusqu'à ce soir et Bree arrive demain.

J'hésitai à poser ma prochaine question. C'était comme un aveu de faiblesse de ma part et j'enrageai à chaque fois que je la posai.

- Pourriez-vous vous décrire ? Physiquement j'entends.

- Pourquoi pas mais, je ne sais pas si je serai bon juge. J'ai 28 ans. Brune, 1.65 m donc pas très grande, ni grosse malgré mon appétit. Plutôt pâle. Des yeux marron. Un profil assez banal.

- Si vous voulez bien m'en laisser juge. Vos cheveux ? Longs ou courts ?

- Vous êtes fou avec vos questions idiotes. Et moi tout autant de vous répondre. Ils sont longs, mais je les garde toujours attachés. Qui est Bree ?

- Ma fille. Et pas de questions sur mon ex-femme s'il vous plaît.

Dans le bref silence qui suivit ma réponse un peu trop sèche, je compris son hésitation à poursuivre notre conversation. Je mettais des limites trop souvent. Mon passé était miné, mais le sien aussi je le sentais. Je ne savais pas comment aborder le sujet qui me préoccupait. Être hésitant ne me ressemblait pas. Tout mon comportement envers cette femme ne me ressemblait pas.

Cette jeune inconnue éveillait en moi l'envie de mieux la connaître, l'envie de calmer cette colère sourde que je devinais toujours en elle.

Je n'étais pas comme cela. Je ne m'intéressais pas aux autres. Esmée me reprochait souvent mon indifférence envers autrui. Elle savait pourquoi j'étais devenu ainsi mais aurait voulu que je réagisse différemment, ce qui n'était plus possible. Le monde extérieur ne m'intéressait plus, si ce n'est pour les exigences de mon métier.

- Pourquoi êtes-vous si nerveux ?

La voix de Bella Swan me fit revenir à ma préoccupation première : elle.

- Moi ? Nerveux ?

J'étais étonné de son observation.

- Oui , nerveux. Sur vos gardes. Méfiant...comme si je pouvais représenter un danger pour vous.

Elle termina d'une voix moqueuse en énonçant quelque chose qui me semblait dangereusement un peu trop proche de la vérité.

- À quoi voyez-vous ma "nervosité" ?

Je sentis son regard peser sur moi. Elle prit tout son temps pour me répondre et je frissonnais un peu.

- D'abord, depuis cinq minutes, vous tournez en rond devant moi.

Elle n'avait pas tort. J'arrêtai net mon manège inconscient et m'assis ostensiblement à côté d'elle sur le banc.

- Voilà. Autre chose ?

- Bien sûr ! Vos cheveux !

J'entendis son sourire. J'étais devenu très doué pour traquer ce sourire rare, malgré ma surprise.

- Quoi mes cheveux ?

- Votre main est toujours en train de fourrager dans votre chevelure en bataille. Un coiffeur se mordrait les doigts de désespoir avec vous.

Je soupirai et ramenai dans ma poche, ma main effectivement révélatrice de mon état. Bella était trop bonne observatrice. Soudain, je sursautai. Une main légère avait effleuré mon épaule droite, avant de pincer durement le muscle trapèze. La main disparut mais la sensation resta.

- Et là. Vous êtes trop tendu. Noué. Vous devriez consulter un kiné avant de souffrir de la nuque.

Agacé qu'elle ait encore touché juste, dans tous les sens du terme, je ripostai du tac au tac d'un ton sarcastique afin qu'elle s'éloigne.

- Vous êtes volontaire pour me soulager ? Je peux être un bon sujet prêt à tous vos apprentissages.

Je devenais un goujat.

- Je ne suis pas Kiné. Je ne le serai jamais.

Sa colère et son amertume avaient repris le dessus chez elle. Ce qui n'était absolument pas ce que je souhaitais. Je fermai les yeux et, inclinant mon dos contre le dossier du banc, j'effectuai quelques rotations avec mon cou évacuant les fameuses tensions qu'elle venait de citer. J'étais certain que même si elle s'était levée, elle me fixait attentivement. Je ne voulais plus l'effrayer.

- Excusez mes paroles. Ce n'était pas... approprié. Une preuve de plus de ma nervosité. Bella, si je vous dis pourquoi je suis sur mes gardes comme vous dites, accepterez-vous de me dire pourquoi vous êtes en colère ?

Son souffle s'accéléra et s'approcha tandis que son parfum m'entourait à nouveau comme si elle allait brutalement fondre sur moi.

- Je ne suis pas en colère ! cria-t-elle presque.

Je la laissai poursuivre.

- Mais j'accepte vos excuses.

- Et vous êtes une petite menteuse, jeune dame.

Ses pas crissèrent sur le gravier. Elle était à son tour énervée.

- Ah oui ? Et à quoi voyez-vous cela ? Je ne vous ai même pas giflé ou insulté quand vous m'avez conduite ici de force ou quand j'ai entendu vos insinuations douteuses.

- Je me suis excusé déjà notre gauche un arbre. J'entends le vent faire frissonner les feuilles restantes dans ses branches. Il est vieux. Pas très grand. Savez-vous qu'il était là avant les immeubles ? Dieu seul sait pourquoi il a été conservé. Tous les ans un couple de mésanges vient y nicher et un écureuil y a sa résidence permanente. Ici nous l'appelons Nutsy.

Elle rit doucement.

- Je sais ce n'est pas très original. Vous aurez peut-être la chance de le voir si vous venez armée de patience et de fruits secs.

Je ne la voyais pas, je ne l'entendais plus, mais j'étais certain d'avoir toute son attention et cela me plaisait un peu trop.

- J'ai d'autres raisons de préférer ce banc, cela vous intéresse-t-il toujours ?

- Oui bien sûr. Vous êtes... un merveilleux conteur. Je suis étonnée de vous voir amoureux de la nature.

- Je sais réserver quelques surprises aux personnes que j'apprécie Bella. Maintenant, regardez le vieil immeuble devant nous. Celui que vous avez un peu dédaigné à cause de son apparence. Tout d'abord, il faut savoir que chaque fenêtre, chaque escalier, me raconte une histoire. À la deuxième, à gauche, au 4ème étage, je vois un jeune homme assis, il fume une cigarette, ruminant sur un triste passé. Et là... au dernier étage à droite, une femme guère plus âgée, regrette déjà certains choix de sa vie au lieu d'aller de l'avant. Ils ont des escaliers de secours. Des chemins nouveaux qui s'ouvrent devant eux. Il suffit de les voir.

Je laissai passer quelques minutes avant de reprendre.

- Plus prosaïquement, l'immeuble est moins haut et le soleil peut donc inonder notre banc et nous réchauffer en dehors du regard de Black.

J'avais soufflé les derniers mots en souriant, lui confiant mon dernier secret. Celui que je n'avais partagé qu'avec Bree.

- Black ? Jacob Black ? Votre concierge ?

- Oui, celui-là même, qui j'en suis sûr, vous a jaugé de haut en bas à votre arrivée. Il passe son temps à espionner les locataires de l'immeuble. Il m'espionne du matin au soir depuis 3 ans qu'il travaille ici. Si je m'assois sur l'autre banc. Je suis dans la ligne de mire depuis sa loge et ça... m'agace.

Elle éclata de rire. Un rire clair, joyeux et dénué de toute amertume. J'adorai ce son et j'étais prêt à donner beaucoup pour le provoquer de nouveau. Nous étions proches l'un de l'autre comme si nous nous connaissions depuis longtemps. C'était notre « parenthèse » qui fonctionnait. Un peu trop bien.

- Monsieur Cullen ?

Tiens donc !

- Quand on parle du loup, chuchotai-je à ma voisine.

- Je suis désolé de vous déranger mais, des livreurs sont arrivés et Mme Cullen vient d'appeler afin que j'insiste pour que vous réceptionniez la marchandise si vous êtes là.

Le rire ensorcelant de Bella reprit de plus belle et le mien s'y joignit, complice.

Et voila pour cette première prise de contact. Merci à toutes celles qui me mettent en favoris ou me suivent et encore plus à celles qui par un petit mot me stimulent pour la suite. N'hésitez pas lol :)

Kiss

Nic

Cullen15000