Hello les filles
On est vendredi soir.
Je pense donc que c'est l'heure de vous proposer ce chapitre.
Merci à LifeChrys pour son soutien et ses conseils toujours judicieux. (MAJ suite au passage minutieux de Lyra)
On se retrouve en bas
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination
Chapitre 6 Décision
Vendredi 17 h
Elle semblait si mal, si triste en sortant de cet ascenseur. Si Mme Cullen n'avait pas été là, j'aurais injurié le sale type responsable de son état avant d'aller lui faire comprendre à coups de poing ma façon de voir les choses. Aveugle ou pas !
Il était évident qu'elle avait pleuré et semblait à bout de force. J'ai dominé ma fureur mais, quand elle reviendra tout à l'heure, je lui dirai ce que je pense de lui. Éthique professionnelle ou pas.
ooOoo
Elle se précipita dans le couloir, cherchant à retenir les larmes qui menaçaient de déborder de ses yeux. Le couloir lumineux, pourtant assez court, lui parut très long. Il n'y avait que 2 portes d'appartements sur ce palier de l'immeuble. Elle appuya compulsivement plusieurs fois sur le bouton d'appel de l'ascenseur avant qu'il n'arrive.
Elle s'engouffra dans la cabine heureusement déserte. Lorsque les portes métalliques se refermèrent sur elle, Bella aperçut, horrifiée, son reflet hagard dans le miroir.
Elle s'effondra alors sur le sol, car ses jambes ne la soutenaient plus. Devant Edward, elle avait tenté de se dominer. Elle voulait contrôler l'horreur des souvenirs qui menaçaient de l'envahir. L'âge de Bree avait brutalement fait remonter à la surface ce qu'elle voulait reléguer au fin fond de sa mémoire et qui l'empêchait de dormir toutes les nuits.
Mike avait eu raison de la virer. Elle se sentait totalement incapable de faire correctement son métier. Elle n'était plus bonne à rien. Elle ne pouvait plus vivre normalement. James avait compris avant elle, qu'elle était coupable et maintenant inutile. L'ascenseur arriva au rez-de-chaussée. Bella savait qu'elle devait rapidement recomposer son masque pour affronter le monde extérieur. Depuis cinq ans, elle présentait aux autres, une façade, ne montrant d'elle qu'une jeune femme solide et « guérie ». Elle se savait douée dans ce rôle de composition, mais il lui était difficile de le tenir aussi devant celui qui ne voyait pas et se fiait à d'autres indices, qu'un sourire plaqué sur un visage.
Inspirant profondément, elle sortit d'un pas hésitant dans le hall de l'immeuble. Jacob Black, le grand portier brun, qui affichait une ascendance amérindienne assumée, était là, bien sûr. Il interrompit sa conversation avec une femme aux longs cheveux châtains pour la regarder. La femme lui tournait le dos et était élégamment vêtue d'un pantalon crème et d'un long manteau noir à la coupe impeccable. Bella adressa au jeune homme un sourire de convenance avant de se diriger vers eux.
Il lui fit signe de s'approcher et l'interpella.
- Mademoiselle, vous allez bien ?
Il était inquiet et son ton plein de sollicitude incita Bella à sourire davantage, crispant ses zygomatiques au maximum pour le rassurer et éviter toute question.
- Bien sûr, je voulais juste savoir si vous pouviez garder mes affaires quelques heures ? Je repasserai plus tard.
- Évidemment ! Mademoiselle ? répondit-il cherchant à savoir son nom.
Elle ignora la question implicite et le remercia. Elle allait partir lorsque la femme élégante s'approcha à son tour d'elle et lui toucha le bras pour la retenir un instant. Leurs regards se croisèrent et Bella retrouva un regard gris-vert attentif qui lui rappela celui d'Edward.
- Mademoiselle, vous semblez fatiguée, épuisée même. Si je peux me permettre de vous proposer mon aide ?
- Non, je…. je vous remercie, Madame. Tout va bien. Tout ira bien. À tout à l'heure monsieur Black.
Encore une fois, Bella préféra prendre la fuite. Après la complicité chaleureuse d'Edward, se laisser guider par la sollicitude bienveillante de celle qui devait être sa mère, serait la meilleure façon de faire s'écrouler les barrières laborieusement construites entre le monde et elle.
Leur tournant définitivement le dos, Bella sortit de l'immeuble et retrouva le bruit ordinaire de la rue. Elle ne savait ni où aller ni quoi décider.
Obliquant vers la gauche, elle laissa le hasard la guider. Quelques centaines de mètres plus loin, Central Park lui ouvrait ses portes. Elle hésita. Elle n'y était pas entrée depuis… longtemps. Cependant, cette partie du parc lui était inconnue, alors elle erra dans les allées peu encombrées. Seuls, quelques adolescents traînaient nonchalamment en groupe, tuant le temps en cette fin d'après-midi.
Lorsqu'elle arriva à un jardin d'enfants, où des mères surveillaient leurs rejetons qui jouaient bruyamment sur l'espace de jeux mis à leur disposition, elle préféra diriger ses pas ailleurs.
Les minutes s'écoulaient et Bella avançait, refusant toujours de s'arrêter pour prendre une décision. Marcher lui occupait l'esprit. Lorsque l'épuisement l'obligea à s'asseoir sur un banc, elle laissa son regard errer autour d'elle.
Un petit bassin d'eau froide. Deux ou trois adolescentes bavardes et mal habillées. Un jeune chien errant. Bella ne trouvait rien qui puisse être un prétexte pour oublier le choix qui s'offrait à elle, et la décision à prendre.
Accepter la proposition d'Edward Cullen ? Un inconnu qui lui offrait un logement et un emploi fixe mais difficile ?
Ou alors… rien. Elle n'avait guère d'autre choix.
Plus d'appartement à compter de la fin de semaine et plus de revenus dès qu'elle aurait dépensé les quelques économies qu'elle avait pu faire depuis quatre ans.
Elle retourna le problème dans tous les sens. Elle n'était pas capable de tenir ce rôle. S'occuper d'une enfant lui faisait peur. Sa première réaction l'avait bien prouvé. Rien que d'y penser, elle avait envie de vomir et ses jambes tremblaient.
Elle allait devoir lui dire. Il le fallait.
Bella respira profondément et posa ses mains à plat sur ses genoux, se concentrant sur la vision de ses doigts immobiles. Se forçant à ne pas bouger, à ne pas entortiller ses mains pour évacuer la tension qui montait en elle à nouveau. Elle n'en serait pas capable. Elle en était sûre. Longtemps, elle resta dans cette position. Statue immobile dans l'après-midi finissant du parc de plus en plus désert.
Les yeux fermés, à regret, elle prit sa décision. Elle mettait parfois, souvent même, longtemps à se décider mais ensuite, elle s'y tenait.
Le plus difficile étant fait, Bella se leva et marcha résolument vers la sortie. Il lui fallut près de quinze minutes pour quitter Central Park et prendre la ligne de métro qui la reconduisait vers l'appartement qu'elle occupait depuis six ans maintenant.
Dans la rame, bondée en ce vendredi soir, elle ne se laissa pas bousculer par la foule des banlieusards qui quittaient leur job pour retrouver leur foyer, chaleureux ou non. Jouant des coudes, elle réussit à trouver une place sur un siège resté miraculeusement vacant au fond de la rame. Ignorant le jeune homme un peu obèse, assis côté fenêtre, qui la fixait effrontément, elle prit place, sortit son livre de son sac à main, afin d'oublier le temps du trajet, la vie et ce curieux jeune aveugle à qui elle avait choisi de tourner le dos.
Une heure plus tard
Bella venait de se changer après une douche rapide. Tout en tentant de démêler ses cheveux, elle partit vers le salon pour faire le point. Elle avait trié rapidement ses affaires : un grand carton et deux valises partiraient au garde-meuble. Deux petits sacs de voyage complétaient celui qu'elle avait abandonné dans la loge de Jacob Black, le nécessaire pour les semaines ou mois à venir. Le reste… Le reste…
En soupirant une fois de plus, elle parcourut du regard le salon vide. Les quelques meubles encore présents, avaient été achetés lorsque Jasper avait prêté au jeune couple l'appartement qu'il avait besoin de reprendre aujourd'hui pour sa sœur.
Six ans de sa vie. Bonheurs et malheurs entre ces murs. Il y avait longtemps qu'elle ne voyait plus les imperfections de ces trois petites pièces. La kitchenette était trop petite, elle ne cuisinait plus. La chambre trop sombre, était trop grande, elle n'y venait que pour tenter de dormir. La dernière porte était fermée sur une deuxième chambre dans laquelle elle ne rentrait plus depuis longtemps. Le salon, un peu fané, n'était ni très grand, ni très clair et sur ses murs lézardés, il affichait des traces plus claires à l'endroit où elle avait ôté les cadres et affiches. James et elle avaient été heureux à l'époque de ce « nid », trouvé pour héberger leur foyer naissant.
Aujourd'hui, il ne restait que le vieux canapé au revêtement de tissu bleu délavé et la table basse au verre fendu. Lorsque James avait tapé du poing, il n'avait pas réussi à la casser. Elle était restée ainsi.
La porte d'entrée s'ouvrit doucement. Bella sourit à l'homme qui venait de rentrer avec un air triste. Grand et blond, avec son éternelle allure de jeune premier mélancolique et pensif, Jasper ne savait pas quoi faire de ses mains. Il les enfonça dans les poches de son jean noir avant de prendre la parole.
- Tu sais Bella, je suis désolé…
Elle l'interrompit.
- Non, c'est moi. Je te rends l'appartement dans un triste état. J'aurais voulu avoir le temps de le repeindre, le débarrasser de tous ces vieux trucs, dit-elle en désignant les meubles d'un geste vague.
- T'inquiète pas pour cela si tu ne les veux pas. Tu sais, le petit jeune du rez-de-chaussée, celui qui vient de s'installer, cherche des meubles. Il viendra nous en débarrasser quand tu veux. Ce qui me gêne, c'est que j'ai l'impression de te ficher dehors.
- Jasper !
Elle s'approcha de lui sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur sa joue.
- Tu m'héberges gratuitement depuis un an après avoir toléré nos retards de loyer pendant plusieurs mois. Je comprends que ta sœur ait besoin d'un point de chute sur New York maintenant qu'elle y a trouvé un travail. Il est logique que tu reprennes cet appart. Je suis prévenue depuis longtemps. Et tu sais que j'ai trouvé une solution, alors ne t'inquiète pas.
Elle recula et se tourna vers la « cuisine » en disant les derniers mots, évitant le regard perspicace de son ami. Pour s'occuper, elle lava à nouveau le comptoir et se glissa entre celui-ci et le plan de travail pour essuyer des salissures imaginaires.
- Je passerai voir ta sœur et l'aiderai à mettre de la couleur sur les murs si elle veut, continua-t-elle préférant changer de sujet.
- T'as intérêt à revenir nous voir ! Et souvent ! Mais, es-tu sûre de vouloir partir ce week-end ? Il n'y a pas urgence. Elle n'arrive que dans une dizaine de jours et vous pourriez cohabiter un moment.
Jasper semblait inquiet pour elle. Bella alors, se tourna vers lui.
- Non je ne peux pas. Je dois prendre le nouvel appart dont je t'ai parlé maintenant, où il va me filer entre les doigts. Je laisse les cartons ici. Je repasserai les chercher dans quelques jours. Je dois y aller Jasper.
Elle saisit les deux sacs. Ils n'étaient pas lourds. Sa vie se résumait, à 28 ans, à peu de choses essentielles.
Il passa devant elle, lui ouvrit la porte et elle sortit sur le palier, fermant à clé cet appartement pour la dernière fois.
Bella redressa les épaules et montra à Jasper son plus beau sourire, lui rendit les clés de son passé. Sans rien dire, il l'accompagna à la sortie de l'immeuble, portant l'un des sacs.
- Merci pour tout Jasper.
- Prends soin de toi Bella et à bientôt.
Il la serra dans ses bras alors qu'elle embrassait une nouvelle fois la joue son ami avant de sortir dans le crépuscule.
Elle ne savait pas du tout dans quel hôtel elle allait dormir après avoir récupérer son sac dans la loge de l'immeuble d'Edward Cullen.
Un POV Bella. Je me demande encore pourquoi j'ai écrit cela ;).
Elle semble avoir pris sa décision. Je ne suis pas sûre du tout que nous aurions pris la même.
Je veux remercier toutes celles qui me lisent, me suivent avec fidélité et me laissent (cerise sur le gâteau) une petite review. Lisa est toujours la première.
Debby, désolée mais pour Jake t'es loin de regrouper autour de ton opinion :)
Kiss
Nic
