Hello les filles

Bonne lecture

Un grand merci à Chrys qui a accepté de traquer mes fautes...

Bonne lecture

Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination


Chapitre 13 Disparition

Dimanche 17h

Je sortis de l'ascenseur la première. J'attendis impatiemment que mon père ouvrît la porte. Mais je ne dis pas un mot. Même quand ils saluèrent la voisine qui sortait de chez elle. C'était une nouvelle, une jeune, pas comme Madame Cope, la vieille dame qui était là avant. Celle qui détestait les chats. De toute façon, cette nouvelle, je ne la connaissais pas et je n'avais pas envie d'être aimable et polie avec elle. Tant pis pour ce que Papa attendait de moi. Je me faufilai sans un mot entre lui et le battant de la porte entrouverte avant de me planter au milieu du salon en attendant que mon père et sa copine me rejoignent. Un coup d'œil discret autour de moi et je compris que rien n'avait changé ici en un an. C'était juste plus… rangé. Je haussai les épaules. J'en avais rien à faire de toute façon.

J'étais contente d'avoir retrouvé Jacob. Il était mon ami et lui ne me trahirait pas.

- Elle est où ma chambre ?

- C'est toujours la même. Ta grand-mère et Bella ont fait quelques changements mais…

Je n'attendis pas la suite et m'y précipitai directement. Je claquai la porte derrière moi. Je sautai à plat-ventre sur le lit, le nez dans l'oreiller, laissant mes jambes, mes pieds avec mes chaussures sur le couvre-lit. C'était bête, de toute façon il ne verrait rien. De la main je touchai le tissu. C'était doux. Ça sentait bon. Je relevai un peu la tête et observai autour de moi. Ce n'était plus ma chambre de bébé. Les couleurs étaient claires, du mauve, du blanc et du vert pâle. Un truc sympa. Pas un truc de bébé à la « hello Kitty » ou « Princesse Barbie ». Mamie Esmée avait dû passer par là. Le grand lit blanc était collé à la fenêtre. Je me mis à genoux sur la couette et ouvris la fenêtre à guillotine. En me penchant un peu, je pouvais même voir le haut des arbres de Central Park. C'était trop beau. Je me retournai et parcourus la pièce du regard, il y avait un beau bureau avec une photo de papa et moi, et derrière un gros pouf violet une immense bibliothèque pleine de livres ! Je me mordis les livres, je devais aller voir s'il y avait ceux que je….

Non, de toute façon je n'avais pas envie d'être ici !

Je me rallongeai sur le dos, fixant le plafond blanc, et frottai délibérément mes chaussures sur la couette. Puis il frappa à la porte avant d'entrer.

ooOoo

Je ne la disputerai pas, l'effet serait catastrophique.

Je ne crierai pas, ça ne servirait à rien.

Je ne lui dirai pas de ne pas claquer les portes, j'en avais subitement envie moi aussi.

Je ne lui dirai pas qu'elle avait été impolie avec Bella, même si férocement, ça me démangeait.

Je respirai profondément avant de mettre un pied dans la chambre.

- Bree ? Tout va bien ?

J'attendis sa réponse. Je n'avais aucune idée de l'endroit où elle se trouvait dans la pièce. Le silence me répondit. J'avais l'habitude de ce genre de situation mais c'était ma fille, mon bébé, un froid glacial grandissait en moi.

- Je t'apporte ta valise. Bella viendra plus tard t'aider à la ranger. Je… vais préparer le repas. Et après, il faudra qu'on parle toi et moi.

Un léger mouvement sur le lit m'indiqua sa position. Je me tournai dans cette direction. Mais elle ne disait toujours rien. J'étais désarmé. Je ne savais que faire alors, je choisis la facilité et reculai vers la porte. Je sortis pour rejoindre Bella mais juste avant de refermer doucement le battant sur moi, je me retournai une dernière fois vers le lit où je supposai que ma fille était.

- Je suis heureux que tu sois là Bree.

- Pas moi.

Le souffle coupé par les mots qui avaient traversé le bois de la porte, j'appuyai mon front contre le chambranle, cherchant désespérément à deviner quelle erreur j'avais commise. Il me fallait comprendre pour avancer et combler la fosse qui nous séparait. Sa froideur me faisait physiquement mal. J'étais blessé dans ma fierté de père et incapable de réagir. Tout était différent de mes attentes. Je me laissai tomber sur le canapé du salon. Qu'avais-je espéré ? Un an. C'etait long surtout à cet âge. Nous avions pourtant un peu parlé au téléphone. Je n'avais jamais ressenti ceci, cette distance, cette incompréhension entre celle qui resterai toujours mon bébé et moi.

- Edward ?

Bella s'était approchée doucement et je la sentis juste devant moi. Elle effleura mon épaule et je saisis sa main comme une bouée de sauvetage à laquelle je m'accrochai désespérément.

- J'ai peur.

Elle s'approcha un peu plus et je la saisis par les hanches, la plaçant entre mes cuisses. Je reposai alors ma tête contre son ventre, tandis qu'elle passait ses mains sur ma nuque, m'apaisant de quelques caresses sur mes cheveux. Il n'y avait aucune équivoque à notre position. Elle me réconfortait. C'était tout et c'était ce dont j'avais besoin à cet instant. Je ne sais pas comment Bella l'avait su mais elle était là. Elle était le roc sur lequel je m'appuyai dans le tourbillon noir qui m'emportait depuis l'arrivée de Bree.

Ce qui s'était passé entre nous dans l'ascenseur, m'avait ouvert les yeux. Bella était mon amie et j'étais, nous étions, clairement attirés l'un par l'autre. Mais elle avait ses cicatrices cachées encore fraîches. De mon coté je trimbalais encore pas mal de problèmes et nous ne pouvions construire quelque chose dans l'immédiat. Nous avions nos priorités. La mienne était Bree.

- Il faut lui laisser un peu de temps. Il y a quelque chose qui la tracasse.

Bella avait raison.

- Laisse-toi du temps à toi aussi, reprit-elle. Tu as investi trop de rêves sur ces retrouvailles. Tu as vécu beaucoup de choses depuis votre séparation. Elle aussi, je suppose, avec sa mère.

- Oh Bella. Comment je ferais sans toi ?

- Je ne sais pas Edward. Tu inviterais Jacob à t'aider ?

- Idiote.

J'avais souri. Je resserrai mes mains sur le bas de son dos, refusant de quitter l'agréable contact de sa peau tiède, le cercle rassurant de ses bras autour de mon cou.

- Parle-moi d'elle. Raconte-moi ta fille, me demanda-t-elle alors.

C'était une bonne idée. Me souvenir d'elle. Des moments que nous avions passés ensemble.

- Elle était adorable. Nous n'avions pas planifié sa naissance. En tout cas, pas moi. Mais j'ai voulu avoir un appartement comme celui-ci dès que j'ai su. Je voulais un foyer pour elle. Je l'ai acheté quand elle a eu un an, elle a toujours vécu ici depuis. Avec sa mère et moi, dans un premier temps, puis seulement avec moi. C'était une petite fille très vive avec le cœur sur la main. Je me souviens du jour où… C'était en avril je crois, elle devait avoir 3 ans à peine.

Je m'interrompis un instant, frottant ma joue sur le chemisier de Bella, recherchant dans ma mémoire les images colorées de ce jour.

- Nous étions allés nous promener tous les deux à Central Park. Elle jouait avec d'autres enfants sur un tourniquet juste devant moi. J'étais assis sur un banc avec mon carnet de notes, je griffonnais des trucs, des idées pour mon futur bouquin je crois. Il faisait très beau. Tu sais, c'était le genre d'après-midi où le soleil joue à cache-cache entre les branches de cerisiers en fleurs. Central Park est superbe au printemps. Il y a plein de couleurs. Pleins d'odeurs. C'est très inspirant comme ambiance. Il y avait du monde, plein de gosses. C'était un peu bruyant mais joyeux. Mais quand j'avais relevé la tête de mon calepin, plus de Bree !

La peur encore et toujours. Je devrais être immunisé, mais je ressentais encore la panique de cet instant. Ma fille avait disparu. Le soleil avait disparu. Les cris des enfants aussi. Je soupirai en me passant nerveusement la main dans les cheveux, avant de recoller ma tête contre mon amie.

- Heureusement, dès que je me suis tourné je l'ai vue. Elle était à 10 mètres derrière moi, dans sa petite salopette en jean. Elle tentait de grimper sur un arbre. Je l'ai rejointe en courant. Elle pleurait silencieusement, elle leva vers moi son petit visage, très pâle, trempé de larmes et me montra de sa petite main pleine de terre et égratignée, le sommet de l'arbre. Pour elle, j'étais le sauveur.

- Il y avait quoi dans l'arbre ?

- Une petite boule de poils gris complètement hérissés, miaulait à fendre le cœur. Bree pleurait pour elle.

Elle était pathétique et touchante. Je souris à ce souvenir.

- C'était Luna ? devina Bella.

- Oui c'était Luna. Je suis monté dans l'arbre, j'ai déchiré mon pantalon de costume. Depuis, je ne mets que des jeans pour sortir avec Bree. Luna avait le vertige, elle ne voulait pas descendre, j'ai dû l'envelopper dans ma veste. Elle a d'ailleurs dormi dedans ensuite. Sur le lit de Bree. Elles ne se sont plus quittées jusqu'à... jusqu'au déménagement de Bree chez sa mère. Tanya a refusé de prendre le chat, c'est Angela qui l'a nourri pendant mon absence.

- Luna est donc la chatte de Bree.

- Oui, elle a choisi son nom le soir-même. Nous étions sur la terrasse. La lune était pleine et Bree m'a dit, je m'en souviens très bien « Elle a la même couleur que mon chat. Elle est presque aussi belle ».

- C'est curieux, elle n'a pas demandé à la voir.

- Oui. Ben ça attendra, maintenant.

Je me reposai encore un moment. Bella devait méditer le piège dans lequel je l'avais coincée, entre une môme désagréable et un jeune père plein d'angoisses. Je décidai de couper court à cette parenthèse.

- Bon. Assez de guimauve pour ce soir. Je vais préparer le repas. Merci d'avoir été là et de supporter nos sautes d'humeur.

Je me levai et l'embrassai sur la joue avant de me diriger vers la cuisine.

- T'en fais pas pour moi, je suis résistante. Accepteras-tu de l'aide ce soir ? demanda-t-elle ?

- Non. Va te reposer un peu, je crois qu'on aura besoin de toutes nos forces, du moins pendant quelques jours.

- Bien Chef ! dit-elle en riant, pendant je regroupais les ingrédients nécessaires pour de simples escalopes panées accompagnées de riz. J

e suivis son pas léger qui montait à l'étage.C'était curieux comme sa présence me semblait naturelle.

Ma routine culinaire me calma. Je pris même le temps de répondre aux messages pressants d'Emmett qui souhaitait savoir si tout se passait bien avec Bree. Je ne fus pas forcément très honnête dans ma réponse mais mentir par omission n'était même pas un demi-mensonge. C'était ce que mon avocat de frère m'avait répété plusieurs fois lorsqu'il m'incitait à cacher ses sorties clandestines aux parents.

« Bree est bien arrivée. Nous t'attendons demain pour dîner. Comme prévu. Tenue décontractée et chocolats de rigueur. »

J'appuyai sur la touche envoi après avoir enregistré ma réponse. J'avais expédié mon frère plutôt rapidement ce matin après qu'il nous ait sortis de l'ascenseur.

Sa curiosité vis-à-vis de Bella, n'était sûrement pas satisfaite. Tant mieux. J'aimais le faire griller un peu sur les charbons ardents de l'impatience. Quand il était remonté à l'appartement, Bella était sous la douche… enfin dans la salle de bains au moins et je me tenais volontairement éloigné de celle-ci. J'étais même redescendu au rez-de-chaussée pour nous préparer un solide petit déjeuner. En échange d'une tasse de café et de quelques douceurs, j'avais demandé à Emmett de me laisser un peu de temps avec Bella et Bree. Il avait même renoncé, assez facilement, au plan de notre mère de m'accompagner à l'aéroport.

Le repas fut prêt en moins d'une heure. J'avais repris le contrôle de ma cuisine et de mon calme. Je devrais être capable de me faire comprendre d'une petite fille de huit ans !

- Bree ? Bella ? À table ! Ces dames sont servies.

Quelques secondes passèrent, puis j'entendis à l'étage la porte de Bella s'ouvrir.

- J'arrive Edward.

Je sentis son parfum m'entourer tandis qu'elle me prenait les assiettes des mains pour les placer sur la table.

- Tu sais que je vais y prendre goût ? Me faire servir, et en plus ça sent bon.

- Merci. Profites-en. Quand je ne suis pas enfermé dans mon bureau, j'aime cuisiner, ça me détend. Après, j'ai des périodes d'enfermement où j'oublie complètement les horaires. Enfin, on verra ça au moment voulu.

Je me passai la main dans les cheveux, je ne savais vraiment pas si j'avais envie que Bella se rende compte de l'espèce de caricature d'ours mal léché et noctambule je devenais lorsque le « démon de l'inspiration s'emparait de moi », comme disait gentiment mes amis.

Tout était servi sur la table mais Bree n'avait pas daigné se montrer. Je serrai les mâchoires. Devais-je faire un gentil rappel ? Ou me montrer plus dur, le jour de son retour ?

- Elle dort peut-être, le décalage horaire peut l'avoir un peu perturbée.

- Tu essaies de lui trouver des excuses, c'est gentil mais tu sais comme moi qu'il ne s'agit pas d'un simple décalage horaire. Ce serait trop beau.

Je carrai les épaules, me drapai dans ma cape de super-papa compréhensif et calme avant de m'avancer vers la chambre de ma fille. Je frappai un petit coup sur la porte avant de l'entrouvrir.

- Bree, viens nous rejoindre. C'est l'heure de manger. Tu te laves les mains et nous passons à table.

- J'ai pas faim.

La voix boudeuse provenait encore du lit, vers la fenêtre. Je fis quelques pas dans cette direction, avec prudence, n'étant pas encore tout à fait certain de la nouvelle configuration des lieux, puis je m'accroupis devant le lit, prenant appui sur mes coudes posés sur la couette.

- Je veux bien te croire. Mais tu vas faire un effort pour manger un peu, et pour venir parler avec moi aussi.

- Pourquoi tu veux parler ? demanda-t-elle, agressive.

J'avais l'impression d'avoir devant moi un petit chaton en colère. Un de ces animaux dont il ne fallait pas s'approcher sous peine de griffures mais que l'on crevait d'envie de serrer dans ses bras. Je restai immobile, sans dire un mot pendant un moment. Pourquoi je voulais parler ?

- Parce que tu es ma fille, parce qu'on ne s'est pas vu depuis très longtemps et que moi j'ai plein de choses à te dire, à te demander.

Je tendis ma main vers son corps et touchai son épaule, qui se raidit sous mes doigts. Je reculai encore une fois. Je ne voulais pas la brusquer. Me relevant, gardant au plus profond de moi ma frustration de ne pas pouvoir la prendre contre moi.

- Viens Bree. Laisse-nous une petite chance de nous retrouver.

Je rejoignis Bella dans le salon sans me retourner, laissant la porte ouverte.
C'était à elle de jouer.

Passant dans le salon, je m'assis en bout de table, je n'arrivais pas à parler.

Bella posa sa main sur mon bras gauche.

- Elle viendra. Ne t'inquiète pas.

- Elle viendra sûrement tu as raison. En attendant sers-toi.

Je mâchonnai sans entrain depuis quelques minutes quand elle parla.

- Je m'assois où ?

- Si je sais encore compter jusqu'à trois jeune fille, il doit rester sur la table, une assiette vide avec une chaise devant. Juste à ma droite.

- Très marrant.

La chaise crissa sur le sol.

- Je vais te servir Bree si tu veux bien, commença Bella.

- Je peux le faire seule.

- Non, le plat est encore très chaud. Je te sers, insista Bella fermement.

Je n'intervins pas, beaucoup plus satisfait de la réaction de Bella que de celle de ma fille. Le silence s'éternisait et je ne voulais pas aborder de sujet aussi chaud que le plat principal à table.

- Ton oncle Emmett mangera avec nous demain soir.

- Pourquoi il vient ?

- Pour te voir. Tu lui as manqué.

- Pas tant que cela. Il n'est même pas venu me voir en un an.

Je sursautai à ses paroles amères. J'ai même cru deviner de la tristesse dans sa voix. Bree et Emmett s'entendait bien. Avant. Emmett s'entendait toujours avec les enfants. Je ne pouvais pas laisser passer cela.

- Il a traversé le continent trois fois pour te voir. Et il a trouvé la porte fermée deux fois. Puis la troisième il se l'est fait claquer au nez. Nous savons tous les deux que ta mère ne l'aime pas, mais je croyais qu'elle te l'avait dit.

- Non.

- Il est passé une première fois dès ta sortie de l'hôpital. Il a laissé un paquet pour toi, devant la porte de votre appartement je crois.

Je lui cachai qu'il avait entendu du bruit dans l'appartement et savait pertinemment que Tanya ne lui avait pas ouvert en sachant qu'il était venu voir la petite de ma part.

- C'était quoi le cadeau ? demanda-t-elle curieuse.

- Une peluche, je crois. Un ours.

- Un gros ours brun avec un nœud papillon ?

- Oui je crois. Tanya te l'a transmis ?

Elle ne répondit pas immédiatement.

- Oui. Je crois. Et après ?

- Euh la deuxième fois, c'était juste avant la rentrée scolaire. Je savais que tu venais de rentrer de chez ta grand-mère Carmen et j'avais confié une lettre à Emmett. Mais personne n'a répondu à l'interphone. Ses paquets sont restés à la loge.

- Il m'avait apporté quoi ?

Sa voix était tendue.

- Des livres, une poupée en tissu qu'Esmée avait cousue pour toi, un carnet pour écrire et ma lettre. Il faisait le facteur de la part de toute la famille.

Il y eu un silence.

- Bon. J'ai plus faim. Je peux retourner dans ma chambre ?

Je ne comprenais pas pourquoi elle interrompait ainsi la conversation.

- Tu as mangé un peu au moins ?

J'étais inquiet. Elle ne repondait pas et Bella prit la parole.

- Oui, Edward elle a mangé.

- Eh ! Je suis assez grande pour répondre toute seule ! J'ai plus faim c'est tout. Je vais aller dormir. J'en ai marre.

Bree avait quasiment crié les derniers mots, mais j'aurais juré avoir senti des sanglots dans sa voix.

J'entendis juste la chaise racler le sol et une porte claquer. Encore.

- Je suis désolée, je ne voulais pas la mettre en colère.

- Je ne pense pas qu'elle soit en colère contre toi, Bella. Tu n'es que le prétexte et j'en suis désolé moi aussi. Il y a autre chose. Je vais la voir. Souhaite-moi bonne chance.

- Fais attention, elle a des crocs apparemment ta fille, dit Bella qui souhaitait alléger l'atmosphère.

- Ouais, j'ai cru comprendre ça. Elle a dû les affûter avec sa mère.

Je me levai de table et filai rejoindre ma fille. Je constatai, en faisant la grimace, qu'elle avait trouvé la télécommande de la télévision. Esmée avait insisté pour l'installer dans sa chambre. Une chaîne quelconque de clips déroulait les décibels à un niveau trop important pour mes vieilles oreilles. J'étais résolu à crever l'abcès et je ne pouvais pas le faire dans cette ambiance. Après quelques tâtonnements, j'appuyai sur le bouton d'arrêt de la télévision, pour entendre le pire bruit de toute mon existence.

Bree pleurait à gros sanglots. Elle était apparemment sur le grand pouf en forme de poire mauve proche de la bibliothèque. Je me dirigeai donc vers elle et m'accroupit à proximité de celui-ci.

- Il faut qu'on parle sérieusement toi et moi. Ça fait un an qu'on ne l'a pas fait véritablement.

Comme elle ne disait rien. Je passai ma main sur sa joue et essayai ses larmes du bout des doigts.

- Pourquoi ? Pourquoi t'es pas venu toi ? Pourquoi tu ne parlais pas vraiment au téléphone. Tu ne parlais qu'à Tanya !

Ses sanglots me serraient le cœur. Je n'étais pas très bavard au téléphone. Nous ne discutions que de l'école, de ses copines. Pas vraiment d'elle ou de moi. Je n'avais pas été à la hauteur. Je caressais ses cheveux courts, ne sachant comment évoquer ma difficulté à communiquer verbalement. Ce qui avait été si simple à lui écrire dans ma première lettre, je n'avais pu lui confier de vive voix par téléphone.

- Peut-être que tu me manquais trop ? Peut-être que je suis un imbécile qui ne sait pas dire les choses. Je m'excuse mon bébé mais tu es…

- NON ! Tu peux dire ce que tu veux ! Tu mens. Je t'ai entendu parler avec maman. Tu ne voulais pas que je vienne. Eh bien moi je ne veux pas être ici !

Vive comme l'éclair, elle se leva et sortit de la pièce me laissant cloué sur place par la violence de ses paroles.

Je ne voulais pas qu'elle vienne ? Elle ne voulait pas être ici ? Je ne savais pas quelle phrase était la plus fausse des deux.

Ce que je savais, c'est que j'avais intérêt à bouger de là rapidement car une autre porte venait de claquer.

Celle de l'entrée de l'appartement… juste après que Bella ait crié « Non Bree ! Reviens ici ! »


Voila Voila.

Je veux remercier toutes celles qui m'ont laissé une petite reviews. Reccord battu. L'arrivée de Bella vous a "surpris" . Elle est toujours aussi mignonne la gosse... Votre avis ?

Eh au fait Debby... pas la trace de l'ombre d'un poil de Jacob ici ... tu as vu ? Zut alors, je viens de tout faire rater :)

Merci Lisa 3

Kiss

Nic