Hello les filles

Je vais pas discourir longtemps..Bree a claqué la porte : ça urge

On se retrouve en bas.

Un grand merci à Chrys qui a accepté de traquer mes fautes...

Bonne lecture

Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination


Chapitre 14 Explication

Il mentait. Lui aussi. Comme tous les autres.

Je ne voulais plus rester avec lui.

Plus une seconde. Il disait des mensonges. Comme Maman.

Les adultes étaient tous des menteurs.

Je passai devant la femme, Bella, en courant. Elle me cria de revenir mais en réponse, je claquai la porte derrière moi.

Il fallait que je me cache, vite. Le palier était petit. Peu d'endroit pour me cacher. Un couloir vide et lumineux. Un ascenseur. Et trois portes. Je me précipitai sur celle de la terrasse mais elle était fermée. Vite, je me faufilai derrière une grande plante en pot placée à côté de la porte de la voisine. Un truc bizarre en plastique. Comme un faux palmier. Je respirai vite. Me recroquevillant sur le sol, je posai ma tête sur mes genoux, serrant mes jambes contre moi pour cacher mes chaussures. Il fallait que je réfléchisse.

Ils mentaient tous. Les amis d'un soir de Tanya qui défilaient à la maison, ou ceux d'une semaine ou un peu plus, avaient tous le même faux sourire quand ils m'appelaient ma chérie. Je détestais leur façon de me pincer la joue comme si j'étais une poupée de chiffons. Je détestais les jouets couteux qu'ils apportaient pour acheter mon amitié. Je détestais leur phrase « Oh Bree que tu es jolie ? Tu seras aussi belle que ta maman. »

Menteurs ! Je savais qu'ils n'avaient qu'une envie… que je disparaisse dans ma chambre ou même plus loin pour rester seul avec la belle Tanya.

Même elle. Elle qui disait vouloir me garder avec elle. Je l'avais entendue une nuit, lorsque je m'étais levée pour aller me rafraîchir, j'avais chaud, très chaud. J'étais malade ce jour-là. Je n'étais même pas allée à l'école. Elle parlait dans le salon avec un des types. Elle disait qu'elle en avait marre de mes caprices. Qu'elle aurait dû avorter. Elle avait dit que plus jamais elle n'accepterait plus jamais de perdre sa ligne pour un gosse.

Le lendemain, elle m'avait fait un câlin, tout en vérifiant en même temps son maquillage dans le miroir. Je la gênais. Je la connaissais trop bien et je ne pouvais plus être déçue par ma mère.

Mais quand lui, mon papa, avait dit qu'il ne voulait pas que je vienne. C'était comme si mon cœur s'était cassé.

Depuis ce jour-là, j'étais en colère.

ooOoo

Ma montre me confirma ce que je pensais, cela faisait 30 minutes que Bree, furieuse, avait franchi en courant, la porte de notre appartement.

Trente longues et horribles minutes.

Je n'avais même pas pris le temps de réfléchir. Immédiatement j'avais joint Jacob à la loge, le bénissant d'être présent exceptionnellement ce dimanche. Il avait, après un instant de panique que j'avais dû calmer immédiatement, juré qu'il ne quitterait pas la porte de l'immeuble, qu'il me préviendrait dès qu'il la verrait. Je pouvais lui faire confiance.

Bella avait ensuite décidé de descendre les étages un par un en vérifiant chaque palier. Elle était partie en trombe après avoir posé sa main quelques instants sur ma joue. Instants qui m'avaient donné le réconfort et la force de ne pas perdre la tête. Je ne devais pas paniquer.

J'étais alors sorti sur notre palier. Le plus petit. L'accès à la terrasse commune de l'immeuble était fermé à clé ce qui m'avait rassuré. Imaginer une seconde que Bree pouvait être montée sur le toit me liquéfiait littéralement les jambes.

J'étais rentré dans l'appartement, laissant la porte grande ouverte. Je devais rester là, même si ça me mettait en rage de rester inactif.

Je ne pouvais faire que cela, attendre ici pour être présent au cas où elle reviendrait d'elle-même. Je n'étais pas capable de la chercher. La scène de l'aéroport se reproduisait.

J'envoyai violement mon poing dans le mur, mais même la douleur physique n'effaça ni mon angoisse ni mon impuissance.

Comment pouvais-je espérer être capable de prendre soin de ma fille ?

Elle n'était avec moi que depuis quelques heures et déjà je l'avais perdue.

Mon téléphone sonna. Je ne mis que deux secondes pour décrocher.

- Oui ?

- Bree n'est pas passée ici. Vous avez des nouvelles ?

Jacob semblait presque aussi tendu que moi.

- Non Rien de neuf ici.

- J'ai appelé deux amis à moi, Sam et Seth. Ils sont déjà en train de chercher en remontant les étages. On va la retrouver. Je vous le promets, Monsieur Cullen !

- Merci Jake. Remercie tes amis. Et appelle-moi Edward.

Je raccrochai sans attendre de réponse. La conversation avec Jake avait été brève. La ligne devait rester libre. Au cas où. Je tournai en rond dans le salon. Prêtant l'oreille au moindre bruit. Où pouvait-elle être partie ? Je n'en avais pas la moindre idée. Elle ne connaissait personne. Elle n'était même pas habillée pour lutter contre le froid du soir. Non. De toute façon elle ne pouvait pas être dehors. Elle n'était pas sortie. Jacob l'aurait vue. Et je ne pouvais pas envisager une seconde que ma fille de 8 ans soit seule la nuit dans Manhattan.

Luna se frotta contre mes jambes manquant de me faire tomber. J'attrapai la boule de poils qui ronronnait, indifférente à mon stress.

- Idiote de chatte ! C'est bien le moment ! C'est maintenant que tu te montres ! Si elle t'avait vu peut-être que…

Je la plaçai plus confortablement dans mes bras et elle fourra sa tête dans mon cou. Sa chaleur me faisait du bien.

- Si au moins tu étais le labrador que je devrais avoir, ton odorat m'aiderait à la retrouver.

Pour toute réponse elle ronronna encore plus fort, ses griffes pétrissaient mes avant-bras.

Je parlais à mon chat. L'asile me guettait. Je ne pouvais plus rester sans rien faire.

Déposant Luna sur le sol, j'appelai Bella sur son portable.

- Tu as vu Bree ?

- Non Edward. Je suis au 4ème, j'ai interrogé les voisins que j'ai pu voir. Elle ne peut se cacher dans les escaliers. Je continue.

- Des amis de Jake remontent en faisant comme toi. Tu devrais les rejoindre.

J'étais à peine poli et je m'en voulais. Je parlais sèchement et la tension s'entendait forcément, mais il était injuste que moi, son père, soit cantonné dans cet appartement si vide. Cette impuissance, cette incapacité à gérer seul la situation, aggravait mon angoisse.

- On va la retrouver Edward. Très vite.

Elle était sûre d'elle. Bella ne mentait pas. On la retrouverait. Forcément.

- Je sais. Merci Bella.

Après avoir raccroché, je me retrouvai seul encore une fois avec mes pensées. Qu'est-ce que j'avais fait ou dit pour qu'elle me déteste ainsi ? Est-ce que ce serait mieux pour elle de retourner avec sa mère ? J'avais l'intime conviction que ce n'était pas la bonne solution mais le doute grandissait. Je ne pouvais forcer une enfant, mon enfant, à m'aimer. Si nos liens avaient été détruits par cette année de séparation, je tenterai de les restaurer de toutes mes forces, et je donnerai à Bree le temps de sentir, de comprendre à quel point elle m'importait.

- Monsieur Cullen ?

Une voix féminine, subtile et forte à la fois, me parvint en même temps que le claquement bref de doigts, mais déterminé, sur ma porte.

Je n'identifiai pas cette femme, mais je me précipitai vers la porte.

- Oui ?

- Je me présente, je suis votre voisine, Alice Brandon.

Je sentis sa main prendre la mienne et la serrer. C'était une franche poignée de main mais j'étais surpris. Je ne la reconnaissais absolument pas.

- Euh, Edward Cullen.

Les bonnes manières enseignées par mes parents avaient pris le dessus, même si j'avais d'autres soucis.

- Je sais. Nous n'avons fait que nous croiser jusqu'à présent, reprit-elle, répondant à ma question muette. Je viens d'emménager dans l'immeuble. Enfin plus exactement, j'ai emménagé il y a trois semaines maintenant. Mais, vous vous faites rare à l'étage. À moins que vous ne restiez chez vous. Je finissais par croire que mon voisin était une sorte de fantôme. J'ai entendu parler de vous car Jake, enfin je veux dire Jacob Bl...

- Mademoiselle Brandon, la coupai-je, surpris et même légèrement exaspéré, je serais enchanté de faire votre connaissance, mais aujourd'hui ce n'est pas vraiment…

- Oh oui ! Je me doute ! Excusez-moi, fit-elle, m'interrompant à son tour, je venais vous rapporter euh… quelque chose que vous cherchiez peut-être…

Je n'osai pas comprendre. Mon cœur se mit à battre de plus en plus fort.

- Avance, jeune fille, continua-t-elle en s'adressant apparemment à une personne qui était restée muette jusqu'ici. J'ai trouvé cette jeune fille dans mon salon. J'ai dû lui tirer les vers du nez, car elle est peu bavarde mais j'ai cru comprendre que Bree était votre fille et qu'elle avait quitté un peu précipitamment, dirons-nous, votre appartement. Ce qu'elle regrette bien sûr, finit-elle d'un ton très péremptoire, défiant quiconque de dire le contraire.

Elle avait dû pousser Bree vers moi car le corps de ma fille me bouscula légèrement.

Je déglutis. J'aurais pu embrasser cette inconnue mais je me contentai de serrer Bree très fort dans mes bras, tentant de faire refluer les larmes qui voulaient couler sur mes joues.

Je soulevai Bree et la blottis contre ma poitrine, comme quand elle était petite, comme quand elle n'était pas fâchée contre moi. Je la serrai, tâtant rapidement ses membres comme pour vérifier que tout allait bien. Je me rendis compte que je murmurai sans discontinuer contre sa joue, tantôt comme une supplication, tantôt une menace.

- Bree, ne me fais plus jamais cela. Jamais plus Bree.

Je chuchotai les mots. Encore et encore. Elle ne dit rien mais je la sentais tout molle contre moi, comme si enfin elle s'abandonnait et me faisait un peu confiance.

- J'ai dû perdre 10 ans de ma vie, en moins d'une heure. Tu n'as pas le droit de me faire ça ma belle, ne recommence pas. Je t'en supplie.

Je franchis en quelques pas rapides la distance qui me séparaient du canapé dans lequel je m'affalai, sans lâcher ma fille, toujours serrée contre moi. Je me souvins alors que nous n'étions pas seuls.

- Suivez-moi, Mademoiselle Brandon. Entrez. Je ne pourrai jamais assez vous remercier.

- Alice. Je préfère Alice. C'est joli chez vous.

- Si vous le dites. Veuillez m'excuser s'il vous plait une minute, je dois appeler mes amis. Ils sont à sa recherche.

J'expédiai en trente secondes les appels à Jacob et Bella en leur disant que tout allait bien, que Bree était avec moi, et leur demandai de me rejoindre à l'appartement. Lorsque je raccrochai, j'entendis Mademoiselle Brandon, Alice, marcher dans mon salon. Elle semblait faire le tour et inspecter la pièce, toute seule. Elle avançait doucement et s'arrêtait devant chaque meuble, tableau ou photo.

- La décoration vous plait ? l'interpellai-je, cherchant à renouer la conversation.

- Bien sûr ! L'intérieur d'une maison révèle pas mal de choses sur la personne qui l'habite.

- Vous êtes décoratrice ? Vous vous entendrez avec ma mère alors. Elle est responsable de ce que vous voyez.

- Non. Je suis psychologue. Et vous ne savez pas ce que je vois.

Je me renfrognai. Encore ce langage cryptique. Des psys j'en avais vu des tonnes. À partir de mon réveil après l'accident et pendant des jours. Ils avaient défilé devant mon « cas », espérant « débloquer » mon problème.

Ma voisine était psy. Bon, je ferai avec. Je n'habitais pas avec elle et elle m'avait ramené mon trésor, ce qui lui valait ma reconnaissance éternelle.

- Si vous le dites. De toute façon je ne vois pas grand-chose, repris-je espérant masquer par ma réplique un peu lourde, mon aversion pour son métier.

- Haha… se moqua-t-elle, le sens de l'humour est un bon début, Edward. Il faudra qu'on se parle tous les deux un de ces jours. J'ai pas mal de questions à vous poser. Vous m'intriguez. Si vous ne voulez, ou ne pouvez pas venir à mon cabinet, je vous recevrai chez moi. Je ne le fais jamais d'ordinaire mais une exception de temps en temps ça ne fait de...

Je souhaitais qu'elle se taise. Désespérément, car j'avais besoin de rester seul avec ma fille. Je ne voulais en aucun cas consulter un autre psy mais la cause de son mutisme soudain m'était finalement aussi très pénible.

Soudain la porte s'ouvrit brutalement et des pas lourds et précipités m'avaient averti de l'arrivée d'une personne inquiète. Non, de deux. Ou trois. Ou plus.

Je serrai ma fille plus fort encore contre moi.

- Jacob ? Bella ? demandai-je.

- Euh, je suis désolé d'être entré ainsi chez vous mais…

Le ton poli avec lequel Jacob s'était adressé à moi, changea manifestement. D'une voix plus proche de moi, très proche même, il gronda.

- Bree ! Si jamais tu recommences à nous faire peur ainsi à ton père et à moi je te promets une punition monumentale !

Il soufflai de rage, ou de peur rétrospective, tout contre moi. Je compris qu'il s'était accroupi pour être plus proche de la petite, qui bougea un peu sur mes genoux, puis elle se serra, enfin, contre moi. Je sentis ensuite qu'elle se redressait et je renonçai à prendre sa défense contre Black, qui somme toute, avait tout à fait raison de réagir ainsi.

- Je le ferai plus. C'était… bête. Je ne suis pas bête, lança crânement la petite voix de ma fille.

J'entendis cependant la fêlure dans sa voix, les larmes étaient proches.

- On est bien d'accord. C'est terriblement bête et méchant de disparaître ainsi. Tout le monde s'est fait un sang d'encre. Tout le monde était inquiet. Ton père, Mademoiselle Swan, mes amis et moi… C'est promis ? Tu ne le referas plus ?

- Promis Jake.

- Bien.

L'odeur masculine de Black s'approcha encore et je devinai au léger bruit, qu'il embrassait ma fille. La vision de ce grand corps courbé devant Bree qui la grondait comme un grand frère, m'émut. Je n'aimais pas Black. Pas du tout, mais je le découvris humain. Enfin, un peu quand même.

Je l'entendis se relever et avant même de réfléchir, je repris la parole.

- Jake, demain soir j'invite quelques amis pour fêter l'arrivée de Bree. J'aimerais que tu te joignes à nous.

Je fermai les yeux une seconde. J'avais dû délirer un instant mais c'était dit. Et Jacob Black aimait ma fille. Il l'avait disputée comme seul quelqu'un qui aimait le ferait. Donc, pour Bree, je ferai un effort et supporterai Jake une soirée. S'il ne s'approchait pas trop de Bella.

- Euh. Vous êtes sûr ? Je ne voudrais pas déranger.

Il était hésitant et semblait très surpris. Je pouvais le comprendre. Globalement, nous ne nous apprécions pas vraiment l'un et l'autre et ça n'était pas près de changer.

- Oui. Si je vous demande de venir c'est que cela ne dérangera personne. Et Bree sera contente. N'est-ce pas ?

- Oui, j'aimerais bien.

C'était la première fois de la journée qu'elle ne s'opposait pas à moi et rien que pour cela, je le réinviterais.

- Ok. D'accord alors. Je vais vous laisser.

- Remercie encore tes amis de ma part d'être venus.

- Bella l'a déjà fait je crois.

- Bien, à demain alors.

- Au revoir M Cullen, à demain la puce.

- Edward ! Je te l'ai déjà dit. Appelle-moi Edward, rouspétai-je encore une fois.

Je n'en revenais pas. On se tutoyait et s'appelait par nos prénoms. Je l'avais même invité.

- Bye Edward !

Je l'entendis rigoler doucement en s'éloignant et j'avais même l'impression de sentir Bree frissonner contre moi. De peur, de tristesse ou alors la chipie se moquait-elle de moi ?

- Je vais raccompagner Alice Brandon chez elle, dit alors Bella. Tout ira bien ?

Elle s'était rapprochée à son tour et pour une fois, perturbé par la présence de Black, je ne l'avais pas entendue. Sa main se posa doucement sur mon épaule qu'elle serra doucement. J'aimais sa façon de me toucher, de me montrer qu'elle était là, de m'indiquer où elle se trouvait même. Discrètement. Sans s'afficher. C'était apaisant de ne pas avoir à lui poser la question comme je devais malheureusement le faire avec d'autres. Elle saisissait mes besoins, mes attentes et sans parler, je savais qu'elle avait compris que je désirais rester seul avec ma fille.

– Tout ira bien ne t'inquiète pas. Je vais l'attacher à moi. Je ne la laisserai pas se sauver.

Je caressai la courte chevelure si douce de ma fille comme pour contredire mes mots un peu durs.

- Très bien Edward. Si vous allez bien tous les deux, je vais discuter un peu avec Alice.

Ma Bella avait le sens du sacrifice. Parler avec Mademoiselle brandon était un exercice assez périlleux je m'en étais aperçu en quelques minutes. Je souris, puis le poids de sa main disparut et les pas des deux jeunes femmes, suivis du son de la porte qui se fermait derrière elles, m'indiquèrent que Bree et moi étions seuls.

Enfin.

Je devais crever l'abcès. Je rassemblai mes pensées et me raclai la gorge. Instinctivement, avant de parler, je déposai un baiser sur son front, elle eut un léger recul mais je n'insistai pas et au contraire basculai mon dos en arrière contre le dossier du canapé. Je me raclai de nouveau la gorge.

- Je suppose que tu as des choses à me dire, à m'expliquer. Je suis prêt à entendre ton avis. À tenter de comprendre pourquoi tu t'es enfuie. Mais avant, je dois te dire quelque chose et j'ai besoin que tu m'écoutes. Tu veux bien ?

- Oui… Papa.

Le premier Papa de la journée. J'étais peut-être sur la bonne voie. Je devais absolument trouver les mots. J'étais dans le noir total par rapport à ses sentiments, ses peurs, son envie. J'avais peur de la braquer, de l'inquiéter. Par où commencer ?

- Il y a un an je... Non… tu sais ce qui nous est arrivé. Je ne vais pas ressasser le passé. Pas tout de suite. Ce que tu ne sais pas, c'est que si tu as envie de partir, de rentrer chez ta mère, je l'accepterai.

Elle soupira, frissonna dans mes bras et se raidit sans rien dire.

- Mais avant, repris-je, il faut que tu saches que je me battrai pour que tu changes d'avis. Je veux que tu sois avec moi. J'ai envie de te voir grandir. Oui, de voir, comment mon petit papillon va évoluer dans la vie, comment tu vas devenir une belle jeune fille forte et indépendante. Avec mon soutien si tu le permets. Je ne suis pas bien sans toi. C'est égoïste sûrement mais je suis un papa égoïste qui te veut ici maintenant et pour longtemps. Peut-être que ta maman veut être aussi avec toi. Sûrement même, mais j'ai pris l'habitude pendant sept ans d'être en ta compagnie et cette année a été très très longue. Nous avions nos blessures à réparer l'un et l'autre. Je pense que Tanya t'a expliquée ?

- Expliquer quoi ? Je ne comprends rien. Je t'ai entendu un jour, au téléphone.

- Entendu ? De quoi parles-tu ?

- Tu parlais à Tanya et tu lui disais que tu ne voulais pas de moi ! Que tu ne voulais pas que je vienne chez toi ! Que tu avais autre chose à faire.

De quoi parlait Bree ? Mon cerveau tourna à vide pendant quelques secondes et je me glaçai... J'avais compris.

- Oh mon Dieu ! Bree ! Tu as entendu cette conversation ? C'était il y a si longtemps…

- Oui j'ai entendu. J'avais pris le téléphone dans la cuisine. C'était il y a presque huit mois, avant les grandes vacances d'été.

Je soupirai longuement en me passant la main dans les cheveux. Comment expliquer mes paroles maladroites à ma fille ? Hors du contexte c'était affreux ! Je l'avais dit… j'avais dit que je ne voulais pas qu'elle vienne chez moi. Je secouai la tête, horrifié de tout ce qu'avait pu penser Bree après avoir entendu cela.

- Tanya ne t'as pas dit pourquoi ? Pourquoi ce n'était pas possible que tu sois avec moi ?

- Si, elle m'a expliquée que tu ne n'avais pas le temps, que tu devais rattraper un grand retard dans ton travail et qu'une petite fille te gênerait dans ta nouvelle vie. Elle a dit que je mettrais la pagaille chez toi. Elle a dit que tu ne pouvais pas vivre avec une petite fille parce que tu étais aveugle et que je ne ferais que t'embêter.

Si mon ex-femme avait été devant moi, je crois que j'aurais pu la gifler contrairement aux principes qu'Esmée m'avait inculqué.

Faire croire à sa propre fille que je ne voulais pas d'elle ! Je devais refouler ma colère au fond de moi et tenter de réparer les dégâts.

- Tu permets que je t'explique ? J'ai dit les paroles que tu as entendues. Oui, il y a huit mois, je sortais du coma. Ça, tu le sais ?

- Oui.

La voix était faible, comme assourdie, car elle s'était serrée contre moi.

- Je vais bien. Maintenant je vais bien. Mais à l'époque, non. Je ne pouvais presque plus marcher après quatre mois d'immobilisation complète. Et j'étais aveugle. Et ça c'était nouveau. Je ne savais plus rien faire. Ni attraper mon verre pour boire, ni me lever le matin et s'habiller seul. J'étais d'ailleurs dans une maison spécialisée. J'y suis resté presque cinq mois. Lorsque Tanya m'a appelé ce jour-là, j'étais encore à l'hôpital. Elle voulait que tu reviennes avec moi.

Je ne précisai pas à Bree que Tanya avait « besoin» de rejoindre des amis, ou plutôt un ami devrais-je dire, qui voulait partir en Europe. Elle n'envisageait pas une seconde, et tant mieux, que sa fille la suivre, elle voulait se « décharger » sur moi. Seulement à l'époque, je n'étais pas en état.

- Mais si tu étais à l'hôpital, tu ne pouvais pas me prendre avec toi ?

Bree avait compris toute seule.

- Eh oui mon papillon, je ne pouvais pas. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer à Tanya. Que c'était impossible. Pour être honnête avec toi, je ne voulais pas que tu me vois aussi faible. Ton papa était dans un sale état. Puis j'ai guéri. Doucement. J'ai réappris. trois mois, je l'ai rappelée et je lui dis que je voulais que tu reviennes. C'était pour Halloween. J'aurais voulu que tu sois là avec moi. Un peu. Mais cela n'a pas été… possible.

J'hésitai. Je n'avais pas envie de lui parler de la bataille qu'il avait fallu mener contre Tanya qui ne souhaitait absolument pas favoriser mes désirs. Il avait fallu 3 mois pour la convaincre que Bree passe ses vacances avec moi.

Je savais que Tanya allait apprécier sa liberté retrouvée. Je la connaissais. Ensuite, il me sera plus simple d'en avoir la garde. Définitive, si tout allait bien, si Bree le voulait aussi. Je frissonnai à cette éventualité qui, avant ce jour catastrophique, ne m'avait jamais effleuré. Et si Bree voulait rester avec Tanya ?

- J'aurais bien voulu.

Elle aurait voulu ? Être avec moi pour Halloween ? Mon cœur battit plus fort. L'espoir renaissait en moi. Elle releva sa petite tête qui se décolla de ma poitrine.

- Et… maintenant ? Je pourrais…

Elle semblait hésiter. Chercher ses mots. Je lui laissai le temps de réfléchir, me contentant de lisser doucement sa courte tignasse. Je ne voulais en aucun cas la brusquer. Nous avions tellement progressé en une heure.

- Maintenant ? Tu vas mieux ? Je sais que tu ne vois pas, mais sinon, tu fais tout pareil qu'avant, je l'ai vu à table. Même quand tu es venu dans ma chambre tu as deviné que j'étais sur le lit et tu es venu près de moi très vite.

- Oui, je sais me déplacer dans mon environnement.

- Donc, si tu voulais, je… pourrais rester chez toi, chez nous ? Je ne mettrai pas la pagaille c'est promis Papa. Je resterai sage et je ne m'enfuirai plus.

Elle parlait très vite et j'imaginai fort bien son regard inquiet. Il était indispensable de la rassurer. J'aurais tellement voulu pouvoir croiser son beau regard vert. Je tins son petit visage entre mes mains juste devant mon visage pour chuchoter le plus calmement possible que je le pouvais.

- Bree ! Tu ne m'as pas écouté ? Je t'ai dit que je voulais te garder avec moi ! JE veux que tu vives avec moi. Que tu mettes la pagaille, comme tu dis, ou pas... on se débrouillera. On s'adaptera. Ce qui compte, c'est que tu aies envie de rester ici avec moi, autant que j'ai envie que tu sois là !

Alors, elle enroula ses bras autour de mon cou. Puis m'embrassa sur la joue. Ce geste fut pour moi extraordinaire au vu de l'après-midi éprouvant que nous venions de passer.

Je fermai les yeux pour que l'humidité qui y perlait ne puisse progresser. Pleurer devant mon bébé était aussi quelque chose que je voulais éviter aujourd'hui.

Nous restâmes ainsi un long moment. Je la tenais dans mes bras. J'étais bien. Je n'avais aucune envie de bouger mais il était tard, elle avait subit quelques heures d'avion, le décalage horaire et pas mal de chocs, il fallait qu'elle dorme.

- Allez ma puce, on va garder un peu de câlins pour demain. C'est l'heure d'aller au lit.

- Oh non. Je veux rester avec toi. S'il te plaît mon papa….

Ciel ! La petite voix suppliante. Comment résister ? Encore une fois mes doigts fourragèrent dans ma tignasse cherchant une solution.

- Tu vas faire ta toilette, je t'attends dans ta chambre. Et je te lirai une histoire. Et après dodo ! Tu veux bien ?

Elle était déjà debout.

- Oui !

Elle savait où se trouvait la salle de bains. Je filai dans mon bureau récupérer notre livre fétiche.

Elle revint dans le salon en même temps que moi. Elle avait été rapide pour se laver, je supposai que la toilette avait été superficielle mais je ne voulais rien lui reprocher ce soir. Il serait temps de reprendre les bonnes habitudes demain.

- Allez ma belle, tu cherches un pyjama dans ta valise et hop au lit.

- OK chef !

J'entendis le rire dans sa voix. Je souris bêtement.

- Papa ?

Elle m'appelait. J'entrai dans sa chambre.

- Je suis lavée, changée, couchée. J'ai droit à mon histoire ? Qu'est-ce que tu vas me lire ? Comment tu vas lire ?

- Que de questions ! J'ai choisi celui-ci.

Je brandis le livre en direction du lit. Il était abimé. Nous l'avions lu et relu.

- Oh oui !

Elle était enthousiaste. Tant mieux c'était notre lecture favorite. Je le connaissais par cœur. Je ne l'avais pris avec moi que pour les illustrations. Petite, elle adorait poser son doigt sur le Petit Prince et me demandait inlassablement pourquoi ses cheveux pointaient, pourquoi la Rose était méchante. Pourquoi…

- Je m'installe où Princesse ?

- À côté de moi. Viens, je t'ai laissé plein de place, Papa.

- C'est d'accord pour un peu de lecture, mais après je te laisse dormir.

L'invitation était tentante. Je m'allongeai sur la couette à côté de ma fille et elle se blottit contre mon bras. Elle sentait bon le shampoing à la pomme. Elle sentait bon le bonheur.

Je maintins le livre devant nous et je l'ouvris à la première page, juste après la préface, celle où l'image du boa avalait sa proie, côtoyait celle du chapeau. Puis je fermai les yeux et commençai à voix basse.

« Lorsque j'avais six ans j'ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la Forêt Vierge qui s'appelait"Histoires Vécues". Ça représentait un serpent boa qui avalait un fauve. Voilà la copie du dessin…. » *

* Ndla : Pour celles qui n'ont pas reconnu les extraits du livre : Edward lit « Le petit Prince de St Exupery ».


Tout d'abord

Merci à toutes celles qui me mettent en favori ou /et celles qui me laissen un petit message (vous me croyez quand je vous dis que je me lève plus tôt le samedi pour lire les reviews ? )

Merci à mes fidèles amies de facebook

Merci à mes pourvoyeuses en chocolat et autres gâteries, j'ai nommé Lisa et Val

Merci à Chrys (déjà dit je sais ! )

Merci à Debby qui support Jake pour moi.

et ...à Louise Malone que j'adore lire et avec qui je cree une relation littéraire entre-croisée curieuse. et qui cette semaine encore pensé à moi dans une de ces fics (Cat's Eyes) C'est la troisième (voir 4eme fois) fais gaffe à l'addiction Louise :)

J'espère que l'image de la petite Bree allongée à coté de son DaddyWard vous a plu mais ne vous imaginez pas que tout est bien dans le meilleur des mondes pour autant.

Bon Week end

Kiss

Nic