hello les filles

C'est vendredi soir, donc après m'être régalée hier de la lecture de mes fics favorites, je vous livre un autre chapitre.

Trois petites choses

- Merci à toutes celles qui me laissent une reviews, c'est toujours un plaisir de les lire et d'y répondre.

- Les congés arrivent et paradoxalement je serais moins disponible, il est donc possible (et probable) que je ne poste plus que tous les 15 jours voir toutes les 3 semaines)

- Un petit mot à "Piran" qui m'a laissé deux reviews en guest et à qui je ne peux répondre directement : merci pour ces adorables et encourageants messages et je n'abandonne pas mon "bébé"... même si tu lis que j'ai indiqué au-dessus que le rythme va ralentir pendant deux mois.. je serais toujours là.

Comme toujours un grand merci à LifeChrys qui a accepté de traquer mes fautes, mes erreurs, mes tournures de phrases bizarroïdes, etc...

Bonne lecture

Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination


Chapitre 16 Une soirée entre amis

Cher journal

Nous sommes mardi. Je trouve ça un peu bête de commencer comme cela, mais Alice m'a dit hier qu'écrire tout ce qui me passe par la tête, ça pouvait être amusant. J'aime bien l'idée d'écrire. C'est comme si je faisais comme Papa. Elle m'a offert ce beau cahier rouge et bleu, mais je ne sais pas quoi y mettre. Ni même pour qui j'écris. À qui je permettrai de lire ces lignes ? Pas à Tanya, ni à Isabella (j'ai découvert pendant le repas hier, que ça l'agaçait quand on l'appelait Isabella). Je ne connais pas assez Alice. Jacob ? Oncle Emmett ? Papa ? Je ne sais pas. Si Luna savait lire, je lui confierai mon journal sans hésiter. Un chat, ça sait garder des secrets.

Peut-être qu'il faut que j'écrive pour moi ? Juste pour moi. Pour que je me souvienne plus tard que c'est drôlement bon de se réveiller dans les bras de mon papa. Le jour où je serai à nouveau fâchée contre lui, je pourrai m'en rappeler. Je pourrai aussi me souvenir qu'Isabella m'énerve. Mais ça, je n'en ai pas besoin : je le SAIS. Elle n'a rien à faire ici, je n'ai pas besoin d'elle pour prendre soin de mon Papa.

PS : J'ai oublié d'écrire que la fête hier était trop cool !

ooOoo

Lundi soir…

POV Edward :

Bella et moi venions de passer l'après midi en cuisine à préparer scrupuleusement le menu choisi par Bree.

- Farandole de toasts colorés et variés

- Pizza garantie sans légumes (ou presque)

-Nuggets de poulet maison

- Îles flottantes et fondant au chocolat.

Je préviendrai celles et ceux qui ne seraient pas satisfaits du déséquilibre alimentaire, qu'ils n'auront plus qu'à aller courir dans Central Park demain.

Lorsque j'avais proposé à Bree, pendant le petit déjeuner, qu'elle choisisse le menu de « sa » soirée de bienvenue, elle m'avait sauté au cou, négligeant de remercier Bella dont c'était pourtant l'idée au départ.

Emmett nous avait fait la surprise de quitter le tribunal plus tôt afin de nous honorer de sa présence pendant l'après-midi. Lui aussi avait eu droit à des embrassades de la part de sa nièce.

Quelques minutes après son arrivée, il m'avait pris à part, s'étonnant de la bonne humeur de Bree. Évidemment, le rapporteur qui présidait à la loge de l'immeuble, lui avait narré avant son arrivée, la terrible journée de dimanche. En quelques mots et à mi-voix, je lui avais exposé le lavage de cerveau que Tanya avait fait subir à Bree à notre propos et la peur que la petite avait eu que je ne veuille pas d'elle.

Très froidement Emmett avait immédiatement dit :

- Il suffit d'un seul autre témoignage de ce genre pour qu'elle perde la garde de Bree, et tu gagneras sans effort.

L'insensibilité du commentaire d'Emmett m'avait mis en colère. Bree avait tellement souffert et il ne voyait que l'aspect juridique. Bella s'était alors approchée de nous, comme toujours, son parfum m'avait prévenu de sa présence, tandis qu'elle avait confié à Emmett, des feuilles de papier qui se froissèrent entre les doigts de mon frère, puis divers objets tintèrent entre eux lorsqu'elle les posa par-dessus.

- Emmett, ça serait pas mal que tu t'occupes un peu de Bree, elle a sûrement plein de choses à te dire. Préparez les menus pendant que je surveille à ce qu'Edward ne fasse pas brûler la maison. Vous discuterez ailleurs plus tard. Ce n'est pas le moment.

Ces deux phrases, prononcées d'une voix tranquille et autoritaire, calmèrent immédiatement mon agacement contre mon avocat de frère. Je le connaissais, il n'était pas mauvais, loin de là, il était juste formaté pour voir l'aspect juridique des choses. Il avait obéi en soupirant et avait regagné le salon avec Bree. Bella était restée avec moi dans notre espace de travail : la cuisine.

Pendant ce temps, ma fille avait préparé les menus pour ses invités avec Emmett. Il râlait un peu, mais avait apparemment respecté les règles données par sa nièce et inscrivait avec application le menu sur les cartons qu'elle avait décorés et personnalisés.

J'avais donc repris la préparation de mon dessert. Quelques minutes à peine plus tard, nous les avions entendus rire et conspirer depuis le salon. La voix mâle d'Emmett portant loin, j'avais entendu qu'il l'avait subtilement interrogée sur sa vie à Los Angeles. Les réponses franches et ingénues de Bree m'avaient confirmé ce que je connaissais déjà, à savoir, que Tanya était une femme plutôt superficielle, ne recherchant que le plaisir égoïste et qui ne se souciait absolument pas du bien de sa fille, encore moins de son bonheur. J'en rougissais presque de honte devant Bella, car je savais que même si elle ne disait rien, elle entendait cette conversation entre Bree et son oncle aussi bien que moi. J'avais choisi, enfin on ne m'avait pas laissé vraiment le choix, une femme qui ignorait le sens du mot « maternel », pour être la mère de mon enfant.

Elle l'avait même laissée à la garde d'une baby-sitter pendant les vacances de Noel, au lieu de me la confier.

Bella me ramena à la réalité en m'ôtant doucement le couteau de mes mains. En quelques instants, sans m'en rendre compte, j'avais réduit en purée, les tomates réservées à la confection de rondelles pour les toasts.

- Ça ne vaut pas la peine de perdre un doigt Edward, c'est le passé, Bree s'en est sortie, et tu es là pour elle. Elle le sait maintenant.

J'esquissai alors un sourire crispé pour la remercier. En me rinçant les doigts dans l'évier, j'en profitai pour me frotter le visage avec de l'eau fraîche, espérant que cela me calme un peu.

Tout était prêt pour accueillir nos invités. Grâce à Bella. Je devais me détendre, recevoir quatre ou cinq personnes devrait être gérable. Mais c'était la première fois depuis longtemps. Depuis l'accident. À cet instant, comme en réponse à mes pensées, l'interphone retentit. C'était la sonnerie de la loge. Sans attendre, Emmett répondit à ma place.

- Oui ? fit-il.

Me dirigeant vers le salon après m'être essuyé les doigts sur le carré de tissu coincé dans la ceinture de mon jean, je m'appuyai sur le comptoir, près de l'interphone, en croisant les bras. Je devais attendre qu'il parle pour comprendre l'ensemble de la conversation et ça m'agaçait.

- Bien sûr, fais-le monter et suis-le car si j'ai bien compris, tu te joins à nous Black ? rigola Emmett.

Un changement subtil dans l'air m'informa que Bella venait de s'accouder au comptoir juste derrière moi dans la partie cuisine. Elle chuchota sur ma gauche.

- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'Emmett et Jacob dans la même pièce ça va être compliqué ?

- Parce que tu as tout compris. Déjà Jacob et moi, je ne suis pas certain que cela soit idéal. Je devais être très fatigué hier quand je l'ai invité, soupirai-je sur le même ton.

- Fais un effort pour Bree, elle l'aime bien apparemment. Tu l'as invité et je te jure que c'est un gentil garçon.

Je me retournai brusquement vers elle, inclinant la tête sur le coté, comme si j'avais pu scruter son expression.

- Un gentil garçon ? Jacob Black ?

Mon air indigné et à la fois choqué la fit rire.

- Ne te moques pas Bella, ce n'est pas drôle ! D'où tu sors ça ?

- Tes invités arrivent alors, sois poli, souriant et avenant, comme tout hôte qui se respecte ou je te renverse toute ta pizza sur ton jean trop moulant. Je te raconterai pour Jake, plus tard, Cullen.

Elle s'éloigna avant que je ne puisse articuler la moindre réplique intelligente. Mon cerveau s'était arrêté au « jean trop moulant ». M'aurait-elle observé en douce tout l'après-midi ? L'idée était très intéressante mais troublante aussi. Je fis la moue. Non, je ne laisserai pas mon ego se réjouir de cette information. Elle et moi avions décidé que rien ne serait possible entre nous. Trop compliqué.

À force de me le répéter, je finirai bien par y croire. En attendant cet hypothétique moment, je m'avançai vers l'entrée avec prudence. Comme je m'y attendais, quelques crayons ou autres babioles avaient dû rouler sur le sol carrelé. Un craquement sous mon pied me confirma que j'avais eu raison. Je grimaçai, ce n'était ni très grave, ni dangereux. On ferait avec le désordre, tant que Bree ou Emmett ne joueraient pas aux billes, tout irait bien.

- Bonsoir Edward, je suis content d'avoir été invité, me salua Jasper Whitlock en me faisant l'accolade, je suis content aussi de revoir Bree. Salut ma petite Bree ! Hou là-là, je crois que je ne vais pas être très original mais, tu as sacrement grandi depuis la dernière fois. Je vais ranger le « petite » dans ma poche et le remplacer par ma belle… Qu'en penses-tu ?

- Salut oncle Jazz. Heureusement que j'ai grandi un peu, ça fait presque un an que je suis partie chez ma mère. Ma belle ? Ça me plaît, répondit Bree en riant. Bonjour Jake. T'as vu j'ai été sage aujourd'hui, je ne me suis même pas sauvée pour descendre te dire bonjour.

- T'as intérêt à être sage. Tu peux descendre me voir quand tu veux, je serai content. J'aime parler avec toi, mais uniquement si ton père ou Bella savent où tu es.

Jasper Whitlock et Black venaient d'arriver. Je les avais invités pour ma fille. Je devais donc suivre les conseils de Bella. Jasper aimait bien Bree. Il la connaissait depuis qu'elle était petite et nombre de nos réunions professionnelles s'était déroulées avec Bree dans le berceau ou dans mon porte-bébé ventral, voire même, dans Central Park avec la petite roulant autour de nous avec son vélo à roulettes. Jasper s'était adapté à ma condition de jeune papa écrivain, en mode monoparental. Je ne lui avais pas donné le choix, c'était Cullen&Co ou rien. Il m'avait soutenu. Entre Bree et lui le courant passait bien. Autant je savais qu'elle ferait des bêtises avec Emmett car ils activaient mutuellement le mauvais côté de l'autre, autant Jasper et sa patience calmaient ma fille.

Quand à Jacob, je ne savais pas quoi penser de leur relation. Avant, je le voyais comme un grand enfant qui jouait avec elle. Mais maintenant, avec l'attirance manifeste qu'il éprouvait pour Bella, je ne le considérais plus du tout comme un gosse.

- Bonsoir Jacob. Salut Jasper, lâchai-je en avançant un peu plus. Asseyez-vous. Faites comme chez vous. Vous vous connaissez tous je pense. Il ne manque plus que ma nouvelle voisine.

- Non non, elle ne manque pas : je viens d'arriver. La porte était encore ouverte, j'ai vu de la lumière alors je suis encore entrée sans invitation, chantonna la voix reconnaissable de ladite voisine.

Elle me fit sourire. Cette fille avait une espèce d'aura pétillante incompatible avec la mauvaise humeur. Un bon point pour son boulot. J'avais presque envie de m'en faire une amie. Si elle n'était pas psy.

- Alors sois la bienvenue Alice. Je peux t'appeler ainsi ? C'est une réunion totalement informelle et nous serons amenés à nous côtoyer quelquefois, même si Bree ne fuit plus chez toi.

- Bien sûr, Edward. Sauf quand tu viendras me voir au cabinet. Là, même pour toi, je serai le Dr Brandon, plaisanta-elle.

Je ne relevai car j'avais décidé, en mon for intérieur, de ne jamais faire appel à ses soins. Plus de psy. Ma tête allait très bien. Je m'éclaircis la gorge et me dirigeai vers les canapés où le bruit discret d'une conversation entre Jasper et Emmett me permettait de les localiser.

- Alice, tu connais Bree bien sûr, ainsi que Jacob et Bella. Je vais donc te présenter les autres invités. C'est assez simple, il doit y avoir quelque part sur ce canapé, près de Bree, un grand brun, mon frère Emmett Cullen, et un blond, Jasper Whitlock, mon éditeur.

- Enchantée de vous rencontrer messieurs. Bree j'ai un petit cadeau pour toi. C'est juste un cahier. Pour écrire ce qui te passe par la tête. On en reparlera plus tard si tu veux bien.

- Merci Mademoiselle Brandon.

- Alice ! S'il te plaît, appelle-moi Alice comme tout le monde.

Le baiser bruyant de Bree sur la joue d'Alice me surprit un peu. Bree avait toujours été très sociable mais je n'avais pas pensé qu'elle serait aussi proche de notre voisine, alors qu'elle n'avait eu aucun mot ou geste gentil pour Bella.

- Bon sang, j'ai oublié !

Le cri de mon frère me fit sursauter. Fronçant les sourcils, je m'inquiétai une seconde avant de comprendre. Il aimait faire le spectacle. Le cri mélodramatique d'Emmett avait appelé les curieux. Je décidai de jouer le jeu. Le show pouvait démarrer.

- Quoi oncle Emmett ? Qu'est-ce que t'as oublié ? demanda la voix curieuse de Bree.

- Ton cadeau, ma belle !

- Un cadeau ? Tu m'as acheté un cadeau toi aussi ?

Elle semblait surprise, la petite note d'espoir dans sa voix ne fit mal. Même si elle avait compris ce qu'il s'était passé avec les cadeaux de l'année écoulée, même si nous en avions longuement parlé encore ce matin, Bree avait encore du mal à croire tout cela.

- Évidement ! Tu es ma nièce préférée, dit Emmett d'un ton indigné.

Je souris, connaissant la réplique suivante par cœur, c'était un jeu entre eux.

- Pff ! Je suis ta seule nièce.

- Raison de plus pour que tu sois ma préférée.

- Ok, j'attends de voir ton cadeau avant de décider si tu es mon oncle préféré.

- Oh ! Tu n'as pas d'autre oncle que je sache, jeune fille, répliqua Emmett semblant vexé des paroles de la petite.

- Ben si, Onc' Jazz est presque mon oncle.

- Presque c'est presque ! Je suis le seul et unique, râla Emmett.

Le duo infernal reprenait. Ils adoraient s'asticoter. J'entendais les autres autour de moi, s'agiter en rigolant.

- Bon Emmett, ce fameux cadeau où est-il ? demandai-je, sourire aux lèvres, mettant un terme provisoire à leurs gamineries.

- Dans le couloir. Comme il est encombrant et que je voulais lui faire une surprise, je l'ai laissé sur le palier.

- Allez le chercher et revenez tous les deux avec ce gros cadeau que tout le monde le voit avant que les voisins du dessous ne portent plainte à cause de tes cris enthousiastes, Bree.

Un cadeau encombrant ? Une autre peluche pour remplacer le nounours ? Fronçant les sourcils, je suivis Emmett et Bree dans l'entrée. Elle était déjà sortie en courant et elle trépignait de plaisir.

Je n'étais pas au courant pour le cadeau et j'étais curieux de savoir ce que mon frère avait mijoté. En tout cas, elle était folle de joie. Ils n'avaient mis que trente secondes et les cris de plaisir de Bree m'indiquèrent que le choix d'Emmett était bon.

- Je t'emmènerai l'essayer demain en fin d'après-midi, commença Emmett en revenant près de moi.

- C'est vrai ? Oh merci ! Tu restes mon oncle préféré, répondit Bree avec vivacité, dont j'avais caressé la tête lorsqu'elle était passée devant moi à toute allure avec sans doute son cadeau.

De quoi parlaient-ils ? J'étais légèrement agacé de ne pas comprendre et ma fierté m'empêchait de poser la question.

- C'est un beau vélo mauve et gris. Le gros nœud argenté est superbe mais il faudra l'enlever avant de partir en promenade tous les deux Emmett, dit alors doucement Bella, presque contre mon oreille.

Un vélo. Je me crispai et je dus pâlir car Bella s'approcha un peu plus de moi, son coude droit effleurant ma hanche, comme un signal. Elle était là à chaque fois que j'avais besoin d'aide, comme si elle veillait autant sur moi que sur Bree. C'était déconcertant.

- Ça va Edward ? me chuchota-elle.

Je déglutis, incapable de répondre.

Un vélo pour Bree. Son vélo à roulettes, resté au garage était bien sûr trop petit. Nous avions parcouru des kilomètres ensemble, elle pédalant de toute la force de ses petites jambes, pendant que je courais à ses cotés. Nous avions sillonné les allées du parc presque tous les week-ends pendant plusieurs années.

Un vélo neuf à sa taille. C'était une bonne idée. Mais je ressenti soudainement… une grande tristesse. J'avais envie qu'ils partent tous. Qu'ils me laissent avec ma fille. J'étais capable de m'en occuper seul. Je le pouvais.

Non. Plus maintenant. C'était « clair » !

Sous le prétexte de refermer la porte d'entrée, je m'éloignai un peu de ceux qui voyait ma fille, de ceux qui pouvait l'aider, la guider, la surveiller, faire du vélo avec elle. Comme moi avant. Il était hors de question que je montre à Bree ou à Emmett à quel point mon impuissance me blessait.

- Edward ? Ce qui me plaît dans le cadeau d'Emmett, c'est qu'il épuisera ta fille durant leurs longues balades à vélo. Elle a tellement d'énergie à revendre que cela sera plus simple pour toi. Et pour moi de l'accompagner sur d'autres activités, moins physiques. Bree a de l'amour pour chacun d'entre vous. Mais c'est ta fille. Elle t'aime plus que quiconque, même si tu ne fais plus certaines choses avec elle.

Elle m'avait suivi et à l'écart des autres, à sa manière, Bella me faisait passer un message. Pendant qu'elle hésitait à poursuivre, je réfléchissais au bien-fondé de ses paroles.

- J'ai aussi quelques autres idées, de nouvelles activités que vous pourriez tenter tous les deux. Mais ce n'est pas le moment d'en parler. Bree et les autres t'attendent.

De sa main, posée sur mon avant-bras, Bella m'incita à me retourner vers elle, vers eux. Son commentaire était juste. Je ne pouvais plus faire de vélo avec ma fille, c'était évident. Cette idée ne m'avait jamais effleuré. Je venais juste de commencer à prendre conscience qu'avec elle, beaucoup de choses seraient différentes à l'avenir. C'était douloureux. Je devrais laisser à mes proches, le soin de certaines choses. Bree grandissait et je ne serai plus le centre de sa vie. Emmett s'occuperait des longues balades à vélo mais je trouverai d'autres activités, je partagerai d'autres moments avec ma fille. J'avais longuement inspiré. Je réfléchirai à cela plus tard. J'avais des invités.

- Tu as raison, comme toujours Bella. Emmett a raison lui aussi pour ce cadeau, soupirai-je.

- J'ai raison pour quoi ? Enfin, je sais que j'ai toujours raison mais, tu ne le reconnais pas souvent. Je peux te parler frérot ? intervint mon frère en m'entourant le cou de son bras trop musclé.

C'était extrêmement désagréable. Il était costaud cet homme-là. Il travaillait beaucoup mais il prenait le temps de s'entraîner en salle au moins trois fois par semaine depuis l'université, entraînement que j'avais toujours refusé de suivre. S'il continuait à m'attraper ainsi, je changerai d'avis rien que pour lui rendre la monnaie de sa pièce.

- Je vous laisse alors discuter entre hommes. Je vais sortir les plateaux pour les entrées. Ne traînez pas trop, dit Bella.

- Merci. J'écoute ce qu'Emmett a à me dire et je reviens d'aider. Bon, que veux-tu ? avais-je demandé à mon frère après quelques secondes.

J'étais un peu sec, toujours sous le coup du « vélo surprise » et de la prise de conscience que cela avait entrainée.

- Euh, pour le cadeau j'ai oublié de t'en parler. Je suis désolé Edward. J'ai l'impression que ça te gêne ? commença t-il d'une voix embarrassée.

J'étais sûr qu'il se grattait la tête d'un air perplexe, comme quand il était petit et que maman le disputait. C'était difficile de rester fâché contre lui.

- Non, pas de problème, ça m'a juste obligé à réfléchir à certaines choses.

- Ah ?

- Laisse tomber. Je te demande juste de m'en parler au préalable quand tu voudras faire un cadeau à Bree, s'il te plaît. Pour que je ne sois pas pris de court.

- Pas de problème. Je peux te poser une autre question ? Il y a autre chose qui m'intrigue.

- Vas-y. Je t'écoute.

- Pourquoi Bella a embrassé Whitlock et Black quand ils sont arrivés ? Moi j'ai juste eu droit à un salut de loin. J'aurais cru que tu protégeais mieux tes arrières.

La soirée des surprises. Je grimaçai à l'idée que j'avais loupé quelque chose entre Bella et Jacob. Je refusai de relever la dernière remarque d'Emmett. Il prêchait le faux pour savoir le vrai, comme s'il était en train d'interroger un de ses suspects. Je ne lui confirmerai jamais qu'il se passait un truc entre Bella et moi. Il serait insupportable après. Ce type n'avait aucune vie privée mais il adorait s'occuper de celles des autres membres de sa famille, en l'occurrence, moi. Je soupirai, je voulais en savoir plus sur Jacob et Bella mais il me fallait répondre à la curiosité d'Emmett.

- Le monde est petit. Il se trouve que Jasper est un vieil ami de Bella. Je ne peux rien faire. Mais Jacob ? Tu es certain qu'elle lui a fait la bise ?

- Affirmatif. Il s'est avancé vers elle, a attendu tranquillement et elle a fait le dernier pas vers lui et l'a embrassé sur la joue. Il avait l'air enchanté d'ailleurs.

Évidemment qu'il avait été enchanté. Je savais qu'il la convoitait. Je ne le laisserai pas faire. Même si rien ne pouvait se passer entre elle et moi, je ne voulais pas qu'elle côtoie ce type. Je me redressai et rejoignis rapidement mes convives. Me plaçant au bout de la table, j'appelai ma fille.

- Bree ?

- Oui Papa !

- Tu t'assoies en bout de table, juste ici, s'il te plaît. Je vais indiquer leur place à tes invités.

Elle sautilla vers la place que je lui indiquais et sa chaise racla le sol. Je me penchai pour embrasser son front et lisser les courtes mèches qui voletaient autour de sa tête. Je désignai ensuite la chaise disponible à coté de Bree.

- Jacob. Si tu veux bien prendre place à sa gauche ?

Sans attendre de réponse, je poursuivis :

- Alice ?

- Oui Edward ?

- Ça ne te dérange pas de t'assoir entre Jacob et Jasper ?

- Non, ce sera un plaisir.

- Merci. Emmett si tu veux bien prendre place en face de Jasper, avec Bella à ta gauche

- Bien chef ! Toujours aussi directif !

- Disons que cela me permet d'être à coté de ma fille et de Bella qui m'aide pour te restaurer.

- Tu peux dire ça comme ça. Ton plan de table est formidablement pratique alors, rigola Emmett qui avait parfaitement compris que j'avais ainsi éloigné Bella des deux « J ».

À ce moment-là je fus persuadé que la soirée allait être longue. Je m'assis et cherchai sur la table le verre que Bella m'avait rempli.

- Portons un toast à Bree, qui est de retour parmi nous, durant trois semaines.

- En attendant plus ! continua Emmett.

ooOOoo

Lundi soir toujours - Quelques heures plus tard.

- Oh mon dieu, que ça fait du bien, gémit Bella en s'appuyant en arrière sur le canapé.

Le cuir blanc de celui-ci chuinta discrètement en accompagnant ses mouvements. Je ne pus m'empêcher de l'imaginer, alanguie, à demi-allongée, juste devant moi. Elle devait avoir les yeux clos, un demi-sourire de bonheur sur les lèvres. Mon imagination fonctionnait très bien. Un peu trop même et le soupir de plaisir qui franchit ses lèvres, faillit me faire gémir à mon tour. Ses pieds nus étaient posés sur le cuir à quelques centimètres de mes mains, elle m'avait frôlé en s'étirant.

Nous étions enfin au repos, après une journée entière à supporter Bree, suivie de la soirée avec des invités que j'appelais mes amis, avant de les supporter à table. Cela suffisait à nous faire soupirer d'aise. Je refermai la porte de la chambre de Bree derrière moi quand Bella avait surgit pour m'entraîner vers le canapé. Je m'étais assis, ou plutôt, effondré sur un coussin posé sur le sol. À ses pieds. Ma tête reposait sur un de mes bras, lui-même posé sur mon genou replié. Nous étions fatigués. Épuisés même. Il était tard, mais Bella avait décidé de remettre l'appartement en état après le départ d'Emmett, Jacob et Jasper. Alice avait traîné un peu dans ses jambes dans la cuisine, mais j'avais eu l'impression qu'elle cherchait des renseignements, plutôt que d'apporter concrètement de l'aide. Elle avait fini par s'éclipser à son tour, alors que je filai rejoindre Bree. Elle ne tarda pas à s'endormir sur la lecture du premier tome d'Harry Potter. Je ne le connaissais pas par cœur et nous alternions entre ma version vocale et sa lecture. Discutant des mérites respectifs des enseignants de Poudlard et de la méchanceté du cousin Dudley. Avec une série des sept tomes, j'avais de quoi meubler ses soirées jusqu'à sa majorité.

- Edward ?

Le chuchotement légèrement rauque de Bella me fit réagir.

- Oui ma sauveuse ? Que puis-je pour toi ? Je suis à tes pieds. Sans toi je n'aurais pu faire partir Em' et Jasper.

Elle eut un merveilleux petit rire.

- Tu t'es très bien débrouillé par contre pour faire déguerpir Jake. Ce n'était pas très gentil.

- Je ne suis pas gentil. Avec lui en tout cas. Je ne veux pas parler de Jake. Pas ce soir. Je n'ai pas envie de me disputer avec toi. Je veux te remercier. C'est tout.

- Alors reste assis tranquillement cinq minutes avec moi et dès que mes pieds seront en état de fonctionner à nouveau, nous irons nous coucher.

Nous coucher. Oui, bonne idée. La vision de son corps nu dans mon lit, contre le mien me traversa l'esprit un instant. Le souffle de Bella se suspendit pendant que mon cœur piquait un sprint en réponse aux images qui déferlaient dans mon cerveau, à l'imagination très fertile.

- Euh je voulais dire… Que nous devrions aller dormir. Enfin que tu allais monter dans ta chambre et moi dans la mienne.

Son bafouillage gêné m'arracha de mes pensées très claires et me fit sourire. Elle soupira avant de reprendre la parole.

- Je vais me taire ça vaudra mieux. Laisse-moi juste un peu de temps.

- Je voudrais essayer un truc Bella si tu permets ?

- Tu m'as déjà dis cela je crois, rétorqua-t-elle méfiante.

Je m'en souvenais, en effet. Ce n'était pas forcément la meilleure idée que j'avais eu dans cet ascenseur car, depuis l'envie de toucher à nouveau son corps m'obsédait trop souvent.

- Tu dois m'inspirer Bella, ça doit être ça, commençai-je. À moins que tu ne me fasses perdre la richesse de mon vocabulaire.

- Fais ton truc, Edward. De toute façon, je n'aurai pas la force de résister, quoi que tu fasses, soupira-t-elle. Je te fais confiance.

Quoi que je fasse ? Confiance ? Cette femme était folle et tentatrice à la fois. L'atmosphère s'alourdit encore une fois entre nous.

- Femme, tu choisis très bien ton moment pour m'avouer que tu ne me résisteras pas, plaisantai-je. Je te rappellerai tes paroles un jour ou l'autre.

- Elles ne sont valables que maintenant. Je suis trop fatiguée. Ton frère est fou, il m'a écrasé les pieds un bon millier de fois en dansant.

- Je dois alors me faire pardonner de t'avoir exposée à ce risque.

J'attrapai alors son pied et commençai à lui masser doucement la voûte plantaire, appuyant ensuite sur le cou du pied de mon pouce. Je procédai lentement, prenant le temps de caresser la cheville puis les orteils un à un. Lorsque je pressai ensuite fortement la plante de son pied elle gémit encore une fois.

- Oh Edward, c'est merveilleux. Continue.

Je ne demandai que cela.


The end pour cette fois... J'ai trop chaud (il fait 43 ° C à 19 h) ;)

Bises à mes poursuiveuses de FB : Chrys, So, Debby, mlca, Val et Lisa , Louise, Chic Tess , Anaîs et Erika (prends soin de toi)

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Kiss

Nic