Hello les filles

Un dernier chapitre avant de partir en congé

Un grand merci à LifeChrys qui a accepté de traquer mes fautes, mes erreurs, mes tournures de phrases bizarroïdes, etc...

Bonne lecture

Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination


Chapitre 18 : Affronter son passé

- Tss Tss... Ma Bella, si j'ai envie de te parler, je le ferai. Maintenant que je t'ai retrouvée, tu obéiras comme tu l'as toujours fait.

Non mais il se prenait pour qui ? Et surtout il pensait parler à qui ce type ? Je respirai profondément et serrai ma canne comme si elle pouvait me retenir.

- Bella ? l'appelai-je

- Je suis ici Edward, répondit-elle immédiatement.

Je perçus la nuance de soulagement dans sa voix et sans réfléchir davantage, je franchis aussi vite que possible les quelques mètres qui me séparaient d'elle. Je sentis la présence d'un homme que je contournai. Il me sembla grand et ne bougea pas lorsque mon épaule le heurta volontairement, ou non, mais je ne m'arrêtai que lorsque Bella posa brièvement sa main sur mon bras pour me signaler que j'étais enfin à coté d'elle.

- Tu vas bien ? soufflai-je à son oreille, en saisissant ses doigts pour les porter à ma bouche. Je déposai un bref baiser dans le creux de sa paume. Pour me calmer ou la rassurer, je ne savais pas trop.

- Ça va. Merci d'être là, répondit elle à ma seule intention.

- Bien.

Je me forçai à expirer lentement à plusieurs reprises et dirigeai mon regard dans sa direction, refusant de me tourner vers l'homme. Niant sa présence. Elle seule était importante.

- Alors c'est le type chez qui tu t'es refugiée ? Le type basané en bas de l'immeuble a catégoriquement refusé de me laisser monter, reprit la voix traînante et moqueuse derrière moi.

- Cela ne te regarde pas James.

- Si. Tu es ma femme. J'ai tous les droits.

Sa voix avait claqué. Froide et décidée. L'arrogance de ses mots fit exploser en moi les dernières barrières d'incertitude par rapport à cette situation. Cet homme était dangereux. J'estimai jusqu'alors qu'avec Tanya, j'avais tiré le gros lot, mais ce type, ce James, était de la pire espèce. Je priai pour que Bree respecte mon ordre et ne s'approche pas.

- Arrête de dire n'importe quoi, répondit immédiatement Bella, nous sommes séparés depuis longtemps et le divorce à été prononcé il y a deux mois. Tu n'as aucun droit sur moi. Ni maintenant, ni même avant.

- Tu es rebelle maintenant ? C'est ce type avec une canne blanche qui t'apprend ça ?

Bella avait répliqué avec détermination aux provocations de l'homme mais soudain, je sentis qu'elle allait perdre son calme. J'étais si proche d'elle que je la sentais trembler. De fureur me semblait-il.

De mon coté, j'étais capable de rester calme. J'en étais capable. Surement. Il pouvait dire ce qu'il voulait sur moi. Être aveugle n'était pas une tare. Je n'interviendrai pas pour ce genre de vétilles. À moins qu'elle ne me le demande et alors la fameuse canne blanche risquait de finir dans la figure de… son ex-mari. Cependant, le raidissement brutal de Bella, la crispation de ses doigts dans les miens, me convainquirent de sa fureur grandissante.

Sans lâcher la main de Bella, je me retournai alors lentement dans la direction de ce James.

- Je n'ai rien à lui apprendre, dis-je, après quelques secondes pendant lesquelles je retins Bella loin de lui.

Je le toisai. Lorsque j'avais estimé la taille et l'emplacement d'un individu grâce à sa voix, j'avais appris à le regarder directement, ce qui impressionnait généralement.

- Edward ! Ne te mêle pas de cela s'il te plaît, me supplia doucement Bella d'une voix extrêmement tendue.

- Je reste avec toi. Tu ne seras pas seule, me contentai-je de lui répondre.

Belle expira alors soudainement, comme si elle avait retenu longuement sa respiration et venait de laisser sa tête émerger de l'eau. Je restai face à l'homme et dans le creux de ma main je sentais frissonner les doigts de mon amie. Tout son corps trembla, légèrement, contre mon flanc, et elle me serrait toujours très fort mais je la sentais moins tendue, plus résolue.

- James, comment m'as-tu retrouvée et surtout pourquoi ?

- On peut aller discuter quelque part tous les deux, tranquillement ? Je t'emmène boire un café.

Il parlait calmement, comme s'il était certain de la réponse de Bella, mais je distinguai enfin une sorte d'étonnement dans sa voix.

- Non, je n'irai nulle part avec toi. Dis-moi ici, ce que tu as à me dire.

- Comme tu veux. Quand j'ai frappé chez nous ce matin, une belle blonde m'a ouvert. Elle semblait furieuse d'être dérangée. Jasper est alors sorti de l'appartement pour me dire que tu n'y habitais plus. L'imbécile a refusé, malgré notre amitié, de me dire où tu te cachais.

Il semblait furieux et abasourdi, il le ressentait comme une trahison. Il faudrait que je pense à remercier Hale lors de sa prochaine visite. Et Black aussi d'avoir correctement fait son boulot.

- C'est Newton, ton ancien patron, qui m'a dit où tu faisais suivre ton courrier de licenciement. Alors il a fini par te virer ? poursuivit complaisamment James d'un ton moqueur.

- Oui et tant mieux. Tu veux quoi ?

- Pourquoi penses-tu que je veux quelque chose ? J'ai juste envie de bavarder avec toi c'est tout. Nous avons vécu pas mal de choses tous les deux. On peut en discuter.

- Et donc, tu te transformes en amoureux de la nature qui hante les parcs, pour bavarder avec moi ? Toi qui as toujours refusé la moindre balade en dehors de la tournée de tes bars préférés ? Tu perds ton temps, James. Il n'y a plus rien entre nous. Et depuis plus longtemps que tu ne le penses. Jenks a dû t'expliquer que je ne voulais plus avoir à faire à toi.

- Jenks est un putain d'avocat. Il exagère toujours tout, histoire de se faire du fric. On peut rester amis, Bella ! Ça fait plus de 10 ans qu'on se connaît toi et moi.

Elle frémit contre moi, mais garda le silence.

- On a eu des bons moments n'est-ce pas ? continua-t-il comme elle refusait de répondre.

- S'il y en a eu, je les ai oubliés. Edward ? On peut partir s'il te plaît ?

- Bien sûr ! Va chercher Bree tu veux bien, et commencez à rentrer à la maison. Je vous rejoins.

- Non, je…

Elle hésitait à partir. Je me doutais qu'elle ne souhaitait pas me savoir seul avec James. Mais je voulais qu'elle parte. Je savais comment la décider.

- Va ! Pars avec Bree s'il te plaît, je ne veux pas qu'il la voit, chuchotai-je à son oreille avant de l'embrasser sur le front.

J'en profitai pour replacer machinalement une mèche derrière son oreille, après l'avoir portée à mon nez. Son parfum me rassurait, me calmait. En temps ordinaire.

Je lui lâchai la main et entendis ses pas s'éloigner, hésitants et lents.

- James, autre chose… tu ne te pointes plus jamais dans l'immeuble d'Edward. C'est inutile, je ne te recevrai pas. Ni demain, ni jamais. Si tu passes outre ce conseil, je saurai faire ce que je n'ai pas fait il y a quelques mois.

C'est sur cette affirmation vibrante de colère et de menaces que Bella s'éloigna définitivement. Je restai seul face à celui qui avait été son mari. Un type dont j'ignorai l'existence quelques minutes auparavant et dont Bella avait peur. Les secondes se déroulèrent. Les minutes aussi peut-être. J'étais sûr qu'il était toujours là.

- James ?

- Quoi ! aboya-t-il.

Tiens, le monsieur n'était pas content de la réaction de Bella !

Déstabilisé et furieux. Cela me convenait très bien. J'avançai vers lui. Encore un peu. Au point de sentir son parfum bon marché. Jusqu'à être à un pas de lui. Ma canne heurta le bout de ses chaussures. Je me rendis compte que j'étais sur le point d'exploser. En présence de Bella, je m'étais contenu mais, à ce moment précis, les siècles de civilisation et de culture censés être présents dans mes gènes, et les années d'éducation de ma mère, ne pesaient pas lourd dans la balance. J'avais une envie, une seule. Briser la mâchoire et le plus possible d'éléments de l'anatomie de ce type. C'était la seule chose qui aurait pu me soulager. L'unique.

- Tu sais, je n'arrive pas à comprendre ce qui me retient de te faire ravaler tes paroles, sifflai-je entre mes dents. Je ne ferai rien. Pas cette fois. Mais si tu n'obéis pas au conseil précieux qu'elle vient de te donner, je n'aurai pas la même retenue. Elle t'a donné un avertissement. Je le double d'un autre. Ne l'approche plus. Jamais. Chez nous ou ailleurs. Tu l'as perdue. À jamais.

Avant de changer d'avis, je lui tournai brusquement le dos, sans attendre de réponse de sa part. je devais m'éloigner. La peur de Bella et sa colère contre lui, avait éveillé en moi des envies de meurtre. Quoiqu'il lui ait fait, il l'avait blessée. Profondément. J'étais certain qu'il était à l'origine de la tristesse que j'entendais parfois dans la voix de ma Bella.

- On verra Cullen, on verra. C'est ma p'tite Bella, je te la prête un moment, mais elle me reviendra. Elle m'a toujours obéi, me lança-t-il quand j'eus parcouru deux ou trois mètres.

Je m'arrêtai. Hésitant encore sur la conduite à tenir. Je serrai les poings. J'étais dans un lieu public, ma fille n'était peut-être pas très loin. Jouer au grand mâle dominant à ce moment-là, n'était pas la bonne option mais le fameux voile rouge de la fureur, je le « voyais ». Il obscurcissait mon raisonnement et mon instinct me disait de le broyer, de lui arracher la tête. J'inspirai profondément essayant de faire exploser la barre de fureur qui m'étreignait. Je me sentais attiré en arrière, je voulais faire demi-tour. Aveugle ou pas, je lui écraserais au moins mon poing sur le nez et lui ferais avaler ces paroles insultantes. Cela soulagerait ma frustration.

- Bella n'appartient qu'à elle. Si tu n'as pas compris ça, tu n'as rien compris, lâchai-je en serrant les dents avant de continuer mon chemin.

Ce fut comme une fuite pour échapper à ma colère. Droit devant moi. Quelle que soit la direction. Je marchai un moment. Rapidement. Repérant de ma canne des lieux qui m'étaient inconnus et indifférents. Je devais retrouver mon calme. Je devais me retrouver.

Soudain, la pensée que Bella et Bree étaient seules et qu'il rodait dans le coin, me fit stopper dans ma fuite en avant. Je devais les rejoindre. J'abordai le premier passant à proximité et lui demandai de m'indiquer le MET. En quelques minutes, j'avais atteint le lieu où nous nous étions arrêtés pour discuter et Bella m'appela d'une voix nerveuse.

- Edward ? Où étais-tu ?

Elle me rejoignit et la petite main de ma fille se glissa dans la mienne tandis que celle de Bella remontait, hésitante, sur ma manche gauche. Je les saisis, l'une et l'autre dans mes bras dans une brève étreinte.

- Je revenais vers vous. Pourquoi n'êtes vous pas rentrées directement ?

- Papa ! commença Bree d'une voix indignée, c'est Bella elle ne voulait pas !

- Tout va bien, dis-je pour calmer son excitation et rassurer Bella à demi-mots.

Et c'était vrai. Elles allaient bien. J'allais mieux. Même si je ne pouvais pas serrer Bella dans mes bras pour la tranquilliser. La savoir auprès de moi, les savoir ensemble m'apaisait moi aussi. Mon rythme cardiaque redevint normal et je pus à nouveau sourire. J'entendis la voix de ma fille continuait à pépier.

- … et puis elle avait raison. On ne pouvait pas te laisser tout seul ! Tu nous aurais accusées après d'être comme les méchants de Hansel et Gretel.

Je m'agenouillai devant elle et la serrai contre moi. Elle sentait bon. Une odeur de miel et d'innocence.

- Jamais ma jolie. Jamais je ne t'accuserais d'une telle méchanceté ! Sauf s'il y avait les gâteaux de ta grand-mère au goûter… Là, je ne suis pas certain que tu ne m'abandonnerais pas pour les déguster sans moi.

J'entendis le petit rire de Bella dans mon dos qui fit écho à celui de ma fille et c'était le plus beau bruit qui puisse exister.

oooOooo

Quelques heures plus tard…

Bree dormait. Nous avions mangé tous les trois rapidement et malgré mes quelques tentatives pour rendre l'atmosphère plus légère et les efforts de Bella, Bree avait senti qu'un problème pointait le nez à l'horizon. Le repas s'était étiré en longueur, silencieux. Puis Bella s'était levée de table en prétextant de la fatigue pour monter. Pour une fois, j'aurais souhaité qu'elle reste. Qu'elle me tienne compagnie pendant quelques instants. D'ordinaire, malgré mes protestations, elle insistait pour débarrasser avec moi et faire la vaisselle pendant que je bavardais avec Bree.

Avant de rejoindre cette dernière dans sa chambre, j'avais appelé Jacob pour lui donner des consignes strictes vis-à-vis de James : il ne devait rentrer en aucun cas dans l'immeuble mais je devais être averti de son passage.

Bree avait été anxieuse elle aussi. Elle m'avait parlé de Tanya pour la première fois depuis son arrivée. Elle devait repartir avec sa mère dans une semaine. Aborder le sujet « Tanya » ce soir, avait été difficile mais je devais évidemment rassurer Bree.

J'étais devant la porte de la chambre de Bella et j'hésitai à frapper. Je passai la main dans mes cheveux en me demandant si je pouvais entrer. J'en avais envie. Je voulais être capable de la protéger, de lui apporter le réconfort nécessaire. Mais pouvais-je aider Bella ? Jasper était sûrement plus au fait de la situation de notre amie. Devais–je l'appeler et lui expliquer ce qu'il s'était passé ? Je posai mon front sur la surface fraîche de la porte. Un bruit de sanglot traversa alors le bois. Sans plus réfléchir, je toquai brièvement et ouvrit la porte.

- Bella ?

- Laisse-moi Edward, s'il te plaît, laisse-moi.

La voix brisée de Bella me parvenait étouffée, sûrement par la couette. Refermant la porte derrière moi, je me dirigeai vers le lit sur lequel je m'assis, faisant fléchir le matelas sous mon poids. Je tâtonnai et trouvai le corps de Bella. Elle était allongée sur le côté, recroquevillée sous la couverture, ma main remonta le long de sa hanche effleurant ses côtes puis sa joue. Elle tremblait de tous ses membres. Son visage était trempé de larmes et sa respiration hachée. Oubliant mes propres sentiments, je posai mes doigts sur la peau fine de sa nuque, l'enveloppant de ma main et fit pivoter mon corps de façon à être assis face à elle. De mon pouce je commençai de petits mouvements de va-et-vient sur son cou. Je me contentai, de lui sourire doucement.

- Je ne partirai pas ma douce, chuchotai-je, les amis sont là pour s'aider. Je ne te quitterai pas.

Je chuchotais calmement.

- Tu ne seras plus seule. Plus maintenant. Laisse-toi aider. Laisse-moi t'aider.

Mes mots, ma voix agissait comme une berceuse et je sentis sa tension se relâcher peu à peu. De mon autre main, j'ôtai les mèches de cheveux trempées de larmes de son visage, les replaçant une à une vers l'arrière de sa tête, les lissant doucement. Elle renifla un peu, puis les sanglots convulsifs s'apaisèrent aussi, comme dompter par les mouvements de mon pouce dans son cou. Elle soupira plusieurs fois.

Nous restâmes ainsi un moment. Elle se calma lentement mais je m'osai bouger.

- Je reste avec toi. Tant que tu auras besoin de ma présence je serai là.

- S'il te plaît…

Elle parlait si bas que je dus me pencher vers elle pour l'entendre.

- … prends-moi dans tes bras et serre-moi fort.

Ma gorge se serra et sans réfléchir je lui obéis. J'ôtai mes chaussures et m'allongeai à son côté. Restant au-dessus de la couette, je passai mon bras droit sous sa tête pour l'enrouler autour de ses épaules tandis que mon autre main se posait sur sa hanche, l'invitant à se blottir contre moi. Ce qu'elle fit.

Dans un dernier hoquet, elle nicha sa tête dans mon cou et je sentis ses lèvres sur ma peau. Une de ses mains s'agrippa à ma chemise tandis que l'autre remontait sur mon épaule et s'y attachait comme si j'allais partir. Elle frissonnait toujours convulsivement et son corps était extrêmement tendu.

Du bout des orteils, je donnai un petit coup sur son tibia afin qu'elle me laisse m'approcher et j'entremêlai mes jambes aux siennes autant que le permettait sa couverture. Elle fit comme moi. Nous étions liés, attachés. Il serait très compliqué pour quiconque de nous séparer.

- Tu as le droit de pleurer encore tu sais. Parfois cela fait du bien.

Seul un petit sursaut me répondit. Ma main gauche reprit le rythme lent sur sa hanche. À travers la couette, je la caressais doucement.

- Si… si je me laisse pleurer à nouveau, je vais inonder ta chemise.

- Oh ! C'est ça le problème ? Je peux l'enlever si tu veux ? Mais pour cela, il faudrait que tu me lâches une seconde.

Je fis l'esquisse d'un geste pour me reculer et ses mains serrèrent ma chemise et mon épaule plus fort encore. Je souris dans ses cheveux.

- Alors je vais sacrifier ma chemise, tu le vaux bien ma douce. Pleure autant que tu veux.

- Oh Edward… fit-elle de sa voix cassée.

Elle commença un embryon de rire et pleura.

Elle pleura longtemps. Je me contentai de la serrer contre moi, de balader ma main contre son dos. Sans rien dire. Il y a des qualités de silence que l'on ne peut rompre. Elle vida son corps de toute la détresse, de toutes les rancœurs de son passé contre ma chemise qui fut effectivement inondée. Puis peu à peu elle s'apaisa.

- C'est la première fois.

Sa petite voix assourdie vibra dans mon cou, me chatouillant un peu.

- Oui ma belle ?

Je l'encourageai à poursuivre.

- La première fois que je me laisse aller devant quelqu'un.

Mon cœur se serra. Sa solitude me bouleversait. Quoi qu'elle ait dû traverser avec ce type, elle avait été seule.

- Profite de moi, libère-toi. Parle-moi de toi, de lui. Si tu le souhaites.

- James… je l'ai connu au lycée. Il était populaire. J'étais timide. Le grand classique. Nous avions 17 ans tous les deux. Je venais d'arriver à Forks, chez mon père. Ma mère venait de mourir. Je devais m'adapter à plein de choses et quand il s'intéressa à moi, je n'en revenais pas. J'étais bêtement flattée. C'était un mec cool, sportif, bien bâti. Il… Je le trouvais très beau, comme toutes les filles du lycée d'ailleurs. Il avait un côté « Bad-boy » avec ses cheveux trop longs, qui ravissaient toutes les idiotes que nous étions. Nous sommes sortis ensemble de plus en plus souvent. J'avais enfin une vie sociale. Je le trouvais gentil. Il ne me pressait pas. Nous travaillions nos cours ensemble.

Elle commençait à revivre son histoire. Je n'étais pas sûr que se fût véritablement à moi qu'elle parlait, qu'elle se confiait. Mais reprendre le fil des événements depuis le départ lui permettrait, nous permettrait de comprendre.

Elle reprit son souffle avant de poursuivre.

- Après le lycée, il m'a suivi à Seattle. Nous avions commencé les mêmes études de kinésithérapie. Il avait voulu être dans le même groupe de TP que moi. Puis un soir, c'était à Thanksgiving je crois, j'avais un peu trop bu. Je me suis laissée convaincre. J'avais 18 ans. J'étais majeure disait-il, libre de mon corps. Il disait qu'il avait été patient. Qu'il me voulait. C'était… bien, je crois. Je ne me souviens guère de cette première fois.

Je soupirai en même temps qu'elle. Je n'avais pas prévu que ses confidences me seraient aussi désagréables à entendre.

- Le lendemain, il a emménagé dans ma chambre d'étudiante. J'ai rien dit. Je devais m'estimer heureuse. Un type convoité me voulait, moi la petite Bella, exilée et sans amis. Après, tout s'est enchaîné.

Elle hésita un peu avant de poursuivre.

- Après deux ans, on a dû chercher un logement plus grand. C'est comme cela que j'ai connu Jasper. Il nous a loué l'appartement mitoyen du sien. On s'est marié. J'ai alors dû bifurquer sur des études d'infirmière et j'ai validé mon diplôme rapidement. J'ai alors pu trouver du travail pendant qu'il terminait ses études de Kiné.

J'écoutai sans rien dire. Stupéfait de ce qu'elle m'apprenait, c'était si loin de Bella, de ma Bella. Celle qui prenait ses décisions, celle qui avait tenu tête à Bree et à James aussi.

- J'étais bête n'est-ce pas ? Tu es déçu ?

- Ciel, non ma Bella ! répliquai-je immédiatement à la petite voix triste et résignée qui m'avait interpellé, tu ne peux pas me décevoir. Chacun commet des erreurs et tu ne connais pas les miennes. Tu as fait à l'époque, ce qui te semblait bon. Tu avances depuis et tu tiens compte des leçons du passé.

Elle appuya à nouveau sa tête contre moi, contre ma poitrine et je la serrai sur mon cœur.

- James est un… dominateur, un manipulateur. Je le sais maintenant. Je me suis laissée faire. J'ai tout accepté, tout ce que je t'ai dit et le reste aussi. Pendant 8 ans.

- Que s'est-il passé alors ?

- On… on s'est éloigné peu à peu, commença-t-elle en hésitant sur le choix des mots pour la première fois depuis le début de son récit. J'ai changé. J'ai toujours « obéi » comme il dit… mais je suis devenue indifférente. À sa violence, à sa fureur, à ses écarts. Il en a eu marre je pense, de ma passivité, de mon inertie, de ma culpabilité aussi. Alors un soir, après une grosse dispute, il y a deux ans, il est parti. On s'est revu lorsque j'ai demandé le divorce, il y a quelques mois. C'était en présence de nos avocats. Puis le lien a été rompu définitivement. Je ne me suis pas sentie mieux pour autant mais, je pensais être débarrassée de lui.

- Tu vas l'être, je te le jure. Demain, à la première heure, je mets Emmett sur le coup et tu verras, il ne lâche rien. C'est un des meilleurs avocats de N.Y., le meilleur peut-être. Je ne dis pas cela parce que c'est mon frère. Il peut être totalement loufoque dans la vie. Mais dans le boulot, c'est un pitbull croisé grizzly, sans aucune pitié. Entre lui et moi, James n'a aucune chance.

Je me délectai déjà de ce nous allions faire subir à ce type.

- Je ne mérite pas ton aide Edward. Tu ne devrais pas perdre ton temps avec moi.

Contredisant ses paroles, elle se serra davantage contre moi, comme si elle voulait entrer en moi, sous ma peau, l'idée m'était très agréable. La barrière de la couette devenait de plus en plus pénible mais je gardais dans un coin de mon esprit qu'il était surement préférable de rester ainsi.

- Chut… c'est là que tu dis n'importe quoi !

- Mais tu ne sais pas ! Tu ne sais pas ce que je suis ! Ce que j'ai fait ou pas fait plutôt…

Si elle voulait entrer dans le mode « je regrette ce que je n'ai pas fait » elle était loin de pouvoir m'égaler. J'embrassai son front et fis naviguer ma main sur son épaule. Elle remua la tête, voulant éloigner certaines pensées.

- Je l'ai laissé me rendre esclave. Je l'ai servi. Jour après jour. Je l'ai laissé me prendre mon travail et mes rêves. Je l'ai laissé me parler comme si je n'étais… rien. Je n'étais pas grand-chose en effet. J'ai toujours été lâche face à lui et pourtant je n'avais même pas l'excuse de l'aimer. Je me suis aperçue très vite que tout n'était qu'illusions. Lui et mes sentiments pour lui. Un an de mariage a suffit. Mais je suis restée. Puis j'ai été piégée. Je suis lâche et cela me rend malade.

Elle était amère et de plus en plus désespérée. La crise menaçait de reprendre. Je glissai mes doigts sous la couette pour toucher sa peau tiède, que je pinçai un peu, au niveau de l'épaule. J'eus soudain toute son attention.

- Stop. Tu sais ce que tu as fait aujourd'hui ? lui demandai-je.

- Euh... non.

- Tu l'as affronté. Tu lui as dit d'aller se faire voir.

- Je lui ai dit cela moi ?

Elle semblait extrêmement étonnée.

- Pas exactement dans ces termes, certes. Mais tu l'as menacé. Et je suis très heureux que tu ne me parles jamais sur ce ton. Et je te certifie que ça l'a bousculé dans ses certitudes.

Elle ne répondit que quelques secondes plus tard.

- Ce serait bien la première fois. Je ne me souviens pas de ce que j'ai dit, mais juste de ma colère, de la peur qu'il ne vous fasse du mal, à toi ou à Bree. J'ai oublié le reste.

- T'as rien loupé, mais je te jure que ta voix est terriblement effrayante quand tu es en colère ma douce.

- Merci. J'essaierai de m'en souvenir. Tu…

Elle se tut comme si elle n'osait pas poursuivre.

- Bella ? Dis-moi… Explique-moi ce que tu veux.

- Bree dort ?

- Oui.

- J'espère que je ne l'ai pas trop perturbée. Je ne voulais pas quitter le parc sans toi.

- Elle va bien. Ne t'inquiète pas.

Je caressai ses cheveux parfumés, je pourrais faire cela pendant des heures.

- Tu voulais me demander autre chose, je le sais.

Elle souleva sa tête de ma poitrine et bougea un peu, comme si elle voulait me regarder.

- Tu lis dans mes pensées ?

- Parfois j'aimerais beaucoup, mais non, malheureusement.

Ma main retourna vers son cou, vers l'encolure de son tee-shirt. Je posai mon pouce sur sa carotide qui palpitait rapidement.

- Je… Je t'en demande beaucoup mais je… tu… Edward, est-ce que tu voudrais bien rester avec moi cette nuit ?

Elle avait terminé sa phrase très vite, comme si elle avait peur de changer d'avis en cours de route. Mon pouce s'immobilisa sur sa peau. Je devais réfléchir vite.

- Je t'ai déjà dit que je restais près de toi tant que tu auras besoin de moi.

Je retrouvai alors la douce sensation de sa tête sur ma poitrine. D'accord, j'allais rester allonger contre elle toute la nuit. Il me faudra dompter mes rêves alors. Parce que rêver de cette femme, comme les nuits précédentes, alors qu'elle était dans mes bras, allait être périlleux. Je ne voulais en aucun cas lui faire peur, j'étais là pour la rassurer. Je soupirai doucement et ôtai mes doigts fureteurs pour les poser sagement sur son épaule. Immobiles.

Les minutes passèrent et je sentis son souffle s'apaiser. Elle s'endormait. J'aimerais pouvoir faire de même avec ce petit corps blotti contre le mien.

- Je peux te demander autre chose ? fit-elle d'une voix ensommeillée.

- Oui.

Bien sûr, je crois même qu'elle aurait pu me demander de lui décrocher la lune.

- Passe sous la couette, tu seras plus à l'aise et moi aussi.

Ou plus difficile encore que de décrocher la Lune.

Secouant la tête, je m'exécutai. Je m'assis une seconde et ôtai ma chemise trempée, gardant juste mon jogging, je rabattis la fameuse couverture et me glissai dessous. Elle se tourna alors et lova son dos contre ma poitrine nue. Nous étions collés l'un à l'autre et je l'entourai de mes bras, la ceinturant doucement au niveau de son ventre, juste sous la rondeur de sa poitrine.

- Merci Edward. Je suis bien, grâce à toi.

Les doigts de Bella se nouèrent par-dessus les miens. Comme pour m'interdire de m'éloigner.

- Moi aussi je suis bien, ma Bella. Dors maintenant, soufflai-je en caressant ses cheveux de mon menton.

Je ne mentais pas. J'étais loin d'être « plus à l'aise » que sur la couverture. Mais j'étais bien.

J'étais enfin à ma place, songeai-je quelques secondes avant de sombrer à mon tour dans un profond sommeil.


et voilà pour l'instant...vous avez quelques réponses, je suis gentille :)

Je vous souhaite de bonnes vacances ...mes publis seront plus aléatoires pendant 2 mois

Piran : si tu est curieuse, j'ai une reviews du chapitre 17 qui devrait peut-etre t'aider... (cette reviews est une idée de Lisa :) )

Bon week-end à toutes

Kiss

Nic