Hello les filles,

Je ne vous ai pas oubliées... Je suis suis au ralenti..

Un grand merci à LifeChrys qui a accepté de traquer mes fautes, mes erreurs, mes tournures de phrases bizarroïdes, etc...

Bonne lecture

Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer, ils ne font que peupler mes nuits et stimuler mon imagination


Chapitre 19 : Petites discussions entre amis

MERCREDI

Cher journal,

Mercredi soir, déjà.

Alice est très gentille. Avec elle, je ne me sens pas comme un bébé. C'est vrai que c'est pareil avec Bella. Toutes les deux me parlent comme si j'étais vraiment grande.

J'ai passé la matinée chez Alice. On a discuté pendant qu'elle me montrait sa collection de DVD ! Elle est encore plus fan que moi de Disney. Elle m'a promis de passer me chercher un soir pour que l'on passe une soirée entre filles. J'ai demandé si Bella viendrait avec nous ou si je devais vraiment la laisser seule avec mon papa. J'ai dû faire la grimace car à ce moment, Alice a fait un drôle de tête. Elle m'a fixée un petit moment avec ses grands yeux noirs, puis a haussé les épaules en disant : « Bah, je pense qu'ils peuvent rester un peu seuls, ils sont grands, ils se font du bien et se réconfortent mutuellement. Ça n'empêche pas ton papa de t'aimer. » …avant de passer à autre chose.

Ils se réconfortent ? Moi je suis là pour réconforter mon papa s'il a besoin. Mais je ne suis pas très grande. Peut-être que Papa a besoin d'une grande. Je ne sais pas. Je vois toujours Tanya avec d'autres hommes et je m'en fiche mais quand Papa touche l'épaule ou le bras d'Isabella... je suis un peu triste.

Dans 4 jours je repars à Los Angeles. Je ne veux pas y aller.

Lundi Matin

Le soleil couchant mélangeait avec bonheur ses nuances ocre et fauve au rouge étincelant du demi-cercle plongeant dans le bleu sombre de l'océan. Nous avions marché longtemps sur le sable blanc et encore brûlant de la plage désertée, avant de nous asseoir sur la jetée en bois. Le temps lui avait donnée une patine grise sur lequel s'estompait les couleurs du soleil. Elle s'était blottie dans mes bras et entouré de son parfum fleuri, je me contentai du bonheur d'être avec elle, le nez enfoui dans les boucles brunes de sa chevelure à peine dérangée par la brise. Lorsqu'elle se retourna vers moi et m'offrit ses lèvres, je croisai son regard chocolat et le désir m'envahit.

J'ouvris alors les yeux et les couleurs m'abandonnèrent. Cependant, pour la première fois depuis un an, la fuite de mes songes colorés ne me serra pas le cœur. Le parfum fleuri flottait toujours dans l'air et la femme de mon rêve était réellement pelotonnée dans mes bras. Endormie, son visage était enfoui dans mon cou et sa main posée sur mon cœur, tandis que sa jambe appuyait négligemment sur mon bas-ventre… très éveillé lui en revanche. Nous avions donc dormi l'un contre l'autre et elle avait, comme souvent depuis une semaine, peuplé mes rêves.

Devais-je rester contre elle et attendre son réveil ? Serait-elle gênée de cette proximité ? Nous avions déjà vécu un éveil commun, mais les circonstances étaient très différentes. Hier soir, elle s'était confiée, nous avions dépassé sans réfléchir les barrières mises en place d'un commun accord. Je ne savais plus ce que je souhaitais de ma relation avec Bella. Tout évoluait trop rapidement entre nous. Elle ne voulait pas d'intimité, moi non plus.

Doucement et avec beaucoup de regrets, je m'extirpai de cette douce et chaude étreinte, j'ôtai ma main, qui avait pris place sur son sein pendant la nuit et me levai sans bruit. En refermant la porte de la chambre, je me demandai si je ne commettais pas une bêtise mais redressant les épaules, je pris le chemin de ma chambre pour me rafraîchir les idées.

Mercredi matin

- Emmett tu peux rouler moins vite s'il te plaît ? C'est mon déménagement mais je ne suis pas aussi pressée que cela. J'ai aucune envie de faire un détour par les urgences, lâcha la voix crispée de Bella depuis l'arrière de la voiture.

Comme je m'y attendais, Emmett se contenta de ricaner et je pense même qu'il appuya un peu sur l'accélérateur.

- Désolé Bella, Emmett a eu son permis dans une pochette surprise il y a 12 ans et depuis il terrorise tout le monde. Fais comme moi, ferme les yeux et réfléchis à ta vengeance. Je te jure que c'est efficace, dis-je pour tenter de la distraire.

Efficace ? Pas tant que cela. La vitesse en voiture, même si j'avais une totale confiance en mon frère, m'était encore très désagréable mais je ne l'avais jamais avoué à mon entourage. Donc Emmett conduisait comme toujours, très bien, mais trop vite. Mon estomac et celui de Bella n'avaient qu'à bien se tenir.

J'avais insisté pour les accompagner chez Jasper ou plutôt, chez Rosalie Hale. La demi-sœur de Jasper. C'est elle qui habitait l'ancien appartement de Bella. J'étais curieux de rencontrer cette fille et de connaitre un peu plus de la vie de Bella.

Elle s'était enfin partiellement dévoilée dimanche et sa solitude ainsi que sa façon courageuse d'affronter son passé, m'avaient bouleversées. Lorsque je m'étais réveillé le matin dans son lit, j'avais clairement eu peur. Peur d'aller trop vite, de la gêner… mais aussi de ce que je ressentais. Je refusai de me poser trop de questions.

Cependant, je me demandais encore deux jours plus tard si je méritais une auréole ou une claque pour mon geste chevaleresque de fuite silencieuse. Je lui avais permis de faire « comme » s'il ne s'était rien passé. Et avec la lâcheté qui caractérisait beaucoup d'adultes c'est ce que nous avions fait. Nous avions ignoré consciencieusement la situation depuis trois jours.

Nous n'avions reparlé de James que lorsqu'Emmett était arrivé le lendemain. Il avait pris le dossier du divorce de Bella avec le professionnalisme qui le caractérisait et une injonction d'éloignement était en cours. Jacob Black s'était mis en mode alerte rouge pour surveiller les alentours.

Hier soir, après le repas, elle avait lâché dans la cuisine, une mini bombe alors que j'avais les mains dans l'eau mousseuse de la vaisselle, j'en aurais dansé de plaisir. Elle avait timidement suggéré d'aller chercher les quelques cartons qui lui restaient dans son ancien appartement. Elle était prête à s'installer chez nous. Avant qu'elle ne change d'avis, j'avais appelé Emmett, qui nous servait présentement de chauffeur.

- J'ai essayé Edward ! Je n'ai pas trouvé de punition assez forte pour Emmett, mais je vais tenter quelque chose, glissa Bella à mon oreille.

- Emmett ? reprit-elle plus fort.

- Oui ma belle ? répondit immédiatement mon frère qui avait pourtant clairement ignoré les plaintes de Bella auparavant.

- Quel est ton dessert préféré ? susurra Bella

- La tarte aux pommes, pourquoi ? fut sa réponse

Son estomac avait parlé. Pas son cerveau. Quel dommage pour lui, je rigolai d'avance.

- Bien. Si je suis vivante encore ce soir, je ferai une tarte aux pommes et mon père dit toujours que je fais les meilleures tartes aux pommes qu'il n'ait jamais dégustées.

- Tu ferais cela vraiment ?

Il salivait déjà. Ferré le grand avocat.

- Bien sûr. Si tu fais passer l'aiguille du compteur de vitesse en dessous de la zone rouge. Immédiatement et jusqu'à notre retour !

Elle avait brutalement une voix sèche et autoritaire qui me rappelait l'infirmière en chef de mon centre de convalescence. Celle qui m'obligeait à aller faire de la rééducation à la piscine et à courir sur le tapis d'entraînement.

- Hey, mais c'est du chantage ça !

Emmett était indigné et cela s'entendait.

- Ouep, porte plainte.

Bella était géniale. Si je n'avais pas eu la mauvaise idée de m'asseoir sur le siège avant, j'aurais pu l'embrasser. Emmett ralentit et je respirai alors nettement mieux, décrochant ma main droite de la portière.

- Tu me le payeras Edward, me lança un Emmett frustré qui roulait enfin à une allure compatible avec notre survie.

- Ah oui ? et pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Tu m'as présenté ta petite copine sans m'avertir de sa cruauté.

- Tu devais le mériter. Elle n'a jamais été cruelle avec moi.

Je ne relevai pas la façon dont il avait parlé de Bella.

Quelques minutes plus tard, la voiture s'arrêta.

- Nous sommes à destination jeune dame, commença Emmett. Votre déménageur est prêt à vous servir mais il exige une méga-part de tarte.

- Pas de problème Emmett. Je te remercie vraiment d'être venu. J'aurais pu me débrouiller seule ou attendre que Jasper soit disponible.

- Tsss tais-toi. Ça me fait plaisir, les amis d'Edward sont mes amis. Le pauvre, il n'en a pas beaucoup.

- Arrête de dire n'importe quoi, tu cherches juste des prétextes pour tarder un peu, lui lançai-je en ouvrant ma portière. Il n'avait certes pas tort mais je n'avais pas envie d'aborder le sujet.

Nous sortîmes du 4x4 d'Emmett et Bella accrocha mon coude avant de se diriger vers ce que je supposai, être l'entrée de l'immeuble.

- Il y a trois étages sans ascenseur, précisa-t-elle.

- Dommage, mon frère aime bien les ascenseurs, rigola Emmett juste à ma droite et à qui je lançai un coup de coude afin qu'il se taise.

Trois étages plus haut, Bella ralentit le pas et s'arrêta. Elle sonna à une porte puis se rapprocha de moi pour me parler à l'oreille.

- Je suis contente que tu sois là. Ce n'est pas… évident.

Elle avait la gorge serrée et je compris que des souvenirs désagréables l'assaillaient.

- Je te l'ai dit, je serai toujours là tant que tu auras besoin de moi, répondis-je sur le même ton.

La porte s'ouvrit avant qu'elle ait eu le temps d'ajouter quoi que ce soit.

- Bonjour. Je vous attendais. Je suis Rosalie Hale. Bella Swan n'est-ce pas ? Jasper m'a tellement parlée de vous que j'ai l'impression de déjà vous connaitre. Entrez…

La jeune femme était accueillante. Sa voix agréable et ferme indiquait une forte et fière personnalité.

- Bonjour Rosalie. Je n'aime pas déranger mais Jasper m'a expliquée qu'il avait laissé mes quelques cartons dans l'appartement et que je pouvais passer les prendre. Je l'ai appelé hier soir et...

- Stop Bella, il n'y a aucun problème… Je m'ennuyais en fait et ta visite, votre visite tombe très bien. Il y a des jours où rien ne va comme on le veut et faire une pause est la seule façon de reprendre ensuite le travail calmement.

Elle nous guida vers une pièce qui semblait assez petite et encombrée. Je me cognai deux fois le genou et une fois la hanche avant de m'immobiliser dans un lieu apparemment sans danger.

- Je te présente deux amis qui m'accompagnent, dit Bella. Edward...

- Edward Cullen je sais, la coupa Rosalie Hale, je suis vraiment flattée de faire votre connaissance. J'ai apprécié vos livres. Votre style et vos intrigues me font voyager à chaque ouvrage.

Sa façon d'interrompre Bella ne me plut pas énormément mais lorsqu'elle saisit ma main pour la serrer chaleureusement, je compris que c'était sa façon d'être elle, Rosalie naturelle et directe. Je lui souris.

- Le plaisir est pour moi Melle Hale. J'avais hâte de faire votre connaissance. Comme vous le dites, Jasper n'a pas été très bavard, il ne l'est jamais mais, le peu qu'il m'a montré de vous m'a enchanté.

- Jasper parle trop. Comme il est hors de question que vous me fassiez rougir, on va changer de sujet M Cullen.

- M Cullen, c'est mon père ou à la limite mon frère ici présent. Moi c'est juste Edward, s'il vous plaît.

Sa discrétion était à porter à son crédit là aussi. Suivant sa suggestion, j'abandonnai le sujet malgré ma curiosité mais je devinai que les questions d'Emmett et celles de Bella aussi, pleuvraient plus tard.

- Très bien, Edward alors. Et ce grand jeune homme qui me fixe bizarrement est votre frère ?

- Sûrement, rigolai-je. Emmett Cullen. Emmett aurais-tu perdu ta langue en même temps que ta politesse ?

J'étais curieux, car il n'avait pas encore prononcé une seule parole.

- J'ai quelque chose sur le nez Monsieur Cullen ? Un peu de cambouis peut-être ? Je reparais la voiture de Jasper il y a une heure…

- Non Mademoiselle Hale... Non vous êtes… parfaite, commença Emmett d'une voix enrouée. Excusez-moi… Bella ? Où sont les cartons ? J'en prends un ou deux et je les amène à la voiture.

Il y eu un bref silence suite aux paroles précipitées d'Emmett qui sembla pressé de partir.

- Vous en avez deux ici, finit par dire Rosalie légèrement désarçonnée elle aussi.

- Bien.

J'entendis Emmett ahaner sous un poids, puis la porte d'entrée claqua.

- J'ai dit ou fait quelque chose qui aurait froissé ou choqué votre frère ? me demanda immédiatement Rosalie.

- Non, je ne pense pas... Ne faites pas attention, il est parfois très fruste et impoli.

- Edward ! Ne dis pas de mal de ton frère.

Bella, qui s'était tue pendant cet échange curieux, venait d'intervenir.

- Je ne dis pas de mal. Il est comme ça avec moi. Il est vrai qu'avec les femmes, il est souvent beaucoup plus agréable.

Je plaisantai pour alléger l'atmosphère mais j'avais perçu une intonation inquiétante dans la voix d'Emmett, lorsqu'il avait parlé à Rosalie. Quelque chose comme de la peur... ou de l'admiration. Et mon frère n'avait peur de personne, à part de ma mère, et n'admirait que le Dr Martin Luther King. Pour un avocat, il avait singulièrement manqué de mots. Je refusai de perturber plus les jeunes femmes en partageant mes pensées, mais Emmett avait vu dans cet appartement quelque chose, ou quelqu'un qui lui avait fait perdre son audace légendaire.

- Dommage, j'aurais été... bref. Bella tes cartons sont pour moitié ici dans le salon et il en reste deux je crois, dans la chambre. Ils ne sont pas trop lourds, nous devrions pouvoir toi et moi les...

- Bonjour à tous, désolé d'être en retard. J'ai croisé ton frère dans les escaliers. Il semblait… comment dire… rêveur.

Rosalie avait été interrompue par l'arrivée de son frère. D'une tape sur l'épaule, Jasper me signala sa présence. J'étais heureux qu'il se manifeste ensemble, n'ayant aucune envie de répondre à un interrogatoire sur Emmett.

- Laissons le rêver. Comment vas- tu ?

- Moi, très bien et toi et ta charmante fille ? Elle n'est pas là ?

- Bree va bien. Je l'ai laissé avec ma voisine, Alice, tu sais ?

- Alice.

Il avait juste prononcé ce prénom, comme pour le savourer tout en soupirant. Y aurait-il de la romance dans l'air ?

- Oui Alice. Ça te pose un problème que je confie ma fille à une psy ?

- Non, euh… Rosalie et Bella on peut vous laisser un moment ? J'aimerais discuter avec Edward.

- Tu peux nous laisser mais t'occupe-toi de ces deux gros cartons à descendre, répondit Rosalie à mon éditeur qui ne contraria pas sa sœur.

J'entendis les deux filles s'éloigner, sans doute en direction de la chambre.

- De quoi voulais-tu me parler Jasper ? Serait-ce d'une charmante petite brune qui n'a pas la langue dans sa poche ?

Depuis la fameuse soirée donnée pour ma fille, je me sentais plus à l'aise avec lui, c'était un type bien et depuis plusieurs années, il ne m'avait jamais fait faux bond, il n'avait pas cherché à faire de la communication ou de la publicité avec ma cécité, comme d'autres l'auraient fait. Finalement, je m'apercevais que mes proches méritaient mieux qu'un ours asocial comme moi.

- Charmante ? Brune ? Comment sais-tu tout cela ? essaya de plaisanter Jasper. Mais il était évident qu'il semblait gêné.

- Tu ne démens pas, je note, après tout, j'aurais pu me tromper. Tu voulais peut-être me parler de mon retard pour le prochain manuscrit... ou me demander encore mon avis sur "Dans les yeux du chat"... continuai-je sur le même ton léger.

- Bon, tu as gagné. Je ne te connaissais pas le don de deviner mes pensées mais il est vrai que j'aimerais en savoir plus sur ta voisine. Charmante et même un peu trop pour mon bien. Depuis 10 jours je n'arrive pas à me la sortir de la tête. C'est incroyable. Tu n'es pas euh... enfin elle ne te... tu vois ce que je veux dire ?

Il en bégayait et voir cet homme si calme et posé d'ordinaire perdre ses moyens me fit éclater de rire.

- Si elle me plaît à moi aussi ? C'est le sens de ta question ? Rassure-toi elle est très agréable et sociable mais ce n'est pas demain la veille que j'envisagerais la moindre relation plus qu'amicale avec une psy... Le milieu médical, j'en ai eu plus que la dose supportable cette année ! Si elle te plaît, accompagne-nous ou mieux, passe à la maison quand tu veux. Bella et elle sont devenues amies me semble-t-il, et elles sont souvent ensemble.

Il soupira.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée mais je passerai vous voir ce soir et je sonnerai aussi chez elle. Si elle ne lit pas l'avenir, elle ne se sauvera peut-être pas.

- Pourquoi crois-tu qu'elle se sauverait ? Vous allez bien ensemble, je trouve. La brise et la tornade. La discrétion et la curiosité. Vous vous équilibrez mutuellement.

Il ne disait rien et je me mis à rire de nouveau.

- Et voilà que tu me transformes en conseiller matrimonial.

Je laissais passer un moment avant de reprendre sur un autre ton.

- Jasper ?

- Oui ? répondit-il devant mon interpellation plus sérieuse.

- Elle te plaît ? T'intrigue ? Tu as envie d'en savoir plus sur elle et de prendre soin d'elle ? Tu rêves d'elle la nuit ?

- C'est exactement cela.

- Alors fonce. Je t'attends pour le café à la maison vers 17 heures.

- Merci Edward.

Juste à ce moment, les filles revinrent en discutant.

- Tu as abandonné tes études de kiné pendant ton mariage ? disait Rosalie d'un ton outré.

- Oui on peut dire cela comme ça mais, je n'avais pas le choix, se défendit Bella.

Je fis quelques pas dans sa direction. La sœur de Jasper avait en 5 minutes obtenu des réponses à des questions qui m'avaient tenaillées plusieurs jours, mais Bella ne semblait pas apprécier l'interrogatoire en règle auquel elle était soumise. Même si j'appréciai Rosalie, il était hors de question qu'elle dérange Bella plus longtemps.

- Rosalie ? Est-ce que je peux aider ? demandai-je pour l'interrompre.

- Humm, Bella et moi allons descendre ces deux derniers sacs, j'espère que ton frère a une grande voiture. Reste ici Edward, comme ça je peux laisser l'appartement ouvert. Jasper tu descends aussi ?

- Bien sûr chef ! À tout de suite Edward.

Il sortit juste après sa sœur.

- Bella ?

Je n'avais pas pu me retenir de l'appeler. J'avais besoin de savoir.

- Tu vas bien ? ajoutai-je.

Elle s'approcha de moi et avant de sentir ses doigts sur ma joue, son parfum frais m'entoura. J'aimais la savoir près de moi.

- Je vais bien, arrête de te tracasser pour moi. Je ne peux pas dire que revenir dans cet appartement me réjouisse mais ça va.

- Et Rosalie ?

- C'est une sacrée fille ! Mais je saurai me défendre. C'est grâce à toi que j'ai compris que parler pouvait être bon. Je dois descendre, ils ne vont pas déménager mes cartons sans moi.

Elle allait s'éloigner lorsque je retins son bras pour l'attirer vers moi. Sans réfléchir, je cherchai son visage que je pris en coupe entre mes mains et doucement lui laissant le temps de réagir si elle le souhaitait, je m'inclinai vers elle. Je posai mes lèvres sur les siennes, caressant doucement sa joue de mes pouces, savourant la douceur de cet échange, ne demandant pas plus. À regret, je m'éloignai et relâchai mon étreinte sur son cou. Elle gémit un peu puis laissa échapper un mot à mi-voix, une interrogation.

- Pourquoi ?

- Je crois que je préfère ne pas me poser de questions, Bella. J'en avais envie. Tu regrettes ? répondis-je en chuchotant.

- Non.

- Bien. Nous en discuterons plus tard si tu le souhaites. Ou nous recommencerons...

Elle eut à nouveau ce petit rire que j'aimais tant, qui j'en étais sûr, devait faire briller ses yeux.

- On verra Edward, dit-elle, toujours en souriant.

Quelques secondes plus tard, je me retrouvai seul dans l'appartement où elle avait vécu avec James. Le bonheur doux qui emplissait ma poitrine suite à notre échange léger, s'effaça. Je fis quelques pas prudents, repérant une table, un fauteuil puis un mur que je longeai jusqu'à une fenêtre. Ce n'était plus chez eux, chez elle. Les meubles avaient dus être changés mais je me sentis oppressé et j'avais envie de prendre l'air. La fenêtre s'avéra être une petite baie vitrée qui me mena sur un étroit balcon. Je respirai mieux soudain. J'avançai un peu et trouvai très vite l'autre extrémité. Il faisait au maximum deux mètres. Je m'accoudai à la balustrade. Le quartier était bruyant déjà à cette heure, mais j'entendais en bas de l'immeuble, la voix de mon frère qui discutait avec Rosalie me semblait-il. Ils avaient fini par faire connaissance ces deux-là. Je ne distinguai pas leurs paroles mais la discussion était animée. J'étais curieux d'interroger mon frère sur ce qui l'avait perturbé à son arrivée.

Soudain d'autres voix plus proches me parvinrent, les mots étaient très clairs et je ne pus m'empêcher de les entendre.

- Écoute-moi Bella, James est venu ici il y a quelques jours. Il était comme toujours, assez énervé de ne pas te trouver. Je voulais t'appeler mais Rosalie m'a conseillé de te faire confiance et qu'il ne pourrait pas remonter jusqu'à toi.

Mauvais conseil Melle Hale, pestai-je en moi-même.

Jasper devait être entré dans le salon avec Bella, qui donnait aussi sur la terrasse et je devrais faire preuve de discrétion et les laisser parler. Je ne bougeai pas immédiatement cependant.

- Ne te tracasse pas. James m'a retrouvée mais Edward et son frère Emmett ont pris les choses en main. Il... ne me fait plus peur. Rien ne nous lie dorénavant. Sauf... les souvenirs, acheva Bella en soupirant.

- Il t'a retrouvée ? Comment ? Je ne lui ai rien dit !

- Mike, mon ex-patron a une curieuse représentation du secret professionnel.

- Ah ! Cela me gêne de dire cela de celui que je considérais comme un ami mais, fais attention à toi... James peut être dangereux, il te l'a déjà prouvé.

- Je sais. Non seulement je peux désormais l'affronter, et j'en suis la première surprise mais, je suis aussi bien entourée là-bas. Edward est peut-être aveugle mais il est extrêmement ... protecteur et efficace.

La fierté que je ressentais à entendre non seulement ses paroles mais le ton affectueux et rêveur sur lequel elle avait parlé, me surpris presque autant que l'envie de l'embrasser qui m'avait traversé quelques minutes plus tôt. Oui, je me sentais protecteur, oui, j'avais envie de l'embrasser parfois, mais je préférai ne pas réfléchir plus loin. Je n'avais jamais eu envie de me lier depuis mon divorce et je ne voyais vraiment pas pourquoi cela devrait changer.

- Et tout va bien là-bas ? Je veux dire avec Bree ? Elle m'a semblé très distante avec toi l'autre jour.

- Distante n'est pas exactement le mot que j'aurais employé, dit pensivement Bella. Elle n'est absolument pas décidée à partager son papa. "Territoire privé" m'indique-elle par chacun de ses actes. Sa jalousie est un peu difficile à gérer mais, j'y arrive mieux que je ne l'aurais pensé.

Bella, tu as tellement raison ! Tu ne serais pas dans la pièce voisine avec Jasper, je te prendrais à nouveau dans mes bras pour t'embrasser. Tu as raison pour tout et enfin je comprends pourquoima princesse devient une petite peste avec toi.

Je repensai à tous les petits gestes, toutes les paroles dures que Bree avaient eu et que je comprenais enfin à l'explication éclairée de Bella. Une bonne explication devrait sûrement être la fin de cette tension entre elles. Si j'avais eu des scrupules à écouter cette conversation privée, ils avaient disparu. J'avais obtenu une clé, une raison au comportement de ma fille et je m'en voulais terriblement de ne pas avoir compris cela plus tôt.

- Je suis certain que tu peux gérer sa jalousie. Mais toi... comment te sens-tu ?

Je fronçai les sourcils. La question me paraissait curieuse. Malgré la distance, j'entendis le soupir de Bella.

- Je ne sais pas trop... j'essaie de ne pas avoir peur de mal faire, de ne pas la mettre en danger. C'est difficile à comprendre. Elle est grande, je ne m'inquiète pas autant mais je ne suis jamais tranquille, j'ai souvent peur d'être maladroite par mes gestes ou mes mots.

- Oh Bella, nous en avons discuté plusieurs fois, tu n'es coupable de rien.

Jasper était tendu, presque en colère.

- Je sais mais, les vieilles habitudes sont dures à perdre. J'ai fait pas mal de progrès... relationnels, dirons-nous, laisse-moi du temps.

Des progrès ? Avec moi ? Il me semblait pourtant que, parfois nous avancions côte à côte dans une impasse, nous rapprochant parfois comme, au hasard, mais en refusant de pensant à notre destination.

- C'est sérieux entre Edward et toi ? demanda soudain Jasper, comme en écho aux pensées que je ne venais d'avoir.

- Comment ?

Bella semblait choquée par la question.

- Il me semble, qu'il y a quelque chose entre vous. Ça fait presque huit ans que je le connais et c'est la première fois que je le trouve aussi... social, souriant. Même avant l'accident, il était assez sombre. Sauf avec sa fille bien sûr.

- Je ne sais pas vraiment. Je suis bien avec lui. Nous discutons, c'est tout.

Ou presque. Elle l'avait pensé si fort que je l'avais entendu, et Jasper aussi apparemment.

- Ouais, si tu le dis. Sois prudente avec Edward, il n'y a rien à espérer avec lui. Il n'est pas prêt pour la moindre relation durable. Son ex-femme était... il t'a parlé d'elle ?

- Non.

- Bon, ce n'est pas à moi d'en parler alors... mais elle n'a pas facilité les relations d'Edward avec les femmes, ses fans étaient aussi un peu trop... collantes. Bref, il n'est pas prêt à se lier. Sans parler de son accident. Il ne t'apportera rien de bon.

De quoi se mêlait-il ce soi-disant ami ?

Pourquoi surtout, est-ce que je m'indignais de sa réflexion somme toute exacte. Je desserrai mes doigts qui emprisonnaient durement la balustrade et me forçai à respirer calmement.

Celui qui écoute aux portes, ou plutôt à la fenêtre, ne peut qu'entendre des vérités pas très agréables. Je devais faire avec. De toute façon, je ne souhaite rien apporter de particulier à Bella, sauf mon amitié. C'était ce que nous avions sagement décidé dès le départ.

C'était ce qui me convenait. Ce qui devait être.

- Et si tu t'occupais de tes affaires Jasper ? Sors, lance-toi avec Alice et oublie-nous. Edward et moi sommes adultes et faisons ce que nous voulons.

- Vous êtes adultes mais, il a une petite fille adorable et je sais que si pour toi c'est déjà compliqué avec elle, s'il se passe quelque chose entre Edward et toi ce ne sera que temporaire... et ensuite qui souffrira ? Toi... et elle peut-être...

- Ne t'inquiète pas trop pour elle, déjà elle a beaucoup de répondant et ni lui ni moi ne la blesseront. Je vais me répéter Jasper, je t'adore mais cela ne te regarde pas...

- Bien, nous en reparlerons plus tard si tu en as besoin. Je descends voir si Rosalie et Emmett sont toujours là et en bon état. Je crois qu'entre ces deux-là, ça fait quelques étincelles.

Il avait dû s'éloigner car aucun bruit ne me parvenait de l'appartement. Je me retrouvai dans la position délicate de rentrer dans le salon, sûrement face à Bella qui comprendrait que j'avais entendu sa conversation. Une position pas très agréable. Je tergiversai donc un peu sur mon balcon en riant de mon malaise.

- Edward ? Tu vas bien ?

La voix intriguée de Bella qui s'était approchée du balcon, interrompit mon rire.

- Très bien, répondis-je toujours en souriant. Parfois, je me dis que je suis vraiment aveugle et pas très intelligent. C'est tout.

- Si un grand écrivain comme toi le dit, cela doit être vrai. Je ne te demanderais pas ce que tu as entendu, ça serait aussi gênant pour toi que pour moi.

- Alors, ne me le demande pas, ça me paraît préférable. Je suis désolé, je n'avais pas prévu de vous espionner.

- J'espère bien. Sinon je t'en aurais donné pour ton argent et j'aurais avoué tous mes noirs secrets.

Elle plaisantait, donc elle n'était pas fâchée contre moi.

- Viens par ici, j'ai envie de prendre l'air avec toi, l'invitai-je.

- Non, je ne m'approche pas de toi ici.

- Pourquoi ? Je te fais peur ?

- Humm, pas exactement, mais ton frère et ton éditeur ont le nez pointé vers nous et je ne souhaite pas leur faire voir ce qui a tendance à se passer quand Edward Cullen approche de Bella Swan.

- Moi j'aimerais bien le savoir.

- Ce soir peut-être, à la maison. Allez rentrons, Rosalie et Emmett ont tout chargé et ton frère est pressé de partir, je ne sais pas pourquoi.

Ce soir. Peut-être. À la maison. Trois petites phrases qui résonnèrent comme une promesse.


Et voila.. rendez-vous pour le chapitre suivant dans 15 ou 20 jours et espérant que celui ci aura su vous faire patienter un peu...

Bilan : Emmett a un problème. Jasper a un problème et même Edward je pense même si il joue l'autruche ...

N'oubliez pas de me laisser un petit message si ca vous chante.. j'adore les lire :)

Kiss les filles

Nic