Hello les filles

Un petit chapitre...le 20eme déjà. Il est prêt Chrys ayant été formidablement réactive (merci à toi)

Bonne lecture

On se retrouve en bas...

Disclaimer

Les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer.


Chapitre 20 Confidences 1ere partie

Cher Journal,

Pourquoi je suis triste ?

Pourquoi j'ai envie de pleurer… J'ai voulu le cacher au téléphone à Papa pour ne pas le rendre triste mais il a deviné. Il a essayé de me faire dire ce qui n'allait pas. Mais je ne le sais pas vraiment. Je suis triste pour Bella, pour son bébé, pour moi… Même pour Maman je crois. Je ne sais pas si je vais arriver à dormir. J'aurais voulu que papa soit avec moi ce soir, même si Bella lit bien les histoires.

Je dois partir dans deux jours.

POV Bella

Jeudi matin

Je contemplai le tas de cartons posés devant l'entrée de ma chambre. Emmett avait poussé la gentillesse jusqu'à les monter à l'étage. Je n'avais pas vraiment envie de me mettre au tri mais j'étais gênée de laisser cet amas informe dans le passage. Ce n'était pas correct pour Edward. Celui-ci avait dû partir tôt ce matin avec son frère régler quelques problèmes juridiques au tribunal. J'avoue que j'avais été peu attentive à leur propos. Je préparai le petit déjeuner dans la cuisine. Edward et Emmett, assis au comptoir discutaient ensemble. Adossée à l'évier, je buvais mon café noir matinal tout en les regardant dévorer mes pancakes. J'étais perdue dans mes pensées. Edward était superbe, impressionnant, un véritable golden boy. Il avait mis un costume noir assez classique, pour lequel j'avais choisi sa cravate, avant de l'ajuster par-dessus sa chemise blanche. Tout cela me perturbait. Ils disparurent tous les deux de l'appartement après m'avoir déposé un baiser sur la joue, fraternel pour Emmet alors que celui d'Edward avait frôlé mes lèvres et fait vibrer mon coeur. Puis je m'étais retrouvée seule dans l'appartement, entourée de son parfum. Bree dormait encore.

Entre les paroles d'Alice et celle de Jasper, mon passage à mon ancien appartement, l'intimité de notre cohabitation hors norme et le fait que j'allais « m'installer » durablement dans celui d'Edward, la nuit avait été brève.

Hier, Alice avait ramené la petite assez excitée de leur matinée. Elles étaient toutes les deux très complices et une étincelle de jalousie m'avait pincé le cœur de les voir ainsi. Même si je savais pourquoi Bree me rejetait, c'était un peu douloureux.

Nous avions invité Alice à rester prendre le café. Jasper était arrivé et les choses s'enchaînant, nous avions commandé des pizzas pour manger tous les cinq. Une soirée calme et agréable entre amis. Rien de particulier. Si ce n'est que rapidement pour Alice et Jasper nous n'existions presque plus. Je souris à ce souvenir. Une sorte de bulle de bonheur les avait entourés, ils faisaient connaissance… C'était mignon à voir.

Après le repas, vaisselle rangée, tandis qu'Alice et Jasper discutaient encore à bâtons rompus, je m'étais assise sur le canapé, Edward n'avait pas tardé à me suivre, il avait carré sa haute silhouette à côté de moi, contre moi. Bree, assez fatiguée de sa longue journée, s'était lovée contre lui. Nous étions un peu serrés mais c'était agréable, apaisant. Le temps s'était écoulé tranquillement. Ensuite il avait fallu raccompagner les invités à la porte. Et là… je grimaçai à ce souvenir…

Flashback : (mercredi soir)

- Merci beaucoup Bella ! J'ai adoré rester discuter avec vous. Les relations de voisinage c'est parfois compliqué mais avec vous deux, cela va être extra, je le sais.

Alice s'avança et me serra dans ses bras. Je restai immobile une seconde avant de tapoter son dos en retour d'une façon assez empruntée. Les câlins et moi, cela faisait deux. À vrai dire, je n'aimais pas vraiment cela, je n'étais pas démonstrative, au contraire de notre charmante voisine et personne ne me prenait dans ses bras depuis longtemps. Je maintenais une distance avec les autres. Surtout depuis quelques années.

Sauf avec Edward.

Préférant oublier cette idée qui me venait à l'esprit inopinément, j'essayais de reprendre le fil des paroles d'Alice. Edward venait de raccompagner Jasper à la porte puis avait disparu avec Bree pour leur rituel du coucher. J'avais donc eu l'honneur de guider Alice vers la porte.

- …Jasper est formidable. Il a une conception de l'empathie que je dois étudier. Il m'a, par exemple, surpris plusieurs fois ce soir à comprendre vos émotions à Edward et à toi.

- Comment ?

Soudain ses paroles prirent un sens qui m'inquiéta un peu.

- Que veux-tu dire ?

Alice rit.

- Je savais que j'allais retrouver ton attention. C'est simple, Edward et toi vous avez un comportement fusionnel de vieux couple. Pas le vieux couple indifférent non, le vieux couple qui se connaît et qui prend soin l'un de l'autre. Vous savez toujours où est l'autre, ce dont il a besoin. Vous êtes une famille déjà.

Je devais la regarder avec un air ébahi car elle secoua la tête. S'adossant au chambranle de la porte, elle reprit.

- Un exemple : Tu étais assise sur le canapé. Edward est venu vers toi sans dire un mot et s'est installé. Épaule contre épaule et cuisse contre cuisse. Sa fille somnolait sur ses genoux de l'autre côté.

- Oui et alors ?

- C'était amusant. Jasper et moi on était assis en face sur deux fauteuils. Nous discutions tranquillement. Sais-tu qu'il m'a invité à dîner un soir ? Chez lui. J'adore l'idée qu'un homme cuisine pour moi. Il n'a pas voulu me dire ce qu'il allait préparer. J'adore la cuisine épicée, enfin je verrais bien…

Je soupirais. Finalement, je ne saurais pas de quelles émotions ils avaient parlées. Cela valait sûrement mieux au vu des conseils « avisés » que Jasper m'avait prodigués le matin.

- Je suis très contente pour toi Alice. Jasper est un type très bien. Sérieux et calme.

- Tout le contraire de moi. Bref, nous discutions et il vous a jeté un coup d'œil. Tu ne nous as pas vus. Tu avais fermé les yeux, la tête renversée en arrière. Totalement détendue. Edward avait une main posée derrière ta tête et il frôlait tes cheveux de la même façon qu'il le faisait pour sa fille. Une vraie petite famille. Un beau tableau. Et Jasper m'a dit « - J'ai eu tort… j'ai dit une sacrée bêtise ce matin. Ces deux-là sont bien ensemble. Ils se soutiennent, ils se font du bien mutuellement. Ça peut marcher entre eux. » Évidemment, je le savais déjà. Mais qu'un homme le ressente aussi… Ce… « truc » qu'il y a entre Edward et toi ça me fait… vibrer.

J'étais stupéfaite. Jasper changeait rarement d'avis et sa mise en garde le matin m'avait attristée.

- Bon, Bella je vois que je t'ai donné à réfléchir. Je vais dormir… Je pense avoir trouvé mon prince charmant moi aussi, et je vais rêver tranquillement de lui. Bonne nuit Bella.

Deux secondes plus tard, Alice avait disparu en refermant la porte derrière elle.

***** fin du flashback *****

Sacrée Alice. Mais ce n'était pas elle et ses remarques sur mes états d'âme qui allaient ouvrir mes cartons ! Bree surgit dans le salon, lavée, coiffée, habillée. Une vraie petite demoiselle. J'étais stupéfaite de l'éducation qu'elle avait eue. J'aimais traîner en pyjama dans l'appartement. Je songeai qu'avec sa mère, Bree avait dû apprendre à être autonome.

- Bonjour Jeune Princesse. Ton papa est passé dans ta chambre te dire bonjour ce matin, mais tu dormais. Il a dû partir tôt. Il m'a laissé un bisou pour toi, tu le veux ?

Elle me regarda, se mordilla les lèvres et s'approcha de moi.

- Oui. Dit-elle en me tendant la joue.

Surprise, je m'exécutai avec plaisir.

- Un bisou d'Edward voilà et un petit de ma part aussi.

Elle eut un sourire timide et me rendit mon baiser doucement. La petite renarde s'apprivoiserait-elle ?

- As-tu faim Bree ?

- Oui un peu.

Je lui servis un grand verre de lait froid et une assiette de pancakes que j'avais mis de côté pour elle. La petite mangea de bon appétit pendant que je rangeai un peu l'appartement.

- Isabella ? Tu vas laisser les cartons en haut, ou est-ce que je peux t'aider à ranger ? J'aime trier et plier les vêtements. À la maison de Los Angeles, c'est moi qui le fais tu sais.

C'était la première fois que Bree voulait spontanément partager quelque chose avec moi. J'avais besoin d'une stimulation pour ouvrir ces cartons et Bree proposait son aide. Je posai le chiffon à poussière. Je faisais plus ou moins semblant de le passer sur les quelques magnifiques vases et autres bibelots qui trônaient sur la commode du salon.

- Alors, allons-y jeune fille ! Ton aide tombe à pic, je n'aime pas plier. Je fais cela très mal. Mais avant…

Je m'approchai d'elle et essuyai la moustache de lait qui surlignait sa lèvre supérieure avec une serviette en papier. Elle était si trognon quand elle n'était pas sur ses gardes avec moi. Elle m'adressa un petit sourire et se leva pour prendre son verre et le mettre dans l'évier.

- File te brosser les dents Bree, je m'occupe de la table.

Nous montâmes ensemble au premier et glissâmes tant bien que mal, les deux premiers cartons dont je savais qu'ils ne contenaient que des vêtements. Bree entra pour la première fois dans ma chambre et regarda autour d'elle, curieuse.

- C'est Mamie Esmée qui a décoré la chambre ?

- C'est fort probable. Je l'ai trouvée ainsi quand je suis arrivée ici deux jours avant toi. Et je n'ai rien changé car ça me plaît comme cela. Ta grand-mère a très bon goût. Bon, jeune fille, si tu me donnes un peu de courage, nous allons y arriver. Mais quand tu es fatiguée, tu le dis. D'accord ?

- OK Bella, acquiesça Bree avec un grand sourire. C'était le premier sourire qu'elle m'adressait et j'en fus éblouie.

Elle s'assit sur mon lit à côté de moi et j'ouvris un des deux cartons. J'en sortis une pile de vêtements datant de quelques années. Je les regardai, dubitative. Sans être démodés, je ne savais plus si je passais encore dedans ou même si mon style n'avait pas trop changé. Bree décida pour moi, elle en déplia un ou deux au hasard.

- J'aime bien, dit-elle. Ils ne sont pas comme ceux de maman, ils sont tous très… rouge.

Deuxième point positif entre nous en moins de cinq minutes, qui devais-je remercier ? Alice ? Je refusai de lui demander comment étaient les vêtements de sa mère, j'avais un a priori négatif et je ne voulais pas imaginer que cette femme puisse se balader en tenues ostensiblement séductrices devant sa fille.

- Merci Bree. Et qu'est-ce que tu aimes dans mes vêtements ?

- Les couleurs, il y a beaucoup de bleu pâle, du vert aussi c'est doux. Et ils ont l'air… confortables.

Doux et confortables, c'était bien des compliments non ?

- Alors si tu les trouves sympas, je les garde. Plions !

Grâce à elle, le contenu des deux cartons trouva rapidement place dans l'armoire et la commode de la chambre, jusqu'ici, presque vide.

Peu à peu, discutant doucement, avec prudence, nous continuâmes de ranger mes affaires. Elle fila ensuite chercher un petit carton tandis que je transférai le contenu du dernier dans le placard qu'Edward m'avait réservé dans la salle de bains. Les divers produits d'hygiène et de beauté, huiles de bain et autres crèmes hydratantes que j'avais accumulés et que je n'utilisais guère.

Je retrouvai Bree assise sur mon lit, une petite boîte verte sur les genoux. Elle tenait en main des photos.

Je gémis intérieurement. Je les avais oubliés. Ou plutôt, j'aurais voulu les oublier. Et je me souvenais de chacune d'entre elle. De chaque sourire, de chaque grimace… Je me sentis tomber dans un puits sans fond. La vague de souvenirs me renversa avec brutalité.

- C'est qui le bébé ?

Je ne pus répondre. C'était impossible. Ma gorge était totalement asséchée et les larmes qui ne sortaient plus depuis longtemps, soudain menaçaient de dévaler en torrent sur mes joues. Bree fixait une photo avec attention et passa à la suivante. Elle ne me regardait pas.

- Bella, c'est ton bébé ? Il est où maintenant ?

Elle releva la tête et me fixa, interrogatrice presque accusatrice.

Je devais lui répondre.

Dire quelque chose.

Bon sang, je n'allais pas me désintégrer de douleur devant la petite fille d'Edward. Je tentai de respirer et m'effondrai sur le lit à côté d'elle, n'osant jeter un coup d'œil aux photos. En vain, elle me mit la dernière quelle tenait, dans la main. Un beau bébé blond, qui tétait nonchalamment, à moitié endormi. J'étais à demi allongée sur mon lit et les yeux gris bleu de mon garçon était presque fermés, sa petite bouche aux lèvres si jolies, s'arrondissait autour de mon mamelon, tandis qu'il avait crispé son poing sur mon sein. Je n'avais pas besoin de regarder mon visage, je savais qu'un sourire ravi et fier le remplissait totalement, alors que je contemplai avec fierté mon bébé avec mes yeux de jeune maman épuisée, mais heureuse. Je ne voyais que lui. Mon Alec.

- Bella ? Tu vas bien ? Pourquoi tu pleures ? Bella ?

Le ton paniqué de Bree me fit revenir vers elle et je détachai à regret, mon regard de mon bébé.

- Je… Ça va aller.

- Je suis désolée Bella. Je ne voulais pas de faire pleurer.

Elle semblait si triste et contrite que sans réfléchir, je la serrai une seconde contre moi. Le petit corps chaud d'une enfant.

- Chut… ce n'est pas ta faute. Ce sont… les souvenirs. Parfois, ils sont si tristes qu'il suffit de peu pour craquer. C'est moi qui suis désolée ma princesse de t'avoir imposé cela.

- Tu veux bien me parler de ton bébé ? Il est où ?

- Je vais t'en parler. Mais ce n'est pas facile pour moi, alors si... je pleure… Je pris une profonde respiration pour pouvoir poursuivre. Si je pleure, ce n'est pas de ta faute, tu dois le savoir. Les adultes pleurent aussi parfois, quand ils sont très tristes.

- Je sais. J'ai vu Papa pleurer une fois. Mais il ne le sait pas, que je l'ai vu.

Elle était si sérieuse. Trop sûrement pour son âge. Que pouvais-je lui dire ? La vérité.

Elle se déplaça un peu sur le lit pour me faire face, un genou replie sur le couvre lit. Elle était toute mignonne avec ses courtes mèches blondes et les magnifiques yeux verts de son papa me fixaient.

- Il s'appelait Alec. Dans ma tête, je dis toujours qu'il s'appelle Alec. Il est toujours présent dans mon cœur, dans mon esprit, à chaque instant. Il est précieux pour moi, aussi précieux que tu puisses l'être pour ton papa. Il aurait eu six ans en juin. Mais un jour, ou plutôt une nuit, il m'a quittée.

Je ne pouvais me résoudre à prononcer le mot « mort ». Elle était grande, elle savait ce que c'était que la mort, même si le contexte restait abstrait pour elle. Mais c'était difficile.

Elle secoua la tête, fronçant ses fins sourcils pâles, l'air un peu agacé, comme Edward quand quelque chose lui échappait.

- Quitté comment ? Il est avec son papa ? Comme moi quand j'étais petite ? Le papa c'est le monsieur en colère dans le parc ?

- Que de questions jeune fille ! Le papa est bien James. Le monsieur du parc, si tu le revois un jour, ne t'approche pas de lui. Parfois il se met en colère pour rien et je ne veux pas qu'il te fasse peur. Mais mon bébé n'est pas avec lui. Il est… mort. Il s'est endormi tout doucement un soir, pour ne plus se réveiller.

Je soupirai, les larmes menaçant de m'étouffer.

Ne pas revivre l'horrible moment où je me suis penchée sur le berceau en bois recouvert de tissu vert amande, le berceau qui hébergeait mon trésor. Sans un souffle. Sans vie. J'avais su tout de suite que tout était fini. Je le savais au plus profond de moi. Mon ange avait disparu. Mais c'était plus fort que moi. Après avoir hurlé de toutes mes forces pour alerter n'importe qui, James, Jasper, un voisin, j'avais serré contre moi le petit corps froid, dans lequel mon cœur de mère voulait déceler une étincelle de tiédeur, je l'avais posé doucement sur la table à langer tout en lui disant :

- Mon cœur tout ira bien, maman est là, tout ira bien.

J'avais commencé les gestes de réanimation. Insuffler cinq fois un peu d'air dans la minuscule bouche, vérifier les signes de vie, comprimer le petit sternum trente fois, souffler deux fois, regarder, vérifier l'absence de tout mouvement, même léger, une minuscule trace de vie… Rien.

Mon cœur se gelait, devenait cristal insensible mais je continuais de comprimer trente fois, souffler deux fois, comprimer trente fois, souffler deux fois, comprimer trente fois, souffler deux fois, encore et encore sans fin.

Je savais le faire. C'était efficace. Il allait se réveiller, souffler deux fois, comprimer trente fois, il le fallait.

Jasper m'avait écartée doucement du corps de mon bébé. Debout à côté de moi. Je cherchai dans le regard de mon ami, une trace d'espoir. Il secoua lentement la tête de gauche à droite. Il pleurait. Alors j'ai compris, et je me suis effondrée contre lui, ne quittant pas du regard le merveilleux visage de mon bébé aux yeux clos. Je voulais revoir son regard. Je le voulais.

- C'est fini Bella. Tu ne peux plus rien faire. Serre-le contre toi. Il n'y a rien à faire d'autre.

Rien faire d'autre….

Je me balançai d'avant en arrière, les genoux pressés contre mon cœur, me berçant comme j'aurais dû le faire à mon bébé au lieu de le laisser dans le berceau. Il ne serait peut-être pas parti.

- Bella ! Bella ! S'il te plaît !

Bree ! Je revins à moi et vis le visage en larmes et affolé de Bree devant moi. Ciel, qu'avais-je fais encore ? J'étais dangereuse ! Je ne pouvais pas me faire confiance pour m'occuper d'enfants.

D'un geste rapide, j'essuyai les larmes qui m'aveuglaient et repris doucement la petite dans mes bras.

- Je ne voulais pas te faire peur, je suis désolée ma douce, si désolée.

- Je n'ai pas eu peur… enfin si... un peu. Tu semblais si triste qu'il ne se soit pas réveillé. Ton bébé est mort. C'est si triste.

Un moment passa et je sentis sa peur disparaître et ma panique s'atténuer.

- Je connais la tristesse de perdre quelque chose que l'on aime tu sais, reprit Bree.

- Oui mon chaton, explique-moi.

J'essayai d'être attentive à la petite fille que j'avais effrayée, ce bref moment me permit de me remettre, de maîtriser les émotions et de les cadenasser encore une fois au plus profond de ma mémoire et de mon cœur.

- Il y a deux ans, on avait recueilli un petit oiseau sur la terrasse, très petit. Papa m'a expliquée qu'il était trop petit pour survivre sans sa maman mais on a essayé, il était tombé d'un toit tu sais.. Il était si petit. Tout marron avec une pointe de rouge sous le bec. On lui a fait un petit lit tout doux, comme un nid. Papa a appelé un vétérinaire qui a dit d'essayer de le nourrir avec une seringue.

Bree revivait les instants comme s'ils se déroulaient devant elle. Je soupirai connaissant d'avance la fin de cette histoire.

- Mais le matin, il était tout froid et tout raide dans son nid. Il était mort et papa m'a expliquée qu'il ne pouvait rien faire. On l'a enterré dans le jardin en bas. Jacob a été d'accord. Il nous a surveillé la porte pour que personne ne vienne nous embêter. Ton bébé aussi à été enterré ?

- Oui Alec a une jolie tombe, j'y vais parfois.

- Je pourrais y aller un jour avec toi ? J'aurais aimé le connaitre ton petit garçon.

- On verra. Je dois d'abord en parler avec ton père.

Bree réfléchit un peu, puis inclinant la tête de côté, elle la posa à nouveau sur ma poitrine. Elle n'était pas vraiment appuyée sur moi, ce n'était pas exactement un câlin. Mais je me sentais mieux, heureuse de sa confiance.

- Tu es triste qu'il ne soit plus là.

Ce n'était pas une question.

- Exactement. Je pense à lui tous les jours.

- C'est quoi ton meilleur souvenir d'Alec ? Celui qui te rend toujours heureuse quand tu y penses.

Je souris… cherchant dans mes souvenirs enfouis, ces centaines de petits bonheurs.

- Il y en a pleins… son premier regard si pénétrant et sérieux quand il est né, son premier « maman », la première fois qu'il a crachoté de la purée de carottes sur mon pantalon tout neuf.

Bree pouffa de rire avec moi.

- Il y en avait partout, et les carottes ça tache.

- Il est comme moi alors, il n'aime pas les carottes. Les carottes c'est beurk.

Je secouai la tête, amusée.

- Beurk peut-être, mais ça rend aimable princesse !

Elle me tira la langue et me reprit des mains, la photo que je tenais toujours. Elle fit un petit tas impeccable des photos d'Alec.

- Demain on achètera un joli album pour les ranger. Je pourrais le choisir ? Elles seront protégées et tu les regarderas quand tu voudras.

- Bien sûr que tu le choisiras.

Elle reposa les photos dans la petite boîte où je les avais enfermées, la laissant sur ces genoux. Elle semblait sur le point de parler.

- Pourquoi il... y a...

Elle hésita à poursuivre.

- Oui Bree ? L'encourageai-je doucement à poursuivre.

- Pourquoi il y a des mamans qui aiment leur bébé et les bébés meurent et pourquoi d'autres ne les aiment pas et veulent les garder quand même avec elles ?

Une petite larme glissa silencieuse sur une joue de la petite. Que lui répondre ?

- C'est une question difficile. Je pense juste que… mon Alec est où il devait être et que cette épreuve est sensée me rendre plus forte… mais tu dois savoir que toutes les mamans ressentent quelque chose pour leur enfant Bree. Toutes. Même si certaines ne savant pas le dire, le montrer. Même si elles font les mauvais choix, pour de mauvaises raisons.

- Tu crois ? Ma maman me dit toujours que je ne suis pas assez bien. Que je ne sais pas faire. Que je suis agaçante. Tu crois qu'elle m'aime quand même ? Même si je ne le mérite pas ?

Sa voix était tremblante d'espoir malgré sa détresse. Elle souhaitait penser que sa mère l'aimait malgré sa soi-disant imperfection. Malgré mes doutes sur cette femme, je ne pouvais me permettre d'éteindre cet espoir. Sa mère me paraissait très sombre, peu aimante et très égoïste. Mais ma vision était déformée et partiale. Bree n'avait que huit ans et elle avait besoin de ses deux parents.

- Je crois que ta maman t'aime, mais qu'elle ne sait pas te le dire. Qu'elle ne sait pas faire les choses aussi bien que ton papa. Un jour peut-être. Elle t'aime. Évidemment que tu mérites d'être aimée. Tu es une merveilleuse petite fille. Tu le vois dans chacun des gestes de ton père. Il t'adore… Mais surtout tu le mérites pour toi-même. Tu es bien jolie et agaçante aussi parfois. Mais tu es toi, une adorable Bree.

Elle renifla et je lui donnai un mouchoir en papier.

- Merci.

Elle haussa les épaules.

- De toute façon, je préfère rester avec mon Papa.

La gorge serrée, impuissante à aider cette courageuse enfant, j'essuyai les larmes qu'elle avait oubliées.

- Tu as un papa extraordinaire, comme des milliers de fillettes en voudraient, mais il n'y en a qu'un. Et puis tu as un oncle ogre, qui va bientôt arriver et à qui j'ai promis une tarte aux pommes. Tu m'aides encore ?

- Oh oui ! J'adore les batailles de farine. La dernière à la cuisine est un ours en peluche !

Elle me planta là, avec la vitalité des enfants, elle était passée à autre chose, courant de toute la puissance de ses petites jambes. Pour le fun, je me levai rapidement, faisant mine de la poursuivre, mais courir dans un escalier, je ne le ferai pour rien au monde.

Je serai donc un… Ours en peluche !

Finalement, nous avions mangé seules. Edward nous avait appelées, et je ne me remettais pas du plaisir d'avoir entendu le son de sa voix au téléphone. Il avait eu une réunion imprévue avec Jasper et un autre rendez-vous avec Emmet en fin de journée, ce qui l'avait contraint à nous laisser seules la journée. J'entendais dans la voix d'Edward, la crainte que la situation ne dégénère entre nous. Je le rassurai en expliquant que Bree et moi avions aujourd'hui trouvé un terrain d'entente. Il parut soulagé et s'excusa encore de son retard, me promettant pour cette nuit, la discussion dont nous avions parlé chez Rosalie. Je rougis et passai le combiné à Bree qui attendait patiemment juste devant moi, me fixant avec attention.

L'après-midi s'était déroulé tranquillement. Nous étions apaisées l'une et l'autre et Bree me posa mille questions sur ma vie et j'ai satisfait sa curiosité, évitant cependant l'épineux sujet « Tanya ». Puis nous avions cuisiné, faisant une réserve de cookies au chocolat pour Jacob qui adorait cela d'après Bree, et d'autres aux amandes et citron pour Edward.

En fin de journée, la cuisine était dans un état désastreux mais la tarte aux pommes (recette de mon amie Plume) était un délice. J'avais rangé précieusement la seconde au réfrigérateur avant de rejoindre Bree dans sa chambre pour lui lire une histoire à sa demande. Les miracles existaient. J'en avais eu la preuve aujourd'hui.

Il était 20h30 maintenant. Bree dormait sûrement et je voulais attendre Edward. Je m'assis sur le canapé du salon face à la porte d'entrée. Il me manquait. Cela faisait presque dix heures que je ne l'avais pas vu et il me manquait.

En quelques semaines, cet homme si attentif à moi, si adorable avec sa fille, si fort malgré son handicap m'avait séduit. Je n'avais pas eu besoin des paroles de Jasper ou de celles d'Alice pour me dégourdir de mon long sommeil affectif, non, par ses gestes, par ses baisers Edward m'avait réveillée. Il m'avait vue, telle que j'étais et non pas telle que je paraissais aux autres.

Son face à face avec James m'avait ouvert les yeux. Jamais Edward ne serait comme lui. Jamais Edward ne me blesserait, ne m'anéantirait comme James avait tenté de le faire.

Et j'avais eu si peur pour lui. J'en tremblais encore.

J'aimais Edward Cullen. Oser me le dire était un grand pas en avant. De plus, je me sentis apaisée, enfin. Ce n'était qu'un début. Je l'aimai et j'ignorai totalement ce qu'il ressentait pour moi si ce n'était cette tendresse qui nous rapprochait parfois nous faisant chavirer vers autre chose de plus… sensuel.

Il m'était indispensable. Il m'apportait tant par sa présence, par ses mots. Mais j'aimais surtout ce qu'il était. Un homme fier et intègre, prêt à se battre pour ceux qu'il aimait. Fort et fragile. Je voulais pouvoir l'aider. Je le ferai. Peu à peu. À son rythme.

Grâce à lui, j'étais mieux, j'espérais pouvoir apporter mon aide, pour lui, pour Bree.

Je dus m'endormir sur ces pensées, car ce fut un baiser sur le front qui me réveilla.

- Bonsoir Belle au bois dormant, chuchota Edward.

- Bonsoir Edward, comment sais-tu toujours où je suis ? C'est surprenant.

Je souris dans la pénombre. Edward me surprenait toujours. Il savait toujours où je me trouvais, même si je ne parlais pas. Je distinguai dans la pénombre, la chemise blanche, il avait dû ôter sa veste dans l'entrée. Il était à genoux devant moi et je me délectai de la vision de son visage dont les traits altiers étaient mis en valeur par le clair-obscur

Il m'avait manqué. Sans réfléchir, je remis en place une mèche cuivrée qui avait glissée sur son front, permettant à mes doigts d'errer dans sa chevelure soyeuse. Il avait l'air épuisé.

- Je ne sais pas exactement Bella, je le sais, c'est tout. Je sens ta présence, ton parfum parfois, mais c'est plus impalpable que cela. Je savais que tu étais là. Je n'y ai pas vraiment réfléchi.

Il semblait aussi surpris que moi de sa réponse. Gêné presque de ne pouvoir expliquer ce lien entre nous. Je voulus changer de sujet.

- La journée fut longue sans toi.

La vérité avait surgi de ma bouche sans que je réfléchisse. Je le sentis rire plus que je ne le vis. Il n'avait bien entendu pas allumé la lumière en pénétrant dans la pièce.

- Pour moi aussi ma belle. Je vois que tu es entière, je peux vérifier ?

Il commença à frôler mon visage de ses doigts, je me souvins instantanément de ce que j'avais ressenti dans l'ascenseur et j'immobilisai sa main. Je ne devais pas perdre la tête. J'avais des choses à lui dire mais pas dans le salon. Bree était trop proche.

- Je voudrais te parler. Mais pas ici. Tu as mangé ?

- Oui avec Emmett.

Il se frotta la nuque, à la fois pour se détendre mais aussi comme à chaque fois qu'il se posait des questions.

- Bien on monte à l'étage ? Ta chambre ou la mienne ?

Soudain hésitante, je faillis renoncer.

- La tienne, tu as besoin de te reposer je pense, tu pourras t'allonger pendant que je parle.

- Uniquement si tu es allongée contre moi.

Il était d'humeur plaisante et je m'en voulais de lui gâcher cette fin de journée.

- Devant moi gente dame, que je t'admire quand tu montes l'escalier.

- Idiot ! Soufflai-je souriant de sa plaisanterie.

- Je ne mens pas, je te vois dans ma tête gravir avec charme ces quelques marches et si tu étais gentille, tu me laisserais poser une main sur ta hanche, comme cela, pour m'aider, stimuler mon imagination.

Il avait encore une fois joint le geste à la parole et je me laissai faire, je passai devant lui et il me suivit dans l'escalier, sa grande main tiède posée sur ma hanche, me picotant à travers le tissu de ma jupe. Arrivés devant sa chambre, il passa un bras devant moi pour abaisser la poignée de la porte. Je n'y étais pas entrée avec lui depuis le premier jour.

L'heure de la discussion avait sonné.


Pas facile à écrire... j'attends avec anxiété vos réactions. Certaines avaient pressenti la "chose".

Merci à toutes celles qui me lisent, me laissent leur avis C'est toujours un moment de bonheur de découvrir vos réactions et de pouvoir vous répondre.

Je n'ai aucune idée du nombre de personnes me suivant ici...un tout petit mot en réponse m'aiderait à ...y voir plus clair (sans jeu de mots)

Coucou à Lisa qui vient de commencer une nouvelle vie, et à Debby qui me stimule...(pas un bout de l'ombre de Jacob ici ...oh si zut alors ! )

A bientôt...

Nic

Kiss

Nic