Hello les filles
Je suis en retard ? Ah ? je pensais être en avance ...
Retrouvons Bella et Edward où nous les avions laissés il y a 15 jours... ou presque.
On se retrouve en bas...
Merci à Chrys pour sa fidélité et ses corrections...
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à S . Meyer je ne rêver que rêver d'eux.
Chapitre 22 : Aller de l'avant
C'était une drôle de journée aujourd'hui mon cher journal…
D'abord papa, qui vient me voir tôt ce matin et qui me câline comme si j'étais encore son bébé.
Puis Bella qui frappe à ma porte dix minutes plus tard. C'est la première fois qu'elle vient le matin dans ma chambre.
On a préparé ensemble un super petit déjeuner, des crêpes dégoulinantes de miel et de sirop d'érable, ressorti les cookies, (pas ceux de Jake !), du vrai chocolat chaud et même des mini-palmiers. Elle a bien compris que mon oncle Emmett adore tout ce qui est sucré. Remarque : Papa a super bien mangé, il a dévoré nos crêpes ! Je crois qu'il adore la cuisine de Bella. Elle lui ferait même manger des grenouilles je crois, si elle voulait.
Après je suis allée dans ma chambre. Je savais qu'ils voulaient parler tranquillement tous les trois. Des trucs de grands. Mais qui me concernaient, je pense. J'ai peur de retourner chez Tanya. Avec elle tout est… compliqué.
L'après-midi, Jake m'a offert un joli truc qu'il a sculpté pour moi. C'est la première fois qu'on fabrique quelque chose rien que pour moi ! Une espèce de loup en bois tout petit, tout minuscule, qu'il a accroché à un bracelet de tissu. Je lui ai sauté au cou pour le remercier. Il m'a dit que c'est comme un bracelet porte-bonheur pour quand je serais loin de lui. Il semblait triste et Bella lui a fait les gros yeux.
Il me manquera lui aussi. Comme Oncle Emmett et comme Bella. Mais le pire sera de quitter Papa.
Cher journal, si je devais faire un vœu en regardant les étoiles ce soir… J'aimerais tant que Maman me laisse avec mon Papa. Ça sert à rien de garder des enfants qu'on n'aime pas !
Je croise les doigts pour que mon vœu se réalise.
Bonne nuit mon cher journal.
Bree.
Vendredi matin
« Tenue de sport exigée dans trente minutes en bas de chez toi ! » avait-il dit avant de raccrocher.
Bon sang ce qu'Emmett pouvait être pénible parfois.
J'achevai de lacer, en ronchonnant, mes vieilles Nike noires retrouvées tout au fond du placard de l'entrée.
Cela faisait un an que je ne les avais pas mises, et deviner où Angela pouvait les avoir mises était une gymnastique matinale assez harassante. D'ailleurs, il faudra que je pense à envoyer un mail à mon ancienne assistante, histoire de lui dire que j'allais bien... Même sans ses incomparables services.
Car j'allais bien. Très bien. J'avais eu la meilleure des nuits depuis longtemps. Les cauchemars avaient été tenus éloignés de moi par les bras de Bella. Et mon réveil...
Je soupirai en me relevant du fauteuil du salon. Un sacré réveil.
À la fois terriblement sensuel et affreusement gênant. Un parfum fruité et la tiédeur d'une peau nue contre moi, avaient été mes premières sensations. La sonnerie agaçante de mon portable avait suivi. Et enfin, j'ai pris conscience que mon corps était très loin d'être indifférent à celui qui le côtoyait. Bella non plus n'allait pas tarder à sentir contre sa cuisse la dure preuve de cet « intérêt ». Elle était à demi-allongée sur moi. Sa main posée sur ma poitrine me retenait tout autant que sa jambe gauche posée sur les miennes. Évidemment, mon corps tendu réclamait bien plus que la caresse de ma main sur son sein.
Je serais volontiers resté plus longtemps à savourer ce plaisir d'un réveil sensuel avec Bella. Nous avions tellement partagé cette nuit. Je me sentais apaisé, reconstruit, lavé d'une partie de mon passé.
Ma main frôlait doucement la peau tendre de sa poitrine, mais la sonnerie insistante de mon téléphone avait repris de plus belle. J'avais reconnu la sonnerie personnalisée d'Emmett et il était évident qu'il ne nous laisserait pas tranquille. Encore une fois, je me dégageais de l'étreinte de Bella. Avec mille fois plus de regret qu'il y a deux jours.
Mais elle avait retenu mon épaule doucement. Me retournant vers Bella, je sentis sa main se poser sur mon visage. Douce incitation à rester près d'elle.
- Bonjour Edward. Tu comptes te sauver encore une fois ? Sans me souhaiter une bonne journée ? demanda-t-elle doucement d'une voix ensommeillée.
Me rallongeant à son coté, oubliant le téléphone, je resserrai mes bras autour de la petite silhouette qui se blottit immédiatement contre moi. C'était juste parfait. Elle, emboitée contre ma poitrine. Son parfum flottait autour de moi et ses cheveux frisottaient sur mon cou.
- À contrecœur, je te le jure Bella. Tu entends ? C'est Emmett qui m'appelle. Il ne me lâchera pas.
Les lèvres de Bella frôlaient ma poitrine, me chatouillant légèrement alors que je la sentais sourire.
- Emmett n'est pas ici avec nous, il peut patienter, un peu, fit-elle tentatrice.
Je fermai les yeux, retenant un grondement de plaisir lorsque de sa main, elle caressa mon torse, descendant insidieusement de mon épaule vers mon abdomen. La sensation de ses caresses n'avait rien à voir avec l'apaisement ressenti la veille. Ce matin, son geste était empreint de sensualité et mon corps réagit instantanément. Je devenais de plus en plus… tendu.
- Bella ? Sais-tu que tu prends un chemin dangereux ?
- Hum ? murmura-t-elle d'un air distrait.
- Bella, il faut arrêter, la suppliai-je à regret.
Je stoppai la descente de sa main en saisissant son poignet, posant sa main sur ma hanche où elle serait moins dangereuse.
Ce n'était pas le jour. Ni le moment. Je mourais d'envie de répondre à son invite mais la sonnerie stridente de mon portable avait repris.
- Tu le souhaites vraiment Edward ?
- Souhaiter quoi ? Arrêter le voyage de ta main sur moi ?
Je ris brièvement et repris la petite main pour la placer sur le renflement de mon boxer. Très inélégant mais sincère et instructif. La torture était à son comble.
- Oooh...
- Oui oooh ! Et je vais tuer mon frère. Mais avant...
Je soulevai Bella par la taille et la plaquai sur moi puis, fit remonter mes doigts rapidement sur son corps frôlant au passage ses hanches, la courbe de sa poitrine avant de prendre son visage en coupe, je laissai alors mes lèvres lui exprimer mon désir. Ce baiser fut dur, violent, j'étais… frustré !
Elle répondit avec la même ardeur et me laissa m'insinuer dans sa bouche, la découvrant avidement. Son souffle s'accéléra en réponse au mien et je ne me lassai pas d'explorer ses lèvres avec plus de brutalité que je ne l'aurais souhaité. Sa réponse provoqua un nouveau grondement quand elle me mordilla, m'incitant à continuer de ses mains crispées sur mes épaules. J'avais furieusement envie d'elle et nous n'arrivions plus à nous décrocher l'un de l'autre.
Ce baiser était une satanée bêtise, car il avait ouvert la porte sur un paradis de sensualité et de promesses pour l'instant interdit. Nous venions de franchir une autre étape sans réfléchir aux conséquences. Bella me faisait cet effet-là. Un plongeon vers l'inconnu. Diantrement tentant le plongeon !
Avec une petite tape sur le postérieur de Bella, j'avais mis fin à notre préambule avant que nous ne dérapions davantage.
- Lâche, m'avait-elle jeté lorsque j'avais abandonné la chaleur de nos draps.
Mais j'avais senti le rire dans ses paroles, mêlé à une pointe de regret coquin.
- On en reparlera… plus tard. Repose-toi Bella, je vais voir ce que me veut mon frère. Je reviens au plus tard dans une ou deux heures.
En fait, Emmett avait réclamé ma présence en bas de l'immeuble en tenue de sport dans les trente minutes avant de raccrocher, ne me laissant pas d'autre choix que d'obtempérer. Je me retrouvai donc frustré et ronchon dans mon salon revêtu de mon vieux jogging gris, il était un peu lâche sur les hanches, mais je n'allais pas concourir sur un podium. Je zippai la veste à capuche au dessus de mon tee-shirt noir, prêt à aller tirer les oreilles de mon frère.
Bien entendu au moment où j'allais partir, Luna se frotta contre mes jambes, réclamant sa part d'attention. Je lui servis donc son repas, sachant parfaitement qu'elle réclamerait à Bree ou Bella une seconde ration, puis je décidai de frapper doucement à la porte de Bree. Ma fille ne dormait pas et je la serrai contre moi, lui demandant de laisser Bella se reposer un peu plus.
Je n'avais pas spécialement envie qu'elle monte dans ma chambre, ou celle de Bella, et qu'elle s'aperçoive de l'endroit où celle-ci avait passé la nuit. Leur complicité était naissante et je devais d'abord rassurer Bree.
Après un dernier baiser sur le front de ma princesse, je sortis de sa chambre puis de l'appartement.
Patientant devant l'ascenseur, je me fis la réflexion que l'appel d'Emmett tombait à pic. C'était une bonne diversion. J'oublierai un peu le séduisant corps de ma colocataire et ma façon très personnelle d'y réagir. Bella était une femme si forte et fragile qu'elle éveillait en moi trop d'émotions. L'envie furieuse de la protéger contre James, contre l'adversité de la vie se disputait avec d'autres sentiments beaucoup trop… troubles.
Et puis il y avait ce qu'elle m'avait appris sur Tanya et Bree. J'avais plein de choses à dire à Emmett. Finalement la séance de sport qu'il voulait m'imposer venait à point, je me défoulerai de ma frustration sexuelle sur un tapis roulant et donnerai mes nouvelles instructions à mon avocat de frère.
Dans le hall, je m'approchai de la loge et saluai Jake, déjà à son poste.
- Bonjour Edward. Déjà levé ?
Notre nouvelle familiarité me perturbait encore un peu. Je n'étais pas persuadé qu'il n'ait pas des « vues » sur ma Bella. Enfin, sur Bella.
- Comme toi non ? Pas de traces de James dans le coin ?
- Non, il ne s'est pas approché. Je l'attends de pied ferme s'il montre sa tête dans le coin. Personne ne touchera à Bella.
J'étais d'accord avec lui, heureux de son aide et vaguement jaloux.
- Merci de ton aide. Mon frère est arrivé ?
- Oui Il attend dehors, il semble euh… survolté ?
Je soupirai.
- C'est Emmett, à plus tard, Jake !
Je poussai la porte de l'immeuble et la fraîcheur mordante me saisit. Je pris mon bonnet de laine noire dans ma poche et l'enfonçai sur ma tignasse et mes oreilles. Peu sexy mais chaud.
- Em ?
- Suis là, p'tit frère !
Pff l'idiot !
- Tu te rends compte que tu me fais lever aux aurores pour aller en salle de gym alors que je t'ai rien demandé ? commençai-je à râler.
- Oui, et j'adore ça ! J'ai décidé qu'il fallait commencer à te secouer un peu. Et nous n'allons pas à la salle de gym. De toute façon, t'aime pas ça.
Je fronçai les sourcils. Je ne voyais pas où il voulait en venir. Il était vrai que j'avais toujours détesté m'entraîner en salle préférant de loin les footings, seul ou avec lui dans Central Park mais maintenant…
- Bon, tu proposes quoi ? Et puis la prochaine fois préviens, t'as mal choisi ton jour !
- Pourquoi ? Tu avais prévu une grasse mat' ? Tu as un boulot de feignant, tu peux bosser quand tu veux ! Ou alors… j'ai interrompu quelque chose ? Ta jolie coloc et toi… ?
Il laissa sa phrase en suspens comme s'il espérait que je commente son idée. Je haussai les épaules, en omettant de lui répondre.
- Bon ! On fait quoi alors ?
- Footing.
Il me saisit le bras et me fourra dans la main gauche une espèce de fine cordelette mais solide. Elle était courte une trentaine de centimètres et un gros nœud ornait chaque extrémité.
- Bon sang Em, j'ai froid et je suis de mauvaise humeur. Explique-moi !
- C'est euh… on pourrait courir ensemble dans Central Park, comme... avant. Je te guide avec ce truc… Ça s'appelle courir en duo. Il suffit qu'on prenne cette cordelette chacun à une extrémité et on court au coude à coude. Je te promets que j'irai pas trop vite.
Je réfléchis avant de répondre. Il avait semblé gêné au départ, mais sa petite pique finale, si « Emmettienne » me laissa froid. Je pinçai les lèvres, songeant que mon frère ne m'avait pas habitué à ce genre d'initiative.
- Tu as pensé à ça tout seul ou une jeune femme de ma connaissance te l'a soufflé ?
Un bref silence.
- Peut-être que tu as raison et qu'elle m'en a un peu causé l'autre soir. Je m'en veux de ne pas y avoir pensé avant tu sais. J'aurais dû passer plus de temps avec toi cette année.
Ok ! Un Emmett repentissant…
Je lui frappai le dos.
- Si tu crois pouvoir me dépasser facilement à la course, c'est que tu as oublié à qui tu parles Cullen ! De nous deux le plus rapide, ça toujours était moi. Alors tiens bon la cordelette.
Il rit, et m'entourant les épaules de son bras, il traversa l'avenue avec moi et nous fîmes ensemble les cent mètres qui nous séparaient du poumon vert de New-York.
40 minutes plus tard.
Edward Cullen était mort.
Décédé quelque part autour du Jacqueline Kennedy Reservoir. 2.5 km uniquement certes mais après 2 ou 3 tours… j'en avais perdu le compte, je crachais mes poumons.
Je n'avais pas couru depuis un an !
Ne cherchant même pas à dissimuler à mon frère mon état de santé délabré, je m'affalai sur un banc proche de notre point de départ. Je me faisais pitié !
- Il y a du boulot Edward. On dirait un gros fumeur.
Emmett sautillait devant moi sur l'asphalte de l'allée, ayant jeté l'instrument de torture qui nous avait lié pendant plus de 30 minutes sur mes genoux.
- Je sais. La ferme ! réussis-je à répondre après quelques instants.
J'étais officiellement mort de fatigue mais qu'est-ce que j'étais bien ! C'était masochiste sûrement. Courir à nouveau, seul ou presque, me rendait vivant. Emmett et moi nous connaissions suffisamment bien et nous avions trouvé assez rapidement notre rythme. Les centaines de mètres étaient devenus des kilomètres de course à petites foulées.
Je souffrais, car l'endurance m'avait fui pendant ces longs mois d'inactivité. Cependant la sensation de liberté, de complicité avec la nature, avait pointé le bout de son nez. Je respirai à pleins poumons, de l'air relativement pur et parfumé du Park. Il y avait peu de monde à cette heure matinale, nous étions seulement dérangés par le chant des oiseaux. J'écartai les bras sur dossier du banc et je grimaçai en sentant mes muscles endoloris protester à ce modeste effort.
- Faut pas t'arrêter brusquement sinon, tu sentiras les courbatures demain, rigola Emmett histoire de m'enfoncer encore plus.
Les yeux clos, je m'appuyai contre le dossier du banc, la tête basculée en arrière, je pensai alors à un moyen assez agréable de faire passer mes courbatures, en tête-à-tête avec Bella. Après tout, elle était la responsable de mes maux actuels, elle pourrait rembourser sa dette en enduisant ses jolis doigts d'huile de massage pour soulager les douleurs de mon dos et de mes cuisses.
- Edward ? T'es parti où ? Tu as un sourire rêveur sur les lèvres qui ne me dit rien de bon.
- Je rêve à la récompense qui m'attend à la maison, lâchai-je sans réfléchir.
- Une récompense ? Qui se mange ?
Je ne pus m'empêcher de m'esclaffer. Il m'avait tendu une perche de sortie.
- Tu verras ! Bella est vraiment une pro de la tarte aux pommes et si tu me ramènes entier, peut-être qu'elle t'en donnera une part.
- Alors on rentre ! Lève-toi ! me dit-il soudain pressant.
- Nope. J'ai des choses à te dire avant. Assieds-toi une seconde, je ne te vois pas mais t'entendre bouger tout autour ainsi me donne le tournis.
Le banc de bois craqua un peu mais le matériel de Central Park était solide.
Sans détour j'attaquai les choses sérieuses.
- Je veux la garde de Bree.
- Euh, oui je sais.
- Par tous les moyens possibles. Tu as carte blanche.
L'ambiance changea. Il se tut et ne bougea plus pendant… trente secondes.
- Explique-moi, pourquoi tu changes d'avis maintenant ? Cela fait six mois que j'essaie de te convaincre d'être plus... dur, direct contre ton ex.
Ma gorge se serra, la culpabilité renaissait de ses cendres. Elle n'était jamais très loin chez moi, songeai-je avec amertume.
- Bree a confié certaines choses à Bella qui a su… m'expliquer le mode de fonctionnement de Tanya avec ma fille.
- Louée soit Bella ! Maintenant explique tout et en détail. Que s'est-il passé avec Bree ?
En mode avocat, la voix d'Emmett était froide et cassante. Je crois que Tanya ferait bien de ne pas s'approcher de lui avant longtemps. En quelques mots, sans trahir les confidences de Bella, c'était un autre problème que j'aborderai plus tard avec Emmett, je lui expliquai comment Tanya avait manipulé Bree en sapant sa confiance en elle et les craintes qui étaient maintenant ancrées en elle.
Emmett s'éloigna un peu et j'entendis un coup sur un objet. Un arbre ? Un autre banc ? Je le laissai se défouler un peu. Il adorait sa nièce et devait s'en vouloir aussi certainement de n'avoir rien vu. À chacun sa façon de réagir. Moi j'avais paniqué dans les bras de Bella, lui, cognait les arbres. Nous portions tous notre part de responsabilité dans ce gigantesque gâchis. Moi, mille fois plus que les autres.
- Donc le programme c'est quoi maintenant ? lança-t- il en revenant.
- Ce que tu décides. Je veux sa garde. Le plus vite possible et pour toujours. Tanya n'aime pas Bree. Je ne crois pas même qu'elle veuille la garder avec elle. Je pense qu'il s'agit plus… d'une vengeance. Elle ne m'a jamais pardonné de l'avoir quittée lorsque j'ai compris qui elle était.
- Donc… il sembla réfléchir un peu. Donc, je contacte ce matin mon associé sur L.A. Ton ex sera dès ce soir sous la surveillance d'un privé. On verra ce qui en sortira, mais la connaissant…
Il ne poursuivit pas sa phrase et cela m'intrigua.
- Quoi ? Que veux-tu dire ?
- C'est une garce tu la connais.
- Moi oui, mais toi ? Tu en as trop dit maintenant. Que sais-tu sur Tanya ?
Il soupira…
- C'est un truc qui s'est passé il y a longtemps. J'ai jamais voulu t'embêter avec ça... c'était au moment où tout allait déjà très mal dans votre couple. Bree avait un an je crois. C'était le soir où tu l'as emmenée à l'hôpital en urgence, suite à une petite chute…
- Je vois de quoi tu parles mais Tanya n'était pas à la maison ce soir-là. Je suis parti seul avec Bree aux urgences si je me souviens bien.
- En effet, Tanya, elle était chez moi. Elle a d'abord pleurniché. Tu étais « dur » avec elle, sans cœur. Puis… elle a tenté de... bref, je suis sorti de chez moi presque en courant, la laissant seule. Je ne voulais pas rester une seconde de plus avec elle après avoir compris ce qu'elle cherchait… enfin tu comprends ?
Jamais je n'avais senti Emmett aussi mal à l'aise. Je craignais de comprendre. Tanya me dégoutait.
- Laisse tomber. Je vois tout à fait. Et malheureusement, je ne suis pas surpris. Je comprends mieux seulement maintenant pourquoi tu ne venais plus à l'appartement la dernière année de notre mariage. Ton détective privé aura sûrement rapidement de quoi se mettre quelque chose sous la dent.
Un silence gêné nous entoura. Les aveux d'Emmett avait été pénibles à entendre et sûrement à dire, mais cela ne changeait rien entre nous. J'avais une confiance totale en mon frère.
- D'autres idées ? repris-je un moment plus tard.
- Une oui, mais tu ne vas pas apprécier.
- Je suis prêt à tout pour que Bree ne retourne pas là-bas.
- Edward ! Je te rappelle qu'elle doit y retourner. Lundi… Les vacances s'achèvent et si on veut avoir la moindre chance que l'audience pour obtenir la garde tourne en notre faveur, il faut respecter la loi.
- Je le sais mais il faut que tout aille vite…
- Bon pour cela, il faut que tu donnes ton approbation pour que la petite soit vue par un psy.
J'ouvris la bouche pour refuser et la refermai.
- OK. Tu crois que cela peut avoir un impact sur le tribunal ?
- Oui. C'est évident. Sais-tu que ta voisine, la p'tite brune pétillante, est une psy agréée auprès des tribunaux du comté. C'est une experte judiciaire assez reconnue dans son domaine. Elle ne s'occupe pas des gosses habituellement mais, comme elle en pince pour ton éditeur, je suis sûr qu'elle fera une exception.
C'était une bonne nouvelle. Alice Brandon connaissait déjà Bree et j'étais soulagé. Bree ne prendrait sûrement pas cela comme une intrusion dans sa… personnalité et peut-être même que cela lui serait utile. Malgré ma méfiance envers les psys, je devais reconnaitre que le Docteur Kate Garrett n'avait pas été totalement… désagréable, ni inutile. C'était juste moi qui détestait perdre le contrôle de mes émotions et de mes pensées.
- Bien, je demanderai à Alice si elle veut bien s'occuper de ma fille. Autre chose ?
- Bella pourrait témoigner aussi ? suggéra Emmett
Je soupirai… je n'avais pas envie de cela maintenant. Je savais que Bella le ferait si je le lui demandais, mais cela rouvrirait chez elle des plaies mal cicatrisées.
- C'est compliqué Em. Elle acceptera évidement pour Bree mais… si on pouvait faire sans...
- Après le premier rapport du détective, je te dirai si c'est nécessaire ou pas. Eddy ? tu sais que tu ne peux pas toujours protéger tout le monde autour de toi ? Si Bella veut aider Bree, tu ne dois pas lui en interdire la possibilité.
- On verra plus tard. Dis-moi, j'avais une question à te poser hier mais, j'ai laissé tomber…
- Alors laisse tomber aussi aujourd'hui frérot.
- Non, tu n'y échapperas pas ! La sœur de Jasper, elle te fait peur ou quoi ? Tu t'es sauvé de chez elle avant-hier comme si elle avait trois yeux.
Il se rassit à coté de moi.
- C'est pas exactement cela, c'est même plutôt le contraire. Elle est… sublime. Un vrai canon. Une blonde comme j'en avais jamais rêvé. Tu crois qu'elle est mariée ?
Je sifflai entre les dents. Heureux qu'il soit sauté à pieds joints dans ma déviation, j'étais cependant soufflé. Emmett qui se préoccupait de savoir si une femme était mariée ou pas ? Il semblait sérieusement accro après une seule rencontre.
- Tu envisages de l'épouser ? Déjà ? Tu l'as mise enceinte ? persiflai-je
- Triple idiot ! Je suis sûr que les parents t'ont secrètement adopté ou qu'ils ont inversé des berceaux à la maternité. Moi, me marier ? Pff ! Non mais n'importe quoi…
- Et alors ?
- Alors… J'ai besoin qu'elle soit... libre. Je veux qu'elle soit… à moi, finit-il par admettre.
Je lui tapotai le dos.
- C'est élégant Emmett. Il faudra quand même lui demander son avis car Rosalie Hale semble avoir son caractère. C'est une femme très intelligente et très douée. Je suis fier de mon frère ! Tu as fait un bon choix.
Je le voyais presque se rengorger aux compliments tordus que je lui adressais.
- Tu la connais bien ?
- Pas vraiment… Je ne l'avais jamais rencontrée avant l'autre jour mais... J'ai déjà lu ses écrits…
- Elle est écrivain ?
- Pas encore publiée mais ça ne saurait tarder. Jasper m'a demandé d'annoter le premier roman de sa demi-sœur. Il avait peur de ne pas être objectif. « Dans les yeux du chat »* est addictif… Mi polar, mi romance. Un très bon style. Je me suis régalé. D'ailleurs en parlant de manger…
- Oh oui, j'ai faim moi aussi. Tu vas arriver à rentrer sur tes deux jambes ou je te porte sur mon dos ?
Emmett avait sauté sur ses pieds et nous rentrâmes en nous chamaillant comme deux gosses.
Vendredi soir.
Je venais de refermer la porte de la chambre de Bree. Elle ne dormait pas encore. Elle m'avait dit qu'elle voulait écrire un peu dans son journal. Je me demandai si tous les parents étaient aussi curieux que moi de savoir ce que leurs enfants pouvaient confier à un journal intime.
Nous avions bien avancé dans la lecture d'Harry Potter ce soir encore. Ce petit bonhomme mal-aimé par son oncle et sa tante la passionnait. Et les questions fusaient à la fin de chaque chapitre. C'était pas mal pour une lecture jeunesse. J'étais moi-même conquis par les valeurs de courage et d'amitié qui était traitées dans ce livre.
Il n'y avait aucun bruit dans la cuisine ou le salon et je ne savais pas si je devais être déçu ou non. Je n'avais pas « vu » Bella en tête-à tête depuis ce matin dans mon lit. La journée était passée si rapidement.
Emmett avait déjeuné avec nous, engloutissant les crêpes préparées par Bella et Bree pendant notre séance de footing. Il avait refusé de partager « sa » tarte qu'il avait emballée pour l'emmener chez lui. Donc j'avais gardé « mes » cookies. Lorsque que Bree était partie dans sa chambre, nous avions évoqué ensemble notre nouvelle stratégie de combat contre Tanya. Bella avait applaudi aux initiatives d'Emmett et évidemment proposé son aide malgré mes protestations. Nous étions tombés d'accord sur un compromis : Bella discuterait avec Alice après que celle-ci ait vu Bree en consultation et c'est donc notre voisine qui déciderait si le témoignage de Bella serait indispensable ou non. Emmett lui, avait déjà commencé de pianoter sur son portable et attendait des nouvelles de son correspondant sur la côte ouest. Dès qu'il eut un retour par mail de l'accord du détective pour pister mon ex-femme, il s'était levé et nous avait quittés, emportant sa boîte de tarte et faisant claquer un baiser bruyant sur la joue de Bella. Je sais qu'il lui a chuchoté un truc à l'oreille, s'arrangeant pour que je n'entende pas.
- Ah demain petit frère et n'oublie pas !... footing tous les deux jours dorénavant.
Après le départ d'Emmett, nous ne nous étions pas retrouvés seuls, car Bree avait souhaité aller marcher un peu avec nous dans le patio de l'immeuble, un prétexte pour aller rendre visite à Black qui avait été enchanté de la visite de Bella et de Bree. Ensuite, ma fille avait insisté pour jouer au Monopoly en faisant équipe avec Bella contre moi. J'étais d'ailleurs persuadé que ces demoiselles avaient triché, mais les sentir devenir complices était un tel plaisir que je n'avais même pas protesté. Puis Esmée avait appelé. Elle était inquiète, je supposai qu'Emmett lui avait expliqué la situation. Je ne sais pas si j'ai réussi à la rassurer. Mais en tous cas, j'avais parfaitement réussi à esquiver le sujet « Bella » en lançant le pavé « Rosalie ». Ma mère brûlait d'envie de bercer ses hypothétiques petits-enfants et elle avait été enchantée de la réaction d'Emmett.
J'errai quelques instants au rez-de-chaussée. L'appartement me semblait vide maintenant. Montant à l'étage, je marquai un arrêt devant la porte de la chambre de Bella. Frapper à sa porte ? La rejoindre ? J'en avais trop envie pour le faire. J'étais tellement « distrait » par elle... Je poursuivis mon chemin et sortis sur la terrasse.
Il faisait frais. C'était le soir, il devait faire presque nuit, je sentais le souffle du crépuscule sur ma nuque en m'appuyant sur le muret.
C'était curieux, je me sentais entre deux périodes, entre deux humeurs. C'était un de ces moments de la vie où l'on comprend que tout peut basculer suivant nos décisions.
Je marchai de long en large sur l'espace limité qui surplombait Manhattan. C'était mon petit paradis. Mon espace privé. Celui qui m'aidait auparavant à trouver des solutions. Mais ce soir, j'étais seul et cela me rendait nostalgique.
Je ne savais plus vraiment ce que je voulais pour la première fois depuis longtemps.
Il y avait ma vie avant l'accident, très nette et toute tracée, écrire et vivre avec ma fille. Puis après l'accident, survivre dans l'obscurité et meubler le vide. Maintenant il y avait « après Bella ». Me battre pour Bree et rêver… d'autre chose. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais.
Physiquement c'était très clair. Je n'avais jamais eu autant envie d'une femme que Bella ce matin. Mais il y avait plus que cela. Elle semblait prête à m'accorder beaucoup plus et il était hors de question que je l'emporte dans mes galères. Je voulais l'aider, la soutenir dans sa lutte contre James mais en aucun cas être un poids pour elle. Je ne pouvais être le compagnon de qui que ce soit. Même si cette dernière pensée me déchirait le cœur.
Lâche ! Avoue-toi que tu as la frousse de te lancer vers l'inconnu c'est tout !
Je secouai la tête. Puis des bras m'entourèrent. Bella se colla contre mon dos, croisant ses mains sous ma veste.
- Les étoiles sont très belles ce soir, chuchota-t-elle. C'est curieux Edward, on a l'impression face à elles, que le temps peut passer tranquillement. Qu'elles seront toujours là, comme repère. J'aime cette sérénité. Le temps peut réparer plein de choses, si on le permet.
Elle devait être extralucide.
- Philosophe Bella ce soir ? répondis-je sur un ton faussement léger.
Je serrai ses mains fraîches contre moi et la fit tourner de façon à la blottir devant moi, sous ma veste, pour la protéger du froid. Elle sembla soupirer de bien-être.
Tout était paisible. Nous restâmes ainsi un long moment sans parler, nous contentant de la présence de l'autre.
- Parle-moi encore des étoiles s'il te plaît, chuchotai-je beaucoup plus tard dans la nuit.
*"Dans les yeux du chat " ? allusion pas discrète du tout à la fic de MLouise Malone... A lire
Et voila...
Respire ! de Tied Cullen a repris ...
et "LeTwilightcontest " espere vous faire rêver un peu ...
Un coucou spécial à Debby et Lisa :) toujours présentes elles aussi.
La suite ne devrait pas tarder... Finalement l'été s'achève et j'ai avancé un peu plus que je le pensais je suis enchantée de retrouver vos avis et un petit mot suite à votre lecture . J'espère juste qu'Edward sera pret à aller de l'avant ...
Kiss
Nic
