Hello les filles

Vendredi est de retour ?

Episode de la semaine

On se retrouve en bas

Merci à LifeChrys de prendre toujours autant de temps pour me relire ! Kiss !

Disclaimer : les personnages de Twilght appartiennent à S. Meyer je ne fais que rêver d'eux


Chapitre 23 Le dernier jour…

Hello mon cher journal…

C'est mon dernier matin ici. Je regarde dehors il fait beau. Je voudrais... tellement de choses. Je repense à mon vœu de cette nuit.

Si je dois partir demain, je sais que de toute façon Papa veut que je revienne. Vite. Il me l'a dit et je sais que lui il ne ment pas. Je sais qu'il trouvera une solution. Ça sert à rien d'être triste. En attendant je dois trouver un prétexte pour sortir aujourd'hui seule avec Bella. Si elle est d'accord pour m'aider.

À ce soir, je te dirai si j'ai réussi ou pas.

En attendant, je vais retrouver Papa et Bella à la cuisine, ça sent bon le gâteau au chocolat.

Samedi

POV Bella

Je me réveillai en sursaut avec un mauvais pressentiment. Les murs de ma chambre me parurent soudain étrangers. Une seule nuit dans celle d'Edward avait perturbé mes repères. M'asseyant sur mon lit, je tentai à l'aide de la main de démêler ma chevelure toujours aussi horrible au réveil, je songeai à l'humeur triste et pensive d'Edward la veille au soir. Il avait tellement de choses à assimiler en même temps. Il restait tellement secret encore. S'il avait abattu toutes mes barrières de protection en si peu de temps, je devinais qu'il restait en lui tant de souffrances encore cachées.

Peut-être n'arriverai-je jamais à l'aider ? Soudain découragée, je me dirigeai vers la salle de bains et me heurtai à un solide torse qui en sortait. Les mains d'Edward me rattrapèrent et je humai discrètement son parfum, mélange de savon, d'après-rasage et de... lui. Je posai mes mains sur le haut de ses bras.

- Excuse-moi Bella !

- Désolée !

Nous avions parlé en même temps et cela nous fit rire. Sa main glissa sur ma taille me faisant frissonner. Sa proximité me troublait chaque jour de plus en plus. Je m'écartai légèrement ne me faisant pas confiance. Les doigts disparurent de ma taille et je me sentis absurdement seule.

- Tu as bien dormi Edward ?

- Ça peut aller. Je m'excuse pour hier soir, je n'étais pas de très agréable compagnie.

- Ta compagnie m'est toujours agréable. Chacun a des moments difficiles et les amis sont là pour aider non ? Pas uniquement pour partager les bons moments.

- Pas faux. Je vais te laisser la salle de bains. C'est moi qui prépare le petit déjeuner aujourd'hui.

Il ne voulait pas parler de son mal-être de la veille et je n'avais pas le droit de le pousser plus loin. Il avait besoin de garder son espace personnel même si cela me pinçait durement le cœur de savoir qu'il me gardait à distance.

- Comme tu veux, je n'en ai pas pour longtemps je te rejoins en bas.

Il s'écarta bien sûr pour me laisser passer et avec ma maladresse habituelle je me poussai du même coté, rencontrant à nouveau son corps. À croire que j'étais aussi aveugle que lui.

Il rit et en me maintenant par l'épaule, il me contourna.

- Cette fois-ci je ne courais pas Bella, me taquina-t-il en m'esquivant adroitement.

Je refermai la porte de la salle de bains derrière moi, à nouveau en proie à ce trouble délicieux provoqué par son toucher même léger.

Comment résisterai-je lorsque Bree ne sera plus là pour restreindre mes gestes ?

D'ailleurs voudra-t-il encore de ma présence ?

Le pessimisme était de rigueur aujourd'hui semblait-il !

Je soupirai et procédai à une douche rapide. De retour dans ma chambre, j'enfilai prestement un jean et un sweat bleu avant de le rejoindre à la cuisine.

- Bree dort toujours ? demandai-je en sortant les ingrédients nécessaires pour faire des muffins au chocolat, les gourmandises préférées de Bree.

- Je crois oui, il n'y a aucun bruit qui provient de sa chambre. Je préfère la laisser profiter de sa grasse matinée. Demain nous devons la conduire tôt à l'aéroport.

- Ça ne sera pas facile pour vous deux.

- Ouep !

Edward n'avait apparemment pas envie d'approfondir ce sujet-là non plus.

Je retournai à ma préparation, laissant le silence s'installer entre nous. Il était songeur. Je ne savais pas comment aborder le sujet suivant.

- Bella ?

- Oui ?

Tu as quelque chose à me dire ?

Je me retournai vers lui surprise.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Je ne sais pas. J'ai l'impression de t'entendre réfléchir. Tu as battu la pâte au rythme de tes pensées.

Je reposai le bol avant de changer d'avis, de verser dans les moules et de l'enfourner.

- Tu as sûrement raison. Mais je ne sais pas vraiment comment tu vas réagir.

- Dis-le et on verra, dit-il avec un léger sourire en coin.

- J'ai appelé Mike Newton hier après-midi.

- Newton ?

- Mon ancien patron. Il est d'accord pour que je reprenne mon poste malgré ma démission. Je commence le travail lundi, dans la clinique qui est à 200 mètres d'ici.

Je le fixai cherchant à décrypter sa réaction. Ce type était capable de faire les pires grimaces expressives pour amuser Bree, mais à ce moment précis, il était totalement impassible.

- Je comprends.

- Tu comprends quoi ? demandai-je un peu anxieuse.

- Que tu n'aimes pas rester inactive et qu'avec Bree à L.A. tu as peur de t'ennuyer.

- Tu dis n'importe quoi. Simplement je devais m'occuper de Bree et... oui d'accord je ne veux pas rester inutile à ne rien faire.

- Bien, fit-il en me tournant le dos.

Quelque chose n'allait pas. Je savais qu'il n'aimerait pas cela. Mais qu'imaginait-il ? Que j'allais rester assise sur son canapé à vivre à ses crochets ?

- Si tu veux que je parte dis-le ? finis-je par dire, le cœur battant très fort, terriblement angoissée par sa réponse.

Il se retourna brusquement vers moi.

- C'est ce que tu envisages aussi ? Travailler d'abord et partir d'ici ? Me laisser ? Et quand Bree reviendra, elle ne trouvera plus personne ? jeta-t-il précipitamment.

Il semblait amer, en colère même. Je fis un pas vers lui et posai ma main sur son épaule. Peut-être que la même peur que la mienne le tourmentait.

- Edward je ne veux pas partir ! Toi et Bree avaient pris une grande place dans ma vie mais, je ne peux pas rester à ne rien faire. Je travaillerais à mi-temps. Tu sais, je n'ai pas renoncé à reprendre mes études de Kiné… et qui te ferait tes cookies si je partais ?

J'essayai de rendre la conversation un peu plus légère, dissimulant mon aveu par une sorte de plaisanterie. Il soupira et enfin, je découvris qu'il était soulagé de ma réponse.

- C'est vrai que sans tes cookies aux amandes, je ne survivrai pas une journée. Bella… Comment as-tu fait pour devenir si indispensable en si peu de temps ? souffla-t-il contre mon oreille.

- Aucune idée. Je ressens le même besoin de rester ici avec toi et je crois qu'il faudra qu'on fasse avec.

- Ça m'effraie tu sais…

- Bonjour Papa !

Comme une tornade, Bree entra dans la pièce et sauta dans les bras de son père, m'écartant par ce geste. Edward la réceptionna avec son 6ème sens et elle attrapa mon cou, me tirant vers elle, tout en se blottissant dans les bras de son père. Un gros câlin à trois. C'était inattendu et mon cœur se gonfla d'émotion. Je l'aimais déjà tant cette gamine, et qu'elle partage ce moment intime avec son papa avec moi, me fit comprendre qu'en plus de m'accepter, elle m'appréciait aussi. Demain sera un jour difficile.

- Salut ma belle, un jour tu vas me faire tomber à te jeter ainsi sans prévenir sur nous, la gronda gentiment Edward.

- Désolée mon papa, j'adore faire ça ! Tu es le papa le plus doué du monde pour rattraper les filles de presque neuf ans, rigola-t-elle.

- Humm, grogna Edward en embrassant son front, cherchant à cacher son émotion.

Je ne pus m'empêcher de sourire, il était si adorable.

- Ouais je suis d'accord avec toi Bree, il est très doué ton père, tu es une chanceuse, rajoutai-je ravie de voir le teint pâle d'Edward rosir légèrement.

- Si tu veux je te le prête mon Papa. Juste un peu. Bella tu veux un papa comme le mien ?

Je m'étouffai de rire alors qu'à son tour, Edward se moquait ouvertement de moi. La proposition de Bree ne correspondait pas vraiment à notre relation, aussi difficile à définir que celle-ci soit.

- Merci… j'ai déjà un papa.

- Il est où ?

- Loin de l'autre côté des States.

- À L.A. comme Tanya ? me demanda Bree, penchant la tête de côté, curieuse.

- Non. Dans une petite ville du côté de Seattle.

- Tu le vois souvent ?

- Non, très rarement. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un père comme le tien.

La sonnerie du four me sauva de l'interrogatoire de la chipie. Je n'avais pas envie de parler de mes liens de famille très… distendus depuis que j'avais fait le choix de me marier avec James.

Bree se tortilla pour descendre des bras d'Edward et s'approcha du four pour tenter de voir le contenu à travers la vitre fumée.

- Recule-toi ma jolie, dis-je en passant devant elle armée d'une manique.

- C'est bien tes muffins aux deux chocolats ? me demanda-t-elle en fronçant son petit nez. Mêlant envie et crainte, elle obéit, recula loin du four brûlant et dangereux en surveillant mes gestes.

- Bien sûr !

- Et oncle Emmett n'est pas là n'est-ce pas ? Je pourrais donc en avoir beaucoup ?

Edward rit. Ce moment familial partagé et ce son que j'entendais régulièrement depuis quelques jours, me fit ressentir que je faisais partie d'une « famille ». C'était curieux et très prématuré mais je jetai un œil à Edward, vérifiant s'il était aussi détendu que son rire le laisser entendre. Il s'était approché de nous, attiré sûrement par l'odeur des gâteaux lui aussi. Passant derrière moi, il me surprit en posant sa main gauche sur ma hanche et se pencha par-dessus mon épaule, dangereusement proche, il inspira. Je sentis sa joue proche plus que je ne la vis, si proche de moi.

Je vacillai un peu, me reculant insensiblement en arrière, mon dos recherchant le contact de son torse. J'avais besoin de beaucoup plus que ce léger contact qui allumait de petits feux en moi.

- Beaucoup ? Gourmande ! Je veux ma part aussi, souffla-t-il contre mes cheveux.

Mon souffle se bloqua, et mon cerveau arrêta de fonctionner quelques microsecondes.

- Mais avec Emmett, on n'est jamais certain qu'il ne soit pas prêt à surgir, alerté par son instinct, mangeons tout... et vite.

Il parlait des gâteaux. Je secouai la tête, me sentant un peu idiote. À quoi je pensais ? Nous étions dans la cuisine avec sa fille. Edward avait décidément une influence plus que déroutante sur mes sens et mon intelligence. Reprenant une position plus correcte, je m'éclaircis la gorge afin de pouvoir parler sans me ridiculiser une fois de plus.

- Alors, passons tous à table, articulai-je en essayant d'adopter un ton neutre.

Quelques heures plus tard.

Je n'aurais pas dû accepter, mais lorsque Bree m'avait entrainée dans sa chambre, refermant la porte derrière elle, j'avais compris qu'elle voulait me demander quelque chose et qu'il me serait difficile de le lui refuser.

Voilà pourquoi je me retrouvai maintenant à courir dans les rayons de la galerie commerciale au coin de notre rue derrière Bree afin qu'elle choisisse le cadeau « idéal » pour son papa adoré.

Oui, j'avais craqué et inventé rapidement une histoire de « shopping entre filles » pour Edward afin de sortir seule avec la petite. Il avait été inquiet de nous voir partir seules toutes les deux, il avait même suggéré que Jacob Black nous accompagne puisque nous refusions sa présence. Bree avait roulé des yeux à cette suggestion, secouant énergiquement la tête à mon intention, ne voulant mettre personne d'autre dans la confidence. Soupirant, je m'étais penchée vers l'oreille d'Edward lui murmurant que je ne voulais pas de Jacob dans mes pattes lorsque je choisirais mes sous-vêtements. Je ne sais pas quel démon m'avait inspiré cette idée mais je fus récompensée par le trouble visible de celui qui avait partagé mes chastes nuits par trois fois déjà.

Un point pour Bella.

Nous étions en fait très loin du rayon lingerie avec Bree. Elle courait d'une boutique à l'autre de la galerie commerciale la plus proche de chez Edward, hésitant entre une peluche, un gadget technologique dernier cri censé lui rendre la vie plus facile et un bracelet de cuir noir que je trouvais particulièrement séduisant. Cela ne servait à rien que je lui dise que quel que soit son choix, il adorerait, elle était aussi perfectionniste que son père et voletait d'un objet à l'autre inventoriant les avantages et les inconvénients de chacun d'eux. Amusée d'abord, lassée bientôt, je m'assis sur un banc à mi-chemin des trois boutiques, heureusement voisines, couvant la petite fille excitée du regard.

Je découvris à quel point cette gamine comptait pour moi. Elle s'était glissée dans mon cœur en douce, indépendamment de ce que je ressentais pour son père. Dans la galerie animée et bruyante, il me semblait qu'il n'y avait qu'elle, elle était la plus jolie et enjouée des petites filles. Elle venait de rentrer à nouveau dans le magasin « Tentation » qui proposait les fameux bracelets avec une moue décidée. À travers la vitrine, je la regardai parler à la vendeuse avec animation, exposant ses arguments. Bree était vive et pleine de vie, rien à voir avec l'enfant méfiante, voire agressive qui avait débarqué dans nos vies il y a 15 jours. Une menotte se posa sur mon genou et me fit tourner la tête. Un petit garçon brun aux grands yeux noirs tenant à peine sur ses jambes me regardait avec des larmes pleins les yeux.

- Eh bien bonhomme ! Que fais tu ici tout seul, lui dis-je doucement pour ne pas l'effrayer plus qu'il ne semblait l'être déjà.

Je saisis sa petite main et lançai un regard circulaire cherchant les parents de ce petit bonhomme en salopette de jean. Personne ne semblait affolé de la disparition de l'enfant.
- Eh bien je crois que je vais devoir chercher tes parents avec toi !

Il me regarda sans prononcer un mot et se mit à sucer son pouce.

M'agenouillant devant lui, je continuai à lui parler doucement.

- Tu veux bien venir avec moi ? On va chercher Papa ou Maman ?

- Mama ? dit-il d'un ton interrogateur…

- D'accord Mama…

Me relevant, je le soulevai dans mes bras, le calant contre ma hanche et jetai un œil ou se tenait Bree quelques secondes auparavant. Je ne la vis pas et fus déchirée une seconde… Allez vers l'accueil de la galerie où devait se trouver la maman affolée de la petite tête brune qui se tenait dans mes bras ou faire les dix pas qui me séparaient de la boutique où était Bree ?

Mon conflit fut résolu lorsqu'une femme en larmes se précipita vers moi en appelant son fils. « Seth ! »

L'air réjoui du garçonnet qui tendait déjà les bras vers elle, me convainquit de lui abandonner mon petit protégé. Je coupai court aux remerciements de celle qui se présenta comme Mme Clearwater, en m'excusant. Je devais retrouver ma propre fille. Pieux mensonge. Après une rapide caresse au petit fugueur, je me précipitai dans la boutique « Tentation ». Regardant à droite et à gauche je ne vis que la vendeuse.

Mon cœur manqua un battement avant de repartir à toute allure.

- La petite fille qui était avec vous il y a deux minutes, où est-elle ?

La jeune vendeuse me regarda l'air ahuri.

- Euh... elle était là, il y a 30 secondes, elle attend le gravage du bracelet pour son papa.

- Mais elle n'est plus ici ! j'ai regardé partout dans votre magasin.

La fille restait immobile ne comprenant pas l'angoisse qui montait en moi.

- Elle doit être ressortie vous retrouver.

Peut-être.

- Si elle repasse ici vous lui dites de m'attendre avec vous je reviens…

Je sortis en courant regardant vers le banc où il n'y avait que la mère et son garçon. Je rentrai en courant dans le magasin de jouets voisin. Mais un coup d'œil rapide m'apprit que Bree n'était pas là non plus.

Je ne devais pas céder à la panique.

Réfléchis Bella ! Tu n'as pas bougé de ce banc. Elle n'a pas pu sortir du premier magasin tu l'aurais vu !

Je frottai mes tempes douloureuses. Je devais prendre la bonne décision, et rapidement.

Bree ne serait pas partie seule de la galerie. Elle ne se serait même pas éloignée sans moi. Elle était trop responsable.

Une idée me frôla... désagréable. Mon sang se glaça, mes membres se paralysèrent une seconde puis je partis comme une flèche. Faisant demi-tour, je retrouvai la vendeuse de bracelets. Ce que je craignais se justifia, il y avait une autre issue. Une porte de secours obligatoire, légèrement cachée derrière un rayonnage.

- Il y avait quelqu'un d'autre avec ma fille dans le magasin ? demandai-je hystérique.

- Madame calmez-vous ! Je ne sais pas moi !

- Comment ça vous ne savez pas ? Le magasin est minuscule ! Vous devez vous rappeler si ma fille était votre seule cliente à moins que vous ne soyez idiote, la secouai-je trop engluée dans mon angoisse pour rester polie.

- Un homme. Il y avait un homme je crois. Il regardait les présentoirs vers la vitrine. Il ne s'est pas approché de la petite. Enfin je ne crois pas.

Elle avait un air indécis et passif qui me fit en fureur.

- Merde !

Je me ruai vers la porte de secours en sortant mon portable de ma poche. Je devais appeler quelqu'un.

Dehors il n'y avait personne. Le magasin donnait sur une ruelle assez fréquentée surtout un samedi après-midi. Je scrutai les visages, voulant désespérément que mon instinct se trompe. La vibration de mon portable dans ma main arrêta ma quête inutile. Le cœur battant je regardai le nom de l'appelant et le téléphone faillit m'échapper. M'évanouir n'était pas la solution pour aider Bree.

- Où est-elle ? criai-je d'un ton agressif dans l'appareil.

- Bonjour Isabella.

Calme et narquoise, la voix tant détestée fit couler une sueur froide dans mon dos.

- Où est Bree ? répétai-je sourde à sa tentative de politesse. Je savais qu'elle était avec lui. La certitude était inscrite en moi, comme je savais que j'étais capable de le tuer s'il touchait à un cheveu de la tête de la fille d'Edward.

- On se calme mon petit. Tu n'as pas toutes les cartes en main. Même pas capable de surveiller une gamine quelques instants. Tu es toujours aussi incompétente ma chère.

Je tremblai, m'appuyant contre le mur pour que mes jambes ne me lâchent pas. Je devais être forte. Résister. Pour Bree. Pour Edward.

- Je te rejoins. Je ferais ce que tu veux. Laisse la petite. Ne la touche pas !

- Tu ne me donnes pas d'ordre ! hurla-t-il.

- Non pas d'ordre… Je viens où tu veux, soufflai-je aussi doucement que je le pouvais. Je ne devais pas le braquer. Il respirait fortement dans l'appareil, contrôlant à peine sa fureur.

- C'est mieux Isabella. Tu vas me rejoindre. Tout de suite.

- Oui, tout de suite répétai-je docile, n'osant pas prononcer le nom de Bree de peur qu'il ne s'en prenne à elle. Elle devait être terrorisée.

- Où es-tu ? Dis-moi James, où dois-je te rejoindre ? poursuivis-je le plus calmement possible, effaçant toute trace de fureur ou de panique de ma voix.

Docile. Il me voulait docile.

- Traverse la rue devant toi. Prends à gauche ensuite, il y a une ruelle à 50 mètres de toi. Et n'appelle personne. Je te surveille.

Il me voyait ! Je relevai la tête dans la direction qu'il m'avait indiquée mais ne vis rien. Je devais réfléchir vite.

- Bien James. Je viens... Tu…

Dire quelque chose. Ne pas perdre le contact. Mon esprit était désespérément vide…

- ... Tu... sais que je t'obéis toujours. Je… Ma gorge se serra de prononcer les mots, je veux te retrouver.

- Tu mens toujours aussi mal, ma Bella.

Il coupa la communication et je faillis jeter le portable de rage. Mais j'avais besoin de lui. J'appuyai sur une des touches et planquai le portable au creux de ma main.

- Je dois retrouver Bree ! Elle ne peut pas être loin derrière le centre commercial.

Provoquant un concert de klaxons, je traversai la rue sans faire attention aux voitures et courus vers la ruelle indiquée.

- Ça doit être cette petite rue. Juste derrière « Tentation ». Il y a ce portail qui ouvre sur un jardin.

Une petite voie privée étroite et courte menait à une sorte de jardin privatif sombre.

Sans perdre un instant, muselant ma peur, je poussai le portail. Il était là, juste derrière, son demi-sourire relevant sa lèvre supérieure. La tête inclinée sur le côté, il me contemplait pendant que je m'immobilisais à quelques mètres de lui.

- James, me contentai-je de dire.

Bree était là. James la retenait devant lui de son bras passé autour du cou frêle de l'enfant. Elle me regardait de ses beaux yeux verts emplis de larmes.

- J'ai essayé Bella de faire comme tu l'avais dit mais il m'a forcé.

Je souris à travers mes propres larmes à la courageuse petite fille.

- C'est très bien ma Bree, tu as fait ce qu'il fallait. Tout ira bien, ma princesse.

Inspirant profondément, je lui souris espérant la rassurer avant de reporter mon regard sur James. J'avais épousé cet homme, m'étais crue amoureuse de lui. J'avais honte. C'était un bel homme. Grand, musclé, ses longs cheveux blonds retenus par un catogan. Son regard brillait de quelque chose que j'avais longtemps pris pour de l'intérêt, une sorte de réflexion éthérée sur le monde, alors que ce n'était que de la perversité, un besoin de manipulation, de domination malsaine.

- Je suis là. Je ferai ce que tu souhaites mais laisse-la rejoindre son père.

Il inclina un peu plus la tête sur le côté, signe d'agacement avant de me répondre.

- Son père ? Ce type qui m'a menacé si je m'approchais de toi ? Comme s'il pouvait quoi que ce soit contre moi. Ma Bella. Tu es à moi. La gamine j'en ai rien à foutre !

Il jeta Bree en avant et elle se précipita contre moi. Je la serrai brièvement dans mes bras, soulagée qu'il l'ait lâchée si aisément et la fis glisser derrière moi.

- Je la raccompagne chez elle, dis-je doucement en reculant imperceptiblement.

- Oh non ma Bella. Tu restes avec moi. Elle va où elle veut mais TOI tu restes ici.

Je ne pouvais pas la laisser seule et elle ne devait pas rester avec lui. Il était fou ! Il avait enlevé une enfant. Je commençai à paniquer. Je devais trouver une idée. Gagner du temps. Je sentais Bree s'agripper à ma ceinture dans mon dos.

- On la raccompagne dans le magasin et on repart ensemble ? Ça te va James ? proposai-je d'un ton doucereux.

Il secoua doucement la tête semblant réfléchir.

- Humm, tu me prends pour un idiot ? et là-bas tu appelleras le premier agent de sécurité ? non ça ne marche pas.

Je me mordis les lèvres de frustration.

- Alors que veux-tu ? On ne va pas se… s'encombrer d'une petite fille.

Excuse-moi Bree ! Je dois gagner du temps !

- Laisse-moi réfléchir, siffla-t-il à nouveau agacé.

Je me tus. Immobile come une statue, je me contentai de serrer les mains de Bree collées contre mon ventre alors que je sentais la tête de la petite appuyée dans mon dos.

Le silence était lourd. Tendu. Soudain il s'avança vers nous et voulu me prendre le bras. Sans réfléchir, je fis un pas de côté évitant le contact qui me répugnait.

- On va tous les trois chez moi.

- Non !

Ma réponse fusa, irréfléchie, mais je ne pouvais accepter cela.

- Bree n'ira nulle part avec nous. Elle doit retourner chez elle. Je la reconduis au magasin où tu l'as enlevée. Estime-toi heureux si son père ne porte pas plainte. Le reste sera entre toi et moi.

Il me fixa, l'air incrédule. Une petite veine battait nerveusement sur son front m'indiquant qu'il était sur le point d'exploser. Fureur ? Peur ? Prise de conscience de ce qu'il venait de faire ? Je pris la main de Bree fermement et reculai avec elle, faisant toujours un rempart visuel de mon corps entre elle et lui.

- Je la raccompagne. Suis-nous si ça te chante...

Sans cesser de le surveiller du regard, je continuai de m'éloigner sachant que si j'atteignais le portail nous serions presque sorties d'affaire.

Un pas. Un autre. Il avança soudain vers nous mais je continuai, mon coeur battant à tout rompre, priant pour que la petite ne dise pas un mot. Elle avait été si forte, si courageuse jusqu''ici, il ne fallait pas qu'elle craque à deux mètres de la liberté. Nos mains crispées l'une dans l'autre, mon regard fixé sur lui, je poursuivis mon lent chemin à reculons vers le portail.

- Tu as changé Bella, dit-il soudain. Je ne te veux pas de mal tu sais.

Je ne répondis pas. Cela ne méritait aucune réponse.

Un pas de plus. Le portail heurta ma hanche et je poussai Bree de l'autre coté. Dans la ruelle. Le bruit des voitures, des passants de Manhattan nous parvint alors. Le soleil était présent de nouveau. Je respirai soudain mieux.

Que pouvait-il nous faire au milieu de la foule ?

Je me permis de regarder autour de moi et vis ce que j'espérais. Jacob à cinquante mètres de nous fouillant la foule de son regard furieux, son portable collé à l'oreille. Il avait reçu mon appel. Mes jambes, soudain se mirent à trembler. Ce n'était pas le moment de craquer !

- Nous sommes là, à cinquante mètres sur ta gauche, dis-je m'adressant cette fois-ci distinctement dans mon téléphone allumé jusqu'ici discrètement dans ma paume.

James comprit alors et regarda alors autour de lui.

- Salope ! Tu as appelé quelqu'un.

Je serrai Bree dans mes bras, la protégeant de la colère qui allait fuser.

- Tu n'aurais jamais dû t'attaquer à Bree, jamais ! Je te le ferai payer très cher James.

Une ombre passa devant nous. Jacob venait de s'interposer entre James et nous. Sa haute silhouette me cachait le ravisseur de Bree. Je distinguai à peine le premier coup de poing qui fit reculer James de plusieurs mètres. Laissant Jacob se débrouiller avec James, je portai alors dans mes bras Bree pour m'éloigner à toute allure vers notre immeuble si proche.

J'oubliai ma maladresse habituelle et courus aussi vite que possible chargée de mon précieux fardeau. Haletante, je m'engouffrai dans l'immeuble. M'appuyant contre le mur de la loge, je fis quelque pas de plus et passai dans le patio m'effondrant sur un banc, Bree sur mes genoux. Elle pleurait à gros sanglots, le visage blotti dans mon cou.

- Pourquoi il est méchant ? Pourquoi il a fait ça ? Qu'est-ce que j'avais fait ?

- Mais rien ma jolie princesse. Tu n'as rien fait !

J'étais horrifiée et saisit le petit visage dans mes mains, inondé de larmes.

- James est mauvais, c'est tout. Il voulait me voir moi, et il s'est servi de toi… Tu n'as rien à voir avec lui… Rien du tout. Mais c'est fini tout cela… Jacob va en faire de la chair à pâté. Et s'il reste quelque chose, j'ai peur que ton père ne se charge du reste quand il va savoir ce qu'il s'est passé.

Des sueurs froides me glacèrent quand je réalisai qu'il allait falloir tout raconter à Edward. Une peur nouvelle remplaça la terreur mêlée de fureur qui m'avait tenue debout face à James.

Edward. J'allais le blesser, lui faire mal encore. Perdre sa confiance sûrement.

J'essuyai les larmes sur les joues de Bree. Ça ne servait à rien d'attendre. J'espérais juste que Jacob n'eut pas le temps de prévenir Edward qui serait alors dans un état d'inquiétude extrême.

- Bree ? On doit monter voir ton père. Il faut aller lui dire ce qui s'est passé.

Elle renifla et approuva d'un mouvement de tête. Sans dire un mot cependant. Je devais lui laisser le temps de se remettre, cela ne servait à rien si ce n'est à inquiéter encore plus Edward.

- On patiente une minute le temps d'essuyer toutes ces larmes correctement. D'accord ?

- D'accord Bella…

- J'appelle ton oncle pendant ce temps. Il faut qu'il soit au courant.

Je joins Emmett et en quelques mots lui expliquai la situation. Il jura, cogna quelque chose et répondit « j'arrive » avant de raccrocher.

- Je suis prête Bella dit alors Bree avec un petit sourire courageux sur les lèvres.

Nous allions prendre l'ascenseur quand la porte de l'immeuble s'ouvrit brutalement. Instinctivement je serrai la fillette contre moi avant de faire face.

C'était Jacob. Seul. Il se précipita sur nous.

- Vous allez bien ? Il ne vous a pas touchées ?

- Ça va Jacob. Tout va bien. Elle n'a rien.

Je lui fis signe de se calmer afin de ne pas effrayer à nouveau Bree.

- Il est où l'homme ? demanda-t-elle alors.

- Dans la voiture de police devant l'immeuble. Ils sont intervenus pour nous séparer et j'ai expliqué ce que j'ai compris grâce à ton appel. Ils veulent recueillir vos témoignages Bella.

Je soupirai.

- Bien, Emmett, mon avocat, sera bientôt là, mais avant, on doit parler à Edward. Tu ne l'as pas appelé ?

- Non ! Je n'ai pas pris le temps, quand j'ai eu ton appel bizarre j'ai compris qu'un truc se passait et j'ai foncé sans réfléchir.

Je lui souris. Il avait bien fait. Sur tous les plans. On pouvait penser ce qu'on voulait de Jacob. Il était efficace.

- Merci Jacob, merci pour tout. Tu veux bien expliquer aux policiers que je les retrouve dès que j'ai tout expliqué au père de Bree ?

- Je m'en charge.

Il me serra une seconde dans ses bras avant de faire de même avec Bree.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit alors et nous nous y engouffrâmes toutes les deux.

Edward… Comment limiter son angoisse ? Comment ne pas le perdre ?

Ces deux questions vibraient dans ma tête au rythme de la migraine qui naissait sous mon crâne.


Et voilà...

Dites merci à Chrys pour le mot de la fin.. (je balance moi !)

Bonne vacances à Debby et un bisou au petit Raph de Lisa

Je sais les filles que Jacob n'est pas votre chouchou (ni le mien) mais parfois il peut être utile !

Que dire. ? Que comme d'habitude j'aime avoir votre avis, même négatif car c'est l'occasion d'en parler ensuite.

Alors Edward ? Content ou pas content ?

A la semaine prochaine (peut-être)

Kiss

Nic